Et c'est le retour de la fic !
Nous attaquons la dernière ligne droite. Il faut comprendre par là que cette fois ci, il n'y aura plus de longues pauses. Les publications se feront au minimum une fois par semaine (le vendredi), mais il est possible que, de temps à autre, je poste des chapitres d'autres jours. Le vendredi reste stable, c'est sûr et certain, il y aura un chapitre mis en ligne à chaque fois. Néanmoins, n'hésitez pas à vous abonner, ou a passer régulièrement, parce qu'il est possible que je poste un ou deux autres chapitres d'ici le prochain vendredi, voilà (oui je dis la même chose de plusieurs façons différentes histoire que tout le monde comprenne)
Aux Enfers, les portes du palais de Giudecca s'ouvrent automatiquement devant Sarpédon. Ce dernier s'avance sans hésiter. Hadès a beau être de retour, avec son propre corps, ils continuent de s'entraider dans la gestion du Royaume Souterrain. Le rouquin n'est d'ailleurs pas ici pour lui parler, il sait très bien que le Seigneur Hadès est actuellement sur l'Olympe, pour tenir compagnie à Perséphone, au grand dam de Déméter qui n'apprécie pas beaucoup de le voir changer leurs habitudes.
Elle va être capable de dire que s'il n'y a plus de saisons, c'est parce qu'Hadès ne respecte plus les règles.
Mais tout le monde sait en réalité que si les saisons semblent à présent décalées, voire modifiées, ce n'est plus du tout en rapport avec les voyages de Perséphone. Et le côté pratique d'avoir pu partager son corps avec celui de Hadès leur a permis à tous les deux d'apprendre beaucoup de choses l'un de l'autre. Le Seigneur des Enfers a notamment envie de plus de liberté, de moins rester enfermé dans son Royaume et il veut passer du temps en compagnie de sa femme, tout simplement. D'ailleurs, Perséphone ne semble pas se plaindre de voir son mari plus souvent, c'est même elle qui lui a demandé s'il voulait bien rester un peu sur l'Olympe, pour une fois. Par conséquent, à l'heure actuelle, Hadès n'occupe plus ce palais. Néanmoins, ce dernier n'en reste pas moins habité par Cronos qui a décidé d'y établir ses quartiers pour le moment.
Sarpédon trouve le Titan en train d'étudier les ouvrages concernant les Enfers qu'eux-mêmes avaient consulté quelques jours auparavant.
- Que veux-tu, Fils du Chaos ? demande Cronos sans lever les yeux des livres.
Le rouquin marque un temps d'arrêt, surpris par l'appellation :
- S'il y a un Fils du Chaos, ça serait plutôt l'Equilibre, Aggelos et Lucéma par extension, mais certainement pas moi.
- Tu es plus lié à Chaos que tu ne le penses.
- En quoi ?
Sa question demeure sans réponse. Sachant qu'il ne sert à rien d'insister, Sarpédon soupire en changeant de sujet :
- Je suppose que tu es au courant qu'Albafica a disparu.
Le Titan ne manifeste pas la moindre réaction.
- Quel serait ton prix pour nous aider à le retrouver ? interroge Sarpédon sans s'avouer vaincu.
La réponse de Cronos est franche et direct :
- Que tous les Titans soient libres et que nous puissions partir dans un autre univers pour nous reconstruire.
Le rouquin plisse les yeux :
- Zeus n'acceptera jamais !
Le Titan se décide à relever la tête et à darder son regard dans le sien :
- En effet. Mais toi, oui.
Haussant un sourcil, Sarpédon croise les bras sur son torse :
- Peut-être. Mais ça serait à la condition que ni toi, ni les tiens, ne tentiez de vous attaquer à nous. Et par « nous », j'entends les humains et les dieux de ce monde.
Seul le silence lui répond, encore une fois. Néanmoins, il a la quasi-conviction que cette condition est acceptée malgré tout.
- J'en toucherais un mot aux autres, reprend-t-il finalement.
Il se détourne pour partir. La voix de Cronos résonne alors :
- Fils du Chaos, si Aggelos n'est pas sur Terre, ou peut-il être selon toi ?
D'une pichenette, Aiacos envoie son troisième mégot de cigarette dans le cendrier posé sur la table. Depuis il ne sait combien de temps, il fait les cent pas sur l'un des grands balcons de la Villa. L'un des endroits préférés d'Albafica, décoré par ce dernier d'une table en verre, de deux chaises en fer forgé, de coussins moelleux – certainement pour le confort d'un certain Griffon – et de quelques pots de fleurs colorées. Le cendrier posé sur le plateau de la table est vraisemblablement là à l'attention du Spectre du Garuda, l'invitant à ne pas laisser trainer ses déchets de cigarettes partout.
