Disclaimer : les personnages de cette histoire sont TOUS à JK Rowling.

Couple : HP/DM léger

Résumé : Voldemort vient de tomber, la guerre est finie et un nouveau monde doit se construire. Mais Draco Malfoy cache quelque chose. Le trio doré doit garder ses sens en alerte et la paix ne semble pas encore garantie.

Petit post it : Voici l'avant dernier chapitre ! On pourrait croire que tout se termine bien, même avec la Marque encore active, n'est-ce pas ? Et bien, je vous laisse lire. :P


CHAPITRE 19 : Retour à Godric's Hollow.

Ils étaient restés tout le week-end au château, avant de prendre le Poudlard express ramenant tous les élèves chez eux. Ils avaient mis à profit ces deux journées pour s'assurer avec Malfoy qu'il pourrait tenir bon au Manoir. Les choses avaient évolué dans le bon sens ces trois derniers mois et le Serpentard semblait assez confiant. Il avait pour projet, afin de se faciliter la tâche, de s'installer dans la petite dépendance du Manoir, la maison de gardiennage. Harry avait lu la réponse que sa mère lui avait envoyée et cette dernière avait visiblement compris que son fils ne redeviendrait jamais le Draco qu'elle connaissait.

Perdu dans ses pensées, Harry suivait des yeux Ron qui voletait sur son balai dans le jardin du Terrier. Cela faisait une semaine que l'école était finie pour eux. Une semaine qu'il traînait chez les Weasley sans parvenir à se décider. Vers la fin de l'année lorsqu'on lui demandait ce qu'il voulait faire après, il avait fini par répondre, systématiquement : arranger la maison de Godric's Hollow pour s'y installer. Cette idée avait même fini par inspirer Rita Skeeter qui avait publié un article dans la Gazette, mettant en avant le fait que le jeune Potter semblait vouloir effacer, pas seulement les traces de son sombre passé, mais aussi la mémoire de ses parents que le monde sorcier honorait. Cet article l'avait mis dans un tel état de rage que le soir venu, ce fut Draco qui, pour une fois, était venu le rejoindre dans son lit et avait réussi à l'endormir.

Ron esquissa une boucle et redescendit doucement vers son ami.

- Punaise ça fait du bien !, s'exclama-t-il les joues rougies par le vent. Vas-y à toi !

Harry prit le balai mais ne décolla pas. Repenser au Serpentard lui faisait réaliser que ce dernier, en seulement une semaine, lui manquait déjà. Et il trouvait que ça n'était pas normal.

- Tu penses qu'il va bien ?, demanda-t-il en regardant son ami.

Ron sut tout de suite de qui il parlait.

- On le saurait sinon, non ? Et puis il a envoyé un hibou hier. Ça allait.

- J'ai beaucoup aimé la tête de ta mère quand elle a vu d'où venait la lettre, se remémora Harry en rigolant.

- Si vraiment tu as besoin de le voir, lança finalement Ron, vas-y. Il nous a donné le code d'accès de sa cheminée, c'est bien pour ça non ?

En vérité, Harry ne pensait plus qu'à ça, mais il n'avait pas voulu se précipiter. Son meilleur ami l'avait beaucoup charrié ces derniers mois sur les nuits qu'il passait avec Malfoy. Et même si a plus d'une reprise il s'était fait la réflexion que cela n'était peut-être pas, effectivement, dû simplement à l'Horcruxe, il ne voulait pas que Ron se fasse davantage d'idées. Mais puisque le rouquin le poussait à aller vérifier l'état de Malfoy, il décida de s'y rendre.

Il emprunta Coq pour écrire une rapide missive au blond et projeta son transfert par cheminée pour la fin d'après-midi. Lorsque vint le moment, et qu'il se glissa dans la cheminée des Weasley, Molly et Arthur ne purent s'empêcher un haussement de sourcils très étonnés en entendant leur fils et sa petite amie demander à Harry de saluer Draco Malfoy pour eux. Comme d'habitude, Harry arriva à quatre pattes, en toussant la suie qu'il avait avalée. Un éclat de rire l'accueillit.

- Ta gueule Malfoy, grommela-t-il aussitôt en se redressant.

Le blond avait déjà sa baguette pointée sur lui et lui jeta un sort pour le nettoyer.

- C'est triste quand même, susurra le blond. Le grand Saint Potter qui n'arrive pas à se servir correctement du réseau de cheminées.

Harry jeta un coup d'œil autour de lui et constata que le Serpentard avait plutôt bien arrangé les deux pièces de la petite maison.

- C'est triste quand même, répliqua-t-il, le grand Draco Malfoy qui se contente de la maison de gardiens de son propre domaine.

Ils se fixèrent un instant avant de sourire et de se serrer la main.

