Bonsoir, ou bonjour, chers lecteurs ! Ravis de vous retrouver pour la suite !

Il est tard, à l'heure où je poste ce nouveau chapitre. Nous espérons, ma co-équipière et moi-même, qu'il vous plaira.

Merci énormément Kriistal ta review ! Tu as un très bon sens de la déduction mais je n'en dirais pas plus. Gardons un peu de suspens !
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Belle lecture à vous. On se retrouve en bas..

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Chapitre 20 : Juste un instant... l'instant présent.

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Ses boucles dorées s'éparpillaient joliment sur la quasi-totalité de son dos. Allongée sur le ventre, les pieds en l'air, la jolie blondinette chantonnait distraitement. Ses beaux yeux bleus étaient fermés, ses fines lèvres tirées en un doux sourire.

Les yeux gris du jeune Malefoy ne pouvait s'empêcher de la regarder avec tendresse tandis qu'il défaisait sa valise.

« Qu'est-ce que tu chantonnes ? Demanda-t-il, amusé.

« Une comptine que ma mère me chantait quand j'étais petite, répondit Luna.

« On dirait que tu n'as pas changé depuis.

« Que veux-tu dire ? Interrogea la jeune Lovegood, un sourcil froncé.

« Tu es toujours une petite fille ! Lança le beau blond en riant. »

La jeune femme prit un air offusqué et se redressa pour se retrouver à genoux au milieu du lit. Elle attrapa un oreiller derrière elle et le jeta dans la figure de Draco.

« C'est pas vrai ! Je suis une femme ! Répliqua-t-elle de sa petite voix.

« C'est tout à fait un comportement d'adulte, ça ! Dit-il en secouant l'oreiller qu'il venait de se prendre. »

Luna lui fit alors une moue si attendrissante qu'il ne put y résister.

« Tu es une très jolie femme, admit-il avant de lui caresser la joue. »

Satisfaite, la belle lui fit un grand sourire. Draco continuait de vider sa valise, quand un petit paquet attira l'attention de la jolie blonde.

« Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-elle tout en tendant la main pour le prendre. »

Plus vif que l'éclair, le Serpentard attrapa l'objet en question et le planqua dans son dos.

« Pas touche ! Lança-t-il, tout en gardant son sourire. »

Le regard plein de fougue et une irresistible envie de jouer se lisait sur le visage enfantin de Luna. Ni une, ni deux, la jeune femme lui bondit sur le dos. Draco, un bras en l'air, tentait, tant bien que mal, de l'empêcher de prendre le paquet tant désiré. La jolie blonde poussait des petits cris bestiaux, faisant tous les efforts du monde pour l'attraper alors que le beau blond riait aux éclats.

Entraînés par leur folie, Draco perdit l'équilibre. Il se retourna dans la chute et attrapa la douce Luna par la taille afin que ce soit lui qui prenne le choc. Installée en califourchon sur lui, la jolie Serdaigle affichait un air victorieux, le fameux paquet dans les mains.

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Quelques minutes plus tôt, Hermione venait de sortir de sa chambre. Elle entendit du bruit au rez-de-chaussée, lui indiquant que sa meilleure amie, Ron et Neville venaient d'arriver mais elle n'y prêta pas plus d'importance, trop absorbée par ses pensées.

Dès le réveil, c'est à lui qu'elle avait pensé. Sûre d'elle et déterminée à obtenir ce qu'elle voulait, elle se dirigea vers sa chambre. Elle s'arrêta quelques pas avant de l'atteindre, intriguée par les bruits étranges qui en sortaient.

La belle se retrouva devant un spectacle auquel elle ne s'était pas attendu. Luna, assise en califourchon sur Draco, allongé sur le sol. La blondinette lui tirait la langue alors qu'il riait comme elle ne l'avait jamais vu rire.

Les deux fous s'arrêtèrent en entendant le sol grincer près de la porte. Luna leva ses yeux bleus azur vers ceux, noisettes, d'Hermione et lui sourit.

« Bonjour, Hermione, dit-elle de sa voix douce en se relevant. »

Draco avait lui aussi tourné les yeux vers la belle brune debout dans l'embrasure de la porte.

« Je ne voulais pas vous déranger, déglutit-elle, mal à l'aise.

« Non, pas du tout ! Rassura la blondinette. »

Elle secoua le paquet devant Draco et s'éclipsa hors de la chambre en sautillant. Hermione, le visage quelque peu défait, la regarda s'en aller.

« Tu vas rester plantée là sans rien faire ou tu comptes m'aider à me relever ? Demanda le beau blond toujours couché par terre. »

La jeune femme s'avança vers lui et se plaça en face. Elle le parcourut d'un regard hautain, finalement satisfaite qu'il se trouve dans une telle position.

« Qu'est-ce que tu attends ?

« Je me demandes si tu mérites vraiment mon aide, répondit-elle d'une voix supérieure. »

Draco haussa les sourcils.

« Pourquoi n'as-tu pas demandé à Luna ? Ajouta-t-elle, laissant, sans le vouloir, transparaître un brin de jalousie. »

Draco soupira en levant les yeux au ciel et sans que la jeune femme s'y attende, il l'attrapa par la taille et la fit tomber sur lui.

« Parce que je n'aurais pas fait ça avec Luna, souffla-t-il d'une voix suave. »

Il attira son visage vers le sien, une main chaude dans sa nuque et l'invita à offrir sa langue pour une nouvelle danse sensuelle. Son autre main était passée dans le dos de la Gryffondor et remontait dans une caresse délicieuse son t-shirt. Ses doigts fins remarquèrent l'absence de soutien-gorge, ce qui le fit sourire. La belle demoiselle commençait à ouvrir, un à un, les boutons de sa chemise tout en lui infligeant de légers effleurements du bout des doigts.

Ce geste, bien qu'enivrant, fit prendre conscience au jeune Malefoy qu'il perdait le contrôle de la situation. Dans un élan souple et vif, il se redressa et harponna les fesses attrayantes de la belle brune afin de la soulever.

