Sur la route, vers une destination inconnue...
La musique de Black Sabbath résonne à fond dans l'habitacle de l'Impala qui continue de filer sur la route, rapprochant rapidement ses deux occupants de leur destination quelle qu'elle soit.
Sarah ouvre à moitié sa fenêtre pour profiter encore un peu de l'air chaud et doux de cette matinée ensoleillée et admirer les paysage qui défilent à vive allure par la vitre.
Dean la regarde du coin de l'oeil, pas habitué à être accompagné de quelqu'un d'autre que son petit frère, et surveillant même s'il sait intérieurement que la jeune femme ne représente aucun danger.
Voyant la jeune femme froncer les sourcils et se massait discrètement une tempe et se rappelant de la violente migraine qui l'avait prise la dernière fois quand ils étaient revenus de cette chasse aux Léviathans qui avait tourné au vrai merdier, il ne veux pas risquer une deuxième fois ce genre de chose.
Baissant le volume pour que le moteur puisse à nouveau être entendu – et recevant un petit sourire de Sarah au passage – Dean décide de combler le silence.
-Alors euh... comme ça, ta sœur nous a dit que tu étais un génie, c'est vrai ?
Ouais pas terrible comme approche mais c'est toujours mieux que rien.
-En effet, je ne suis pas un « génie » comme on pourrait le penser – notamment dans le monde du surnaturel ou le plus proche de cette définition serait celle du « Djiin » mais heureusement, merci mon diable, je n'y ressemble en rien – cela signifie en fait que mon QI, mon quotient intellectuel, est très élevé et cela m'a permis de sauter plusieurs fois des classes pour finalement me retrouver avec ma sœur dans le même lycée et surtout dans la même classe... bien que nous ne partagions pas les mêmes cours, chacune de nous ayant ses spécialités.
-La vache, j'ai déjà été au lycée comme tout le monde bien sûr mais, on passait tellement de temps sur les routes afin que notre père puisse chasser qu'on ne restait jamais dans le même établissement bien longtemps. Personnellement je m'en fichais, je voulais juste mon certificat d'étude et me tirer du monde normal pour pouvoir chasser à mon tour... mais le plus dur, c'était pour Sam. Il adorait l'école et il en avait plein dans la caboche, il aurait pu faire de grandes études et devenir quelqu'un mais notre père ne lui a jamais laissé sa chance.
-Il n'a donc jamais connu les joies de l'université ? C'est assez triste.
-Ben en fait, si. Mais c'est compliqué. Pour faire simple, quand notre père en a entendu parler, il ne lui a laissé que deux options que je pense qu'aucun enfant ne devrait jamais entendre... soit il restait et on oubliait tout ça pour reprendre la chasse, soit il partait pour étudier et il était radié de notre petite famille.
-Nom d'un diable que c'est horrible ! Je ne sais pas comment j'aurai pu réagie face à une telle situation, votre frère a dû souffrir peu importe son choix.
-Comment tu le sais ?
-Ben seulement deux horribles choix possibles, rester et devenir un chasseur en perdant tout espoir d'un jour faire des études et trouver un travail pour avoir le plus proche possible d'une vie normale... ou alors, quitter sa famille pour de bon sans jamais pouvoir la revoir afin de pouvoir sortir du monde de la chasse. Comment peut-on se relever d'une telle décision ? Demande tristement Sarah en regardant Dean de ses yeux tristes.
-En étant un put*** de Winchester ! C'est comme ça qu'on est construit dans cette famille, pour supporter le pire qui puisse arriver à tout moment... peu importe l'origine. Alors Sam a été un Winchester et a décidé, ce jour-là, de prendre son destin en main et il est parti.
-C'est étrange, au son de votre voix, on dirait... que vous ne digérez toujours pas ce choix. C'était il y a sûrement très longtemps maintenant – non pas que je dis que vous êtes vieux – et vous êtes de nouveau réunis. Alors pourquoi encore cette rancœur ?
-C'est personnel, ça ne te regarde pas le génie. Râle Dean sur un ton bourru marquant la fin de cette conversation qui n'avait pas pris le tournant qu'il aurait jamais imaginé.
Un silence tombe alors dans la voiture, Black Sabbath jouant doucement dans l'autoradio et le soleil réchauffant doucement les vitres.
