Titre : Si nous pouvions revenir à ce jour...
chapitre 21 : Le monde est un navire nommé Espoir
couple : milo x camus
note : voici un petit chapitre un peu plus long que d'habitude, j'espère qu'il vous plaira. Je vous informe que je ne posterai pas la semaine prochaine, faute de connexion Internet. Je vous souhaite une bonne lecture !
résumé : Ikki a mal à la poitrine,
Hémithéa s'inquiète,
Camus fait des découvertes,
Aphrodite joue les mauvaises langues.
disclaimer : Masami Kurumada
BONUS : La lueur disparue, histoire d'un chapitre qui raconte comment Camus a vécu sa résurrection et comment il a dû rebâtir sa relation avec Milo, sort en même temps que ce chapitre. Pour ceux – celles ? – qui veulent savoir en avance et avec plus de précision ce qui s'est passé pour que Psyché ressente tant de haine et de colère, c'est par ici... ^^(enfin je veux dire hors le fait d'avoir ses deux parents décédés, d'avoir vu son père revenir en spectre et vivre quotidiennement avec son assassin, hein).
Ce n'est ABSOLUMENT PAS une obligation, vous aurez quand même des réponses plus tard dans cette fic'-ci, et inversement, l'autre peu se lire sans avoir lu celle-la.
Voilà voilà, j'arrête de vous embêter, et je vous souhaite une bonne lecture !
Ikki passa une main sur sa poitrine, à l'endroit exact où se trouvait une minuscule plaie. Ce n'était pas normal. Il n'aurait pas dû avoir mal ici. Éros l'avait frappé de sa flèche doré, celle dont il se servait pour rendre les gens amoureux, mais lui était déjà épris d'Hémithéa quant il avait tiré, et c'était précisément sa compagne que le dieu avait visé. Donc à part lui donner le courage d'avouer ses sentiments à la deuxième gardienne, cette attaque n'avait servis à rien. Alors pourquoi se remettait-il à avoir mal...?
L'homme jeta un coup d'œil à la jeune femme qui se réveillait doucement dans le lit derrière lui. Hémithéa du Taureau ne ressemblait pas aux autres filles dont il était tombé amoureux. Il y avait eu Esméralda, dont il continuait de venir fleurir la tombe régulièrement, et Pandore, la « grande sœur » d'Hadès. La première était la douceur même tandis que l'autre une âme en peine qui avait voulu rattraper le mal qu'elle avait fait dans ses derniers instants de vie. Deux victimes de l'existence, en quelque sorte. Ce n'était pas le cas de la femme qui partageais désormais ses nuits. Elle était courageuse, noble et éprise de justice. Comme lui. Et c'était sans doute ce qui l'avait marqué en premier, quand il l'avait rencontré : ce désir de venir en aide aux autres et de défendre ceux qui ne le pouvait pas sans paraître faible en retour. Elle avait la force d'un chevalier d'or, et, quand elle retirait son masque, elle était plutôt jolie. Très jolie, même. Et elle était respectueuse des règles. Beaucoup de gens avaient eu un peu de mal avec le fait que lui, chevalier réputé rebelle et indomptable, se soit mis en couple avec celle dont la loyauté envers les lois frôlait l'aveuglement. Ce que les gens n'avaient pas compris, c'était qu'ils s'aidaient mutuellement. Elle lui montrait qu'il pouvait être libre sans pour autant enfreindre chaque règle inscrite, lui lui apprenait à lâcher du leste quand le besoin s'en faisait sentir. Et puis ils se faisaient confiance : il acceptait qu'elle reste avec ses « amis » - comprendre ce pleurnicheur de Pollux, ce mannequin incompris d'Albafica, cette brute d'Aldo et ce danger public de Psyché – et en échange elle le laisser continuer à veiller sur son frère et faire ses pèlerinages religieux sur l'île de la Reine Morte. Non, vraiment, Hémithéa était quelqu'un de bien. De très bien même, parce qu'elle le rendait meilleur.
- Ikki ?
Le chevalier du Lion se retourna pour voir Hémithéa, en nuisette grise (sa couleur préférée) et léger gilet blanc s'avancer vers lui, un air un peu inquiet sur le visage.
- Tout va bien ? demanda-t-elle en s'arrêtant à un mètre de lui.
- Oui, ne t'en fais pas, répondit-il.
L'homme de trente ans franchit la distance qui les séparait pour venir poser une main sur l'épaule de sa petite amie.
- Et toi, comment vas-tu ? Tu as l'air inquiète ces derniers temps.
