Ca fait longtemps que je n'ai pas publié mais je n'oublie pas

Lunargarden : On n'a pas fini d'en voir les dégâts mais bon, continuons la voie

Une douce amertume 2

Lorsque Yazoo ouvrit les yeux, la lampe au-dessus de lui était allumée. Quelqu'un était ici, il devinait que c'était Rufus… ses minces mouvements entraînèrent une série de bruits qui venait de sa gauche. Il tourna son visage et le vit, en train de couper des fruits. Le blond leva la tête vers lui et se redressa, laissant son ouvrage sur la table.

-Tu es réveillé, il était temps.

Il s'approcha et ses doigts caressèrent la nuque de l'argenté, avant de s'attarder sur son torse… il rougissait et portait son regard émeraude ailleurs… il était… tellement gêné… soudain, il sursauta ; le Président lui pinça fort un téton, avant de ramener sa face devant lui. Yazoo était si… effrayé par ses iris…

-Ecarte les lèvres. Je suis souillé de sucre.

Il obéit ; Rufus y introduit un par un ses doigts, que le jeune homme devait lécher… cela fait, Rufus le récompensa d'une caresse à la joue, du dos de la main. Tout cela en douceur, en délicatesse… ce court instant finit, quand le blond le détacha de la table. L'argenté était engourdit, ses bras le picotaient de façon intolérable…

On ne le permit pas de bouger, pour autant…

Il se pencha vers lui…

-Je t'ai aménagé une pièce rien que pour toi. C'est néanmoins ta cage dorée, je te surveille, sache-le. Le moindre faux et tu retournas dans ta petite cellule, compris ?

-… Oui, Monsieur…, balbutia-t-il apeuré par sa voix

-C'est très bien, 5091. Tu sais à qui revient l'autorité.

Le Président enroula son index dans l'anneau du collier de l'argenté et l'attira à lui, avant de donner un coup de langue sur sa pommette. Ce dernier tressaillit à son toucher… tout d'un coup, son bourreau changea d'attitude et l'extirpa hors de la table ; Yazoo crut s'affaler au sol, mais le blond le tenait fermement par le poignet gauche. Tout allait si vite… son cœur s'affolait à chaque fois… Rufus était un homme imprévisible…

Il lui ordonna de se mettre à genoux avant de s'asseoir sur la chaise, la boîte de fruits dans les mains. Vu son sourire, l'argenté savait qu'il ne lui en donnerait pas… du moins pas tout de suite… il baissait le regard en guise de soumission. Le Président rit…

-Qu'y a-t-il, tu ne me sembles pas en forme. Ah moins que ce ne soit cela, que tu veuilles. Qui te dit que c'est pour toi ? Il faut savoir être méritant, dans la vie. Tu te plies à mes volontés, c'est vrai, mais j'en demanderai toujours plus. Tu m'as affirmé hier que tu ferais tout pour moi, sans rechigner. J'aimerai bien voir ça de ta part. Enlève ton pagne, que je puisse te voir. Je préfère t'avertir : si tu me cache une once parcelle de peau, tu sais ce qui arrivera… lève-toi et obéis.

Yazoo avait si peur, si honte… il s'exécuta, sans poser de question, sans dire un mot, sans… se défendre… debout, devant lui, à montrer son corps… que Rufus inspecta dans les moindre recoins…

Il sourit, se redressa, et profita de cette superbe vue. Ce corps, rien que pour lui. Il avait face à lui une beauté divine. « Plus que tes ailes, arrachées et je t'aurais éternisé. Tu es à moi » à cette idée, il ne pouvait résister. Il se saisit de son bras et lui serra la gorge. L'argenté couina de frayeur et cela l'encouragea à fourrer son nez dans ses cheveux. Sa pulsion était si violente qu'il se surprit lui-même à approcher ses dents de sa nuque. Son captif lui devait bien ça, Rufus en avait eu une marque.

-Reste tranquille. Je ne te ferai rien si tu es sage.

