Bien le bonjour en ce dimanche matin ! Je vous poste le chapitre vite fait et puis je pars au boulot !

ninidezil: Je sais, Jasper est intouchable mais... Carlisle constate au fur et à mesure le potentiel de sa femme. Quand a Aro, profites-en parce qu'il ne lui reste plus longtemps. Bisous !

Emelyne: Ah bah là Jasper a fait ça avec sa plus grande éloquence. D'ailleurs peut-être un peu trop. Bisous !

Bon allez, je vous laisse. Bonne lecture.


- Ça fait peut-être un peu trop de rose non ? demanda Bella en regardant son salon envahi par toute sorte de fleur.

- Il essaye peut-être de compenser sa culpabilité, grogna Jasper en faisant rire Athénodora.

Chaque jour, voire même plusieurs fois par jour, la princesse recevait des fleurs. Très souvent de son mari, d'autre d'Aro et certain bouquet plus petit cueilli par les domestiques. Bella avait trouvé cette attention touchante.

La princesse ne bougeait pas de ses appartements, ses côtes restaient douloureuses et son visage était toujours en mauvais état. Elle ne parlait même pas du reste de son corps qui était plus bleu que rose. Là, elle était allongée sur son sofa et Athénodora lui tenait compagnie, ne voulant plus la lâcher d'un pouce.

- Pitié Jasper, soupira-t-elle en laissant tomber sa tête en arrière. Je n'en peux plus de vous séparer.

- Laissez tomber Major, conseilla Athénodora en faisant un signe de la main. Les hommes de cette famille sont incapables de reconnaître leur tort, j'en sais quelque chose.

- Personne n'est vraiment fautif là dedans, personne ne pouvait prévoir cette attaque, tenta de les tempérer Bella.

- Tu l'as prévu ! s'échauda Jasper en la fusillant du regard. Tu as été plus maligne que lui, ça lui arracherait la langue de le reconnaître ?

- Il l'a fait et il m'a remercié pour ça, d'ailleurs je crois que s'il continue à me remercier pour ça je vais finir enseveli sous les fleurs.

- C'est une médaille qu'il devrait vous décerner et une faveur, pas des fleurs, intervint Athénodora en accord avec le Major. Vous l'avez tiré d'un sacré mauvais pas, je pense que des fleurs ne sont pas à la hauteur de votre sacrifice. De plus, s'en prendre à votre ami alors qu'il n'était même pas là pour vous défendre et franchement mal venu.

- Je ne vous avez jamais vu aussi remontée, constata la princesse en se redressant.

- Et moi je ne vous ai jamais vu aussi complaisante avec Carlisle, répondit la dame de compagnie. J'ai peur qu'il ne profite de la situation pour vous attendrir.

Jasper regarda la mère de Demetri avec appréciation. Il pensait exactement la même chose qu'elle. Carlisle, selon lui, était entrain de manipuler son amie de toujours. Il jouait avec ses sentiments.

- Ne lui faite pas totalement confiance princesse, il a prouvé plus d'une fois qu'il pouvait se retourner contre vous. De plus, toute cette histoire et toute l'affection qu'il vous porte ne l'a pas empêché de faire ré-emménager sa maîtresse. Alors oui, désolé, mais je suis remontée.

- Rien à ajouter, s'exclama Jasper en applaudissant Athénodora.

Leur avis ne fit pas du bien au moral de la princesse. Oh ça oui, elle était au courant que la marquise était revenu et autant dire qu'une fois qu'elle irait mieux, elle ferai à nouveau savoir son avis sur la question. Mais là elle était juste fatiguée. Heureusement les domestiques étaient adorables avec elle. Se sentant redevable, ils prenaient soin d'elle avec un diligence qu'ils n'avaient pas eu jusqu'ici. Avant ils faisaient juste leur travail, maintenant ils étaient prêt à répondre au moindre de ses désirs.

- Je vais aller voir le roi, lança-t-elle en se redressant. Je n'en peux plus d'être enfermée ici.

- Vous savez que vous devez limiter vos déplacements, soupira Athénodora en l'aidant à se lever.

