16.
Le mec qui a dit que les vacanciers ne faisaient que se reposer et lambiner toute la journée, c'est un menteur ! Les vacances venaient de se terminer et ça avait été loin d'être une partie de plaisir pour moi !
J'avais eu des bons moments, d'excellents même ! Il y avait eu les petits dîners, les excursions à deux, Jackson avait même décidé de regarder une série qu'il n'aimait pas avec moi juste pour me faire plaisir et ces moments-là étaient merveilleux, c'était sûr !
Mais entre les rattrapages d'examens, les chamailleries avec mon taré de petit-ami, les randonnées épuisantes du sheriff et les soirée lubriques avec Stiles qui filait le parfait amour avec Derek et qui nous donnait tous les détails après... Je savais que j'avais dis qu'on pouvait tout ce dire mais quand même quoi !
En plus quand c'était pas Stiles c'était Jackson, qui avait la libido d'un satyre. Je me souvenais pas qu'en acceptant de passer à l'étape supérieur avec lui, j'avais signé un genre de pacte sexuel avec un incube mais visiblement c'était le cas !
J'étais heureux vraiment !
Le sexe était génial et la principale raison pour laquelle j'avais du mal à dire non c'était parce que Jackson tenait ma volonté dans le creux de ses mains et s'amusait souvent à jouer avec mes nerfs et mes émotions.
Il me rendait fébrile et mou, c'était son étrange pouvoir de petit-ami. D'après mes amis j'avais gagné en assurance même si je ne voyais pas vraiment en quoi.
Peut-être qu'ils avaient raison, c'était vrai que je me sentais mieux mais c'était l'effet que Jackson avait sur moi Il me donnait vraiment le sentiment que rien ne m'était impossible mais c'était uniquement en sa présence et quand on ne se prenait pas le chou, lui et moi.
Je l'aimais comme un fou, ça ne faisait aucun doute et ça se voyait à, au moins, trois mille kilomètres mais il avait vraiment le don de faire ressortir le pire en moi par moment.
Je pensais connaître tous ses défauts jusqu'à présent mais j'avais découvert, au cours de mes vacances, qu'il était jaloux.
Et pas jaloux normal ! Non, non. Jaloux à en crever ! Maladif ! Possessif avec tendance sociopathe en plus ! Et ça s'était accentué quand on avait passé l'étape supérieur. J'avais l'impression que le sexe m'avait révéler son pire côté…
J'avais eu le malheur de remercier, avec le sourire, un commerçant à peine plus âgé que nous et bien foutu et je m'étais mangé une soufflante de trois quarts d'heure !
- Ben ça arrive ça. Lâcha Stiles en poussant les portes de la cantine et en haussant les épaules. C'est pas si grave, Derek me fait le coup des fois aussi.
- Ah ouais ?
- Les soufflantes, les regards assassins, les sourcils tueurs, tout pareil j'te dis.
- Et il leur roule dessus aussi ?
Stiles s'arrêta brusquement et me fixa le regard écarquillé auquel je répondis par un soupir.
- Il a fait quoi ?
- Il lui a roulé dessus.
- Il est mort ?! S'écria-t-il subitement.
- Quoi ? Non ! M'exclamais-je. Il a eu un bras plâtré et son stand est foutu.
- Ah ouais quand même… Et Jackson, il a dit quoi ?
- Rien, il fait genre qu'il l'a pas fait exprès. Grommelais-je.
- C'est peut-être vrai ?
Je fixais Stiles avec un regard blasé et, en voyant sa tête, aucun de nous n'était dupe.
Je persistais a croire qu'il l'avait fait en toute connaissance de cause même s'il arguait à qui voulait l'entendre que sa voiture avait échappé à son contrôle.
Je venais à peine de poser mon plateau, ravi de retrouver Cora et Isaac que je n'avais vu que très rarement au cours de ces vacances.
D'après ce que j'avais compris, ils s'étaient disputés et normalement ça allait maintenant mais c'était encore un peu fragile.
Au vu de l'aura qui entourait notre table, Derek n'avait pas mentit. Même s'ils ne se disputaient plus l'ambiance était plus proche du pôle nord que des tropiques.
Après un coup d'œil furtif entre nous, Stiles décida d'opter pour l'ignorance et je décidais de le suivre, avec un peu de chance ça leur ferait oublier leur querelle.
- En tout cas si Derek n'avait pas déjà un casier judiciaire, il l'aurait peut-être fait lui aussi.
- Ton père est sheriff, je te rappelle. Il ne l'aurait jamais fait.
Je connaissais pas trop Derek et, même si j'étais pas hyper fan de lui à la base, il avait quand même une certaine maturité dont Jackson manquait terriblement.
Stiles prit un moment pour réfléchir avant d'acquiescer devant l'évidence : il n'y avais que Jackson pour être un putain de psychopathe, juste pour un sourire !
Le déjeuner avançait et l'ambiance commençait à se dérider un peu. On avait laissé le sujet Jackson pour se concentrer sur des sujets plus légers et surtout plus amusants.
Je ne vis pas tout de suite qu'une jeune Reine, à la chevelure flamboyante, fonçait droit sur notre table avec une certaine impatience.
Alors que je riais à une énième blague de Stiles, je me fis agripper le bras par la main parfaitement manucurée d'une Lydia au regard excité.
- Quand est-ce qu'elle arrive ? Demanda-t-elle avec un grand sourire.
Je fronçais les sourcils en la fixant sans comprendre et elle finit par lever les yeux au ciel.
- Pas la peine de faire l'ignorant, je sais pertinemment que tu ne vas pas tarder à vivre chez les Argent avec ta mère.
Mais comment diable est-ce qu'elle savait ça ?! Je l'avais appris il y a quelques jours seulement par ma mère qui a été nerveuse pendant toutes les vacances.
Ma parole, elle m'avait collé des mouchards ou elle me faisait suivre ?
- Ma question est la suivante McImbécile, quand est-ce qu'elle arrive ?
