Hello !
Mille fois désolée pour le retard, j'ai vraiment vraiment galéré pour trouver du temps... quelle vie !
Je ne crois pas que ce chapitre va vous aider à me pardonner ^^'
J'vous laisse lire et on se retrouve en bas (en espérant en pas en avoir perdue plusieurs d'entre vous au passage!)
Chapitre 14
- Isabella ?
La voix d'Edward me parut lointaine. Je le sentis à peine me relever pour prendre mon visage entre ses mains, me parlant sans que je n'arrive à comprendre ce qu'il disait. Prise dans mon tourbillon, mes pensées virevoltant autour de moi, je peinai à retrouver l'usage normal de mes membres engourdis. Mais pourquoi personne n'y avait pensé plus tôt ? Comment avais-je moi-même ignoré que tout pouvait partir de là ?
- Tanya, réussi-je à murmurer après plusieurs secondes sans bouger.
- De… quoi ? demanda Edward, son pouce essuyant les traces de mes larmes.
- C'est Tanya, répétai-je avec plus de force.
L'incompréhension flotta dans son regard avant qu'il ne voit le livre que j'avais lâché par terre, puis les feuilles grises étalées sur le sol autour de nous. Ses sourcils se froncèrent, ses yeux faisant l'aller-retour entre les papiers par terre et mon visage.
- C'est Tanya, dis-je à nouveau, la voix tremblante. Les menaces, les agressions… c'est elle Edward.
- Attends tu… Comment ?
J'inspirai profondément, semblant sortir de ma léthargie. Mes yeux se baissèrent sur les papiers autours de nous, puis sur celui dans ma main. Je relis à nouveau le message sur le papier gris clair, sentant mon cœur s'emballer.
Qui aurait-pu croire que le grand Edward a été un jour celui qui à vu sa mère ?
- Celui qui a vu sa mère…
- Je… je ne comprends pas… avoua-t-il, perdu, ses mains me lachant.
Je me mis à marcher nerveusement essayant de calmer mon cœur qui battait définitivement trop vite.
- Tu m'as bien dit que Tanya était la seule de ton entourage à connaitre ton histoire ?
- Je… oui, répondit-il calmement, de plus en plus blanc.
- Et personne d'autre n'est au courant ?
Il sembla réfléchir un instant, fronçant d'autant plus les sourcils.
- Personne, me confirma-t-il. A part ma famille proche mais jamais…
Il se tut, ne finissant pas sa phrase. A nouveau, il blêmit. Je me baissai pour ramasser les papiers gris, lisant au fur et à mesure les menaces dont les parents d'Edward avaient été les victimes. Edward me regarda faire, figé dans l'incrédulité alors que mon cerveau tournait à une vitesse folle, me faisant respirer plus vite et de manière désordonnée. Je me dirigeai ensuite vers la table basse du salon, ouvrant et étalant les papiers sous mes yeux de mes mains tremblantes.
Qui aurait-pu croire que le grand Edward a été un jour l'enfant qui a vu sa mère ?
Peu importe le temps que cela mets, la vérité finie toujours par arrivée.
Elisabeth.
43rd Street & Michigan.
Qui aurait-pu croire que vous seriez de si bons menteurs ?
5.
5 papiers, 5 messages.
Toutes reliées au secret tournant autour d'Edward et de son enfance. Je relevais les yeux vers lui, constatant la boule au ventre qu'il avait du mal à regarder les menaces que ses parents avaient reçu au fil des mois. Je me mordis la langue en inspirant profondément. J'étais certaine au fond de moi de tenir quelque chose.
- Tout est lié, tentai-je de m'expliquer calmement en reportant mon attention sur ma découverte.
Edward, toujours figé un peu plus loin s'approcha d'un pas lent.
- Explique-moi, demanda-t-il avec un calme qui me fit froid dans le dos.
- Tu… tu m'as dit que Tanya était la seule au courant de ton histoire. Ces menaces là sont… extrêmement précises. Cette adresse… tu la connais ? demandai-je en pointant du doigts le papier gris avec l'adresse de noté dessus.
- C'est l'arrêt de bus qu'on prenait pour aller à l'école.
- Réfléchis Edward, combien de personne connaissent ton secret et le fait que tu prenais le bus pour te rendre à ton école ? Et d'autant plus le…
- Elle ne connaissait pas le nom de cet arrêt, me coupa-t-il.
- Elle a pu se renseigner ? Ou même… aller voir sur place ?
Il fronça les sourcils.
- J'en sais rien, avoua-t-il en serrant les dents. Je ne la vois pas trainer dans les quartiers pauvres de Chicago mais… admettons…
- D'accord. Donc… elle est la seule au courant mais, elle te trompe et tu la quittes… elle perd tout. C'est un motif valable pour… pour t'en vouloir, j'imagine.
- Mais les menaces ont commencées avant… la première était en mai, à mon anniversaire.
- C'est vrai, admis-je en reportant mon attention sur les mots sous mes yeux. Elisabeth ? Le prénom de ta mère ?
Il hocha la tête, ses yeux parcourant de long en large les pages devant moi.
- Quand ta voiture à été saccagée le soir de ton anniversaire, où était-elle ?
- Avec son agent, répondit-il automatiquement. Enfin, c'est ce qu'elle m'a dit…
- Elle n'a rien vu en rentrant ?
- Elle a dit que non.
Je laissai passer un silence, tentant de remettre le puzzle en place avec les éléments que j'avais. Il y avait encore tellement de zones d'ombres !
- Ca n'explique pas la personne que tu as vu au Bel'Air, ajouta Edward après une minute.
- C'était peut-être un paparazzi ? demandai-je en repoussant le frisson d'effroi qui voulu s'insinuer dans mon dos.
Edward haussa les épaules, avant de soupirer bruyamment.