Hémithéa soupira et vint poser sa tête sur l'épaule de son compagnon.
- J'ai l'impression qu'un malheur va s'abattre sur le Sanctuaire, avoua-t-elle. Et avec Psyché qui est toujours dans la nature...
- Nous avons affrontés l'Enfer sans elle, rappela l'ancien phénix. Nous nous en sortirons. Et puis elle a promis de rentrer au moindre problème, n'est-ce pas ?
La femme aux cheveux argents hocha la tête.
- C'est étrange, mais je m'inquiète plus pour elle que pour ma propre famille.
Elle se dégagea d'un mouvement d'épaule pour se tourner face à lui et planter son regard marron/gris dans celui bleu de son partenaire.
- Tu trouves que je suis bizarre ?
Contrairement à la plus part des chevaliers, Hémithéa n'était pas orpheline. Ses parents, pauvres villageois, vivaient encore à Rodario avec les six frères et sœurs de la jeune femme. Aldébaran l'avait trouvée quelques temps avant la bataille du Sanctuaire. Mais le fait était qu'elle avait encore une famille. Qu'elle ne voyait pratiquement jamais, considérant que son enfance dans ce village était un autre chapitre de sa vie. Ikki fronça les sourcils. À bien y réfléchir, il ne connaissait rien de la vie de la jeune femme avant qu'elle ne rejoigne le camps d'Athéna.
- Tu n'es pas bizarre, la rassure-t-il en plantant son regard dans le sien. C'est normal que tu fasse passer ta famille en priorité.
- Je viens de te dire que...
- Tu ne considère pas tes amis, tes proches au Sanctuaire, comme ta famille ?
- Si mais...
Hémithéa baissa les yeux.
- N'ai pas honte de ce que tu es, lui rappela l'ancien Phénix. Quoi que tu es vécu, si tu souhaites te détacher de ceux qui t'ont vu naître, il n'y a que toi que ce choix regarde.
Il attira la Taureau à lui et déposa un baiser sur le haut de son front. Mais alors qu'il se penchait légèrement pour prendre ses lèvres, la douleur qu'il avait ressenti tout à l'heure à la poitrine revint soudainement.
- Ikki ? Ça ne va pas ?
- Nous devrions aller nous entraîner, dit le Lion en repoussant légèrement sa partenaire.
Partenaire qui fronça les yeux en le voyant s'éloigner d'un pas qui se voulait presque assuré. Presque.
Camus soupira devant le refus net et catégorique qu'il venait de recevoir. Il avait eu le malheur de suggérer au maître de Déimos d'aller s'allonger parce qu'elle semblait fatiguée – pour ne pas dire épuisée – et il en payait les frais. Milo et sa propre fille étaient plus raisonnables. Quoi que « Milo » et « raisonnable » dans la même phrases... Il reporta son attention au masque de métal qui lui faisait face. Quelque chose lui disait que le visage qui se cachait en-dessous n'affichait pas un franc sourire de bienveillance.
- Délos décuple les capacités et j'ai bien l'intention d'en profiter, siffla-t-elle.
- Vous avez des limites, comme tous le monde, gronda le Verseau. Et je peux très bien me charger de votre disciple.
- Aux dernières nouvelles, mon enseignement porte plus ses fruits que le tien.
Camus devait bien reconnaître que cette femme faisait parti des quelque maîtres qui arrivaient à entraîner des chevaliers en un temps record. Mais ça ne l'empêchait pas de prendre un peu de temps pour elle. Car il n'y avait pas à tergiverser, la femme chevalier avait atteint ses limites. Son cosmos se régénérait affreusement lentement, et toute son énergie semblait passer à la guérison de ses blessures physiques. Il ne comptait plus le nombre de fois où, en quelques jours, il l'avait vu couverte de sueur ou prise de tremblements, parfois même manquant de s'évanouir. Ce n'était pas sérieux. Même lui, lorsqu'il rentrait d'une mission couvert de blessures, il prenait quelques temps pour se reposer et guérir à l'infirmerie du Sanctuaire, au lieu de vouloir forcer jusqu'à la mort. Et il n'imaginait même pas ce que c'était pour une femme enceinte qui venait d'affronter un Titan millénaire en libérant du cosmos au delà des limites de son corps. Rien que cela aurait suffit à mener la plus part de ses connaissances aux portes du royaume d'Hadès.
- Si vous tenez un minimum à la vie de vos enfants, ainsi qu'à la votre, vous devez vous reposer. Ce n'est même pas discutable.