- De qui tu parles ?
- D'Allison, idiot ! Claqua-t-elle impatiente. Alors ?
- Ah, je sais juste qu'elle doit venir cet été.
Je sentis, l'espace, d'une micro seconde, une légère pression sur mon bras et l'ombre du sourire de notre reine du lycée.
Si je ne me trompais pas, Lydia devait vraiment apprécier Allison au vu de son regard pétillant qu'elle tentait tant bien que mal de dissimuler.
Lydia finit par faire un soupir méprisant dont, j'étais persuadé, n'était que pour la forme et s'éclipsa loin de notre table sans un mot.
- Donc Allison est amie avec cette fille ? Demanda subitement Cora.
- On dirait bien. Répondit Stiles. Après c'est pas difficile d'être amie avec Allison c'est un genre de Danny au féminin.
- Je suis d'accord. Acquiesçais-je en haussant les épaules. C'est Allison quoi.
La sonnerie retentie et nous finîmes par nous séparer.
J'avais l'impression qu'Isaac et Cora s'étaient refermés mais ils ne semblaient pas vouloir nous en parler. Ils ne se sentaient peut-être pas encore prêt ?
Ma grosse dispute avec Stiles m'avait appris à laisser aux autres le temps de partager les grands moments de leur vie et croyez-moi, j'avais bien retenu la leçon.
Je rentrais dans mon cours d'art appliqué et préparais ma table à dessin en soupirant.
J'étais vraiment une brêle absolu en dessin. La dernière fois que j'avais eu à crayonner, c'était a un Pictionary et le pauvre chat que j'avais dû esquisser ressemblait à un monsieur patate passer à l'essoreuse.
Mon portable vibra et je le sortis furtivement.
« Viens dans les vestiaires, je t'attends. »
« Non, je suis en cours là. »
« Bouge, ou je viens te chercher. »
Je levais les yeux au ciel et rangeais mon tel en me concentrant sur mon cours.
Ça faisait bien dix minutes qu'il vibrait mais je m'obligeais à l'ignorer. De toute façon il ne pouvait pas savoir où…
- Mr Whittemore ? S'enquit mon professeur alors que Jackson faisait son entrée dans ma classe. Que faites-vous ici ?
- Le coach veut parler à Scott de toute urgence.
Il ne laissa même pas le temps au prof de répondre qu'il s'avança vers moi et prit mes affaires avant de m'agripper le bras et de m'entraîner hors de la salle sous le regard médusé de la classe ainsi que le mien.
Il me traîna à travers le lycée en ignorant royalement mes protestations mais putain, j'avais l'impression d'être revenu un mois en arrière !
Il finit par achever son ascension dans les vestiaires du terrain de crosse et m'entraîna dedans.
- Mais enfin c'est quoi ton problème ? M'emportais-je.
- Tu répondais plus à mes messages.
- … Et ?
- Et tu dois toujours me répondre. Lança-t-il catégoriquement.
Je le fixais avec une incrédulité la plus totale. Ce type était complètement fou à lier.
- J'étais en cours Jackson, quand je suis en cours, je réponds pas.
- Tu avais commencé à-
- Pour te dire que j'étais en cours ! Coupais-je furieusement. Quand je suis en cours, je suis mon cours ! Je me suis déjà mangé une beuglante par ma mère, elle va finir par m'envoyer en école militaire si je continue et tu ne m'aides pas vraiment.
- Tu m'en veux encore pour la semaine dernière. Dit-il simplement.
- Tu l'as percuté avec ta voiture, sale fou !
- Non, j'ai percuté son stand qui l'a percuté, lui.
- Donc tu avoues enfin que c'était fait intentionnellement ?
Je lui lançais un regard meurtrier auquel il répondit par un simple haussement d'épaule.
- Pourquoi tu m'as fais venir ?
- Parce que je voulais être avec toi.
Oh non pitié, pas cette voix ni ce regard. Ce sale type savait pertinemment que j'avais du mal à résister à son regard innocent…
Son égoïsme me donnait envie de le frapper mais une partie de moi comprenait parfaitement ce qu'il pouvait ressentir. Moi aussi je voulais aussi être avec lui constamment.
Il me fit ses yeux les plus tendres et je sentais déjà ma volonté et mes bonnes résolutions flancher.
Ma crispation disparue comme neige au soleil et je me sentis fondre sous son magnifique regard.
Je finis par pousser un soupir et il me sourit quand il comprit qu'il avait encore gagné.
Il amorça un geste et je levais les yeux au ciel en retenant, de tout mon soul, le sourire qui voulait fleurir sur mon visage.
Il me prit dans ses bras et commença a grignoter mon cou. J'eus énormément de mal à me faire le plus discret possible mais c'était sans compter sur cet idiot qui s'amusait de mes tourments.
Plus je les dissimulaient et plus ils redoublaient d'efforts pour me faire gémir cet imbécile.
Il prit mes bras et les fit se rejoindre derrière sa nuque pendant qu'il détournait mon attention avec sa langue taquine. Il agrippa subitement mes fesses et mes jambes emprisonnèrent automatiquement sa taille.
Je le sentis se déplacer mais j'étais trop occupé a répondre à ses baisers empressés.
Mon cerveau ne se reconnecta que lorsque mon dos rencontra un mur en carrelage froid à travers mon t-shirt.
Je tournais la tête et me rendit compte qu'il m'avait emmené dans les douches et profitait de mon inattention pour jouer avec ma jugulaire
- Tu ne crois quand même pas… qu'on va le faire… là ? Haletais-je.
Mon souffle était laborieux et j'avais l'impression que sa langue et ses lèvres étaient partout.
J'avais du mal à avoir les idées claires et il ne m'aidait absolument pas à réfléchir. Son souffle était tout aussi compliqué et me chatouillait l'oreille quand il s'en approcha.
- Oh que si.
- On peut pas faire ça ici… Marmonnais-je en m'empourprant.
