Elizabeth

Je suis forcée d'admettre que Meliodas avait raison. Il n'y a rien de mieux pour booster sa popularité que d'être vue avec lui. Une bonne quinzaine de personnes me saluent tandis que je traverse le cloître pour aller à la salle de philo. « Eh, salut ! Comment ça va ? Tu as l'air en forme ! » J'ai droit à tant de sourires et de saluts de la main que j'ai l'impression de débarquer sur une nouvelle planète – une planète qui s'appellerait Elizabeth, parce que tout le monde semble me connaître. De mon côté, je n'ai pas la moindre idée de qui sont ces gens, même si j'imagine que je les ai rencontrés à l'anniversaire de Zeldris. Je presse le pas et je ne relève la tête qu'une fois assise à côté de Jericho, soulagée de voir que Meliodas et Arthur ne sont pas encore arrivés. Je ne suis pas certaine d'avoir envie de leur parler, ni à un ni l'autre.

– À ce qu'il paraît, tu es sortie avec Meliodas Demon ce week-end ? demande Jericho avant même de m'avoir dit bonjour.

Doux Jésus, je ne peux donc pas passer une seconde sans que l'on me fasse penser à lui ?

– Euh ouais.

– Euh ouais ? C'est tout ? Allez, raconte-moi les détails !

– Il n'y en a pas, dis-je en haussant les épaules. On traîne ensemble, parfois. C'est tout.

– Et tu en es où de ton autre béguin ? demande Jericho en faisant un signe de tête en direction de la place habituelle de Arthur.

Je suis son regard et je vois qu'il vient de s'y asseoir. Il sort son MacBook de son sac puis, comme s'il sentait mon regard, il lève la tête et me sourit. Je lui retourne son sourire puis je me concentre sur l'estrade où Viviane est en train de s'installer.

Meliodas est en retard, ce qui ne lui ressemble pas. Je sais qu'il est sorti avec ses coéquipiers hier soir et qu'il n'avait pas entraînement ce matin, mais il n'a quand même pas pu dormir jusqu'à seize heures. Je sors discrètement mon téléphone de mon sac pour lui écrire, mais il me devance.

Lui : Je gère une urgence. Je viens pour la deuxième moitié du cours. Tu peux prendre des notes pour moi ?

Moi : Est-ce que tout va bien ?

Lui : Ouais. Je répare les dégâts de Ban, c'est une longue histoire. Je t'explique plus tard.

Je n'aurais pas eu besoin d'écouter le cours car j'ai pris de l'avance, mais je prends des notes détaillées pour Meliodas. Peu concentrée, mon esprit s'évade, je pense à mon dîner avec Arthur et cette sensation de gêne me saisit de nouveau.

Je ne comprends pas pourquoi je suis si nerveuse. Après tout, c'est juste un dîner, et cela n'ira pas plus loin car je ne fais pas partie des filles qui couchent le premier soir.

Cependant, Arthur est un joueur de football, les nanas avec qui il sort sont probablement à poil avant-même que le serveur n'ait apporté les menus. Peut-être que c'est ce qu'il attendra de moi aussi ? Et s'il… Non. Je refuse de penser que c'est le genre de mec qui met la pression à une fille pour qu'elle couche avec lui.

Viviane annonce une pause à la moitié du cours et les fumeurs se ruent dehors comme si ça faisait deux semaines qu'ils étaient coincés au fond d'une mine. Je leur emboîte le pas pour chercher Meliodas qui n'est toujours pas arrivé, et Arthur sort quelques secondes après moi.

– Je vais me chercher un café, tu en veux un ?

– Non merci.

– Ça tient toujours pour dimanche ? demande-t-il en souriant.

– Ouaip !

– Cool.

Je ne peux pas m'empêcher de mater ses fesses en le regardant partir. Son pantalon n'est pas particulièrement moulant, mais il met joliment en valeur son petit cul. Il a vraiment un corps incroyable. Je regrette seulement de ne pas avoir une meilleure idée de sa personnalité.

C'est pour cela que tu vas dîner avec lui – pour apprendre à mieux le connaître.

