Chapitre 18 :
Mutant
Slick - Slack
BOUM !
Il ne restait plus grand-chose des gardes… c'était de la légitime défense. Non ?
"Merde, Harold ! C'est pas parce qu'on sait tuer des gens qu'il faut le faire."
"C'était tuer ou être tué." répondit-il. "On peut en parler plus longuement, si tu veux... ou on peut se carapater avant que le patron n'arrive. Tu préfère quoi ?"
Harry regarda les… bouts… un peu partout. Trop de boyaux, leur mort n'était pas exploitable.
"La prochaine fois, tu feras gaffe qu'on puisse récupérer leurs vêtements."
Max contracta ses muscles pour prendre l'apparence d'un des gardes, le sympa, celui qui leur avait offert de l'eau.
"On y va, que ça ne serve pas à rien."
Harry et Max prirent une arme chacun, ils avaient de bons fusils, Cecil trouvait ça trop dangereux et Harold… Harold n'allait pas très bien, il réalisait qu'il venait de tuer des gens.
"Je suis un monstre." dit-il.
"Mais nan, j'ai dis ça pour être méchant. T'as raison, c'était de la légitime défense. Avance."
"Tu dis ça pour me rassurer !"
"Oui !!! Si tu reste planté là, on va mourir."
"Je ne mérite pas de vivre..."
"N'exagère pas, non plus. Ils ont tué plein de monde avant nous alors t'as sauvé des gens." assura Harry.
"C'est vrai ?"
"Ouiii. Allez, viens."
Harry tira Harold par le bras et ils s'engouffrèrent dans le couloir. Tout était métallique, sombre et froid. Il n'y avait que la lueur verte des sorties de secours qui dansait sur les murs. Bah au moins, ils pourraient trouver comment sortir... ça changeait du désert.
"On va où ?"
Ils n'eurent pas le temps d'y réfléchir : la douce lumière verte fut étouffée par un ignoble clignotement rouge et une alarme se diffusa dans tous les souterrains.
"Meeerde…"
Toutes les portes automatiques s'ouvrirent et ils n'eurent pas le temps de voir une armée de militaire déferler dans le couloir, ils entrèrent dans la première salle sur la gauche.
"Petrificus Totalus !"
Le sortilège jaillit de la baguette fissurée d'Harry, dança et rebondit un peu partout dans la pièce en touchant dix personnes dont Max.
"Finite." dit Harry. "Faudra vraiment qu'on trouve des meilleurs baguettes."
"J'ai pas eu le choix, moi je peux pas faire de la magie." rappela Harold. "J'étais obligé de les tuer... je peux pas immobiliser les gens… faut pas me... me…"
"Harooold, c'est pas grave. Faut vraiment avancer… on a fait les cons."
"Mais… je suis un meurtrier..."
"Écoute, dès qu'on rentre à la maison, on va t'apprendre des trucs méga cools." promis Harry. "Je crois que Max, elle connaît une prise qui…"
"Bordel c'est quoi ce truc ???"
Ils se tournèrent et reculèrent, blafards. Zone militaire ultra-sécurisée… ah ouais… c'était le mot pour dire "On fait des expériences sur des êtres humains mais regardez pas sinon on vous bute".
"Harold, t'as moins de remords, là ?"
"Ça va mieux mais j'ai envie de vomir…"
D'immenses ordinateurs s'élevaient du fond de la salle jusqu'aux murs et d'énormes câbles lumineux étaient branchés sur des prises et parcouraient la pièce, tombant des murs comme des lianes et des racines, dans une forêt. Au centre, il y avait la cage... et... et dedans...
"Je suis si immonde que ça ?!" grogna la chose.
"Aaah ! Ça parle !!!"
"Ta gueule, Max. C'est pas..." grommela Harry. "Nous sommes les Lord de la Noble Famille des Black mais la politesse se perd comme tu... vous... euh…"
"En ce qui me concerne, c'est plutôt ÇA."
"Hein ? Non, t'inquiète, je suis habitué. T'as jamais dormi avec Max, hein... On s'endort avec un humain à peu près normal et on se réveille, le nez dans le cul d'un renard qui ronfle, c'est une horreur."
La chose sourit… ou du moins, c'est l'impression que ça donnait mais c'est dur à voir, vraiment.
"Qui êtes vous et pourquoi êtes vous ici ?"
"Houlaaa… Tu crois qu'on sait ce qu'on fiche ici ? C'est plus compliqué que ça, vraiment... À la base, j'ai enfermé les Weasley dans une pyramide. Tu connais la famille Weasley ? C'est une vieille famille de sang-pur…"
"Je n'ai pas de sang royal, les gens normaux ne connaissent pas les généalogies."
"D'accord… il y a eu la pyramide ensuite un puma qui a fait boum et finalement, une porte maaagique. C'est comme ça qu'on est arrivé ici."
"Ça n'a aucun sens."
Il y eut un bruit, dans l'un des couloirs et la porte se referma dans un bruit sec. Oh. C'était plutôt bien joué… Harry et Max s'étaient demandé pourquoi ils avaient ouvert toutes les portes, c'était le meilleur moyen de trahir leurs secrets. Mais en fait, ils ne comptaient pas les laisser sortir vivants : ils venaient de les capturer.
"Personne n'est arrivé aussi loin, avant vous." constata… l'Expérience 626, d'après son panneau.
"Ça arrive souvent, les intrusions ?"
"Une fois de l'an, parfois deux."
"Et nous qui pensions être originaux..."
