Salut !
Comme d'hab', ça fait un moment depuis la dernière mise à jour, pardon pour ça… Du coup voici un chapitre un peu long pour compenser (de toute façon je savais pas où couper xD). J'espère que ça vous plaira !
Je tiens à adresser un grand merci à Claude le noctambule pour son commentaire, ça m'a vraiment fait chaud au cœur et remotivé à continuer cette histoire (j'ai même eu quelques nouvelles idées), même si ça a mit du temps entre le dit commentaire, les idées et l'écriture.
Bonne lecture !
Chapitre 21
-Conan-kun ! Nazuna-chan !
Ayumi-chan se précipita vers nous dès qu'elle nous vit, le soulagement et la joie évident sur son visage et celui des deux autres même alors que je m'étais déjà chargée de les rassurer via le badge. Le professeur et Haibara-san étaient également là, tout comme la police qui avait visiblement déjà rassemblé tous les campeurs actuellement présents ainsi que le personnel. Naturellement, notre arrivée ne passa pas inaperçu avec les cris des DB qui nous rejoignirent tous, Ayumi-chan en tête. Néanmoins les inspecteurs ne nous prêtèrent réellement attention que lorsqu'on ce fut suffisamment rapprochés, auparavant occupés à discuter avec le staff du camping. Les inspecteurs Satô et Takagi furent les premiers à venir à notre rencontre, adoucissant leur visage sérieux.
-Mitsuhiko-kun et Genta-kun nous ont raconté comment vous avez découvert le corps. Vous avez prit le coupable en chasse, c'est bien ça ?
-Lui, surtout, ai-je aussitôt précisé en pointant Conan-kun du doigt. Moi j'y serais pas allé sinon. C'est trop dangereux. Déjà qu'on a eu de la chance qu'il s'enfuie en nous voyant arriver !
Les agents de police devraient logiquement être d'accord avec moi, mais ils firent à peine quelques remarques sur l'imprudence de Conan-kun, qui ressemblaient presque plus à des blagues qu'autre chose, préférant récolter d'autres informations. Je voulu préciser que le coupable avait reçu un coup, mais Conan-kun me devança pour finir les explications en omettant soigneusement ce point, ce qui m'étonnait. De toute façon tous les campeurs présents dans l'après-midi étaient là, on venait d'en avoir la confirmation, et personne n'avait vu de véhicule s'éloigner. De plus, la forêt où avait eu lieu le crime était difficile d'accès par un autre endroit qu'ici, donc en toute logique, d'après les éléments qu'on avait, le coupable était ici. Et un bleu, ça ne se cache pas. Est-ce que Conan-kun préférait attendre qu'il se forme pour être mieux visible ? Ou il voulait juste confirmer sa théorie avant de dévoiler cette information ?
Quoi qu'il en soit, la police avait besoin de nous pour aller jusqu'au corps, les deux autres étant incapables de se souvenir de l'endroit exact. Ils avaient déjà eu de la chance de retrouver le camping aussi facilement de ce que j'ai entendu. Quant à nos branches abandonnées, je crois que plus personne ne s'en souciait, le concours étant au mieux interrompu et au pire annulé !
Conan-kun me proposa de rester avec les autres, vu qu'il pouvait très bien leur montrer le chemin seul, mais je déclinais l'invitation. Revoir le cadavre et refaire déjà le chemin en sens inverse ne m'enchantaient pas, mais je voulais voir comment il se comportait pendant une enquête. J'avais déjà pu me rendre compte à quel point son comportement depuis le cri avait changé, il avait des attitudes que je n'avais qu'entrevues avant, et il fallait que je lui demande un truc…
Sur le chemin, je réussis à lui demander en privé pourquoi il n'avait rien voulu que je dise au sujet de la blessure au tibias du coupable mais, la police étant avec nous, il me fit juste signe de garder le secret en disant que je verrais bien.
Bon, ben j'étais pas plus avancée. Quoi, il trouvait ça trop facile et voulait récolter des preuves ? Cela donnait plus de temps au coupable pour trouver un moyen de le cacher, même en présence de la police ! Du maquillage ne ferait pas illusion longtemps je suppose, surtout que ça avait aussi du gonfler, mais je me méfiais quand même.
Au passage, on tomba sur le bois qu'on avait ramassé avec les autres. Je me fis une note mentale de penser à le ramener au retour, ça ferait pas de mal de toute façon !
Une fois arrivés sur place, la police put confirmer l'identité de la victime, qui était la seule personne qui manquait quand ils étaient arrivés et avaient rassemblés tout le monde.
Je les laissais récupérer les indices et mettre tout ça en lien avec les informations qu'ils avaient déjà récoltées. Conan-kun se montrait assez calme, vu qu'on avait déjà observé la scène en revenant récupérer mon badge, il semblait surtout écouter les informations qu'ils essayaient de faire concorder avec la scène de crime, tout en profitant de l'éclairage pour avoir une vue d'ensemble de la scène de crime.
Bon. Jusque là rien de bien folichon. Je suivais distraitement ce qu'ils racontaient, profitant qu'on ne faisait pas trop attention à moi. Néanmoins, je ne pu m'empêcher de noter qu'on ne nous incitait pas à partir, et même que Conan-kun n'hésitait pas à ajouter un élément manqué ou à corriger un point qu'il pensait incorrect, toujours en argumentant. Il semblait alterner entre un côté assez brut et des remarques en apparence plus innocentes, et ça devenait vraiment difficile de ne pas voir sa différence de comportement par rapport à quand il était seul avec les DB et/ou le professeur.
