Chapitre 16 : il fait chier ce Malefoy

j'espère que vous aimerez :)


Je ne pourrais vous dire quand ou comment je me suis endormie, tout ce que je sais c'est que, très tôt le matin, alors que le soleil se levait à peine sur Londres, je me suis réveillée, la joue contre le torse de Drago – j'ai un peu bavé j'avoue - , mon bras autour de sa taille, et sa main posée au creux de mon dos.

Je me suis lentement tirée hors de ses bras, suis allée dans la salle de bain et me suis rafraîchie le visage avant de rester dans l'embrasure de la porte, observant le visage endormi et paisible de Drago. Éclairé par la jeune lumière du jour, je remarque le début d'une ride se dessinant très légèrement entre ses sourcils. Drago plisse les yeux et les ouvre lentement, me cherchant du regard.

- Elizabeth ? baille-t-il en se redressant.

- Bonjour, belle endormie, je souris en coin.

Drago ouvre ses bras d'un air entendu, et je retourne m'y blottir en fermant les yeux. Il glisse la couverture sur mes épaules et me serre contre lui.

- Je dois voir quelqu'un aujourd'hui…, me dit-il, à moitié endormi.

- Ah bon ? Qui ça ?

- Mon parrain. Severus Rogue.

- … Severus ? je répète. Je préfère encore le nom de ton poney.

Drago sourit et me serre un peu plus contre lui.

- À quelle heure ?

- Trop tôt, marmonne-t-il. Je vais bientôt devoir me lever.

- Tant pis pour toi…

Je me recule et me remets confortablement dans les draps, prête à me rendormir. Drago soupire bruyamment près de moi et va prendre sa douche. J'essaye de retrouver les bras de Morphée, faute de ceux de Drago. Mais cet abruti est visiblement incapable de prendre une douche en silence et tient absolument à faire savoir au monde entier qu'il se lave.

Je grogne à mon tour et attrape mon téléphone, ayant reçu quelques messages pour mon anniversaire. Je ne suis pas très fan de ce dernier. Ma mère avait l'habitude d'en faire une énorme journée entièrement et complétement dédiée à ma petite personne, personne ne pourra jamais la surpasser en la matière. Donc j'évite de mettre qui que ce soit en compétition avec elle. J'ai dis à mon père, dés que je suis arrivée chez lui, que je détestais mon anniversaire. Depuis, on commande des pizzas et il m'offre un cadeau sans les grandes pompes.

Ça me fait du bien, ça me suffit.

Drago revient, portant son déguisement de la veille, le maquillage en moins.

- Tu n'as rien d'autres ? je demande en arquant un sourcil, me redressant pour admirer le blond à moitié déguisé.

- Mmh… je vais peut être demander à mon parrain de m'amener de vrais vêtements.

- C'est une bonne idée, je souris.

Il sort son téléphone et contacte son parrain. Quand il raccroche, il se tourne vers moi.

- Il sera là dans une heure.

- Je vais y aller alors, je réponds en allant m'habiller.

Juste avant mon départ pour la maison, Drago m'attrape par la taille en inspirant profondément, m'observant quelques instants en silence avant de me demander :

- On peut se voir vendredi ?

- Je vais prendre un café avec Blaise je crois.

- Je vous rejoindrais, sourit-il.

- Tu ne sais pas ce qu'il t'attend.

- Je pense que je peux vous gérer.

- Tu penses mal.

Drago attrape mon menton et m'embrasse fermement, amoureusement. Je ferme les yeux, me laissant aller contre lui en répondant au baiser avec gourmandise. Quand nous nous séparons, je lui fais un clin d'œil et sors de la chambre d'hôtel, laissant derrière moi cette nuit hors du temps que nous avons passés.

Je croise dans le couloir, un homme grand, aux cheveux mi long noirs et aux yeux très noirs. Il porte un pantalon foncé, un long trench coat un peu large noir, une chemise mauve très foncée et une écharpe noire enroulée autour du cou. Il me dévisage d'un air suspicieux, ses yeux noirs me scrutant, comme si il pouvait lire mes pensées. Je vois dans sa main droite une de ces petite valise noire où l'on met des costumes. Je suppose que c'est pour Drago. J'ai un sourire en coin et salue l'homme poliment :

- Severus.

Il sursaute et cherche derrière lui.

Je m'éloigne à grands pas, étouffant mon rire.

Je passe ma journée à me faire plaisir. À prendre mon temps, à m'offrir quelques bouquins, pleins de choses à manger et à profiter d'un Londres gris et pluvieux, m'offrant une ville plus déserte qu'habituellement, à mon grand bonheur.