La jeune femme arrêta le baiser et, folle de désir, lui mordilla la lèvre inférieure. Son regard de braise ne fit qu'accentuer l'envie de Draco.

« Hum, Granger, grogna-t-il tout en la posant sur le lit. »

Sa chemise déjà ouverte, il n'eut qu'à l'ôter. Il s'approcha d'elle tel un loup ayant pris au piège sa proie. Arrivé au-dessus d'elle, il plaqua délicatement son genou entre ses cuisses. A cette pression, Hermione se cambra, lui offrant involontairement son cou. Le loup n'attendit pas plus longtemps pour y parsemer de tendres baisers.

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Le jeune Potter se décida enfin à sortir du bureau, ses idées remises en ordre. Ron riait joyeusement, une belle blonde assise sur ses genoux. Harry les contempla un instant avant de capter le regard de son meilleur ami. Celui-ci arrêta instantanément de rire en le voyant et déglutit difficilement. Malgré la bienveillance de ce regard, il ne savait plus trop à quoi s'attendre avec le survivant. Les derniers temps avaient été intenses en émotions.

Le rouquin poussa délicatement sa belle et lui glissa un mot à l'oreille avant de lui faire un petit baiser sur la joue. Gabrielle acquiesça avant de se tourner elle aussi vers l'Elu. Elle lui adressa un petit sourire puis les deux jeunes sorciers quittèrent le salon.

Arrivés dans la bibliothèque, un silence vint s'imiscer rapidement entre eux.

« Tu vas bien ? Entama Harry, repoussant vivement la gêne ambiante.

« Oh... Euh... Oui, balbutia Ron, sur ses gardes. Et toi ?

« Ça ira mieux quand V sera anéantit, dit-il simplement tout en sortant le croc de Basilic de sa poche.

« Je suis désolé de ne pas avoir trouvé l'épée, reprit le rouquin en baissant la tête. Elle n'est pas à Poudlard.

« Peu importe, souffla Harry. J'aimerais que tu me raconte, ajouta-t-il avant de s'asseoir dans un fauteuil. »

Il intima son meilleur ami d'en faire de même.

« Ginny m'a suivi alors que j'étais à la recherche de l'épée et d'infos sur les H. J'ai trouvé le livre qu'à sûrement utilisé... Tu-Sais-Qui... pour en apprendre plus sur ces objets, expliqua-t-il, en se raclant la gorge. Je l'ai amené avec moi d'ailleurs. »

Harry inclina la tête et l'invita à continuer, le plus calmement du monde. Mais malgré ce calme, Ron se sentait de plus en plus mal à l'aise.

« J'ai prononcé le nom à voix haute en tombant dessus et elle a bondi à ce moment-là. Tu connais ma sœur, tenta-t-il pour se justifier, elle n'allait pas lâcher l'affaire...

« Ron, intervint Harry, je sais. Elle est encore plus en danger et nos chances de ne pas être découverts s'amenuisent mais nous avons enfin en notre possession un moyen de les détruire et au final, c'est ce qui compte le plus. »

Le rouquin s'affaissa littéralement dans son fauteuil, soulagé. Le regard intrigué de son ami le poussa à s'expliquer.

« J'avais peur que tu explose de nouveau. Tu me faisais confiance pour trouver l'épée et rester le plus discret possible et, au lieu de ça, j'ai révélé le secret à Gin. Je suis vraiment désolé, ajouta-t-il, une moue au visage. »

Harry n'attendit pas plus pour se lever vivement et attraper son ami pour lui faire une accolade fraternelle. Leur arme la plus forte contre le mal, c'était cette amitié inébranlable, cet amour dont Tom Jédusor avait été toujours dépourvu. Il ne fallait pas qu'ils l'oublient.

Les deux amis quittèrent la pièce en quête de retrouver la seule fille de leur trio mais c'était sans compter sur Molly Weasley qui les obligea à l'aider dans les tâches ménagères.

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Rogue, après avoir subtilisé des cheveux aux deux agents du Seigneur des ténèbres pour le Polynectar du jeune Londubat et la jeune Weasley, avait quitté son poste de directeur pour se rendre au manoir des Malefoy.

Le portail qui marquait l'entrée de l'allée menant à la porte, était comme pris dans la glace, brillant au moindre rayon de lumière quel qu'il soit. La lumière produite par la faible clarté du jour teinta le fer noir du portail d'un bleu transparent. L'homme ne s'attarda pas sur ce détail, pourtant magnifique, et continua son chemin après l'avoir traversé.

La pelouse du jardin, connue pour être des plus entretenue, n'était plus que neige fine et plaques de verglas scintillantes. Séverus le traversa également sans même regarder et arriva devant la porte.

Celle-ci s'ouvrit sans même qu'il ait eu besoin de frapper. Il entra alors, pensant trouver un peu de chaleur. Mais, sans surprise, l'intérieur de la bâtisse était elle aussi plongée dans le froid de l'hiver.

Tout était silencieux et personne n'avait pointé le bout de son nez pour venir l'accueillir. Rogue monta directement au premier étage, sa cape noire flottant derrière ses pieds et retrouva la salle à manger entièrement vide. Aucune lumière n'y avait été allumée en l'absence du Maître. Le sorcier jeta un sort qui illumina tous les cierges de la pièce et remarqua une porte entre-ouverte.

« Séverus ? C'est toi ? Demanda craintivement une voix. »

Le questionné acquiesça et la porte s'ouvrit complètement, laissant apparaître une femme amaigrie et tremblante.

« Où est... ? Commença Rogue de sa voix détachée.

« Parti ! Coupa Narcissa Malefoy en s'avançant vers lui. Tu ne le savais pas ? Tu n'es pas venu pour moi ?

« Que veux-tu dire, Narcissa ? Reprit Séverus, un sourcil levé.