- Aro est au fond du couloir, ce n'est pas le bout du monde. En plus, lui aussi n'en peux plus d'être enfermé, nous pourrons grogner ensemble.

Jasper ne lui laissa pas le temps de se lever totalement qu'il la prit dans ses bras.

- Pose moi par terre Jaz, si Carlisle nous croise ainsi, je vais encore devoir le calmer pendant des heures.

- Râles autant que tu veux et lui aussi, je ne te poserai pas jusqu'à ce que tu sois arrivé dans la chambre du roi. Tu ne dois pas marcher pendant encore quelques jours, dois-je te rappeler que ta blessure à besoin de cicatriser ?

- Non mais...

- Mais rien du tout, il veut que je te protège, c'est ce que je fais, peu m'importe si la façon ne lui plaît pas.

Dire qu'aucun des deux ne faisait d'effort était un euphémisme. Ils ne s'adressaient plus la parole que pour des banalités. Déjà que ce n'était pas le grand amour entre eux à la base, maintenant c'était pire qu'avec Charlie. Il n'y avait pas à dire, Isabella était gâté avec les hommes de sa vie. Athénodora s'empressa d'aller ouvrir les portes et de faire savoir à une domestique que la princesse souhaitait voir le roi.

- Arrête toi un instant Jasper s'il te plaît, demanda-t-elle en voyant un homme sortir des appartements d'Aro. Sous commandant Blake !

L'homme se retourna surpris puis lança un magnifique sourire à la princesse, heureux de la revoir. La brune fit signe à son garde de la poser juste un instant sur la chaise la plus proche.

- Ce n'est pas raisonnable, grogna-t-il mécontent.

- Juste un instant, je te le promets, jura-t-elle en soupirant.

Jasper la déposa donc avec délicatesse et laissa Alistair approcher.

- Comment allez vous votre Altesse ?

- Merveilleusement bien, je courrai bien dans les couloirs mais mon rang me l'interdit, blagua-t-elle faisant sourire un peu plus le garde. Et vous même, comment allez vous ?

Il fut surpris qu'elle lui pose la question. Alistair était venu prévenir le roi qu'il serait indisponible le temps que ses blessures guérissent et il lui avait juste répondu que c'était normal, qu'il trouverait quelqu'un pour le remplacer. Il n'avait pourtant pas demandé de ses nouvelles. Mais la princesse avait toujours semblé différente, pourquoi s'étonnait-il encore de la voir si proche du peuple ?

- Il va me falloir une bonne semaine de plus pour récupérer, mais je suis en vie, c'est le principal. Je devrais même dire que je le suis grâce à vous.

- Nous avons combattu ensemble, je n'étais pas seule...

- Vous avez chargé un ennemi pour éviter qu'il me tue et vous avez été blessée à cause de ça, j'appelle ça me sauver la vie, l'interrompit Alistair ne voulant pas la laisser être modeste sur ce point.

Le mouvement de tête de Jasper n'échappa à personne. Bella avait même fermé les yeux en le voyant faire. Trois, deux, un...

- Tu as fait quoi ?! s'énerva-t-il aussitôt oubliant même qu'il devait se tenir en public.

Le choc s'inscrivit aussitôt sur le visage d'Alistair et malgré son état il se mit en position d'attaque. Il avait entendu le Major parler ainsi à la princesse lors de l'attaque, mais le voir faire alors qu'à tout moment il pouvait se faire surprendre par le prince n'était vraiment pas une bonne idée. Il savait que Jasper et Bella étaient amis, mais voir à quel point le soldat était en colère inquiéta Alistair.

- J'ai... réagit par réflexe..., tenta-t-elle de se justifier sous le mouvement de tête désapprobateur d'Athénodora.

- Qu'est-ce qu'il n'y avait pas d'assez clair dans « tu as intérêt à revenir entière » ? siffla-t-il la foudroyant du regard.

- Ce sur quoi je t'ai répondu « un peu amoché mais toujours entière ». Je suis vivante tu sais...

