Nuées Blanches
Chapitre 17 : Souterrains
Entrée de Garreg Mach, jour 16 de la Lune de l'Arc…
Elion regarda une véritable délégation d'élèves se diriger vers les écuries et haussa un sourcil.
_ Qu'est-ce qui leur prend ?
En passant devant lui, Linhardt ralentit jusqu'à s'arrêter.
_ Euh… bonjour, Elion…
_ Il se passe quelque chose pour que tout le monde coure comme ça ?
_ Il semblerait que ce soit Jeritza qui est enlevé Flayn.
_ Flayn a été enlevée ? Première nouvelle ! Je ne suis jamais au courant de ce genre de chose et après c'est sur moi que ça retombe. Vous devriez rejoindre votre classe, Linhardt.
L'élève baissa les yeux. L'espace d'un instant, il avait espéré que tout soit redevenu comme avant avec Elion. Malheureusement, son ton froid et sa façon de l'appeler ne laissait aucune place au doute. Et il ne savait même pas ce qui avait provoqué ce brutal changement de comportement !
Un de ses camarades de classe appela alors le jeune homme et il n'eut d'autre choix que de laisser Elion pour les rejoindre.
Et que ce soit le méprit du garde ou le simple fait de s'éloigner de lui, cela lui procura une étrange douleur dans la poitrine.
_oOo_
Byleth prit la tête du groupe d'élève appartenant aux trois maisons sans distinction et poussa le portail qui menait jusqu'au logement du professeur Jeritza. En s'assurant que tout le monde suivait, elle remarqua l'inquiétude de Mercedes. La jeune fille avait une étrange affection pour le professeur d'armes alors que lui-même faisait tout pour l'éviter. L'imaginer coupable d'un crime tel qu'un enlèvement d'une jeune fille, sans compter la rumeur du chevalier brandissant une faux gigantesque qui attaquait et tuait tout ceux s'approchant de lui, devait lui être inenvisageable.
Pourtant, la porte de l'appartement de Jeritza à peine poussée, le groupe fut assaillit par l'odeur métallique du sang.
Sur le plancher, une trainée pourpre assombrissait le bois brun.
Hanneman la suivit et poussa un cri étranglé.
_ Manuela ! Mais que… Quand a-t-elle disparue ?! Personne ne s'en été rendu compte ? Manuela ! Réveillez-vous !
Il retourna le corps sans vie de sa collègue et regarda le poignard dépassant de son dos.
_ Frappée par derrière… quelle lâcheté ! Il faut vite l'évacuer d'ici !
Dimitri, Edelgard et Claude se portèrent volontaire pour aider l'emblémencien à emmener leur professeur à l'abri, confiant à Byleth le soin de protéger de le reste des élèves.
La jeune femme commença à inspecter la pièce avec prudence. A l'endroit où avait été trouvée Manuela, une étrange trace de sang semblait désigner un mur.
_ C'est étrange…
Daraen apparut subitement à côté de Byleth, observant elle aussi la trace de sang.
_ On dirait que Manuela l'a faite exprès pour nous laisser un message… Le mur… Un passage secret. Vous tous, cherchez un mécanisme ! Appuyez, tirez, enfoncez, peu importe, mais il faut l'ouvrir.
Les élèves s'agitèrent alors, obéissant à la jeune femme, fouillant la chambre de Jeritza de fond en comble.
Lassé de les voir s'agiter, Léo posa sa main sur le mur et celui-ci commença à se fissurer.
_ Léo ! Mais que faites-vous ?!
_ J'ouvre la voie.
L'instant d'après, le mur explosait pour révéler un escalier menant vers un souterrain plongé dans l'obscurité.
_ Allons-y.
Byleth reprit la tête du groupe et commença à descendre les escaliers.
La descente dura de longues minutes, dans un silence uniquement troublé par le bruit des bottes sur les marches de pierre.
En enfin, un léger courant d'air caressa leurs visages, charriant une odeur de renfermé et d'humidité.
Les élèves se déployèrent dans une sorte de couloir au sol étrange.
Hubert avança prudemment, sentant quelque chose de magique dans l'air ; et il n'était pas le seul à ressentir un certain malaise dans cet étrange endroit. Chaque mage regardait aux alentours d'un air inquiet.
Le bras droit d'Edelgard créa une flamme sans chaleur pour s'éclairer et s'avança en scrutant les ténèbres.
_ Hubert, attention !
Son pied toucha une dalle du sol et le monde se mit à tourner.