Ma volonté était resté en vacances et mon cerveau commençait à faire naufrage. Autant dire que j'étais pas au top de mes capacités.
L'effet qu'il avait sur moi était purement magique et complètement fou. Il savait très bien comment il me faisait sentir et s'amusait vraiment à me rendre complètement fou.
- On va le faire ici et maintenant, Scott. Tu n'en as pas envie ? Demanda-t-il doucement.
Je le regardais quelques secondes avant de cacher mon visage cramoisie dans l'une de ses épaules et d'hocher la tête timidement ce à quoi il ricana doucement.
Ce type allait finir par avoir ma peau, c'était certain…
…
Après m'être rhabillé, je m'étais affalé sur un des bancs du vestiaires et je réfléchissais à ma vie en général.
Je me demandais comment j'avais pu en arriver là et si j'avais eu, ne serait-ce que l'idée, de ce qui allait se passer dans ma vie.
« Et si je n'avais jamais décidé de retourner chez maman et que je n'avais jamais rencontré Jackson ? »
A peine cette pensée m'effleura l'esprit que je blêmis entièrement. Mon cœur battit à cent à l'heure et ma respiration s'affola subitement.
Mon corps bougea tout seul, comme s'il avait une volonté qui lui était propre, et se dirigea vers le fond des vestiaires où Jackson était encore en train de se changer.
Il était, de dos, en train de mettre son t-shirt à l'endroit et je pouvais facilement voir le tatouage de lézard qu'il arborait entre ses omoplates.
A cette vue, ma respiration se calma presque automatiquement et mon cœur devint plus calme, c'était vraiment difficile a expliquer.
- La vue te plaît, on dirait. Pouffa Jackson sans même me regarder.
Il ne s'imaginait sans doute pas à quel point il était dans le vrai. Je m'approchais et posais ma main sur la peau de son dos.
Sans un mot et avec mes doigts, je redessinais les contours du tatouage avec une infinie douceur. Je pouvais voir la chair de poule qui se formait sur ses bras.
- On aime bien les papouilles on dirait. Me moquais-je en mordillant sa peau.
- Ne commence pas à me chauffer si tu ne veux pas qu'on reparte pour un autre round. Grogna-t-il.
- J'ai biologie, j'en ai besoin pour mon avenir.
- Tu n'as donc pas besoin de moi pour ton avenir ?
Il me fixa intensément et je dû vraiment me faire violence pour lâcher son regard langoureux et empêcher mon esprit de repartir au loin.
Il finit par m'embrasser chastement et m'accorda enfin la liberté. Ce type était vraiment un monstre mais j'imaginais que c'était de ma faute pour être amoureux de ce monstre.
Une fois en cours, j'avais du mal à gérer cette petite voix dans ma tête qui me disait que je me plantais vraiment. J'avais un mauvais pressentiment mais je ne parvenais pas à mettre le doigt dessus.
Une fois les deux heures finis, je fus retenu par le professeur qui voulait me parler de la bourse que pouvait offrir l'université que je visais.
- C'est maintenant qu'il va falloir commencer à se démarquer M. McCall. J'apprécie vos efforts dans ma matière mais il faut impérativement que le reste suive, vous comprenez ?
- Oui Madame.
- J'ai entendu dire que vous étiez assistant chez un vétérinaire ?
- Oui.
- C'est une bonne idée mais il ne faut pas que ça nuise à vos études.
- Ce n'est pas le cas, je vous le promets.
Elle me fit un petit sourire d'encouragement et me pressa l'épaule avant de me faire quitter sa salle de cours.
Je poussais un petit soupir défaitiste, il fallait vraiment que je me mettes un coup de collier et ça n'allait, malheureusement, pas se faire tout seul.
J'allais devoir demander à Stiles de me donner des cours intensifs. Connaissant l'animal, il n'allait pas me ménager simplement parce que j'étais son frère de cœur, au contraire. Il allait me martyriser jusqu'à ce que ça rentre.
Rien que d'y penser, j'en frémissais déjà…
Je marchais dans le couloir comme une âme en peine en direction de l'arrêt de bus quand je vis Jackson devant le lycée, adossé à sa nouvelle voiture un genre de jeep ultra chic en version Toyota.
Une nouvelle voiture flambante neuve puisque, rappelons-le, il avait essayé de tuer un innocent avec sa porsche argentée à cause de sa jalousie de merde.
Il me jeta un regard colérique qui me fit hausser un sourcil. Qu'est-ce que j'avais fais encore ?
- T'étais où ? Demanda-t-il sèchement.
Décidément, je n'arrivais jamais à me faire à ses changement d'humeurs de dingue. Je l'avais quitté tout mielleux et adorable et, il n'avait suffit que de deux petites heures, pour que je me retrouve avec son côté petit prince arrogant.
- J'ai été retenu par un prof.
- C'était lequel ?
- C'est important ?
- Réponds juste. Cracha-t-il impérieusement.
Ce gars devait être bipolaire, ma parole ! Je poussais un profond soupir agacé et roulais des yeux pour bien montrer que son comportement me cassait les pieds.
Pourtant je choisis de calmer les choses même si une petite partie de moi voulait vraiment lui en mettre une.
- Madame Finch, t'es content ?
- Pourquoi elle voulait te voir ?
- Parce que je suis un naze en tant que lycéen. Râlais-je. Chuis une merde en tout sauf en biologie et elle veut que je bosse plus dans les autres matières.
Jackson plissa le regard. Monsieur avait l'air de ne pas apprécier la manière dont je lui répondais mais il l'avait cherché.
- C'est pas vrai, t'es pas un naze. Dit-il simplement en ouvrant la portière passager et en m'incitant à monter dedans.
- Tu dis ça parce que t'as pas vu la gueule de mes notes. Bougonnais-je en grimpant dans le véhicule.
Aussitôt ma ceinture attachée, il démarra et dépassa quasiment tout le monde. Il était sérieusement en train de faire du zèle avec sa voiture dont le prix pouvait nourrir tout un village pendant plusieurs générations.