Je ne rentre pas trop tard, ayant acheté de quoi préparer des pizzas maisons. Papa n'est pas encore à la maison. Je jette un coup d'œil où je constate que j'ai 4 appels manqués.

De Drago.

Je le rappelle et j'entends une voix paniquée.

- C'est ton anniversaire ?!

- Oui. Pourquoi ? je réponds en rangeant les courses.

- Tu ne m'as rien dis ?!

- Tu voulais que je te dis quoi ? « Joyeux anniversaire à moi » ?

- …

- Je n'aime pas les anniversaires Drago.

- Mais moi j'aime les anniversaires ! s'exclame-t-il.

- Tant mieux pour toi.

- Je vais te déposer un cadeau ce soir.

- Je ne te donnerais pas ma nouvelle adresse.

- C'est vrai… vous avez déménagé…

- Bon. À vendredi.

Je raccroche. J'ai du mal avec les appels téléphoniques. Je commence à préparer les pizzas et Papa rentre sous peu.

- Comment était la petite fête ?

- Sympa. Très bourgeois.

- C'est là où on passe les meilleures fêtes, me répond-il avec un léger sourire.

Je profite de le voir dans une meilleure humeur que d'habitude.

- Ah bon ?

- Quand j'étais plus jeune, ma sœur et moi nous nous habillons correctement, nos meilleurs habits, et nous allions au mariage. Nous faisions croire que nous étions des amis éloignés de la mariée. Il suffisait que le mariage soit grand pour qu'on nous ne remarque pas.

J'éclate de rire.

- Peut être que je ferais ça moi aussi.

- C'est là que j'ai rencontré ta mère, sourit-il.

Je tends l'oreille, continuant ma pizza.

- Elle m'a avoué qu'elle faisait ça elle aussi quand elle était plus jeune.

La soirée que je passe avec Papa est de loin la meilleure depuis la mort de Sherlock. Il m'aide à préparer les pizzas, on mange celles-ci en discutant de tout et de rien comme on ne l'avait plus fait depuis longtemps. Papa m'offre une édition collector du Hobbit, l'un de mes livres préférés. On finit même par sortir en ville en recherche d'une pâtisserie qui serait encore ouverte pour acheter des macarons. Finalement, on atterri dans un bar désert où l'on partage une bière. On rentre très tard à l'appartement et on s'endort devant Rambo.

Le lendemain matin, le réveil est un peu difficile mais je parviens à me tirer hors du canapé, grimaçant en constatant le vilain mal de dos que je sens. Je décide d'aller voir Mrs Hudson, je propose à Papa de m'accompagner mais il refuse, comme à son habitude.

Mrs Hudson m'attend, pleine d'impatience et chaleureuse comme à son habitude. Elle me tend deux paquets cadeaux. Je fronce les sourcils.

- Mrs Hudson, ça fait beaucoup..

- L'un vient de moi, me dit-elle en montrant le plus gros, emballé soigneusement dans un papier cadeau pourpre. Le second vient de ce garçon… Dragon Malfoie.

- Pardon ?

- Il est passé hier soir, il a pris le thé avec moi, sourit-elle, enchantée. Il est si bien élevé. C'est honteux la façon dont il s'est comporté avec toi, surtout quand on a de telles manières.

Je prends les deux paquets, la remerciant chaleureusement et prenant le thé avec elle. Mrs Hudson me tient au courant des derniers ragots du quartier, elle me donne des nouvelles de Lestrade et – étrangement – d'Anderson, qui va la voir régulièrement pour s'assurer qu'elle ne manque de rien. Je suis un peu surprise mais ne laisse rien paraître.

J'ouvre mes cadeaux avec impatience une fois dans le métro. Je déballe d'abord celui de Mrs Hudson et sourit en découvrant une écharpe tricotée bleue foncée, pratiquement identique à celle de Sherlock. Mrs Hudson sait taper juste.

J'ouvre le cadeau de Drago, c'est un collier avec une longue chaîne dorée, en guise de médaillon se trouve un petit serpent enroulé sur lui-même, je regarde la boite du bijou, reconnaissant une marque qui coûte bien trop cher. Je me demande si le bijou coûte le prix de mon loyer à quelques dizaines de livres sterling près.

Néanmoins reconnaissante, je range le bijou et appelle Drago quand je sors de la station de métro.

- J'ai reçu ton cadeau.

- Alors ? demande-t-il, je devine son sourire.

- C'est… magnifique mais…

- Pas de mais, Elizabeth.

- Je trouve ça un peu ironique que tu m'aies offert ça juste après qu'on ait discuté de nos différences…

- Elizabeth. J'ai le droit d'utiliser mes différences pour te faire plaisir. Ça te fait plaisir ?

