Note de l'auteur:
Bonjour à toutes et à tous !
J'espère que vous vous portez bien en cette période particulière. Nos habitudes ont toutes été radicalement changées et je pense, pour le meilleur comme pour le pire.
J'aimerai tout d'abord remercier toutes les personnes qui suivent semaine après semaine mes publications. Même si je n'ai pas le temps de répondre à vos commentaires, je vous en remercie. Cela fait chaud au coeur de savoir que ce qu'on écrit est apprécié par ses lecteurs. Encore merci et je croise les doigts pour continuer à vous captiver aussi longtemps que possible.
Par ailleurs, je vous annonce prochainement la publication d'une courte fiction à l'époque des Maraudeurs. Elle est entièrement écrite et quasiment corrigée mais je dois me décider si je la publie d'un bloc de 15 000 mots ou si je la découpe en plusieurs parties. Vous serez de toutes les façons très vite au courant.
Je vous souhaite une très bonne lecture et je vous dis à bientôt !
Gros bisous
Crystal of Shadow
Rentrée scolaire sur fond de guerre
Minerva McGonagall était encore assez agacée d'avoir dû raccourcir ses vacances pour assister à la réunion de pré rentrée. Certes, ce n'était que de trois jours mais cela restait quand même trois jours en moins pour se reposer avant de supporter des gamins braillards pendant dix mois.
-Merci d'être venus aussi vite, fit Albus avec un sourire crispé.
La suspension d'Albus Dumbledore avait été annulée après qu'il ait convaincu la commission réunie par Dolores Ombrage que les recrutements de Sybille Trelawney et de Rubeus Hagrid répondaient à des besoins d'éducation essentiels pour les élèves. Quand le directeur avait résumé ce qu'il avait dû y dire, tous les professeurs sans exception avaient haussé les sourcils d'incrédulité. Depuis qu'ils étaient en place, les deux matières avaient déploré un nombre trop important d'échecs aux examens et le pire, c'était que Dumbledore n'avait rien fait pour corriger le tir. Heureusement, la commission avait validé la décision de renvoyer les deux professeurs après avoir évalué leurs compétences respectives. L'enquête sur Hagrid avait très vite tourné court quand elle s'était rendu compte qu'il n'avait même pas dépassé sa troisième année de scolarité à Poudlard et après avoir retrouvé les rares élèves qui avaient obtenu leur BUSES et / ou leur ASPIC en divination, la commission avait confirmé celui de Trelawney quand elle avait appris que lesdits élèves avaient développé leur don avant voire après être allé à Poudlard.
Deux postes étaient donc à pourvoir et ça aurait dû être le travail du directeur de chercher à les combler. Heureusement, la commission, de concert avec le conseil d'administration de l'école, s'en étaient chargés et autour de la table se trouvaient les nouveaux ajouts de l'équipe enseignante.
Lorelei Kerridan avait immédiatement proposé sa candidature alors que l'encre de la liste d'émargement de la commission n'avait même pas fini de sécher. Tous avaient été sceptiques de voir l'une des plus célèbres juristes du monde magique vouloir le poste de professeur de divination mais quand elle avait présenté son accréditation des Gardes du Temps, tous avaient compris qu'elle serait plus que qualifiée pour rendre ses lettres de noblesse à cette matière si longtemps malmenée.
Charlie Weasley avait accepté de prendre une année sabbatique pour enseigner sa passion. Ceux qui l'avaient eu en tant qu'élève savaient que ça avait dû être un déchirement pour le roux d'abandonner ces immenses reptiles pour revenir en Grande Bretagne, même s'il adorait son ancienne école.
-Je vais commencer par vous présenter nos nouveaux professeurs, fit Albus. Mademoiselle Lorelei Kerridan va enseigner la divination et monsieur Charles Weasley les soins aux créatures magiques.
Les salutations fusèrent de part et d'autre de la pièce et chacun se présenta.
-Passons à la nouvelle année scolaire, fit Albus. A la suite des évènements survenus au début de l'année, il semblerait que le fonctionnement de cette école ait quelque peu … changé.
Un sourire malicieux orna les lèvres des professeurs qui savaient de quoi il parlait. En verrouillant leurs salles de classe à Dolores Ombrage, ils s'étaient libérés du programme imposé par le ministère et ils avaient continué après son départ « volontaire », ce qui avait garanti les excellents résultats aux examens de cette année.