- J'peux te donner des cours.
- Non merci, je vais demander à Stiles. Grimaçais-je.
Long silence…
- Tu me fais pas confiance ? Mes notes sont excellentes.
- Je préfère demander à Stiles, c'est une question d'habitude.
Il venait à peine de me proposer l'idée que j'avais déjà un milliard de situations perverses dans la tête. Si c'était lui qui me faisait cours j'allais couler, ça ne faisait aucun doute…
Il finit par me ramener chez moi et me fixa avec une mine sombre.
- Est-ce que t'es en train de me dire que Stilinski vaut mieux que moi ?
Son ton était lent et dangereux et je savais pertinemment ce que ça voulait dire : Engueulade en cours…
- Ça n'a absolument aucun rapport avec ce que j'ai dis.
- Tu as dis que tu préférais demander à Stiles. Gronda-t-il.
Il avait vraiment envie qu'on se prenne le chou maintenant ? Pour une connerie d'histoire de cours ?
- Oui, c'est mon meilleur ami, il sait comment je fonctionne.
- Moi aussi, je suis ton mec j'te signale !
- En cours, imbécile ! Il sait comment me faire réviser !
- Donc je suis un imbécile maintenant ? S'écria-t-il.
- Dios mio, ya no quiero hablar contigo… (~ OMG, je n'ai plus envie de te parler...)
- Commence pas à me parler en espagnol, McCall. Houspilla-t-il.
Pendant les vacances, quand on se prenait la tête, lui et moi, j'avais tendance à faire ressortir mon espagnol assez naturellement, ma grand-mère aurait était extrêmement fier de moi, ça ne faisait aucun doute.
Je m'étais également rendu compte que cette langue avait aussi le don d'agacer énormément Jackson et je l'utilisais souvent, a chacune de nos prises de tête en fait.
Ça le rendait autant fou de rage que ça me faisait jubiler et comme il gagnait quasiment chacune de nos disputes, j'estimais qu'il le méritait amplement.
- Qu'est-ce que tu veux que je dises, c'est toi qui veut qu'on se prenne la tête !
- Tu réagirais comment si je te sortais que je préférais un autre mec que toi ? Rugit-il.
- Mais il s'agit pas d'un autre mec là, c'est mon frère de cœur ! Beuglais-je à mon tour.
- Qu'est-ce que ça change, tu sors avec qui ? Tu sors avec lui ou moi ? Assena-t-il rageusement.
Ce type était décidément devenu complètement fou a être jaloux pour tout et n'importe quoi !
- Mais c'est n'importe quoi ! Le fait qu'on soit en couple n'a absolument aucun rapport. Tu n'as juste aucune confiance en moi !
- Bien sûr que si, c'est pas le sujet !
- Oh si, c'est le sujet ! Criais-je furieusement. Tu ne serais pas aussi jaloux si tu avais un tant soi peu confiance en moi mais c'est pas du tout le cas en fait.
- Ne détourne pas le sujet, on parle de ce con de Stilinski.
- Je détourne rien du tout, je suis en train de te dire que les deux sujets sont liés par le fait que tu n'as aucune confiance en moi.
- C'est difficile d'avoir confiance en toi quand la première chose que tu fais c'est de retourner près de lui. Gronda-t-il en plissant le regard.
- C'est mon meilleur ami, Jackson. Je fis de mon mieux pour retrouver mon calme. Je ne vais pas m'excuser de traîner avec mon frère de cœur.
- Donc je ne te suffis pas.
Je pris brusquement conscience qu'il n'avait absolument rien compris à la situation. S'il pouvait nous emmurer l'un avec l'autre, il n'hésiterait pas un seul instant à le faire mais c'était pas ça être un couple, pour moi !
Je finis par débloquer ma ceinture et sorti de la voiture dans un geste rageur.
- Tu comprends rien du tout Jackson ! La vie ne s'arrête pas à juste nous deux ! Mais même si je te l'expliquais pendant 8 jours tu comprendrais toujours pas ! Criais-je sèchement en m'éloignant du véhicule.
- Reviens là !
- Eres realmente el tonto màs grande que conozco y me da pena amarte ! (~ Tu es vraiment le plus grand imbécile que je connaisse et ça me désole de t'aimer !)
Il cria quelque chose que je ne compris pas, surement un dernier râle pour mon espagnol, et partit en trombe.
J'avais envie de hurler et de pleurer et aussi de courir jusque chez lui pour le frapper et le supplier de me prendre dans ses bras.
Ce type était vraiment la pire chose que ce Monde pouvait me faire ! Et le pire c'était que même si j'avais une envie folle de le couler dans du béton, j'avais envie de l'embrasser et de le renverser avec la même intensité !
J'aimais ce mec autant que je le détestais et je ne croyais pas ça humainement possible avant de le rencontrer.
Je rentrais en trombe dans ma chambre en claquant toutes les portes. Gestes inutiles puisque personne n'était à la maison, mais importants pour calmer mes nerfs.
Je pris rageusement mes affaires pour aller chez le vétérinaire et reparti tout aussi furieusement.
Le trajet en bus avec mon casque audio sur la tête eut raison de ma colère et j'entrais dans le cabinet du docteur Deaton où j'eus la surprise de croiser ma conseillère d'orientation.
Marine Morell était une femme de taille moyenne mais vraiment belle avec sa longue chevelure noire et son regard obsidien.
Elle paraissait vraiment froide de l'extérieur et elle dégageait une aura qui mettait un peu mal à l'aise mais c'était une bonne conseillère scolaire d'après Isaac mais aux méthodes plus que douteuses, selon Stiles et Danny.
- Scott. Elle me fit un sourire qui ne monta pas à ses yeux.
- Bonjour Mme Morell.
- Je voulais justement te voir, mon frère me disait que tu travaillais vraiment bien à son cabinet.
Mes yeux firent la navette entre le docteur Deaton et ma conseillère et c'est à ce moment là que je distinguais des similitudes sur leur visage.
