Bonjour à toutes et à tous ! Aujourd'hui, on va être sur un gros morceau qui, je l'espère, vous plaira. Je vous souhaite une bonne lecture et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez

"Mariage"

- J'imagine que je vais commencer.

Toujours aussi peu sûre d'elle, Hermione avait décidé que cette soirée signerait sa décision d'accepter réellement, ou non, la tournure des événements : celle qui faisait qu'elle devenait amie avec Malefoy et Parkinson. Autant dire qu'en commençant par un sujet tel que la guerre, qu'ils avaient à peine effleuré, n'avait pas été la meilleure idée. Pourtant, avec ce deuxième parchemin, ses pensées commencèrent à diverger. Voir Malefoy accepter montrer son malheur lié à un sujet pourtant si important et si bienveillant que le mariage était étrange. Le voir se confier, encore plus. Heureusement que l'alcool aidait.

- Mes parents veulent me marier à une bonne sorcière de sang-pur. Sûrement Astoria. Je ne veux pas d'un mariage arrangé…

Les deux femmes n'entendirent que trop bien la vulgarité qui sortit de la bouche de Drago. Décidément. Il descendit une nouvelle fois son verre, à une vitesse affolante, avant de continuer.

- Je sais qu'ils ont évolué sur beaucoup de points mais pas sur celui-là. Je veux juste qu'ils me laissent vivre. A chaque fois qu'ils ont fait des choix à ma place, ça s'est mal fini.

Ils avaient tous en tête leurs propres exemples. Il n'y avait vraiment pas besoin d'expliciter, donc.

- J'ai le même problème, murmura Pansy lorsqu'elle comprit que Drago ne voulait pas, n'était pas prêt à aller plus loin. Ils veulent me marier à une riche famille américaine, m'obliger à partir d'ici. J'aimerais juste me marier avec une personne que j'aime et…

Il était étrange, pour Hermione, de se rendre compte que quelque chose d'aussi basique, d'aussi banal qu'un mariage, était devenu si compliqué pour eux. Depuis petite, on lui avait toujours présenté le mariage comme quelque chose de magnifique et de magique, quelque chose qui prouve que l'amour dure toute la vie.

- Et toi, Granger ?

- Moi ? demanda Hermione en regardant Drago. Je m'imaginais me marier avec Ron. Je nous imaginais avec nos enfants. On aurait eu un garçon et une fille et… Je ne sais pas si j'y crois encore, honnêtement.

En vérité, Hermione n'avait jamais réfléchi à ce que voulait réellement dire le mariage pour elle. Elle s'était vraiment imaginée se marier avec Ron, qu'ils finissent vieux ensemble. Ces derniers temps, les choses avaient été un peu plus compliqué.

- Le mariage, c'est vraiment de la merde, conclut Pansy en buvant une grande gorgée. Pourquoi se marier, de toute façon ?

- Ouais ! s'exclama Drago qui commençait à devenir un peu pompette. On peut être heureux sans se marier !

L'incongruité de cette scène poussa Hermione à éclater de rire. Elle ne réussit à piocher un nouveau parchemin qu'après s'être calmé, ce qui lui demanda beaucoup de temps et de concentration.

"Parents"

Tous les trois déglutirent.

- Bon, je vais commencer, j'imagine, déclarèrent Hermione, Pansy et Drago en même temps.

Ils se regardèrent, les sourcils froncés en signe d'incompréhension avant que la vérité n'arrive jusqu'à leurs cerveaux. Ils avaient tous les trois écrit ce thème sur l'un de leurs parchemins. Ils décidèrent de remplir leurs verres et de faire une course. Le dernier qui finirait commençerait par parler, et ainsi de suite.

Bonne dernière, Hermione dû se livrer en premier et l'exercice n'était pas, d'un seul coup, devenu plus facile, malheureusement. Quelque chose, en plus de l'alcool, devait cependant bien aider parce, qu'autrement, Hermione se connaissait assez pour savoir qu'elle n'en aurait jamais dit autant. Elle parla donc de ses parents, de la découverte du monde sorcier. Malefoy et Parkinson eurent au moins l'intelligence de baisser la tête durant certains passages qui, les concernant, ne les montrait pas sous leurs meilleurs jours. Hermione enchaîna avec la guerre et comment elle avait tenté de protéger ses parents de tout cela, en finissant par le moment où elle avait fait le choix irrémédiable de s'effacer de leurs vies. Malgré toute son envie de ne pas pleurer, Hermione ne put empêcher quelques larmes de tomber lorsqu'elle en arriva à raconter l'épisode australien.