- Tu t'es mise en danger pour sauver la vie d'un garde ! Mais à quoi pensais tu ? Tu es une princesse, une future reine, dois-je te rappeler à quel point ta vie est précieuse ?

- Dois-je te rappeler que le premier pour lequel j'ai mis ma vie en jeu c'était toi, répliqua-t-elle froidement. Je te répondrai la même chose que j'ai rabâché à mon père. Je mettrai ma vie en danger autant de fois qu'il sera nécessaire de le faire pour protéger les gens qui méritent de l'être, même si pour ça je dois être blessée dans l'opération. Je t'ai défendu pendant des années avec ces arguments, ils sont tout aussi valable pour Alistair.

- Tu ne pourras pas toujours sauver tout le monde Bell's, la prévint son ami sérieusement.

Elle le savait très bien, même si elle savait aussi que si c'était à refaire elle n'hésiterait pas une seconde.

- Si ton mari apprend ça, ce garde va se retrouver aux écuries, voire pire, prévint Jasper en montrant le sous-commandant du doigt. Peter et moi nous sommes encore là parce que tu nous protèges, je ne pense pas que le roi en fera autant avec sa garde.

- Et bien je tiendrai ma langue et Alistair aussi, conseilla Bella en se tournant vers le garde. Je ne tiens pas à ce qu'un bon garde finisse ses jours dans une écurie par ma faute.

- Ne vous en faites pas pour moi votre Altesse, de toute façon je ne me fais pas d'illusion, chuchota-t-il soudainement. Vu l'état du roi, je ne vais pas rester dans sa garde bien longtemps et les autres gardes sont déjà en place. Bientôt je serai réaffecté ailleurs, j'ai fait du mieux que j'ai pu pour protéger le roi, je ne peux malheureusement pas le sauver de la maladie.

Isabella se désola pour lui. Alistair était un bon garde, elle l'avait vu se battre, il était excellent. Il avait été blessé sous le nombre de l'ennemi. C'était vraiment dommage pour lui. En plus, il lui était sympathique et il n'hésitait pas à lui faire part de son avis même s'il n'en avais pas vraiment le droit.

- Vous pourriez demander une promotion vu comment vous avez agis pendant l'attaque du château, je vous soutiendrai s'il le faut, proposa la princesse inquiète pour lui.

- C'est très gentil de votre part, mais ce n'est pas nécessaire. Je sais me battre, mais je suis un protecteur pas un attaquant. Je suis d'accord avec vous sur le fait que Volterra aurait bien besoin de paix. Je vais aller à la campagne un moment pour y réfléchir. Prenez soin de vous princesse.

- Faites en de même, sourit-elle aimablement en le laissant partir.

Jasper s'abaissa pour la reprendre dans ses bras, il voyait bien qu'elle fatiguait même si elle faisait semblant que non.

- Volterra ne sait pas reconnaître les gens à leur juste valeur, soupira-t-il en la soulevant.

Une fois encore, Bella était d'accord avec lui. Alistair méritait mieux que d'être mis au placard. Une fois annoncé dans les appartements du roi, Jasper la posa au sol et l'aida à marcher jusqu'à un sofa.

- Isabella ! se réjouit Aro alité.

Il n'avait vraiment pas bonne mine, plus les jours passés et moins la princesse le reconnaissait. La fin était proche pour lui et le cœur de la brune se serra à cette idée.

- J'ai cru que nous pourrions passer un peu de notre temps ensemble, le salua-t-elle avec un grand sourire.

Faisant un signe de tête à Jasper, elle se retrouva seule avec le roi. Athénodora n'était pas admise dans cette chambre.

- Vous êtes encore bien marqué, constata-t-il en grimaçant.

- Encore quelques semaines et il n'en sera plus rien.

- Pareil pour moi, ricana-t-il comme si c'était le moment de faire de l'humour.

- Je ne trouve pas ça drôle, se plaignit-elle en secouant la tête.

Oui, le roi le constatait aisément. Il avait toujours su que Sulpicia et Carlisle aurait du mal avec sa mort, il ne s'était pas attendu à ce que la princesse les rejoigne.