Je m'oblige à garder ça à l'esprit et je regarde la porte d'entrée au moment où Meliodas fait son apparition. Ses joues sont rougies par le froid et son blouson de hockey est fermé jusqu'au menton.

– Hey ! j'ai raté quoi ? demande-t-il en venant vers moi, ses grosses Timberland frappant lourdement le sol.

– Pas grand-chose. Viviane parle de Rousseau.

– Elle est dedans ?

Je hoche la tête.

– Ok, tant mieux. Je vais voir si elle peut me rendre ma copie maintenant plutôt qu'à la fin du cours. Je ne peux pas rester, je dois encore m'occuper de cette urgence.

– Tu vas me dire ce qui se passe ou il faut que je devine ?

– Ban a perdu sa fausse carte d'identité et il en a besoin au cas où on serait contrôlés ce soir. Donc je vais à Boston voir un mec qui les fait en quelques minutes. Tu en as une, toi ? Le videur chez Boar Hat nous connaît, donc on ne devrait pas avoir de problème pour rentrer, mais toi…

– C'est bon, j'en ai une. Au fait, pourquoi Howzer fête son anniversaire un lundi soir ? Vous avez prévu de finir tard ?

– Non, pas trop tard je pense. Je te ramènerai dès que tu auras envie de rentrer. Et il fait ça un lundi parce que Zeldris a fêté le sien samedi. Mais surtout, on ne patine pas le mardi, on a juste de la muscu, c'est plus facile quand on la gueule de bois.

– Ce ne serait pas plus simple de ne pas avoir la gueule de bois ? je demande en levant les yeux au ciel.

– Dis ça à Howzer ! Mais ne t'en fais pas, c'est moi qui conduis ce soir. Je serai on ne peut plus sobre. Ah, et je voulais te parler de quelque chose, mais attends une seconde, faut que je parle à Viviane. Je reviens.

Une seconde après que Meliodas est parti, Arthur revient avec son café.

– Tu rentres ? dit-il en passant la porte.

– Dans une minute, ouais. J'attends quelqu'un.

Quelques instants plus tard, Meliodas revient, souriant jusqu'aux oreilles.

– Alors ? je demande, déjà folle de joie.

Il tient sa copie au-dessus de sa tête, comme Rafiki dans Le roi Lion.

– J'ai eu A- !

– Putain, t'es sérieux ?

– Ouais !

Tout à coup, Meliodas me prend dans ses bras et me serre si fort que je n'arrive plus à respirer. Je passe mes bras autour de son cou et j'éclate de rire quand il me soulève et me fait tourner tant de fois que j'en ai le tournis. Notre explosion de joie attire de nombreux regards, mais je m'en fiche. La joie de Meliodas est contagieuse. Lorsqu'il me repose enfin, je lui arrache sa copie des mains. Après toutes ses heures à l'aider, cette note m'appartient un peu aussi et je suis épatée en lisant ses réponses.

– C'est génial, Meliodas. Est-ce que ça veut dire que tu peux continuer le hockey ?

– Absolument.

– Tant mieux. Alors, fais gaffe à maintenir une bonne moyenne.

– T'en fais pas, ce sera le cas si tu promets de m'aider à réviser pour tous les exams et à préparer les devoirs maison.

– Hop là ! Notre deal est fini, mec. Je ne promets rien, mais…

Comme d'habitude lorsque je suis en présence de Meliodas Demon, je capitule.

– … Je t'aiderai à garder une bonne moyenne. Parce que je suis ton amie. Mais seulement quand j'ai le temps.

Il sourit et me prend à nouveau dans ses bras.

– Je n'aurais pas réussi sans toi, tu sais, dit-il d'une voix suave.

Son souffle chaud chatouille mon oreille. Il recule et plonge son regard dans le mien, puis il baisse légèrement la tête et pendant une fraction de seconde, je crois qu'il est sur le point de m'embrasser. Je me dépêche de faire un pas en arrière et de trouver quelque chose à dire.

– On fête ça ce soir, alors ?

