Une odeur de stérilisant piqua son odorat. Raël se sentait flotter au milieu d'un océan de ténèbres. Il luttait pour reprendre conscience.

Petit à petit, les bruits autour de lui devinrent plus distincts. Il entendait le bip régulier d'une machine non loin de lui. Il entendit aussi des bruits de pas qui se rapprochaient de lui.

Alors qu'il prenait conscience de son corps, il réalisa qu'il était couché, au chaud. Raël bougea la tête en direction de la personne qui se trouvait avec lui et essaya d'ouvrir les yeux.

Avec difficulté, il parvint à entrouvrir un œil. La lumière aveuglante le fit grogner. Sa vue s'adapta progressivement et il réussit à ouvrir les deux yeux.

Il se trouvait dans une pièce entièrement blanche au milieu de laquelle se trouvait son lit. Il se concentra sur la personne qui s'était approchée de lui.

Sirius Black. Que faisait-il à son chevet ? Sirius était une énigme pour Raël. Il n'avait jamais semblé l'apprécié et pourtant, il était là. Il préféra garder le silence, attendant que celui-ci fasse le premier pas.

Après un moment de silence gênant, Sirius s'assit sur une chaise à son chevet et lui pris la main : « Harry, tu es réveillé ! » le salua-t-il doucement. « Tu as soif ? »

Raël ne l'avait jamais vu aussi prévenant envers lui. Il lui jeta un regard suspicieux, mais ne répondit pas.

Sirius se mit à parler tout seul pour combler le silence : « Bien sûr que tu as soif ! Je suis bête. Attends, je vais appeler une infirmière. »

Il fit mine de se lever, mais Raël serra sa main pour l'empêcher de s'éloigner. Sirius s'arrêta net pour le regarder, inquiet.

« Je suis où ? » croassa Raël. Sa gorge était sèche, mais il voulait comprendre.

« À Sainte-Mangouste. Tu as pris un sacré coup sur la tête. » l'informa Sirius qui se rassit.

« Que s'est-il passé ? » demanda Raël d'un ton plat.

« Canmore a déclenché les défenses de son manoir et le plafond s'est effondré sur vous deux. Tu as été assommé par un bloc de pierre et tu as perdu connaissance. Canmore s'en est tiré. »

La frayeur électrifia Raël. Peu importe ce que Sirius faisait là. Canmore s'en était tiré, il s'était échappé. Raël fit un mouvement pour se relever mais Sirius bondit de son siège et posa la main sur son torse pour l'en empêcher.

« Non non non, ne bouge pas, tu as perdu beaucoup de sang ! On a pu l'arrêter. Grâce à toi d'ailleurs. Ton Incercarem n'a pas cédé. On l'a envoyé à Nurmengard en attendant son procès, il ne s'échappera pas, c'est la prison où était détenu... »

« ...Grindelwald. Je sais. » termina Raël. Il se calma et relâcha une longue respiration. Sirius aurait pu commencer par là.

Prospero était hors d'état de nuire. Il allait récolter ce qu'il méritait. Il recevrait sûrement le baiser du détraqueur pour les crimes qu'il avait commis. Une part sombre, enfouie au plus profond de lui, s'en réjouissait. Il s'étonna de cette émotion. C'était nouveau. Il avait toujours vécu protégé par les Greystone, n'ayant jamais eu à affronter de difficultés seul. Il découvrait cette part sombre de lui avec fascination. Il aurait voulu prendre le temps de s'interroger davantage sur ce qu'il ressentait en pensant à Propero. Il aurait tout son temps plus tard, supposa-t-il.

Raël regarda à nouveau Sirius, fatigué. Il faisait un effort pour rester éveillé. Il se demandait ce que l'héritier Black faisait là. Après tout, Sirius s'était toujours montré très froid avec lui, même une fois sa véritable identité révélée.

« Qu'est-ce que tu fais là ? »

Sirius parut pris au dépourvu : « Eh bien... je voulais savoir comment tu allais. Tu as passé deux jours dans le coma, tu avais une jambe cassée et une sacré commotion. »

Raël le transperça du regard. L'homme gigota, mal à l'aise. Tant mieux.