Il avait si soif, d'un coup. Il voulait le faire sien, maintenant ! Pourtant il le lâcha et l'argenté s'écroula au sol, la respiration forte.

Jamais… l'argenté n'avait… éprouvé une pareille émotion… il crut avoir affaire à une bête sauvage, prête à lui rompre le cou… par la déesse… il avait eu… si peur… son cœur battait la chamade et il versa quelques larmes… le blond caressa sa chevelure, avant de déposer les fruits au sol ; le jeune homme le regarda avec surprise…

Rufus le fixait d'un air glacial… ce n'était pas rassurant et… il se mit à sa hauteur.

-Détend-toi, tu t'y habitueras, 5091. Crois-moi qu'il m'arrivera d'être… un peu bourru les premiers jours.

L'argenté éclata soudain en sanglot, « pourquoi, Rufus… pourquoi ?! qu'ai-je commit… Rufus… comment être aussi violent et être doux à la fois…à travers tes tendres touchers… j'aperçois tes yeux de glaces… je suis perdu… ! »

Deux sentiments divisaient le Président. Le voir aussi désespéré lui procurait un doux plaisir de satisfaction, et en même temps, il n'était pas fier envers lui-même ; parce qu'il avait failli le tuer une seconde fois. Yazoo était déjà assez traumatisé.

Il enleva les deux mains de son visage et sécha ses joues. L'argenté le regardait avec effroi, pensant que son tyran allait le frapper ou le remettre dans sa cellule. Pourtant, ni l'un, ni l'autre ne se produirait. Après tout, il avait d'autres projets en tête pour lui, et son animal de compagnie était parfaitement bridé.

-Mange, soupira-t-il, il me reste encore du temps.

Yazoo entama son repas avec difficulté… il en avait même des nausées et des nœuds au ventre… la main du blond parcourait son dos en des va et vient constant ; certainement pour le calmer… Yazoo était perdu… il pouvait être si délicat et si brutal… qui était-il… ?

Enfin, il finit et Rufus le releva, le pagne en main. Cela voulait dire qu'il avait le droit de le remettre, avant de partir à ses côtés. Ses bras l'entouraient et lui frottaient ses épaules avec tendresse… l'argenté ignorait où ils se dirigeaient… ces parties-là du laboratoire, il ne les connaissait pas…

C'était un long couloir avec des portes aux deux extrémités. Sans doute les dortoirs des scientifiques, vu comment les chambres et les lits étaient spacieux. Il y avait seulement une salle où la couchette était inexistante… à la place, une couverture sur le sol. La seule fenêtre ouverte sur le monde, montrait à l'argenté la lumière du jour.

Il n'y avait rien d'autre, hormis une rampe au plafond et un siège.

Rufus le fit entrer. Arrivés au milieu de la pièce, le blond extirpa un ruban de sa poche.

-Tourne-toi.

Le jeune homme obéit, il était face au mur quand on lui cacha sa vision. Des lèvres touchaient son oreille et on murmurait… quelle situation gênante…

-Je te l'enlèverais si tu es sage. Tout ira bien.

Le Président le prit par les épaules, et le guida vers une certaine direction, avant d'attendre la suite. Ses bras furent suspendus vers le plafond, du moins Yazoo en avait l'impression…

Ensuite, deux mains ôtèrent le voile autour de son intimité et effleurèrent son épiderme. Le jeune homme était éprouvait un malaise ; et si son tyran redevenait violent ? Il se crispa, il ignorait comment agir… ses doigts se retirèrent et il entendit quelques mouvements avant de sentir quelqu'un nu, derrière lui…

-Laisse-toi aller… je veux que tu en profite… est-ce que je te fais mal ?

-…non…

-Tu vois ? Tu ne souffriras pas, avec moi…

Yazoo était si gêné… il y avait quelque chose de doux, de tendre dans ses gestes, qui le torturaient. Il savait que c'était un terrible calvaire, mais la délicatesse de ces doigts l'empêchait d'éprouver une quelconque douleur. Comment… ?