- Mon frère a de la chance de vous avoir, vous serez une reine avisée et assez têtue pour le remettre dans le droit chemin.

Le soupir de la princesse n'échappa pas à Aro. Il commençait à la connaître, Isabella était morose et ça ne lui ressemblait pas vraiment.

- Qu'a-t-il encore fait ? demanda gentiment le roi en cherchant son regard.

- Rien... rien de plus que d'habitude, précisa-t-elle en haussant les épaules. Carlisle est adorable avec moi en ce moment, je pense qu'il se sent coupable. Mais au lieu d'être sa reine, j'aimerai être sa femme. Pourtant il a fait revenir cette maudite marquise. Qu'a-t-elle que je n'ai pas ?

Aro se senti mal pour elle. C'était bien la première fois que la princesse s'épanchait avec lui. Elle devait vraiment être fatiguée.

- Cette marquise ne vous arrive pas à la cheville, mais elle a des années de pratique quand il s'agit de brouiller l'esprit de mon frère. Vous m'avez promis de ne pas abandonner, alors ne le faites pas.

- Je lui offre tout ce que j'ai, tout ce que je suis et ça ne suffit toujours pas pour l'évincer, avoua-t-elle le cœur lourd.

- Carlisle ne s'ouvre à vous que lorsqu'il est sur le point de vous perdre, suggéra le roi avec un sourire perfide. Il est peut-être temps de jouer sur son plus gros défaut, sa possessivité.

- Je ne le tromperai pas, intervint la princesse en secouant la tête.

- Je ne vous demande pas de le faire, juste de lui faire croire, s'amusa Aro en haussant à son tour les épaules.

- Et qui sera le prochain cadavre de votre cour ? rétorqua-t-elle en s'imaginant bien la scène.

- Essayez un émissaire étranger, Carlisle ne pourra pas le tuer sans engager un conflit diplomatique.

Ils explosèrent de rire devant le plan machiavélique d'Aro. Bella comprenait mieux pourquoi il était marié avec Sulpicia. Ils passèrent l'après midi ensemble, à parler de tout et de rien. Carlisle et la reine était bien occupé en ce moment.

- Avant que vous ne partiez Bella, comment puis-je vous remercier de ce que vous avez fait ?

- Vous m'avez déjà couvert de fleur, ainsi que votre frère...

- Je suis encore roi, plus pour longtemps, mais je le suis encore. Alors je le demande à la femme exceptionnelle que vous êtes, que désirez vous ?

- Ma première réponse serait de me débarrasser de la marquise, mais je doute que Carlisle vous laisse faire.

Aro lui confirma d'un signe de tête. Même s'il s'en désolait, il n'irait pas contre son frère sur ce sujet. Il était loin d'être irréprochable et Carlisle se ferait un plaisir de lui rappeler.

- Il doit bien y avoir quelque chose d'autre.

La princesse se mit à réfléchir. Qu'est-ce qu'elle pourrait demander ? Athénodora pensait qu'elle méritait une faveur, mais maintenant qu'elle l'avait, Bella ne savait pas trop quoi en faire. Puis une idée commença à germer. Une qui la fit sourire en coin. Elle ne pouvait pas sauver tout le monde, c'était vrai, mais elle pouvait toujours essayer.

- J'ai vu le sous-commandant Blake sortir de vos appartements, lança-t-elle innocemment.

- Oui en effet, répondit Aro en fronçant les sourcils ne comprenant pas où elle voulait en venir.

- Il m'a beaucoup aidé durant l'attaque, il a été brillant. Je suis désolé pour lui qu'il soit blessé, mais je crois que ce n'est que temporaire. Ma garde est la moins nombreuse du château. Si sa majesté l'accepte je voudrais le transférer dans ma propre garde. J'aime être entourée de bons gardes.

- Pour ça il faudrait qu'il se mette sous les ordres de votre Major, il était chef de ma garde, il ne le sera pas de la votre.

- Proposons lui et voyons ce qu'il en pense, s'amusa Bella sentant qu'elle gagnait la partie.