-Le programme en place avant l'arrivée de mademoiselle Ombrage a déjà fait ses preuves et je pense … commença Albus avant de s'arrêter.
Le vieux sorcier sentit immédiatement l'hostilité dirigée contre lui, à un tel point qu'il eut peur pour sa personne.
-Je pense … reprit Albus.
-Vous pensez quoi exactement, Albus ? demanda froidement Minerva. Que nous allions revenir bien gentiment au système qui a démontré ses limites il y a des dizaines d'années ? Que nous allions redescendre au classement médiocre que nous avions avant cette année sans broncher parce que ce n'est pas vous qui êtes à l'origine du meilleur niveau de nos élèves ? Allez-y, Albus, dites-nous ce que vous comptez faire.
Le sourire de papy gâteau s'estompa au fur et à mesure qu'il découvrait les visages fermés de chaque professeur et fit l'erreur de terminer par Loki Potter qui le mettait ouvertement au défi de mettre son projet à exécution. Nul doute que s'il imposait qu'on en revienne à ce qui se faisait avant, il aurait une mutinerie des professeurs sur les bras, au bas mot.
-Nous pouvons instaurer un nouveau programme scolaire, proposa Charlie, ne comprenant pas l'entièreté du problème.
-Changer les programmes scolaires demande du temps … protesta Albus.
-C'est curieux, flûta Filius. Ombrage ne semblait pas en avoir besoin pour mettre l'école à feu et à sang cette année.
-Cela doit être fait avec précaution … tenta Albus.
-Encore une fois, Ombrage ne semble pas avoir pensé la même chose que vous quand elle l'a fait, susurra Sélène.
-Allez-y, Albus, continuez à nous opposer des arguments douteux pour ne pas réformer officiellement les programmes scolaires parce que votre ego est froissé de ne pas y avoir pensé avant, gronda Minerva.
Albus accepta enfin la menace pour ce qu'elle était et dut prendre une décision.
-Les programmes doivent être prêts pour la rentrée et les examinateurs devront impérativement les valider avant de … soupira Albus.
D'un seul geste, tous les professeurs déposèrent chacun un dossier sur la table, même Lorelei et Charlie.
-Qu'est-ce que c'est ? demanda Albus, soupçonneux
-Les programmes scolaires que nous avons revisité, répondit Minerva. Il ne vous reste plus qu'à les apporter chez les examinateurs et je pense que quinze jours seront amplement suffisants pour qu'ils les confirment et qu'ils soient mis en place pour la rentrée.
Battu à plates coutures, Albus fit venir à lui les différents dossiers, les réduit et les glissa dans sa poche. Minerva ne lui précisa pas qu'ils avaient tous été ensorcelés pour qu'aucune modification ne soit possible, ce que ne manquerait pas de faire le directeur pour pouvoir y mettre sa patte. Mieux valait qu'il le découvre tout seul et s'il voulait passer outre … elle lui laissait également le plaisir de le découvrir.
-Passons à la suite, fit Albus. Avec le retour de Voldemort, des précautions doivent être prises pour la sécurité des élèves. Nous ne pouvons pas demander aux aurors de venir à Pré-au-Lard à chaque sortie et nous sommes trop peu pour être efficaces donc je pense qu'il faudrait suspendre les sorties au village.
-Quand on a fait cela pendant la dernière guerre, on a noté une augmentation exponentielle de crises de nerfs, de tension, de bagarres et de dépressions, siffla Pomona. Hors de question de recommencer.
-Vous tenez tellement à réitérer les erreurs du passé ? asséna Minerva
Albus sursauta, visiblement exaspéré.
-Je veux que les personnes sous ma responsabilité soient en sécurité, argumenta Albus.
Tous les regards se tournèrent subtilement vers Loki Potter mais ce dernier n'ouvrit pas la bouche. Le sujet Harry Potter, même un an après, restait extrêmement sensible.
-C'est tout à votre honneur, concéda Pomona, mais cela passe également par leur bien-être psychologique et rester enfermé dans le château pendant des semaines ne serait pas en leur faveur. Et quand les parents vont l'apprendre, je crains qu'ils ne décident de retirer définitivement leurs enfants.
-Très bien, capitula Albus, les sorties seront maintenues. Mais il faudra trouver un moyen de renforcer leur sécurité.
-Pourquoi ne pas y réfléchir chacun de notre côté pour ensuite mettre nos idées en commun ? proposa Filius. La prochaine sortie n'a pas lieu avant plusieurs semaines.