- J'ai bien cru que tu avais trop peur pour venir Potter, lança Malfoy.

- Tu as le bonjour de Ron et Hermione, préféra répondre Harry.

La conversation tourna rapidement sur les effets indésirables dû à l'Horcruxe que Malfoy ressentait encore. D'après lui, sa Marque le brûlait davantage tôt le matin et la nuit. Le reste du temps, il parvenait à ne pas en tenir compte. Surtout, il n'avait plus réentendu la voix de Voldemort depuis plusieurs semaines. Ils évoquèrent quelques théories, se plaisant à penser qu'ils étaient sans doute les sorciers les plus renseignés sur ce domaine.

- On devrait écrire un livre, plaisanta Malfoy.

- Comment vivre avec un Horcruxe dans sa tête, proposa Harry.

Le brun songea que Dumbledore ne ce serait sans doute jamais attendu qu'il en vienne à plaisanter sur ce sujet, avec un Malfoy de surcroît.

- En parlant de projet, quand est-ce que tu pends ta crémaillère ?, demanda soudain Malfoy.

Harry lui expliqua qu'il n'avait pas encore osé s'y rendre et qu'il se laissait avoir par la gentillesse et la générosité débordante de Molly Weasley qui ne voulait pas voir partir son dernier fils même adoptif.

- Alors je fais du balai dans le jardin, avec Ron quand il n'est pas au magasin de son frère. Je réponds à mon courrier, je me promène sur le Chemin de Traverse. Je suis allé voir Teddy plusieurs fois aussi.

Malfoy se moqua ouvertement de lui.

- Tu déprimes en fait.

- Bon, je vois que tu vas bien, alors je rentre, s'agaça Harry.

Il savait qu'il se laissait aller depuis une semaine, sans avoir besoin des commentaires du Serpentard. Il estimait tout de même qu'après toutes ces années d'efforts, il pouvait bien s'octroyer un peu de bon temps. Même si Malfoy avait raison, en vrai, il s'ennuyait.

Il s'arrêta avant d'arriver à la cheminée. Par la fenêtre, il voyait que le jour commençait à baisser. Il ne sut si c'était cette luminosité particulière ou son désir de ne pas partir tout de suite. Mais il revint sur ses pas et posa ses bras et son front sur les épaules de son hôte. Celui-ci s'était légèrement crispé.

- Je ne fais pas de câlins Potter, lâcha la voix traînante de Malfoy.

- Alors repousse-moi, murmura Harry en resserrant son étreinte autour des épaules du blond.

Ce dernier resta pourtant immobile, les bras collés au corps, droit comme un piquet. Sa tête s'affaissa lentement contre celle du Gryffondor, dans un léger soupir.

- Ça suffit maintenant, chuchota-t-il.

Mais puisque Harry ne le lâchait pas, il redressa ses mains et força le brun à s'écarter.

- J'ai dit ça suffit Potter. Je ne suis pas ton nounours, ajouta-t-il d'un ton sarcastique mais sans lâcher les poignets du Gryffondor.

- J'ai été le tien pendant trois mois, tu me dois bien ça, non ?, s'amusa Harry dont le cœur, pourtant, battait la chamade.

Ils s'observaient, perturbés. Malfoy finit par le lâcher et se détourner. Harry se demanda si le blond se posait les mêmes questions que lui. Et soudain, il se lança :

- Tu viendrais avec moi ?

Malfoy reporta son regard gris sur lui avec surprise.

- Où ça ?

- À Godric's Hollow. Demain, je viens te chercher et on transplane.

- Weasley et Granger…

- Ne sont pas disponibles non, le coupa Harry qui se sentait enfin l'énergie de sauter le pas.

Il se dirigea vers la cheminée et sans attendre l'approbation de Malfoy, précisa l'heure et disparut dans un nuage de fumée. Sans surprise, lorsqu'il réapparut le lendemain matin, ce fut en toussant et les genoux à terre.

- En fait, ça n'est même plus risible, lui lança Malfoy en l'aidant pourtant à se relever, c'est juste triste.

Harry lui jeta un regard noir avant de lui demander s'il était prêt. Il se sentait particulièrement fébrile. La première et seule fois où il s'était rendu dans son village natal, avec Hermione, les choses ne s'étaient pas passées exactement comme il l'aurait voulu. À présent, il pouvait y retourner en paix, sous sa véritable apparence et sans attendre la nuit. Le Serpentard lui tendit son bras, prêt à se laisser guider pour le transplanage. Ils tournèrent un instant sur eux-mêmes avant d'être aspirés par les ténèbres. Lorsque Harry rouvrit les yeux, ils se trouvaient sur un petit chemin, à l'arrière d'une allée de maisons. L'herbe était sèche et le soleil d'août chauffait déjà l'air ambiant.