« Écoute Harry... Je crois que nous sommes partis du mauvais pied. Je voudrais m'excuser. J'étais vraiment inquiet pour toi. »

Sirius passa la main dans ses cheveux. Il avait des cernes bleus et ne s'était pas rasé depuis plusieurs jours.

« Ah bon. » railla Raël.

Sirius releva la tête, déterminé. « Oui. » Il prit une inspiration. « Je sais que je n'ai pas toujours était... tendre avec toi. » admit Sirius.

Raël rit jaune. C'était un euphémisme.

« Mais j'avais tort. Je me suis trompé sur ton compte. Je t'ai pris pour un petit aristocrate sang-pur qui avait rejoint les Aurors pour mettre un peu d'action dans sa vie. Tu aurais sûrement quitté le département après quelques années pour reprendre les affaires familiales. Je les connais les gens comme toi. »

Raël regarda Sirius avec indifférence. À l'intérieur, il bouillonnait. Cet homme ne le connaissait pas du tout et le jugeait sur des suppositions.

« Je ne dis pas ça pour t'insulter. » ajouta Sirius.

« C'est à s'y méprendre. » Répliqua cyniquement Raël.

Sirius eut le bon goût de rougir. Il poursuivit sans se démonter.

« C'est comme ça que je te voyais. Je viens d'une famille très traditionnelle. Je suis l'ainé alors ma vie était toute tracée. Les personnes que je fréquentais faisaient toutes partie du même cercle sociale et partageaient les mêmes opinions. À l'exception de ton père. C'est lui qui m'a donné le courage de me dresser contre ma famille et de tracer ma propre voie. »

Raël regardait Sirius intensément. Bien sûr il connaissait l'histoire de la famille Black. Après tout, cela faisait partie de son éducation en tant qu'héritier d'une famille influente. Entendre le point de vue de Sirius était rafraîchissant. Il n'était pas le fils égoïste et lâche qu'on lui avait dépeint. En réalité, il comprenait son parrain car lui-même se posait les mêmes questions.

« Enfin ce que j'essaie de dire, c'est que toi et moi avons plus de points communs que ce que je n'aurais cru. Je ne comprenais pas pourquoi tu avais rejeté les Greystone au début. Ça ne correspondait pas à l'image que j'avais de toi. Pourquoi rejeter une famille qui pouvait tout te donner ? Qu'espérais-tu obtenir de plus ? »

Sirius ferma les yeux une seconde avant de poursuivre plus doucement.

« C'est en te voyant te battre que j'ai compris vraiment. Tout ceci était sous mon nez pourtant. Depuis ton arrestation. Mais je suppose que je ne voulais pas admettre mon erreur. » Sirius eut un rire tremblant et serra la main de Raël plus fort.

« Je m'excuse. Je vois à présent quel jeune homme fort et courageux tu es vraiment. Si tu le veux bien, j'aimerai remplir mon rôle de parrain et repartir de zéro avec toi. »

Sirius n'osait pas croiser le regard de Raël. Raël serait dans son droit de le rejeter après le comportement qu'il avait adopté.

Raël ne savait pas quoi penser de cette déclaration. Il était touché par la sincérité de Sirius. Il supposait qu'il fallait du cran pour admettre ses fautes de la sorte. Il pourrait rejeter l'homme cruellement et avoir la courte satisfaction procurée par la vengeance. Pourtant, ce comportement détonnait violemment avec ses valeurs. Il préférait rester fidèle à lui-même et agir en adulte. Ça lui avait plutôt réussit jusque-là.

Il posa son autre main sur celle qui tenait Sirius.

« J'en serai heureux. » répondit-il avec un sourire étincelant.

Sirius releva la tête d'un coup, la mine effarée. Il s'était attendu à un rejet poli. Clairement, il ne connaissait pas son filleul.

Il se leva et attira Raël dans une étreinte. « Merci. Merci. Tu ne le regretteras pas. »

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« Tu pourrais retrouver ton apparence. » expliqua James d'un air tendu.

C'était la première fois que James et Lily visitaient Harry sans que celui-ci ne soit endormi depuis l'arrestation de Canmore.