Les murmures d'assentiment firent comprendre à Albus qu'il n'aurait pas gain de cause.
-D'accord, fit Albus.
La réunion se poursuivit où plusieurs projets du directeur furent efficacement contrés par les professeurs puis ces derniers purent enfin rejoindre leurs quartiers.
§§§§§
Voldemort regardait ses mangemorts rentrer d'un énième raid. Depuis qu'il avait dû se révéler au ministère en juin dernier, il avait décidé d'instaurer son règne immédiatement en terrorisant moldus comme sorciers. Pour cela, il était bien aidé par le temps de réponse catastrophique des aurors ainsi que leurs capacités en combat médiocres.
Malheureusement, il devait composer avec l'absence de certains de ses mangemorts, capturés lors de cette fameuse effraction du ministère, notamment Lucius Malfoy. Comme il avait été pris en flagrant délit par Amelia Bones en personne, le blond n'avait pas pu la convaincre de son innocence et s'était retrouvé avec Augustus Rookwood et trois autres mangemorts à Azkaban. Malfoy était utile pour son influence sur le ministère mais il était clair qu'avec la nomination de Rufus Scrimgeour, la corruption serait bien plus compliquée. En revanche, celle de Rookwood était plus problématique car sans lui, il ne pourrait plus savoir ce qui se passait dans le département des Mystères et surtout, comment les langues de plomb avaient pris la bataille qui s'était déroulée quelques mois plus tôt.
Malheureusement, si Voldemort ne pouvait pas compter sur ses mangemorts les plus importants qui avaient été emprisonnés à Azkaban, il ne pouvait pas non plus compter sur le reste de ses mangemorts d'élite. En effet, la plupart avait été emprisonné peu après sa disparition à Godric's Hollow et leur séjour n'avait pas eu d'effets bénéfiques sur leurs corps comme sur leurs esprits. L'exemple le plus flagrant restait celui de Bellatrix Lestrange qui, à la base, n'avait jamais été stable, mais après qu'il l'ait libéré de prison, elle ne prenait son plaisir qu'en torturant les autres, peu importe que ce soient ses propres collègues, tout comme Alecto et Amycus Carrow, jumeaux Sang Pur et serviteurs de la première heure.
Dans tous les cas, ses mangemorts les plus importants ne pourraient pas aider à renflouer ses troupes et c'était de cela dont il avait besoin. Le problème s'était déjà présenté lors de son retour mais maintenant que c'était officiel, cela devenait urgent. Certes, il avait déjà jeté un coup d'œil sur les enfants de ses actuels mangemorts qui avaient été élevés selon les convictions qu'il prônait mais beaucoup avaient eu les leurs après sa disparition, ce qui voulait dire qu'ils étaient encore mineurs à ce jour. Mais il ne pouvait pas se permettre d'attendre qu'ils atteignent dix-sept ans : il avait besoin de combattants maintenant pour sa prise de pouvoir.
Voldemort grogna. Même cela était compromis. Quand il avait observé la famille Malfoy, il avait tout de suite compris qu'en la soumettant, il s'assurait le soutien d'une grande partie des familles sombres. A ses débuts, Abraxas Malfoy était extrêmement influent dans la Grande Bretagne sorcière et Lucius avait à peu près repris le flambeau. Il avait donc pensé que Draco en ferait de même sous ses ordres. L'échec au ministère de la magie avait bouleversé pas mal de chose et l'emprisonnement du patriarche blond n'avait pas arrangé ses affaires. Voldemort avait donc prévu que Draco reprenne la place de son père, en tant que chef de la nouvelle génération de mangemorts.
Seulement voilà, Draco était bien présent dans le Poudlard Express en direction de Londres mais personne n'avait pu certifier qu'il avait quitté le quai neuf trois quarts. Pire, le manoir Malfoy avait disparu des radars et Narcissa Malfoy ne faisait plus parler d'elle.
Voldemort avait été furieux de découvrir qu'il ne savait plus où se trouvait le manoir Malfoy. Une année dans la ruine qu'était le manoir Riddle lui avait fait comprendre qu'il lui fallait un lieu de vie à la mesure de ses prétentions et très vite, il était apparu que seul le manoir Malfoy correspondait à ses aspirations. Mais sans les propriétaires des lieux, impossible d'y accéder et ça le mettait de très mauvaise humeur.