- Non, il n'aura pas son avis à donner, c'est mon garde, vous le voulez, je vous l'offre, je lui ferai part de ma décision dès que possible. Une parole est une parole. Toute femme aurait demandé un bijou, une tenue, un voyage. Vous vous demandez un garde. Vous m'étonnerez toujours.

Le jour où elle ferait comme toutes les femmes n'étaient pas encore venu. Alors qu'ils étaient en pleine discussion, Carlisle débarqua dans la chambre avec un sourire. Le roi et la princesse n'avaient rien de noble, ils étaient l'un en face de l'autre, le roi allongé dans son lit et Bella affalée sur le sofa.

- Je vais vous laisser, annonça la brune en se redressant. Je devais y aller de toute manière...

- Non, c'est vous que je cherchais Isabella, avoua Carlisle se précipitant vers elle pour l'aider. J'ai une surprise pour vous.

- Encore..., s'étonna-t-elle en fronçant les sourcils.

- Oui, s'amusa le prince en la soutenant. Une qui vous fera, je pense, bien plus plaisir que des fleurs.

Il avait renvoyé la marquise ?! En se disant ça, Bella se fit la réflexion que c'était impossible. Qu'est-ce qu'il lui préparait ? Carlisle l'aida à retourner dans ses appartements avec le sourire d'un enfant. Jasper se tenait derrière eux et était blanc comme un mort. Ce n'était pas bon signe. Athénodora ouvrit la porte en lui souriant joyeusement. Qu'est-ce qui pouvait paraître être une bonne surprise aux yeux de sa dame de compagnie mais pas aux yeux de son meilleur ami ? C'est à moitié inquiète qu'elle pénétra dans ses appartements soutenu par son mari. Le cœur de la brune s'arrêta aussitôt qu'elle reconnu les deux personnes présentes. Les larmes lui montèrent aux yeux.

- Père ! Emmett ! s'exclama-t-elle folle de joie.

Charlie se retourna avec un magnifique sourire qui s'évanouit aussitôt qu'il vit les contusions sur son visage. Sa fille ne lui laissa pas le temps de râler sur son état qu'elle s'élança vers lui du mieux qu'elle put. Peu importait les bonnes manières à ses yeux pour l'instant, elle était trop heureuse de les revoir. Elle serra donc son père dans ses bras avec soulagement. Il était vraiment là.

- Il n'y en a toujours que pour les mêmes à ce que je vois, se plaignit Emmett en s'approchant d'elle.

La princesse rejoignit les bras de son frère juste après. Il commença à la serrer un peu trop fort et les côtes de la brune se rappelèrent à elle. Bella se mit à grogner doucement avant que son frère ne la lâche aussitôt. Il se recula et la regarda en secouant la tête. C'est en voyant leur expression que la princesse sut pourquoi Jasper était blanc comme un mort. Elle allait passé un mauvais quart d'heure.

- Nous allons vous laisser à vos retrouvailles, s'exclama Carlisle fier de lui. Je retourne à mes occupations, nous serons ravi de vous accueillir au dîner ce soir. Profitez bien de votre fille.

Le prince fit demi-tour en montrant la porte d'un signe de tête à Athénodora. Ils les laissèrent seul et tombèrent sur un Jasper faisant les cent pas dans le couloir en se rongeant les ongles. Carlisle ne comprit pas sa réaction et préféra ne pas chercher. Le Major était une épine dans son pied en ce moment. Le prince commença à partir, heureux que sa surprise ait fait plaisir à sa femme. Quand il avait envoyé un message à Phénixis, disant que la princesse était blessée et aurait bien besoin de soutien, il s'était plus attendu à voir Rosalie et la reine. Mais Isabella avait semblé heureuse de voir son père et son frère.

Jasper, lui, ne cessait de se demander ce qu'il devait faire. Isabella était sûre d'avoir pris la bonne décision et quand elle en était convaincue, elle était prête à se battre pour défendre son point de vue. Malheureusement elle n'était pas au meilleur de sa forme et Charlie n'était généralement pas tendre avec elle. Que devait-il faire ? Protéger son amie, quoiqu'il lui en coûte, c'était pour ça qu'il était là, même s'il devait mettre sa fierté de côté.

