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Browston

Chapitre 17

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Mercredi 15 juillet.

Ce matin, Clint fila au commissariat, il avait informé Laura qu'il ne travaillerait que ce matin. Ce jour là, il était en patrouille toute la matinée avec Lensherrs. Ils en avaient profité pour discuter un peu de sa vie de famille. Clint lui avait affirmé que tout se passait bien. Il n'avait pas mentionné qu'ils faisaient lit à part, mais cela ne regardait en rien son coéquipier.

Le binôme déjeuna ensemble, Clint allait repartir chez lui, pour prendre ses affaires de sport avant de revenir au commissariat lorsqu'un collègue l'informait qu'il avait choppé un suspect dans son affaire.

Clint n'hésita pas une seconde et fila à nouveau au commissariat. Il prit en charge le suspect et l'interrogea jusqu'à 16h. Il envoya ensuite un message à Laura, l'avertissant que son psy voulait le voir.

Après avoir interrogé le suspect, Clint denoua son enquête, il pouvait taper son rapport et placer l'accusé en détention provisoire.

Il était sans son bureau à envoyer ses derniers papiers lorsque quelqu'un frappa la porte. Son coeur battait la chamade lorsqu'il se retrouva face à son épouse.

" Laura!

- Clint... J'avais tout imaginé... soupira t-elle avant que Clint ne referme la porte derrière elle.

- Qu'est-ce que tu imaginais? Lui demanda t-il avant de ranger quelques papiers.

- Je sais pas, tu avais l'air de vouloir t'éloigner de moi et tu passais du temps chez ta psy et au sport. Je pensais que tu me trompais, cracha t-elle.

- Mais je te trompe pas, soupira t-il avant de signer deux ou trois papiers.

- Non, tu me ments depuis le début tout simplement. J'ai cru que tu me trompais avec ta psy mais en fait non. Tu vas même pas voir un psy, tu me ments depuis le début. Clint, t'es déjà allait voir le psy?"

Clint soupira et rangea tout ses papiers, il prit sa veste.

" Pas officiellement, mais... Je fais un travail sur moi, avoua t-il.

- En travaillant?

- Je veux attraper ce fumier Laura! Cracha t-il.

- Je veux que mon mari soit là, auprès de moi, de mes enfants, je veux qu'il aille bien, qu'il aille voir un psy pour aller mieux mais tu ne fais rien de tout ça, Clint. Tout ce qui t'importe ce sont tes enquêtes et... ce type.

- Il a tenté de tuer mon collègue! cria t-il. Remington est dans le coma Laura! ajouta t-il les poings serrés.

- Et ça t'empêches de prendre soin de ta femme? On vit ensemble mais nous ne sommes plus un couple. Tu te laisses plus approcher, tu dors dans la chambre d'ami. Clint? Tu me trompes? finit-elle tout de même par lui demander.

- Biensure que non! s'énerva t-il avant de prendre son dossier et d'inviter sa femme à sortir de son bureau.

- J'ai cru que tu avais changé, mais apparamment je me trompais, il était bien trop tôt pour recommencer quelque chose. J'aurais pas dû accepter que tu reviennes, avoua Laura en suivant son mari jusqu'à l'accueil du commissariat.

- Tu veux dire quoi par là? Tu veux que je reparte?

- Il me semble que se soit une solution envisageable, dit Laura un ton plus doux.

- Très bien, ne m'attend pas ce soir, lâcha Clint avant de déposer son dossier à l'accueil. Affaire Kazan, à envoyer de suite au proc, lança t-il au gardien d'astreinte.

- Très bien brigadier."

Clint se retourna vers son épouse.

" Au-revoir Clint.

- Ouais salut."

Clint prit la route du parking, alors que Laura sortit par la porte. Le père de famille s'en alla directement vers l'hôtel le plus proche et prit une chambre.

Dans le lit double, le policier réfléchissait à tout ça. À quoi ça servait que Laura et lui continuaient leur histoire, c'était voué à l'échec. Il lui avait menti, et plus d'une fois. Elle ne lui faisait plus confiance. Elle ne comprenait pas les raisons pour lesquelles Clint s'acharnait sur ses enquêtes. Et de toute évidence, il n'éprouvait plus les même sentiments à son égard.

Clint se commanda un plat préparé et se coucha de suite. Demain, il pourrait passer toute la journée au commissariat et même la soirée.

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Jeudi 16 juillet.