-Je vois. Je suis désolée si je me suis exprimée sur un sujet qui ne me concernait pas. Je ne voulais ni vous offenser, ni vous mettre mal à l'aise. S'excuse alors doucement Sarah regardant ses mains posées sur ses cuisses.
-Nan c'est ma faute, le sujet a dérapé et je n'ai pas su fermer ma bouche.
-Bien. Pardonnons-nous tous les deux et reprenons la conversation sur un sujet plus léger, qu'en dîtes-vous ?
-Ok mais quel genre de sujet ?
-Oh... c'est très simple, je ne vous ai pas raconté notre première rentrée au lycée à Lucy et moi, et croyez-en ma mémoire photographique et eidétique, nous nous en rappellerons toute notre vie. Finit la jeune femme en souriant alors que le souvenir lui revient en mémoire.
Flashback …
-Lucy attends-moi s'il te plaît, tu sais bien que je n'aime pas me retrouver toute seule dans un endroit inconnu. S'écrie la toute jeune lycéenne en courant derrière sa sœur plus âgée.
-Roh aller sœurette, décoince toi un peu. Moi non plus, je ne connais pas cet endroit mais c'est ça qui le rend cool ! On va pouvoir fouiner et fureter un peu partout, peut-être même trouver des cachettes secrètes qui sait !
-Tu regardes un peu trop d'animés manga à mon avis, ça déteint sur ta vie réelle... répond la petite sœur, maintenant blasée.
Pour toute réponse, sa grande sœur lui lance un sourire de dix mille watts, toute fière et l'attrape par la main pour la tirer avec elle vers leur première salle de classe où leur professeur les attends déjà.
…...
-Nan mais tu as vu sa tête à celui-là, j'vais allé lui pêter la tronche s'il continue de te reluquer comme ça c'te fils de pu** d'enfoi** de mes deux.
-Lucy, arrête enfin ! Tu ne vas pas nous faire remarquer dès le premier jour, ça serait très mal vu et Papa et Popa vont pas être contents du tout !
-Mm... mouais, mais ce mec te reluque depuis toute la matinée. Il était déjà là à l'ouverture des grilles et il te collait d'un peu trop près à mon goût. Et en plus, il est dans notre classe et je l'ai surpris pendant le cours de civisme à e regarder sous toutes les coutures. Et maintenant, on est tranquillement en pause déjeuner et il est pile sur la table à côté et il a pas l'air de beaucoup touché à son assiette, trop occupé qu'il est à se rincer l'oeil... je ne sais pas combien de temps je vais le supporter.
-Tu est très étonnante, j'avais bien remarqué ce garçon un peu trop près mais je n'avais pas pensé que ce serait pour euh... enfin tu vois quoi... et maintenant que tu me le dis, ça me fait un peu peur. Est-ce que je devrais en parler à papa et popa en rentrant ?
-T'embêtes pas avec nos vieux, on va faire ça à notre façon t'inquiètes. Un p'tit tête à tête avec moi et plus jamais il ne t'approchera. Dit sombrement Lucy poignardant du regard le garçon qui ne lâchait toujours pas sa sœur des yeux.
-Quand tu te mets à parler en rîmes, je commence à m'inquiéter.
Tout ce qu'elle reçoit en réponse n'est qu'un rire sombre de sa sœur alors qu'elle poignarde de sa fourchette une pauvre pomme de terre qui n'avait pas demandé tant de violence.
Plus tard...
-Enfin les cours sont terminés, je sais pas ce que t'as eu en dernier mais ce prof de sport j'commence à l'apprécier. En même temps, avec l'entraînement de nos parents, on peut dire qu'on a de l'avance sur les cours de sport. Héhé... j'les ai tous mis à l'amende à la course, j'te jure. Ricane Lucy en prenant une gorgée de sa bouteille d'eau, un immense sourire aux lèvres.
-Techniquement, tout le monde appellerait cela de la triche dans quatre-vingt dix neuf pour cent des cas... cependant, étant donné que nos entraînements sont loyaux et tout à fait normaux pour des êtres humains bien constitués, légalement, notre enfance joue effectivement un atout en notre faveur.
-Merci pour cette conclusion Sherlock, maintenant peux-tu laisser le docteur Watson mettre en marche son plan parce que le crétin de gugusse qui te colle au train depuis ce matin est juste derrière nous, genre on le voit pas tu sais...
Faisant mine de sortir un miroir de poche de son sac, Sarah en profite pour s'en servir afin de décaler l'angle de vue pour effectivement constater la présence de son Don Juam non loin derrière.