– Tu viens toujours, hein ? demande-t-il d'une voix nerveuse.

– Ce n'est pas ce que je viens de dire ?

Ses traits se détendent et il a l'air soulagé.

– Écoute… je voulais te proposer quelque chose.

Je regarde mon téléphone et je me rends compte qu'il ne reste plus que trois minutes avant que le cours reprenne.

– Ça peut attendre ? Il faut que je rentre…

– J'en ai pour une minute. Est-ce que tu me fais confiance ?

Une vague d'angoisse m'assaillit, mais je réponds avec une certitude qui me surprend.

– Bien sûr.

Et c'est vrai. Je ne le connais que depuis peu de temps, mais je me sens en sécurité avec lui.

– Tant mieux, répond-il avant de se racler la gorge. Je veux que tu boives, ce soir.

– Quoi ? Pourquoi ? je demande en me crispant.

– Parce que je pense que ça te fera du bien.

– Attends, c'est pour ça que tu m'as invitée ? Pour me saouler ?

– Bien sûr que non, répond Meliodas en secouant la tête. Pour que tu voies que tu as le droit de baisser ta garde de temps en temps. Écoute, je conduis donc je ne boirai pas, mais je ne te propose pas seulement d'être ton chauffeur. Je serai ton garde du corps, ton barman, et surtout ton ami. Je promets de prendre soin de toi, Ellie.

Je suis étrangement touchée par son discours.

– Je ne suis pas une alcoolique qui a besoin de boire, Meliodas.

– Je ne pense pas du tout ça, espèce d'imbécile. Je veux juste que tu saches que si tu décides de boire un verre ou deux, tu n'as pas à t'inquiéter. Je suis là. Je sais que ton amie a vécu une mauvaise expérience, mais je te promets que je ne laisserai jamais rien t'arriver.

Je grimace lorsqu'il parle de « mon amie », mais je ne crois pas qu'il le remarque. Une part de moi regrette de lui avoir donné la vieille excuse de « c'est arrivé à une amie », mais seuls mes meilleurs amis sont au courant, et même si je fais confiance à Meliodas, je n'ai pas envie de lui parler du viol.

– Donc si tu veux boire ce soir, je te garantis qu'il ne t'arrivera rien, promet-il avec tant d'émotion que j'en ai le cœur serré. Bref, c'est tout ce que je voulais dire. Penses-y, ok ?

Ma gorge est tellement nouée que je peine à parler.

– Ok, dis-je en expirant. Je vais y réfléchir.

Meliodas

Il y a des joueurs de hockey jusque dans les moindres recoins de chez Boar Hat, qui n'est déjà pas très grand. D'ailleurs, le bar est si petit qu'il est rare de pouvoir s'asseoir. Et ce soir, on peut à peine respirer. Toute l'équipe est venue fêter l'anniversaire de Howzer, et le lundi s'avère également être la soirée karaoké hebdomadaire. On ne s'entend pas parler tellement il y a de monde. Le point positif, c'est que l'on n'a pas eu à montrer nos fausses cartes d'identité à l'entrée.

Soudain, je réalise que dans quelques mois je ne vais plus avoir besoin de la mienne.

J'aurai vingt et un ans en janvier, mais ce n'est pas la majorité légale qui m'intéresse.

J'aurai enfin accès au fonds que m'ont laissé mes grands-parents et je n'aurai plus aucun lien à mon père.

Elizabeth arrive environ vingt minutes après nous. Je ne suis pas passé la prendre parce que sa répétition a fini tard et qu'elle a insisté pour prendre un taxi. Elle voulait également rentrer se doucher et se changer, et maintenant que je la vois, je suis ravi de sa décision. Elle est absolument canon. Elle porte un legging et des bottes à talon avec un tshirt à nervures. Elle est toute en noir, mais je cherche sa touche de couleur caractéristique tandis qu'elle approche. Lorsqu'elle tourne la tête pour saluer Howzer, je découvre qu'un énorme nœud jaune à étoiles bleues retient ses cheveux.

