Bonjour à tous,
Bon, on est partis pour la version longue ! Je vais tenir jusqu'au bout, promis !
Merci pour vos retours, en effet la pauvre Hermione en bave, mais c'est pour son bien. Je n'aime pas les histoires où tout est facile.
En effet elle a résolu le cas « James » à la façon serpentard, mais il fallait bien ça pour que Draco ne s'en mêle pas. Et vous commencez à connaître le personnage, il était vital pour James qu'il ne soit pas au courant avec qu'Hermione n'ait résolu le problème. D'autant plus que ça me permets ainsi d'ouvrir la prochaine intrigue : )
C'est donc parti pour la suite, je vous souhaite à tous une bonne lecture.
Chapitre 19 : Brune et Draco.
Trois jours s'étaient passés depuis qu'Hermione avait piégé James au chaudron baveur. Il avait été renvoyé du ministère avec l'interdiction d'approcher d'Hermione. On lui avait fait boire une potion que l'on réservait en temps normal aux maris violents, qui l'empêchait de s'approcher d'elle à moins de cent mètre. Cette potion à effet permanent avait pour conséquence de lui faire soudain penser à autre chose s'il s'approchait trop de la personne concernée. Hermione serait ainsi tranquille, et pourrait se déplacer sans avoir peur de potentielles représailles.
Hermione n'allait pas mieux pour autant. Draco s'était en effet volatilisé depuis qu'elle l'avait violemment renvoyé de son bureau. Lucas avait confié à Hermione que Draco avait posé une semaine de vacances, et émit le souhait d'être muté dans un autre service à son retour. Cette nouvelle avait profondément attristé Hermione, qui avait souhaité tout expliquer à Draco dès le lendemain matin. Mais celui-ci ne s'était pas montré de la journée, ni les deux jours suivants. Elle avait alors demandé discrètement des informations à Lucas, qui lui avait annoncé la mauvaise nouvelle.
Hermione était donc rentrée chez elle le vendredi soir, avec la terrible impression de revenir des semaines en arrière, après sa rupture avec Ron.
Ron. Elle avait reçu le mercredi un billet de sa part à son bureau. Il se disait outré qu'elle ne soit pas venue à leur rendez-vous, et qu'il lui en toucherait deux mots la prochaine fois qu'ils se verraient. Sur le moment, elle avait réfréné une puissante envie d'aller lui casser la figure directement au magasin. La tristesse du moment avait fait place à une profonde colère, et un rejet absolu de son ancien compagnon.
Mais en rentrant chez elle ce vendredi soir, seule comme au lendemain de leur rupture, elle sentait ce manque en elle. Ce manque de se sentir aimée et attendue, ce manque qui s'était dissipé l'espace d'un instant, quand elle avait cru à leur potentielle nouvelle histoire. Hermione n'avait pas jugé utile de parler de l'attitude de Ron à Ginny. Elle s'était donc abstenue de lui faire parvenir une lettre, et avait préféré attendre que cela ne vienne d'elle. Pour l'instant, elle supposait que Ron n'avait pas parlé ses manigances à quiconque, vu qu'elle n'avait aucune nouvelle de sa sœur.
Ce n'est que le samedi matin, alors qu'Hermione dormait encore, que Ron fit de nouveau son apparition.
« BOUM ! BOUM ! BOUM ! »
Hermione ouvrit de grands yeux dans l'obscurité de sa chambre, et se redressa brusquement sur le lit. On frappa de nouveau à la porte, ce qui la décida à se lever. Elle enfila rapidement des vêtements qui trainaient sur le dossier d'une chaise et traversa son appartement.
- Qui est là ? demanda-t-elle à travers la porte.
- C'est Ron, fit la voix derrière le panneau de bois. Ouvre-moi !
- Tu plaisantes j'espère ? lança Hermione scandalisée par sa simple présence ici.
- Pourquoi tu n'es pas venue lundi ? demanda la voix de Ron suppliante. Je t'ai attendue !
- Je suis venue Ron ! lança Hermione des larmes dans la voix. Je suis venue, mais j'ai tout entendu ! Je t'ai entendu parler avec Carla, et lui dire que tu attendais un soi-disant client important, et que ta famille la préférait à moi, et que si tu pouvais tu coucherais avec moi juste pour emmerder Draco !
Ron ne prononça plus un mot pendant plusieurs minutes. Hermione se doutait qu'il l'entendait pleurer derrière la porte, mais elle s'en fichait. Elle avait enfin lâché ce qu'elle avait sur le cœur depuis une semaine, et malgré son état, cela lui faisait du bien.
- Va t en… finit elle par dire à travers la porte. Va la retrouver.
Elle ne s'attendait pas à ce que Ron réponde. Elle le connaissait par cœur, et savait que dans ces moments-là, il était plutôt du genre à se taire et à s'en aller. C'est pourquoi elle fut plus que surprise quand elle entendit de nouveau sa voix à travers la porte.
