POV Charles :

« Je te l'avais dit, Charles. Les humains ne veulent pas de nous. Je suis bien placé pour le savoir. »
Les paroles de Erik résonnent dans mon esprit. Je reste figé sur place alors que ce dernier stoppe les missiles avec ses pouvoirs. Je m'attends à ce qu'il les reposent dans la mer, mais, au lieu de cela, ils les renvoient à leurs propriétaires. Nous le regardons faire, ne sachant pas comment réagir. Je me jette sur Erik et le plaque au sol. Certains missiles retombent dans l'océan. A contre-cœur, je me bats avec Erik. Magnéto ricane en fond dans l'esprit de l'allemand.
« Erik, non. »
Magnéto prend le dessus et je sens nettement la différence. Il me repousse violemment, reprenant le contrôle des missiles. Je me remets les idées en place puis me relève tentant encore de l'en empêcher. Il me repousse encore une fois, plus violemment. Je retombe violemment dans le sable doré de Cuba.
Moira tente alors le tout pour le tout et tire sur Erik. Ce dernier affiche un air mauvais puis dévie les balles une à une. J'observe la scène avec attention. Les autres se font de maintes fois repousser par Erik qui défie donc Moira.
« Vous aussi, vous voulez me tuer ? Pour avoir Charles, n'est-ce pas ? Fort intéressant. »
Je me relève. Ce que je n'aurais pas dû faire. Une balle. Unique. Me touche dans la colonne vertébrale. La douleur me traverse tout le dos alors que mon corps s'effondre au sol. Erik reprend le contrôle et amortit ma chute. Il retire la balle de mon dos.
« Charles. » dit-il.
Je laisse les larmes embuer ma vue. Il les essuie d'un geste tendre. Je vois au fond de l'esprit de Erik Magnéto faisant une danse de la joie.
J'ai gagné, Xavier.
J'entends Erik me parler, tenter de me convaincre de le suivre. Je sens mon cœur se serrer, sachant que je ne peux pas suivre cette voie. Je garde encore mon stupide espoir que les humains, un jour, nous accepteront, que nous devons nous fondre dans la masse. Une coexistence pacifique est possible entre les humains et les mutants, selon moi.
« Je suis désolé, mon ami, mais, tu as tort. » dis-je, les larmes aux yeux.
Erik marque un temps d'arrêt avant d'autoriser Moira et les autres approcher. Il laisse Moira me tenir pour que mon dos ne touche pas le sol. J'entends de loin son discours sur la cause mutante, ressemblant étrangement à celui de Shaw. Magnéto m'observe, tapi dans l'esprit de Erik. Moira s'excuse, les larmes aux yeux et Hank me dit de ne surtout pas bouger. Je regarde Erik en biais, rassembler près de lui les anciens acolytes de Shaw. La tristesse m'envahit et il ne m'accorde aucun regard ce qui me brise davantage le cœur. Je sens Magnéto dans son esprit en pleine puissance. Il se tourne vers moi. L'arme de Moira flotte dans les airs et me vise. Je hausse les sourcils et les autres regardent Erik incompréhensifs.
« Erik, qu'est-ce que tu fous ? » demande Alex, surpris.
Une balle s'échappe de l'arme et atteint mon épaule. Je me crispe sous l'effet de la douleur, bougeant ma colonne vertébrale blessée. Hank fusille Erik du regard. Ce dernier affiche un air sadique avant de partir en compagnie des acolytes de Shaw et de Raven.
« Charles, est-ce que ça va ? »
Je pleure en silence, accablé par une douleur physique et psychologique : Erik m'a volontairement tiré dessus. Non. Magnéto m'a tiré dessus. Je tente de me redresser et remarque quelque chose qui ne va pas. Les larmes reviennent en nombre : je suis âgé de 31 ans et me voilà paralytique.
« Charles ? » me demande Hank, inquiet.
« Je ne sens plus mes jambes. » dis-je, la voix brisée.
Hank ne comprend pas immédiatement mais je le répète en boucle ayant du mal à voir la vérité en face.


Nous rentrons au manoir une fois le jet réparé. Hank m'emmène directement dans son laboratoire. Les larmes envahissent toujours mes yeux et je ressens une terrible douleur au cœur : douleur à la suite de la trahison de l'homme que j'aime.
« J'ai une mauvaise nouvelle, Charles. Tu resteras paralytique à vie. »
Je fonds en larmes silencieusement, fixant le plafond gris d'un air vide. Puis, je relève la tête, regardant mes jambes mortes. Un cri émane du fond de ma gorge et sort, faisant frissonner Hank.
Je crie, insulte Erik et le monde entier. Alex et Sean arrivent rapidement.
« Professeur ? »
Je ne leur réponds pas, accablé par la tristesse. Me savoir paralytique jusqu'au restant de mes jours sans Erik à mes côtés est juste impossible pour moi. Hank me fait un bandage pour ma blessure à l'épaule.
« Charles, tout va bien se passer. Nous sommes là. Tu n'es pas seul. » dit Hank.
« Bah oui ! On est là, nous ! Et on sera toujours là ! » dit Sean.
« Pensez aux élèves que vous allez accueillir ici ! » s'exclame Alex, enthousiaste à l'idée d'avoir de nouveaux camarades.
Je garde un visage triste. Je murmure le nom de Erik avant d'hurler à nouveau de douleur. Hank me regarde tristement ainsi que Alex et Sean.
« Il faut lui laisser du temps. » dit simplement Hank.
Les deux jeunes adolescents sortent de la pièce. Je reste immobile, les larmes aux yeux. Hank reste avec moi.
« Charles, tu sais que tu peux compter sur moi, n'est-ce pas ? »
J'acquiesce par un bref signe de tête et le regarde. Il soupire en voyant mon air triste.
« Merci Hank. » dis-je.
Il me sourit faiblement et termine son diagnostic sur moi.
« Je vais te faire un fauteuil pour que tu puisses te déplacer à ton aise. Je vais également faire quelques ajustements au niveau du système d'ouverture de la porte du Cerebro. »
Hank me cite tous les changements qui s'imposent pour que je puisse vivre au mieux dans le manoir. Le plus compliqué reste les escaliers.
« Je te porterais. Il suffira que tu me dises quand tu veux aller à l'étage. »
J'approuve puis soupire.

Hank construit le fauteuil dans l'après-midi. Je reste allongé les bras croisés sous ma tête, pensif.
« Et voilà ! » s'exclame-t-il.
Je tourne la tête et sourit en voyant le travail accompli. Hank m'aide à m'y installer puis je soupire.
« Tu te sens comment dedans ? » me demande-t-il.
Je lui réponds que je me sens bien, à l'aise. Il sourit et pousse mon fauteuil. Nous allons dans le couloir. Alex et Sean sont en train de discuter.
« Oh, professeur ! Vous vous sentez mieux ? » demande Sean.
Je lui réponds que ça peut aller et Alex me conduit dehors un air malicieux dans le regard. Je ris doucement.
« Ca va être génial ! J'ai tellement hâte de rencontrer de nouveaux mutants ! »
« Moi aussi, Alex. »
Nous sourions et Alex me balade dans le parc afin que je me change les idées.
« Professeur, j'ai un petit frère, Scott. Il sera mutant lui aussi ? »
« Pas forcément. Cependant, il y a de fortes chances. »
Alex sourit, enchanté à l'idée qu'un jour son frère viendra le rejoindre ici.


La journée s'achève et, pour la première fois, je peine à trouver le sommeil, l'absence d'Erik étant insoutenable. Je finis par m'endormir, à cause de la morphine donnée par Hank pour apaiser ma douleur dans le dos.