Il était assis contre un muret, Jonathan Remington était sans ses bras, ensanglanté. Le brigadier-chef tentait de le protéger des tirs ennemis. L'homme tremblait entre ses bras, c'était la fin.

" Les secours vont arriver, chuchotait-il à son oreille afin de le calmer. On va s'en sortir Remington... "

L'homme bascula sa tête en arrière, leurs regards s'accrochèrent. Les yeux du gardien de la paix étaient brillants, ses paupières se refermaient doucement.

" Tiens bon, Jo, je te laisserai pas.

- Embrasse-moi Barton.

- Jo... Chut... Tais-toi... Ne parle pas, attends les secours...

- Clint..., Insista son subordonné.

- Calme-toi, chuchotait encore Clint en caressant ses cheveux doucement. Tiens, écoute, j'entends une sirène. C'est pour nous. Ils vont nous délivrer.

- C'est les pompiers. Ils vont se faire tirer dessus, le contra le policier.

- Lensherrs va arriver et va tous les buter.

- Clint... Je meurs...

- Chut..., fit Clint alors que l'homme fermaient définitivement les paupières. Remington ouvre les yeux... Jo allez... Remington!"

Clint se réveilla une fois de plus en sursaut, il transpirait comme jamais. Il n'avait pas prit de somnifère la veille et se demandait où il était pendant une seconde. Il se souvint ensuite de la dispute avec Laura, puis de l'hôtel. Il soupira longuement, puis se leva et prit une bonne douche.

Il mit ses vêtements de la veille, et appela le commissariat pour les avertir qu'il serait en retard. Il fallait qu'il aille chercher des vêtements propres pendant que Laura était au boulot et elle bossait ce matin. Il fallait qu'il profite de cette opportunité.

La maison était calme, Clint alla chercher un sac et fourra quelques affaires. Deux pantalons, des chaussettes, des caleçons, t-shirt, un jean, des baskets, et trois chemises police. Il prit soin aussi de prendre ses somnifères et reparti vers le commissariat.

Au bureau, Lensherrs, Stanford et Matthews travaillaient sur une enquête. Clint leur prêta main forte, puis parti en patrouille.

Il ne dit rien à Lensherrs sur sa dispute avec Laura. Il préférait garder pour lui le fait qu'il dorme à l'hôtel et que son mariage était de toute évidence voué à l'échec. Clint gardait tout en lui. Son hypothétique divorce, les disputes, la distance entre Laura et lui, ses cauchemards continuels, il gardait tout pour lui.

Il déjeuna au poste de police accompagné de quelques collègue, puis reprit son service avec son coéquipier. Lensherrs l'informa qu'une jeune recrue devrait bientôt arriver pour le seconder, puis pour le remplacer à terme. Il manquait plus que ça.

Avant, il était marié, et vivait le parfait amour dans sa ferme avec femme et enfants. Il pouvait compter sur son coéquipier, il denouait toute ses enquêtes avec succès. Alors que maintenant le divorce lui pendait au nez, il avait failli a protéger ses collègues et perdait son binôme, son frère. Ce n'était pas son année.

Il était 17h30 lorsque Lensherrs reparti chez lui, Clint, lui, préféra rester au commissariat pour travailler. Il n'avait que ça à faire de toute façon, alors autant rester au poste. Il fut surpris de voir arriver dans son bureau un jeune de la trentaine d'année.

" Pietro? Ton père est déjà parti tu sais, dit seulement Clint toujours assis à son bureau, un stylo à la main.

- Je sais, c'est pas lui, que je suis venu voir.

- Ah..., fit seulement Clint.

- Comment vas-tu?

- Je... Je vais bien et toi?

- Je vais bien également. Enfin... Moi c'est vrai...

- Pardon? fit Clint.

- En fait, non, je vais pas bien.

- Ah bon? Qu'est-ce qu'il t'arrive? s'inquièta Clint en posant son stylo tout en écoutant son ami.

- J'ai un ami qui a des ennuis et il ne veut pas en parler, j'ai peur pour lui. Il compte beaucoup pour moi, avoua Pietro en s'asseyant sur le bureau du policier.

- Tu voudrais que je l'interroge? Il est mêlé à quel genre d'affaire ?

- Idiot! Je parle de toi.

- Mais je n'ai pas d'ennuis, fit Clint en rangeant ses documents.

- Je t'ai déjà dis, pour un flic tu ments très mal. Pietro regarda sa montre, puis ajouta. Tu ferais mieux de rentrer chez toi Clint, Laura va s'inquiéter.