Avec un grognement, Aiacos pousse finalement le cendrier et invoque le Livre d'Ame d'Albafica, qu'il pose devant lui. Les sourcils froncés, il reste un moment à observer le magnifique grimoire qui n'a vraiment plus rien à voir avec les Livres d'Ame classiques. Il caresse la couverture douce et blanche, laissant ses doigts suivre le nom Albafica écrit en relief grâce à des lettres en or pur.
Très bling bling.
Il visualise Minos en train d'essayer de l'ouvrir, sans succès.
Ce n'est peut-être pas si étonnant. Ce bouquin respire la divinité et Minos n'est qu'un demi-dieu. Enfin, je dis ça, mais je suis même pas sûr qu'Hadès lui-même arriverait à ouvrir ce foutu machin.
Il pianote nerveusement sur les dorures décorant la couverture.
Et moi ?
Je reste un Juge des Enfers, donc c'est mon boulot de pouvoir ouvrir ces Livres. Et, contrairement aux autres, je suis techniquement au même niveau de Divinité qu'Albafica. Moi, je peux surement l'ouvrir et découvrir où se cache le Sushi Bleu de Minos.
Pourtant, l'hésitation est on ne peut plus visible sur son visage. Il pourrait tout aussi bien renvoyer cet ouvrage à sa place et ne plus y penser, sans chercher à réellement retrouver Albafica.
Est-ce que j'ai réellement envie qu'il revienne ? Ça m'apportera quoi ? Si c'est pour qu'il revienne en Aggelos et me pète encore le nez !
Il soupire longuement. Recommence à faire les cent pas. Reprend une cigarette, puis une deuxième. Ses yeux rougeoient en même temps que la braise au bout de sa clope tandis qu'il réfléchit. Il observe les alentours. L'Ile. La Villa. La décoration du balcon. Le jardin visible en dessous. La piscine à la fois extérieure et intérieure où Albafica nage régulièrement.
Sans lui, notre existence actuelle serait bien différente. Peut-être que nous serions encore en pleine Guerre Sainte. Ou, si celle-ci était terminée, nous serions malgré tout en sursis. En cas de victoire, nous aurions été libres de nous balader sur Terre, oui, avec toutefois la probabilité qu'une Guerre éclate à nouveau, menée par Athéna qui voudrait tous nous renvoyer en Enfers au moment de sa réincarnation suivante. Donc nous n'aurions écopé que d'une liberté éphémère. Ou, en cas de défaite, nous serions de retour aux Enfers, en train de mener notre quotidien monotone et ennuyeux de Juges.
Aiacos jette un coup d'œil rapide en direction du Livre trônant toujours sur la table en verre, puis va s'appuyer sur la rambarde du balcon. D'ici, il peut voir la vie qui grouille sur l'Ile. Une vie où les Spectres d'Hadès vont au bowling avec les Chevaliers d'Athéna. L'endroit est paisible, sans la moindre animosité. Il a même déjà vu des Marinas de Poséidon venir pour boire un verre avec des habitants de cet endroit. Les trois Armées ne se sont jamais aussi bien entendues.
Et il n'y a pas que ça.
Lui, Rhadamanthe, Minos et Sarpédon ont pu resserrer davantage leurs liens fraternels. Ils ont pu en apprendre davantage les uns sur les autres, notamment connaître enfin le passé de Sarpédon.
Grâce à Alba, Sarpy est entré dans ma vie, tout simplement.
Et il ne peut que voir le bonheur de Minos, aux côtés du Poisson. Et il ne parle même pas de Rhadamanthe qui est devenu beaucoup moins rigide et sévère depuis qu'il sort avec Kanon.
Et sans Baba, le Dragon des Mers aurait été empalé par le Trident de Poséidon.
Et Asopos. Il est le seul à avoir réussi à sauver mon pépé.
Il jette son mégot dans le cendrier et ouvre brusquement le Livre, sans la moindre difficulté, comme il s'y attendait.
Il regarde directement la dernière page et frémit en lisant les dernières lignes.
Grelhart est entré en jeu plus tôt que prévu et a réussi à enlever Albafica sans se faire remarquer. Le Seigneur de la Création est, à l'heure actuelle, prisonnier sur Anthéma.
Il faut absolument qu'on aille le chercher.