« Il faut que tu m'aide, Séverus ! Implora-t-elle d'une voix brisée. Je n'en peux plus ! Je ne suis pas comme eux... Je... Je suis seule et mon fils...

« Calme-toi ! Tempéra l'homme en aidant la mère de Draco à s'asseoir sur une chaise qu'il avait fait apparaître d'un coup de baguette. Il fit également apparaître une tasse de thé fumante qu'il lui donna.

« La position de Draco est trop périlleuse ! Reprit-elle, les yeux plein de larmes. Il m'a montré qu'il n'était plus du côté de sa famille ! Alors de quel côté est-il ?!

« Calmes-toi ! Ordonna Rogue, d'une voix plus forte cette fois. Draco va bien ! Il est en sécurité et c'est ce qui compte. Tu ferais mieux de te soucier de ça plutôt que du camp auquel il appartient, fit remarquer le sorcier.

« Tu sais ce qui attend un traître ? »

Rogue ne répondit rien, ses yeux noirs s'assombrissant un peu plus. Il ne le savait que trop bien.

« Je lui ai écrit une lettre, dit-elle, plus calmement. Il ne m'a jamais répondu. Pourrais-tu ? »

La femme fit glisser une enveloppe sur la table, vers Séverus. Celui-ci prit le papier et le rangea dans une poche intérieure de sa cape.

« Ce sera fait, assura-t-il.

« Tu le vois souvent, alors ?

« Pas plus que nécessaire. Nous avons tous des missions à accomplir pour le Maître. »

Narcissa baissa légèrement les yeux, l'air déçu. Ne pouvait-il pas la rassurer un peu ?

« Ne peux-tu pas plaider en la faveur de Draco afin qu'il revienne vivre ici ? Interrogea Mrs Malefoy.

« Tu aimerais voir ton fils revenir ici, dans les ténèbres ? Tu aimerais qu'il devienne un assassin comme ton mari ? Récapitula Rogue, ses sourcils noirs et épais légèrement dressés. »

Narcissa avait beau être désespérée, elle le dégoûtait. Il n'arrivait pas à croire qu'elle puisse être égoïste à ce point. Elle était prête à faire de son fils un meurtrier pour ne pas rester seule.

« Nous sommes des Malefoy. Notre famille est engagée auprès du Seigneur des ténèbres, plaida la femme. »

Elle osait, en sachant tout ce que cela impliquait... Rogue se releva d'un coup, la chaise grinçant bruyamment en se reculant.

« Ce que ça a coûté à ton mari ne t'as pas suffi ?! »

Le visage de la femme prit une teinte grisâtre.

« Je veux retrouver mon fils avant qu'il ne soit trop tard, souffla l'ancienne Black.

« Quitte à ce que sa vie soit un enfer ? Quitte à ce qu'il finisse comme le Maître, sans âme ? Séverus bouillonnait de rage. Comment accepter un tel destin pour le seul espoir de cette famille, déjà brisée ? Un jour, tu m'as demandé d'être le parrain de cet enfant et j'ai accepté en sachant tout ce que cela impliquait. Je ne le laisserais pas gâcher sa vie et son avenir sous prétexte qu'il porte votre nom. Il a fait son choix et c'est le meilleur qu'il aurait pu faire. Il est peut-être ton fils mais il ne t'appartient pas ! »

C'était la première fois que le sorcier faisait ouvertement part de ses sentiments et de ce qu'il pensait.

« Quel choix ? Questionna Narcissa, tremblante.

« Apparemment, le sang des Black a pris le dessus sur celui des Malefoy, répondit Rogue. »

La mère, apeurée, n'eut pas besoin de beaucoup de temps pour comprendre ce qu'il voulait dire. Elle contempla l'homme devant elle et ne sut comment réagir. Au bout de longues minutes sans qu'ils n'aient échangé le moindre mot, le sorcier voulut s'en aller.

« Séverus, attends ! S'écria-t-elle en se penchant largement sur la table, les yeux remplis d'inquiétude. Tu vas me laisser ici, toute seule ?! Toi aussi tu m'abandonnes !

« Tu m'as clairement fait comprendre que tu étais à ta place ici et que tu assumes les choix de cette famille, dit-il sombrement. Que veux-tu de plus ?

« Il n'y a plus de famille, s'étrangla-t-elle, ne pouvant retenir un sanglot.

« Tu as récolté ce que tu as semé, fit remarquer Séverus. Il y a bien longtemps que tu es seule Narcissa et que cette famille n'en est plus une. »

La sorcière se laissa retomber contre le dossier de sa chaise, complètement désœuvrée.

N'ayant rien à ajouter, le nouveau directeur de Poudlard pressa le pas vers la porte d'entrée. Alors qu'il arrivait au bas de l'escalier, une main fine se posa sur son épaule, l'obligeant à se retourner. La femme d'une pâleur maladive lui tendit un petit livre.

« Je penses qu'il te plaira, souffla-t-elle. »

L'homme le prit sans broncher, puis sortit à son tour un petit livre à la reliure en cuir rouge. D'entre les pages, il fit glisser une ancienne photo froissée. Celle-ci atterrit rapidement dans le livre que Narcissa venait de lui donner. D'un geste machinal, il rangea ce nouveau roman là où se trouvait l'ancien.

« Bonsoir, dit-il solennellement en lui rendant le livre emprunté la dernière fois qu'ils s'étaient vus. »

La blonde au regard sombre acquiesça simplement. Rogue n'attendit pas plus longtemps pour s'en aller. L'ambiance régnant dans ce manoir devenait insupportable.

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Elle avait cette façon légère de marcher, de se déhancher. Ses longs cheveux blonds glissaient le long de son dos frêle. Tout était attirant en elle. Ron ne tarda pas à la rattraper et la stopper alors qu'elle s'apprêtait à monter à l'étage. Il gravit les deux premières marches et se dressa de toute sa hauteur devant elle.

« Tu essayes de me faire peur ? Lança Gabrielle, surprise.