D'un même signe de tête, les deux sœurs accélèrent leur marche pour distancer leur poursuivant afin de pouvoir mettre en place leur plan. Lucy entre la première dans le bâtiment annexe et se précipite pour crocheter la porte d'accès à la machinerie.
Quand le sésame s'ouvre enfin, leur poursuivant arrive et le plan se met en marche.
Silencieusement et parfaitement planquées dans leur cachette, les deux sœurs ne lâchent pas du regard le garçon qui voit la porte ouverte de la machinerie et s'y engouffre, les pensant plus en avant.
Connaissant l'endroit après s'y être intéresser avant d'y entrer et ayant pu craquer les cartes détaillées de la construction de chaque bâtiment, Lucy sait que cette pièce est sans issue étant donné qu'elle ne renferme que le système de chauffage de l'aile sud du lycée, c'est à dire là où se trouve les dortoirs pour ceux qui vivent loin.
Ainsi, une fois sûre de son coups, la blonde se précipite sur la porte qu'elle s'empresse de refermer violemment et de défoncer la serrure pour empêcher toute fuite inopinée.
-Voilà, maintenant je pense que ce crétin aura compris qu'il ne devra plus jamais s'approcher de toi que ce soit de près ou de loin!
-Tu es sûre que tu n'as pas été un peu trop dure ? Je veux dire, on ne peut pas le laisser enfermer là-dedans éternellement tout de même.
-T'inquiètes, j'suis pas un monstre à ce point-là. Il y a une tournée dans même pas deux heures pour venir vérifier l'installation avant la nuit. Quand ils verront l'état délabrée de la serrure, ils vont croire que des jeunes ont sûrement voulu entrer pour fumer un joint ou autre et ils ouvriront la porte pour vérifier. Tu vois ? Tout est prévu.
-Euh...Lucy ? Appelle Sarah, transite de peur en regardant la porte fermée.
-Quoi encore ?
-La porte... regarde la porte ! Hurle alors la jeune sœur alors que la plus vieille se tourne à son tour vers le spectacle qui s'offre à eux.
La porte en elle-même ne bougeait pas mais la poignée ne cesse de se lever puis de se baisser à une vitesse presque infernale alors que de la serrure défoncée s'écoule un liquide noir-grisâtre.
-Oh bordel de mer** soeurette, je crois qu'on a un gros problème.
-Nan tu crois ? Raille Sarah en reculant, poussée par Lucy.
-J'en crois pas, j'en suis sûre. Aller, on se taille la patate d'ici et on va dans la cour, dans un espace public, cette créature sera moins enclin à nous poursuivre ou à user de ses pouvoirs. Aller GO !
Laissant la porte à son triste sort, les deux s'empressent de faire demi-tour en courant et de sortir du bâtiment annexe à fond les pédales. Jetant un œil derrière elles de temps en temps sans pour autant arrêter de courir, elles se dirigent vers la cour du lycée où plusieurs jeunes y sont encore installés.
Ralentissant leur allure pour ne pas paraître suspecte ou stupide et éviter de se faire remarquer, elles finissent par aller s'installer près de la bouche d'incendie sur laquelle, elles se remettent de leurs émotions.
-Lucy, tu as bien vu la même chose que moi n'est-ce pas ? Demande Sarah d'une voix tremblotante, le corps suivant les mouvements.
-Carrément ma Sasa, fixation intensive du regard qui était vide d'ailleurs, capacités télékinésiques et fuite d'ectoplasme à gogo... pas de doutes soeurette, on a un humain possédé par un fantôme dans notre lycée.
-Quelle galère, surtout quand on sait que les fantômes adorent sentir le sang de démon... et que c'est toujours pour ça qu'ils me suivent. J'aurais dû le comprendre, je suis vraiment trop stupide. Se réprimande méchamment la gothique.
-Hé là, doucement d'accord. Rassure la grande sœur en attrapant sa petite moitié par les épaules pour qu'elle se redresse et lui fasse face. -Premièrement, tu vas arrêté tes insultes, c'est de ma sœur au QI de 190 dont tu parles j'te rappelle alors fais gaffe.
Cela fait gagner un sourire à la gothique qui hoche la tête dans l'affirmative.