-En tout cas, on devrait rapidement trouver le coupable en interrogeant ses amis pour savoir avec qui la victime était partie ramasser du bois, annonça le commissaire.
-Hum, à ce propos, commença l'inspecteur Takagi, d'après les premières informations récoltées en arrivant, ils avaient décidé de tous partir chercher du bois à ce moment là pour ne pas avoir à y retourner.
-Tous ? S'étonna l'inspectrice Satô. Je croyais qu'ils cuisinaient ! Rien ne cuisait à ce moment là ?
-Si, mais il fallait laisser cuir pendant un moment de toute façon… En temps normal, on évite de laisser quelque chose cuire sans surveillance, mais ils ne semblaient pas au courant, aucun d'eux n'étant très bon cuisinier. Ce sont pourtant de jeunes adultes…
Les policiers semblaient un peu étonnés et décidèrent de confirmer cela à leur retour. Un coup d'œil à Conan-kun m'indiqua qu'il semblait trouver cela louche.
Pour être honnête, ça me surprenait un peu aussi. Même moi, je savais qu'il ne fallait jamais laisser un plat sur le feu sans surveillance. Arō-niisan avait déjà essayé, ça n'avait pas donné un résultat très concluant ! L'un d'eux avait peut-être insisté que tout le monde parte pour pouvoir plus facilement accompagner la victime sans que ça se voit, éloignant les autres avec l'idée de couvrir un maximum de distance.
La discussion enchaîna sur les circonstances de la mort, et je tiquais en les entendant confirmer l'hypothèse selon laquelle la victime était sûrement accompagnée. Si c'était le cas, pourquoi avaient-ils tous les deux posé leur tas de bois ?
Conan-kun s'était approché du corps pour faire remarquer telle ou telle blessure et en déduire comment ça s'était passé. Ne souhaitant pas du tout voir ça de plus près, je regardais à nouveau les tas de bois, m'approchant prudemment pour voir s'il n'y avait pas des traces de pas à proximité par exemple.
Je tiquais presque aussitôt en posant les yeux dessus. Les tas n'avaient pas été posés avec précaution, mais ils n'avaient pas été jetés à terre non plus, ils auraient été plus éparpillés. Non, on aurait dit que…
Oh merde. Il y avait une belle racine qui dépassait entre les deux tas. Si une personne posait son tas là dessus, dans le bon sens et au bon endroit, ça se séparerait sûrement en deux tas plus ou moins égaux. Donc… En fait, ce tas n'appartenait sûrement qu'à une seule personne, mais qui ?
Je m'approchais d'un des techniciens et restait plantée à côté de lui, ne sachant pas trop comment l'aborder, ayant peur de me faire envoyer balader ou de le gêner. Je finis par lui tirer timidement la manche.
-Dites, monsieur…
Il se tourna gentiment vers moi.
-Oui ? Toi aussi tu joue aux détectives ? Tu veux savoir comment on fait pour faire toutes ces analyses ?
-Ben… Je voulais surtout savoir si la victime avait des traces de bois ou de terre sur ses mains.
-Ah bon ? Pourquoi ? Elle en a sûrement tu sais, vu qu'elle était partie ramasser du bois.
Néanmoins, en parlant, il s'approcha du corps pour examiner ses mains. J'attendais patiemment mais, même en ne voyant son dos pour ne pas risquer de trop voir les détails du corps – qu'ils étaient sur le point de transporter, donc c'était un peu moins gore on va dire, et surtout plus rangé et caché – j'avais l'impression qu'il ne trouvait pas ce qu'il cherchait.
Du coin de l'œil, je vis que Conan-kun m'avait entendu. Il observa aussitôt les tas de bois, et il eu l'air de comprendre aussitôt où je voulais en venir.
-Tiens, c'est curieux, fit le technicien. Les traces sont peut-être cachées par le sang, mais je n'ai pas l'impression qu'il y ai de terre sous ses ongles. Pourtant, même s'ils sont assez court, il devrait y en avoir au moins un peu. Il faudra vérifier au labo, on a peut-être juste du mal à voir.
Je ne pu m'empêcher de jeter un rapide coup d'œil et constatait qu'en effet, les mains de la victime étaient maculées de sang. Je me demande comment il avait fait son compte quand même ! Si je me souvenais bien des discussions, ils s'en étaient étonnés aussi, vu que des éclaboussures n'auraient pas aussi parfaitement recouvert ses mains, ni le fait de les porter à ses blessures, et la façon dont il était allongé quand on l'avait retrouvé ainsi que les autres traces n'expliquaient pas non plus comment s'était arrivé. Pourtant le lieu du crime semblait bien être ici au vu des indices trouvés.
Enfin ! On finit quand même par nous raccompagner vers le camping pendant que les techniciens terminaient de s'occuper de la scène de crime, le médecin légiste se chargeant du corps. En chemin, je me rappelais ce que je m'étais dis et récupérais autant de bois que je pouvais en porter pour le ramener jusqu'à notre installation, sous le regard surpris des DB.
-C'est le bois que vous aviez récolté ? Me demanda le professeur.
-Oui. On est tombé dessus en chemin, alors tant qu'à faire…
-T'aurais du le laisser, ça nous servira plus à rien vu que le concours est annulé ! S'exclama Genta-kun.