Suite à l'arrestation du criminel, les Aurors avaient fouillé le manoir de fond en comble. Ils avaient retrouvé les traces de toutes les transactions que Canmore avait menées dans le passé avec de riches familles désireuses de se procurer un héritier.

Dans une cachette de la suite parentale, James avait trouvé un coffre consacré à Harry. La boîte contenait des dossiers médicaux, des bulletins scolaires et une fiole de sang. Propero avait sûrement collecté tout ça au fil des années.

Après analyse, la fiole s'avéra contenir un échantillon de sang de Harry avant que son adoption n'ait eut lieu. Preuve que Prospero avait nourri une obsession pour le jeune homme dès son enlèvement. Son intérêt pour Harry n'avait fait que s'intensifier avec le temps.

Harry avait été adopté par le sang. Son apparence s'était métamorphosée pour ressembler à celle de ses parents adoptifs.

Comme on leur avait expliqué des mois plutôt, une adoption par le sang n'était pas réversible.

À moins d'obtenir l'ADN que la personne avait avant son adoption.

James contempla les traits de son fils. Il avait meilleure mine, mais il le trouvait toujours un peu pâle. Ses boucles blondes retombaient de manière désordonnée sur son front et lui donnaient un air angélique. Son apparence innocente en avait trompé plus d'un, mais une fois plongé dans un duel, Harry se révélait féroce et implacable. Son duel avec Canmore en était l'exemple même.

« C'est... inattendu. » finit par répondre Harry, visiblement décontenancé.

James échangea un regard furtif avec Lily.

Ils en avaient discuté et étaient tombés d'accord. Ils auraient voulu que leur fils retrouve l'apparence qu'il aurait dû avoir. Cependant, la décision appartenait à Harry.

Au début, ils avaient eu du mal à s'habituer au visage de Harry, si différent du leur. Et pourtant, il n'y avait pas de doute quant au fait que Harry soit leur fils. Ils le voyaient tous les jours dans sa droiture et sa loyauté envers les siens. Ils étaient fiers de lui.

« Je crois qu'il va me falloir un peu de temps pour réfléchir. C'est une décision que je ne peux pas prendre à la légère. »

« Bien sûr Harry. On ne te demande pas une réponse immédiate. » le rassura Lily. « Mais sache que tu as le choix. »

James s'assit sur le lit de Harry. « Harry... Surtout, prends cette décision pour toi. Pour personne d'autre. On t'aimera toujours de la même façon et on te soutiendra quel que soit ton choix. Nous savons quel jeune homme merveilleux tu es. On ne veut que ton bonheur. »

Harry ferma les yeux et sembla s'enfoncer dans les coussins qui le soutenaient.

« Merci. » murmura-t-il.

Lily et lui le regardèrent surpris.

« Pour ? » demanda sa femme.

« Pour me laisser le choix. Ça me conforte dans l'idée que j'ai pris les bonnes décisions. »

James comprit ce que voulait dire Harry. La vie à laquelle il avait été destiné avec les Greystone était tracée. Celle pour laquelle il s'était battu serait pleine de choix et d'incertitudes.

« On sera toujours là pour toi, mon fils. » promit James.

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Raël ne s'était pas attendu à recevoir autant de visites. Certaines lui avaient fait plaisir. D'autres l'avaient surpris.

Celle de Riley en revanche... Il ne savait pas comment réagir.

Certes, Riley l'avait sauvé pendant la bataille, mais il avait également travaillé pour Prospero pendant des années. Tout ça avant de... quoi ? D'avoir un cas de conscience au dernier moment ?

Riley se tenait debout près de son lit. Ses beaux yeux sombres et inquiets scrutaient son visage, comme s'il cherchait la meilleure attitude à adopter pour l'approcher en fonction de ce qu'il y lirait. Raël était tiraillé entre la colère d'avoir été trahi par celui en qui il avait le plus confiance et l'amour qu'il ressentait encore pour lui. Il aurait voulu haïr Riley, mais il n'y arrivait pas.

« Comment... comment ça va ? » le salua Riley, visiblement très mal à l'aise.

« Ça va. » répondit laconiquement Raël. Il croisa les bras sur son torse sur la défensive.