-QUEUDVER ! rugit Voldemort
Le sorcier appelé se précipita au pied du trône.
-Oui, maître ? veule Peter
Voldemort jeta un regard dégouté à l'animagus. Même s'il lui avait servi sur un plateau d'argent la famille Potter – pas que James et Lily mais également les parents de ce dernier et la plupart de ses alliés – Peter Pettigrow était très loin des standards minimaux de ses mangemorts, il n'était bon qu'à l'espionnage, et encore. Il ne savait pas se battre, il tremblait dès qu'il élevait la voix et surtout, incitait ses mangemorts les plus faibles d'esprit à se battre entre eux, surtout quand l'un des adversaires lui avait fait du tort. Un opportuniste de premier ordre, donc inutile pour sa cause mais dont il avait eu besoin quand il avait fallu reprendre un corps à sa mesure. Malheureusement, Pettigrow – il avait dû l'appeler par son surnom pour que les espions de Dumbledore ne se rendent pas compte de sa véritable allégeance – détenait bon nombre de ses secrets, y compris ses faiblesses, donc il ne pouvait pas s'en débarrasser. Mais franchement, il s'en serait bien passé !
-Qu'as-tu appris au ministère ? ordonna Voldemort
Peter se replia sur lui-même avant de faire son rapport qui lui valut une séance de doloris à cause des mauvaises nouvelles qu'il lui apportait. Comme Augustus Rookwood le lui avait glissé avant qu'il ne se fasse arrêter, le département des Mystères avait activé de nombreuses protections ce qui empêchait quiconque d'entrer sans autorisation. Pire, il semblait que certaines pièces du département de la justice magique bénéfice des mêmes protections. Sans Lucius à ses côtés et Fudge au poste de ministre, Voldemort ne pouvait pas faire en sorte que ces protections soient abaissées et il fallait ajouter que les personnes qui y avaient accès ne faisaient pas partie de ses rangs ou même n'étaient pas des sympathisants à sa cause. A son plus grand agacement, le ministère devenait lentement et sûrement une place forte où il n'avait pas ses entrées. Sa seule consolation était que Dumbledore ne les avait pas non plus.
Chassant rapidement ses derniers mangemorts de la pièce, Voldemort se retira dans son bureau pour mettre au point les prochaines attaques et qui sait, un plan parfait pour déstabiliser le monde sorcier et prendre le pouvoir.
§§§§§
-Tu veux dire, une malédiction de magie blanche ? s'étonna Harry
-Je croyais que le professeur Potter t'avait appris qu'il n'y avait ni magie blanche, ni magie noire ? rit Théo. Oui, il existe des malédictions qui ne sont pas destinées à faire du mal. On les nomme les Vœux.
-C'est … étonnant, lâcha Harry. Pourquoi on ne connait pas la différence ?
-Parce que ça inciterait les sorciers à s'intéresser à ce pan de la magie que le ministère ne pourrait contrôler, répondit simplement Théo.
Après sa punition, Harry avait passé quelques jours chez Neville à Paris pour fêter leurs anniversaires et visiter plus en profondeur la zone magique parisienne. Comme convenu, son frère de cœur avait invité certains de leurs camarades pour qu'ils puissent faire connaissance sans la pression de Poudlard. Ce fut ainsi qu'Harry se rapprocha de Théo Nott qui se fit un plaisir de l'initier aux magies les plus méconnues qui avaient fait la réputation des familles sorcières britanniques mais qui avaient petit à petit été interdit parce que Dumbledore les estimait trop dangereuses … et qu'il ne pouvait pas lui-même les maîtriser car il n'avait pas le bon état d'esprit.
Cet échange de connaissance avait permis au golden boy d'avoir une nouvelle vision des Serpentards et par extension, des Sang Pur. Théo lui avait expliqué que Dumbledore les diabolisait dès que les élèves entraient à Poudlard pour qu'ils aient le moins de pouvoirs possible et qu'on lui fasse immédiatement confiance mais il ne comprenait pas que ses efforts étaient réduits à néant dès que lesdits élèves quittaient la protection de l'école pour affronter le monde réel qui n'était pas du tout comme le voulait le directeur. Ils découvraient alors la véritable importance des Sang Pur et n'ayant pas su se faire les liens nécessaires pendant leur scolarité pour tirer leur épingle du jeu, ils finissaient par faire un travail où ils étaient sous-employés voire quittaient le pays. Le brun avait également appris que seuls les Sang Pur, les nés de sorciers et les sang mêlés ayant grandi dans le monde sorcier restaient en Grande Bretagne car ils savaient quels métiers leur étaient ouverts mais les nés de moldus, supérieurs en nombre, quittaient bien souvent le monde magique car jamais employés à la hauteur de leurs faibles compétences et n'ayant pas le bon état d'esprit pour travailler sereinement avec les autres êtres magiques.