-Suspendu, pas annulé, corrigea Conan-kun avec un sourire. Et je serais vous, je ne baisserais pas les bras trop vite.
-Ça, ça veut dire qu'on doit finir le plat pendant que tu t'occupes de résoudre l'affaire, c'est ça ? Traduisit Haibara-san.
-Tu as trouvé des indices alors ? Questionna Mitsuhiko-kun. Dis nous !
Conan-kun s'exécuta, mais seulement en partie. Visiblement, il avait quelque chose en tête, alors je choisi de ne pas en révéler plus que nécessaire non plus. En fait, je ne rajoutais absolument rien à ce qu'il raconta, me contentant d'écouter le résumé concernant ce qu'on savait de l'emploi du temps de la victime. Autant je n'arrivais pas à me souvenir du nom de ses amis, même si les policiers l'avaient mentionné, autant lui il s'appelait… Katô Raion si ma mémoire était bonne ? Ah, Katô Raion-san je suppose ? Logiquement Katô était son nom de famille, donc si je le mentionnais, c'est ce que je devrais utiliser, mais je n'étais pas sûr. J'en eu vite la confirmation en entendant les autres parler, ce qui me rassura.
J'essayais quand même de faire un peu attention à ce qui se racontait. On se dirigea tous du côté des inspecteurs pour entendre les questions posées aux gens du camping, et surtout les réponses. De ce que j'avais suivi, la victime travaillait dans un EHPAD, ou quelque chose du style, mais je ne me souvenais pas du métier des autres, juste qu'ils étaient des amis de la fac. Je voyais à peu près avec qui il était venu, de toute façon les policiers eurent tôt fait de les prendre à part pour les interroger plus en détail après avoir demandé à tous les gens présents si quelqu'un avait vu quelque chose pouvant être lié à l'affaire. On les avait un peu croisé pendant l'après midi, mais sans plus. J'avais pas un souvenir très positif de deux d'entre eux, dont la victime, l'un me laissait indifférent, et la dernière personne du groupe avait l'air plutôt sympa. Mais c'était très léger, de vagues impressions parfois juste liées à leur tête et le ressenti général que j'avais d'eux plus que basé sur un truc dit ou fait pendant l'après midi. L'arme du crime n'était d'aucune aide non plus, c'était un modèle de couteau classique et il n'y avait aucune empreinte dessus, donc ça n'aiderait sans doute pas beaucoup, à moins d'entendre parler d'un couteau disparu mais apparemment ils avaient déjà demandé aux campeurs de vérifier s'il leur manquait un couteau de ce modèle et personne n'avait rien remarqué de manquant. On supposait quand même qu'il appartenait au coupable et pas à la victime, mais même ça n'était pas sûr.
Autant dire que j'avais aucune idée de ce qui avait pu motiver le crime, et les amis de la victimes n'aidèrent pas, ne voyant pas pour quelle raison on aurait pu le tuer, suggérant rapidement qu'une autre personne du camping devait être coupable.
L'idée n'était pas dénuée de sens, après tout même sans se connaître il aurait pu aussi baisser sa garde face à quelqu'un avec qui il aurait participé au jeu dans la journée, mais on eu la confirmation que la victime n'était pas partie récolter du bois. Pourtant, elle n'avait pas été portée jusqu'au lieu du crime, elle y était allée d'elle même, laissant penser à une rencontre dans un lieu discret avec quelqu'un d'autre.
-Peut-être que Katô-san était de mèche avec un autre groupe ou un employé du camping pour gagner le concours ? Suggéra un des campeurs.
-Mais pourquoi il l'aurait tué s'ils sont alliés ? Demanda Ayumi-chan.
-Parce qu'ils n'auraient pas réussi à trouver un accord par exemple, ou parce que l'un s'apprêtait à trahir l'autre, fit Haibara-san.
-Non, ça ne colle pas, songea Conan-kun. Le crime est très violent, le motif ne peut pas être un simple concours pour gagner un séjour gratuit tous frais payés. Il n'y a pas de notion de pari impliquée, aucune des personnes présentes ne semble avoir de soucis financiers importants pouvant justifier de tels extrêmes.
La discussion restait entre nous, mais ils parlaient assez fort pour que l'inspecteur Takagi, le plus proche de nous, puisse nous entendre. Conan-kun sembla le remarquer mais ne changea pas son attitude.
J'avoue que j'avais vraiment du mal à comprendre ses changements de comportements. Il alternait les moments où il faisait passer ses déductions – car s'en était, clairement – pour d'innocentes remarques d'enfants, et parfois il était beaucoup plus frontal, agissant normalement comme il le faisait avec nous, et je n'arrivais pas à comprendre ce qui motivait tel ou tel comportement. Il pouvait se montrer clair avec les policiers, mais il n'avait jamais l'attitude enfantine en étant seul avec nous… J'avoue que j'étais un peu sceptique. Au début je croyais qu'il faisait l'innocent pour les déductions trop poussées, mais j'étais plus si sûr. Ou alors c'est juste que parfois il se laissait trop emporter pour jouer la comédie, quand je voyais les regards que lui lançaient parfois Haibara-san.