« Non, mais je sais que je peux être impressionnant, fanfaronna-t-il.

« C'est étrange, souffla-t-elle, plus pour elle-même. Devant Harry, tu ne faisais pas autant le fier !

« Qu'est-ce que tu insinues ?

« J'ai simplement noté ta frayeur lorsqu'il t'a demandé de le suivre toute à l'heure. J'ai la drôle d'impression qu'il te fais peur, ajouta-t-elle, l'air faussement amusé.

« Ses réactions m'effraies, en effet, admit-il. Et comme j'ai merdé, une fois de plus...

« Parce que tu crois qu'il ne merde jamais lui ? C'est pas parce que c'est l'Elu, qu'il t'est supérieur, lança-t-elle.

« Il ne se croit pas supérieur... Il...

« Il est faible, coupa-t-elle, d'une voix plus basse. Il a peur et...

« Mais où veux-tu en venir ? S'agaça le rouquin, agacé par le comportement de sa belle.

« Oh..., souffla-t-elle. Je t'apporte mon point de vue mais ça ne semble pas t'intéresser... Je vois, ajouta-t-elle avant de lui passer devant pour continuer son ascension.

« Attends ! Quoi ?! Renchérit Ron en lui attrapant la main pour la retenir.

« En somme, tu préfèrerais que je ne dise rien. Je suis simplement là pour tes petits plaisirs personnels et ça s'arrête là.

« Mais non..., balbutia le jeune Weasley. »

Mais la belle française ne le laissa pas continuer et disparue à l'étage.

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La table pour le déjeuner venait d'être dressée et tous furent conviés à déguster les bons petits plats de Mrs Weasley. Hermione s'installa silencieusement à côté de Ron, prenant bien soin de ne pas croiser le regard de la mère de ce dernier. Draco, fidèle à lui-même, l'air indifférent, s'assit aux côtés de Luna, pile en face de la belle brune.

Seuls les jeunes étaient autour de la table, les Aurores voulant discuter de leurs missions dans le salon. Cette idée ne leur avait d'ailleurs pas déplut et en arrangeait plus d'un. Ginny était entrée en grande discussion avec Gabrielle, qui avait admiré la brillance de ses cheveux roux. Neville partageait joyeusement tout son savoir botanique avec Luna. Ron jetait des regards inquiets vers la française.

Alors qu'ils commençaient à se servir, Harry les rejoignit. Il ne lui restait plus que la place à côté du jeune Malefoy. Il s'y laissa tomber. Tous avaient entamé des discussions alors que les plats circulaient à travers la table. Luna attrapa celui des haricots verts et en prit un avant de passer le plat à Draco. Celui-ci sourit en voyant son geste et en fit de même.

« Aimerais-tu des haricots ? Demanda-t-il à la blondinette.

« Oui merci. »

Elle en reprit un et tous deux continuèrent ce petit jeu jusqu'à ce que leurs assiettes soient remplies. Hermione n'avait pas pu s'empêcher de les observer. Cette scène absurde la laissait perplexe sur leur relation. La jeune sorcière en avait même oublié de suivre le mouvement des plats. Elle préféra boire en attendant la suite mais Harry prit les devant et lui mit le plat de saucisses encore fumantes sous le nez.

« Hermione, tu prendras bien une saucisse, bien sûr !

« Tu sais très bien qu'elle n'aime pas ça, intervint Ron alors que lui-même venait d'en attraper une avec sa fourchette.

« Mais si ! »

Le jeune Potter en piqua une et se mit à la dresser devant elle.

« Depuis peu, c'est-ce qu'elle préfère ! Insista-t-il, en l'agitant, un sourire narquois aux lèvres. »

La concernée faillit s'étouffer avec son eau alors que Draco, toujours en face d'elle, explosa de rire. Ginny lança un regard interloqué à son petit ami puis à sa meilleure amie.

« De quoi tu parles ? Interrogea le rouquin, la bouche pleine.

« Demande à la fouine ! Répliqua Harry, l'air victorieux.

« Pourquoi ? Tu l'as forcé à manger des saucisses ?! S'écria Ron à l'adresse de ladite "fouine", complètement hilare. »

La jeune Granger, quant à elle, était devenue aussi rouge qu'une tulipe.
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[Hermione s'était cambré, lui offrant involontairement son cou. Le loup n'avait pas attendu plus longtemps pour y parsemer de tendres baisers. Des frissons parcouraient la chaire de la belle, tout à fait prête à se laisser dévorer. Enivrée par ses baisers, la jeune femme avait passé une main dans son dos et le caressait furieusement du bout de ses ongles. Encouragé par la réaction de sa partenaire, Draco était allé frôler du bout de ses lèvres une zone qu'il espérait particulièrement sensible de son cou. A ce contact, la Gryffondor n'avait pu retenir un léger gémissement et ses ongles s'étaient enfoncés plus profondément dans la peau blanche de son amant.

« Tu griffes ? Lança-t-il en se redressant pour avoir placé son visage en face du sien. Intéressant... »

La belle n'avait pas pris la peine de répondre, trop excitée pour cela. Elle captura ses lèvres tout en laissant balader sa main libre sur son torse.

Il avait la peau douce, aucune imperfection hormis ses cicatrices. Ses doigts dessinaient chaque courbe de sa fine musculature, ses pectoraux, ses abdominaux jusqu'à atteindre la courbe de l'aine. En l'effleurant, le jeune Malefoy stoppa leur échange, retenant un grognement.

Encouragée par ce comportement, la jeune Granger entreprit de déboutonner son pantalon tout en gardant son regard doré planté dans celui, glacé, de son futur amant. Arrivée à ses fins, la jeune femme poursuivit par des caresses sur la bosse déjà bien formée sous son boxer.

Ce touché le poussa à fermer les yeux, afin de savourer cette douce torture, rompant leur lien. Satisfaite, Hermione commença à intensifier son geste, devenant plus pressante. Elle sentait que son sexe n'y était pas insensible, devenant plus raide encore.