Ils avancèrent en silence. Harry sentait son cœur tambouriner. Pourquoi avait-il attendu si longtemps ? Il s'imaginait, dans une poussette ou dans les bras de son père, sortis pour la promenade avant le déjeuner. Le chemin déboucha sur la rue. Les fenêtres et les portes de certaines maisons étaient ouvertes, cherchant à faire entrer le frais relatif du matin avant de se barricader pour la chaleur de l'après midi. Les arbres, immobiles, laissaient pendre leurs feuilles assoiffées. Et même si tout paraissait sec, presque éteint, Harry trouva le village magnifique.

Ils arrivèrent à la petite place où résonnait le grésillement d'une radio posée sur le rebord d'une fenêtre. Le pub était ouvert et deux vieillards profitaient de leur temps, assis à la terrasse.

- Viens voir, souffla Harry en tirant la manche de Malfoy.

Il l'entraîna vers le monument aux morts au centre de la place. À leur approche, détectant la magie en eux, le monument se transforma en une statue représentant ses parents et lui-même.

- T'étais mieux bébé, se moqua Malfoy.

Harry lui mit un coup de poing dans l'épaule droite et contourna la statue pour repérer la rue qui allait le mener à la maison de ses parents. Il s'engagea dans ce qu'il pensait bien être la bonne direction, Malfoy traînant derrière lui. Ils remontèrent cette voie jusqu'au bout, jusqu'au moment où elle bifurquait de nouveau dans les champs. Et là, le cottage de la famille Potter leur faisait face avec son large trou béant dans le toit. Les feuilles de la haie qui l'entourait avaient quelques peu jaunies, asséchées par l'été bien avancé.

- Regarde, murmura Harry en s'approchant.

Il posa sa main sur le portillon, sans l'ouvrir. Un panneau sortit brusquement du sol. Malfoy se pencha pour lire l'inscription commémorative.

- Je suis venu ici l'hiver dernier avec Hermione, annonça alors Harry. Tu peux pas savoir comme ça m'a fait chaud au cœur de lire ça sur le coup.

Le blond ne répondit rien. Il semblait réfléchir. Harry sortit sa baguette pour ouvrir le portail d'un simple alohomora.

- Harry, attends…

- T'inquiète, je veux juste regarder de plus près, rassura le brun sans même penser à relever le fait que le Serpentard l'avait appelé par son prénom.

- C'est pas ça… Ma Marque me brûle. Beaucoup.

Harry se retourna vers lui.

- Ah ? C'est peut-être parce que c'est un lieu important dans l'histoire de Voldemort. Désolé, tu as l'air de tellement bien gérer que je n'y avais pas pensé. Si tu veux, on s'en va.

Il s'apprêtait à refermer le portillon lorsque sa baguette lui échappa des mains. Sans comprendre, il la regarda s'envoler vers la maison pour atterrir dans la main d'un homme à la large carrure et aux cheveux blonds qu'Harry reconnut aussitôt avec horreur.

- Rowle…, murmura-t-il.

Le sorcier explosa de rire tandis qu'autour de lui, cinq autres silhouettes se détachèrent des murs du petit cottage abandonné : il y avait les Carrow, Dolohov, Macnair et Travers. Cinq Mangemorts, activement recherchés par le ministère de la magie.

- Vous voyez, susurra Thorfinn Rowle de sa voix épaisse et mauvaise, je vous avais dit que notre grand héros reviendrait par ici.

Derrière lui, Harry sentait la panique de Malfoy. Le jeune sorcier s'était totalement figé et semblait souffrir profondément.

- Par contre, poursuivait le Mangemort en levant la baguette de Harry à hauteur de son visage, je ne pensais pas que ce serait si facile.

Les autres ricanèrent. Un grand brun aux yeux fous se détacha du groupe, baguette en avant.

- Tu t'es fait un nouvel ami Malfoy ?, siffla Dolohov. Ou bien tu savais qu'on serait là ?

- Cet avorton ne sait rien du tout, répliqua Macnair. Il a laissé mourir son père comme un chien.

Finalement, Draco avait fait un pas en avant pour se placer aux côtés d'Harry. Ce dernier crut un instant qu'il allait les rejoindre, comme dans un cauchemar : Ron aurait eu raison tout ce temps et le blond n'avait plus qu'à laisser faire l'Horcruxe pour que Voldemort revienne à la vie. Mais il resta à sa hauteur, n'allant pas plus loin.

Harry avait profité de cette diversion pour glisser sa main dans sa poche. Entre ses doigts, il serrait à présent le faux gallion de l'AD qui émettait une douce chaleur. Si les retouches apportées par Hermione fonctionnaient, ceux qui portaient leur faux gallion sur eux seraient avertis de l'endroit où il se trouvait, et du danger qui les menaçait.

