Bonjour à tous,
J'espère que vous allez bien.
Merci beaucoup pour les retours sur le chapitre précédent. Ça fait vraiment plaisir! Je passe en vitesse, du coup je n'ai pas le temps de répondre individuellement à chacun, mais merci à Petite-Licorne-Arc-en-Ciel, OliviaF-50, Elilisa, Claire, Fleur d'Ange et Guest²!
Merci à Fleur d'Ange pour la correction super rapide de ce chapitre.
Merci aussi à tous ceux qui continuent de suivre cette histoire :)
Je vous laisse donc avec le chapitre 19 , en espérant qu'il vous plaise.
A bientôt
Najuja
Chapitre 19 : Dies irae
- Les couverts en étain sont à proscrire. Par contre, il est recommandé de privilégier l'argenterie, la porcelaine fine et le cristal. L'or est réservé aux grandes occasions ou aux invités prestigieux. Souffrant d'une réputation contestée, l'usage de la vaisselle en corne sera restreint au cercle familial, récita Hermione en faisant les cent pas dans le séjour du 12, square Grimmaurd.
- À quel âge commence l'instruction des enfants? l'interrogea Ginny assise mollement dans son fauteuil préféré, après avoir pioché, las, un parchemin dans la trentaine éparpillée sur la table basse.
- Dès six ans. Les cinq matières de base devront être enseignées. Il est du devoir de la mère d'accomplir cette tâche. Toutefois, à défaut, un ou plusieurs précepteurs pourront être engagés. C'est également à partir de cet âge, que les jeunes garçons pourront assister aux réceptions mondaines.
- Quel est le délai pour envoyer les invitations à une réception? demanda Ginny d'un ton monotone en lisant une autre fiche de synthèse rédigée par Hermione.
- Pour un simple repas, l'invitation pourra être envoyée une semaine à l'avance. Pour un bal, deux semaines. Pour un gala de bienfaisance, le délai sera d'un mois. Pour des fiançailles, le délai sera de deux mois et de six mois minimum pour un mariage.
Hermione attendait que Ginny l'interroge à nouveau, mais cette dernière, ne l'écoutant visiblement pas, trop occupée à contempler une mèche de cheveux qu'elle faisait rouler entre ses doigts, ne s'était pas rendu compte qu'elle avait fini de répondre à la question précédente.
- Ginny? l'interpella Hermione relativement agacée. Youhou! Concentre-toi, s'il te plaît.
La cadette des Weasley releva la tête.
- Ho, mais c'est d'un ennui toutes ces règles, soupira Ginny. Rappelle-moi pourquoi c'est moi et pas Malefoy, qui me coltine cette corvée?!
- Parce qu'il est occupé et que tu avais promis de m'aider.
Suite à leur réconciliation, le jour de la naissance d'Auguste, Ginny, voulant se rattraper de son absence de ces derniers mois, lui avait proposé de l'aider dans les préparatifs du mariage. Il restait moins d'un mois à Hermione pour passer le test d'aptitude, ce test, qui allait juger de sa capacité à être suffisamment digne pour intégrer le monde très sélect des Sang Pur et qui faisait partie intégrante des rites ancestraux. Mais après l'incident malencontreux de cette fameuse soirée où l'alcool lui avait fait perdre la raison, elle avait préféré prendre un peu de distance avec le Serpentard. Elle appréhendait de le recroiser. Il n'allait sûrement pas manquer de la charrier et la mettre dans l'embarras. Elle préférait l'éviter pour le moment. C'est pourquoi, elle avait demandé à Ginny de la faire réviser.
- Oui, mais j'avais plutôt pensé à aller choisir ta robe ou goûter le gâteau, moi, se désola l'épouse Potter. Pas à te faire réciter pendant des heures, comme si on était encore à Poudlard. Et puis moi, clama-t-elle faussement désolée prenant des airs de dramaturge, je ne suis qu'une traîtresse à mon sang, sans aucune éducation, indigne de...
- Ginny!
- Quoi? C'est vrai. C'est Malefoy le spécialiste après tout.
- Oui et bien aujourd'hui, il avait des choses urgentes à faire, mentit Hermione.
- Qu'est-ce qu'il peut bien avoir à faire?! Il ne travaille même pas!
- Je ne sais pas moi. Je ne suis pas sa secrétaire, éluda Hermione qui voulait à tout prix éviter le sujet Malefoy.