-Deuxièmement, tu es encore jeune et tu as sauté trois classes – si je ne me trompe pas – pour finir avec moi dans ce lycée donc forcément, tu ne peux pas t'habituer à vivre la vie d'une lycéenne quand tu n'es normalement pas censée encore en être une. Il y a des dangers auxquels une très jeune fille comme toi n'a pas encore la maturité pour les déceler et y faire face. Tu comprends ?
Seul un hochement de tête lui répond.
-Bien parce que je tiens à ce que ça rentre dans ton gros crâne de génius. C'est d'ailleurs pour cela que je suis contente qu'on soit rentrées au lycée ensemble car si tu étais arrivée normalement, on aurait eu près de deux ans d'écart et j'aurais dû quitter le lycée en te laissant derrière et ça, ça aurait été pire encore parce que je me serais inquiétée sans arrêt, pire qu'une mère poule !
-Effectivement, dit comme ça, c'est un peu flippant j'avoue. Finit par dire Sarah en souriant doucement avant qu'un frisson ne la parcoure. -Je pense que notre ami n'est pas loin, mon instinct et mes tripes me le disent.
Aussitôt Lucy se retourne et, effectivement, l'ectoplasme sur pattes est de nouveau présent et apparemment à leur recherche.
-Ok, on connaît toutes les deux les moyens nécessaires pour se débarrasser de ce truc et sauver son hôte. Seulement là tout de suite, je ne vois pas comment faire, une idée ?
-Je pense que oui mais il faudra être très discrètes sinon tout le lycée va nous remarquer.
-J'te fais confiance mais j'espère vraiment que ça va marcher, je tiens pas à me faire une réputation ici avant même d'avoir fait des rencontres. Finit Lucy en criant alors qu'elle suit sa sœur en courant.
Le corps possédé par le fantôme les retrouve et se met de nouveau à les suivre. Les deux jeunes femmes s'engouffrent dans le bâtiment principal et fonce au sous-sol, crochetant les serrures plus vite que jamais leurs pères avant elles.
Une fois au plus profond des couloirs humides et lugubres qui contiennent la tuyauterie de la plomberie, la plus jeune des Winchester fonce faire la cuve qui contient l'eau pour les détecteurs de feu. Une fois parvenu à l'ouvrir, Sarah sort le chapelet qu'elle sait que sa sœur garde toujours dans la poche avant de sa veste au cas où -le sien étant dans son sac et trop loin pour l'atteindre – avant de leur faire tenir à toutes les deux et de prononcer l'exorcisme nécessaire d'une même voix avant de laisser tomber la croix aux perles de bois dans la cuve qu'elles referment aussitôt.
Car même si elles en ont besoin tout de suite, l'exorcisme durera encore longtemps après et pourra toujours servir pour un autre problème de ce type.
Dans une autre course effrénée, elles se dépêchent de retourner dans la hall central où Sarah sait que les jets des détecteurs de flammes sont plus puissantes étant donné la grande surface à couvrir.
Elles recroisent le possédé qui – pour une fois – fait un mouvement en direction de la gothique, mouvement rapidement abrégé par le coup de poing dans la figure par la sœur aînée.
Une fois sur place, elles savent qu'elles ne pourront pas faire évacuer tout le monde, en ce jour de rentrée scolaire, les élèves étaient beaucoup trop nombreux.
-Oh la merde, comment on va faire pour foutre le feu à ces trucs sans se faire remarquer hein ?
-Ne t'inquiètes pas, j'ai ma petite idée là-dessus. Dit Sarah en se penchant en avant pour atteindre quelque chose coincé à sa cheville et qu'elle décroche avant de la planquer sous sa veste pour ne pas être vu... surtout avec une arme. -J'ai juste besoin d'un mouchoir en tissu auquel je peux mettre le feu pour pouvoir le tirer près d'un détecteur avec ma petite arbalète de poche.
-Mais ça va se déclencher trop tôt nan ?
-Pas si le mouchoir est assez long afin de faire office de mèche. J'ai déjà mon briquet et l'arbalète, à toi de trouver le mouchoir sœurette...je ne peux pas tout faire non plus.
-Un mouchoir, t'es marrante toi. Oh attends, je pense que j'ai mieux ! S'exclame Lucy en farfouillant dans son sac et en y ressortant vainqueur un bandana aux couleurs étonnantes même pour elle. -C'est ce qu'ils nous ont filés en cours de sport pour faire les équipes, j'ai oublié de le rendre mais bon, c'est pas grave, c'est pour une bonne cause.
