Steve arrive au centre avec Junior. Il voit le regard déçu de Daniel pour son mensonge mais celui-ci ne s'en préoccupe pas, il a sa fille à consoler avant tout. Elle se blottit contre lui, sa colère totalement évaporée de leur dispute du matin.

« Elle est méchante comme Noah », lance-t-elle entre deux sanglots.

Steve et Daniel se regardent sur ces mots. Duke vient à eux, il a une révélation à faire, Marlène ne se contentait pas que de les humilier, les bousculer. Elle aimait par-dessus tout tirer les cheveux en guise de punition, accuser un enfant du groupe de ses coups portés, qui pouvait se voir sur sa victime.

Duke, occupé avec tous les parents des autres enfants qui arrivent au compte-gouttes, Steve le remercie puis part avec sa fille. Il portera plainte à son tour plus tard.

Au QG, Emmy se réfugie directement dans le bureau quant à Steve et Daniel dans un autre où ils se disputent fortement. Emmy les voit, sort du bureau puis elle se niche dans les bras de Jerry qui essaie de la réconforter, elle se sent responsable de ce désagrément.

« Comment as-tu osé me mentir Steve ! Comment crois-tu que j'ai réagi quand Duke m'a appelé pour me dire que ta fille est prostrée sous un bureau du centre un téléphone à la main avec en seul vêtement, une couche-culotte !

- Tu voulais quoi ! Que je te dise je prends ma journée, je vais voir le salaud qui a ruiné la vie de ma fille !

- Oui, j'aurais apprécié en effet !

- Et tu m'aurais laissé m'y rendre seul !

- Non, pour te protéger ! Tu es impulsif quand les problèmes touchent ta famille ! Je te connais trop bien Steve !

- J'ai gardé mon calme ! J'ai une fille à élever pas à voir à travers des barreaux !

- Tu m'as blessé ! Jamais au grand jamais je ne t'ai caché quoi que ce soit de mes problèmes ! Cette enfant de six ans sait que tu vas voir son tortionnaire, appelons-le comme ça et moi non ! Je suis ton ami, on ne ment pas à ses amis, on leur fait confiance ! », crie-t-il avant de quitter le bureau.

Il voit Emmy dans les bras de Jerry, claque la porte du bureau puis quitte le QG. De son côté Steve appelle sa fille pour la consoler puis parler avec elle, au calme.

« Ma puce, pourquoi tu ne m'as rien dit ? Tu aurais dû me le dire, c'est important.

- Pour pas être punie par Marlène.

- Elle n'aurait pas pu te punir parce que j'aurais immédiatement réagi.

- Tu ne fais rien pourtant pour Emma.

- Je ne peux rien faire pour Emma. On ne peut plus l'aider, juste penser à elle. Ma puce, regarde-moi. Emma n'est plus parmi nous et ce papa que vous avez imaginé avec ce château, il n'existe pas.

- Menteur, menteur et menteur ! Arrête de dire à tout le monde que je suis ta fille ! »

Elle fuit de la pièce pour se réfugier dans une autre. Il est blessé mais il sait aussi, pour qu'elle réalise vraiment la chose, il va devoir l'amener là où repose sa sœur, au cimetière. Dès sa fille calmée ils partent au poste mais là aussi, elle se mure dans un silence tandis que d'autres enfants parlent des sévices vécus avec Marlène. Steve quitte rapidement les lieux avec elle pour se retrouver puis discuter de cette matinée au centre. Comme avec Duke, elle se tait. Il lui explique tout de même malgré la colère de sa fille, les règles à suivre en cas de témoin de violences verbales comme physiques. Elle écoute mais, rien ne sort de sa bouche. Elle lui cache, mais, elle est perturbée par la dispute entre Daniel et lui, puis la leur. Ils rentrent ensuite chez eux. Après le dîner, il va à elle, il doit rendre visite à Daniel, lui parler, descendre la pression au moins avec une personne dont il sait, qu'elle l'écoutera. Junior garde Emmy dans le jardin, elle joue à la balançoire.

« Salut, dit Steve à Daniel quand celui-ci ouvre la porte.

- Entre, dit-il d'un ton sec. Où est Emmy ?

- À la maison avec Junior. Je viens m'excuser, tu as raison, je n'aurais pas dû te mentir mais, je voulais être certain d'être seul avec Noah.

- Pourquoi ? J'aurais pu t'attendre derrière la porte pour te soutenir !, répond-il sèchement.

- Je me suis dit que s'il venait à raconter des choses sur Emmy... Il y avait peut-être des paroles, des événements que j'aurais voulu garder pour moi. Puis, malgré ta colère, je suis content que tu ne sois pas venu. Tu as été là pour Emmy aujourd'hui, merci.