J'avais du mal à suivre. D'un côté, il y avait mes observations des deux bizarroïdes du groupe, enfin surtout un vu que Haibara-san semblait beaucoup moins impliquée, à part pour faire des réflexions… Pessimistes, disons, ou atypiques. Pas tirées par les cheveux – encore que - mais, comment dire ? Disons qu'on attendait vraiment pas ces mots ou idées de la part d'un écolier de primaire quoi. Et de l'autre, il y avait l'affaire. Ok, c'était pas à moi de la résoudre, mais forcément, vu notre implication on essayait forcément d'y réfléchir, et les DB étaient à fond là dedans de toute façon. De mon côté, je voulais comprendre. Je voulais pas cafter pour la blessure au tibias du coupable vu que Conan-kun m'avait demandé de ne pas le faire. Alors oui, je pouvais ne pas faire ce qu'il me disait, mais je voulais voir ce qu'il avait en tête. Et si je voulais qu'il me fasse confiance, disons que lui mettre des bâtons dans les roues ne me paraissait pas être une super idée.
Sauf que rapidement, après s'être assuré que personne n'avait rien vu de particulier, la police commença à faire des interrogatoires plus organisés, donc sans tout le camping autour, ce qui signifie aussi qu'on fut mit de côté. Enfin, sauf Conan-kun qui trouva le moyen de s'incruster avec les interrogatoires, assurant qu'il pourrait peut-être se souvenir de quelque chose ou remarquer une incohérence dans les dépositions, et ils laissèrent faire.
J'aurais sans doute pu utiliser la même excuse, mais j'avais l'impression d'avoir vu ce que je voulais. Haibara-san s'était laissée convaincre à continuer de préparer à manger – on allait bien dîner à un moment ou à un autre de toute façon – et je me retrouvais avec les garçons, les seuls à ne pas avoir été réquisitionnés pour la cuisine.
Bon, hé bien ça semblait être une superbe opportunité pour au moins une chose que je voulais faire depuis un bon moment…
-Il fait souvent ça Conan-kun ?
-De quoi ? Demanda Genta-kun.
-Son comportement avec la police.
-Ah, tu veux dire quand il passe de gamin à sérieux ? Comprit Mitsuhiko-kun.
Hé ben, c'était brut ! Je pensais pas qu'ils comprendraient si vite, je sais pas pourquoi.
-Oui, c'est ça. C'est pas un peu bizarre ?
Ils hochèrent les épaules.
-Il fait souvent ça. Moins qu'avant, et avec certains inspecteurs c'est pire. On a l'habitude maintenant. Parfois il nous demande aussi de l'aide pour résoudre les affaires, compléta fièrement Mitsuhiko-kun.
Ok, mais ça me dit pas pourquoi il fait ça… Mais vu leur façon de parler, je n'avais pas l'impression qu'ils en avaient une idée. Mais j'avais l'impression de voir juste : Conan-kun lançait des réflexions trop intelligentes pour son âge, ça se voyait et il le savait, et cherchait visiblement à le cacher… Mais pourquoi ? Sans doute pas pour une simple impression comme moi, mais… Ben ça pourrait être ça, vu son attitude. Il cachait clairement un truc.
-En tout cas, c'est pratique ces gadgets ! Il en a encore beaucoup d'autres ? Demandais-je.
-Ah oui, il en a pas mal ! Le professeur lui en fait plein, nous on a que les badges et les montres, gémit Genta-kun.
-Vous n'avez pas les émetteurs ?
-Non, et il n'y a que Conan-kun qui a les lunettes pour les tracer, mais le professeur en a une paire de rechange.
On fit l'inventaire des gadgets. Je réussis à peu près à maintenir la discussion sur le sujet qui m'intéressait. Heureusement les DB répondaient sans soucis, comprenant mon intérêt pour ces gadgets sans poser de questions, et personne n'était là pour nous distraire ! Je jetais un coup d'œil au coin cuisine. Ils étaient trop loin pour nous entendre, et semblaient toujours tous occupés, même si Haibara-san semblait garder un œil sur nous.
Et punaise, j'aurais du poser cette question bien avant ! Entre les gadgets dont j'avais connaissance et les nouveaux, et surtout les informations annexes, ça ouvrait tout un tas de nouvelles hypothèses particulièrement intéressantes. Il semblerait que les DB n'aient pas remarqué un ou deux gadgets, ou sans réellement comprendre ce que c'était, mais avant que j'ai pu creuser, ils mentionnèrent un des gadgets les plus intéressants.
-Ah, et il y a son nœud papillon aussi que tu n'as jamais vu !
Je penchais la tête de côté.
-Celui qu'il porte parfois, avec sa tenue qui ressemble à un uniforme ?
Ou à un mini costume, si on omettait le short, mais passons.
-Oui, c'est ça ! On dirait un simple nœud papillon rouge, mais en fait c'est un transformateur de voix !
Je haussais un sourcil.
-Comment ça ?
-Ben, ça change la voix quoi ! Il tourne des sortes de molettes, et il peut prendre plein de voix avec ! Il le fait de temps en temps, parfois pour téléphoner même, mais il aime pas qu'on le voit faire ça, on se fait souvent chasser.
-Et… Il fait ça quand ? Pour coincer des criminels aussi ? Il emprunte la voix de qui ?
-Hum… C'est pas toujours pour capturer des criminels. Parfois oui, mais parfois j'ai l'impression que c'est une voix qu'on connaît, mais je sais plus celle de qui.
-Oui, une voix qu'on a pas entendu souvent sans doute, rationalisa Mitsuhiko-kun.
Ho ? C'était très intéressant ça ! Je voulu pousser plus loin, mais je remarquais Haibara-san quitter les fourneaux pour se diriger vers nous. Coupant les autres avant qu'elle ai pu entendre de quoi on parlait, je l'apostrophais alors qu'elle arrivait à notre niveau.