« Je suis content que tu ailles bien. »

« Vraiment ? » s'énerva Raël. Après tout ce qu'il s'était passé Riley se tenait là à débiter des banalités. « Ça t'intéresse toujours ? Tu n'es plus payé pour ça pourtant. » lui rappela Raël plein de cynisme.

« Je suis venu t'expliquer Raël. » se justifia Riley.

Raël n'était pas sûr de vouloir entendre les explications de Riley. Il avait sûrement préparé tout un argumentaire. Depuis le premier jour, leur relation était basée sur un mensonge. C'est tout ce que Raël souhaitait garder en tête. Il avait peur que Riley lui serve de belles excuses et qu'il lui dise simplement ce qu'il voulait entendre. Il craignait de lui pardonner trop facilement.

Malgré cela, il hocha la tête pour signifier à Riley de continuer. C'était plus fort que lui. Il fallait qu'il sache si les sentiments de Riley étaient réels ou simulés.

« Comme tu le sais, je ne viens pas d'une famille aisée. Quand j'ai commencé à gagner de l'argent, ça ne suffisait pas, j'en voulais plus. » commença Riley, lentement. « A l'académie, un homme m'a approché. Un employé du Ministère. Il m'a dit qu'il avait un travail pour moi. Je devais juste surveiller et protéger mon coéquipier, en échange de quoi il me paierait. »

« Et tu as accepté sans broncher ? » s'indigna Raël.

« Oui, de toute façon, c'était mon job de protéger mon partenaire. Et pour être honnête, je pensais que c'était ta famille qui me payait pour être sûre qu'il ne t'arrive rien. » Riley passa une main dans ses cheveux.

« Tu pensais que ma famille voulait me garder à l'œil parce qu'elle n'était pas d'accord avec mon choix de devenir Auror ? Tu croyais que je n'étais qu'un petit héritier qui faisait sa crise de rébellion ? » réalisa Raël, frappé.

Riley eut au moins la décence d'avoir l'air gêné : « Oui.. C'est ce que j'ai cru... »

Combien de fois Raël avait entendu ça ces derniers temps ? Il savait que certaines personnes avaient une idée préconçue de lui. Il n'avait pas réalisé à quel point cette image lui avait porté préjudice.

« Enfin bon... » enchaîna Riley, contrit. « Au début ça se passait comme ça. Et puis au bout de quelques mois, l'homme est revenu. Il voulait des informations sur toi. C'est là que j'ai compris qu'il ne travaillait pas pour les Greystone. Je ne pouvais pas arrêter notre arrangement pour autant. Il avait des traces des paiements. Je risquais de perdre ma place si ça se savait alors j'ai fait ce qu'il me demandait. Au début, ce n'était pas grand chose, il me demandait si tu avais l'air de te plaire chez les Aurors, ce genre de chose... Puis c'est devenu plus intrusif... Il voulait tout savoir de nos enquêtes et avec qui tu parlais. Je n'ai su que bien plus tard l'identité de mon employeur, quand il était bien trop tard pour faire marche arrière. » Riley s'interrompit. Il reprit doucement : « Il y a deux semaines, il m'a demandé de t'amener à son manoir, de force si nécessaire, et... j'ai accepté. »

Raël savait déjà tout ça. Ça ne voulait pas dire que c'était facile à entendre pour autant. Écouter Riley raconter cette histoire de manière si détachée... comme s'il ne s'agissait que de faits quand lui s'était tellement ouvert à son coéquipier... Il se sentait bête. C'était comme voir l'envers su décors d'un tour de passe-passe particulièrement bluffant.

« Tu m'as pris mon portoloin d'urgence quand tu m'as embrassé, n'est ce pas ? » C'était plus une accusation qu'une question. Arriver à cette déduction lui fit l'effet d'une gifle. Il ne comprenait que maintenant.

« Oui. » Souffla Riley tout bas.

Ironiquement, cet épisode résumait bien leur relation. Raël tellement absorbé par ses sentiments qu'il ne voyait pas que Riley se servait de cet avantage pour le manipuler.

« Mais je pensais ce que je t'ai dit. Chaque parole. » assura Riley avec plus de vigueur.