Il n'eut que le temps d'entendre crier les voix de ses camarades.
_oOo_
Byleth attendit que le monde cesse de tournoyer pour ouvrir les yeux. Elle ne se trouvait plus dans l'étrange couloir, mais dans une vaste salle au bout de laquelle se trouvait une porte close.
_ Professeur… Que vient-il de se passer ?
La jeune femme se retourna et regarda les quelques élèves qui avaient atterris dans cette pièce avec elle. Mercedes, qui venait de lui poser la question, s'assurait qu'Annette soit indemne avant de commencer à aller vers ses autres camarades pour vérifier qu'aucun n'était blessé.
_ Je l'ignore… On dirait qu'une force magique nous à tous séparé en nous envoyant dans différentes salles. J'espère que les autres vont bien…
_ Ah… Si j'avais sut, je serais resté dans mon lit pour faire une sieste.
_ Et dire qu'on a même pas de quoi manger !
Byleth tira l'Epée du Créateur qui ne la quittait plus. Un bruit provenant de derrière l'un des piliers de la salle venait de l'alerter. En la voyant, Mercedes, Annette, Linhardt, Raphael et Ignatz se placèrent en position de combat.
Des individus vêtus de noirs apparurent alors devant eux. Et au vu de leurs armes, nul doute possible sur leur statu d'ennemi.
_oOo_
_ Pourquoi je me retrouve coincé avec vous !?
_ Je voulais vous empêcher de tomber dans un piège !
_ Ce qui a parfaitement fonctionné, nous y sommes tombés tous les deux !
Hubert toisa Ferdinand en sifflant d'agacement, ce qui le fit ressembler encore d'avantage à un serpent. Le jeune homme roux croisa les bras avec agacement.
_ Un simple ''merci'' aurait suffi.
_ Si Dame Edelgard était là, elle ne serait jamais tombée dans un piège aussi grossier.
Ferdinand se tourna vivement vers Hubert en tendant vers lui un doigt accusateur.
_ Edelgard n'aurait pas levé le petit doigt pour essayer de vous protéger.
Le sinistre vassal s'arrêta de marcher, réalisant que son camarade de classe avait raison. Et d'ailleurs, qui aurait tenté de le sauver ? Personne. Soit il effrayait les autres, soit il se les était mis à dos. N'étant donc pas particulièrement apprécié, quoi d'étonnant à ce que personne ne lui vienne en aide ?
Mais dans ce cas, qu'est-ce qui avait poussé Ferdinand, celui avec qui il s'entendait le moins, à se précipiter vers lui pour le rattraper avant que son pied ne se pose sur cette maudite dalle.
Il le savait, maintenant. C'était de ces dalles qu'émanait la magie emplissant le souterrain et qui lui procurait cet étrange sentiment de malaise.
_ Merci.
_ A charge de revanche… Hubert… Une ombre a bougée !
Le mage noir lança une flamme sans chaleur vers le fond du couloir obscur et grimaça lorsque sa lumière révéla plusieurs épéistes vêtus de noir postés de part et d'autre du couloir, attendant sans un bruit qu'ils approchent pour les éliminer.
Ferdinand leva sa lance alors que les mains d'Hubert s'illuminaient de magie. Sans se concerter, ils se placèrent dos à dos alors que des ennemis arrivaient également par derrière.
_oOo_
Niles vérifia la corde de son arc et s'approcha du croisement en rasant les murs, Corrin marchait en silence derrière lui.
Elle finit par se placer à son côté en se mordillant la lèvre inférieure. L'archer lui jeta un coup d'œil avant de sourire.
_ Kamui fait la même chose quand il est nerveux.
Corrin l'observa en silence avant de regarder droit devant elle.
_ C'est rare qu'on se retrouve seuls, vous et moi.
_ C'est vrai.
_ Niles… Je n'ai jamais eu l'occasion de vous remercier.
_ Ah ? Me remercier de quoi ?
_ De prendre soin de mon frère.
Le borgne s'arrêta de marcher et observa la jeune femme.
_ Ce n'est pas difficile, Dame Corrin. N'importe qui aurait envie de le choyer, Kamui.
_ Vous devriez arrêter de m'appeler Dame Corrin, non ? On est de la même famille, maintenant.
Niles sourit avec amusement, plissant son œil bleu nuit.
_ Dois-je vous appeler ''belle-sœur'' ?
Elle le jaugea du regard avant de se mordre la joue pour ne pas rire.
_ Venant de vous, c'est effrayant !
