Les semaines qui suivirent, Hermione passa la moindre minute qu'elle avait de libre à la bibliothèque.
Sa colère à l'égard de Harry était peu à peu redescendue, et elle s'était décidée à éplucher tous les livres auxquels elle avait accès à la recherche de la moindre bribe d'informations sur les Horcruxes. Sans résultat.
Elle lisait ouvrage sur ouvrage, du basique manuel scolaire au plus infâme grimoire de magie noire qu'elle ait pu trouver dans la réserve après avoir demandé un passe-droit au professeur McGonagall sous couvert de la réalisation d'une dissertation d'Histoire de la Magie.
Frustrée et épuisée, elle quittait la bibliothèque chaque soir avec un livre différent sous le bras ou dans son sac, sur lequel elle finissait par s'endormir, confortablement installée dans son lit.
Les mois de janvier et février passèrent comme un souffle au rythme des leçons de transplanage hebdomadaires qui étaient données dans la Grande Salle.
Malefoy persistait à l'ignorer, ce qu'elle lui rendait bien malgré elle, se persuadant tant bien que mal que le nœud qu'elle ressentait au fond de ses entrailles finirait par disparaître.
Sur une note plus positive, Hermione sentait ses relations avec Ron largement s'améliorer à mesure que le temps passait et qu'il, elle le voyait bien, faisait de plus en plus d'efforts pour se rapprocher d'elle. Elle ne lui avait, pour l'instant, rien pardonné, mais était toutefois bien moins farouche à son encontre. Ron lui manquait, et elle mourait d'envie de retrouver leur complicité d'antan.
Pour poursuivre sur cette lancée, en ce samedi 1er mars, Hermione sortit de sa valise le cadeau de Noël qu'elle avait gardé pour Ron. Il s'agissait de nouvelles pièces de jeu d'échec version sorcier en édition limitée qu'elle avait trouvé l'été dernier dans une boutique du chemin de traverse. Elle les lui avait gardées pour Noël mais, au vu de leurs relations anarchiques, ne lui avait rien fait parvenir pour les fêtes. Avec un sourire, elle réajusta le papier cadeau autour de son présent et admira le résultat. C'était l'anniversaire de Ron, aujourd'hui. Et il était temps pour Hermione d'enterrer la hache de guerre. Ce serait son cadeau. Et les pièces d'échec, évidement.
Elle prit son temps pour s'habiller et ranger convenablement ses affaires. Malgré la pluie qui ruisselait une fois de plus sur les fenêtres, Hermione espérait que le mois de mars serait celui du renouveau.
Nouveau départ avec Ron, et avec Harry, aussi.
Après la déprime et la morosité du mois de février, elle voulait faire table rase du passé et recommencer à avancer.
Lavande débarqua dans le dortoir, les yeux cerclés de rouge et se jeta sur son lit, enfouissant sa tête dans l'oreiller. Forte de ses nouvelles résolutions, elle estima que faire la paix avec Lavande Brown pourrait être un bon début.
« Hum, Lavande ? Ça ne va pas ? » glissa-t-elle entre deux sanglots.
Lavande se retourna brièvement pour la fusiller du regard.
« Oh, toi, miss-je-sais-tout, ne la ramène pas ! Tout est ta faute ! »
« Quoi ? Mais de quoi est-ce que… »
Interloquée, Hermione resta de marbre tandis que la blonde déversait sa fureur.
« De toute façon, ne te réjouis pas trop vite ! Il ne t'a pas choisie non plus, il préfère Romilda Vane. ROMILDA VANE ! Mais qu'est-ce qu'elle a de plus que moi… »
Hermione abandonna Lavande à ses élucubrations sans queue ni tête et descendit plutôt dans la salle commune.
Elle trouva Ginny dans l'escalier et lui raconta sa conversation avec la petite-amie de Ron, s'installant dans leur canapé habituel pour attendre les garçons lorsque le professeur McGonagall fit irruption dans la tour de Gryffondor.
Elle embrassa la pièce du regard, semblant rechercher quelqu'un. Son air grave n'annonçait rien de bon et elle ouvrit la bouche au moment où son regard se posait sur Ginny et elle-même.
« Miss Weasley, Miss Granger, veuillez me suivre, s'il vous plaît. »
Hermione échangea un regard avec sa voisine et elles s'exécutèrent sans un mot. Elles suivirent le professeur au travers des couloirs. Après avoir descendu une énième volée de marches, Ginny n'y tint plus.