J'écarquillais le regard au moment où mon patron dissimulait son sourire derrière sa tasse de café fumante tandis que ma conseillère levait les yeux au ciel.
- Alan, tu as besoin de ton apprenti maintenant ou je peux te l'emprunter pour le moment ?
D'après le ton de ma conseillère, ça semblait être plus un ordre qu'une question. Mon patron haussa un sourcil avant de lui signifier, d'un hochement de tête, son autorisation.
Elle ne me laissa même pas le temps de répondre qu'elle m'agrippa le bras et m'embarqua dans l'arrière cour qui donnait une jolie vue sur la forêt qui nous entourait.
Elle s'installa sur l'unique banc qui semblait tenir uniquement par la force du Saint Esprit et je l'imitais.
Elle sortie de son sac un dossier qui portait mon nom et commença à le feuilleter.
- Vous voulez qu'on prenne rendez-vous au lycée ? Demandais-je subitement curieux.
- Inutile, tu n'es pas souvent disponible au lycée. Tu as beaucoup d'absence, tu n'es pas très dégourdis et si tu continues à creuser tes notes, tu vas finir par trouver du pétrole.
Elle ne lâcha pas son sourire professionnel tout au long de son discours qui ne manqua pas de faire revenir ma colère. J'avais bien besoin de ça en ce moment…
- A ce train là, tu vas passer ton été entier en rattrapage.
- Merci de l'intérêt que vous avez pour mon dossier mais je n'ai pas demandé votre avis, ni vos commentaires. Lâchais-je sèchement. Vous voulez me voir pour quelque chose en particulier ou juste continuer à me descendre en flèche ?
Elle me fit un petit sourire et me tendit un papier que je lui arracha des mains. C'était ma feuille de vœux que j'avais remplis au semestre dernier.
- L'Université du Missouri est un projet un peu trop ambitieux pour toi, jeune homme. Il va falloir que tu nous indique d'autres projets plus terre à terre.
- Qu'est-ce que ça peut vous faire ? Attaquais-je hargneusement.
- Scott, je suis en train de faire des heures sup' pour te mettre un bon coup au derrière. Claqua-t-elle la mine imperturbable. Si ça ne tenait qu'à moi, tu n'irais pas à la fac. Au vu de tes notes et de ton comportement, tu n'as même pas les capacités pour une fac secondaire alors celle du Missouri c'est un rêve inaccessible pour toi.
Ma mine s'assombrit au fur et à mesure des mots qui sortaient de sa bouche. Je n'arrivais pas à croire ce qu'elle osait me dire !
Ma scolarité allait de plus en plus mal, je ne pouvais pas le nier mais il y avais des manières de dire autres que de sous-entendre que j'étais juste un gros looser.
Je commençais sincèrement à me demander si Isaac m'avait vraiment parlé de cette femme ou si c'était en vérité un sale démon qui avait prit possession de son corps et s'amusait à blesser les gens ouvertement.
- Pourtant, continua-t-elle au bout d'un moment, pour une raison que j'ignore, mon frère a accepté de te prendre pour apprenti et de t'enseigner pendant tout ce temps. Il doit forcément voir quelque chose en toi que nous ne voyons pas. J'ai toujours eu énormément confiance en son instinct malgré nos nombreux… Elle grimaça. Désaccords.
- J'ignore ce qu'il a pu vous dire et je ne sais pas vraiment ce que je vaux mais j'irais dans cette université là et je n'ai pas besoin de faire d'autres vœux.
Je me levais furieusement du banc et lui tendit la feuille avec agressivité.
- J'ai pas besoin que vous fassiez des heures supplémentaires pour me dire ce que je sais déjà, je vais me reprendre. Merci de vous en souciez, maintenant si ça vous ennuie pas, je vais travailler.
- Ton relâchement remonte à ton rapprochement avec Jackson Whittemore.
Je ne croyais pas ça possible mais mon froncement de sourcils, que je croyais être à son maximum, s'intensifia.
Elle tapota la place que j'avais déserté et, sans dissimuler mon agacement et tout en soupirant, je m'installais à nouveau à ma place.
- Le fait que tu sois en couple avec ce garçon te nuit. Argua-t-elle la mine impassible. Même si tu veux réellement te concentrer sur tes études, je doutes qu'il te laisse faire sans rien dire.
- Mon histoire avec Jackson ne concerne que lui et moi. Claquais-je durement. Il n'a absolument rien à voir dans l'histoire.
- Pourtant il te harcelait au début, non ? Tu ne penses pas que sortir avec lui soit une mauvaise idée ?
Un long silence lui répondit alors que je la fixais les yeux écarquillés pendant qu'elle me fixait avec un regard blasé, comme si elle s'ennuyait.
Dios mio, cette femme était vraiment insupportable ! De quel droit elle débarquait de nulle part, me descendait en flèche et me donnait des conseils qui ne servaient à rien ?!
Je pensais pas qu'on pouvait faire pire que Jackson en matière de cruauté et d'arrogance mais on pouvait dire qu'il ne lui arrivait pas à la cheville.
- Et vous étiez où pendant ce temps là ? Demandais-je subitement, les dents serrés. Il me semble que vous travaillez ici depuis des années, d'après ce que j'ai compris et, au début de ma scolarité, vous n'étiez pas partie en vacances à moins que je ne me trompe ?
- Je ne dois pas me mêler des affaires internes des étudiants, c'est la procédure de l'école et de la loi.
Putain mais cette femme avait vraiment réponse à tout peu importe ce qu'on pouvait dire, hein ?
Si elle voulait jouer à ce petit jeu, elle allait être servie…
- Il me semble que cet article ne fonctionne pas quand il y a une mise en danger sur mineur. Elle ouvrit la bouche mais je la coupais nette en levant une main impérieuse. J'imagine que si Winston et Hart ont été virés et se sont fait transférer pour circonstance aggravante, c'est que l'établissement était au courant de ce qu'ils m'ont fait, non ? Mon père est un agent fédéral Mme Morell, je sais pertinemment ce que dit la loi et ni vous, ni l'établissement n'avez fait les choses en règle. Conclus-je avec rancune.