-Parfait, pour une fois, je ne te critiquerai pas sur ta cleptomanie grandissante Lulu vu que cette fois, ça va nous sauver. Prête ?
-Autant que toi Sasa !
-Alors c'est parti !
Se cachant du mieux possible avec sa longue veste, Sarah enflamme le morceau de tissu en son bout le plu éloigné de la partie qu'elle a entouré autour de la mini-flèche de son arbalète.
Rangeant son briquet à la hâte dans sa poche et laissant sa sœur faire le guet, la gothique se positionne au plus près possible d'un des déclencheurs et, aussi discrètement que trimballer une petite arbalète de poche peut le faire, elle vise et tire...pile à côté du détecteur mais assez loin pour laisser le temps au bandana de brûler pour quelques secondes tout au plus.
-Voilà c'est fait ! Dit doucement Sarah pour ne pas être entendue des autres élèves.
-Bah ça tombe bien parce que revoilà ton amoureux transit de mort-vivance.
-Pas drôle ça, c'est plutôt dégoûtant en fait.
-Ça dépend pour qui mais je suis sûre que pour lui, ça ne va plus l'être très longtemps. Protèges-toi, ça va bientôt tomber ! Prévient rapidement Lucy en enfilant la capuche de son sweet qu'elle porte en dessous de sa veste en cuir. Sarah se camouflant à son tour sous son épaisse capuche noire rattachée à sa veste squelette.
Et en effet, pas même dix secondes plus tard, les flammes du bandana lèchent les détecteurs automatiques qui se déclenchent alors en cascade, les uns après les autres. Inondant le hall et trempant tous les élèves présents qui s'empressent de sortir ou d'aller quelque part où ils pourraient trouver un abri.
De leur côté, Sarah et Lucy assistent avec écœurement à la dépossession du corps de l'adolescent par le fantôme de classe trois minimum, peut-être même plus.
Ce dernier suffoque et se tord dans tous les sens, presque d'une manière inhumaine alors que de l'ectoplasme sort de tous les trous possibles et coulant au sol. Une fois la flaque assez grande déduisant ainsi que le fantôme avait été expulsé, le corps de l'adolescent s'effondre inconscient au sol.
-Maintenant ! Hurle Sarah alors qu'elle s'empresse de mettre le feu à la flaque d'ectoplasme au sol tandis que sa sœur éloigne le corps et va le déposer en lieux sûr pour le laisser se réveiller seul et, si possible, sans souvenirs de rien.
À son retour, la jeune femme se retrouve devant un sol brûlé dans un cercle presque parfait, là où se trouvait l'ectoplasme plus tôt. Sans plus de cérémonie et surtout maintenant que les cours étaient finis, les deux ne traînent pas et sortent du hall pour se rendre au parking.
-Et bien, je ne sais pas pour toi sœurette mais pour une première journée, c'était plutôt cool. Dit joyeusement Lucy en sortant les clefs de sa voiture pour la déverrouiller et leur permettre d'y entrer.
-Venant de toi, je ne suis plus étonnée. Personnellement, moi ça m'a fichu une trouille pas possible et je vais devoir être tout le temps vigilante maintenant. La plaie...
-Te plains pas encore, nos parents vont apprendre ce qu'il s'est passé aujourd'hui et ils vont rapidement faire le lien, tu les connais...
-Ouaip... effectivement, faut pas que je me plaigne maintenant, j'aurais de quoi le faire plus tard.
Et sur ces dernières paroles, la vieille voiture s'éloigne, AC /DC à fond la caisse.
Retour au présent, dans la voiture …
-Et voilà comment on s'est pris un savon et des félicitations le même jour. Termine Sarah, le sourire toujours en place à l'évocation de ce souvenir.
-Hé bé, vous en aurez fait des belles vous deux, hâte d'entendre la suite.
-Peut-être plus tard si on trouve quelque chose et que l'occasion se présente. J'en ai encore pleins d'autres des souvenirs de ce genre. Ma mémoire est infaillible.
-Je te crois désormais à cent pour cent sur ce sujet là.
La jeune femme lui répond simplement d'un sourire alors qu'elle se réinstalle confortablement sur son siège passager et que Dean se concentre à nouveau pleinement sur la route, remontant légèrement le son de l'autoradio mais sans pour autant en filer une migraine.
Et la voiture file encore, se rapprochant de plus en plus de sa destination.