- Qui aurait pu croire que vous seriez de si bons menteurs, lus-je à voix basse.
- Ca vise mes parents directement.
- Ils ont mentis ? Te concernant ?
- Quand des journalistes ont accostés mon père à plusieurs reprises, on à fait un communiqué de presse indiquant de laisser mes parents tranquilles et en paix. Mais ils n'ont jamais parlé de quoi que ce soit.
Je me mordis la lèvre, réfléchissant à toute vitesse. Ca n'avait pas de sens.
- Je peux comprendre que Tanya soit… en colère, mais de là à menacer mes parents…
- La haine pousse à faire des choses horribles Edward.
Je soupirai, regardant à nouveau les lettres devant moi. Peut-être avais-je loupé quelque chose ? Peut-être qu'une preuve trop énorme pour que je la vois était juste là, devant mes yeux !
- L'enfant qui à vu sa mère… murmurai-je pour moi-même, sentant Edward se tendre à mon coté.
- Je suppose que ça fait référence au soir où elle est morte.
Mon regard se posa sur son visage terne.
- Je crois que oui, dis-je le plus délicatement du monde.
Il resta silencieux un instant avant de soupirer.
- Mais toutes ces agressions… Alice, Emmett… comment c'est possible ? Elle n'aurait jamais pu faire ça toute seule...
- Elle doit avoir… un complice ? Quelqu'un qui exécute ce qu'elle lui dit de faire ?
Edward s'assit sur le canapé à mon coté, passant une main sur son visage.
- Ca tiendrait d'un film de policier, grogna-t-il. Je ne comprends pas comment elle pourrait faire… tout ça.
- Dis moi si je me trompe mais je ne crois pas que Tanya soit… celle qui fait… elle est plutôt du genre à... donner des ordres, non ?
Il hocha la tête, le visage de plus en plus sombre.
Un silence s'installa entre nous, me faisant lourdement frissonner. Une émotion vive et brulante sembla m'étrangler. Comment avait-elle pu faire tout ça à Edward ?
- Tu crois… tu penses vraiment qu'elle serait à l'origine de tout ça ? finis-je par demander à Edward, toujours silencieux à mon côté.
La manière dont la distance s'était installée entre nous me glaçait. Je détestai ce vide, ce froid entre nous.
- J'en sais rien, murmura-t-il, le regard perdu sur les menaces devant nous. C'est possible… elle est tellement…
Il soupira, se passant une main sur le visage tout en laissant sa phrase en suspends. Toute les angoisses du monde semblaient reposer sur ses épaules, nouant mon ventre un peu plus. J'aurai voulu tout faire pour qu'il ne souffre plus jamais, de quelconque manière.
- On va en parler à Grimaldi.
- Edward on est… je ne suis sûre de rien, bafouillai-je, me rendant compte que mes suppositions pouvaient être totalement fausses.
- Je ne veux rien laisser au hasard.
Son ton avait été tellement ferme que j'ouvris la bouche avant de la refermer, incapable de prononcer un mot. Et si j'avais tout faux ? Si Tanya n'y était pour rien ? Elle allait me détester jusqu'à la fin des temps. Je soupirai en me demandant en quoi cela devait réellement m'inquiéter.
Trois heures plus tard, après une discussion avec les parents d'Edward et presque une heure d'appel Visio avec l'inspecteur Grimaldi, nous n'étions pas plus avancés. L'inspecteur avait été dubitatif quant aux théories que nous avions en tête, pour lui, il était impossible de Tanya ait fait tout cela seule. J'avais alors avancé la possibilité qu'elle soit dans l'ombre, laissant quelqu'un d'autre aux manettes. Mon idée l'avait fait grimacer, bien qu'il ne veuille pas omettre cette possibilité là. Il prit la décision de mettre Tanya sous surveillance pour les prochains jours, essayant de creuser cette piste malgré tout.
La culpabilité d'avoir gâchée une si belle journée me nouait l'estomac. Les parents d'Edward étaient remués, ne sachant comme réagir à ce que j'avais avancée. Pour Esmée, Tanya était une profiteuse, mais n'avait pas de raisons valables de lui en vouloir au point de lui vouloir du mal comme ça. Carlisle était plus septique. Pour lui, le fait qu'Edward la quitte et ne lui laisse rien pouvait être une raison suffisante. Personnellement, je ne savais plus quoi en penser.
Edward, lui, était silencieux depuis que Grimaldi avait raccroché. Le cerveau tournant à mille à l'heure, je me triturai les mains en lui jetant des regards nerveux. Appuyé contre l'angle du mur en face de nous, assis sur le canapé, il avait le regard perdu sur la baie donnant sur la terrasse. Son visage était pale, ses mâchoires se contractant et de décontractant au fil de ses pensées, sans qu'il ne semble s'en rendre compte. La tension de son corps trahissait sa colère et son incompréhension grandissante.
Jamais je ne l'avais vu si sombre. A mesure que les minutes passaient, je me rendais compte à quel point cette histoire le torturait. Il était plus que temps que tout cela cesse.
Après quelques instants, ses parents s'éclipsèrent pour aller réchauffer le déjeuner que nous n'avions pas mangé alors que l'après-midi était déjà bien avancé. Pour ma part, toute cette histoire m'avait coupé l'appétit. Le silence d'Edward se fit plus pesant, presque étouffant. La colère ne semblait pas disparaitre de son corps tendu, et l'angoisse courant sur ma peau depuis mes découvertes ne faisait que s'amplifier.
Je finis par me lever pour rejoindre Edward, captant son attention quand j'arrivai à sa hauteur. Ses yeux sombres scrutèrent les miens attentivement, semblant chercher quelque chose sur lequel il n'arrivait pas à mettre le doigt.