L'expérience 626 avait tout d'un humain… et d'un oiseau, c'était difficile de séparer les deux : il avait la tête d'un petit aigle, des plumes sur tout le corps mais des bras et des jambes. Vraiment, c'était compliqué de dire où finissait l'oiseau et où commençait l'humain. Il n'avait pas vraiment de mains mais ce n'étaient pas des ailes, non plus…
"Tu t'y connais ?" demanda Harry.
"… en quoi ?"
"Les plans du bâtiment, les mesures de sécurités, les sortilèges..."
"Si c'était le cas, je ne serais plus ici."
Puis l'humain-oiseau fronça les sourcils. D'accord, peut-être qu'il n'avait pas ENTIÈREMENT une tête d'aigle, ses expressions étaient tellement humaines.
"Euh... les sortilèges ?" répéta-t-il.
Max voulut lui dire qu'il n'y connaissait rien, au monde, enfermé dans sa cage depuis trop longtemps puis elle réalisa lentement qu'il n'y avait strictement aucune trace de magie, par-ici. Les tortures n'étaient pas réservés aux sorciers, visiblement.
"Ce-ci. Va. Nous. Sim-ple-li-fi-er. La. Ta-che." leur dit Cecil qui avait compris, lui aussi.
"On en fait quoi ? On le libère ?" demanda Max.
"Ce n'est pas un objet, il a une conscience." lui répondit Harry. "Est-ce que tu veux venir avec nous ?"
L'oiseau ricanna.
"Vous ne sortirez pas d'ici."
"C'est pas notre question."
Ils semblaient sérieux. Tout le monde s'imagine qu'il peut s'en sortir... jusqu'à la mort. Mais peut-être qu'ils allaient s'en sortir. Ça semblait plutôt mal barré. Et pourtant...
"Je n'ai jamais rien connu d'autre que ma cage, ça va faire bizarre de sortir."
"C'est à toi de décider mais on te prévient : nous, on se tire et rapidement ! Alors tu choisis maintenant ou on te laisse."
"Je veux sortir."
L'oiseau les vit ouvrir sa cage avec une sorte de grand bâton puis ils défoncèrent les verrous numériques… il y eut des explosions, un hurlement… peut-être même des morts.
"Suis-nous !" cria le plus âgé juste avant de mélanger deux tubes à essai.
"Est-ce que c'est... de la magie ?"
"Non, pas du tout, je suis un cracmol. Baisse-toi !"
Comme si ce dernier point avait un sens... 626 essaya de déployer ses ailes, attrofiées d'être resté aussi longtemps repliées sur son dos. Les scientifiques avaient arrêté d'étudier ses mouvements en vol quand il avait failli réussir l'évasion du siècle !
"Wouaaah, t'as une super envergure !!!"
"C'est censé être un compliment ?"
"Ouais !"
"Vous êtes vraiment bizarres…" constata 626.
"Dixit l'humain-oiseau."
À ce moment là, il arrêta de se demander s'ils étaient magiciens : il en était sûr ! Heureusement qu'ils étaient aussi puissants, sortir d'ici semblait être un jeu d'enfant... oh, si les scientifiques voyaient des gens utiliser la magie, ils auraient fini enchaînés et reliés à des tubes.
"C'est génial quand même : y'a des flèches qui nous montrent comment on peut sortir d'ici !!!"
"Ça sert à l'évacuation, en cas d'incendie." leur expliqua l'oiseau qui n'était pas sûr qu'ils connaissent ça, dans leur monde magique. "Je ne vois pas en quoi c'est tellement fantastique à moins d'avoir un sens de l'orientation vraiment nul."
"T'es à moitié oiseau, tu dois avoir un GPS instinctif."
Ils montèrent quelques marches, tombèrent sur des militaires qui se mirent à danser comme si leur vie en dépendait. L'un des gamins rigola… tarés, ils étaient complètement tarés !!!
"Franchement, je ne sais pas comment ils ont fabriqué ces baguettes : c'est n'importe quoi mais j'adore."
L'expérience 626 apprit que le sortilège "Stupéfix" faisait aboyer les gens et que le sortilège "Alohomora" était aléatoire mais qu'il s'utilisait toujours sur des portes. Il n'eut pas le temps de se demander ce qu'il y avait de si drôle, ils explosèrent une porte et... et...
"Est-ce que c'est le soleil ?"
"Oui. On a réussit tu vois : la liberté."
"Je déteste le soleil !!!"
Tout était beaucoup trop lumineux, à croire qu'on lui faisait subir une énième expérience à base de feu... peut-être que tout ceci n'était qu'un test ? Et si... s'il n'était pas libre ?
"Maintenant, on doit retrouver Michael qui... euh... tu t'y connais, en déminage ?"
L'expérience 626 n'eut pas le temps de se demander s'il s'agissait vraiment d'une expérience ou pas. Ça changeait rien... tout ce qu'il pouvait faire, c'était avancer. Comme d'habitude.
"Michael est un humain dont le pieds est posé sur une mine ?" demanda-t-il. "Il est à 528 mètres, dans cette direction mais ils risquent de nous rattraper. On ferait mieux d'aller par-là, tout droit à 423 mètres, il y a la sortie."
Les trois gamins le regardèrent bizarrement, le quatrième ne semblait pas avoir entendu.
"Bah quoi ? Je n'ai pas QUE une tête d'oiseau, vous savez..."
"Tu sais faire quoi d'autre ?"
"Je peux ouvrir parfaitement... les noix."
Normalement, ils auraient dû lui rire au bec… mais c'est super galère, en fait. Eux, ils étaient à la fois dingues et très lucides. Ils le regardèrent avec fascination. L'oiseau mi-humain se sentit extrêmement mal à l'aise… on ne l'avait jamais regardé comme ça, il n'était qu'un mutant.
"On… on y va ? C'est par-là."
-Fin du 18ème chapitre-
…à suivre…