- Puis, je croyais qu'il était obligé de t'aider, que sa mère ne lui laissait pas le choix, fit remarquer Ginny légèrement suspicieuse.
- Je n'ai pas le droit de vouloir passer du temps avec ma meilleure amie, sans que cela ne paraisse suspect? commença-t-elle à se contrarier.
- Si, mais vu qu'il a l'immense responsabilité d'être le témoin, je ne pensais pas qu'il t'abandonnerait à trois semaines du test.
- Ben disons que, là, j'ai un peu ma dose, abdiqua Hermione voyant que Ginny ne lâcherait pas l'affaire. Ca va? T'es contente?!
- Il t'a fait du mal, c'est ça?! s'emporta Ginny en se redressant vivement. Qu'est-ce qu'il t'a fait ce perfide reptile?!
- Rien! assura Hermione sur la défensive.
Et c'était justement ça,le problème...
Non! Ce n'était pas un problème. Cela en aurait été un uniquement s'il ne l'avait pas repoussée! Peu importe la raison après tout. Même si sa dignité et son amour-propre en avaient pris un coup, finalement, elle l'en remerciait. Jusqu'où serait-elle allée sinon? Elle ne pouvait décemment pas faire cela à Théo. Bien qu'ils ne formaient pas un vrai couple, elle avait l'impression que cela restait une forme de trahison. Sauf si elle lui en parlait avant? Quoi?! Non, elle ne pouvait pas faire ça tout court et encore moins avec leur témoin de mariage! Elle ressentait peut-être une légère attirance pour Malefoy, mais celle-ci avait été décuplée par l'alcool et céder à ses pulsions était la meilleure manière de se mettre dans le pétrin. De toute façon, tous ces questionnements n'avaient pas lieu d'être puisque Malefoy ne semblait pas intéressé.
- Il n'a rien fait, reprit Hermione. Et ce n'est pas un perfide serpent, Ginny. Il a changé, assura-t-elle en s'asseyant sur la table basse. C'est...c'est juste que d'être tout le temps ensemble, avec nos caractères, ça crée parfois des tensions. Et je voulais qu'on passe un peu de temps ensemble, toutes les deux, comme au bon vieux temps. Mais si c'est tant pénible pour toi, ce n'est rien, je demanderai à Malefoy.
Ginny la regarda, pas entièrement convaincue, mais capitula devant la mine déconfite de son amie, reprenant un nouveau parchemin.
- En quelle année, le registre des Sang Pur a-t-il été établi? demanda-t-elle d'une voix monocorde.
.o.
Théodore déambulait dans le quartier sorcier de Kyoto. Il était agréable de s'y promener, car contrairement à Londres, il y régnait un calme plus qu'agréable. Il s'arrêta un instant pour admirer un cerisier en fleur. Il se sentait bien dans cette ville qui dégageait une certaine poésie. Tout était magnifique, ici, des paysages à l'architecture et pour ne rien gâcher les Japonais n'étaient que pudeur et politesse. C'était un réel dépaysement. Il s'était rapidement habitué à la nourriture et aux coutumes locales. Le mode de vie à la japonaise lui convenait à merveille.
Il guetta le ciel sans nuage, mais il ne vit aucune grue blanche à l'horizon, ce qui altéra quelque peu son humeur. Hermione ne lui avait toujours pas répondu et il commençait à être pris entre inquiétude et agacement. Il avait d'abord pensé que le réseau de distribution de courriers longues distances avait du retard ou qu'ils avaient égaré son courrier, mais on pouvait avoir une semaine de retard, pas trois et on pouvait perdre une lettre, pas trois!
Était-il arrivé quelque chose à Hermione? Non, on l'aurait prévu tout de même, s'il était arrivé malheur à sa fiancée. Est-ce qu'elle doutait? Serait-il possible qu'elle regrette sa décision? Et si tel était le cas, serait-il prêt à rompre les fiançailles? Non, pas si près du but. Il saurait la rassurer, la convaincre s'il le fallait.
Pour mettre fin à ses interrogations, il décida de rentrer à son gîte pour écrire à Narcissa. Cette dernière pourrait certainement l'éclairer.
.o.
Drago était couché sur son lit, lançant et rattrapant inlassablement un vif d'or en mousse qu'il avait reçu pour ses quatre ans. Il avait passé la journée dans sa chambre. Il ne savait même pas l'heure qu'il était. Il ne faisait que penser à Granger, à Granger et à cette soirée où il avait été incapable de saisir sa chance.