Il n'avait pas l'air dévasté… mais en colère. Et par dessus tout, l'inquiétude que je lisais dans ses yeux n'avait pas l'air d'avoir de limites. Ma main attrapa la sienne, nos doigts se nouant doucement. Son contact me fit du bien, physiquement. Le poids sur mon estomac sembla s'alléger immédiatement au contact de sa peau et un frisson secoua mon corps. Edward était toujours tendu, la peur dansant dans ses yeux sans ménagement. J'étais presque certaine de savoir ce que cela voulait dire : il avait peur que je prenne la fuite. Il avait peur que tout cela soit… trop.
- Je reste là, soufflai-je le plus délicatement possible, serrant ses doigts dans les miens.
Quelque chose changea dans ses yeux. Je savais qu'il comprenait également que je ne parlais pas que du lieux où nous étions. Je parlais de lui, de nous. Rien au monde ne me ferait l'abandonner. Je poussai un soupire de soulagement quand son autre main caressa ma joue, me faisant fermer les yeux sous la douceur de sa caresse.
- Je suis désolée d'avoir gâché le déjeuner, m'excusai-je, sentant la culpabilité me ronger à nouveau en pensant à ses parents en train de réchauffer les lasagnes en cuisine.
Son pouce frôla ma bouche, me faisant trembler contre lui.
- Je t'aime, murmura-t-il lentement, faisant s'arrêter mon cœur.
Mes yeux s'ouvrirent pour tomber directement dans les siens. Mon cœur s'accéléra, coupant mon souffle et faisant fuser mes pensées en vrac. Jamais personne ne m'avait regardé de la sorte. Son regard transpirait la dévotion et l'amour, bien que la colère fasse encore briller ses iris rendant le mélange absolument hors du commun.
- Je t'aime, chuchotai-je en retour, sentant ma voix trembler d'émotion.
Un léger sourire illumina son visage, faisant s'accélérer mon cœur encore une fois. Allait-il exploser et vouloir sortir de ma poitrine à chaque fois qu'Edward me le dirait ?
Oui, certainement.
On déjeuna dans une ambiance un peu étrange mais, à mesure que les minutes passèrent, l'atmosphère changea et Edward se détendit, me faisant me sentir mieux. Je me répétai comme un mantra que tout irait bien. Grimaldi allait mettre sous surveillance Tanya. Si elle était vraiment à l'origine de tout ce qui planait autour d'Edward depuis des mois, elle finirait par faire une erreur qui la fera tomber et nous pourrions alors avoir, enfin, une vie normale.
Oui… tout irait bien.
La sonnerie du téléphone d'Edward nous réveilla en pleine nuit. Il le coupa avant de soupirer puis de se tourner dans le lit en grognant. Je n'eus même pas la force de protester ou d'émettre le moindre mot.
Nous avions passé le reste de la journée à nous promener dans les vignes entourant le domaine, profitant de la chaleur de Sicile et savourant ces moments où nous étions seuls au monde, essayant d'oublier les menaces et le reste. J'appréhendais presque notre retour à Los Angeles. Il nous restait encore deux journées entières ici, et, si l'on m'avait demandé, j'y serai restée pour toujours.
Je me frottai les yeux avant d'enfoncer mon visage dans l'oreiller sous ma tête, espérant retrouver le sommeil rapidement.
La sonnerie recommença de belle, nous faisant sursauter d'un même ensemble. La musique stridente me paraissant bien plus agressive qu'à la normale où était-ce le fait que l'on soit en pleine nuit ? Edward grogna, puis jura avant de l'attraper sur la table de nuit pour savoir qui nous réveillais en pleine nuit de la sorte.
La lumière du cellulaire éclaira partiellement son visage, mais cela me suffit pour voir son expression changer. Ses traits se firent instantanément plus durs, et cela éveilla à nouveau l'angoisse au creux de mon estomac.
Alice.
Edward, à nouveau, rejeta l'appel avant de jeter son téléphone plus loin dans la pièce. Le cellulaire rebondit deux fois sur le sol avant de se stabiliser dans un glissement.
- C'est peut-être important, murmurai-je à son intention.
- Pas assez pour couper ton sommeil, grogna Edward avant de soupirer en se recouchant.
Le calme revint dans la chambre, mais, pour autant, mon cœur ne se calma pas.
Ce sentiment qui oppressait mes poumons depuis que je savais pour les menaces d'Edward allait-il disparaitre un jour ? Pourrais-je, un jour, vivre sans avoir cette peur au creux du ventre ?
Et si tout cela ne se terminait jamais ?
Je repoussais les questions qui m'assaillirent quand Edward passa son bras autour de moi, me rapprochant de son corps encore chaud de sommeil. Je me blottis contre lui, espérant calmer mon cœur en inspirant cette odeur si particulière qui était la sienne.
Le téléphone sonna à nouveau, nous faisant soupirer d'un même ensemble.
Désormais totalement réveillée, mon corps était en alerte et mon cœur résonnait dans mes tempes. Un sentiment que je n'arrivai pas à contrôler brulait en moi. Il se passait quelque chose et même si je ne pouvais en être certaine, je le sentais.
- Tu devrais décrocher, réussi-je à dire malgré le poids oppressant de plus en plus mes poumons.
Edward soupira dans mon cou avant d'allumer la petite lampe de chevet et de se lever pour récupérer le téléphone qu'il avait jeté plus loin dans la chambre.
- J'espère que tu as une bonne raison de nous réveiller en pleine nuit Alice ! gronda-t-il en décrochant.
Je m'assis prudemment dans le lit, essayant de faire le moins de bruit possible, sachant pertinemment que je ne pourrais pas entendre ce qu'elle lui dirait.
Le silence emplit la pièce à mesure que mon angoisse augmenta. Je ne pouvais lutter contre, et au vue du visage d'Edward qui se tendit de colère pendant qu'il écoutait Alice, je savais que ce que ressentait mon corps ne se trompait pas. Il s'était passé quelque chose.