Le jeune homme en profita pour replonger dans son cou et au fil des caresses, l'homme se sentait défaillir. La belle put saisir l'objet de ses désirs au travers du tissu et entreprit un lent mouvement de va-et-vient. N'y tenant plus, Draco mordit alors la fine peau de la Gryffondor.

« Tu mords ? S'exclama-t-elle, l'air taquin. Intéressant... »

Elle arrêta son mouvement pour pouvoir glisser sa main dans son boxer mais il l'en empêcha, attrapant son poignet.

« A moi de jouer, lui susurra-t-il, tout en lui mordillant le lob de l'oreille. »

Il se redressa, toujours allongé entre ses jambes, et lui ôta son haut d'un geste vif, dévoilant sa jolie poitrine. Il prit quelques secondes pour la contempler, à moitié nue devant lui.

Elle était attirante, sans être sulfureuse. D'une pureté sans égale. Il n'y avait aucun artifice. Elle était simplement elle.

Sous ce regard trop insistant, du rouge monta aux joues d'Hermione. Ce phénomène la rendait d'autant plus irrésistible.

Le vert et argent se jeta littéralement sur elle, en attrapant d'une main agile l'un de ses seins pour y laisser courir sa langue. Dans ce mouvement, la rouge et or colla son bassin contre le sien, sentant sa virilité contre sa féminité. Les deux amants poussèrent un râle de plaisir et leurs pouls s'accélérèrent, à tous deux. Le beau blond allait passer au deuxième sein alors que sa douce se frottait davantage. Comprenant que son jean était un obstacle, il avait laissé sa langue titiller sa pointe tandis que sa main experte déboutonnait ledit obstacle.

D'un coup, le bruit sourd du panier à linge plein de Mrs. Weasley traversa la pièce. Hermione poussa alors un cri strident en la voyant et rejeta brutalement Draco, pour plaquer ses bras contre sa poitrine. Le jeune Malefoy se redressa comme si de rien était, ne montrant aucune réaction, pas même de la honte. Alors qu'il soutenait le regard de la mère des rouquins, il tâtait le lit pour retrouver le haut d'Hermione. Lorsqu'il y parvint, il lui lança, toujours aussi impassible.

« Draco Malefoy ! Hermione Jean Granger ! Comment osez-vous ?! S'étrangla la sorcière, ahurie. »

Intrigué par ces cris, Harry, qui était à la recherche de sa meilleure amie, ne mit pas longtemps à les rejoindre. Heureusement pour elle, Hermione avait eu le temps de remettre son haut.

« Malgré tout le respect que je vous dois, je ne suis pas votre fils et..., entama Draco avant d'être coupé brutalement.

« Tu as bien de la chance de ne pas être mon fils ! Aucune éducation ! Aucun respect ! Vous n'êtes que des sales gosses ! Et oser faire ça sous le même toit que tous vos amis ! Et la porte ouverte !?

« Mais, on n'a rien fait ! Tenta Hermione, toujours assise sur le lit, la voix tremblante. »

Harry, les yeux écarquillés, tentait vainement de comprendre la situation.

« Je suis arrivée à temps ! »

A ces mots, l'Elu comprit finalement et ne put retenir son rire. Tous les yeux se tournèrent vers lui.

« Ce n'est pas drôle, jeune homme ! Lança Mrs. Weasley. »

Molly allait sortir de la pièce lorsqu'elle se tourna à nouveau vers eux.

« On aura une discussion Draco ! Il y a des règles à respecter, ici ! Et toi, Hermione, tu me déçois beaucoup, ajouta-t-elle avant de lancer un sort au panier de linge resté au sol pour qu'il la suive. »

Harry, resté dans l'embrasure de la porte, les bras croisés, souriait bêtement.

« Merci, j'avais grandement besoin de rire. »

Sans tenir compte de ces mots, Draco se retourna vers Hermione, mortifiée de honte.

« C'était génial, mais la prochaine fois, pense à fermer la porte.

« Oh, la ferme Malefoy ! S'écria-t-elle avant de se lever et de s'en aller, prenant soin de ne pas prêter attention à son meilleur ami, toujours hilare. »

Celui-ci s'était très vite calmé en la voyant filer, se souvenant de la raison pour laquelle il était là. Il la suivit puis l'attrapa pour qu'ils se retrouvent dans le cabinet de toilette.

« Harry, s'exclama-t-elle, ahurie. Pourquoi tu m'as emmené dans les toilettes ?!

« Désolé, chuchota-t-il, j'ai ouvert la porte la plus proche.

« Et pour y faire quoi ? Demanda-t-elle, en chuchotant également.

« Regarde ce que Ginny et Ron ont ramené. »

Il sortit le croc de Basilic et le donna à la jolie brune, les joues encore rouges.

« C'est...

« Le moyen de le détruire, coupa Harry. »

Les yeux brillants de sa meilleure amie lui avait mis du baume au cœur. Ils pouvaient enfin sourire et reprendre espoir.]
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Le repas se termina avec une Hermione furax. Elle balança toutes les saucisses restantes dans l'assiette de son meilleur ami et se leva vivement.

« Tiens ! Etouffes-toi avec tes saucisses ! Hurla-t-elle. On peut dire que vous vous êtes bien trouvé toi et la fouine !

« Il faut rester zen, Granger ! Répliqua ladite fouine alors qu'il piquait une saucisse dans l'assiette de son voisin.

« Allez-vous faire voir ! Cracha-t-elle. »

Mais lorsqu'elle tourna les talons, sa fureur s'évapora en une seconde. Molly, les bras étroitement croisés, la tailladait du regard.

« Je vois, soupira-t-elle, les dents serrées. Tu vas venir avec moi, jeune fille. On va avoir une petite discussion entre femmes. »

La dite jeune fille ravala difficilement sa salive et suivit, à contre cœur, la maman.