Il l'avait repoussée alors que tout son être aurait voulu poursuivre ce geste qu'elle avait amorcé. Savoir qu'elle le désirait n'avait fait qu'accroître son propre désir pour elle. Il avait eu l'impression que son cœur allait exploser quand il avait compris ce qu'elle s'apprêtait à faire. Il s'était senti perdre pied. Pourtant, il s'était écarté douloureusement juste avant de murmurer un "Pas comme ça" à peine audible.
Cela faisait des semaines qu'il rêvait de ce moment. Il mourrait d'envie de l'embrasser, de sentir son corps contre le sien, mais il savait que c'était l'alcool qui avait initié ce rapprochement. Elle ne se serait jamais laissé aller ainsi, si elle n'avait pas ingurgité la moitié de son poids en cocktail. Il n'avait pas voulu profiter de la situation, mais surtout, il voulait plus. Il ne voulait pas être le coup d'un soir parce qu'elle avait un peu trop bu. Il la voulait tout entière, rien qu'à lui. Il n'avait jamais aimé avoir le second rôle. Il se refusait d'être l'amant, alors qu'aux yeux de tous, elle serait mariée à un autre, cet autre qu'il se surprenait maintenant à détester.
Il revoyait sans cesse le regard qu'elle lui avait lancé. Il avait vu la déception, l'incompréhension aussi, dans ses iris mordorés et cette vision lui avait retourné l'estomac. Il était rentré frustré et en colère, une colère qui ne le quittait plus depuis. Il était en colère contre lui-même d'être tombé amoureux de la seule fille qui lui était inaccessible. Il était en colère contre Nott d'avoir poussé Hermione à l'épouser. Il était colère contre lui-même encore, d'avoir plaidé dans ce sens, il n'y a pas si longtemps. Et pour finir, il était en colère contre elle, d'épouser un mec qu'elle n'aimait même pas. Cette situation était surréaliste. Un triangle amoureux absurde.
Depuis, Hermione avait reporté deux de leurs cours, prétextant avoir de terribles migraines. Mais il n'était pas dupe, elle l'évitait, clairement et simplement. Il se doutait qu'elle devait regretter son geste qui les mettait maintenant dans une situation gênante.
Drago entendit frapper trois petits coups à sa porte et arrêta le mouvement de la balle qu'il tint fermement dans ses mains.
- Entrez, autorisa Drago avant d'apercevoir sa mère franchir le seuil de sa chambre tenant l'air sévère plusieurs enveloppes dans sa main gauche.
- Drago chéri, est-ce qu'il y aurait un souci avec Hermione? demanda Narcissa sans autre transition.
- Non..., répondit Drago perplexe. Pourquoi cette question?
Sa mère n'aurait quand même pas osé user de legillimancie sur son propre fils?!
- Je viens de recevoir une lettre de Théodore qui s'inquiète de ne pas avoir de ses nouvelles. Elle ne t'a rien dit?
- Non, rien de spécial.
- Drago, tu me le dirais s'il y avait un souci?
- Évidemment, Mère, affirma Drago avec aplomb. Elle a juste dû oublier. Elle a toujours perdu les pédales à l'approche des examens et avec le test d'aptitudes qui arrive, elle doit sûrement commencer à stresser.
- Dis-lui de prendre cinq minutes pour rassurer Théodore, veux-tu. Le pauvre, il se fait un sang d'encre, compatit Narcissa avant de remettre la main sur la poignée de porte.
Et lui, il n'était pas à plaindre? Théo par ci, Théo par là! Drago n'en avait que faire des inquiétudes de ce toquard.
- Ha oui, j'allais oublier, se rappela Narcissa en faisant demi-tour. Tu as aussi reçu du courrier.
Après s'être redressé, il saisit l'enveloppe que sa mère lui tendait et son cœur eut un loupé quand il reconnut l'écriture d'Hermione. En même temps, le test d'aptitudes approchait à grands pas. Elle ne pouvait pas continuer à l'éviter bien longtemps. Il sourit en l'imaginant au bord de la crise de nerfs rédigeant son planning de révision. Il décacheta le parchemin avec précaution, mais ce qu'il y lit, lui fit l'effet d'une douche froide.
- Putain ! s'exclama-t-il rageusement.
- Drago, ton langage! le rappela à l'ordre Narcissa alors qu'elle passait le pas de la porte en direction du couloir.