- Tu es sûre ? demanda-t-il calmement.
Je déglutis difficilement triturant mes mains de stress, la peur commençant à étrangler ma gorge. Edward détourna les yeux que je rencontrai les siens, nouant d'autant plus mon estomac.
- Non. Non, je m'en charge. Je… on prends le premier avion, ajouta-t-il au bout de quelques secondes.
Je fermai les yeux immédiatement, retenant difficilement un soupire : mélange de peur et de déception.
Nous partions, parce qu'il était arrivé quelque chose.
Mes appréhensions n'avaient pas été veines. Je savais depuis le départ que ce Week-end en Europe n'était qu'une couverture, que tout ça n'allait pas durer longtemps. Nous ne pouvions vivre de la manière la plus légère qui soit… trop vite, bien trop vite, la réalité nous avait rattrapée. Beaucoup trop vite pour moi.
A peine Edward avait-il raccroché qu'il disparut dans la pièce d'à coté, me laissant seule dans mes tourments et les questions m'assaillant. Il ne comptait pas me dire ce qu'il se passait ?
Je l'entendis fouiller dans le placard où il avait rangé nos sacs la veille.
Le cœur au bord des lèvres, j'eus du mal à trouver assez de force pour me lever du lit. J'entendis Edward jurer plusieurs fois, puis au moment où je prénétrai dans la pièce à peine éclairée, quelque chose vola entre l'endroit où se trouvait Edward et le canapé. Je ravalais difficilement un cri alors que mon corps entier sursauta au bruit du verre que l'on brise. La lampe se brisa dans un bruit effroyable, faisant voler des éclats un peu partout dans le salon. Serrant les dents et retenant mes larmes, mes yeux se posèrent sur Edward.
Je le trouvai me tournant le dos, face au mur devant lui. Ses bras tendu en appui contre la console en bois, ses doigts serrés autour d'elle à en faire blanchir ses phalanges nouèrent ma gorge. La tension et la colère irradiait de son corps, me donnant du mal à respirer, même de là où je me trouvai.
Une première fois, son poing frappa le mur à son coté.
Un deuxième coup résonna, alors qu'un cri de rage pure s'étranglait dans sa gorge.
Ravalant mes larmes, j'avançai vers lui rapidement, passant par dessus la lampe qu'il venait de briser. Je me fichais de risque de me couper, de me blesser. Je voulais le sentir contre moi. Je voulais lui offrir la paix.
Je l'avais vu perdu, parfois agacé, parfois énervé, quelques fois triste. Mais jamais sa colère n'avait eu d'égale à celle de ce soir.
- Edward… murmurai-je, ignorant les tremblements de ma voix.
Il alla frapper une troisième fois le mur quand ma main se posa sur son poing serré, l'empêchant de finir son geste. Quelques goutes de sang perlaient déjà sur ses phalanges abimés.
- Ils l'ont fait, lâcha-t-il d'une voix terriblement froide.
Je me décalai pour pouvoir le voir, refusant de le lâcher de peur qu'il ne frappe le mur une autre fois. Sa colère irradiait, m'étouffant, me donnant désormais du mal à respirer convenablement. Sa colère me faisait mal, sa froideur brisait mon cœur.
- Ils l'ont fait, répéta-t-il me faisant lourdement frissonner.
- Edward ?
Il se répéta à nouveau tandis que je le repoussai pour passer entre la console et lui. Quand mes yeux retrouvèrent son visage, mes larmes débordèrent. Peut-être était-ce la fatigue, l'accumulation d'évènements depuis des mois, l'angoisse perpétuelle que tout cela engendrait dans ma vie, mais je ne pus contrôler les larmes salées qui coulèrent le long de mes joues, alors que mes mains entouraient son visage, espérant qu'il réagisse, qu'il me regarde. Les yeux fermés, pâle et la mâchoire serrée, il ne bougea pas, ne semblant même pas me sentir contre lui.
- Regarde-moi.
Il secoua la tête, tenta un geste pour s'en aller. Ma prise sur son visage se fit plus forte tandis que ma respiration se saccadait.
J'avais la sensation que s'il m'échappait maintenant, il m'échapperait pour toujours.
- Regarde-moi, suppliai-je presque, ma voix se brisant sous l'émotion qui m'empêchait de respirer.
Il se dégagea avec facilité alors que je mettais toute ma force pour le retenir. L'instant d'après, il était déjà à un mètre de moi, alors que je ramenai mes mains contre ma poitrine, priant pour que mon cœur ne s'arrête pas. Ses yeux n'avaient jamais été si sombres et mon cœur jamais si lourd.
- On rentre à L.A., asséna-t-il avec une froideur qui me fit trembler.
- Edward s'il te plait je…
- Ta maison a été cambriolée.
Mon corps cessa tout fonctionnement pendant plusieurs longues secondes. J'eu du mal à comprendre si ce qu'il venait de me dire était réel avant qu'il ne reparte dans la chambre, me laissant hébétée au milieu des débris de la lampe.
Muée par une forme de défense étrange, mon corps reprit vie après un moment. Je me penchai, ramassai les plus gros morceaux de verre avant d'aller les mettre à la poubelle. Je pris le temps de ramasser chaque morceau, avant d'essuyer le sang sur le mur à l'aide d'une éponge humide. Comme déconnectée, je regagnai la cuisine pour rincer l'éponge avant de sursauter quand la main d'Edward saisit la mienne au dessus de l'évier.
- Tu saignes, commenta-t-il.
- Non.
- Si. Tu t'es coupé.
Mes yeux se baissèrent sur mes doigts tremblants d'où le sang s'échappait à grosses goutes. Un entaille d'au moins deux centimètres était dessinée sur ma paume. Je n'arrivai même pas à sentir de la douleur, ou ne serait-ce qu'un léger picotement. Je fronçai les sourcils en effleurant ma coupure, me demandant comment cela était possible que je ne ressente absolument rien.