Hermione, Harry, Neville et Théo étaient plongés dans une grande conversation quand Loki était venu récupérer son pupille. Le brun avait cru qu'il allait l'empêcher de fréquenter un Serpentard mais l'aîné l'avait détrompé en lui rappelant qu'il ne considérait pas qu'une maison faisait une personne et surtout, qu'il ne s'appelait pas Albus Dumbledore, merci.
L'escapade parisienne terminée, les Potter avaient fait un saut en Grande Bretagne pour rappeler leur existence. Loki en avait profité pour emmener par surprise Harry au Magenmagot, ce qui n'avait pas été au goût de certains.
Flash-Back
-Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, mon garçon, fit Albus Dumbledore.
Loki patientait dans l'antichambre de l'hémicycle en présentant les différents membres de l'assemblée à Harry. Même s'il s'agissait d'un sang mêlé, la plupart des sorciers étaient ravis de voir du sang neuf fouler le Magenmagot, les guerres successives puis Albus Dumbledore ayant poussé les familles à ne présenter les tenants des sièges que quand ils étaient aptes à se défendre correctement par eux-mêmes, soit généralement après leur majorité.
Les deux Potter n'étaient présents que depuis une vingtaine de minutes quand le président du Magenmagot avait débarqué pour s'opposer à la présence du plus jeune.
-Et à part vous, qu'est-ce qui s'y oppose exactement ? demanda Loki
-Harry est trop jeune … protesta Albus.
-Héritier Potter en ces lieux, corrigea sèchement Loki. Rappelez-vous, vous n'êtes pas au-dessus des lois et le respect est de rigueur ici. De plus, la seule personne qui pourrait trouver à redire à sa présence est son chef de famille qui se trouve être … moi ! Quelle curieuse coïncidence, vous ne trouvez pas ? Donc si je l'ai emmené ici, cela veut dire qu'il ne me dérange pas.
-Ce n'est pas sa place … tenta de nouveau Albus.
-Dans un an, il va reprendre en personne le siège de la famille Potter, rappela Loki. Je ne lui demande pas de parler en lieu et place de lord Potter, seulement de découvrir à son rythme ce qui sera son quotidien. De toutes les façons, vous n'avez pas votre mot à dire.
-Je suis le président du Magenmagot ! s'offusqua Albus
-Vous l'avez dit, vous êtes le président du Magenmagot, souligna Loki. Pas le chef de la famille Potter.
Le silence assourdissant qui accompagna ces paroles fut plus fort que des mots et Dumbledore dut concéder sa défaite. Harry put assister à une séance du Magenmagot et il était clair que ce ne serait pas la dernière, ni qu'il serait le seul héritier à le faire.
Fin Flash-Back
Le bureau de Loki fut envahi de missives envoyées par Dumbledore et ses alliés pour qu'il revoie sa position concernant la présence d'Harry mais ce n'était pas comme si l'aîné Potter prenait en compte leur avis déplacé sur la manière dont il gérait le clan Potter. Il avait même senti qu'on le filait mais les protections de Gringotts étaient inviolables par de simples sorciers – ce que n'était pas Quirell avec Voldemort greffé derrière sa tête quand il avait cambriolé la banque, rappelons-le – et les Abysses ne livraient pas ses secrets aussi facilement. Pour bien montrer qu'il était seul maître de sa vie et qu'Harry était sous sa protection, Loki n'avait pas caché se rendre régulièrement à l'étranger et de s'y montrer avec son pupille en train de s'amuser.
Quand Harry avait reçu l'invitation des Weasley à faire ses courses de rentrée avec eux, Loki avait décliné en expliquant que maintenant que Voldemort était officiellement de retour, il n'avait pas envie de voir des sorciers serviles et hypocrites se répandre en compliments futiles devant son filleul à qui ils ordonneraient de vaincre ce malade alors que quelques mois plus tôt, ils en étaient presque venus à lui cracher dessus parce qu'il avait révélé la renaissance de ce monstre. A la place, les Potter avaient fait leurs courses à Paris en compagnie d'Hermione, Susan, Neville et Théo. Ils avaient même passé l'avant-veille de la rentrée chez les Granger et la veille sur le Chemin de Traverse pour se rendre ensemble sur le quai neuf trois quarts sur les coups de neuf heures et échapper à la masse étudiante.