- Elle... Elle ne m'attend pas ce soir... avoua Clint en laissant tomber sur le dossier de sa chaise.

- Très bien, alors prépare-toi, je t'emmène dîner", lança Pietro en se levant.

Clint leva un sourcil interrogateur. Pietro tapa des mains.

" Allez brigadier-chef ! On se motive, on se prépare! "

Clint sourit aussitôt, cet homme arrivait toujours à ses fins.

" Et bien ça fait du bien de te voir sourire. Allez Clint." ajouta Pietro en forçant Clint à se lever.

Le policier suivi son ami, il prit la voiture du plus vieux et s'en allèrent au restaurant.

" Comment ça va au boulot toi? demanda Clint au volant.

- Ça va, les feux domestiques reprennent mais mis à part ça, ça va.

- T'aime bien les feux, pyromane, le taquina Clint.

- J'avoue.

- Il paraît qu'il y a eut un putain d'accident hier matin sur la rocade est, t'étais sur le coup? demanda Clint.

- Nan, j'étais en repos hier. Et toi tu y étais?

- Nope, j'étais au poste." dit seulement Clint.

Le trajet dit de courte, Clint se gara.

" On se mets là ?

- Ouaip. Bon, Alors qu'est-ce qu'il se passe?

- Rien, mentit Clint en sortant de la voiture.

- Je t'ai déjà dis, tu sais pas mentir Clint." lança Pietro avant que Clint ne fasse demi-tour et se dirigea vers le restaurant. Clint soupira longuement.

Les hommes entrèrent silencieusement au restaurant, une table leur fut attribuée un peu à l'écart.

Ils commandèrent un apéro, puis Clint lança après avoir trinquer.

" T'as su que ton père à trouver un remplaçant?

- Non, il me l'a pas dit. Et c'est ça qui te mine?

- Ben ouais, fit Clint en haussant les épaules.

- T'as l'air triste, t'as l'air malheureux Clint, je pense que se soit que mon père s'en aille qui te mets dans cet etat là.

- Hum...", acquiesça seulement le brigadier en regardant le fond de son verre.

Pietro épiait cet homme, il avait l'air mal en point, il savait que quelque chose se tramait, restait à savoir quoi.

" Clint... Parle-moi, chuchota Pietro en attrappant la main de ce dernier.

- Laura et moi, on s'est encore pris la tête, c'est vraiment la fin, murmura Clint le regard toujours rivé sur la table.

- C'est ce que t'as dis la dernière fois", répondit seulement Pietro.

Clint releva la tête, et retira sa main.

" Ouais, sauf que là, y'a rien qui va. Je lui ai menti, ajouta t'l-il avant de soupirer bruyamment.

- Tu lui as menti, dit Pietro en roulant des yeux.

- Je lui ai fait croire que... Que je voyais un psy, et elle a tout découvert.

- Si c'est que ça, dit seulement le pompier.

- Y'a pas que ça. Déjà au lieu d'aller voir psy, je venais bosser. J'ai repris le sport aussi, on se voit moins. Et j'ai du mal avec elle."

Le serveur vint interrompre leur discussion et déposa leur plat. Les hommes commencèrent à manger, puis Pietro reprit.

" Comment ça, t'as du mal avec Laura. Qu'est-ce que tu veux dire par là?

- J'ai plus envie de... De la prendre dans les bras, de... De la toucher, on fait lit à part, on se croise à peine. Les seuls fois où on est ensemble c'est pour manger ou avant de se coucher devant la télé et même là, j'en ai pas envie, lâcha Clint en haussant les épaules.

- Votre break a fait se creuser le fossé.

- Sûrement oui

- Après, Laura n'a pas tord sur tout, le fait de lui faire croire que tu vois un psy, alors que non, je peux comprendre. Tu fais encore des cauchemars ?" demanda ensuite Pietro.

Clint acquiesça seulement et baissa les yeux immédiatement, le fait de parler de ses rêves, le renvoyait directement au rêve qu'il avait fait quelques jours auparavant.

" Qu'est-ce qu'il y a ? C'est pas une honte, Clint. Tout le monde fait des cauchemars, sauf que toi c'est récurrent.

- C'est pas vraiment les cauchemars qui me font honte, c'est le contenu, avoua Clint.

- Ah oui? Et qu'est-ce qu'il se passe dans tes cauchemars ?