-Y'a besoin d'aide ?
-Oh non, plus maintenant, il suffit de laisser cuir pour un moment ! On a plus besoin d'être trois. Vous n'enquêtez pas ? S'étonna-t-elle.
-On peut pas, bouda Mitsuhiko-kun. Conan-kun est avec les inspecteurs, il a toute les infos direct !
-Et alors ? Vous arriverez à rien sans apprendre à vous débrouiller par vous même ! Répliqua Haibara-san. Certains indices ne nécessitent pas de parler à des gens, juste d'observer. Et vous pouvez poser des questions. Si vous savez quoi chercher, vous n'importunerez pas trop les gens et ils accepteront peut-être de vous répondre.
Attends, elle les incitait à enquêter ? Je restais hébété, ne m'attendant vraiment pas à ça de sa part, mais les deux autres semblaient enthousiastes.
-C'est vrai, t'as raison !
-Tu penses qu'Ayumi-chan peut venir avec nous aussi, s'il suffit de surveiller le feu ?
-Si vous demandez gentiment au professeur de surveiller la cuisine, ça devrait marcher. Si vous ne craignez pas trop ses résultats seul aux fourneaux !
-On a confiance en le professeur, il a déjà fait ses preuves ! Affirma joyeusement Mitsuhiko-kun en allant chercher leur comparse avec Genta-kun.
On suivit plus lentement le mouvement avec Haibara-san. Je ne pu m'empêcher de demander :
-C'est vraiment une bonne idée de les inciter à enquêter ? Vu la violence du meurtre…
-Il y a peu de chance qu'ils trouvent réellement le coupable, et ça va les démanger de toute façon, répondit-elle. Autant y aller ensemble, ça permettra de leur éviter de faire des bêtises. Et ils passent leur temps à vouloir dépasser Edogawa-kun sans se donner les moyens de le faire, j'essaie juste de leur donner un petit coup de main !
Elle eu un petit sourire en disant ça. J'avais déjà vu les DB faire, mais rarement Haibara-san les aider en ce sens, d'où ma surprise. Enfin, pourquoi pas… Moi ça m'allait. Je me voyais pas juste surveiller la cuisson d'un plat pendant que d'autres essayaient de résoudre une affaire de meurtre. J'aurais bien aimé rester voir les interrogatoires, des fois que Conan-kun lâche l'info pour le tibias de l'agresseur sans moi, mais je déchantais très vite en parcourant le camping : certaines personnes étaient en short, d'autres en pantalon, et ils étaient un certain nombre à avoir des blessures et égratignures à cet endroit – parfois c'était juste le pantalon qui était abîmé, vu qu'on ne voyait pas dessous – sans doute à cause des jeux de l'après midi. J'avais pas fait gaffe plus que ça avant, mais maintenant j'avais l'impression de voir que ça !
Mince. Je n'avais pas pensé au fait que d'autres gens avaient pu se blesser, et vu le cadre et les activités de la journée, c'était à prévoir. Bon, il y avait quoi, moins d'un quart des gens que je croisais qui présentaient ce genre de blessure, et encore moins une qui ressemble un minimum au résultat d'un coup de branche, mais quand même.
Je m'étonnais encore plus que Conan-kun soit parti de son côté du coup. Je ne lui avais pas décrit très précisément où j'avais frappé, ni si c'était sur le tibias gauche ou droit, il était parti sans me demander. Hé bah écoute, tant pis ! Il s'était sûrement déjà rendu compte que d'autres personnes présentaient des blessures similaires et voulait réduire la liste des suspects, je suppose. Enfin, ça aurait quand même été plus simple en le disant à la police, mais bon…
Le premier réflexe des enfants fut d'aller voir les amis de la victime. Cela me paraissait plutôt logique à moi aussi. Ils étaient à proximité du lieu des interrogatoires, étant les premiers à y passer, mais ils n'interrogeaient qu'une personne à la fois. Hé bah, s'ils voulaient faire ça pour tout le monde, ça allait être long ! Si j'avais bien compris ils allaient se concentrer sur les proches de la victime et de possibles témoins ou suspects, mais quand même…
En tout cas, pour l'instant c'était des employés du camping qui passaient. Ils étaient sensés travailler à l'extrémité du camping d'où était parti la victime, mais n'avaient rien vu. De ce que j'entendais, quelques accusations avaient déjà été lancées à l'encontre de la seconde par une autre employée qui ne l'aimait pas. Si ça commençait déjà avec des accusations infondées sous prétexte que la tête de la personne ne vous revenait pas ou pour des animosités au travail, ça allait être drôle…
On commença par l'employée qui accompagnait celle qui était en plein interrogatoire. Elle avait déjà été interrogée, et attendait son amie.
-Personne n'a eu le temps de passer avant vous deux ? S'étonna Ayumi-chan.
-Non. On a… Pas très bien fait notre travail, et la police a trouvé ça louche, expliqua l'employée, gênée.
-Ah bon ? Pourquoi ? Vous glandiez ?
Wow, c'était brutal ça ! Visiblement l'employée était du même avis, mais son rougissement me laissait penser qu'elle avait peut-être bien glandouillé, mais d'une manière un peu spéciale…
-Quoi ? Non ! Mais je… Je suis nouvelle ici, j'ai encore un peu de mal avec certaines choses, et mon amie, qui m'a incité à venir travailler ici, me montrait comment faire. Je leur ai expliqué que ça ne prendrait plus autant de temps à l'avenir, mais on a rien fait de bizarre ! On était toutes les deux tous le temps !