- Votre Altesse ! héla-t-il Carlisle à contre cœur avant qu'il ne disparaisse du couloir.

Le général ne cacha pas son exaspération et se retourna lentement en le fusillant du regard. S'ils pouvaient se parler le moins possible, ils s'en porteraient mieux. Mais il vit bien à la posture du Major qu'il faisait un effort. Que se passait-il encore ?

- Oui, répondit-il en se rapprochant.

- Je sais que vous n'avez aucune confiance en moi et en mon jugement, mais je vous supplie de rester encore un quart d'heure, voire vingt minutes.

- Puis-je vous demander pourquoi ? demanda le général en le rejoignant.

- Parce que je connais bien mon amie, avoua Jasper inquiet sous le regard perdu d'Athénodora. Elle a défendu ce pays, ce roi, pour vous et elle en est fière. Aux yeux de son père elle est phénixienne et rien d'autre. Je ne donne pas longtemps avant que Charlie ne la fasse hurler. Isabella n'est pas en état de défendre son point de vue. Autant je peux m'opposer à vous, même si c'est dangereux, autant Charlie est mon roi, je ne peux rien faire. Mais vous, vous pouvez, si elle hausse le ton, je vous supplie d'intervenir.

Carlisle le regarda avec insistance. Lui qui voulait faire une bonne surprise à la princesse, était en train de se demander si c'était une bonne idée à cause du Major.

- Êtes vous sûr de vous ? s'inquiéta aussitôt le prince.

- Je ne vous aurais pas rappeler dans le cas contraire, avoua à nouveau Jasper mécontent. Je protège Isabella, même si vous estimez que je le fais mal, mais je m'opposerai à quiconque la ferait pleurer. Vous n'avez rien à craindre d'Emmett, mais Charlie est passé champion dans le domaine avec sa fille et la reine n'est pas là pour le calmer. J'ai les mains liées, vous non.

Le général fixa la porte des appartements de sa femme avec inquiétude. Soupirant, il décida pour une fois de faire confiance au Major. Le prince s'assit donc sur une chaise à côté de la porte et attendit que vienne la possible tempête. Jasper, lui, continua à faire les cent pas.

De son côté Isabella était heureuse de revoir certain membre de sa famille même si elle aurait bien aimé revoir sa mère et Rosalie aussi. Ne lâchant pas son frère, elle s'accrocha à son bras avec bonheur. Sa blessure la tirait énormément, mais elle ne voulait pas s'allonger, son père ne le verrait pas d'un bon œil. D'ailleurs celui ci la tuait du regard. Son visage était sévère et ses yeux lançait des couteaux.

- A quel point es-tu blessée ? s'inquiéta son frère en traçant les bleus sur son visage.

- Ça n'a pas d'importance..., tenta-t-elle de minimiser.

- Pas d'importance ! siffla Charlie en devenant rouge écarlate. Pas d'importance ! Je reçois un message me disant que tu es blessée et que tu aurais bien besoin d'un peu de compagnie, que ça pourrait occuper tes journées... ex cetera, ex cetera ! Je reçois le même jour un rapport signifiant que le château de Volterra a subit une attaque à l'intérieur de ses murs, que le général n'était pas là, que l'armée était parti avec lui ! Sachant que le roi est mourant je n'ai pas eu à chercher bien loin pour deviner d'où venait tes blessures ! Tu as défendu ce château ?!

Bella se recula de son frère et perdit son sourire aussitôt. Son père n'était pas venu pour lui tenir compagnie ou la soutenir. Il était là pour lui faire la morale.

- Utiliser tes capacités pour eux, mettre ta précieuse vie en danger pour ce pays. Mais à quoi penses-tu ? s'énerva Charlie en essayant de ne pas trop crier malgré tout.

- J'étais seule et je devais faire face à ça..., tenta de se défendre la brune en sentant qu'elle ne s'en sortirait pas aussi facilement.