Mais quel con! Il fallait qu'il aille la voir.
- Fais chier! jura-t-il à nouveau.
Il devait aller à l'hôpital, toute suite!
.
Drago arpentait les couloirs de Sainte Mangouste, courant presque, à la recherche de la chambre 413. Une fois devant, il poussa la porte sans prendre la peine de s'annoncer, mais quand il entra et qu'il la vît, il se stoppa net, laissant ouverte la porte derrière lui.
Elle était là, allongée, inerte. Son visage était livide, contrastant encore plus que d'ordinaire avec ses cheveux noirs corbeaux. Blaise, qui était assis sur une chaise à côté d'elle, avait relevé la tête à son arrivée. Et bien qu'il eût l'air complètement abattu, Drago n'avait qu'une envie, lui coller son poing dans la figure.
Il regarda à nouveau Pansy, inconsciente dans ce lit d'hôpital et n'arriva plus à se contenir. Il contourna le lit, le regard noir, pour s'approcher de Zabini qui se leva à son approche.
- Je t'avais dit, putain! explosa-t-il en l'empoignant par le col pour le plaquer contre le mur. Je t'avais dit d'arrêter tes conneries! Tu ne crois pas qu'elle en a assez bavé par notre faute ! T'as failli la tuer, putain! hurla Drago en levant le poing au niveau du visage de Blaise qui ne montrait aucune protestation.
- Malefoy, arrête! cria alors Hermione qui avait surgi d'on ne sait où.
En l'entendant, Drago relâcha quelque peu sa prise, mais incapable de contenir sa colère plus longtemps, il tapa son poing contre le mur à un centimètre à peine de la tête de Blaise.
- Malefoy, ça ne va pas, non?! le fustigea Hermione. Tu es dans un hôpital, ici, pas sur un ring de boxe! Tu te calmes toute suite ou je serai obligée de sortir ma baguette et crois-moi, je sais toujours aussi bien m'en servir!
- Laisse, Granger, tempéra Blaise. Je l'ai mérité, dit-il penaud.
- Te fatigues pas, va, lança Drago dégoûté en le relâchant brusquement. Je me casse!
Drago quitta la chambre sans même jeter un dernier regard à sa meilleure amie, hospitalisée à cause de son crétin de mari.
Il lui avait dit ne pas le faire, que c'était dangereux. Ces petites expériences, c'était bon pour l'Allée des Embrumes. Jouer avec la vie de Pansy en manipulant des ingrédients interdits, c'était idiot, stupide, dangereux! Il l'avait prévenu, mais visiblement sa fertilité était plus importante que sa santé. Abruti!
- Malefoy, attends! l'interpella la voix d'Hermione.
Il entendit les pas de Granger courir derrière lui, mais il ne se retourna pas, continuant d'avancer dans le couloir pour quitter cet endroit au plus vite.
- Tiens? Tu n'as plus de migraines, toi?! remarqua-t-il en affichant un sourire mauvais quand elle fût arrivée à sa hauteur. Je n'ai plus rien à faire ici! Préviens-moi quand Pansy se réveillera.
- Viens au moins soigner ta main, essaya Hermione dont les traits fatigués étaient partagés entre gêne et fureur.
Drago baissa les yeux pour observer sa main. Il ne s'était même pas rendu compte qu'elle avait doublé de volume.
Comme, il ne montrait plus aucun signe de résistance, Hermione l'attira dans une chambre vide.
- Assieds-toi là, dit-elle froidement en désignant l'unique lit de la pièce.
Hermione fit apparaître un bol en terre cuite dans lequel elle versa de l'argile et des fleurs d'hélichryse. Elle broya quelques instants le tout avec un peu d'eau et s'approcha ensuite de Malefoy qui la regardait faire sans décolérer. La médicomage lui attrapa délicatement la main pour la recouvrir de la mixture visant à soulager la contusion.
Drago observait Hermione appliquer le cataplasme sur ses phalanges endolories. La délicatesse dont elle faisait preuve contrastait avec l'expression fermée de son visage. Il regardait, comme hypnotisé, ses doigts glisser doucement sur sa peau. Il se dégageait une telle sensualité de ses gestes que cela ne fit qu'augmenter sa colère.
- Et, j'imagine que tu vas le couvrir? vociféra Drago rompant le silence qui s'était installé depuis quelques minutes.
- Si je le signale aux Aurors, il risque deux ans de prison, se justifia Hermione.