- C'est normal. Et lui, il t'a dit quelque chose ?

- Il veut toujours savoir comment elles ont échangé leur place. Et moi, je n'ai plus beaucoup de temps pour le faire parler.

- Et pour les dessins ?

- Il a reconnu que le dessin d'Emmy ne pouvait pas être celui de sa fille car sa fille signait toujours son dessin d'un petit trait rose. Il m'a dit que c'est Emma qui a donné un prénom à ma fille. Elle n'en avait pas. Emma a connu l'existence de sa sœur à l'âge de sept ans.

- Tu veux me dire qu'elles ne se connaissaient que depuis plus ou moins deux ans !

- Oui.

- Et donc, où était Emmy durant ses trois premières années de vie ?

- Je ne sais pas, Junior est arrivé à ce moment-là. Je vais rentrer, il est tard. Daniel, reprend-il en ouvrant la porte pour quitter le logement. Emmy ne devait pas être au courant de cette visite à la prison.

- Elle avait volé les dessins et tu voulais profiter qu'elle soit au courant de cette visite pour discuter avec elle ensuite.

- C'est ça, ouais. Bonne soirée, mon pote.

- Steve ! Pourquoi Marlène n'était pas au courant de ton métier ?

- Je laissais mes affaires dans la voiture pour ne pas effrayer les enfants.

- Et, tu as interrogé Marlène ?

- Non !, répond-il surpris. Qu'est-ce qu'il y a ?, lui demande-t-il quand il voit un sourire sur le visage de son ami.

- Elle est dans nos locaux, sur une chaise menottée c'est tout.

- Ah ! Et si on allait l'interroger !

- Maintenant ? Pourquoi pas !

- Je vais juste prévenir Junior. »

Après le coup de fil, il monte en voiture avec Daniel. Il l'informe que sa fille dort, il peut partir l'esprit tranquille.

« Vous avez traumatisé ma fille ! Vous avez humilié ma fille !

- Et alors ? C'est fait maintenant, on ne peut pas revenir en arrière.

- C'est vrai oui, mais je n'en resterai pas là. »

« J'ai regardé son dossier Daniel. Il était blanc comme neige. Je pensais ma fille en sécurité, dit-il une fois sortie de la salle d'interrogatoire.

- Je sais. J'étais avec toi. Certaines personnes cachent bien leur jeu. Elle est juste tombée sur une enfant qui malgré sa peur a demandé de l'aide, ta fille.

- Ouais, mais, j'aurais préféré qu'elle la demande à moi. Je suis en colère contre moi-même ! Elle avait quelques bleus parfois et ce n'était pas des chutes comme cette sale femme me disait ! Je suis flic, j'aurais dû m'en apercevoir !

- Tu ne peux pas t'en vouloir, Steve. Emmy te confirmait les dires de Marlène. Tu t'inquiétais pour ta fille, tu as fait ton rôle de père en la questionnant sur ses blessures. Tous les enfants du centre ont un handicap, il était facile pour elle d'accuser un autre enfant ou une chute. »

Il rentre tard dans la nuit, monte puis regarde sa fille dormir de la porte de sa chambre avec son chien, et sa peluche près d'elle.

« J'ai dû envoyer Eddie au lit pour qu'elle aille se coucher.

- Elle m'attendait.

- Elle tient à vous, commandant. Alors, c'est arrangé avec Daniel ?

- Oui. Je vais me coucher.

- Commandant, comment s'est passé l'entretien avec Noah ?

- Je ne suis pas plus avancé qu'auparavant. Le pis dans tout ça, c'est que peut-être je ne serais jamais la vérité. Il y a peu de chance pour qu'il survive jusqu'au jugement. Il ne sera probablement jamais jugé. Et le plus qui m'ait détruit durant cette rencontre fut d'apprendre que ce prénom, Emmy, c'est sa sœur qui lui ait donné car pour eux, elle n'existait pas. Elle était le fruit d'une vengeance envers moi.

- Et Marlène ?, demande-t-il pour détourner le sujet voyant Steve embarrassé.

- Elle ne risque pas grand-chose malheureusement. Ce sont des paroles d'enfants avec des problèmes de santé qui s'expriment mal pour la plupart contre une femme, une mère de famille, mariée sans aucun antécédent.

- Donc, Emmy n'a rien dit.

- Non. Écoute, je vais me coucher, j'ai besoin de me poser. On se voit demain matin. »

Emmy dans les bras d'Eddie pleure en silence, elle a entendu la conversation. Elle finit par s'endormir quelques minutes après avoir entendu la porte de chambre de son père se fermer.