[Règle n°16 – Oser]
Hey, bien le bonjour !
Vous attendiez la suite ? Mais ça tombe bien ! La voilà, bonne lecture !
« Les seuls en mesure d'accomplir des prouesses…
ce sont les imbéciles qui se contre-fichent de la résistance ou de l'épaisseur du mur à traverser. »
Dans l'obscurité inquiétante d'une forêt étrange, Naruto courait à en perdre haleine. Son souffle court brûlait sa gorge irritée par l'air vicié. Dans son dos, il entendait des voix le poursuivre en hurlant d'inintelligibles menaces. Il fallait qu'il s'échappe. Pour quelle raison ? Il n'en avait strictement aucune idée ; la seule pensée logique qui traversait son esprit de part en part en ce moment était qu'il lui fallait courir le plus vite possible. Alors il faisait taire son cœur qui battait trop vite, ses muscles douloureux et ses poumons en feu, et forçait un peu plus, espérant s'en sortir sans pour autant y croire réellement.
Où était donc Minato ? Il lui avait pourtant dit qu'il serait là ! Avec le plus doux des sourires, le plus confiant des regards, il lui avait juré que si Naruto l'appelait, il arriverait sur-le-champ. Mais le jeune homme avait usé ses cordes vocales à crier le nom de son père sans jamais le voir apparaître.
Des lianes fouettaient son visage en sueur et de perfides ronces griffaient sans arrêt ses mollets. Naruto se concentra sur ses pieds pour essayer de les éviter le plus possible. Il ignora son point de côté qui lui criait de s'arrêter et les crampes qui semblaient par moment paralyser ses jambes ; il serra les dents pour monopoliser ce qu'il lui restait de force afin de continuer à courir en sautant par-dessus les ronces. Le regard tourné vers le sol, Naruto ne vit pas arriver la branche basse qui barrait son chemin. Il ne put rien faire pour l'éviter, et sentit trop tard le morceau de bois percuter son front. Sans parvenir à réagir, il se sentit glisser à terre. L'inconscience s'offrait à lui, douce et confortable, mais Naruto avait trop peur de ce qu'il pourrait lui arriver s'il perdait connaissance. Les voix se rapprochaient dangereusement, mais son corps refusait catégoriquement de lui obéir. Alors qu'il perdait peu à peu le sens de la réalité, Naruto entendit des cris qui semblaient lui parvenir au travers d'un voile. Ceux qui le pourchassaient semblaient l'avoir repéré. L'angoisse prenait doucement possession de son esprit. Les cris se rapprochaient inlassablement, tandis qu'il se sentait glisser, ailleurs, loin. Il ne pouvait rien faire pour leur échapper. Ils étaient là. Des mains inconnues se posèrent sur son corps. Il aurait voulu les frapper, tous ! Les faire fuir ! Mais son esprit s'endormait progressivement. Avant de sombrer dans les limbes de l'inconscience, il eut le temps de sentir que les mains l'emmenaient. Mais où… ?
Naruto se réveilla en sursaut, en nage au milieu de ses draps emmêlés. Retrouvant ses repères, il réalisa que le même rêve était encore venu s'imposer à son esprit cette nuit-là. Même si ses cauchemars s'étaient peu à peu diversifiés, les deux qu'il faisait étant enfant revenaient régulièrement ; trop régulièrement… Avec un soupir de désespoir, il se laissa retomber sur son matelas et tenta vainement de se rendormir, mais visiblement, Kyūbi en avait décidé autrement : le petit chat sauta souplement sur le lit de Naruto pour réclamer des caresses en passant sa petite langue râpeuse sur les doigts du blond. Ce dernier entrouvrit paresseusement un œil pour voir si, par le plus grand des hasards, son chat se lasserait et retournerait dormir dans son panier, mais non. N'obtenant pas ce qu'il désirait, il se mit à miauler pour manifester son mécontentement. Avec un grognement ennuyé, Naruto posa sa main sur la tête de Kyūbi.
— T'as aucune pitié, c'est terrible… ! Il est quelle heure, au fait… ?
La lumière de l'écran de son portable agressa les yeux encore endormis du blond avant qu'il n'avise que, de toutes manières, son réveil sonnait dix minutes plus tard. Au moins, cette fois, son cauchemar l'avait réveillé pour quelque chose, et non pas en pleine nuit. Il se résigna donc à se lever, en maudissant Kyūbi – qui pourtant, n'y était pas pour grand-chose…
Il passa en coup de vent dans la salle de bains pour se rincer la figure et appliquer un peu de correcteur sur ses cernes avant de descendre à la cuisine, où il trouva Kushina qui finissait tout juste de préparer son bentō. Il la salua en déposant un petit bisou sur sa joue pour la remercier, puis alla se servir en riz pour le petit-déjeuner. Quelques minutes plus tard, il montait se préparer avant de partir pour le lycée.
Il retrouva ensuite Shikamaru dans le bus, et ils étaient en train de discuter lorsque le portable de Naruto vibra dans sa poche. Il fronça les sourcils en le récupérant – qui pouvait bien lui envoyer un message ? – mais le déverrouilla bien vite lorsqu'il vit qu'il s'agissait de Sasuke.