-Tout le temps, hum ? Sourit Haibara-san, qui avait l'air de penser à la même chose que moi.
Les DB, eux, ne parurent pas saisir du tout. Après encore quelques questions, il devint rapidement évident pour moi que les deux filles flirtaient. C'était pas très malin de faire ça au boulot, mais c'était mignon, et je pouvais comprendre pourquoi elles ne voulaient pas en parler, vu l'attitude de certains des autres employés. En plus… Bon, un couple lesbien, je suis pas sûr que ça serait super bien vu.
Ok, donc rien d'intéressant ici a priori. Les amis de Katô-san étaient regroupés plus loin, visiblement éprouvés. On s'approcha d'eux, mais à peine les autres avaient-ils commencé à poser des questions qu'un des hommes nous rabroua violemment.
-C'est pas vos oignons les mioches, c'est le boulot de la police de régler ça. Tirez vous !
-Du calme ! Le tempéra la femme qui m'avait paru la plus sympathique. Excusez-le, Raion-san est son ami d'enfance, c'est assez difficile pour lui…
J'aurais bien répondu « alors imaginez pour des gosses qui découvrent un cadavre », mais les autres n'avaient pas franchement l'air traumatisés, et moi non plus extérieurement, donc je me tu. En tout cas, il en fallait plus pour faire abandonner les DB, et à ma surprise, Genta-kun et Mitsuhiko-kun frissonnèrent en repensant à la scène de crime. Comme quoi, j'étais mauvaise langue !
-Si c'est nos oignons, c'est nous qui avons trouvé son corps, et c'était horrible ! Affirma Mitsuhiko-kun.
-Ouais ! On l'connaissait pas, mais on veut lui rend' justice !
Hum. Bien joué.
Le type désagréable sembla ne rien trouver à répondre en tout cas, mais il se contenta de s'emmurer dans son coin, comme s'il boudait. Je pouvais pas trop lui en vouloir. Ayumi-chan essaya même de le rassurer, lui assurant qu'ils allaient trouver le coupable, mais il se contenta d'un grognement en réponse.
Bon. Pas grand-chose à tirer de lui, donc. Autant le laisser faire son deuil dans son coin.
Tout le monde se rabattit donc sur les deux autres, un homme plus neutre et la femme qui avait apaisé son ami.
-Au fait, pourquoi on ne vous interroge pas en premier ? S'étonna Haibara-san.
L'homme hocha les épaules.
-Ils nous ont déjà posé quelques questions et savent qu'on était pas ensemble, donc quel intérêt ? On risque de pas être très utiles. Presque personne n'a rien vu, donc ils ont du espérer que ces deux employées cachaient quelque chose. En plus ça a l'air d'être le cas de ce qu'on entends.
-Non, c'est faux ! Défendit aussitôt Ayumi-chan. Elles sont simplement nouvelles ! Elles sont trop gentilles pour avoir fait ça de toute façon !
Les deux garçons hochèrent vigoureusement la tête.
-C'est sûr ! La scène était horrible. Elles peuvent pas avoir fait ça.
La femme sourit.
-Vous savez que ce ne sont que des suppositions ?
Son sourire avait quelque chose d'étrange. Une mélancolie ? Elle était peut-être fatiguée de ce cliché. J'avais aussi levé les yeux au ciel en les entendant parler. Si être assassin se voyait sur la tête des gens, ça se saurait. Mais oui, on avait vu qu'un criminel, et elles avaient un autre alibi même si on l'avait pas vérifié à 100 %, donc pour moi elles étaient hors de cause. Mais pas juste parce qu'elles paraissaient trop jeunes et gentilles pour ça.
Bon, ça et que je leur voyais vraiment pas de motif valable pour faire ça. Mais on l'avait peut-être juste pas encore trouvé !
Les autres n'insistèrent pas très longtemps car Haibara-san renchérit là dessus, rappelant que l'habit ne fait pas le moine. La discussion dériva de l'enquête à des sujets complètement différents, commençant à partir sur les clichés et stéréotypes, et ni moi ni Haibara-san ne tentèrent vraiment de revenir au sujet initial. Visiblement, elle aussi avait des choses à dire sur le sujet, et elle semblait également critique.
Ok, mais ça allait pas nous aider ça, si ? Sauf si, comme dans les films et les livres, on se retrouvait à mentionner un truc qui allait être l'illumination pour l'un de nous, mais j'en doutais. Pour l'instant j'étais toujours largué, puis j'entendis derrière moi un policier chuchoter à un autre d'informer les gens dans la salle de l'absence de traces de terre ou de bois sur la victime, et le fait que ses mains avaient sans doute été ensanglantées volontairement.
Ah. J'avais oublié ça. J'étais la seule à avoir entendu visiblement, alors je profitais d'une pause pour recentrer la discussion.
-Mais au fait, il était pas sensé être parti chercher du bois avec vous Katô-san ? Et vous savez vraiment pas pourquoi quelqu'un aurait voulu le tuer ? Parce que… Vu la scène, ça pouvait pas être un hasard, le meurtrier devait vraiment pas l'aimer…
-Si, il était parti chercher du bois de son côté. C'est même lui qui a proposé de se séparer, affirmant qu'on serait plus efficace. Il faut dire qu'ils ont tendance à s'éparpiller tous les deux si on les laisse faire !