– Salut ! Il fait mille degrés ici, j'ai bien fait de ne pas prendre de manteau !

– Salut, je réponds en l'embrassant sur la joue.

J'aurais adoré l'embrasser sur la bouche, mais si je considère cette soirée comme un rencard, je suis certain qu'Elizabeth ne voit pas les choses de la même façon.

– Comment s'est passée la répétition ?

– Comme d'hab', répond-elle d'une voix lugubre. C'est-à-dire horrible.

– Qu'est-ce qu'il a fait, cette fois-ci ?

– Rien de spécial, il s'est juste comporté comme l'enfoiré qu'il est, soupire Elizabeth.

J'ai gagné la bataille sur la transition, mais il a remporté celle sur le deuxième refrain. Tu sais, là où il veut une chorale…

– Bon sang, Ellie, tu as cédé ?

– Ils étaient deux contre moi ! Guila a décidé qu'il lui fallait à tout prix une chorale. On commence les répétitions mercredi.

À l'évidence, elle est en colère.

– Tu veux quelque chose à boire ? je demande en lui serrant délicatement la main.

Je la vois déglutir, clairement nerveuse, et elle ne répond pas tout de suite. Elle plonge son regard dans le mien, comme si elle essayait de lire dans mes pensées. Je retiens ma respiration, parce que je sais que quelque chose d'important est sur le point d'arriver. Si Elizabeth refuse, je serai anéanti. Je ne pourrai pas supporter qu'elle n'ait pas confiance en moi.

Elle répond d'une voix si faible que je ne l'entends pas.

– Quoi ?

Elle expire brièvement, puis elle parle plus fort.

– J'ai dit « avec plaisir ».

Ma poitrine se gonfle de fierté et de joie. Je dois lutter pour ne pas sourire comme un abruti et je hoche la tête en la menant au bar.

– Tu veux quoi ? Une bière ? Un whisky ?

– Non, je veux quelque chose qui a du goût.

– Ellie, si tu commandes une manzana ou un truc de nana, je vais devoir te renier, tu sais.

– Mais je suis une nana, s'écrit-elle. Pourquoi je ne peux pas boire un truc de fille ? Hmm, peut-être une piña colada ?

– Très bien, comme tu voudras. C'est mieux qu'une manzana, au moins.

Je passe sa commande puis j'inspecte tous les mouvements du barman. À mes côtés, Elizabeth en fait de même. Le verre que nous tend le barman est sûr, personne ne peut en douter. Elizabeth en boit une gorgée, puis me regarde en souriant.

– Hmmm, c'est délicieux.

Je suis tellement heureux que j'ai envie de la prendre dans mes bras.

– Allez viens, je vais te présenter aux gars.

Je lui prends la main et je l'emmène vers la table de billard où se trouvent Low et Galand. Ban et Gilthunder nous voient et viennent prendre Elizabeth dans leurs bras. Le câlin de Ban dure un peu trop longtemps à mon goût, mais lorsque je croise son regard, il a l'air parfaitement innocent. Je suis sans doute parano.

En même temps, je suis déjà en compétition avec Pendragon, et je n'ai aucune envie d'avoir à rivaliser avec mon meilleur ami. Cela dit… est-ce que je suis vraiment en compétition ?

Je ne sais toujours pas ce que je veux d'Elizabeth. Mais je sais que je veux coucher avec elle.

J'en ai très – très – envie. Cependant, même si par miracle elle le voulait aussi, qu'est-ce qui se passerait, après ? Est-ce que je déclarerais qu'elle est ma copine ? Les petites amies sont une distraction, et je ne peux pas me permettre d'en avoir, surtout que j'étais sur la sellette jusqu'à aujourd'hui encore.

Il y a peu de sujets sur lesquels mon père et moi sommes d'accord, mais pour ce qui est de la concentration et de l'ambition, nous sommes sur la même longueur d'onde. Je passerai pro dès que je serai diplômé, et d'ici-là, seules mes notes et mon équipe comptent, et je ne me reposerai que lorsqu'on aura gagné la finale du championnat. Je ne peux pas échouer.