Edward coupa l'eau, puis m'emmena à sa suite jusqu'à la salle de bain où il fouilla dans les tiroirs pour en sortir un kit de premiers soins. Silencieuse, je le regardai faire, avec la sensation de n'être plus dans mon corps. Je grimaçai tout de même quand il désinfecta la plaie avant d'appliquer un large pansement qui recouvrit la presque totalité de ma paume. Mes yeux tombèrent sur son poing encore abimé où le sang coagulait difficilement en raison des mouvements incessants de ses mains depuis qu'il s'était blessé.
Il sursauta quand je passai mes doigts libres dessus.
- Tu devrais désinfecter.
Son regard se releva vers le mien au même instant, faisant brutalement remonter mon cœur dans ma gorge. La colère et la résilience que je lus dans ses yeux firent trembler mon corps entier.
A nouveau, l'envie de vomir brula mes lèvres et je du inspirer lentement et profondément pour calmer mon corps au bord de la rupture. Il quitta la salle de bain l'instant d'après, me laissant une nouvelle fois seule et le cœur battant.
Je pris quelques secondes pour respirer, essayant de ne pas me mettre à pleurer hystériquement. Je savais que cette dernière intrusion dans nos vies était difficile à encaisser pour lui, cela l'était autant pour moi. Mais ma raison m'empêchait de défaillir : quoi qu'il se soit passé chez moi, cela n'était que matériel. Edward allait bien, nos proches aussi. Personne n'avait été agressé, Gribouille était en sécurité chez Rosalie. J'allais bien, en dépit de mes questionnements sur ce qu'allait être notre retour, et comment j'allais retrouver ma maison. Je m'entendis déglutir douloureusement, repoussant mes pensées et l'angoisse sourde qui remonta le long de ma gorge.
Je regagnai la pièce de vie, retrouvant Edward s'activer à rassembler nos affaires étalées un peu partout dans la maison. Figée, je n'osai bouger. Lui, ne semblait pas me voir. La colère ne semblait pas l'avoir quitté bien qu'il est reprit le contrôle de son corps.
Au bout de cinq minutes à rester immobile, je m'approchai du petit bureau de la chambre pour récupérer nos chargeurs. Je devais me secouer. Au pire, Edward allait piquer une crise comme celle de la soirée d'anniversaire de Rosalie, et j'arriverai à trouver les mots pour l'apaiser et lui faire comprendre que nous n'étions forts qu'ensemble. Il ne pouvait en être autrement. Il fallait qu'il le comprenne lui aussi.
Je récupérai le chargeur, avant de lui demander si je les mettais dans nos sacs où si nous devions les garder avec nous dans l'avion.
- On va les garder avec nous, me répondit-il en passant à mon coté pour regagner la pièce de vie.
L'ignorance totale qu'il avait à mon égard me donnait mal au ventre. Depuis l'appel d'Alice, il était clair qu'il m'évitait. Son regard n'avait croisé et le mien qu'une seule fois -lorsqu'il m'avait soignée dans la salle de bain- et depuis, il faisait tout pour ne pas se retrouver dans la même pièce que moi.
Je soupirai, essayant de garder mon calme. Je le suivi dans la pièce de vie, l'observant ranger son ordinateur rageusement dans son sac avant d'y balancer le chargeur.
A nouveau, son regard fit le tour de la pièce, refusant de se poser sur moi.
- Tu comptes m'ignorer encore longtemps ? finis-je par demander, lassée par son comportement.
De ses mains, il referma son sac.
- Je ne t'ignore pas.
Je levai les yeux au ciel.
- Edward…
- Isabella… gronda-t-il, la voix rauque.
- Je suis…
- Je ne veux pas avoir cette conversation maintenant, me coupa-t-il froidement.
A nouveau il me tourna le dos. Son ton et la résonnance de sa voix me donna mal au ventre.
- La conversation où tu me dis que tu dois me quitter pour me protéger ? m'agaçai-je en croisant les bras contre ma poitrine, espérant retenir mon cœur qui eut envie de s'échouer lamentablement à ses pieds pour le supplier.
A mes mots, il se figea. Brutalement, ses épaules s'affaissèrent alors que ses mains gagnèrent la table devant lui. Il s'y appuya, laissant tomber sa tête en avant. Plusieurs fois, il inspira. Douloureusement, la réalité, notre réalité s'insinua sous ma peau, longeant mes veines pour venir vers mon cœur.
- C'est donc ça ? murmurai-je plus pour moi-même que pour répondre à son silence lourd de sens.
- Je n'ai pas d'autre alternative.
Mon cœur se mit soudainement à battre plus fort, envoyant le sang pulser dans mes membres avec force.
- On… on va trouver une solution Edward. On en trouve toujours une…
- Pas cette fois…
- On peut… arrêter de se voir quelques jours, ou lui tendre un piège…
- Isabella…
- Je quitterai L.A. s'il le faut…
- Stop ! Arrêtes ! cria-t-il en se tournant vivement pour me faire face, sa colère me stoppant net dans mes paroles éparpillées.
Le silence s'abattit sur la pièce pendant que mon cerveau essayait, en vain, de trouver une porte de sortie.
- Ca suffit, répéta-t-il plus calmement.
Sa colère, cependant, le fit trembler. La résilience de son regard fit sursauter mon cœur trop lourd. Sa décision semblait être prise, et irréversible. La colère piqua mon estomac, puis ma gorge alors que mes yeux s'embuèrent.
- Tu as prit ta décision, remarquai-je, hébétée de voir à quel point il avait l'air résigné.
- Je n'ai pas le choix.
- On a toujours le choix.
Il secoua la tête, avant de me tourner le dos à nouveau, ramassant plus rageusement le reste de ses affaires.