« M'attends pas ce matin, j'arriverai qu'à la pause. Et oui, je t'expliquerai tout, t'inquiète~ ! »
Sa dernière phrase arracha un rire discret à Naruto et il entra au lycée en ayant retrouvé sa bonne humeur. C'était incroyable de voir la facilité avec laquelle Sasuke faisait refleurir son sourire. Qu'avait-il donc comme pouvoir pour l'influencer à ce point ? Et pourquoi lui et pas un autre ? Kiba et Shikamaru avaient toujours été là pour lui, et ils comptaient beaucoup à ses yeux. Pourtant, jamais ils n'avaient réussi à faire disparaître ce pincement de regret qui ne lâchait plus le cœur de Naruto. Alors pourquoi, lorsque Sasuke apparaissait à ses côtés, ou même simplement en pensée, avait-il l'impression de sentir enfin son cœur se libérer ? Il n'arrivait pas à trouver de logique à cet incompréhensible constat, et par ailleurs, il n'était pas sûr d'avoir vraiment envie d'y réfléchir. Il pouvait tout aussi bien en profiter sans se poser de question...
Il rangea donc ses réflexions dans un coin de son esprit pour se concentrer sur le cours, malgré son évident manque d'intérêt. À la fin de la première heure, cependant, il fut forcé de montrer plus d'attention lorsqu'il vit entrer dans leur salle, non pas leur professeur habituel, mais la directrice, visiblement ennuyée. Elle salua la classe et s'immobilisa derrière le pupitre, les mains à plat sur le bois verni. Les élèves, qui s'étaient retournés petit à petit, s'inclinèrent poliment devant Tsunade Senju, tout en spéculant discrètement sur la raison de sa venue.
— Bonjour à tous. Je suis au regret de vous annoncer que Monsieur Sarutobi ne pourra pas assurer son cours aujourd'hui. – Des murmures de contentement se firent entendre un peu partout dans la salle. – Il a eu un empêchement de dernière minute qui ne nous a malheureusement pas laissé le temps de nous organiser autrement. Aussi, vous avez l'heure devant vous pour faire vos éventuels devoirs en retard, relire vos leçons ou bavarder, même, si ça vous chante, tant que vous ne faites pas de bazar. Ceux qui préfèrent aller à la bibliothèque le peuvent. Bonne journée à vous. conclut-elle en quittant la pièce.
Dès que la porte se ferma dans son dos, des cris de joie éclatèrent dans la salle et résonnèrent pendant quelques instants, avant que la porte ne se rouvre dans un grand fracas. Le temps se figea et les élèves, paralysés par la surprise, virent rentrer à nouveau la directrice dans la classe, les poings serrés, arborant un regard incendiaire.
— J'ai dit « tant que vous ne faites pas de bazar »… réitéra-t-elle d'une voix polaire. Ai-je été plus claire cette fois ?
Des « oui » timides se firent entendre avant qu'elle ne quitte à nouveau la salle d'une démarche parfaitement calme. Son comportement lunatique avait beau ne pas être un secret pour qui que ce fût dans l'établissement, c'était toujours surprenant d'en faire les frais…
Entre Naruto, Shikamaru et Kiba, le blond fut le premier à réagir. Il claqua le plat de sa main sur son bureau et se leva en ramassant son bloc-notes et son stylo, avant de se retourner vers les garçons. Puisqu'ils avaient une heure de libre, il pouvait en profiter pour se renseigner un peu plus sur le journalisme.
— Je vais à la bibliothèque, moi. Je suppose que ça vous intéresse pas ? demanda-t-il avec un regard amusé.
En effet, Kiba lui répliqua que s'il pouvait ne rien faire pendant une heure, il ne se ferait pas prier, et Shikamaru leva un regard ennuyé vers Naruto en lâchant un très laconique « J'ai la flemme ! ». Absolument pas surpris, le blond fit passer la bandoulière de son sac sur son épaule et laissa ses amis dormir ; lui, il avait mieux à faire. Il rallia donc la bibliothèque où il se laissa errer entre les hauts rayonnages tout en cherchant ce qui l'intéressait. Malgré la chaleur ambiante, un calme agréable régnait dans cette grande pièce, uniquement troublé par quelques chuchotements et bruissements de feuilles. De longues tables s'alignaient contre la façade vitrée de la bibliothèque, accueillant des élèves tantôt studieux, tantôt somnolents. Le ronronnement sourd des quelques ordinateurs allumés produisait un doux son de fond.
Tandis que Naruto se faisait cette réflexion qu'il jugea ensuite quelque peu stupide, il arriva devant la partie « orientation professionnelle ». Avec un air décidé, il fit quelques pas entre les deux étagères sans trop savoir où regarder, puis finit par s'emparer un peu au hasard de la première revue qui lui tomba sous la main. Mauvaise pioche, elle traitait des études de médecine. Naruto la reposa et essaya de trouver son bonheur dans cet endroit où il venait si peu souvent. Il papillonna quelques instants en laissant glisser son regard sur des tranches aux titres plus ou moins évocateurs, trouva quelques revues qui avaient l'air intéressantes et se fit ainsi une petite sélection qu'il emmena avec lui pour s'installer à l'écart.