En même temps, je crois que je ne supporterais pas de voir Elizabeth avec un autre mec.

– Mon Dieu, ce truc est trop trop bon, dit Elizabeth en buvant trois gorgées d'affilée. J'en veux une autre.

– Et si tu finissais déjà la première ? je dis en riant.

– Très bien, répond-elle en haussant les épaules.

Elle lève son verre et le vide cul sec, puis elle me regarde en souriant.

– Je peux en avoir une autre, maintenant ?

Je souris bêtement jusqu'aux oreilles. J'ai le sentiment qu'Elizabeth va être très intéressante après son second verre.

Je ne me suis pas trompé. Trois piñas coladas plus tard, Elizabeth chante sur scène. Le classique karaoké de la meuf bourrée. Heureusement, elle a une voix incroyable. Je crois que je n'aurais pas supporté de la regarder si elle avait été ivre et qu'elle chantait faux.

Tout le bar est dingue de sa performance. Elle chante « Bad Romance », de Lady Gaga, et presque tout le monde chante avec elle, y compris quelques-uns de mes coéquipiers bourrés. Je souris comme un débile en la regardant. Elle n'est pas vulgaire, et elle ne danse pas comme une strip-teaseuse. Elle se contente de rejeter sa tête en arrière en chantant, les joues rouges, les yeux brillants, et elle est si belle que j'en ai le cœur serré.

Merde, j'ai encore envie de l'embrasser. J'ai envie de sentir ses lèvres sur les miennes, de l'entendre grogner comme elle l'a fait la première fois que j'ai sucé sa langue.

Génial, maintenant je bande et je suis au milieu d'un bar avec mes potes.

– Elle est ouf ! s'écrit Ban en arrivant à côté de moi.

Il sourit aussi en regardant Elizabeth, mais il y a quelque chose d'étrange dans ses yeux.

Quelque chose… d'envieux.

– Elle est en licence de musique, je réponds bêtement.

C'est la seule chose que j'ai trouvé à dire parce que je suis trop perturbé par l'expression de mon meilleur ami.

Le bar entier applaudit lorsqu'Elizabeth termine sa chanson. Une seconde plus tard, Howzer monte sur scène et lui chuchote quelque chose à l'oreille. Je crois qu'il essaie de la persuader de chanter un duo, mais il lui touche beaucoup le bras et je ne rate pas le regard inquiet d'Elizabeth.

– Ah, il est temps que j'aille la sauver, je dis en me faufilant à travers la foule jusqu'à la petite scène.

– Ellie ! Ramène ton joli p'tit cul par ici !

Son visage s'illumine lorsqu'elle me voit et elle plonge dans mes bras, éclatant de rire lorsque je la fais tourner.

– C'est génial ici ! s'exclame-t-elle. Faut qu'on vienne plus souvent !

Je ris aussi en étudiant son visage pour déterminer où elle se situe sur l'échelle d'ivresse que j'ai créée et qui est étonnamment fiable. Un signifie que la personne est sobre, dix signifie à peu de choses près « Je vais me réveiller nu à Portland sans le moindre souvenir de ce qui s'est passé ». Le regard d'Elizabeth est encore vif et elle n'a pas de mal à parler ou à marcher, alors je la situe aux environs de cinq : joyeuse, mais attentive.

Je suppose que c'est arrogant de ma part, mais j'adore être celui qui l'a mise dans cet état. Celui en qui elle a suffisamment confiance pour baisser sa garde et s'amuser. Elizabeth me sourit de nouveau, puis elle prend ma main et me tire derrière elle.

– On va où ?

– Faut que je fasse pipi ! Et tu m'as promis d'être mon garde du corps, alors tu dois attendre devant la porte et monter la garde.

Elle lève la tête et ses superbes yeux d'un bleu envoûtant plongent dans les miens.

– Tu ne laisseras rien m'arriver, hein, Meliodas ?

Je dois déglutir plusieurs fois avant d'arriver à parler malgré le nœud qui s'est formé dans ma gorge.

– Jamais.