- Tu n'as pas le droit de décider tout seul de notre avenir Edward.
- Quel avenir ? demanda-t-il ironiquement. Celui où on se cache ? Celui où tu perds ta meilleure amie parce qu'un malade m'en veux à mort de quelque chose que j'ignore encore ? Celui où je te perds ?
Je m'entendis déglutir avant d'essuyer une larme qui avait débordée. Ses mots étaient terriblement durs, mais je le connaissais assez désormais pour savoir qu'il voulait que je me taise, et que je cesse de lutter contre sa décision.
- Notre avenir, le corrigeai-je en m'approchant, la voix tremblante. Celui où on vit ensemble, peu importe les obstacles. Celui où tu vieillis à mes cotés.
A nouveau, il secoua la tête, semblant se retenir d'exploser tout en refermant la sacoche de son ordinateur. Lentement, comme au ralentis, il finit par se tourner vers moi, me faisant me stopper à un mètre de lui. La colère bouillonnant dans son corps tendait ses muscles au maximum, me donnant la nausée. Le cœur au bord des lèvres, je soutins son regard sombre et froid. Le reste de son visage était impassible, parfaitement lisse. Mon cœur s'accéléra. Je savais, à ses yeux, qu'il avait prit sa décision.
- Ca n'en vaut pas la peine.
- Je te demande pardon ?
- Tout ça. Ca ne vaut pas assez la peine pour te mettre en danger à ce point.
- Notre… histoire n'en vaut pas la peine ? répétai-je pour être certaine d'avoir bien compris.
- J'aurai jamais du t'entrainer là dedans, continua-t-il en me contournant pour retourner vers la chambre, m'ignorant à nouveau. J'aurai du me contenter de faire comme avec tout le monde et ne pas répondre à ta putain de lettre !
Incapable d'avoir la moindre réaction, je serrai les dents, m'empêchant de pleurer. Inspirant profondément, je décollai mes pieds du sol, le suivant à nouveau.
- Tu aurais pu y penser avant, m'énervai-je. Avant de me faire entrer dans ta vie, avant de m'exposer avec toi, avant de me faire tomber amoureuse de toi !
Le regret traversa son visage avant de retrouver ce masque impassible qui lui allait si bien. Cependant, la colère et la tristesse dans ses yeux le trompait. Peut-être était-il acteur, peut-être savait-il faire semblant, mais il semblait avoir oublié à quel point ses émotions me percutaient, à quel point je ressentais… tout, différemment avec lui.
- Je t'aime Edward, toi, juste toi. Je refuse que tu prennes la décision de me quitter parce que tu as peur pour moi.
- C'est trop tard, s'entêta-t-il, les dents serrées.
- Non.
- Ils savent où tu habites ! s'écria-t-il, me faisant reculer, surprise, de deux pas. Ils savent qui tu es, où tu vis… ils sont retourner ta maison Isabella !
- C'est peut-être une simple coïncidence, tentai-je désespérément.
- Ca ne l'est pas, tu le sais aussi bien que moi.
Oui, je le savais. Mais je refusais de croire que les menaces qui l'entouraient depuis des mois étaient en train de venir à bout de notre histoire. Un silence de plomb s'abattit sur la pièce, me faisant trembler à nouveau. Alors il allait me quitter ? Aussi simplement que ça ?
Soudain, tout me sembla plus vide. Moi-même, j'étais épuisée, lessivée par cette conversation qui ne nous menait nul part. Que pouvais-je faire, pour le faire changer d'avis ? Comment pouvais-je lui faire entendre raison ? Lui qui avait tellement l'air sûr de lui quant à cette décision.
- Il faut que ça cesse, reprit-il face à mon silence. Je refuse de te mettre plus en danger que tu ne l'as été. Tu retrouveras rapidement une vie tout à fait normale.
Un rire nerveux s'étrangla dans ma gorge, le faisant relever les yeux vers moi.
- Une vie normale, répétai-je, tremblante.
- Quoi que tu fasses, ma décision est prise, trancha-t-il, mettant brutalement fin à ce combat entre nous. Dès notre retour à L.A., je ferais en sorte que tout redevienne normal dans ton quotidien.
Serrant les dents, mon regard se fit plus dur. Si, depuis le départ, j'essayai de trouver une solution pour nous, maintenant, son ton suffisant et l'entêtement qu'il mettait à me repousser commençait à m'énerver prodigieusement.
- C'est vraiment ce que tu veux ? demandai-je calmement.
L'assurance dans ma voix le déstabilisa, comme s'il ne croyait pas une seule seconde que j'allais renoncer. Pourtant, l'amertume me gagnait lentement, me faisant découvrir une autre facette de sa personnalité. Il croisa les bras contre son torse.
- Oui.
La consternation me secoua, puis à nouveau la colère, plus douloureuse, cette fois.
- Je suis...
- Je ne veux pas l'entendre Edward, le coupai-je en balayant l'air de ma main. Je veux trouver une solution et tu laisses simplement… tomber. Je… je ne te croyais pas si… si peu entêter.
- Je m'entête depuis une demie heure à te faire ouvrir les yeux, s'agaça-t-il.
- Sur le fait que me quitter est la meilleure solution ?
- Oui.
- Super, approuvai-je ironiquement, le faisant froncer les sourcils. Je vais retrouver ma vie, peut-être même que je vais rencontrer quelqu'un qui saura me rendre heureuse, le provoquai-je, essayant d'ignorer le tremblement de ma voix à cette idée.
Son regard changea quelques secondes alors qu'il serrait les dents.
- Mais toi ? Tu quitteras toute celles que tu aimeras parce que tu es menacé ?
Il secoua la tête, claqua des dents en me tournant le dos à nouveau.
- Edward !
- Ce que je ferais de ma vie ou non ne te regardera plus.
Cela fut plus violent que si j'avais reçu un coup.