Dans un recoin entre deux rayonnages, à l'abri des regards curieux, Naruto trouva un endroit calme où il s'assit à même le sol en posant ses trouvailles à côté de lui. Il prit la première revue sur le haut du tas et commença à la feuilleter en notant parfois quelques détails sur son portable pour ne rien oublier.
Pendant ce temps-là, à quelques kilomètres de là, Sasuke réfléchissait, assis dans le métro, le regard perdu dans le néant. Lee lui avait envoyé un message tôt ce matin pour qu'ils se voient seul à seul, et alors que Sasuke s'imaginait que c'était pour discuter exclusivement de Fugaku, Lee lui avait confié ne pas avoir entièrement confiance en Naruto. Bien évidemment, Sasuke l'avait défendu avec véhémence, mais Lee n'avait pas tort : jamais qui que ce fût n'en avait su autant à propos de leurs secrets, pas même Itachi, encore moins Neji. Et quand il lui avait demandé ce qui le poussait à faire soudain autant confiance à quelqu'un qu'il connaissait personnellement depuis si peu de temps, Sasuke n'avait rien trouvé à répondre. Aucune explication logique n'était apparue à son esprit.
Car, après tout, son attirance certaine pour le blond n'expliquait pas tout. La confiance était une toute autre affaire, et Sasuke n'avait aucune justification pour celle qu'il accordait aveuglément à Naruto. Lui qui détestait les questions sans solution, voilà qu'il se retrouvait le bec dans l'eau, sans la moindre idée de réponse à apporter. Et puisqu'il haïssait ce genre de situation, il s'était « légèrement » emporté pour couvrir son embarras et avait assené à Lee que s'il n'acceptait pas Naruto, alors ce n'était pas la peine de compter sur lui non plus. Invective stupide s'il en est, puisque Lee faisait tout cela pour aider Sasuke, et non le contraire. Sasuke avait d'ailleurs immédiatement regretté sa soi-disant menace et avait cherché comment se rattraper, mais il avait bien vite constaté que tout cela avait tout de même eu un certain effet sur Lee, qui l'avait fixé avec une lueur étrange au fond des yeux. Sasuke avait donc attendu patiemment qu'il veuille bien réagir, et s'était senti particulièrement fier de lui quand il avait entendu Lee céder à son chantage un peu idiot.
— Je ne comprends pas davantage ton comportement, mais après tout, tu ne t'es jamais trompé, alors je vais te faire confiance sur ce coup-là. avait-il dit en acquiesçant.
En son for intérieur, Sasuke avait crié de victoire. Mais extérieurement, fierté oblige, il n'avait fait que le remercier poliment, avant de l'écouter lui exposer un projet ; un projet qui n'allait vraisemblablement pas plaire à Naruto. Et c'était justement cela qui tracassait Sasuke quand il entra enfin dans la salle de la classe deux après avoir réussi presque miraculeusement à s'extirper de la foule du métro. Il déposa son sac sur son bureau avant d'aller saluer Kiba – Shikamaru avait l'air de dormir beaucoup trop paisiblement pour le déranger. Ils échangèrent quelques banalités, Sasuke en profita pour le remercier de l'avoir mis au courant pour le cours annulé, puis il finit par lui demander où était Naruto.
— À la bibliothèque, apparemment. C'est ce qu'il nous a dit tout à l'heure, en tout cas.
Passé un court instant de surprise – Naruto, à la bibliothèque ? – Sasuke remercia Kiba et se mit en tête de trouver le blond pour aller le houspiller un peu avant que leur prochain cours ne commence. Il traversa la cour en pressant le pas, slaloma entre quelques bâtiments et, quand il passa les portes de la bibliothèque, fut soudain assailli par la chaleur presque étouffante qui y régnait. L'un des documentalistes passa devant lui en le bousculant presque pour afficher une feuille à l'entrée, expliquant que la climatisation ne fonctionnait plus correctement et qu'en attendant sa réparation, il valait mieux ne pas venir à la bibliothèque. Une annonce avait dû passer peu avant, car quelques élèves étaient dores et déjà en train de quitter les lieux. Sasuke s'adossa à un mur en attendant que Naruto sorte, mais au bout de quelques minutes, il dut se rendre à l'évidence : soit le blond était déjà parti, soit il avait la ferme intention de rester dans ce sauna.
Pour en avoir le cœur net, Sasuke décida de faire un tour entre les hautes étagères. Parvenu au fond de la bibliothèque, alors qu'il se disait qu'il avait dû louper Naruto de peu, il avisa une jambe dépasser de derrière un rayonnage, dans un coin de la grande pièce. En reconnaissant la chaussure du blond, Sasuke se retint de rire. Alors, il avait vraiment décidé de rester ici ? Quelle mouche l'avait donc piqué ?