« Professeur, que se passe-t-il ? Où allons-nous ? »
« A l'infirmerie, Miss Weasley. Il semblerait que votre frère ait été victime d'un empoisonnement. »
Hermione sentit son cœur descendre vertigineusement dans ses talons.
« Quoi ? Comment est-ce que… Ron va bien ? »
« Maintenant, oui. Vous pourrez remercier votre ami, monsieur Potter, pour ça. »
Elles accélérèrent le pas et atteignirent l'infirmerie quelques secondes plus tard.
Le cœur au bord des lèvres, Hermione regarda la porte de l'infirmerie à côté de laquelle Harry était assis et elle s'efforça tant bien que mal de se recomposer un visage froid en se plantant devant son meilleur ami.
« Que s'est-il passé, Harry ? »
« Je… Je ne sais pas exactement. » commença-t-il en se levant. « Ron déballait ses cadeaux ce matin et il s'est mis à divaguer d'un coup sur le fait qu'il était fou amoureux de Romilda Vane. J'ai fini par comprendre qu'il avait avalé des chocolats fourrés avec un filtre d'amour qui m'étaient destinés. Alors je l'ai amené chez Slughorn, en espérant qu'il pourrait… Le désensibiliser ou je ne sais quoi… »
Harry se tourna brièvement vers la porte, la voix tremblante.
« Et il a réussi. Mais après… Slughorn a voulu nous offrir à boire et a débouché une bouteille. Le temps qu'on trinque, Ron avait déjà fini son verre et était tombé par terre. Il avait des spasmes et… enfin, on voyait qu'il avait bu du poison, du coup j'ai cherché le bézoard que j'avais donné à Slughorn il y a quelques mois et je lui ai enfoncé dans la gorge et… ça a eu l'air de fonctionner, je crois. »
Ginny n'attendit pas la fin de sa phrase et se jeta à son cou dans une étreinte reconnaissante. Hermione, pour sa part, resta immobile, les yeux fixés sur la porte de l'infirmerie. Elle prit la chaise sur laquelle Harry se trouvait auparavant et s'assit, les mains croisées sur ses genoux pour interrompre les tremblements qui la parcouraient. Elle finit par se tourner vers Madame Pomfresh qui venait de sortir de l'infirmerie et s'entretenait à l'écart avec McGonagall.
« Comment va-t-il ? Est-ce qu'il va se remettre ? » demanda-t-elle, tentant de maîtriser les battements de son cœur.
Elle savait qu'en théorie, un bézoard pouvait annuler toute trace de poison mais ce n'était que de la théorie…
« Il ira bien, Miss. » répondit l'infirmière de son ton empressé caractéristique. « Il devra passer une semaine ici, et s'il prend correctement ses potions et de l'essence de Ruta, il devrait n'avoir aucune séquelle. »
Hermione sentit le poids sur ses épaules s'alléger grandement. Cependant, la culpabilité qu'elle ressentait à l'égard de Ron l'empêchait de se dissiper totalement. Contrairement à ses habitudes, elle passa l'après-midi en silence, devant la porte de l'infirmerie et ne tenta même pas de prendre part aux hypothèses formulées par Ginny et Harry sur le pourquoi du comment Ron avait pu être empoisonné.
Le poids de la culpabilité l'étouffa d'autant plus lorsqu'ils eurent enfin l'autorisation d'entrer dans l'infirmerie. Le regard d'Hermione se posa directement sur le lit d'un Ron endormi et elle sentit sa gorge se serrer. Ron était pâle, il semblait si fragile dans ces draps blancs. Il avait beau être grand et solide par nature, il lui paraissait presque frêle maintenant.
Elle s'installa à son chevet et se renferma dans son mutisme. Elle regardait Ron avec affliction, mourant d'envie de le serrer contre elle et de l'entendre rire. Il lui manquait tellement, et elle persistait à se flageller intérieurement pour avoir été aussi égoïste et bête. Ron aurait pu mourir sans qu'ils se soient réconciliés. Et alors… Et alors elle ne savait ce qu'elle serait devenue. C'était Ron… C'était le soleil, le rire, la joie, la vie… l'amour aussi. Elle regarda une nouvelle fois son visage.