L'instant d'après, il disparut dans la salle de bain pour prendre une douche. Je regagnai la terrasse en titubant, n'osant à peine croire et laisser à mon cerveau l'occasion de comprendre ce qu'il venait de se passer. Il me quittait. Il me quittait et rien de ce que je pouvais dire ou faire ne semblait le faire douter du bien fondé de sa décision.
Je restai un moment dehors, l'air frais de la nuit m'aidant à respirer du mieux que mon corps en était capable. A aucun moment mes larmes ne coulèrent. Le vide s'insinua douloureusement dans tout mon corps, faisant résonner mon cœur de manière désordonné dans mes oreilles. Quand je l'entendis sortir de la salle de bain, je fus incapable de bouger, l'observant sans vraiment le voir.
Incapable de réagir, de bouger, de crier ou même de pleurer, je le regardai à travers l'immense baie l'heure qui suivit rassembler le reste de nos affaires, le téléphone collé à l'oreille pour réserver un vol au plus vite. Il s'énerva plusieurs fois contre la compagnie aérienne, qui, j'en étais certaine, faisait tout ce qu'elle pouvait.
De toutes les situations que j'avais imaginé vivre un jour avec Edward, je n'avais pas prévue celle-ci : celle où je ne voyais brutalement plus d'issues.
Dean nous récupéra, le lendemain, à l'aéroport de L.A.
Epuisée, les yeux dans le vide, j'étais incapable de réagir à la discussion tendue que lui et Edward à mon coté avaient.
Je n'avais pas fermé l'œil de tout le vol, et j'avais été incapable d'avaler quoi que ce soit. La colère d'Edward ne se calmait pas. Il s'était endormi deux petites heures, heures pendant lesquelles je n'avais pu détacher mon regard de lui. Quelque chose en moi me disait de retenir chaque instant de lui, de sa personne puisque tout allait brutalement prendre fin d'une seconde à l'autre. Je capturai chaque détail de sa personne sachant pertinemment que cela serait mon enfer personnel quand il aura définitivement quitté ma vie.
Ils parlaient sécurité, garde rapprochée, et de trouver un lieu où personne ne me trouverait. La dimension dans laquelle je me trouvai n'était pas la mienne, et je n'arrivai plus à respirer.
J'avais beau tourner et retourner la situation, je n'avais toujours pas trouvée de solution. Ma théorie sur Tanya n'avait toujours rien donné. Elle n'avait été à Los Angeles lors du cambriolage de ma maison mais à New-York, chez son frère. Rien ne semblait la lier au fait que quelqu'un ait, apparemment, mis ma maison sans dessus dessous.
Le cœur au bord des lèvres depuis notre dispute qui s'était finie en catastrophe, je tentai de ne pas perdre mon propre contrôle pour ne pas me mettre à hurler hystériquement.
Sécurité. Garde rapprochée.
On se sait pas ce qu'ils pourraient faire encore. Loin d'ici.
Cachée.
Ca suffit, supplia ma conscience, en pleine explosion.
- Ca suffit, murmurai-je, en proie à une crise d'angoisse.
Cachée.
Cachée. Loin d'ici.
Leurs voix résonnèrent encore, semblèrent même plus fortes, comme s'ils ne cherchaient qu'à me torturer.
- Ca suffit, répétai-je, ma voix se brisant douloureusement.
Cachée.
Sécurité.
Cachée.
Il ne s'arrêtèrent pas. Devais-je hurler pour que quelqu'un daigne enfin m'écouter ? On tourna dans ma rue. La vision de ma maison brisa quelque chose en moi.
Loin d'ici.
- Ca suffit ! m'écriai-je.
Le silence s'abattit dans l'habitacle oppressant, alors que je fermais les yeux, en proie à un malaise. Le regard d'Edward brula ma joue pendant que je luttais pour ne pas sortir de la voiture immédiatement. Le véhicule finit par s'arrêter une seconde plus tard.
Je n'arrivai plus à respirer. J'ouvris la portière rapidement, espérant simplement partir le plus vite, le plus loin possible. L'air chaud d' L.A. s'engouffra dans la voiture, me faisant ravaler un sanglot douloureux qui m'étrangla.
Lorsque mes pieds touchèrent le sol à la sortie de la voiture, j'eus la sensation que désormais tout était brisé.
Tremblante, j'avançai rapidement vers ma porte d'entrée qui avait été apparemment changée, ne prenant même pas la peine de récupérer mes affaires. Edward me rattrapa, ouvrit la porte avec les nouvelles clés qu'il avait en main et entra avant de s'effacer pour me laisser passer dans un silence horrible.
Mes yeux se posèrent sur l'intérieur, un peu éblouie par le soleil qui me brulait la peau, je mis quelque seconde à m'adapter à la lumière tamisée de ma propre maison.
Je sentis mes sourcils se froncer tandis que mon sang battait contre mes tempes presque douloureusement.
- Je ne voulais pas que tu vois ta maison comme ça, expliqua Edward, me laissant d'autant plus confuse.
Tout était impeccable. Tout était rangé, propre, ordonné. Trop ordonné. Je repérai plusieurs objet qui n'étaient pas à leurs places, me donnant envie de vomir.
- L'équipe que j'ai engagée est venue tout remettre en place ce matin, continua-t-il en refermant la porte derrière moi.
Il posa mon sac dans l'entrée. Je m'attendais à trouver ma maison sans dessus dessous, mais à la place, je la retrouvai plus belle et plus rangée que jamais.
- Tu as engagée une équipe pour… tout ranger ? réussi-je à dire après un moment.
Incapable de le regarder, je restai les yeux fixés sur l'îlot de la cuisine qui brillait tant il avait été lustré.
- Oui. Je… je veux que rien ne change, hésita-t-il, à présent mal à l'aise.