Le brun s'approcha sans rien dire en croyant surprendre Naruto, mais quand il se trouva face à lui, il se rendit compte que le blond s'était endormi. Assis sur le sol, une revue abandonnée sur sa jambe repliée, il avait laissé aller sa tête contre l'étagère et était tombé dans les bras de Morphée, oubliant sa lecture, son portable dans sa main, et son sac éventré à côté de lui. Sasuke s'accroupit face à lui avec un doux sourire amusé. En jetant un regard au magazine, il réalisa qu'il s'agissait de conseils concernant les études supérieures de journalisme. L'obstination de Naruto était attendrissante…
Et la sérénité apparente de ses traits tranchait avec sa bouche ouverte qui laissait s'échapper ce qui ressemblait à de parcimonieux ronflements. En le regardant de plus près, Sasuke remarqua cependant que la chaleur, qui faisait légèrement briller le front de Naruto d'un peu de transpiration, avait également fait couler le correcteur sous ses yeux et révélé ses cernes. Il faisait donc toujours des cauchemars ? Le brun aurait tellement aimé connaître une solution miracle pour le débarrasser de ces mauvais rêves qui l'empêchaient de dormir correctement la nuit. Naruto faisait insomnie sur insomnie, voilà pourquoi il s'endormait partout ainsi.
Cependant, à ce moment précis, assis sur la moquette inconfortable de la bibliothèque, Naruto avait l'air si tranquille… Son visage calme représentait une véritable tentation, offert ainsi. Et Sasuke se demandait… s'il lui volait un baiser, là, tout de suite, cela le réveillerait-il ? Son cœur se serrait à cette idée et l'envie étreignait sa gorge. Sans réellement s'en rendre compte, il approcha une main du visage de Naruto. Sa raison avait fui avec sa logique et sa main se rapprochait toujours inlassablement de la joue striée du blond. Il ne savait toujours pas d'où venaient ces cicatrices, mais si au premier regard il les avait trouvées ridicules, aujourd'hui, elles l'attiraient ; tout comme ses cheveux en bataille qui semblaient parfois vouloir voler ses reflets au Soleil.
Lorsqu'il toucha du bout des doigts la peau sans défaut de Naruto, Sasuke tressaillit imperceptiblement en rompant derechef le contact, comme s'il s'était brûlé. Et la bulle qui s'était créée autour d'eux vola en éclats, révélant le ronronnement des ordinateurs, les bruits de la climatisation cassée et les rumeurs de conversations montant de la cour. En replongeant dans la réalité, le brun secoua la tête en se demandant pourquoi il avait fait cela. Il se frotta le visage de ses mains en soufflant – heureusement que Naruto ne s'était pas réveillé ! Mais alors qu'il se redressait en rouvrant les yeux, son regard tomba immédiatement dans les orbes bleus de son ami qui le fixait, le visage neutre de la moindre émotion. Était-ce à cause de Sasuke ? Le blond s'était-il en fait rendu compte de ce qu'il s'était passé ?
— T'avais… ton fond de teint a coulé. se justifia Sasuke en espérant que son excuse soit crédible.
Apparemment, il était bon acteur, car Naruto se redressa sur son séant en essuyant le dessous de ses yeux avec ses doigts pour constater qu'en effet, le correcteur n'avait pas résisté à la chaleur ambiante.
— Merde, en plus j'en ai pas prévu avec moi, c'est celui de Dei que je pique le matin.
Sans répliquer, Sasuke fouilla dans son sac et en sortit un petit tube noir qu'il tendit à Naruto. Cela faisait quelques temps qu'il prévoyait un correcteur avec lui au cas où il ait besoin de cacher quelques bleus à son frère en rentrant le soir. Le blond accepta en le remerciant, puis il ramassa ses affaires et récupéra la pile de revues qu'il avait à peine commencé à feuilleter. Tandis qu'ils retournaient dans le bon rayonnage pour les ranger, Naruto s'étonna du peu de monde présent dans la bibliothèque.
— C'est déjà la pause ? demanda-t-il à Sasuke avec un air ingénu.
— Crétin, alors tu dormais si bien que ça ? T'as pas remarqué qu'il faisait légèrement plus chaud que d'habitude ? La climatisation a bogué, ils ont conseillé à tout le monde de sortir.
Naruto laissa s'échapper une exclamation soudaine de compréhension, en finissant de ranger la dernière revue. Bien sûr qu'il avait remarqué la chaleur inhabituelle de la salle, elle ne l'avait juste pas tant dérangé que cela… Ils quittèrent ensuite la bibliothèque et se dirigèrent vers les toilettes, tout en se faisant la réflexion qu'ils n'avaient aucune envie de retourner dans la classe pour travailler. Sasuke sortit son portable pour regarder l'heure.
— On a encore dix minutes avant que ça sonne. On se trouve un coin tranquille ? Faut que je te parle de ce qu'il s'est passé ce matin.
Intrigué, Naruto, qui tentait de se concentrer sur son reflet dans le miroir pour étaler correctement le correcteur sur ses cernes, acquiesça en répondant que le couloir devait être libre à cette heure-là.