- Tout ça c'est de ta faute Hermione, dit-il d'une voix caverneuse. Si tu n'avais pas autant travaillé, rien de tout cela ne serait arrivé.
De nouvelles larmes ruisselèrent le long des joues d'Hermione, commençant à tremper son t-shirt. Elle entendit les pas de Ron s'éloigner dans les escaliers, et avec eux, la dernière lueur d'espoir d'une vie heureuse avec lui.
Elle retourna d'un pas trainant dans sa chambre, agita sa baguette pour refermer les rideaux entrouverts, et se glissa sous les couvertures. Pattenrond ne tarda pas à venir se blottir contre elle, et le ronronnement de son chat l'endormit aussitôt.
Elle se réveilla plusieurs heures plus tard, et supposa que l'après-midi était déjà bien entamée. Elle n'avait aucune envie de se lever, mais Pattenrond profita de son réveil pour lui réclamer à manger. Elle actionna sa baguette pour lui servir du pâté sans avoir à se lever, mais visiblement la boite était vide, il allait donc falloir sortir pour en racheter.
Face aux miaulements intensifs de son chat, elle décida donc de s'habiller et d'aller sur le chemin de traverse pour acheter à manger. Mais avant, pensa-t-elle, prenons une douche.
L'eau brulante lui fit un bien fou et la remis d'aplomb. Elle sortit de la cabine après vingt bonnes minutes, et se sentit un peu mieux. Rien de tel qu'un peu de shopping pour se détendre. Elle ouvrit les volets et constatat que le ciel était bleu, et le soleil radieux. Elle oublia l'espace d'un instant ses soucis de cœur, et décida qu'elle passerait l'après midi à faire des emplettes.
Elle se retrouva donc quelques instants plus tard au Chaudron Baveur, prête à traverser le mur de l'arrière-cour. Elle tapota les briques avec sa baguette et le mur s'ouvrit sur la rue animée. Elle descendit vers la première boutique et s'arrêta devant la vitrine. Derrière le verre, des montagnes de chaudrons s'entassaient les unes sur les autres, se balançant dangereusement de gauche a droite, prêtes à tomber. Elle se demanda si elle n'avait pas besoin de quelques ingrédients de potions, puis continua sa route.
Elle arriva devant chez Fleury et Bott, et ne put résister à l'appel des livres. Elle pénétra dans la boutique et l'odeur du parchemin lui sauta au visage. De nombreux clients se bousculaient dans la petite boutique, et Hermione monta à l'étage pour consulter les nouveautés. Elle s'arrêta devant une pile de livres à la couverture violette, et en inspecta la quatrième de couverture. Plongée dans sa lecture, elle n'entendit pas qu'on l'appelait. Elle sursauta quand elle senti une main se poser sur son épaule, et se retourna vivement.
- Salut !
- Angelina ! lâcha Hermione dans un souffle. Tu m'as fait peur !
- Excuse-moi, répondit Angelina Johnson avec un sourire désolé. Mais tu ne m'entendais pas ? Je t'ai appelée.
- Oh non désolée, répondit Hermione un peu génée. Je lisais. Tu vas bien ?
- Oui je vais bien, dit Angelina.
Hermione sentait que sa réponse n'était pas sincère. Elle voulut lui demander un peu plus de ses nouvelles, mais Angelina parla à sa place.
- Dis-moi, ajouta-t-elle hésitante. Tu as rencontré ma petite amie dans un bar la semaine dernière ?
- Euh … bredouilla Hermione qui ne savait pas ce qu'elle devait répondre. Oui, oui, dans le centre de Londres. Pourquoi ?
- Tu étais seule ce soir-là ? demanda Angelina pour toute réponse à la question d'Hermione.
- Non, j'étais avec Draco Malefoy. Quelque chose ne va pas ? Ajouta Hermione.
- Ah j'en étais sûr ! jeta Angelina en tournant la tête.
Elle s'appuya sur la rambarde de l'escalier, et observa les clients qui s'afféraient au rez-de-chaussée de la boutique.
- Excuse-moi Angelina, osa Hermione. Mais je ne comprends pas, qu'est-ce qu'il se passe ?
- Brune n'est pas rentrée depuis mardi soir, lâcha Angelina d'un souffle. Elle m'a dit dimanche qu'elle t'avait croisée au match, et qu'elle t'avait vue dans son pub la veille. Elle avait compris que tu étais une sorcière, donc elle n'était pas si surprise de te voir dimanche.
Hermione ne comprenait pas le rapport avec les questions d'Angelina, et décida de se taire pour la laisser parler. Angelina se tourna alors vers elle, les yeux plein de larmes.