Au bout de quelques minutes de silence, Ginny s'avança vers Harry et son voisin, les sourcils froncés.

« Qu'est-ce que vous avez fait tous les deux ? »

Harry se mit à rire à nouveau.

« Rien, malheureusement, souffla Draco.

« Mais j'y comprends rien ! Rechigna Ron alors que sa sœur venait tout juste, quant à elle, de saisir. »

Stupéfaite, elle quitta précipitamment la table. En arrivant dans la cuisine, où Molly avait emmené sa meilleure amie, elle coupa les paroles cinglantes de sa mère.

« Maman ! Elle est majeure ! Tu ne peux rien dire de plus !

« Ginny ! Gronda sa mère alors que la rouquine avait attrapé le bras d'Hermione pour l'attirer dans le couloir.

« Ce sont des choses qui arrivent ! Lança la benjamine. Enfin ça dépend des personnes, ajouta-t-elle, plus pour elle-même, encore choquée par ce qu'elle venait d'apprendre. »
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Alors que les jeunes femmes montaient quatre à quatre les marches pour aller au deuxième étage, elles purent encore entendre les protestations de la mère des Weasley.

« Et l'intimité, vous connaissez !? Faut-il donc tout vous apprendre !? »

Hermione eut tout juste le temps de souffler, assise sur l'un des fauteuils moelleux du petit salon, qu'elle se retrouva face au regard inquisiteur de la rouquine.

« J'ai tout compris alors ne cherche pas à te défiler, dit-elle en attendant qu'Hermione lui raconte tout, dans les moindres détails, bien sûr. »

L'interrogée laissa échapper un soupir de dédain. Elle n'avait pas à se justifier après tout.

« Hermione ! Racontes ! Je suis ta meilleure amie ! Tu ne peux pas me cacher ça !

« Je n'ai rien à cacher, vu que j'ai oublié de fermer la porte ! Lança-t-elle avant de se mettre à rire bêtement. »

Elle se rendait enfin compte du ridicule de la situation.

« T'es sérieuse ?! Demanda la rouquine surprise, tout en riant elle aussi. C'est du joli !

« Mais en fait… Non ! Reprit Hermione. Ce n'est pas moi qui a oublié de fermer la porte ! C'est Luna !

« Ah ! Parce que vous étiez d'abord à trois !? »

Les deux jeunes femmes partirent dans un fou rire incontrôlable et eurent du mal à se calmer. Le silence revint finalement et Hermione n'eut d'autre choix que de raconter.

« Il était avec Luna quand je suis arrivée dans la chambre. Ils chahutaient et...

« Tu es jalouse ?

« Mais non ! Trancha-t-elle brusquement. Bon, tu me laisses raconter ?

« Oui, mais avoues que tu es un peu jalouse, insista la cadette Weasley, amusée.

« Je trouve juste leur relation... étrange. Toujours est-il qu'ils étaient en train de s'amuser quand je suis entrée dans la chambre. Luna est vite partie et je me suis retrouvée seule avec lui.

« Et ?!

« Comme d'habitude, on s'est lancé des piques. Tu connais l'histoire...

« Non ! Justement ! S'exclama la rouquine, ne tenant plus en place sur son fauteuil.

« Il était couché sur le sol et quand j'ai voulu l'aider à se relever, il m'a tiré pour que je tombe sur lui.

« Ouah ! Lâcha son amie. Continues !

« On a fini par s'embrasser..., continua la jeune femme, un peu à contre cœur. A chaque fois qu'il me touche, je n'arrive plus à me contrôler et...

« Vous l'avez fait ?! S'écria Ginny, les yeux exorbités.

« Mais non ! C'était pas loin, continua la brune. J'étais les seins à l'air, lui le pantalon baissé, quand ta mère est entrée.

« Non !? Hurla la jolie rousse, sans pouvoir se retenir. »

Elle ne savait pas quoi penser de ces révélations. Il s'agissait tout de même de Malefoy. Pendant qu'elle se faisait cette réflexion, elle remarqua que sa meilleure amie n'avait pas cessé son récit.

« Je ne savais plus si je devais le repousser ou aller plus loin avec lui. J'avais l'impression que c'était ce dont mon corps avait besoin. C'était déjà le cas lors de nos premiers baisers et...

« Quoi ?! Coupa Ginny. Vos premiers baisers ?!

« Euh oui... On s'est rapprochés, avoua Hermione, rougissante. Mais pas que physiquement ! Reprit-elle en voyant le visage défait de son amie.

« Tu en pince pour lui !

« Mais non !

« Oh que si ! »

La rouquine connaissait son amie. Ses émotions la dévoilaient malgré elle. La jolie brune avait beau essayer de se cacher derrière une carapace, elle savait lire en elle. Combien de fois avait-elle deviné ? Combien de fois avait-elle su mettre des mots sur ce qui se taisait ?

De nombreuses années avaient filé et les deux jeunes femmes s'étaient liées d'une amitié indéfectible. Une amitié qui ne laissait aucune place au secret et au mystère.

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Les deux amies ne purent poursuivre leur discussion, rejointes par Luna, Gabrielle, Neville et Ron. Mais Ginny n'en resterait pas là et Hermione le savait pertinemment.

Des sujets beaucoup plus sérieux vinrent animer l'après-midi. Une tempête de neige annoncée pour le début de soirée empêchait tous déplacements à l'extérieur.

Neville pris un air sombre en entamant son récit sur ce qui se passait à Poudlard.

« Ils torturent des dizaines d'élèves par jour. Certains sont enfermés dans les cachots pendant plusieurs semaines.

« Plusieurs semaines ?! S'étrangla Hermione, renversant au passage quelques gouttes de son chocolat chaud. C'est horrible... Il faut y mettre un terme, ajouta-t-elle, les sourcils froncés, à la recherche d'une solution. »

La jeune femme glissa un bref regard vers Harry qui venait d'entrer dans la pièce, comme pour lui annoncer la couleur. Il n'y avait pas de quoi se réjouir.