Au bout d'un intense combat de regard acharné, le Verseau finit par obtenir gain de cause.
- Je ne me fais aucune illusion sur la raison de ta présence encore ici, rajouta néanmoins Psyché avant de se diriger vers ce qui leur tenait lieu de maison. Mais sache que ce n'est pas parce que tu m'écartes une journée que tu vas réussir à en apprendre plus sur moi.
Nouveau soupire de la part du français. Bien sûr qu'elle avait compris pourquoi il était encore là. Le contraire l'aurait même étonné.
Il se dirigea vers le jeune Déimos, qui attendait patiemment sur un rocher que « les adultes » aient fini de discuter.
- Mon maître ne vient pas ? demanda-t-il.
- J'ai réussit à l'envoyer se reposer, expliqua le français.
- Pourquoi vous voulez à ce point savoir qui est mon maître ? Moi elle ne m'a rien dit et je m'en contente très bien.
Le chevalier du Verseau jeta un coup d'œil suspect au jeune apprenti.
- Tu es sûr de ne vraiment rien savoir ? finit-il par lui demander de sa voix impassible.
L'adolescent hésita un instant avant de répondre. Camus pu voir un léger doute passer dans le regard vert. Comme si le futur chevalier d'Orion n'était pas sûr de ce qu'il allait dire.
- Mon maître va souvent dans la grotte, derrière la cascade. Je suis presque sûr que c'est là qu'elle cache son armure.
Il leva les yeux vers ceux du chevalier du froid.
- C'est tout ce que je sais.
D'un geste lent et gracieux, l'homme aux cheveux écarlates – qui avait d'ailleurs prévu de se refaire sa chère teinture bleue/verte en rentrant – agita la main. Et à quelques mètres de l'adolescent, un mur de glace jaillit du sol.
- La chaleur conjuguée de ton cosmos et de tes flammes doit être capable de faire fondre la glace, expliqua le plus âgé. Si tu es aussi proche que le dit ton maître de recevoir ton armure, ça ne devrais pas te poser de problèmes.
Déimos hocha la tête et entama son exercice. De son côté, le français pris la direction de la cascade, laissant seul l'apprenti. Il ne savait pas pourquoi, mais il sentait que ce que cachait la femme chevalier était important. Assez important pour vouloir le dissimuler aux yeux des autres chevaliers, fussent-ils d'une autre époque.
Camus s'arrêta devant l'immense chute d'eau qui venait du volcan(?). Avant de chercher l'entrée de la grotte. Pour cela, il dû s'aventurer dans l'eau fraîche et faire le tour du bassin plusieurs fois avant d'en remarquer l'entrée.
Aussitôt qu'il pénétra à l'intérieur de la caverne, il sentit une énergie puissante et bienfaisante l'envahir. Un peu comme s'il retrouvait des forces dont il n'avait pas conscience de manquer. À bien y réfléchir, c'etait peut-être parce qu'elle passait beaucoup de temps ici que le maître de Déimos avait pu rester aussi longtemps sans faiblir.
Après quelques minutes à contempler cet étrange endroit, son regard fut attiré par une lueur dorée venue du fond du couloir principal. Déimos avait dit que c'était ici que son maître gardait son armure. Cette lumière était-elle celle de la protection de son mentor ?
Camus se rapprocha jusqu'à voir une boîte de couleur or d'où se dégageait une douce chaleur. Ou plutôt...un cosmos.
Une boîte dorée... Le chevalier du froid fronça les sourcils. À sa connaissance, il n'y avait que douze armures qui dégageait une telle lumière. Ce pourrait-il que cette femme soit un chevalier d'or ? C'était...parfaitement logique. Et ça expliquait déjà beaucoup de choses.
Il avança encore de quelques pas, pour pouvoir distinguer clairement de quelle armure il s'agissait. Mais tout chevalier des glaces qu'il était, il dû s'avouer qu'il ne s'attendait pas à ça. Pas du tout. Il n'aurait jamais cru que cette femme était le chevalier d'or du Scorpion.
Le jeune homme tandis une main pour toucher l'armure. Mais avant qu'il est pu l'atteindre, son poignet fut bloquer par une poigne ferme, qui le força à faire volte face. Plus par réflexe qu'autre chose, il donna une violant coup de poing dans la figure de son assaillant, ce qui eu pour effet de faire voler le masque de la femme qui l'avait agrippé.