Ah. C'était pas prévu ça.
-Oui, vous l'avez déjà dit tout à l'heure, mais vous avez toujours pas trouvé une idée de motif ? S'enquit Mitsuhiko-kun.
Ah bon ? J'avais juste vaguement entendu qu'ils avaient pas d'idée de qui pourrait en vouloir à leur ami à ce point et pourquoi. Faut dire que mon attention était assez irrégulière à ce moment là..
-Non… Raion-kun est un peu arrogant parfois, il a ses mauvais côtés comme tout le monde, mais rien qui puisse justifier ça… On s'engueule de temps en temps, que ce soit lui et moi ou entre d'autres membres du groupe. C'est fréquent mais ça dure pas.
-Et c'est avec qui qu'il s'est disputé en dernier ? Questionna Genta-kun.
L'homme parut gêné, et la femme prit sa suite en chuchotant, assorti d'un signe de tête vers celui qui boudait :
-Avec son meilleur ami, mais ça leur arrive tout le temps.
-Alors il n'y a pas quelqu'un avec qui il s'engueulait plus souvent en ce moment ? Insista le garçon.
-Dites, vous pensez vraiment qu'un de nous l'a tué ? Fit l'homme, qui semblait commencer à prendre la mouche aussi alors qu'avant il était assez indifférent. Même si c'était le cas, personne ne serait assez stupide pour l'avouer !
-Mais on essaie juste de comprendre ! Assura Ayumi-chan.
-Il a aussi pu se disputer avec quelqu'un d'extérieur au groupe quand vous n'étiez pas là non ? Suggéra Mitsuhiko-kun.
-J'en sais rien. Je dirais que c'était plus tendu que d'habitude entre lui et Haru-chan, sans doute parce qu'il essaie toujours de lui faire des avances, mais je connais pas ses relations ni sa situation à son boulot ou avec sa famille. Il me semble pas qu'il entretienne de bonne relations avec ces derniers, mais c'est tout.
Il avait pointé de la tête la femme à ses côtés, provoquant des regards surpris en direction de l'intéressée, qui parut gênée.
-Il est juste un peu lourd et ne sait pas abandonner, assura-t-elle. Ce n'était pas grand-chose, mais du coup j'évitais de le voir seul en ce moment.
-C'est vrai que vous étiez tendus à chaque fois que vous parliez tous les deux. Avec vos messes basses, on pourrait croire à des disputes de couples, le railla son ami.
-Ne dit pas ça ! Se lamenta Haru-san.
Ils furent interrompu par un policier qui s'approchait d'eux.
-Hum, désolé, c'est à vous pour les interrogatoire… Qui veut y aller en premier ?
Le colérique se leva aussitôt, et visiblement il ne s'était pas calmé entre temps. Nous entendre poser nos questions n'avait pas du aider.
-Sérieux, vous commencez à être lourd avec vos soupçons !
Haru-san se leva pour essayer de l'apaiser.
-Arrête… Ils ne font que leur travail, et ils veulent aussi trouver qui a tué Katô-san… Dis toi que tu aideras à trouver son meurtrier en répondant, et que c'est leur boulot de te considérer comme un suspect.
-Oui, le prend pas personnellement.
-Ne le prend pas personnellement ?! Alors que mon meilleur ami a été tué ?!
Il commençait à s'énerver, et bouscula Haru-san. Je le vis heurter son tibias et ne ratait pas la grimace de douleur qui passa sur le visage de la femme avant de disparaître, tandis que le policier finissait par rassurer l'homme et le convaincre de les suivre, assurant qu'ils seraient diplomates et que c'était vraiment juste pour prendre sa déposition et être sûr qu'il n'omettait rien qui pourrait leur servir.
Bon, nous voilà débarrassés du désagréable. Maintenant… Je me tournais vers la dénommée Haru-san, mais Haibara-san me devança, s'étant approchée de la femme pour observer ses jambes.
-Vous vous êtes blessée ? On dirait que vous avez une bosse sur le tibias, mais votre pantalon est en bon état. Si ça ne date pas d'aujourd'hui mais que c'est toujours aussi gonflé, vous devriez plutôt vous reposer, non ?
L'homme restant tourna un regard surpris vers elle. Je ne me posais pas de question le concernant, il était en short et je voyais bien qu'il n'avait aucune blessure correspondant à celle que je cherchais.
-Ah bon ? Mais hier, à la piscine, tu n'avais rien !
-Ah, oui, c'est normal, ça date d'aujourd'hui. Je me suis cogné sur une pierre, mais ça n'a pas râpé donc ça ne se voit pas sur mon pantalon. Sur ma jambe par contre, je l'ai bien senti ! Plaisanta-t-elle.
Je ne pouvais m'empêcher de tiquer. Elle avait l'air terriblement gênée du sujet, et j'avais vraiment l'impression qu'elle me jetait des coups d'œil depuis qu'on avait commencé à en parler. C'était quand même pas elle la meurtrière ? Je sais bien que j'avais participé à la discussion disant qu'il ne fallait pas trop se fier aux apparences et se détacher des clichés, mais quand même ! Elle était la personne qui m'avait fait la meilleure impression, et on ne tue pas quelqu'un juste parce qu'il drague un peu lourdement ! Sauf s'il avait commencé à la draguer moins lourdement… Mais même là, ça ne justifiais pas une telle sauvagerie. Et je préférais pas imaginer ce qu'il avait pu faire pour justifier ça…
En tout cas, je commençais à stresser. C'était peut-être le moment de dire que le meurtrier avait un bleu au tibias non ? Je lançais un coup d'œil derrière moi, mais si j'avais raison et que Haru-san était la coupable, vu sa réaction quand on l'avait poursuivie avec Conan-kun, alors elle pourrait mal réagir, et les DB étaient tout autour d'elle… Je ne me sentais pas d'appeler la police comme ça. Elle comprendrait et pourrait paniquer.