— Le « couloir » ? répéta Sasuke sans comprendre.
— Ah oui, pardon. C'est comme ça qu'on appelle le coin entre le bâtiment J et l'internat, tu sais, là où t'es allé le premier jour en croyant être seul ? acheva Naruto avec un sourire entendu adressé au reflet de Sasuke.
Celui-ci ne répondit rien, se contentant de couler un regard suspicieux au blond, un regard qui demandait comment est-ce qu'il avait bien pu comprendre cela. Naruto eut un sourire mutin.
— T'avais une tête de quelqu'un qui voulait se cacher… dit-il simplement en refermant le petit tube pour le rendre au brun, qui le récupéra sans un mot.
Plus le temps passait, plus Naruto semblait le décrypter mieux que personne. Il apparaissait doté d'un don certain pour comprendre les gens, et Sasuke ne parvenait plus à savoir si cela l'irritait toujours, ou si ça ne faisait plus que le troubler d'une manière étrangement agréable. Ils quittèrent les toilettes et sortirent du bâtiment, puis traversèrent la cour pour arriver au coin de l'internat. En effet, il n'y avait pas âme qui vive dans le « couloir ». L'ombre des imposants bâtiments de pierre avait conservé une certaine fraîcheur, et le sol, moussu par endroits, brillait encore de l'humidité de la nuit.
Sasuke s'adossa au pignon de l'internat en gardant ses mains dans ses poches, avant de darder un regard neutre sur Naruto qui finissait de taper un message. Le blond rangea bien vite son portable dans son sac, puis reporta toute son attention sur Sasuke.
— Alors, qu'est-ce qu'il s'est passé ce matin ?
— J'ai vu Lee, il voulait me parler en privé…
Naruto eut une seconde d'hésitation. Interloqué, il se demandait pourquoi il n'avait pas été convié. Était-ce uniquement en rapport avec Fugaku ? Il avait pourtant dit à Sasuke qu'il lui apporterait son aide. C'était peut-être Lee qui n'acceptait toujours pas cette décision… Il fronça les sourcils en acquiesçant, attendant la suite.
— En fait, il… comment dire, c'est pas qu'il te fait pas confiance, c'est juste…
— Je sais qu'il me fait pas confiance, Sasu. le coupa Naruto. Ça s'est vu dans son regard.
— Non, en fait ton petit discours lui a fait de l'effet, et il a compris ta situation. C'est juste qu'il ne comprend pas que je t'aie mis au courant pour… pour ce qu'on fait pour mon père.
Le blond eut un petit sourire compréhensif. Il avait parfaitement compris que Sasuke essayait d'atténuer la vérité. Lee ne voulait pas ébruiter leur secret, et c'était parfaitement compréhensible. Il paraissait donc logique qu'il n'apprécie pas particulièrement le fait que Sasuke en ait parlé à un parfait inconnu. Naruto ne répliqua donc rien et se contenta de demander au brun quels étaient les avancements dans les recherches de Lee.
— Je suppose que vous n'avez pas fait que parler de moi, je me trompe ? compléta-t-il avec un sourire entendu.
Sasuke le fixa un instant en torturant sa lèvre. Il se rappelait parfaitement de ce que Lee lui avait dit sur ce qu'ils devaient faire, mais il se souvenait également d'à quel point leur dernière expédition avait mal tourné. La douleur de la balle et de sa chute dans l'escalier se rappela à son bon souvenir et inconsciemment, il posa sa main sur son bras, là où sa cicatrice avait encore du mal à se résorber. Il ne voulait pas que Naruto vive cela, il tenait trop à lui. Comme s'il avait lu dans son esprit, le blond se racla la gorge pour lui signaler qu'il était toujours là, et enchaîna :
— Si tu comptes me sortir une excuse de merde pour justifier le fait que tu ne veuilles pas m'impliquer, c'est mort. Je te suivrai, alors crache le morceau.
Sa voix était si débordante de volonté que Sasuke sentit ses entrailles se crisper tandis qu'il fuyait le regard si bleu et si inquisiteur de son vis-à-vis. Que choisir entre sa raison et son cœur ? Naruto n'en démordrait pas, il en était persuadé. Le blond était bien trop borné pour cela. Et puis il n'était pas en position de cracher sur l'aide que Naruto lui proposait. Il prit donc une profonde inspiration avant de lâcher :
— Lee a réussi à avoir des renseignements sur des livraisons. On avait entendu mon père parler de ça la dernière fois, alors il s'est renseigné.
La discussion devint soudainement beaucoup plus intéressante. Sasuke lui apprit ainsi qu'une phrase en particulier que Fugaku avait prononcé avait mis la puce à l'oreille de Lee et qu'il avait donc cherché à en savoir davantage sur cette livraison à l'entrepôt numéro neuf, un jeudi soir. Malheureusement, il n'avait rien trouvé dans les archives de sa famille, ni dans celles de la police de Tōkyō. En revanche, il supposait que ces « livraisons » pouvaient être régulières, et était bien décidé à en avoir le cœur net. Si les archives n'avaient pas mentionné de livraison récurrente de quoi que ce soit, il avait tout de même trouvé une liste d'entrepôts appartenant à des succursales de la Uchiwa Corporation, ou dissimulés sous des noms d'entreprises fictives, et l'un d'eux en particulier avait attiré son attention : le numéro neuf d'une rue d'une zone industrielle, près du port de Tōkyō.