Drago et Pansy se regardèrent sans savoir quoi dire. Que pouvaient-ils faire, de toute façon ? Ils ne pouvaient que se confier à leurs tours.

Pansy commença donc à parler de ses propres géniteurs. Tout d'abord, il était apparemment question de déception puisqu'en tant que fille, Pansy allait être à l'origine de la disparition du nom Parkinson. Cela avait rendu fou de rage Mr. Parkinson, lui qui était pourtant si fier de pouvoir compter sur sa lignée. Apparemment, Mrs. Parkinson avait fait les frais de cette erreur. Malgré tout, Pansy était née, choyée par sa mère qui l'aimait énormément et totalement ignorée par son père. Par la suite était arrivée la magie et Pansy avait été bien obligée de toujours se surpasser pour espérer, qu'un jour, son paternel accepte de ne serait-ce que la regarder. En arrivant à Poudlard, elle avait fait le choix de se rapprocher de personnes que son père aurait approuvées, Drago et Blaise en tête de liste. Finalement, ils étaient devenus amis. Mrs. Parkinson était finalement morte et Mr. Parkinson ne s'en était jamais remis. Il avait alors décidé de marier sa fille à un riche sorcier mais, à cause de la guerre, il dû revoir ses plans. Seule, Pansy avait réussi à l'empêcher de fuir aux États-Unis mais la relation qu'elle entretenait avec lui ne s'était jamais réellement améliorée.

Hermione ne pouvait même pas dire qu'elle comprenait ou qu'elle compatissait. Tout cela lui semblait si irréel, si rétrograde. Elle qui avait connu un foyer familial empli d'amour peinait à se peindre une image mentale de ce qu'avait pu être la vie de Pansy Parkinson.

De son côté, pourtant, Drago pouvait comprendre une bonne partie de ce que racontait son amie. Il décida d'enchaîner avec son propre vécu, sur comment, tout d'abord, ses parents avaient eu du mal à avoir un enfant. Puis, il enchaîna sur sa place au sein de la société, celle qu'on lui avait inculquée très tôt : lui, le fils prodige, était au-dessus de tout le monde. Drago Malefoy avait été élevé dans l'idée qu'en tant qu'hériter de l'une des plus anciennes familles, il était voué à dominer le monde. En clair, il était unique. Toujours choyé. Puis, il était arrivé à Poudlard et le grand Harry Potter avait refusé sa poignée de main, préférant la compagnie d'un Weasley. C'avait été une première déception. La seconde était arrivée quelques jours plus tard, lorsqu'il s'était rendu compte que, quoi qu'il fasse, une foutue né-moldue avait de meilleurs notes que lui. A onze ans, son monde s'était plus ou moins effondré mais il n'avait pas le recul nécessaire pour se rendre compte que ses parents avaient tort. Lorsque Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom était revenu et que Lucius Malefoy était retourné à ses côtés, Drago avait suivi. Comment son père aurait-il pu avoir tort ? Puis était arrivée la sixième année.

Pansy et Hermione sentirent qu'il avait besoin d'un peu de temps, et d'alcool, pour continuer son histoire. Cette année avait créé un tournant dans les vies de tout le monde. La mort de Dumbledore, le Ministère qui accepte enfin de voir la vérité en face…

Drago reprit son récit avec ce qu'il avait eu à faire pour protéger ses parents. Comment aurait-il pu les abandonner, eux qui lui avaient tout donné ? Mais plus l'année avançait et moins il y croyait; il n'avait pas pu se résoudre à tuer le grand Albus Dumbledore et ils avaient tous les trois étaient punis pour cela. L'année suivante n'avait pas été mieux. Drago restait hanté par les cris des torturés, par les yeux de Luna et du vieux Ollivander qui le sondaient bien trop pour son bien, par les pleurs d'Hermione et le rire démoniaque de sa tante Bellatrix, par ses parents qui, pour la première fois depuis la naissance de leur fils, s'étaient disputés devant lui. Jamais Drago n'avait entendu sa mère hausser le ton ainsi. Jamais.

- Je vais chercher une autre bouteille, chuchota Pansy.

Elle revint quelques minutes plus tard avec un alcool plus fort que ce qu'ils buvaient jusqu'à présent. Ils avaient tous les trois besoin d'arrêter là cette soirée confidences. Peut-être choisiraient-ils de la reprendre une autre fois, rien n'était gravé dans le marbre, mais, pour le moment, aucun n'avait envie de rebondir sur ce qu'il venait d'être dit.