- Déjà samedi soir, ajouta-t-elle, j'ai senti que quelque chose n'allait pas. Elle est rentrée du bar différente de d'habitude. Elle avait l'air absent, et elle a rêvassé toute la journée de dimanche. Je me suis dit qu'elle avait dû rencontrer quelqu'un et je me suis inquiétée. Au match dimanche, je l'ai vue parler avec Malefoy, et quand je dis parler, c'est un moindre mot. Ils se seraient embrassés devant tout le monde, ça ne m'aurait pas plus surprise que cela.
Pour le coup, Hermione ne pouvait pas lui donner tort, mais l'attitude de Draco en fin d'après-midi avait prouvé à Hermione qu'elle n'avait pas à s'inquiéter de la rivalité de la barmaid. Les révélations d'Angelina allaient peut-être la faire changer d'avis.
- J'en ai déduit à ton expression que tu étais au courant… ajouta Angelina en regardant Hermione de travers.
- Pas spécialement, répondit Hermione honnêtement. En soit, en sachant qu'il s'agissait de ta petite amie, je ne me faisais pas de soucis.
- Brune n'aime pas que les femmes, lâcha Angelina. Et un beau garçon peut vite lui faire tourner la tête, je la connais bien. Elle m'a parlé de Malefoy toute la soirée de dimanche. Et quand je ne l'ai pas vue rentrer mardi soir, je me suis doutée de quelque chose. Savoir qu'il était avec toi quand tu as rencontré Brune samedi soir n'a fait que confirmer mes peurs.
Une larme coula sur sa joue, et Hermione ne sut comment réagir. Elle avait envie de lui dire qu'elle n'y était pour rien, et qu'elle était désolée. Mais elle se doutait qu'Angelina n'en avait que faire de son avis.
- Merci Hermione, finit-elle par dire en s'essuyant la joue. Je ne t'embête pas plus longtemps.
Sans qu'Hermione ait pu lui répondre quoi que ce soit, elle dévala les escaliers, sorti de la boutique et disparu dans la foule de sorcier qui faisaient leurs achats.
Hermione se demanda si Angelina n'était pas allée un peu vite dans ses conclusions. Sa petite amie avait pu rencontrer quelqu'un d'autre ce samedi soir, et était peut-être partie avec lui ou elle. Mais l'attitude de Brune envers Draco avant le match prêtait difficilement à confusion. Hermione voulait croire qu'il était peu concevable que Draco couche avec une Cracmol, mais il avait bien couché avec elle, une née moldue. Rien dans ce que pouvait se dire Hermione ne lui donnait de preuve que Draco n'était pas tombé dans les bras de cette Brune. Et cela la rendait plus triste qu'elle ne l'était déjà.
La bonne humeur que lui avait rendu sa douche brûlante se dissipa dans l'atmosphère feutrée de la boutique, et même l'odeur des livres, si agréable fut elle, ne put la faire revenir. Hermione jeta un dernier regard sur les piles de nouveaux livres, et descendit les escaliers à son tour.
Elle n'eut pas le courage de continuer son tour des boutiques, et passa donc directement au royaume du hibou pour acheter à manger à Pattenrond. Elle quitta ensuite le chemin de traverse et rentra immédiatement chez elle.
Hermione passa la fin du week-end à lire des livres qui s'entassaient depuis des mois sur les étagères, tout en pensant à Draco, et à Ron. Plus les heures passaient et plus son animosité envers son ancien compagnon grandissait. Il n'était pas revenu la voir du week-end, et c'était mieux ainsi. Ses sentiments envers Draco étaient plus mitigés. Elle ne comprenait pas comment il avait pu être si gentil et attentionné envers elle un jour, et ne plus accepter de lui parler le lendemain, au point de coucher avec la première venue. Les questions bouillonnaient dans sa tête sans jamais y trouver de réponses. Elle se coucha le dimanche soir dans l'angoisse du lendemain, où elle passerait une nouvelle journée seule dans son bureau.
Comme prévu, Draco ne se montra pas de la semaine, ni du mois qui suivit. Hermione avait repris son habitude de se plonger des heures dans ses parchemins pour éviter de penser. Les journées passaient sans évènements particuliers, les réunions et dossiers s'accumulaient et cela convenait parfaitement à Hermione. Ce n'est qu'après plus d'un mois passé ainsi, qu'une voix la fit sortir de sa petite routine.
Elle rentrait à son bureau, après une réunion particulièrement complexe avec le chef du département des aurors, quand elle passa devant la porte entrouverte du bureau de Lucas. Sans vraiment le vouloir, elle tendit l'oreille et reconnu une voix qu'elle n'avait pas entendu depuis de longues semaines. Une voix profonde, qui parlait d'un ton incroyablement neutre. Elle s'arrêta net, et jeta un coup d'œil dans l'ouverture de la porte. Assis sur le confortable fauteuil qui faisait face au bureau de Lucas, se tenait un homme grand, aux larges épaules, et la chevelure d'un blond presque blanc. Draco était de retour.
A suivre…