- J'ai pas envie d'en parler, coupa court le brigadier.

- Très bien, fit Pietro en roulant des yeux, tout en soupirant.

- Ne le prend pas mal, c'est intime", ajouta Clint.

Le jeune homme soupira une seconde fois.

" D'accord.

- Je te raconterai peut-être un jour, pas là, c'est trop récent.

- D'accord. Et cette fois-ci je suis vraiment d'accord."

Les hommes reprirent leur repas, ils ne parlèrent plus pendant un moment. Ce fut après avoir terminé son repas que Pietro avoua:

" Tu m'as manqué tu sais."

Clint ne sut quoi répondre et but son verre d'une traite.

" En tant qu'ami je veux dire. Ça me fait bizarre quand je rentre chez moi et que t'es pas là. Tu sais moi aussi je me confie à personne. Confia le pompier. Mis à part à mon psy, ma sœur et mon père, j'avais jamais parlé de mes problèmes d'ado à quelqu'un.

- Ce que tu as eu c'est pas un problème d'adolescent, c'est plus important que ça. Je sais pas comment t'as pu réussir à tourner la page Pietro. Avec Stark et tout.

- C'est mon père qui te l'a dit ou Stark qui a tout balancé à ta femme? lança Pietro en grimaçant.

- Ton père. Ma femme n'est au courant de rien, enfin je pense.

- Tu penses ou t'en es sur?

- Elle m'en a jamais parlé, donc je pense qu'elle en sait rien. C'est toi ou ton père qui a contacté Stark? questionna à son tour Clint.

- Mon père, à ma demande, précisa Pietro. Tu l'as déjà rencontré, je présume.

- Plusieurs fois oui. Je le trouvais arrogant, sûre de lui et narcissique aussi."

Pietro sourit, puis rit.

" Moi je l'ai trouvé plutôt pas mal, et ça m'a dérangé sur le coup. C'est vrai quoi! Il est le PDG de la boîte qui a tué mes parents et moi je le trouve sexy."

Clint pouffa de rire également.

" Ça me fait penser à une affaire au début de ma carrière. On avait choppé une fille qui s'en était prit à une autre qui avait couché avec son mec. Tout le monde la trouvait jolie et attirante, et malgré qu'on a découvert le cadavre de son petit ami dans sa voiture trois heures après, quelques collègue l'a trouvaient toujours aussi sexy.

- Elle s'en était pas prit à eux, les défendit Pietro. Bien que qu'Anthony non plus, ajouta t-il ensuite.

- Anthony ? Tu l'appelles par son prénom? questionna Clint surpris.

- J'essaye de le distinguer de son père."

Clint acquiesça et approuva.

" J'ai déjà discuté avec lui, et je me suis souvent disputé avec Laura à son sujet. Pour moi, il est arrogant, superficiel et j'en passe. Pour elle, il est super intelligente, diplomate cultivé, ect ect."

- Elle n'a pas tord sur ce coup.

- Tu le défend en plus?! s'étrangla Clint.

- Entre nous, je dirais pas non, déclara Pietro en se mordant la lèvre tout souriant.

- Il est pas trop vieux pour toi? demanda simplement Clint.

- Pas plus que toi, rétorqua seulement Pietro," clouant le bec à Clint.

Le brigadier-chef acquiesca et pouffa de rire.

" Bon, tu fais quoi? Tu rentres chez toi où tu m'invites à boire un verre? proposa Pietro.

- Euh... Je.. je rentre pas, enfin, je crèche a l'hôtel. Et je me lève tôt demain, finit par avouer Clint.

- Ok, donc, ça veut dire que tu vas me délaisser là, en centre ville à, Pietro regarda sa montre. 21h12.

Je te dépose chez toi, et je vais me pieuter. Une autre fois, d'accord? retourna Clint.

- Tu me promets?

- Promis.

- D'acc." accepta Pietro en se levant.

Le duo s'en allèrent vers la voiture de Clint. Pietro constata qu'il y avait un sac sur la banquette arrière. Clint ne lui avait pas menti, il dormait sûrement à l'hôtel.

" Merci pour cette soirée, ça m'a fait du bien et tu m'as bien fais rire, lança Pietro, à proximité de chez lui.

- Toi aussi tu m'as fait rire," retourna Clint en souriant au pompier.

Clint se gara face à la grille de la demeure des Lensherrs.

" Appel moi, chuchota Pietro avant de sortir.

- Je t'appel, répondit Clint.

- Salut."