« Allez, Ron, réveille-toi, s'il-te-plaît »
Cette pensée résonnait en boucle dans sa tête et faisait écho à la peine lancinante qui lui lacérait le cœur.
Au fil de l'après-midi, elle resta retranchée sur elle-même tandis que défilaient tour à tour Molly et Arthur puis Fred et George. Ces derniers restèrent une bonne partie de la soirée et Hermione se sentit sortir petit à petit de sa léthargie.
Alors qu'elle lançait une phrase anodine, pour la première fois depuis des heures, d'une voix enrouée, presque malade, Ron sembla s'agiter dans son sommeil et marmonna quelques mots inintelligibles avant de se mettre à ronfler bruyamment.
Hagrid entra dans la pièce vers l'heure du dîner et, quelques instants plus tard, chacun y allait à nouveau de sa propre hypothèse, tant et si bien qu'Hermione finit par intervenir à son tour.
« À mon avis, il ne s'agit pas de Quidditch, mais je crois qu'il existe un lien entre les deux attaques » dit Hermione à voix basse.
« Qu'est-ce qui t'amène à penser ça ? » demanda Fred.
« Eh bien, d'abord, elles auraient dû être fatales dans les deux cas. Or, elles ne l'ont pas été, même si c'est par simple chance. Ensuite, ni le poison, ni le collier ne semblent avoir atteint la personne à laquelle ils étaient destinés. Bien sûr, ajouta-t-elle d'un air grave, d'une certaine manière, ça rend le coupable encore plus dangereux car il ne paraît pas se soucier du nombre de gens qu'il risque d'abattre tant qu'il n'aura pas atteint sa victime désignée. »
Avant que quiconque ait pu réagir à cet inquiétant exposé, les portes s'ouvrirent à nouveau et Mr et Mrs Weasley se précipitèrent dans la salle.
Après quelques minutes d'échanges larmoyants entre les parents Weasley et Harry, ce dernier et Hermione choisirent de laisser Ron en famille et quittèrent l'infirmerie en compagnie d'Hagrid.
« C'est terrible, » grommela Hagrid dans sa barbe tandis qu'ils retournaient vers l'escalier de marbre. « Toutes ces nouvelles mesures de sécurité et les enfants qui sont quand même touchés… Dumbledore se fait un sang d'encre… Il ne dit pas grand-chose mais je le sens bien… »
« Il n'a pas une idée de ce qui se passe ? » demanda désespérément Hermione.
« Des idées, il en a des centaines, j'imagine. Tu penses, un cerveau comme le sien ! » répondit Hagrid avec une loyauté indéfectible. Mais il ne sait pas qui a envoyé ce collier ni qui a mis le poison dans cette bouteille, sinon, on aurait attrapé le coupable, non ? Ce qui m'inquiète, » poursuivit-il à voix basse en jetant un regard par-dessus son épaule, « c'est de savoir combien de temps Poudlard pourra rester ouvert si les élèves se font attaquer. Ça va recommencer comme avec la Chambre des Secrets. Ce sera la panique, de plus en plus de parents enlèveront leurs enfants de l'école, et ensuite, le conseil d'administration… »
Hagrid s'interrompit lorsque le fantôme d'une femme à la longue chevelure les croisa, flottant dans le vide d'un air serein, puis il reprit dans un murmure rauque.
« … le conseil d'administration voudra fermer l'école pour de bon. »
« Quand même pas ? » dit Hermione, effarée.
« Il faut se mettre à leur place, » répondit Hagrid d'une voix accablée. « C'est toujours un peu risqué d'envoyer un enfant à Poudlard, non ? On s'attend forcément à des accidents avec des centaines de jeunes sorciers enfermés ensemble, mais des tentatives de meurtre, c'est différent. Pas étonnant que Dumbledore soit en colère contre Ro… »
Hagrid se figea sur place et une expression coupable qui leur était familière apparut sur ce que sa barbe noire et hirsute laissait voir de son visage.
« Quoi ? s'exclama Harry. Dumbledore est en colère contre Rogue ? »
« Je n'ai jamais dit ça, répliqua Hagrid, trahi cependant par son air soudain paniqué. Vous avez vu l'heure ? Il est près de minuit, il faut que je… »
« Hagrid, pourquoi Dumbledore est-il en colère contre Rogue ? » interrogea Harry d'une voix forte.