Le jeune homme, suivit de près par Draco, fronça les sourcils à son tour en rencontrant les yeux de sa meilleure amie. Il comprit très vite qu'elle ne lui en voulait plus pour ses propos de toute à l'heure. Ce n'était plus pour ça qu'elle avait l'air aussi renfrogné.

« Mais tout n'est pas noir ! Tempéra Ron. On a peut-être une nouvelle alliée...

« Tu l'oublies, intervint sa sœur, les dents serrées.

« Qui ? Demanda le jeune Malefoy tout en se servant un verre au bar.

« Pansy Par... »

Le rouquin n'eut pas le temps de finir sa phrase, Draco venant de reposer son verre avec violence.

« Tu te fous de moi, là ?! Cracha-t-il.

« Je suis d'accord pour dire que c'est une très mauvaise idée ! Renchérit la petite sœur du rouquin. Blaise était de l'avis de Malefoy. »

Le petit ami de celle-ci lui jeta un regard intrigué. Elle ne l'appelait plus par son nom, comme elle le faisait avec la fouine. C'étaient-ils autant rapprochés ?

La belle n'avait pas remarqué ce regard, pourtant insistant, et poursuivit :

« Elle ne m'inspire pas confiance !

« Il en allait de même pour Malefoy et Zabini et pourtant...

« On n'est pas comme elle ! Trancha le vert et argent, furieux.

« Vous êtes tous des Serpentards. Vous avez tous grandis dans des familles de Mangemorts. En quoi vous êtes différents ? Fit remarquer Ron.

« On faisait ce qu'on nous commandait de faire par dépit ! Elle, elle le fait parce qu'elle en a envie !

« Qu'est-ce que tu en sais ? Interrogea Harry.

« C'est dans sa nature ! Répliqua Draco, de plus en plus enragé.

« On a qu'à lui faire passer le test du Véritasrum, proposa Hermione.

« Mais qu'est-ce que tu es naïve ! S'écria l'héritier Malefoy. Son rôle principal chez les Mangemorts, c'est l'infiltration.

« Ça peut toujours servir, tenta le jeune Potter.

« Ne fais pas ça ! Lança Draco.

« Faire quoi ? Demanda Harry, soutenant le regard glacé du Serpentard.

« La connerie de l'intégrer à l'Ordre. Elle va tout faire pour jouer la victime et obtenir vôtre confiance et au moment où vous vous y attendrez le moins, elle frappera !

« Qui nous prouve que ce n'est pas ton intention à toi aussi ? Insista le jeune Weasley.

« Moi, j'ai toujours étais franc ! Elle est fausse ! Vous allez tous vous faire avoir ! »

Hermione, l'air concentré, contemplait les flocons de neige recouvrir la pelouse au dehors. Ceux-ci tombaient de plus en plus vite et le vent commençait à se lever. Le claquement sonore de la porte ramena vivement son regard vers l'intérieur. Draco était parti.

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La journée s'était terminée dans le calme mais personne ne revit le jeune Malefoy, cloîtré dans sa chambre. Hermione croisa Mr et Mrs Weasley dans le couloir, avant d'aller se coucher. Molly ne put s'empêcher de souffler à son oreille.

« Tu sais où est ta chambre ? N'est-ce pas ? »

La brunette lui avait simplement sourit avant de poursuivre son chemin vers le deuxième étage.

Il était déjà tard et le silence c'était installé peu à peu. Elle remarqua que Ginny, un peu plus loin, hésitait à entrer dans la chambre d'Harry. Elle accéléra le pas pour la rejoindre mais la rouquine avait finalement disparue derrière la porte. Elle entendit Luna chantonner dans la salle de bain en passant devant, puis le rire cristallin de Gabrielle suivit par celui, rauque, de Ron.

La jeune femme retrouva enfin sa chambre mais ne put s'empêcher de jeter un regard sur la porte de celle de Draco. Il l'avait bouleversé et ça l'ennuyait de l'admettre.

Elle allait fermer sa porte quand une main la retint. Les sourcils froncés, elle la lâcha et recula légèrement. L'homme auquel la belle ne cessait de penser, entra sans attendre d'invitation et alla s'installer sur son lit, l'air indifférent.

Il tenait visiblement à finir ce qu'ils avaient tous deux commencé.

« Tu ne peux plus te passer de moi ?

« Tu sais ce qu'on dit ? Goûter, c'est l'adopter. »

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La rouquine se colla à la porte, comme pour la maintenir fermée derrière elle. Harry, qui venait d'ôter ses lunettes, déjà sous les draps, les remit et l'observa sans dire un mot, ni même émettre un seul soupire. La jeune femme affichait un visage de glace mais elle ne venait pas pour une nouvelle dispute.

Son premier véritable amour, celui qu'elle avait toujours admirée depuis l'enfance, lui manquait terriblement. Malgré toute cette distance, cette froideur dans son cœur, elle ne pouvait continuer le combat contre lui. Il devait se battre ensemble, il n'en allait pas autrement.

« J'ai hésité à te rejoindre, avoua-t-elle sur un ton morne.

« Mais tu es là maintenant, souffla-t-il en lui tendant une main pour l'inviter à s'approcher. »

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La jolie brune s'installa devant le miroir de sa coiffeuse et commença à se peigner les cheveux distraitement.

« Tu aimes faire durer le plaisir ? »

Hermione lui lança un regard exacerbé au travers du reflet du miroir avant de reprendre sa tâche.

« J'aime bien ta nouvelle coiffure, ajouta Draco après lui avoir fait l'un de ses plus beaux sourires narquois.

« Oui, merci. Moi, j'aime bien ton nouveau toi. »

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Son sourire l'apaisa plus qu'elle ne l'aurait cru.

« Tu ne m'en veux pas de m'être immiscée dans votre quête secrète ? Demanda Ginny tout en s'avançant vers la main de son amoureux.