- Tu n'avais rien à faire, si ce n'est fuir et laisser ce roi mourant à son incompétence ! accusa Charlie en la montrant du doigt. Tu es là depuis presque un an et tes rapports sont de plus en plus éparses et vides. N'oublie pas qui tu es et d'où tu viens.

- J'ai défendu ma nouvelle maison que ça te plaise ou non ! s'énerva à son tour la princesse. Aro ne méritait pas de mourir maintenant...

- Tu serais reine à l'heure qu'il est si tu l'avais laissé mourir, constata Charlie en haussant les épaules.

- Pour qui me prends tu ? cracha-t-elle en reculant. Fuir et puis quoi encore ? Tu me connais mieux que ça.

- Tu es une princesse ! Pas un soldat ! C'était l'idée de ta mère de te faire passer les épreuves de la confrérie. Jamais je n'aurais dû l'écouter, regarde où nous en sommes ! Tu te blesses pour défendre Whitlock et maintenant tu mets ta vie en jeu pour les Volturi !

- Père..., tenta de le calmer Emmett en se mettant entre les deux.

- Tais toi ! Bella tu es une phénixienne, ton but n'est pas de sauver ce pays, mais de protéger le tien de toute attaque. Que crois tu qu'ils penseront quand ils sauront que tu es là pour les espionner ? Que tu seras toujours leur reine adorée ?

Le rire sarcastique de la brune fit froid dans le dos des deux hommes. La princesse s'appuya sur la chaise la plus proche pour rester debout.

- Parce que personne n'aimera Rosalie quand elle montera sur le trône de Phénixis ? attaqua la brune méchamment. Pourtant, à ce que je sache c'était une espionne et malgré tout vous l'avez mariez à Emmett. C'était une étrangère et bien que je l'aime de tout mon cœur, pourquoi aurait-elle des privilèges qui me sont refusé ? Je gère la situation du mieux que je peux, avec ce que vous m'avez laissé ! Oh je sais père que vous auriez préféré que j'épouse James pour pouvoir me dicter ma conduite et la sienne à travers moi. Mais je ne suis pas un pantin et Carlisle encore moins.

- Le voilà le problème, constata le roi de Phénixis en étant sûr d'avoir mis le doigt là où il fallait. Tu nous trahis pour cet homme. Tu as des sentiments pour lui.

- Qu'importe si j'en ai...

- Non justement ! Nous t'avons élevé pour que tu ne fasses pas de sentiments mais juste ton travail. Des années d'entraînement pour en arriver là, mais qu'es-tu devenu ? Union et vérité ! Tu es déjà très loin d'être uni à Phénixis alors ai au moins la politesse de ne pas me mentir !

Les yeux de la brune se remplir de larmes, elle était fatiguée et surtout son cœur lui faisait mal. Pourquoi fallait-il qu'il soit en colère ? Pourquoi devait-elle toujours mettre des mots sur ce qu'elle ressentait ou justement ne pas les ressentir ?

- Tu aimes cet homme ? demanda Charlie sûr de lui.

- Oui, avoua-t-elle le cœur lourd. Et je n'ai pas d'explication pour ça. Il est loin d'être le mari idéal et il me trompe. Pourtant, je n'arrive pas à faire autrement.

- Bella..., se désola son frère en essayant de venir la consoler.

- Laisse la, trancha Charlie en le rattrapant. Tu vas m'écouter attentivement Isabella. Il faut que tu arrêtes ça maintenant. Tu ne feras qu'y perdre des plumes. Cet homme ne t'aime pas. Tu lui es utile et il te vois comme sa chose...

- Carlisle n'est pas comme ça, il n'est pas parfait je le sais, pleura-t-elle de plus bel. Mais il n'est pas du genre à m'utiliser, il me donne juste ma chance.

- Il te méprise ! cria Charlie hors de lui. Si ce n'était pas le cas il ne mettrait pas sa maîtresse sous tes yeux, il ne te laisserait pas seule dans un château en danger en espérant ta mort, il ne demanderait pas à ta famille de venir te tenir compagnie il le ferait lui même !

- Sors ! hurla Bella n'en supportant pas plus. Sors d'ici maintenant ! Et toi aussi !