A cause de la menace de Voldemort, Sélène Sinistra et Éric Vector, les deux professeurs surveillant le train, avaient été renforcés par un troisième. Severus Snape s'était porté volontaire après que la candidature de Loki Potter ait été sèchement rejetée par Albus Dumbledore, encore furieux qu'il l'ait humilié au Magenmagot. Les trois professeurs s'étaient très vite mis d'accord pour appliquer une tolérance zéro pour tout comportement bagarreur. Cela allait à l'encontre des directives du directeur – « N'intervenez que s'il y a un danger grave » – car ils n'avaient pas le temps – ni l'envie – d'appliquer la politique laxiste de leur supérieur. Voldemort n'attendait qu'un seul faux pas de la part de l'école pour récupérer tous les élèves qui ne pourraient être protégés de l'idéologie nauséabonde de ce sorcier.
Alors que c'était à son tour de patrouiller dans le train, Severus Snape ouvrit un énième compartiment.
-Professeur Snape, salua Hermione.
Neville, Luna et Harry firent échos tandis que Ginny et Ron le fusillaient du regard.
-Mesdemoiselles, messieurs, répondit Severus. Je ne peux qu'espérer que vous tiendrez tranquille jusqu'à l'arrivée du train.
-Ce n'était pas dans nos intentions de faire le contraire, sourit malicieusement Harry.
-Venant de vous, il est impossible de vous croire sur parole, renifla Severus. Les Potter ont toujours tendance à ne pas faire de choses logiques pour le commun des mortels.
-Je le crains, monsieur, renvoya Harry.
Sur un dernier regard, le professeur de potions sortit du compartiment. Son départ enclencha le mode « Je hais les Serpentards et je le fais savoir » de Ron et de Ginny.
-Tu as vu comment ce bâtard graisseux te parle ? siffla Ron
-Je n'ai vu aucune différence, haussa des épaules Harry, déjà lassé des commentaires qui allaient pleuvoir.
-Tu es un élève, il te doit un minimum de respect ! clama Ginny
-Je parie qu'il faisait moins le malin quand on s'était occupé de ses copains au ministère, ricana Ron.
-Je crois me souvenir que tu t'es pris le premier sort d'expulsion qu'on t'a lancé et qu'il t'a mis K.O., musa Neville, déclenchant le fou rire d'Hermione qui se cacha tant bien que mal.
-Ce n'est pas le problème, coupa Ginny avant que son frère n'explose. Snape devrait montrer plus de respect à ceux qui lui sont supérieurs !
-Vraiment ? fit Harry d'une voix doucereuse
La rousse écarquilla légèrement des yeux, signe qu'elle avait compris qu'elle s'aventurait en terrain dangereux.
-Snape est un criminel, biaisa Ginny. Contrairement à nous, personne ne lui fera confiance, qu'importe ce qu'il fera.
Harry jeta un coup d'œil à Neville qui lui fit signe de laisser tomber. Il restait encore plusieurs heures avant d'atteindre Poudlard et leurs nerfs ne résisteraient pas à un débat aussi délicat sur ceux qui mérite de vivre dans le monde merveilleux des Weasley et la réalité.
La conversation bascula alors sur le tournoi de duel auxquels le groupe avait assisté pendant leur petit séjour à Paris. Le frère et la sœur voulurent dénigrer ce sport qu'ils ne considéraient pas comme étant Le sport sorcier – il était clair qu'il n'existait que le quidditch à leurs yeux – mais Luna et Neville s'opposèrent violement à eux, à un tel point qu'ils durent déclarer forfait.
L'arrivée à Poudlard avait fait soupirer de soulagement tous les occupants du compartiment et chacun avait rejoint sa table et sa place. Hermione vit clairement l'éclair de rage qui avait traversé le regard de Ginny quand elle s'était rendu compte que toutes les places autour d'Harry étaient prises et elle s'était fermement retenue de ne pas la narguer.
Quand Harry déposa enfin sa tête sur son oreiller, le brun soupira lourdement avant qu'un sourire n'orne son visage d'une oreille à l'autre.
Poudlard lui avait vraiment manqué.