« Chut ! » dit Hagrid, qui paraissait à la fois inquiet et courroucé. « Ne crie pas ces choses-là, Harry, tu veux que je perde mon travail ? Remarque, ça vous serait égal, je suppose, puisque vous avez laissé tomber les cours de soins aux créa… »
« N'essayez pas de nous donner mauvaise conscience, ça ne marchera pas ! protesta Harry d'un ton tranchant. Qu'est-ce qui s'est passé avec Rogue ? »
« Je ne sais pas, Harry, je n'aurais jamais dû être au courant ! Je… Je revenais de la forêt l'autre soir et je les ai entendus parler ou plutôt se disputer. Je ne voulais pas attirer l'attention sur moi et donc je suis resté dans l'ombre en essayant de ne pas écouter mais c'était… une discussion animée et j'avais du mal à ne pas entendre. »
« Alors ? » le pressa Harry tandis que Hagrid dansait maladroitement d'un pied sur l'autre.
« Alors… j'ai simplement entendu Rogue dire à Dumbledore qu'il avait un peu trop tendance à penser que tout allait de soi mais que lui -Rogue- n'avait peut-être plus envie de le faire… »
« Faire quoi ? »
« Je ne sais pas, Harry. Apparemment, Rogue trouvait qu'il avait trop de travail, c'est tout et Dumbledore a répondu d'un ton très sec qu'il avait accepté et que c'était comme ça. Il a été assez dur avec lui. Et puis, il a aussi parlé à Rogue d'une enquête qu'il devrait mener dans sa maison, à Serpentard. Eh bien, quoi, ça n'a rien d'étonnant ! » ajouta précipitamment Hagrid en voyant Harry et Hermione échanger des regards éloquents. « Il a demandé à tous les directeurs de maison de chercher ce qui avait pu se passer dans cette histoire de collier… »
« Oui, mais Dumbledore ne s'est pas disputé avec eux », fit remarquer Harry.
« Écoute… » Hagrid tritura son arbalète d'un air gêné. Il y eut alors un craquement sonore et elle se cassa en deux. « Je sais ce que tu penses de Rogue, Harry, et je ne veux pas que tu ailles imaginer des choses. »
« Attention », dit Hermione d'un ton bref.
Ils se retournèrent juste à temps pour voir l'ombre d'Argus Rusard se dessiner sur le mur derrière eux, suivie de Rusard lui-même qui tourna le coin, le dos voûté, les bajoues frémissantes.
« Oho, » lança-t-il de sa voix sifflante. « Dans les couloirs à cette heure-ci ! Ça signifie une retenue ! »
« Non, pas de retenue, Rusard ! » répondit sèchement Hagrid. « Ils sont avec moi, non ? »
« Et qu'est-ce que ça change ? » demanda Rusard d'un ton odieux.
« Ça change que je suis un enseignant, espèce de Cracmol sournois ! » répliqua Hagrid, en s'enflammant aussitôt.
Rusard se gonfla de fureur et on entendit soudain un sifflement. Miss Teigne venait d'arriver en catimini.
Elle se faufila, sinueuse, entre les chevilles décharnées de son maître.
« Allez-y », dit Hagrid du coin des lèvres.
Sur ces bons conseils, Hermione et Harry filèrent au pas de course. Une chanson de Peeves plus tard, ils traversaient le portrait de la Grosse Dame et Hermione laissa Harry dans la salle commune tandis qu'elle montait se coucher.
Il lui fallait méditer tout ce qu'elle avait appris. Elle sentait qu'elle tenait une piste avec l'hypothèse qu'elle avait formulée auprès de ses amis à l'infirmerie, un peu plus tôt dans la soirée.
Son esprit tournait à plein régime tandis qu'elle réfléchissait aux révélations de Hagrid, à la potentielle implication d'un étudiant, à l'état préoccupant de Ron…
Elle finit par s'écrouler, tout habillée et le cœur lourd, avec l'espoir que le lendemain lui apporterait des réponses.
XXX
Hermione se réveilla, ce dimanche, avec la ferme intention de faire la paix, une bonne fois pour toutes, avec Ron.
S'étant levée à l'aube, elle prit le temps de s'apprêter plus soigneusement que d'habitude pour tuer le temps, en attendant que l'infirmerie soit ouverte aux visites. Lorsqu'elle descendit dans la salle commune, elle rejoignit Ginny qui paraissait agacée.