Du calme ! Du calme. J'étais même pas sûr encore. Je m'inventais peut-être des choses. Et elle allait pas s'affoler aussi vite, si ? J'essayais de ne pas trop laisser transparaître mes émotions et de me calmer, mais Haibara-san avait soulevé le pantalon de la femme pour voir la blessure sans lui demander son avis.
-Vous auriez du mettre de la glace dessus tout de suite, commenta-t-elle. D'ailleurs ce n'est pas encore trop tard je pense, le bleu a l'air récent si j'en crois les plaies autour…
Même Haibara-san s'interrompit, comprenant en même temps que moi que ce n'était pas normal qu'il y ai des plaies s'il y avait eu un simple choc et pas de frottement.
Et surtout, mon sang s'était glacé. L'endroit correspondait exactement à l'endroit où j'avais tapé. Je m'en souvenais bien, j'étais concentrée dessus pour ne pas risquer de me louper. Et c'était la bonne jambe. En plus, les plaies correspondaient bien aux griffures qu'auraient pu laisser les branches en s'enfonçant dans le tissu plus ou moins solide. Et vu l'état de cicatrisation, et le fait qu'il semblait rester un peu de bois dans certaines plaies, sans doute car elle n'avait pas eu le temps de tout nettoyer et de se changer avant de revenir…
-C'est vous qui l'avez tué, lâchais-je sans m'en rendre compte.
C'était un fait, une conclusion logique vu les éléments que j'avais, même si je n'avais aucune idée de pourquoi, mais je réalisais bien trop tard que j'avais parlé à voix haute, trop hébétée pour faire attention.
Il n'y avait pas énormément de monde, mais un policier passait justement près de nous pile à ce moment là, assez près pour m'entendre, tout comme quelques personnes autour, mais à peine eurent-ils le temps de comprendre ce qu'ils venaient d'entendre que Haru-san bougea.
Je ne réfléchis même pas. Dès que vis son regard passer du policier à Haibara-san, je compris à la lueur désespérée dans son regard. Je réagis alors qu'elle commençait à bouger, plongeant vers le bas, main tendue pour attraper celle qui l'avait indirectement démasquée. Je poussais Haibara-san vers les autres DB pour les pousser aussi loin que possible… Et finit dans les bras de Haru-san, une lame pointée vers mon cou.
-Personne ne bouge. Écartez-vous tous, ordonna-t-elle d'un ton soudain mortellement sérieux.
Son ami paraissait ébahit et voulu s'approcher.
-Haru-chan, tu…
-Toi aussi, écarte toi. Tout de suite. Ne tentez rien.
Elle rapprocha la lame de quelques centimètres de mon cou, mais toujours sans contact direct. Tout le monde fit ce qu'elle dit. Les DB semblaient effrayés mais Haibara-san se tenait résolument entre elle et eux, les forçant à reculer pour lui laisser le champ libre pour fuir, les yeux fixés sur elle, passant rapidement sur moi avec une drôle d'expression, comme de la… Surprise ?
J'avais pas le temps de m'en étonner. Enfin si, j'avais tout le temps du monde, puisque j'étais crispée et figée dans la prise de Haru-san, trop terrifiée par la situation et les souvenirs de l'affaire avec les trafiquants pour oser quoi que se soit. Les personnes autour semblaient trop surprises pour réagir, et les policiers au niveau des interrogatoires mirent trop de temps à réaliser ce qui se passait que la femme s'éclipsait déjà, profitant que la voie était libre. Elle menaça de s'en prendre à moi si on essayait de l'arrêter ou si on la suivait, coupant court à toute tentative de négociation, toute question, toute personne essayant de lui parler en fait.
Elle prit ses jambes à son cou dès qu'elle se fut éloignée du gros des gens à pas rapides, et je n'eus que le temps de voir le commissaire, Conan-kun et les autres inspecteurs sortir, réalisant enfin ce qui se passait, que la femme sprinta vers la forêt, nous mettant rapidement hors de vue. Elle me cala sur son flanc, me bloquant les bras, et continua en courant pendant plusieurs minutes sans rien dire, concentrée sur sa course et arrivant je ne sais trop comment à ne pas trébucher. Elle finit quand même par utiliser la lumière de son portable pour s'éclairer, quand elle fut sûr que personne ne les talonnait, et elle continua sans un mot de s'enfoncer à un rythme plus lent de plus en plus profondément dans la forêt, toujours avec moi sous le bras.
Et voilà pour aujourd'hui ! J'aurais peut-être du laisser plus de temps entre l'écriture et la relecture pour avoir plus de recul. Je suis encore dans une période où j'ai l'impression d'écrire des trucs mauvais, mais ça allait déjà mieux à la relecture, donc…
Le chapitre suivant est déjà bien avancé, mais je préfère rien promettre, ça me porte malheur je crois xD
Posté le 25.08.2020