Les sourcils de Naruto étaient aussi haussés que possible.
— Ça fait beaucoup de suppositions… hasarda-t-il en croisant les bras.
Sasuke ne cilla pas, regardant un instant vers la cour pour mieux replonger son regard insondable dans les yeux bleus de Naruto.
— Je sais bien, mais c'est le mieux qu'on ait pour le moment. On y va jeudi soir.
Le soudain air inébranlable de Sasuke arracha un sourire au blond. Tout cela avait l'air d'un plan bien foireux où ils avaient bien plus de chance de tomber sur un os que sur le moindre renseignement intéressant. Paradoxalement, cela lui plaisait !
— Comme je te le disais, je te suivrai… commença-t-il avec un sourire. Il y a juste un détail : le jeudi soir, j'ai cours de sciences avec le vieux Jiraya. Et les vacances n'ont rien fait, ma mère est toujours aussi pointilleuse sur mes absences !
Le regard malicieux de Naruto réchauffa le cœur de Sasuke et acheva de le convaincre : avec cet énergumène imprévisible à ses côtés, tout irait pour le mieux… du moins, il y croyait davantage. Sa positivité était particulièrement contagieuse.
— Rien ne t'empêche d'aller à ton cours, en général on sort tard. éluda Sasuke en haussant les épaules. Mais il faudrait qu'on dorme au même endroit, pour partir ensemble. Tu pourrais dire qu'on a un projet de groupe à mener et que tu viens bosser chez moi, comme ça ta mère ne s'inquiétera pas.
Naruto accepta, jugeant que l'idée n'était pas mauvaise, et prit le sourire en coin de Sasuke comme une marque d'amitié, ne se doutant aucunement des images toutes moins sages les unes que les autres qui assaillaient en ce moment-même l'esprit du brun et que celui-ci tentait vainement de réprimer. Oh, si seulement Naruto pouvait oublier son pyjama pour qu'il doive une fois de plus en emprunter un à Sasuke… ! Ses séances de sport de plus en plus nombreuses éveillaient peu à peu ses muscles, qui saillaient d'une manière très attirante dans le maillot de basket qu'il enfilait pour les cours d'éducation physique. Et le brun se souvenait particulièrement de l'effet que lui avait fait le corps de Naruto lorsqu'il était venu dormir chez lui, la première fois. À l'étroit dans le pyjama de Sasuke, posé lascivement sur sa chaise de bureau… il en frissonnait déjà d'envie.
— T'es sûr que ça va ?
Les paupières du brun papillotèrent une seconde avant qu'il ne reprenne pied dans la réalité. Naruto le fixait d'un air étrange, interrogateur.
— D'habitude, c'est moi qui perds le fil ou qui ai du mal à me concentrer… ! souleva-t-il, amusé.
Sasuke se renfrogna et envoya valser une main vengeresse, quoique légère, dans l'épaule de Naruto sans répliquer autre chose qu'un « Crétin ! » accompagné d'un regard désabusé. Il quitta l'ombre du bâtiment J juste au moment où la sonnerie de la fin de l'heure retentit, raisonnant sur tous les murs de l'établissement. Naruto secoua la tête sans parvenir à réprimer un sourire et suivit le brun en hurlant :
— Oy, attends-moi connard !
Et trois jours plus tard, c'est avec ce même sourire qu'il sortit de l'immeuble où habitait le vieux Jiraya, après son cours de sciences, en constatant que Sasuke l'attendait non loin, les mains dans les poches, le regard perdu au loin et son casque sur les oreilles. Le plus discrètement possible, il s'approcha de lui sans se faire remarquer et, quand il arriva derrière lui, tira sur une des oreillettes de son casque sans crier gare. Sasuke se retourna alors avec un regard aussi froid et tranchant qu'un rasoir, mais quand il se rendit compte qu'il s'agissait de Naruto, il souffla d'exaspération en levant les yeux au ciel.
Après s'être gentiment disputés pendant quelques instants, les garçons prirent le chemin du métro pour rentrer chez Itachi et Sasuke. Dans la rame, Naruto se laissa bercer par les doux mouvements du wagon – ils avaient, sans trop savoir par quel miracle, réussi à trouver deux sièges libres côte à côte – tandis que Sasuke se demandait quelle excuse inventer à son frère pour que celui-ci ne s'étonne pas de les voir partir au beau milieu de la nuit. Il avait eu de la chance qu'Itachi ne soit pas chez eux la dernière fois, mais aujourd'hui, il n'était plus avec Deidara et ne risquait pas d'aller dormir chez le blond. Quant aux quelques autres fois où Sasuke et Lee avaient tenté de jouer aux espions en herbe, ils l'avaient fait pendant la journée, et n'avaient donc pas eu à trouver d'excuse.