- Tu te souviens Draco comment tu as été vraiment méchant avec nous l'année dernière ?, lança de nouveau Dolohov. Tu te souviens ?

Le blond ne répondit rien, pétrifié. Mais Harry se souvenait. Il avait vu la scène à travers les yeux de Voldemort, ce dernier forçant son plus jeune Mangemort à torturer les autres.

- La roue tourne !, s'exclama Macnair avant d'éclater de rire.

Harry se demandait encore comment gagner du temps et comment sortir discrètement la Baguette de Sureau qu'il avait encore contre lui, à sa place, lorsque Travers commença à grommeler qu'ils discutaient trop.

- Tu as raison, souffla Rowle en pointant sa baguette sur Harry.

Tout se passa très vite. Potter vit l'éclair vert arriver sur lui mais entendit un cri au même moment. Le vert devint soudain blond, presque blanc. Et la seconde suivante, Draco Malfoy gisait à ses pieds. Il regardait, sans comprendre, le corps du Serpentard effondré devant lui.

- Oh, c'est agaçant ces pertes de temps, soupira Rowle.

- Qu'est-ce qui lui a pris à cet imbécile ?, s'exclama le frère Carrow.

- Bon, ça ne change rien.

Rowle s'apprêtait à lancer de nouveau le sort de la mort, mais lorsqu'il posa les yeux sur sa prochaine victime, celle-ci avait une nouvelle baguette en main.

- Ça change tout !, hurla alors Harry Potter à qui la rage d'avoir vu, encore, quelqu'un mourir pour lui, donnait un air fou.

Son premier sort fut un patronus, magnifique d'une luminescence qui brillait malgré le soleil éclatant. Le cerf sublime s'éloigna aussitôt.

- Oh, il avait une baguette de rechange, s'amusa aussitôt Rowle qui pourtant avait perdu son sourire. Mais que vas-tu faire Potter ? Avec une baguette et Malfoy mort contre nous six ?

- C'était joli ton truc là, lâcha Dolohov avec un air légèrement plus inquiet. Il paraît que c'est le seul sort que tu maîtrises vraiment.

La pique, cette fois-ci, ne fit rire aucun des Mangemorts.

- Mais cette baguette…, souffla soudain Rowle qui avait l'air d'avoir un peu plus d'esprit que les autres.

Son sourire se transforma en grimace de haine.

- Comment oses-tu nous menacer avec la baguette de notre Maître ?, siffla-t-il.

- Cette baguette n'a jamais appartenu à Voldemort !, répliqua aussitôt Harry dont le sang bouillonnait à ses oreilles.

Quelques secondes plus tôt, il ressentait encore toutes les émotions violentes de Draco et à présent, plus rien, juste la haine viscérale provenant des cinq sorciers qui lui faisaient face. Il attaqua le premier, stupéfixant et désarmant autant qu'il le pouvait. Il devait sans cesse se baisser pour éviter un sort et se redresser d'un tel un ressort pour contre-attaquer. Soudain, le jeu s'équilibra : Hermione, Ron, Neville et Luna venaient d'apparaître.

Le jardin à l'abandon autour de la masure se transforma en champ de bataille. Des cris, des bruits d'éclatements, des étincelles : comme une très mauvaise imitation de la pendaison de crémaillère réclamée par Malfoy. Tout en se défendant contre les Carrow, Harry sentait les larmes rouler sur ses joues. Soudain, la voix grave et forte de Royal en personne résonna près d'eux.

- Baissez-vous !

La zone avait été encerclée par les Aurors qui lancèrent tous en même temps leur puissant stupéfix. Le silence fut soudain et presque aussi violent que le début de la bataille. Les six Mangemorts gisaient au milieu des mauvaises herbes. Seule Luna n'avait pas réagi assez vite et s'était elle aussi retrouvée immobilisée par les Aurors qui lui rendirent bien vite sa mobilité. Harry était resté accroupi, les doigts enfoncés dans la terre sèche, le dos voûté et les épaules tressautant.

Hermione fut près de lui en un instant. Il ne pouvait pas se réjouir de savoir que les derniers Mangemorts en liberté venaient d'être tous capturés en une fois. Il ne pouvait pas se réjouir que le sort de la mort qui avait frappé Draco avait très probablement détruit le dernier Horcruxe. Il avait l'impression, malgré les bras de son amie autour de lui, qu'il ne pourrait plus jamais se réjouir, du tout.

à suivre...


Bon, j'ai jamais dit que c'était une fic marrante... J'espère que ce chapitre vous a plu ! La suite est à vous...

Lusaka.