Tout au long de mon discours, cette femme n'avait même pas ciller.
Rien n'avait été fait correctement et, jusqu'à présent, ça m'avait arrangé parce que si ma mère avait été mise au courant, elle aurait fait un carnage mais jusqu'à présent je ne m'étais jamais rendu compte que chaque professeur de cette école avait juste fermé les yeux.
Combien d'autres élèves avant moi s'étaient fait isolés ou encore harcelés par des petites frappes comme Aiden, Winston, Hart, Lydia ou même encore Jackson ?
Ce système était vraiment pourri jusqu'à la moelle et, peu importait comment on voyait les choses, rien ne changeait parce que personne ne voulait faire d'effort.
- Vous êtes censé être notre conseillère, un soutien et vous ne faites rien du tout. Lâchais-je en essayant de retrouver mon calme. Vous n'avez rien à me dire sur la manière dont je dois vivre ma vie, est-ce que c'est clair ?
Elle me regarda un long moment avant de soupirer. Elle finit par ranger le papier dans le dossier qui portait mon nom de famille, le rangea dans son sac et se leva du banc.
- Je commence à comprendre pourquoi Alan te trouve si spécial. Déclara-t-elle. Passe une bonne soirée, Scott McCall.
Elle partie en me laissant seul avec mon moral à plat et toutes sortes de pensées négatives dans l'arrière cours de mon lieu de travail.
Je n'allais pas abandonner l'université du Missouri, c'était la meilleure pour tout bon vétérinaire qui se respectait. Peu importait ce qu'on me disait, peu importait la difficulté j'allais remonter la pente, comme je le faisais toujours et je n'allais pas laisser tomber, ça c'était assuré.
Je fus brutalement extirpé de mes pensées par une sensation de froid qui brula ma joue.
Je ne pus retenir un cri de stupeur qui fit beaucoup ricaner mon patron alors qu'il fourra la canette de soda dans ma main.
- Elle est horrible à vivre et elle a un humour plus que douteux mais Marine n'est pas une mauvaise personne contrairement à ce qu'elle veut faire croire. Il s'installa avec difficulté sur le banc et lâcha un soupir d'aise.
- J'ai beaucoup de respect pour vous, vous le savez mais elle est infecte.
Il lâcha un petit rire à ma grimace avant de m'ébouriffer les cheveux.
- Je sais que mes notes ne sont pas…
- Ça m'est égale, je sais ce que tu vaux et je sais aussi que tu vas surmonter les difficultés quoi qu'il arrive, c'est ton rêve après tout. Tu es suffisamment déterminé pour ça.
Je fixais mon patron et retenu de justesse un sanglot. Il était toujours égale à lui-même avec son air sage et son petit sourire énigmatique et on ne devinait jamais ses pensées.
Pourtant, savoir qu'il avait confiance en moi me faisait un plaisir immense, il ne pouvait pas s'imaginer.
Je ne pouvais pas me permettre de perdre la face devant lui, il fallait que je sois digne.
- Je ne sais pas bien ce qui te tracasse Scott mais si tu as besoin de parler, fais-le tout simplement.
Il avait suffit de cette simple phrase pour que ma dignité fiche le camps à jamais et que mes yeux activent le mode chutes du Niagara.
Le docteur paniqua une micro seconde avant de me faire un sourire rassurant et de me tapoter le dos en me sortant un paquet de mouchoirs de sa poche de blouse.
Voilà, c'était tout ce dont j'avais besoin en ce moment j'avais seulement besoin d'un peu de soutiens et je me rendais compte que je n'en avais pas vraiment eu jusque là.
Bien sûr, il y avait ma mère et Chris mais ils étaient rarement présents et avaient leur propre vie, mes amis avaient leurs problèmes à gérer sans avoir à s'encombrer des miens et Jackson me paraissait vraiment inaccessible par moment.
C'était ce que j'essayais difficilement d'expliquer à Deaton entre deux sanglots. Je ne savais pas vraiment si j'étais clair, je devais probablement me perdre dans mes explications mais j'avais juste besoin que ça sorte et, bientôt, ma colère et ma tristesse furent balayé par un sentiment que j'avais longtemps oublié : le soulagement.
Tout n'était pas réglé, loin de là. Mais au moins j'étais un peu débarrassé de mon fardeau et ça me faisait un bien fou.
- Scott, personne n'est parfait. On a tous des défauts, certains plus grands que d'autres mais il faut vraiment apprendre a communiquer posément pour faire avancer les choses.
- C'est-à-dire ?
- Parles avec tes amis, dis-leur que ce qui ne vas pas. Expliqua-t-il calmement. Tu ne peux pas les déranger, ils sont tes amis, ils sont là pour les coups durs aussi. Et parles avec Jackson également. S'il te semble aussi éloigné c'est que vous n'avez pas la même façon de voir les choses. Ce n'est pas forcément un mal. Discutes-en avec lui et, qui sait, la solution viendra peut-être d'elle-même.
Je réfléchis à ses paroles avant d'hocher timidement la tête. Peut-être que discuter un peu avec tout le monde allait autant m'aider que parler avec Deaton, il avait surement raison.
- Je vais profiter de l'air frais, tu veux bien aller examiner une ravissante petite chihuahua à poil long de 6k pour moi ? Elle est en salle d'examen avec sa maîtresse. Si c'est superficiel règle ça sinon préviens-moi.
Je hochais la tête plus vivement et partis me passer un coup sur le visage avant d'aller en salle d'examen où la petite bestiole me fixait avec un calme olympien.
La petite chienne attendait sagement sur une des chaises du bureau. Elle était absolument adorable avec ses poils soyeux noirs et blancs.
Elle remua aussitôt la queue vivement en couinant quand je posais un pied dans la salle d'examen et referma la porte derrière moi.