Quand ils entrèrent dans l'appartement, quelques temps plus tard, ils passèrent à la cuisine pour récupérer une bouteille d'eau, puis montèrent à l'étage sans avoir croisé l'aîné des frères Uchiwa. Sasuke souffla de soulagement ; avec un peu de chance, il n'aurait pas à inventer d'excuse abracadabrantesque pour sortir. Il posa son sac de cours près de son bureau et se laissa tomber sur son lit en cherchant du regard les premières étoiles de la nuit.
— On a du boulot à faire pour demain ? demanda Naruto en s'asseyant lui aussi sur le matelas.
Sasuke rassembla ses souvenirs avant de répondre d'une voix lointaine :
— On a des exos de maths et de physique, mais je les ai faits pendant le dernier cours, j'avais la flemme d'avoir ça à faire ce soir.
Naruto leva un sourcil intrigué. Il avait de temps à autre du mal à comprendre Sasuke, qui répondait parfois avec une insolence sans mesure aux professeurs, mais qui mettait un point d'honneur à rendre tous les travaux qu'on leur demandait de faire. Il arrivait en retard à tous les cours de sport et ignorait royalement les règles du lycée sur la manière de s'habiller, mais restait premier de la classe dans toutes les matières – sauf peut-être l'éducation physique. En un mot, il écrasait le cliché qui voulait que les meilleurs élèves soient des enfants sages et que les fouteurs de merde soient des cancres. Quant à comprendre la raison de tout cela, Naruto n'y pensait même pas. Sasuke était un cas à part, et resterait à jamais incompréhensible. C'était d'ailleurs un trait qui lui allait étrangement bien.
— Et toi, tu les as faits ?
— Non… répondit simplement le blond en laissant choir son sac de sport sur le sol de la chambre.
Il se leva ensuite du lit pour se diriger vers le bureau du brun et s'y installa pour faire ses exercices, auxquels il répondit le plus rapidement possible sans y faire réellement attention. Quand il eut fini, il s'empressa de ranger ses cahiers et sa trousse, et, en se retournant, trouva Sasuke dans la même position qu'auparavant, allongé en étoile sur son lit, le regard perdu dans le ciel d'un noir d'encre. Comme souvent quand il ne se savait pas observé, le brun avait cette mélancolie qui brillait au fond de ses yeux, comme une once de tristesse qui ne voulait pas s'en aller, comme un petit manque que rien ne semblait pouvoir combler. Naruto se prit à espérer qu'il pourrait un jour effacer cette lueur froide tapie dans le regard de Sasuke. Un jour, oui, peut-être, il rendrait au brun ce que ce dernier lui offrait déjà sans même le savoir : un véritable sourire…
— Bon ! s'exclama-t-il en claquant dans ses mains pour casser le silence ambiant. Qu'est-ce qu'on mange ? C'est pas que j'ai la dalle, mais un peu quand même… !
Sasuke leva un regard amusé avant de se redresser sur son séant en ébouriffant ses cheveux aplatis par le matelas. Il sembla réfléchir un instant, puis se leva en se dirigeant vers la porte.
— Je sais pas ce qu'on peut manger, on n'a qu'à aller voir dans la cuisine.
En entendant le mot « cuisine », les yeux de Naruto s'ouvrirent en grand et un large sourire illumina son visage. Ravi, il ne se fit pas prier et suivit son ami dans l'escalier. Quand il arriva dans la pièce en question, la douce odeur du riz parfumé au jasmin y flottait déjà, libérée par Sasuke qui vérifiait s'il y en avait assez dans le cuiseur pour eux deux. Le brun sortit ensuite deux bols, puis ouvrit le réfrigérateur pour voir ce qu'il pouvait bien cuisiner. Il entendit les pas de Naruto se rapprocher doucement dans son dos, et le blond se pencher par-dessus son épaule pour regarder lui aussi dans le réfrigérateur. Quand il sentit son souffle chaud effleurer sa nuque, un frisson incontrôlable remonta le long de son échine.
— Ben alors, Sasu ? Dépêche-toi de choisir, tu vas attraper froid ! railla Naruto en reculant pour s'adosser au comptoir.
Sasuke remercia le destin d'avoir fait en sorte que cela se déroule devant la porte ouverte du réfrigérateur, et non de celle d'un banal placard, puis retourna à son investigation pour penser à autre chose.
— T'embête pas, hein ! crut bon de lui préciser Naruto. On fait quelque chose de rapide, comme… du nattō*, par exemple.
Cette fois, ce n'est pas le souffle du blond qui fit frissonner Sasuke.
— Beuh… ! Non, pas question. s'insurgea-t-il. J'ai pas de nattō, et j'en aurai jamais.