- Oui, évidemment.

- Alors de rien, sourit-il avant de raccrocher.

Cet idiot a peut être raison mais je refuse de l'admettre. Je grogne et rentre chez moi, passant la soirée à m'observer dans le miroir, admirant le collier retombant sur le haut de ma poitrine, juste en dessus du milieu de ma clavicule. Je passe la fin de ma soirée blottie dans mon lit, relisant le Hobbit pour la énième fois en caressant le petit serpent distraitement.

ooOOOoo

Drago a rejoint Blaise et moi pour notre café hebdomadaire. Je crois qu'il a été surpris par l'entente qu'il y avait entre lui et moi, il a été étonné que ce soit lui qui tienne la chandelle entre nous trois.

Ça se passe plutôt bien entre Drago et moi. On se voit deux à trois fois par semaine, passant parfois la nuit à l'hôtel. Toujours à ses frais. Pour égaliser un peu les scores – et déculpabiliser – je nous paye le repas le soir. On garde les choses discrètes pour le moment, laissant simplement comprendre que nous sommes sur de meilleurs termes. Rien de plus.

Même si j'aimerais que ça commence à se savoir. Ça va faire un mois et demi. Il est temps.

Je n'ai toujours pas annoncé à mon père que nous nous étions remis ensembles. Papa a l'air au bout de sa vie, il se fait pousser une barbe depuis deux mois et c'est étrange de le voir comme ça. Il a un air de père Noël.

Les examens de décembre se sont déroulés aussi bien que je pouvais espérer : je ne pleurais d'angoisse qu'une seule fois par jour. Me suis disputée avec Drago que trois fois et avec Papa qu'une petite dizaine de fois.

Le réveillon de Noël était très fun d'ailleurs. Incroyable même. Je l'ai passé le nez dans mon cours d'anatomie, pendant que mon père regardait fixement dans le vide en pensant sans doute à Sherlock.

On aura les résultats fin janvier. Parce que c'est une si bonne idée de nous faire patienter, ce n'est pas comme si j'étais sur le point d'étrangler mon père et/ou Drago. Ce n'est pas comme si j'étais au bord de la crise d'angoisse de façon quotidienne.

Drago a organisé une soirée du nouvel an pour fêter la fin des examens (et « se détendre » il paraît). Il a invité beaucoup beaucoup de gens. Il a invité les gens avec qui il étudie, ses amis du polo et pour des raisons de relations que je n'ai pas compris (en gros, éviter de froisser d'autres personnes indirectement concernées), il a également invité Potter et compagnie.

Il m'a annoncé la nouvelle au téléphone.

- Donc tu as invité des gens que tu n'aimes pas ? j'ai constaté.

- Je n'avais pas le choix, Drago a grogné, de l'autre côté du fil.

- Pourquoi ? Ils t'ont coincé dans une rue et t'ont forcé ?

- Figure toi que Mycroft Holmes a demandé à mon père de développer des relations cordiales avec Weasley, m'a répondu Drago, dents serrées. Donc mon père m'a demandé de l'inviter lui et ses amis.

- Mycroft mmh ?

Qu'est-ce que Mycroft en a à foutre de la relation de Weasley et Malefoy.

- Donc… On profiterait bien de cette soirée pour annoncer notre « retour » ? j'ai proposé, l'air de rien.

- J'aimerais encore attendre, Elizabeth… Mes parents l'apprendront aussitôt…

- Mmh.

- Elizabeth.

- À ce soir.

J'ai raccroché, bien décidée à le faire craquer, cet idiot. Comme si il savait se contrôler plus de dix minutes.

Ça a été compliqué de déterminer si la soirée de Drago était une véritable soirée ou un gala qui portait le nom de « soirée » juste pour faire semblant. Selon Blaise, il s'agit d'une véritable soirée et je peux m'habiller comme quelqu'un de normal et pas une robe longue. J'ai donc mis un jeans, un t-shirt à bretelles avec un décolleté… très flatteur et un sweatshirt par-dessus pour éviter de mourir gelée dans le froid londonien de décembre. Je me suis maquillée un minimum, un joli eye liner et un rouge à lèvres rouge bordeaux.

C'est Blaise qui vient me chercher parce qu'il est le seul homme respectable que je connaisse.

- Et cette soirée c'est… chez Drago Malefoy ? répète Papa.

- Yep.

- Et tu y vas.

- Yep.

- …. Pourquoi ?

Papa me regarde, assis sur le canapé.

- Papa, tu es de garde cette nuit, je vais pas passer le nouvel an toute seule quand même. Blaise va aller à cette soirée, je vais avec Blaise.