Niles inclina la tête, lui concédant qu'elle n'avait pas tort. Ils recommencèrent à marcher le long du couloir.
_ C'est étrange qu'on ne croise personne, ni alliés, ni ennemis.
_ Et on ne va pas s'en plaindre.
Niles raffermit malgré tout sa prise sur son arc en bois. Il était bien fragile, comparé à l'arme magnifique en robuste bois noir que lui avait un jour offert Kamui. Ce qu'il était mignon, ce jour-là, avec ses joues rouges et sa façon de trépigner d'impatience pour savoir si son cadeau allait plaire ! Niles se rappelait aussi très bien la façon dont il lui avait montré sa gratitude… Très agréable souvenir…
Il se pencha en avant arrivé à l'intersection du sombre couloir, vérifiant que la voie était libre.
Et elle ne l'était pas.
Un chevalier en armure noire avec un casque en forme de crâne barrait le chemin, monté sur un cheval caparaçonné de noir, son immense faux d'obsidienne pendant au bout de son bras. Une sorte d'imposant paquet emballé dans un sac était jeté en travers de sa monture, sur le garrot.
_ Voilà qui complique fortement la situation, Dame Corrin.
La jeune femme hocha la tête et tira son épée avec un léger chuintement. Les yeux rouges du Chevalier Macabre se braquèrent dans leur direction.
Niles émit un ricanement sinistre.
_ Avec mes flèches de bois et votre épée en fer, nous n'avons aucune chance.
Corrin ne put qu'en convenir en hochant gravement la tête. Son visage était plus pâle que d'ordinaire.
_ Niles, vous croyez que Daraen et Léo seront fâchés si je me transforme ?
_ Probablement pas, si cela vous sauve la vie.
_ Et la vôtre ! Je ne laisserais pas mourir mon beau-frère !
_ Voyez-vous ça…
La jeune femme saisi la dracopierre, toujours à portée de main, que lui avait offerte sa cousine-belle-sœur-par-alliance, Azura, quelques jours après leur rencontre. Elle laissa son pouvoir l'envahir avant de se transformer en un grand dragon aux écailles blanches et bleues. Niles la regarda sans s'émouvoir, habitué à voir ce genre de créature. Il en avait un chez lui ! Même si Kamui ne se transformait qu'en de très rares occasions.
L'archer banda son arc et chercha les défauts dans la cuirasse du Chevalier Macabre. Une flèche bien placée pouvait vaincre même les plus impressionnants cuirassés. Le cheval restait la cible la plus simple à abattre, et aurait l'avantage de désavantager leur ennemi. Après tout, si, face à un cavalier, Daraen frappait toujours le cheval en premier, c'était bien pour une raison. Et depuis le temps qu'ils se connaissaient, Niles avaient appris à avoir une confiance aveugle dans les choix de Daraen, si on excluait son gout douteux pour certains plats à base de viande d'ours faisandée.
L'archer jeta un bref coup d'œil à Corrin avant de reporter son attention sur le Chevalier Macabre. Si son casque empêchait de voir son visage, la posture de son corps trahissait son étonnement, voir sa peur, provoquée par la métamorphose de la jeune femme. Ses yeux rouges se focalisèrent sur Niles, comme s'il s'attendait à le voir se transformer en reptile géant d'une seconde à l'autre.
Un bruit sourd sembla soudainement provenir des murs du couloir. Corrin leva la tête, ses naseaux se dilatant alors qu'elle humait l'air.
Avec un grondement, elle se jeta sur Niles pour le protéger de son corps de dragon alors que deux explosions simultanées secouaient tout le souterrain.
_ Ça, c'est ce qui s'appelle de la synchronisation, Léo !
A travers l'épais nuage de fumée provoquée par les explosions, des silhouettes apparaissaient.
_ Ma reine, tu n'es pas blessée ? Ça grouille d'ennemis, ici ! J'ai eu si peur pour toi.
_ Tout va bien mon chéri, j'étais toute seule d'une une pièce, c'était d'un ennui ! Et toi ? Je m'inquiétais, tu sais !
_ Je suis en un seul morceau.
_ Merci Grima !
Le Chevalier Macabre laissa échapper un soupir d'agacement devant un tel déballage de sentiments.
La fumée retomba et permit à Corrin et Niles de voir qui venait d'arriver, bien que leur identité ne soit pas vraiment un mystère après avoir entendu leurs échanges. Daraen se trouvait dans la brèche du mur de droite alors que Léo, Chrom et Kamui se tenaient dans celle de gauche.