Sa remarque parut beaucoup amuser Naruto, qui préféra s'éloigner avant de se prendre dans la figure les œufs que Sasuke venait de sortir du réfrigérateur. Il tenta de se faire pardonner en l'aidant à préparer une omelette, puis ils mangèrent en discutant de tout et de rien. Ce n'est que quand ils mettaient leurs couverts au lave-vaisselle qu'ils entendirent la petite mélodie de la porte d'entrée retentir, et Itachi enlever bruyamment ses chaussures en grommelant contre un chauffard inconscient. C'était loupé pour s'en aller sans qu'il soit au courant…
— Re, petit f… oh, t'es là, Naruto ?
— Ouais, on a un projet d'Histoire en commun. s'empressa de répliquer Sasuke en faisant mine de quitter la pièce, entraînant Naruto à sa suite. D'ailleurs, faut qu'on monte bosser, salut !
— De toute façon, vous m'aurez pas dans les pattes, le rassura Itachi avant que son petit frère ne file à l'étage, je passais juste récupérer quelques affaires mais on fait soirée chez Yahiko et Konan, ce soir. Depuis le temps qu'ils vivent l'un chez l'autre, ça y est : Konan a enfin lâché son appart' et ils veulent marquer le coup.
— Sérieux ? s'exclama Naruto en se défaisant de l'emprise de Sasuke. Le faux-frère, il m'a rien dit !
Itachi se moqua gentiment de lui, tandis que le blond, furibond, envoya un message à son cousin l'accusant de lui faire des cachotteries cruelles. Sasuke, désabusé, contempla cette scène navrante du haut de la première marche de l'escalier pendant quelques instants avant de mettre son holà.
— Vous avez bientôt fini votre cirque, les enfants ?
Tandis qu'Itachi le traitait de « casseur d'ambiance » et de « rabat-joie », Naruto le suivit à l'étage en riant. Parvenu dans sa chambre, Sasuke se dirigea immédiatement vers son placard et en sortit un jean et un sweat à capuche large, noirs, ainsi qu'un tee-shirt, qu'il jeta sur son lit. Puis il se débarrassa de son uniforme pour enfiler sa nouvelle tenue. Naruto ne tarda pas à faire de même, et Sasuke ne put s'empêcher de couler un regard discret vers le torse du blond lorsque celui-ci enleva sa chemise. Mais il se reprit bien vite et se concentra sur du concret : ce qu'il ne fallait pas qu'il oublie, les horaires du dernier métro, le trajet à faire ; il ne fallait surtout pas qu'il soit dans la lune ce soir.
Lorsqu'ils furent tous les deux changés, Sasuke entrouvrit discrètement la porte de sa chambre pour vérifier que son frère était bien parti. L'appartement était plongé dans le noir et aucun bruit ne s'y faisait entendre. Il récupéra son masque, sa carte de transport et son portable sur son bureau et descendit, suivi de près par Naruto. Quand ils furent arrivés dans le vestibule, Sasuke sortit du placard à chaussures ses bottines et les enfila en commençant à les lacer.
— Euh… commença le blond d'une voix hésitante. J'ai pas du tout prévu d'autre paire de chaussures, moi…
Sasuke se retint de le traiter une énième fois de crétin, et lui demanda plutôt quelle pointure il faisait. Fort heureusement, c'était la même qu'Itachi, à qui il emprunta donc des baskets en espérant qu'il ne s'en apercevrait pas. Naruto les enfila, puis ils quittèrent l'appartement. Quelques minutes plus tard, quand ils furent installés dans la rame du métro, Naruto brancha ses écouteurs sur son portable et en tendit un à Sasuke avec un petit sourire.
— Le trajet va être long…
Le brun l'accepta avec plaisir, et ils se laissèrent porter par la musique, oubliant un tant soit peu le soupçon d'angoisse qu'ils ressentaient tous deux à l'idée de ce qu'ils allaient bien pouvoir découvrir. Deux changements plus tard, ils arrivaient enfin à la bonne station, où ils retrouvèrent Lee qui les attendait, assis sur les escaliers de la sortie numéro quatre. Ils se saluèrent puis sortirent des couloirs souterrains du métro, se retrouvant enfin à l'air libre. Mais si l'air leur plaisait, c'était moins le cas de l'ambiance désagréable qui pesait sur ces lieux : la zone industrielle qui se dressait tout autour d'eux, désertée pendant la nuit, n'avait rien de rassurant. Les bâtiments, certains flambant neufs, d'autres si décrépis qu'ils menaçaient de tomber, s'élevaient en ombres inquiétantes dans l'obscurité créée par le contre-jour de quelques réverbères à la lueur pâle. Les rumeurs lointaines des quelques manutentionnaires qu'il restait sur les docks, et les murmures du vent dans quelques tôles mal fixées, ajoutaient à la scène un fond sonore inquiétant.
— On y va ? demanda Lee une dernière fois.
— Ouais. confirma Sasuke.
De toutes manières, il n'y avait plus aucun intérêt à faire demi-tour maintenant.
* Graines de soja fermentées. Ça sent un peu fort !
Et un suspens, un ! Huhu, j'aime ça !
Sasuke se rapproche peu à peu de Naruto, j'adore écrire leurs petites scènes tous les deux ! x)
J'espère que ce chapitre vous aura plu, donnez-moi votre avis ! À la prochaine~