Je me figeais net en voyant qui accompagnait l'animal.
La maîtresse me fixa longuement les yeux écarquillés et, ni elle, ni moi, ne pouvions dire clairement qui de nous deux était le plus choqué.
Je m'y connaissais pas vraiment en karma mais j'avais vraiment dû énerver quelqu'un là-haut pour avoir une telle avalanche de problème en une seule journée. Quelle guigne !
Je m'installais au bureau sans rien dire en essayant d'afficher une mine professionnelle et ouvrit les dossiers patients de l'ordinateur.
- Est-ce que c'est la première fois qu'elle vient au cabinet ? Demandais-je de ma voix la plus neutre.
- … La troisième.
- Son nom ?
- Prada.
J'accédais rapidement au dossier de la chienne où je vis tous les détails de la petite patiente.
Je pianotais sur le vieux clavier le jour et l'heure de la visite avant de me tourner vers la maîtresse.
- Le motif de la visite ?
- Elle est tombée, je veux juste voir si tout va bien.
Je me relevais avec un sourire affectueux que je servais exclusivement à mes amis les bêtes avant de m'approcher de Prada qui sauta presque dans mes bras.
Je la conduisis à la table d'examen et effectuais les démarches avec professionnalisme dans un silence presque pesant et sous un regard aussi stupéfait qu'acéré.
La chienne était une patiente exemplaire qui était bien docile jusqu'au moment où j'approchais de la zone douloureuse. Elle commença à grogner et à s'agiter.
- Ce n'est pas au docteur Deaton de faire ça normalement ? S'enquit la maîtresse avec une nervosité sous-jacente.
- Il prend une pause.
- S'il faut attendre, je peux patienter.
Cette fille n'avait jamais été réputée pour sa patience. Je choisis de l'ignorer pour me concentrer à nouveau sur ma petite patiente.
- Est-ce que tu sais comment elle s'est blessée ?
La maîtresse de Prada parut gênée l'espace de quelques secondes avant de reprendre de sa superbe et de planter son regard clair dans le mien.
- Elle est tombée dans la piscine.
Je ne pus retenir un petit rire jaune de sortir face à l'ironie de la situation et, comme prévu, elle vit rouge.
Elle ouvrit la bouche mais je l'arrêtais d'un geste.
- Je suis en train de l'examiner, ne me déconcentre pas et reste tranquille.
- Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi, je peux attendre Deaton. Grogna-t-elle en croisant les bras.
- Même s'il revenait, il ne toucherait pas à Prada, il me laisserait faire.
- Je ne te crois pas, peut-être que tu l'as enfermer quelque part et que tu profites de faire n'importe quoi dans son cabinet. Hasarda-t-elle en plissant le regard.
- C'est toi la sociopathe dans cette pièce Lydia, moi je fais juste mon travail. Soupirais-je las.
Il n'y avait aucune amertume dans ma voix, aucune colère non plus. Ça pouvait paraître bizarre après ce qu'elle m'avait fait mais je ne lui en avais jamais vraiment voulu. Je me demandais même si c'était pas ça qui la rendait plus dangereuse d'ailleurs...
Ça ne voulait pas dire que je laissais passer ça ni même que j'oubliais, je voulais juste laisser ça derrière moi et aller de l'avant comme me l'avait conseillé mon patron.
Elle plissa les lèvres avec amertume mais eut le bon goût de se taire et de rester tranquille pendant toute la durée de l'examen.
- Tu veux être véto alors ? Demanda-t-elle subitement.
Je la fixais un moment mais elle avait le regard perdu sur son téléphone.
- Ouais.
- Cool.
Je lui lançais mon regard le plus effaré.
« Cool » ? Elle était devenue folle ? Elle avait oublié qui j'étais ? Elle devait probablement avoir vue quelque chose d'intéressant sur son téléphone et avait juste sortit ça comme ça, ce n'était pas pour moi qu'elle l'avait fait, c'était sûr !
Je ne fis aucun commentaire qui pourtant me brûlait les lèvres et continuais mon travail soigneusement en m'efforçant de laisser de côté ma surprise.
Soudainement, Prada couina fortement. Je me concentrais sur sa zone douloureuse et je compris rapidement l'origine du problème.
- Je vais avoir besoin que tu l'as tienne et la cajole un peu le temps que je règle le problème.
Lydia s'était précipité vers la table d'examen, aux côtés de sa chienne et me lança un regard inquiet.
- Elle s'est fracturé la patte ?
- Non mais quand elle est tombée, quelque chose s'est logé entre ses coussinets, je vais juste l'extirper délicatement mais elle va être un peu agressive parce que ça va lui faire mal. Il faut juste que tu la calme avec ton odeur et tes caresses pour qu'elle comprenne qu'elle est en sécurité.
Si la situation n'exigeait pas ma concentration totale, j'aurais ricané à la soudaine obéissance de la Reine du lycée.
L'affaire dura cinq minutes et personne ne fut blessé. Prada couina une seule fois mais elle fut courageuse.
J'étais en train de désinfecter sa plaie quand le docteur Deaton entra dans la pièce. Il fit un petit sourire à Lydia.
- Avez-vous besoin d'aide mademoiselle Martin ?
- Non c'est bon, Scott s'en occupe.
Je haussais les sourcils et dissimulé mon sourire vainqueur derrière l'une de mes manches.
Je crus voir le fin sourire de Deaton s'agrandir très légèrement et il hocha la tête avant de quitter la pièce.
Une fois le traitement appliqué, Lydia reprit sa chienne et la serra contre elle avec chaleur et affection.
J'étais en train de remplir la fiche d'informations pour le dossier de Prada quand mon regard se posa discrètement vers Lydia qui couvait sa chienne du regard et lui donnait de douces caresses apaisantes.
J'avais l'impression que Lydia ne ressemblait plus vraiment à la Lydia que je connaissais.
Bien sûr elle restait toujours une garce insupportable, c'était visiblement admis mais elle avait l'air d'être plus calme, moins sur les nerfs et plus aimante.