Assis à la terrasse d'un café, Harry attendait depuis presque une heure déjà. Il était censé passer la matinée avec Hermione pour discuter de Ron mais elle n'était toujours pas là. Cela ne ressemblait pas à la jeune femme d'être en retard, pourtant. Il y avait dû y avoir un imprévu et Harry, en regardant pour la énième fois le fond de sa tasse totalement vide, ne pouvait vraiment pas s'empêcher de s'inquiéter. Il lui avait envoyé un hibou et un patronus qui étaient tous les deux revenus sans réponse. Une heure. Harry espérait vraiment qu'il n'était rien arrivé de grave.

Le hibou qu'il avait envoyé à Ginny arriva.

"Je crois qu'elle avait quelque chose de prévu, hier soir. Je vais aller la voir directement et je te tiens au courant."

Apparemment, Ginny possédait des informations dont il n'avait pas connaissance. Que se passait-il dans la vie d'Hermione qu'elle lui cachait ?

De son côté, donc, Ginny arriva à l'appartement d'Hermione dont elle avait un double des clés. L'habitat était silencieux, peut-être même trop. Les volets étaient restés fermés et aucune lumière ne filtrait, si bien que Ginny se sentit obligée de lancer un Lumos, au cas où. La lumière de sa baguette lui indiqua qu'il n'y avait personne dans la première pièce et donc qu'elle pouvait appuyer sur l'interrupteur sans risquer de déranger quelqu'un. Silencieusement, Ginny continua son inspection des autres pièces de l'appartement. Le constat devint rapidement simple : personne n'était là. Hermione devait donc être restée chez l'un de ses deux inconnus, mais lequel ?

"Blaise,

Je m'excuse de te déranger ainsi mais Hermione a disparu de la circulation et j'aimerais vérifier qu'elle est bien chez l'un de ses deux nouveaux amis. Sais-tu qui de Malefoy et de Parkinson a prêté son appartement pour la soirée d'hier ? Peux-tu me donner l'adresse ?

Merci d'avance

Ginny"

Merlin que Blaise adorait l'écriture de Ginny, à la fois courbée et franche. Il s'empressa de répondre, laissant de côté son travail sans avoir à y penser à deux fois.

"Ginny,

J'ai, bien évidemment, les réponses à tes questions. J'espère que tu accepteras, en échange, un repas au restaurant.

Cependant, je me doute que tu n'as pas le temps d'accepter et que tu as besoin de savoir tout de suite. J'ai donc hâte de te retrouver devant chez Pansy.

J'ai (vraiment) hâte d'aller au restaurant,

Blaise qui meurt de faim"

En lisant la réponse de Blaise, Ginny ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel. Elle réfléchirait plus tard à cette histoire de restaurant. Pour le moment, il lui fallait surtout transplaner à nouveau au plus proche de l'adresse que venait de lui donner Blaise. Heureusement, Ginny connaissait un parc assez proche et n'avait donc pas à se déplacer totalement à pied.

- Ginny Weasley ! s'exclama Blaise lorsqu'elle fut arrivée devant le bâtiment. Prête à découvrir nos amis enlacés, nus, ensemble ?

Encore une fois, Ginny leva les yeux au ciel. Décidément, Blaise avait souvent cet effet sur elle.

- Ne dis pas n'importe quoi, répondit-elle avant de commencer à ouvrir la porte.

A l'intérieur, tout était sombre mais on pouvait y entendre de fortes respirations et des ronflements bruyants. Leur nature indiquait sans doute aucun que les trois endormis avaient bu. La pièce empestait l'alcool, de toute façon et, après avoir allumé la lumière, Blaise remarqua les cadavres de bouteilles sur la table, qu'il s'empressa de montrer à Ginny.

Ce n'était clairement pas dans les habitudes d'Hermione de boire autant et, un instant, Ginny ne put s'empêcher de penser que Parkinson et Malefoy avaient une bien mauvaise influence sur elle. Pourtant, le regard de Blaise lui indiquait que, lui non plus, n'avait pas l'habitude de voir ce genre de scène.

- Est-ce qu'on est censé les réveiller ? demanda Ginny, peu sûre de la marche à suivre.

- J'en ai aucune idée, répondit Blaise, tout aussi perdu qu'elle.

Au final, ils décidèrent de ne pas les réveiller tout de suite mais de commencer à ranger un peu les lieux. Ils auraient bien des questions à poser et espéraient vraiment que les trois autres auraient des choses à raconter.