Sa tête partit en arrière, Rufus était proche de son bas ventre, ses bourses et son membre frôlait le creux de ses fesses… il se mordit la lèvre supérieure… avant de soupirer gémir des plaintes.

-Tu aimes ça on dirait… serais-tu prêt à ronronner pour moi, Petit Chat ?

Ce nom révélait ce qu'il était devenu… un animal… le Président s'arrêta et sa récompense fut de revoir la lumière du jour. « Je suis dans la même posture… j'ai l'impression de jouer cet homme prisonnier d'un autre, dans mes rêves… suis-je… son esclave… ? »

-Cela suffira pour aujourd'hui. Je reviendrai dans quelques heures te servir ton repas. Ne crains rien, je suis le seul à me préoccuper de toi.

Il le détacha et tourna son visage vers lui.

-Tu resteras ici, jusqu'à ce que tu aies enregistré ce que j'attends de toi. C'est très simple, crois-moi. Fais-en sorte d'être présentable à mon retour. La seule personne que tu dois satisfaire, c'est moi.

-Oui, Monsieur…

C'était clair… une partie du voile se déchirait sur les machinations de Rufus… il allait lui apprendre à se comporter comme un pet.

ooo

Il revint comme il le promit, quelques heures plus tard… pendant son absence, Yazoo avait essayé de remettre ses cheveux en place ; il avait l'impression d'avoir bougé pendant son sommeil… la salle de bain comportait tout le nécessaire de toilette, il en était bien surpris… il s'était appliqué du parfum sur la nuque.

Lorsque Rufus entra, il inspecta les lieux avant de se diriger vers l'argenté. Ce dernier contemplait le monde extérieur à travers la fenêtre, et reconnaissait le paysage désertique et insoutenable de Corel, « mon ancien laboratoire… »

Le Président le saisit au menton et ils se firent face.

-Ne serait-ce pas lilas et groseille par hasard ? C'est si envoûtant…

Il fourra son nez dans sa nuque et humait longuement l'arôme sur sa peau. Ses gestes avaient le don de le gêner, c'était si nouveau… il avait l'impression que le Président pouvait aller plus loin…

Ne serait-ce apprécier de le voir nu, quelque chose clochait… serait-il plus que ce qu'il croyait, ou bien… non… il sentait que le blond était pris de désir… il ne pouvait rien dire… son bourreau l'enlaça et ancra ses ongles sous sa peau ; l'argenté gémit soudainement.

-Eh bien, eh bien… toujours aussi prévisible dans tes réactions.

Il lui attrapa la main et le guida vers le siège, où il s'y assit, et Yazoo était à ses pieds. Le blond caressait ses joues avec douceur, pour continuer sur ses cheveux.

-Approche-toi, murmura-t-il

Il obéit et sa tête se retrouva entre ses jambes. L'argenté était soudain mal à l'aise, il discernait à travers le tissu… son… il devint rouge… enfin… l'autre fois il l'avait senti contre lui. Cette chose massive, et dressée comme un pieu prêt à l'empaler… « mais qu'est-ce qu'il veut à la fin… »

Rufus était presque amusé par sa gêne et son manque d'humour. Entre ses cuisses, on pourrait deviner ce qu'il attendait. Enfin… il avait encore beaucoup à apprendre.

-Dis-moi, 5091, as-tu compris qui je devais être à tes yeux ?

-… mon… propriétaire…

-C'est bien, et que fait un être inférieur comme toi pour satisfaire ses maîtres ?

Maître… un mot qui allait être gravé dans sa mémoire… et qui se rapprochait de la réalité… Yazoo le regardait incertain, presque... angoissé…

-Je… l'ignore…, fis-je tremblant

-Il se soumet corps et âme à la tâche qui lui est destiné. Certains sont domestiques, lavant le sol et s'occupant des logis. D'autres sont utilisés pour rapporter de l'argent à leur « employeur ». Et pour ceux-là… (il rit) la plupart d'entre eux doivent vendre leurs corps, aux plus riches.