Psyché releva la tête, un peu plus sonnée par le coup que ce qu'elle laissa paraître. Néanmoins, elle vit très clairement l'éclair de confusion passer dans le regard de Camus. Mais elle n'avait pas le temps de s'en formaliser. Elle avait établit des règles, et elle entendait qu'on les respectent, même quant il s'agissait de son père.
- Je t'avais dit de ne pas fouiller dans mon passé, siffla-t-elle.
- Qui êtes-vous ?
La question la déstabilisa un instant, même si elle était tout à fait légitime.
- Quelqu'un que tu ne tiens pas à connaître, finit quand même par répondre la jeune femme.
Elle lâcha le poignet du Verseau et tandis la main pour récupérer le masque de métal que lui tendait Ancha. Elle se fit la réflexion qu'elle l'avait d'ailleurs bien éduqué. C'était lui qui l'avait prévenu que Camus cherchait l'entrée de la grotte. S'il avait utilisé ses pouvoirs sur son armure et découvert qui elle était vraiment, elle n'imaginait même pas ce qui ce serait passé. Par contre, il lui restait maintenant quelque chose à faire.
- Suis-moi, fit-elle en se dirigeant vers la sortie.
Camus hésita un instant, puis finit par se décider. Il aurait tout le temps de poser des questions plus tard.
La silhouette fantomatique glissa sur l'eau, jusqu'à atteindre le centre du lac où se trouvait une femme aux longs cheveux bruns et bouclés, à la peau brune et le regard vert olive vieillit par les ans, mais surtout empreint de sagesse. C'était toujours ce qui la fascinait, lorsqu'elle croisait ces yeux. Toutes ces expériences engrainées au fil du temps, et cette étrange lueur qui continuait pourtant d'y briller. De ce qu'elle avait vu, c'était bien la seule chose qu'elle avait léguée à sa fille.
- Bonsoir Psyché, murmura la brune. Je suis contente de voir que tu as pu te libérer.
La femme-fantôme inclina respectueusement la tête.
- C'est en partie grâce à toi, répondit-elle. Je ne te remercierai jamais assez pour ce que tu as fais. Grâce à toi, cette odieuse malédiction à pu prendre fin.
- Nous n'en avons pourtant pas encore terminé. Astria est-elle toujours d'accord ?
- Bien sûr. Nous étions trois dans ce plan. Qui jusqu'à présent ce déroule à merveille.
- Oui...
La femme aux yeux verts ferma ses paupières et laissa échapper un petit soupir.
- Des fois, je me demande si le prix à payer pour lever cette malédiction n'était pas trop élevé.
- Tu as peur pour la suite ? demanda la déesse de l'âme. Tu as pourtant créé son corps dans ce but...
- Mais elle souffre tellement. Et le fait que tu ai voulu la soulager en la coupant de notre lien – du moins conscient, j'ai toujours pu l'atteindre en rêve – n'aurait pas rendu les choses pires.
- Ne vous en faites pas, même s'il est faible, l'espoir est toujours présent.
Les deux femmes se retournèrent à l'entente de la voix de la troisième et dernière arrivante.
- Astria...
- Nous nous sommes assez mêlées de sa vie comme ça, et après cette dernière action, il sera temps pour nous d'en sortir. Faire confiance est encore la meilleure solution, car même si les tourments liés à sa naissance finiront par disparaître dans un futur proche, ceux des chevaliers peuvent malheureusement durer jusqu'à leur mort. À moins... qu'une paix éternelles soit instaurées entre les dieux.
Le sourire énigmatique de l'oracle de Delphes trouva un écho dans les regards respectivement verts et gris de l'étrange femme et de la déesse de l'âme. Confiance, oui. Elles pouvaient lui faire confiance.
Les infernaux talons de l'armure réveillèrent le bel endormi, qui jeta un regard las sur la femme aux cheveux bruns et grands yeux bleus clairs où brillaient un éclat difficilement identifiable.
- Bonsoir Hédoné, marmonna Antéros. Qu'est-ce que tu viens faire là ?
- Je prends de tes nouvelles, lui révéla sa nièce, même si l'ange savait pertinemment qu'elle se fichait de son état de santé. Je dois savoir quand tu seras prêts à lancer notre offensive contre le Sanctuaire d'Athéna.
Ça n'avait pas loupé. Aucun des deux ne s'appréciait, alors autant éviter les politesses.
- Quelques jours tout au plus, répondit le dieu. Tu as déjà prévu un plan d'attaque ?