_ Voyez-vous ça, le professeur Jeritza en personne ! Ou devrions-nous vous appeler Emile ?
Le Chevalier Macabre resserra sa prise sur sa faux, sans répondre.
Léo sourit en sentant une vague de panique envahir leur adversaire pendant qu'il sondait son esprit. Et de l'incompréhension, aussi. Comment un mage faible comme Léo avait-il put faire exploser un mur protégé par de puissants champs de forces ? Et plus incompréhensible encore, comment quelqu'un dépourvu de magie comme Daraen avait-elle put y parvenir ?
Le mage noir s'approcha de Corrin et posa sa main sur son long cou arqué. Son autre main brillait d'une lueur bleutée alors que sa magie emplissait l'air.
_ C'est Flayn qu'il y a dans votre sac, n'est-ce pas. Rendez-là nous.
Le Chevalier Macabre ricana pour toute réponse. Il se tut rapidement lorsqu'un éclair en provenance de la main droite de Daraen frôla son casque.
_ Je serais vous, Emile, je ne ferais pas le malin avec nous. Votre esprit est bardé de défenses magiques, et pourtant Léo et moi y sommes entré avec aisance. Des mages plus puissants qu'ils ne le laissent sentir, ça ne cours pas les rues. Encore pire quand l'un des mages est capable de dissimuler totalement son aura. Alors, et à moins que vous ne souhaitiez voir Mercedes mourir dans d'atroce souffrance, relâchez Flayn. Nous serons bons joueurs, nous vous laisserons filer.
Le Chevalier Macabre posa la main sur le sac en travers de son cheval et un claquement de langue agacé s'échappa de son casque.
Il sembla peser le pour et le contre et finit par laisser tomber à terre son chargement avant de se téléporter hors du couloir.
_ Ce n'était pas un peu trop facile ?
_oOo_
Felix acheva son adversaire et regarda Sylvain arracher la Lance de la Destruction du corps d'un autre ennemi.
_ A croire qu'à chaque fois que quelque chose nous sépare des autres, on se retrouve seuls tout les deux…
_ Arrête de parler, on va se faire repérer.
_ Felix, soit sympa ! Je… Tu sais, pour l'autre nuit…
_ Ne reviens pas là-dessus. Il n'y a rien à dire, tu étais ivre.
Le jeune homme roux soupira en regardant son ami de dos. Sa silhouette fine est musclée, ses mouvements fluides…
_ Je suis désolé, Felix…
_oOo_
Byleth lança la lame extensible sur la porte close et celle-ci vola en éclat. Elle reconnut immédiatement le sinistre cavalier au masque en forme de crâne qui se trouvait dans la salle suivante.
_ Le Chevalier Macabre…
La jeune professeur se plaça immédiatement devant ses élèves pour les protéger.
Mercedes passa alors devant elle en courant et se précipita vers le Chevalier Macabre.
_ Emile… C'est vraiment toi… n'est-ce pas ?
_ Vous… Que faites-vous ici ? Peu importe, vous périrez comme les autres.
Le Chevalier Macabre leva vivement sa faux, son regard sanglant paraissant vaciller durant un instant.
_oOo_
Infirmerie…
Dimitri observa Hanneman tenir la main inerte de Manuela pendant qu'un guérisseur tentait de guérir la profonde blessure qu'elle avait dans le dos.
Son regard clair passa sur Claude qui était adossé près de la fenêtre, un étrange sourire étirant ses lèvres.
Dès leur arrivée dans l'infirmerie, Edelgard s'était éclipsée sans explication.
Le jeune homme blond s'approcha de son ami et regarda avec lui le monastère derrière la vitre.
_ Je me demande comment s'en sorte les autres…
_ Avec notre chère professeur pour les commander, je n'ai aucun doute ! Et puis… Il y a un joker dans le jeu, peut-être même plusieurs.
_ Vous êtes bien sûr de vous, Claude.
_ Disons qu'en observant, on apprend. Quand à savoir qui tire les ficelles dans l'ombre et qui détient les bonnes cartes…
_ N'est-ce pas la même chose ?
Claude éclata de rire avant de se taire sous le regard furieux et angoissé d'Hanneman.
_ Pardon… Dimitri, quelqu'un peut très bien avoir le contrôle de la partie, mais les cartes gagnantes sont entre les mains d'un tiers. Ensuite, le vainqueur sera celui qui comprendra sa suprématie avant l'autre.