- Non, mais quel abruti! lâcha-t-il alors. Comment a-t-il pu mettre ainsi sa vie en danger!
- Il a juste voulu la rendre heureuse, dit simplement Hermione.
- Ne me dis pas que tu prends sa défense, en plus?!
- Non, bien sûr que non! Je ne cautionne pas ce qu'il a fait! Mais ce que je veux dire, c'est que parfois l'amour fait faire des choses insensées. Il est amoureux et...
- Non! le coupa Drago. Il est stupide! L'amour n'a rien avoir là-dedans.
- Tu ne peux pas comprendre, signifia durement Hermione en s'éloignant pour poser le mortier sur un chariot.
- Ha?! Et qu'est-ce que je ne peux pas comprendre au juste? Explique-moi!
- L'amour, les relations de couple, ... Tu n'as jamais eu de relation sérieuse. As-tu seulement déjà été amoureux une fois dans ta vie?
- Tu as raison, je n'y connais rien, admit-il en se relevant, refusant de répondre explicitement à la question. Mais moi, au moins, je ne fuis pas! Je ne me cache pas dans un mariage arrangé par lâcheté!
- Pardon?!
- Ho, ne fais pas comme si tu ne voyais pas de quoi je parle. Tu as très bien compris ce que je voulais dire. Ce n'est pas seulement par bonté d'âme que tu épouses Théo! Tu fuis! Quand Weasley t'a quittée, ça t'a brisé le cœur et depuis tu fuis toute relation de peur de souffrir à nouveau. Cela fait cinq ans que vous avez rompu et tout ce temps, tu es restée célibataire. Et ne me sors pas ton éternelle excuse de "mon boulot me prend tout mon temps". Du temps, tu en trouves bien pour ces fichus rites ancestraux. Non, avec Théo, tu auras une petite vie pépère, sans surprise, mais surtout sans mauvaise surprise. Tu es sûr qu'il ne te quittera jamais, sûr qu'il ne mettra jamais à mal tes sentiments puisque tu n'éprouves pour lui que de l'amitié. Aimer, c'est se sentir vulnérable et ça, tu ne le supportes pas!
Hermione resta silencieuse quelques instants tentant de retenir les larmes qui menaçaient de couler.
- Oui, tu as raison, reconnut-elle enfin. Je ne le supporte plus et en quoi est-ce mal? En quoi est-ce répréhensible de ne plus vouloir souffrir? Tu sais ce que ça fait quand celui que tu aimes, que tu as aimé et attendu pendant des années, te tourne le dos, te rejette, pour une raison stupide qui plus est? Quand ton monde s'écroule, que tu passes des journées entières à pleurer, que tu as envie de mourir tant la douleur est intense? Je ne veux plus jamais me sentir aussi faible. Je me suis retrouvée sans Ron, sans parents, avec pour seuls amis, des écorchés vifs, des rescapés de la guerre qui souffraient tous d'avoir perdu un être qu'ils aimaient. L'amour, c'est violent, cruel! Alors oui, peut-être que je me cache, que je fuis, mais pourquoi n'en aurais-je pas le droit?! hurlait presque Hermione.
- Parce que tu passes à côté de ta vie, Granger! Sous prétexte de ne pas vouloir le mauvais, tu rejettes aussi le bon. C'est n'importe quoi !
- Tu ne peux pas comprendre, lui répéta-t-elle un voile de tristesse s'ajoutant à la colère déjà présente dans ses yeux humides.
- Non, tu as raison, cracha-t-il avec amertume. Je suis un être sans cœur, incapable de ressentir le moindre sentiment. C'est comme ça que tu me vois, hein Granger? Comme un être incapable d'aimer. Incapable d'avoir le cœur qui bat plus vite quand il pense à une fille, ou qui s'arrête quand il la voit. De crever de jalousie quand cette fille danse dans les bras d'un autre? D'avoir l'impression de suffoquer quand il pense que cette fille ne l'aimera jamais? Hein, dis-moi Hermione, c'est comme ça que tu me vois? rageait Drago à bout de souffle.
Pourquoi s'en prenait-il à elle ainsi? Hermione ne savait que répondre. Elle essayait d'assimiler ce qu'il venait de lui dire. Comment cette conversation avait-elle pu dégénérer à ce point?
Ils se fixèrent sans ciller, chacun habité par leur propre colère. Finalement, elle entendit la porte claquer. Il était parti.