« Salut Ginny ! Tout va bien ? »
« Oh, Hermione, ça va… Je me suis encore embrouillée avec Dean. »
« Oh non, que s'est-il passé ? »
« Il m'a encore fait une crise parce que je ne lui ai pas dit bonne nuit hier. J'ai essayé de lui expliquer que Ron était à l'infirmerie et que j'avais préféré consacrer mon temps à ma famille mais visiblement, il ne supporte pas le fait de ne pas être constamment le centre du monde. Il commence vraiment à me gonfler. »
Hermione eut un sourire de compassion et lui tapota gentiment l'épaule.
« Ne t'inquiète pas, il reviendra à la raison, comme d'habitude. »
« Peut-être, mais pas sur que je supporte ça encore longtemps. » Répliqua la rouquine, les dents serrées.
Leur conversation s'interrompit d'elle-même lorsque Harry descendit les escaliers de son dortoir.
Avant qu'Harry n'ait pu les rejoindre, une Lavande Brown en furie fonça sur lui. Ginny leva les yeux au ciel avec une moue agacée tandis que la petite-amie de Ron se scandalisait de n'avoir appris que le matin même que Ron avait été empoisonné. Harry tenta tant bien que mal de se dépêtrer de Lavande et entreprit de rejoindre ses amies pour le descendre petit-déjeuner.
« … mais je suis sur qu'il sera heureux de te retrouver quand tu iras le voir à l'infirmerie. J'ai… hum… beaucoup de choses à faire aujourd'hui et… il faut que j'y aille. A plus tard, Lavande. »
Harry s'approcha d'Hermione lorsque les cris de Lavande devirent outranciers.
« AH ! C'est sûr que Granger a su tout de suite, ELLE, que mon Ron-Ron n'allait pas bien ! Tu n'en as plus marre de lui, ça y est ? Tu ferais mieux de rester à distance, il n'a certainement pas BESOIN de tes mauvaises ondes pour guérir ! De toute façon tu n'es qu'une… »
« Ok, » interrompit Harry avec précipitation. « On y va ! »
Ils s'échappèrent de la salle commune de Gryffondor alors que Lavande hurlait encore.
Les trois amis s'installèrent auprès de Neville pour le petit-déjeuner, se moquant ostensiblement de la prestation dramatique de la petite-amie de Ron, à grand renforts d'éclats de rire.
Alors qu'ils s'apprêtaient à quitter la Grande Salle pour l'infirmerie, Ginny et Harry furent retenus par Cormac McLaggen, fraichement nommé gardien remplaçant, qui tenait impérativement à organiser une réunion dès le matin pour soumettre ses idées et ses tactiques à l'ensemble de l'équipe.
Hermione les laissa derrière elle à regret et rejoignit seule l'infirmerie, les bras chargés de restes destinés à Ron.
Elle entra discrètement dans la pièce, la boule au ventre, et s'approcha du lit de Ron qui semblait dormir encore. Elle déposa sur la table de chevet les victuailles qu'elle avait apportées et se tint, droite comme un i, les bras ballants, ne sachant trop que faire. Alors que son courage était sur le point de l'abandonner, les yeux de Ron s'ouvrirent d'un coup.
« Hermione ? » demanda-t-il d'une voix éraillée.
Le sourire timide qui suivit donna à Hermione un regain de vaillance.
« Comment ça va ? »
« Je suis un peu fatigué… Madame Pomfresh m'a expliqué ce matin quand je me suis réveillé ce qui m'était arrivé mais j'ai du mal à me rappeler… C'est encore flou. »
Hermione s'assit sur le siège qui se trouvait à son chevet et ils repassèrent ensemble longuement sur les détails de l'évènement de la veille tandis que Ron se jetait littéralement sur la nourriture qu'elle lui avait apporté.
Elle lui raconta également la réaction de Lavande, ce matin-là, et ne put retenir un léger sourire de satisfaction à voir Ron grimacer à la mention de sa petite-amie. Elle profita donc de l'ambiance apaisée et du fait qu'ils soient juste tous les deux pour aborder la raison principale de sa venue.