Le futur roi de Faerghus hocha la tête sans trop savoir quoi penser des propos de Claude.
_oOo_
Couloir…
Darios rattrapa Rowan par le bras et le ramena contre son torse en plaquant sa main contre sa bouche. Il regarda Edelgard passer d'un pas pressée, tenant un curieux paquet de linges noirs dont s'échappaient des plumes rouges.
_ Je ne crois pas que cela soit une tenue de soirée…
_ Tu crois qu'elle cache quelque chose ?
_ Oui. Daraen et Léo s'en méfient. Tu peux remarquer qu'ils font en sorte que ni Corrin, ni Chrom ne se retrouvent seuls avec Edelgard.
_ Je me demande ce qu'elle tient…
Darios hocha la tête alors que la déléguée des Aigles de Jais disparaissait à l'angle du corridor. Il aurait put la suivre mais Rhea exigeait une surveillance constante de leur part. Et l'idée de laisser Rowan seul avec l'une ou l'autre le terrifiait.
_ De toute façon, si elle voulait vraiment savoir ce qu'il se trame, Daraen sonderait l'esprit de cette fille. J'ai comme l'impression qu'elle laisse trainer les choses parce que cela l'amuse beaucoup !
Les deux amants échangèrent des regards amusés avant de retourner dans la salle d'audience où les attendait l'Archevêque afin de leur prodiguer un nouveau bourrage de crâne sur la grandeur de la Déesse dont-on-ne-prononce-pas-le-nom.
_oOo_
Souterrains de Garreg Mach…
La lame de la faux frôla le visage de Mercedes sans la blesser, mais le déplacement d'air la rejeta en arrière.
Byleth profita de l'occasion pour étendre la lame osseuse de l'Epée du Créateur et frapper leur sinistre adversaire.
_ Il suffit !
Les deux combattants tournèrent la tête vers un nouveau venu dont la voix avait quelque chose de familier aux oreilles de Byleth.
Il s'agissait d'un individu vêtu d'une longue robe noire brodée de rouge, d'épaulettes en plumes écarlates et d'un casque intégral dont la visière rabaissée avait une forme de visage blanc et rouge. Quelque chose semblait se trouver derrière son long manteau, immobile au sol.
_ Chevalier Macabre, vous semblez beaucoup trop vous amuser.
_ Et vous, vous m'importunez, Votre Altesse Impériale.
_ Vous vous battrez une prochaine fois, votre travail ici est de toute façon achevé.
Le Chevalier Macabre inclina la tête d'un mouvement sec, ses yeux rouge flamboyant dans l'obscurité de son casque.
Il disparut dans un éclair pourpre, sans ajouter un mot de plus.
L'individu au masque blanc et rouge se tourna alors vers Byleth, la scrutant de ses iris étrange.
_ Nous nous reverrons… Pour le meilleur ou pour le pire, je l'ignore encore… Je suis l'Empereur des Flammes ; et c'est moi qui reconstruirais ce monde. La prophétie le dit, alors tenez-le vous pour acquis. Rien ni personne ne m'empêchera d'atteindre mon but.
L'Empereur des Flammes disparut alors dans le même éclair rougeoyant que son sinistre acolyte.
_ Il est temps de retrouver la…
L'explosion qui fit exploser les murs interrompit sa phrase. Le souterrain tout entier se retrouva envahi par la poussière sans que rien ne semble pourtant s'effondrer.
Byleth plissa les yeux en apercevant d'autres silhouettes dans la poussière. Elle soupira de soulagement en reconnaissant ses autres élèves. La magie illuminant les mains de Léo ne laissait que peu de doutes sur le mage qui venait de désintégrer la moitié du souterrain, ne laissant en place que les murs porteurs.
_ Etrange… Je ne savais pas qu'il possédait une puissance capable de telles prouesses… Je verrais ça plus tard. Vous tous, nos allons remonter !
_ Euh… professeur ? Je crois que nous avons un léger problème… C'est qui, cette fille ?
_oOo_
Abysse…
Le tremblement qui secoua les entrailles de Garreg Mach fit vaciller les quatre jeunes gens vivant dans l'ombre. Ils se regardèrent avec les mêmes expressions inquiètes.
_ Chef, il se passe quoi ?
_ Ceux de la surface se déchainent… C'est impossible qu'Il soit là… Il n'a rien à faire là… Ce monstre ne doit en aucun cas venir ici…
_ Chef ?
_ Hein ? Excuse-moi, Balthus… je… J'ai mal au crâne…