- Bien sûr, fit la général avec dédain. Je ne suis pas comme toi qui préfère foncer dans le tas. Nous allons affronter l'élite de la chevalerie, nous nous devons d'être préparés, surtout que nous devons à tout prix faire croire que c'est à eux que nous en voulons, et nous à cette idiote de chevalier du Scorpion.
- Tu serais prête à faire du mal à Athéna ? s'étonna le brun.
- Aphrodite n'y vois pas d'inconvénients. Et de toutes façon, nous devons récupérer ma mère. Il n'y a pas qu'Athéna qui est en conflit avec d'autres divinités.
- Ouais enfin, Psyché est loin d'être la plus forte d'entre nous. C'est rare qu'elle participe vraiment à l'action. À mon avis, Aphrodite veut juste te mettre à l'épreuve en t'envoyant toi-même châtier ta mère.
- Tu es bien naïf si tu penses que le pouvoir de manipuler les âmes ne nous est d'aucune utilité, renifla la déesse du plaisir. D'autant plus que notre reine sait parfaitement qu'elle sert aussi mes intérêt en m'envoyant là-bas.
Antéros se redressa.
- Tu veux toujours écraser du scorpion ? Ça risque de ne pas être facile, crois-moi.
- Rien n'est facile si on se met à ta place, cingla-t-elle avant de se retirer, non sans avoir lancer une œillade noir au dieu brun.
Le jour où ils se parleraient sans se mépriser n'était pas encore arrivé.
Camus avait suivi la femme chevalier jusqu'à une falaise où elle s'était assise et avait contemplé le soleil couchant. Elle avait invité le Verseau à le rejoindre et maintenant, ils étaient deux à fixer l'horizon, l'une au regard rendu impénétrable par un masque de métal, l'autre les yeux perdus dans le vague de ses pensées.
- Un chevalier d'or ne devrait pas tomber enceinte.
Le jeune homme prononça ces mots d'un ton à la frontière entre le reproche et la mise en garde. Et ce fut sur exactement le même que la femme lui répondit.
- Un chevalier du froid est censé se détacher de tout sentiment. Pourtant, tu es loin d'en être dépourvu.
Il prit un instant pour considérer ces paroles.
- Que savez-vous de moi ? finit-il par demander.
- Beaucoup de choses, avoua la mentor de Déimos. Dont tes sentiments pour mon prédécesseur.
- Prédécesseur... ?
- Quoi, ça t'étonnes que j'ai succédé à Milo en tant que chevalier du Scorpion ? Je pensais que tu avais compris que je venais du futur par rapport à toi.
Camus secoua la tête.
- Non, répondit-il. Je me doutais que c'était pour ça que vous éclipsiez votre identité. Et peut-être pour cacher votre honte, aussi.
- Ma honte ?
Psyché tourna la tête vers l'homme aux cheveux d'un roux écarlate.
- Ça se voit que tu ne me connais pas. Je n'ai jamais eu honte de quoi que ce soit dans ma vie, et ce n'est pas aujourd'hui que ça va m'arriver. Pourtant, j'ai fais de nombreuses choses que l'on pourrait qualifier de « honteuses ».
- Vous êtes un assassin, se souvint le français au regard de l'armure protectrice de la jeune femme, qui hocha la tête.
- J'ai des principes, et la honte ou les regrets n'en font pas partis. Donc avant que tu ne poses la question, je ne regrette absolument pas d'être tombée enceinte, même si c'était par accident. J'aime mon compagnon, et il m'aime également. De plus, je te trouve bien mal placé pour me juger.
Le regard bleu ciel du chevalier du froid se porta vivement sur la Scorpion. Qu'avait-elle dit ?
- Je vous repose la question, fit-il froidement. Que savez-vous de moi ?
Il prit une seconde avant d'ajouter :
- Ou plutôt : y-a-t-il un lien entre vous et moi ?
Psyché n'hésita pas vraiment avant de donner sa réponse. Après tout, Camus oublierait tout de cette conversation une fois parti de Délos. Et s'il s'en souvenait, ce ne serrait pas avant seize longues années.
- Oui. Mais il est différent de ce à quoi tu t'attends.
Camus médita un instant sur ces paroles.
- Je crois que j'aurais beau essayer, je ne vous comprendrai pas.
Il se leva et se tourna en direction de la maison, où Déimos s'entraînait toujours.
- Je pense qu'il est temps pour moi de partir. Mais avant, j'aurais une dernière question à vous poser.
Psyché inclina la tête, pour lui faire comprendre qu'il pouvait parler.