« Ron… Je voulais te dire… »
« Je… je suis désolé Hermione. Pour… tout. » l'interrompit-t-il gauchement. « Je suis désolé d'avoir été aussi méchant et distant avec toi depuis le début de l'année. Beaucoup de choses me travaillaient et je crois que j'étais… un peu jaloux. Harry et toi, vous aviez tous les deux bien évolué avec… enfin, vous étiez déjà sortis avec des gens, et tout ça… et même Ginny, d'ailleurs ! » poursuivit-t-il avec une nouvelle grimace. « Et, je crois que je me sentais… à la traîne. Et… enfin… tu me manques, et notre amitié aussi… Enfin ce que je veux dire, c'est… tu veux bien me pardonner ? Et qu'on redevienne amis comme avant ? »
Le sourire plein d'espoir qu'il lui lança à ce moment là fit fondre Hermione jusqu'au plus profond de ses entrailles. La tendresse et l'affection qu'elle ressentait à ce moment là lui réchauffèrent le cœur. Elle prit sa main entre les deux siennes et lui sourit à son tour de toutes ses dents.
« Bien sûr, Ron, tu sais que je ne peux pas rester fâchée contre toi. Et… tu m'as manqué aussi. »
Elle s'était rapprochée de lui, sans s'en rendre compte, et son visage se trouvait à présent à quelques centimètres du sien. Le regard duquel il la couvait faisait monter en elle une délicate vague de chaleur et alors que leurs yeux se connectaient, Hermione sentait qu'il était sur le point de l'embrasser. Mais, curieusement, cela créa en elle un moment d'incertitude. Elle n'était pas sûre de vouloir cela de lui… Une part d'elle-même éprouvait de la curiosité à l'idée d'éprouver cette forme de tendresse pour Ron. Elle était sûre qu'avec le temps, il pourrait probablement la rendre heureuse mais cela n'avait pour l'instant rien de naturel. Ce n'était pas automatique, son cerveau tournait à plein régime, elle n'était pas certaine de pouvoir se laisser aller, elle ne pouvait s'empêcher de réfléchir à tout ce qui pourrait mal se passer. Non, ce n'était définitivement pas naturel, pas intense, pas assourdissant comme ça pouvait l'être avec… Malefoy. Encore lui.
Elle n'avait pas bougé, alors que Ron se rapprochait encore. Elle ne parvenait pas à prendre de décision. Aussi, se retint-t-elle de soupirer de soulagement lorsque les voix d'Harry et Ginny remplirent la pièce. Les portes de l'infirmerie s'ouvrirent et Ron reprit sa place initiale, l'air de rien.
Il lui lança un petit regard de connivence en récupérant sa main alors que sa sœur et son meilleur ami approchaient et Hermione y répondit légèrement, profitant du fait que Ginny et Harry accaparent l'attention de Ron pour se replonger dans ses pensées.
Elle s'en voulait. De ne plus savoir ce qu'elle désirait, de ne plus être sûre de vouloir Ron de cette manière. Elle avait eu une sorte de béguin pour lui, qui avait duré des mois et des mois, et qu'elle avait soigneusement enterré au fond d'elle-même depuis le début de l'année scolaire. Dorénavant, elle avait l'impression de l'avoir enfoui tellement profond qu'elle l'avait perdu. Et tout ce qu'elle parvenait à voir à ce moment précis, c'était le visage de Malefoy. Quel enfoiré, celui-là ! Pourquoi avait-il fallu qu'il mette le bazar dans son esprit déjà encombré ? Par facilité, Hermione se refusait à assumer tout de suite sa part de responsabilité. Il était bien plus facile de tout mettre sur le dos du Serpentard.
Alors que la journée passait, et que ses liens avec ses amis retrouvaient leur solidité d'antan, elle laissa cet épineux problème dans un coin de sa tête et termina la journée sur une conclusion simple. Hermione Granger demeurerait seule et fière de l'être, et ferait en sorte de ne plus jamais, au grand jamais, se retrouver dans une situation aussi compromettante.
XXXXXX
Je crois qu'il est temps de faire une petite note d'auteur :
J'aime les happy end, j'aime la joie dans les fanfics et j'aiiime les dramiones ! Bon je sais, Malefoy vous manque, j'ai BIEN COMPRIS hahaha mais ne vous inquiétez pas, il revient d'ici peu, et en force ! Je pensais simplement qu'il était important de boucler la boucle Hermione/Ron une bonne fois pour toutes ! (La cohérence, c'est important aussi !) Merci à toutes les personnes qui me laissent des reviews, énormes COEURS sur vous ! Je reviens vite avec le prochain chapitre, des bisous !