Il déglutit à sa réponse. Dans quelle catégorie avait-il été placé… ? Si c'était pour faire le ménage, cela l'aurait rassuré… mais pour ce qui était des… rien que d'y penser, il serrait Rufus, effrayé.

-Que t'arrive-t-il donc ? Aurais-tu peur d'être séparé de moi ? Quelle délicate attention de ta part… lève-toi. Tu sauras tout en temps voulu. Bien que toi-même, tu pourrais en avoir une idée…

Le blond se mit debout à son tour et le poussa doucement vers une petite valise. Il l'ouvrit et l'argenté vit un tissu rouge, cardinal. Il ne savait pas à quoi cela devait ressembler, mais quand le Président lui ordonna d'enlever son voile, Yazoo compris qu'il avait choisis une tenue plus appropriée… qu'était-elle… ?

Rufus le lui enfila sur le côté et joignit les deux bouts par la petite ceinture sur son flanc gauche. Le rendu lui allait très bien. Il s'assura que les décorations en métal fussent bien mise et admira le résultat avec beaucoup de plaisir : Les ornements formaient des entrelacs harmonieux sur sa divine silhouette. Les deux pans, placés entre ses jambes, descendaient à ses pieds, avec sensualité. Si fluide… si céleste… il avait l'impression d'avoir façonné une figure hiératique, d'un âge oublié.

Il le prit par la taille et caressa sa cuisse droite. Le jeune homme se crispa sous le toucher.

-Un être des cieux, rien qu'à moi… tu es beau vêtu ainsi… assied-toi… je n'ai pas fini…, ne put-il s'empêcher de dire

Il l'installa sur le siège et attrapa des choses au fond du bagage. Lorsqu'il revint vers son animal, ce dernier vit dans ses mains des bijoux en or… « C'est pas vrai… qu'est-ce qu'il fait de moi… »

Sans bouger, malgré la honte qui l'envahissait, il laissa Rufus lever son poignet gauche et glissa un anneau au majeur. Son bras droit fut paré d'un bracelet qui pouvait s'écarter et sa cheville gauche eu également deux gourmettes, cette fois-ci fermées.

Il l'avait changé… pourrait-il de nouveau se regarder dans une glace ? Il ne le pensait pas…

Rufus le redressa et Yazoo fut dans ses bras…

-En apparence on pourrait croire que tu es prêt à ta fonction. Ce n'est pas tout à fait vrai encore. Tu dois recevoir quelques leçons.

-… quelle est… ma…

Il coinça deux doigts sur ses lèvres avant de répondre :

-Shhh...Shh... pas encore… tu le découvriras tôt ou tard… sache une seule chose : tu es à moi, tu m'appartiens et à personne d'autre. Il n'y a que moi qui ai le droit de te toucher. Ne plaît qu'à moi. Tu as compris ?

-… oui… Monsieur…

-Parfait, tu es un bon esclave, susurra-t-il

L'argenté écarquilla des yeux à propos de ce mot… « je suis… son… » il aurait dû s'en douter… « je n'ai même plus la force de montrer mon désarroi, tant c'était évident… »

Le Président savait qu'il l'avait déstabilisé et apeuré. Cependant, il voulait que ce fusse clair entre eux. Qu'il fusse conscient de sa place dans cette société. Il se félicitait à l'intérieur de lui-même d'avoir pu lui avouer cela, sans une once de rébellion de sa part.

Cette victoire le poussait à l'embrasser, ici et tout de suite. Toutefois, il avait encore un grand travail à faire avec lui. Le blond sourit et frotta son nez contre sa pommette.

Puis, il le poussa doucement vers les rampes, avant de lui attacher les poignets pour les suspendre.

Yazoo se laissait faire, il n'avait plus à se battre…

Ses mains parcoururent son corps… à des endroits sensibles...