« C'est ça... comment veux-tu que je te crois ? » Raël tremblait. L'émotion montait.

Riley s'agenouilla à côté de son lit. Il fit un geste pour prendre la main de Raël dans les siennes. Raël retira sa main avant qu'il ne le touche.

Riley ne se découragea pas et poursuivit : « Raël, mes sentiments pour toi sont sincères. Le plan de Prospero était parfait. Seulement, il n'avait pas anticipé que je puisse tomber amoureux de toi. Que je puisse avoir trouvé une motivation plus importante que l'argent. »

« Arrête de me torturer. Comment tu peux dire ça après m'avoir trahi de la sorte ? » Raël ferma les yeux, incapable de regarder Riley.

« Je le jure devant Merlin, je t'aime Raël. Depuis tellement longtemps. »

« Pourquoi tu ne m'as rien dit dans ce cas ? » s'énerva Raël.

« Comment j'étais sensé te le dire ? J'avais peur que tu me quittes. » La voix de Riley se brisa sur le dernier mot.

« Félicitations, c'est arrivé quand même. » se moqua Raël, amer. « Ou peut être pensais tu que je ne l'apprendrai jamais ? »

Riley baissa la tête. Ses épaules étaient voûtées sous le poids de la défaite.

« Ça fait plusieurs années que j'ai des sentiments pour toi, tu sais. Je pensais que tu ne t'intéresserais jamais à quelqu'un comme moi. Pourtant, j'ai essayé de te protéger comme j'ai pu. Ce dernier coup au manoir Canmore... Je sais que ça aurait pu mal tourné si les Aurors étaient arrivés en retard. C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour arrêter Canmore. J'ai prévenu ton père avant qu'on sorte du Ministère. »

Raël le regarda, contemplatif. Quel gâchis ! Raël avait la gorge serrée. Riley lui avait dit ce qu'il espérait entendre. Qu'il s'était laissé entraîné dans une affaire qui était rapidement devenue hors de contrôle pour lui. Qu'il avait toujours aimé Raël et qu'il lui était resté fidèle.

C'était tellement typique de Riley en même temps.

Pourtant, il ne pouvait pas se débarrasser du sentiment de trahison qui le rongeait. Comment pourrait-il reprendre une relation avec Riley s'il ne lui faisait plus confiance ? C'était impossible et il devait s'éloigner de Riley. De toute façon, son cœur s'était déjà brisé.

« Très bien. Je comprends. Merci d'être venu m'expliquer tout ça. » finit par dire Raël d'un ton distant. « J'ai besoin de me reposer. » le congédia-t-il. Il affichait un calme qu'il était loin de ressentir.

Riley était toujours à genoux. Il se releva brusquement pour lui attraper le bras. La force de sa poigne exprimait son désespoir : « Attend Raël ! Je t'en prie, ne me laisse pas. Je t'aime. On peut recommencer comme avant ! »

Raël attrapa le poignet de Riley pour lui faire lâcher prise. Il aurait sûrement des bleus.

« Arrête. Tu ne comprends pas que rien ne sera plus jamais comme avant ? Peu importe tes intentions, tu m'as trahi. Je t'aime aussi, mais je ne te fais plus confiance. Tu as piétiné tout espoir pour nous deux le jour où tu as accepté de l'argent pour me surveiller. » cracha Raël plein de fougue.

Raël détourna les yeux. Il avait peur de craquer devant Riley.

« Laisse moi. J'ai besoin d'être seul. » termina-t-il, mettant un point final à la discussion.

Riley se dirigea péniblement hors de la pièce. Avant de sortir, il ajouta : « Sache que je n'aurais jamais laissé quiconque te blesser là-bas. Je serais mort bien avant que ça ne puisse arriver. »

Raël resta de longues minutes à contempler le vide après le départ de Riley.

Il ne savait plus quoi faire de tous ces sentiments contradictoires que lui inspirait Riley. Pourrait-il lui pardonner un jour ?

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Et voilà, c'était le dernier chapitre avant l'épilogue, vous aurez donc la fin de cette fic cette semaine !

Un grand merci pour les commentaires que j'ai eu sur le chapitre précédent :)