« Je ne t'en ai jamais voulu, expliqua Harry. Tu ne t'es pas immiscée puisqu'au final, tu es dedans autant que nous tous. J'en veux à ce monstre, continua-t-il, qui fera tout son possible pour réduire nos vies à néant.

« Eh bien... »

Elle avait pris sa main, s'installant doucement sur le lit, le visage de plus en plus près du sien.

« Utilises toute cette rage pour le mettre en pièces, Lui et tous ses projets. Et… cesses de croire que tu y arriveras tout seul, ajouta-t-elle en plongeant ses yeux clairs dans ceux de son amoureux. »

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Le vert et argent sourit à nouveau, mais pas de façon narquoise. Un sourire sincère, rare à lire sur son visage. La rouge et or n'en rata pas une miette.

« Ça fait du bien d'être soi-même, soupira-t-il, en s'enfonçant un peu plus dans l'oreiller.

« Qu'est-ce qui t'a donné le courage de choisir cette vie ? Questionna-t-elle alors qu'elle venait de s'installer à ses côtés, posant une main sur sa cuisse. »

Draco mit un certain temps à répondre, réfléchissant lui-même à la réponse. C'était une bonne question, il fallait l'avouer.

« Luna, dit-il simplement. »

Hermione retira sa main d'un geste brusque. Un geste stupide, qu'elle regretta aussitôt. Le regard figé dans le vide, elle n'osait poursuivre plus avant.

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Le-Garçon-Qui-A-Survécu ne le savait que trop bien. Ses alliés étaient toute la force dont il disposait à présent.

« J'en ai bien l'intention. Si, à l'issue, je te retrouve, alors je pourrais m'estimer heureux, dit-il doucement tout en rapprochant son visage lui aussi.

« J'espère te retrouver, moi aussi, dit-elle avant de joindre leurs lèvres. »

Une fine larme lui échappa lorsqu'elle ferma les yeux. Son cœur ne s'était pas accélérait mais plutôt apaisé. Elle sentit une douce chaleur les entourer.

Harry sentit sa larme glisser sur leurs lèvres jointes et son cœur se pinça. Comment avait-il pu la repousser alors qu'elle était tout ce à quoi il aspirait. Peut-être à cause de Voldemort, à cause du danger... Tous ceux qu'il aimait risquaient de périr. Ce vil serpent comptait détruire tout ce à quoi il tenait... A cette pensée, il se sépara de sa dulcinée, le regard sombre.

« Ne le laisse pas se mettre entre nous, souffla-t-elle en plongeant ses yeux dans les siens. Reviens-moi maintenant, ajouta-t-elle. Avant qu'il ne soit trop tard... »

Le jeune homme s'élança vers ses lèvres roses. Son cœur allait exploser. Elle était ce qu'il y avait de plus beau, de plus précieux. Cet amour, personne ne pourrait le détruire…

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La Gryffondor allait se relever mais le Serpentard l'en empêcha.

« Jalouse ?

« Curieuse, se justifia la belle. Et pour Pansy ? Pourquoi tu ne lui fais pas confiance ? Vous étiez pourtant ensemble à Poudlard.

« Je n'ai jamais été avec personne...

« Mais pourtant...

« On ne faisait que coucher ensemble. »

Cette nuance la rassura étrangement. Il n'avait jamais eu de sentiments pour cette peste.

En avait-il pour elle ?

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« Merci, souffla le jeune Potter en quittant ses lèvres douces. Merci d'être la femme courageuse et intelligente que j'ai toujours vu en toi. D'être mon soutien, cette branche à laquelle me retenir. Je ne veux pas que tu crois que j'attends quoi que ce soit de toi. Je suis simplement reconnaissant. »

La rouquine lui sourit avant de se blottir contre son torse. Il caressa lentement ses cheveux roux, savourant chacune de ces minutes, si précieuses.

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Hermione se redressa et se tourna vers le doux visage de Draco. Son air serein face à cette révélation intrigua d'autant plus le jeune sorcier. Il ne s'attendait pas à cette réaction, pensant que ce genre de relation, purement physique, la rebutait.

« J'aimerais dormir, dit-elle doucement. Je suis fatiguée.

« Déjà ? Il ne te faut pas grand-chose, répliqua le beau blond. »

Il ôta son t-shirt d'un geste rapide puis s'engouffra sous la couverture. La brunette n'en croyait pas ses yeux. Il était si arrogant, si impétueux.

« Non, mais je veux dormir ! Renchérit-elle.

« J'avais compris, dit-il avant de se tourner sur le côté, lui tournant le dos. »

Elle se mit à sourire face à son comportement.

« Je te préviens, clarifia-t-elle à son oreille, je ne serais pas ta nouvelle Pansy. »

Il se tourna à nouveau vers elle alors qu'elle allait sortir du lit. Il l'attrapa par la taille et la tira vers lui.

« Va te mettre en pyjama, petite lionne. J'ai déjà eu assez de Pansy. »

Il passa délicatement son pouce sur ses lèvres et se redressa pour les atteindre avec les siennes.

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Le couple que formait Harry et Ginny, s'était finalement endormi dans les bras l'un de l'autre. Demain, ils pourraient avancer ensemble. Avancer dans cette guerre insensée, main dans la main. Leur amour comme bouclier. C'est ce qu'espérait vraiment l'Elu. En était-il pareil pour sa bien-aimée ?

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Lorsqu'Hermione revint se coucher après s'être mit en pyjama, l'intrus dans son lit dormait à points fermés. Il avait l'air d'un enfant, un léger sourire planant sur ses lèvres. La belle s'attendrit face à ce spectacle. A peine s'était-elle installée de son côté, que le jeune homme l'attrapa pour se serrer contre elle.

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Déçus ? Frustrés ? Simplement amusés ?

Que ressentez-vous ?

Dites-nous tout !

On se retrouve samedi pour la suite. En attendant, on répond à toutes vos questions (hors spoile de l'intrigue).
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A très vite alors…