Je m'entendis déglutir tandis que je ravalai un rire purement nerveux.
Tout avait changé. Et tout allait changer. Je finis par relever les yeux vers lui, attendant dans le pire des calmes le moment où il assènerait le coup de grâce. Parce qu'il allait le faire, n'est-ce pas ? Il ne pouvait en être autrement.
- Ils ont prit quelque chose ? réussi-je à demander.
- Non.
- Ils voulaient passer un message, murmurai-je comme pour moi même.
Le silence en réponse de la part d'Edward me confirma ma pensée.
J'étais chez moi. Dans ma maison. Pourtant, au milieu de toutes mes affaires qui avaient étés touchées par d'autres personnes, et je me sentais perdue comme je l'avais jamais été. Je restai figée dans l'entrée du salon, incapable de bouger. Edward s'appuya contre le dossier du canapé sur lequel il s'assit à moitié, croisant les bras contre sa poitrine pour me regarder comme si cela était la dernière fois. Cette pensée broya mon âme un peu plus.
- Tu vas devoir partir quelques temps, finit-il par dire après un moment de silence lourd et terrifiant.
- Partir ? répétai-je, incapable de le regarder dans les yeux.
- Je vais te trouver un endroit où tu seras en sécurité.
- Non.
- Non ?
- Non. Je reste ici.
Avec douleur, je retrouvai son regard sombre de colère, de peine et de peur mêlées.
- Je suis épuisée Edward. Je… je me bats toute seule depuis le début. Je… je crève de douleur et je voudrais juste…
- Isabella…
- Vas-t-en, soufflai-je lamentablement, sentant mes yeux me bruler douloureusement.
Un sanglot s'étrangla dans ma gorge quand il baissa les yeux sur le sol entre nous. La douleur sur son visage me coupa la respiration. J'eus la sensation que quelqu'un me broyait le cœur à mains nues.
- Je ne voulais pas que ça se termine comme ça, murmura-t-il après quelques secondes en relevant les yeux vers moi.
Tremblante, je tentai de rester droite plutôt que de le supplier de ne pas me quitter.
- Mais tu dois le faire, finis-je pour lui.
Pour la première fois, il ne me contredis pas. Pour une fois, nous étions totalement d'accord et il ne tentait pas de me tenir tête.
Alors, il allait me quitter. Pour de vrai. Comme ça… aussi… facilement que ça ? Comment survivre à ça ? Comment pouvait-on briser la vie de quelqu'un en quelques heures, quelques mots ?
- Mets toi à ma place, dit-il avec lenteur. Je… je dois te protéger.
- On a déjà eu cette conversation, lui rappelai-je, retenant mon corps de s'effondrer.
Mes pensées s'éparpillèrent, me laissant hagarde, perdue et douloureusement vide. Malgré tout, malgré la douleur qui s'insinuait lentement dans mon corps, quelque part, je savais qu'il avait raison. Je savais, et je crois pouvoir dire, qu'au fond, je l'avais toujours su.
- Je ne peux pas te dire que je suis d'accord, finis-je par dire après plusieurs minutes à lutter contre moi-même, au bord des larmes.
Son visage blêmit un peu plus. L'expression de son regard fut atrocement vide.
Lentement, il se redressa du dossier du canapé pour avancer vers moi. Ses doigts tremblants atteignirent ma joue qu'il caressa, me faisant prendre conscience que c'était certainement la dernière fois qu'il me touchait. La douleur fut atroce. Je voulais que cela cesse. Je voulais qu'il parte, que je puisse me noyer dans mon chagrin et perdre totalement le contrôle. Je ne pouvais lui dire aurevoir. Je ne pouvais accepter que tout cela soit terminé, que nous ayons cessé de lutter tous les deux.
- Je suis véritablement… désolé de… de t'avoir imposé tout ça, murmura-t-il, sa voix tremblant d'une émotion à peine contenue. Tellement désolé.
- Je l'ai voulu, réussi-je à dire après quelques longues secondes à essayer de calmer mes larmes brulantes.
Comme un mantra, je me répétai que tout irait bien. Allais-je survivre ? Oui. Allais-je souffrir ? Oui. Mais je m'en remettrai. Je m'en remettais toujours.
- Tu devrais partir, réussi-je à dire, en proie à un vertige, mélange de douleur et de peine.
- Je devrais, oui, murmura-t-il en se penchant vers moi.
Mon souffle se coupa.
L'instant d'après, son souffle irrégulier percuta mon visage alors que je fermai les yeux, ayant l'impression que j'allais mourir dans la seconde s'il ne m'embrassait pas, et la sensation que cela me briserait littéralement s'il le faisait.
Ses lèvres effleurèrent les miennes une seconde. J'eus le temps de sentir à quel point ma vie ne serait plus jamais la même avant que son touché ne disparaisse et que la porte d'entrée ne s'ouvre et se referme derrière lui dans un claquement.
Le vent m'apporta une dernière fois son parfum en pénétrant dans mon salon, finissant le travail lent et douloureux qu'est celui d'un cœur que l'on brise.
Quand j'ouvris les yeux, d'où s'échappèrent mes larmes, j'avais dans les mains le nouveau trousseau de clé de ma maison, et mon cœur devait trainer là, quelque part, à mes pieds.
Je sais, c'est un peu court. Pour tout vous dire je suis épuisée (Edward et Bella m'ont fatiguée et vidée !) Je n'ai plus rien à écrire pour aujourd'hui !
J'ai hâte de lire vos réactions. Ce chapitre à été difficile à écrire, j'ai dû mal à exprimer la douleur et celle de Bella me tétanise.
On se retrouve bientôt, (très vite, promis)
Laissez moi un mot de votre passage pour avoir la suite jeudi...
J'vous embrasse, merci pour tout vos mots qui me donne la force de continuer... tout ça, c'est grâce à vous !
Tied.