Je me rendais subitement compte, en la voyant, que c'était s'accrocher désespérément à Jackson qui l'avait rendu hargneuse, sur la défensive et vraiment peu sûr d'elle.
Désormais loin de tout ça, elle avait prit un aplomb qui la faisait rayonner et elle semblait plus en paix avec elle-même.
C'était vraiment curieux de voir une telle évolution chez quelqu'un comme Lydia.
- Est-ce que la pension est ouverte cet été ? Demanda-t-elle doucement.
- Hm oui, elle ne ferme qu'au mois d'Août. Tu veux que je l'inscrive ?
Elle opina au moment où j'ouvris le gros classeur de la pension pour animaux que Deaton tenait depuis des années et qui cartonnait pendant les périodes de vacances.
- J'ai besoin de la mettre du 6 au 20 juin.
- Motif ? Demandais-je automatiquement.
- Depuis quand il faut un motif pour mettre un chien en pension ? Attaqua-t-elle brutalement.
- C'est obligatoire, il me faut un motif, c'est tout et un numéro de téléphone fiable.
Je ne voyais pas bien en quoi elle était gênée mais bon… J'avais juste besoin d'un motif aussi bidon soit-il c'était une des procédures même si je ne comprenais pas vraiment pourquoi elle existait.
- Je serais à San Francisco pour mes travaux d'intérêt générale. Mon numéro sera suffisant. Marmonna-t-elle en détournant le regard.
Mon stylo se figea en l'air tandis que je la regardais en fronçant les sourcils. Qu'est-ce qu'elle venait de dire… ?
Elle fit voler sa magnifique crinière soyeuse et me fixa avec arrogance en serrant sa petite chienne contre elle.
- C'est ma faute si Winston et Hart t'ont jeté dans la piscine, j'ai été reconnue coupable. J'ai donc eu une amende et je dois faire deux semaines de travaux d'intérêts générale cet été.
- J'ai pas porté plainte. Affirmais-je. Et je sais qu'aucun de mes amis ne l'a fait non plus.
- Il n'aurait pas eu le poids nécessaire pour me faire inculper de toute façon puisqu'ils n'étaient pas présent à ce moment là et moi non plus.
- Mais qui alors ?
- A ton avis ? Demanda-t-elle en levant les yeux au ciel. Qui peut avoir suffisamment de poids à Beacon Hills pour faire ça dans le feutré ? Comme toujours…
Je fronçais les sourcils d'incompréhension. Je n'avais absolument rien dit à Jackson, comment avait-il pu être au courant ? Un de mes amis lui en aurait parlé ?
- Quand est-ce que ça s'est passé ?
- Une semaine après la fête, il m'a prévenu que je serais appréhendée.
La conversation commençait à l'ennuyer, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. J'avais encore tellement de questions auxquelles elle ne voudrait surement pas répondre…
Comment le savait-il ? Pourquoi est-ce qu'il ne m'avait rien dit ?
Faire arrêter Lydia ne m'aurait pas fait tomber plus vite dans ses bras mais ça aurait pu être un bon moyen d'y arriver selon n'importe qui.
Quelques minutes plus tard elle finit par quitter le cabinet en me remerciant du regard avant de disparaître.
Deaton vint me féliciter et me présenta deux autres patients a examiner et je fis de mon mieux pour être aussi professionnel que possible.
Plus j'en apprenais et plus j'étais sûr de moi je voulais vraiment faire ce travail, il était vraiment mon objectif numéro un.
J'allais faire remonter mes notes et j'allais obtenir une place à l'université du Missouri. J'allais rendre Deaton et ma mère fiers de moi, je m'en faisais le serment.
Une fois mon travail terminé, mes bonnes résolutions prises, j'envoyais un texto à ma mère pour lui dire que je ne serais pas là ce soir et pris le chemin pour me rendre chez Jackson.
Je n'allais pas rester fâcher avec lui éternellement et il fallait absolument qu'on règle certains sujets pour avancer.
Que ce soit lui ou moi, on en avait terriblement besoin.
Bonjour !
Nouvelle semaine, nouveau chapitre !
Notre petit Scotty commence a grandir, c'est tellement émouvant (T.T)
Alors avant toute chose, je ne parle pas espagnol. Ce que vous venez de lire, je l'ai pris sur un site de traduction donc s'il y a des erreurs, les linguistes, ne me caillassaient pas ! :o
Ensuite, je ne sais pas si ça se fait beaucoup maintenant, mais à l'époque, les vétérinaires campagnards apprenaient de cette façon. Rappelez-vous que c'est une histoire que j'invente, c'est pas une étude sérieuse sur la formation de vétérinaire. (Même si l'université du Missouri est un peu l'Harvard des vétos.)
Enfin, je me suis documenté et le nombre d'établissements qui ferment les yeux sur le harcèlement scolaire rien qu'en Amérique est juste faramineux ! Mais là encore ça reste une histoire fictive, il y a forcément des choses qui ne peuvent pas être possibles mais qui aide mon histoire. Aussi, je m'excuse d'avance si certaines choses peuvent vous choquez.
J'espère, malgré tout que vous appréciez ce chapitre et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, ça me fait toujours plaisir d'avoir vos avis.
Bisous, j'vous aime.
Akiss4
PS : J'ai une mauvaise nouvelle, il se pourrait que les chapitres suivants prennent du retard. Actuellement j'ai un peu de mal à terminer les chapitres en cours mais je n'abandonne pas, n'ayez crainte ! Il faut juste prendre son mal en patience alors désolée pour ça.
PPS :
Helac : Merci pour ton retour, il m'a vraiment fait plaisir et désolée de t'avoir déçu. Si j'adore lire les lemons, en fait c'est toujours une déception quand j'en écris un. Je ne veux pas m'énerver à m'arracher les cheveux pour ça et au final vous donnez un truc insipide. Je suis contente que tu ais apprécié les petites histoires qui seront importantes pour la suite, comme tu le sais.