- Tu pourrais le passer avec Mrs Hudson, remarque-t-il.

- Pour qu'elle me répète combien tu lui manques et comment tu ne vas jamais la voir ? je soupire. Fun.

Papa regarde ailleurs, un peu mal à l'aise et grogne.

- Mmh. Tu rentres ici ce soir ?

- Je ne pense pas.

Il soupire. Je lève les yeux au ciel.

- Papa… Tu travailles.

- Je sais je sais…

Je le regarde en plissant des yeux et demande timidement :

- Tu vas la garder ?

- … De quoi ?

- La barbe.

Il rougit et porte aussitôt la main à sa barbe, offusqué.

- Tu n'aimes pas ?

- Je ne trouve pas ça extrêmement flatteur, j'avoue.

- Vas y avant que je ne change d'avis, il grogne en me montrant la porte.

Je lui fais un bisous sur la joue et sors en trottinant. Blaise m'attend bien évidemment. J'entre dans la voiture en souriant quand il siffle avec appréciation.

- Pas mal du tout Watson.

- Merci Zabini. Tu es sûre que ma tenue ne te convainc pas ? je lui demande en enlevant mon sweatshirt pour le convaincre.

- Malheureusement, non, El'. Mais si je change de bord tu seras la première prévenue.

- C'est déjà ça, je grogne.

- Ne t'en fais pas, je suis sûre qu'il se comportera comme un gentleman, sourit-il.

- Même toi tu n'y crois pas.

- Naupe.

J'ai un sourire désabusé et passe la route sur mon téléphone, en espérant un message de la part de Drago disant « non non mais t'inquiètes je plaisantais ». Mais c'était naïf de ma part, car quand on se gare devant l'immense baraque, je n'ai aucune nouvelle de Drago. Je soupire bruyamment.

L'air de rien, ça me stresse de retourner dans cette maison. Je n'y ai pas remis les pieds depuis ma rencontre avec la tante de Drago. Blaise me frotte doucement l'épaule une fois que nous sommes sortis de la voiture.

- Je suis sûr que ça va bien se passer.

- Tu mens.

- J'exagère, admet-il avec un petit sourire.

Nous entrons dans l'immense hall d'entrée. La maison de Drago, d'habitude hôte de fêtes beaucoup plus classiques et traditionnelles, a été complètement redécorée pour l'occasion. Un immense sapin trône dans le hall. Chaque table, chaque bureau, chaque endroit où il est possible de poser quoique ce soit, portent des verres de champagnes, des petits fours, des bières, et autres alcools aussi divers et variés que possibles. Des guirlandes décorent les rampes d'escaliers, le plafond, tout ce qui est possible. Des petites lumières de Noël ont été mise dans tous les coins et recoins disponibles de la maison pour éclairer celle-ci. Des musiques de Noël plus douces peuvent se faire entendre de la terrasse où je peux apercevoir quelques personnes fumer leur cigarette dans la neige. Du salon, une musique rythmée se fait entendre, néanmoins un brouhaha général étouffe un peu la musique.

Je vois quelques silhouettes familières qui me font un hochement de tête. Je soupire et lève les yeux vers Blaise qui parcoure la salle du regard avec gourmandise.

- Pourquoi je sors toujours avec tes amis ?

- Parce que tes amis ne font pas des sorties aussi bien que celles-ci.

- Mrf. Peut être qu'avec mes amis, l'hôte de maison viendrait dire bonsoir.

- On est là depuis quelques secondes, tu peux patienter ? Prends un verre ça te détendra.

Je lève les yeux au ciel et m'éloigne avant qu'il n'ait le temps de me tendre un verre, entrant dans le salon. J'aperçois aussitôt le groupe de Potter et compagnie, groupé dans un coin en observant les autres invités d'un air méprisant. J'aperçois aussi Drago, aux côtés de Pansy Parkinson.

Il se fout de ma gueule.

Drago porte est vêtu de noir, son costume fait sur mesure dont il est si fier. Je ne peux pas dire que ce costume ne lui va pas. Il est magnifique dans celui-ci.

Je serre les dents et vais me chercher un verre, pour me détendre. Blaise n'a pas besoin de savoir qu'il avait raison. Si je lui dis, il ne me laissera plus tranquille.

Je les observe de loin. Je sais que Pansy flirte, je sais lire le langage corporel basique. Et si je constate également que Drago ne flirte pas en retour, il n'a pas l'air de la repousser. Je me crispe un peu plus et cherche Blaise du regard, regrettant déjà de l'avoir abandonné.

Il n'y a donc que mes verres et moi. Ca peut fonctionner.