- De quelle manière vivez-vous pour ainsi être détachée des règles et prendre à ce point à cœur votre devoir en tant que chevalier ?
La Scorpion tourna la tête vers le soleil couchant.
- « Une chanson s'éveille et nous appelle. Le gens répètent cette chanson dans leur cœur. Je ferai rayonner l'amour dans le ciel où la lumière a disparu. Peu importe la force de vos prières, les gens font des erreurs. Nous nous pardonnons et nous rêvons. Un voyage sans fin. Tout le monde cherche le sens de la vie. Le monde est un noble navire : il nous fait tanguer et tangue aussi. Il enveloppe tout, et accueille tout le monde sans distinction. Le monde est un navire nommé Espoir il nous fait tanguer et tangue aussi. Il transporte la tristesse des gens, et il accueillera l'aube un jour ou l'autre. »**
- Qu'est-ce que c'est ? demanda le Verseau.
- La réponse à ta question.
Éparpillés dans le salon du deuxième Temple, treize anciens chevaliers d'or plus deux anciennes chevaliers d'argent se faisaient face, passant de crises de nerfs en crises de nerfs.
- Et je ne peux même plus traverser ma propre Maison sans tomber sur eux ! s'écria Kanon, au bord de l'apoplexie. Et pour la chasteté, on repassera ! Pire que Camus et Milo à leur grande époque, je vous l'dit !
Un doigt d'honneur scorpionesque salua cette dernière phrase.
- Kanon, ce n'est pas parce que tu es frustré que tu dois passer ta colère sur deux êtres innocents, susurra Aphrodite. Il faut bien qu'il le fasse quelque part, les petits.
- Frustré ?! releva l'ex-dragon des mers. Et excuse-moi, mais le gamin n'a plus rien d'innocent, là ! Si encore ils appliquait le principe « d'intimité », je ne dis pas mais là,... Ton disciple l'a totalement dévergondé ! accusa le Gémeau bis en pointant un index colérique vers Masque de Mort.
Ricanement depuis l'ancien gardien du quatrième temple.
- Je ne te savais pas si attaché à la pureté du disciple de ton frère, fit-il dans un son qui se situait entre le rire et le grognement de grizzly au réveil. Un peu plus et on dirait Milo avec sa gosse.
- Je la protège de vos salles pattes répugnantes ! gronda un Scorpion qui n'aimait pas qu'on touche à sa meute composée d'une Scorpion et d'un Verseau.
- Avec 90% de gay au Sanctuaire, tu pourrais lui fourguer une ceinture de chasteté que ça n'y changerait rein, argua Aiolia, qui se comptait fièrement dans les 10% restant.
- Je ne parierais pas la dessus, murmura Aphrodite pour lui-même, avant de jeter un coup d'œil entendu au crabe qui lui servait de compagnon.
Il avait hâte de voir la tête de Milo – ou plutôt entendre son cri avant l'arrêt cardiaque – quant il apprendrait la relation de leur deux disciples. Tiens, puisqu'il pensait à Albafica...
- Camus très cher, commença le chevalier à la rose, j'ai appris qu'Athéna t'avais convoqué il y a quelques jours. C'est assez rare pour te demander de quoi il en retournait.
- Elle m'a posé des questions sur la mission que j'ai effectué à Délos, avant la bataille du Sanctuaire.
- Celle où tu ne te souviens pratiquement de rien ? demanda Milo.
- Et bien justement, j'ai des souvenirs qui commencent à revenir.
Le regard du maître de Hyoga se tourna vers l'homme qui touillait sa petite cuillère dans son thé à la manière des courtisanes de Versailles.
- Et je peux vous assurer que je n'étais pas le seul chevalier envoyé par Saga.
- Vraiment ? s'étonna Shaina, blottie dans les bras d'Aldébaran.
L'ancien Grand Pope félon hocha la tête.
- Effectivement, je me souviens que j'avais envoyé quelqu'un récupérer Camus parce qu'il s'éternisait sur cette île et que la bataille contre les bronzes approchait à grands pas.
- Je ne me souviens pas que quelqu'un d'autre soit partis, fit Shaka en fronçant les sourcils.
- Moi je m'en souviens, fit le maître du douzième gardien et enlevant sa cuillère pour porter la tasse à ses lèvres.
Le regard de l'assistance se posa sur l'homme aux cheveux turquoises, qui releva ses yeux assortis vers le regard interrogateur de ses pairs.
- C'était moi.
*oui, ça existe
**traduction de la chanson de la guérison de l'animé lost song