Le pauvre Emmett leva les mains en défense. Il n'avait rien dit et il n'avait rien fait, d'ailleurs c'était probablement ça que sa sœur lui reprochait.

- Je suis un roi ! Je n'ai pas d'ordre à recevoir de ma fille !

- Mais moi je vais vous demander de sortir, intervint froidement Carlisle en se montrant.

- Et encore moins de vous, siffla Charlie furieux.

- Bien dans ce cas.

Carlisle voyait bien l'état de sa femme. Isabella essayait de cacher ses larmes aux yeux de son mari, mais il commençait à bien la connaître. Comme Jasper l'avait fait un peu plus tôt dans la journée, il la prit dans ses bras et la porta comme une mariée.

- Je vous ai mandé pour la soutenir parce qu'elle s'est comportée comme une héroïne et je trouve cela admirable. Mais puisque vous ne savez que la faire souffrir, je me demande si mon idée était la bonne.

- Isabella est phénixienne ! lança Charlie cherchant à faire valoir son autorité sur sa fille.

- Non, depuis presque un an elle est volterrienne. C'est ma femme ! J'ai toute responsabilité et devoir sur elle. Ne vous avisez plus de hausser la voix sur la future reine de ce pays ou alors vous n'y serez plus le bienvenu.

Puis il l'emporta avec lui, l'éloignant de ceux qui venait de lui briser le cœur. Bella avait toujours admiré son père, s'entendre dire qu'elle les avait trahis de sa propre bouche la brisa de l'intérieur.

- Quoiqu'il arrive, ne dites à personne où elle se trouve, ordonna Carlisle au Major en sortant dans le couloir. Je vais prendre soin d'elle le temps qu'il se calme.

La princesse essayait toujours de retenir ses larmes, mais rien n'y faisait. Elle qui avait toujours été si forte, pourquoi laissait-elle les émotions la prendre autant ? Son père avait peut-être raison, elle était entrain de s'affaiblir au contact des volterriens. La brune redressa la tête quand elle se rendit compte qu'elle ne connaissait pas l'endroit où le prince l'avait emmené. C'était une pièce ravissante, remplies de sculptures. Des portraits traînés par ci par là.

- Où sommes nous ? demanda-t-elle perdue en séchant une partie de ses larmes.

- Dans mes appartements, il ne viendra pas vous chercher ici, sinon il faudra qu'il me passe sur le corps, répondit Carlisle remonté.

La brune le regarda choquée. Elle y était enfin. Les appartements de son mari, qui jusqu'ici lui avait été formellement interdit. Carlisle ne remarqua même pas son choc. Il avait fait ça par instinct, sans même se poser la question. Il l'emmena dans sa chambre et l'allongea avant de la couvrir d'une couverture.

- Quoiqu'ils pensent, vous êtes une digne héritière de Phénixis et je suis fier que vous soyez ma femme. Il est peut-être juste dure pour les hommes de votre vie de vous partager. Cessez de pleurer Isabella, ils ne méritent pas vos larmes.

- C'est ma famille et ils me haïssent, marmonna-t-elle la gorge serrée.

- Non, ils ne vous haïssent pas, ils s'inquiètent pour vous. Et ce n'est pas votre seule famille. Je suis la votre maintenant et dès que vous irez mieux, il serait temps que nous pensions à l'agrandir.

Comment Bella ne pouvait-elle pas tomber amoureuse de lui quand il était aussi tendre ? Il avait la main posé dans ses cheveux, il la regardait avec passion et elle sentait qu'il était sincère.

- Je ne fais que décevoir tout le monde, alors vous pouvez être sûr que notre premier enfant sera une fille, grogna-t-elle mélancolique.

- Si elle vous ressemble, ce sera une magnifique souveraine, la rassura-t-il en l'embrassant.

Ainsi donc, il était même prêt à mettre une femme au pouvoir. Elle répondit avec bonheur à son affection. Elle en avait besoin, même si au fond d'elle même Bella savait que c'était une erreur. Carlisle allait la décevoir à nouveau. Il le faisait toujours.


On avance, doucement mais surement. A la semaine prochaine !