Des sifflements moqueurs retentirent dans leur dos mais Jesse n'en avait rien à faire, tout entier concentré sur le bonheur d'être enfin de retour là où il se sentait si bien. Une main perdue dans les cheveux d'Eliakim, il l'embrassa en retour, prenant son temps pour exprimer tout ce qui lui gonflait le coeur depuis qu'il avait été arraché à lui sur la plage, trois longues semaines plus tôt.

— Je t'aime, souffla-t-il en reculant à peine. Oh, Eliakim… je t'aime tellement ! Tu m'as horriblement manqué.

Avec un sourire brillant de larmes, la sirène déposa un baiser sur son nez puis un autre sur chacune de ses paupières, lui assurant sans un mot qu'il l'aimait en retour et qu'il était infiniment soulagé de le retrouver, même avec une jambe artificielle. Pour la première fois, il avait réellement pris la mesure de son impuissance dans le monde des humains et il n'avait pu que prier de toutes ses forces pour que Jesse soit soigné et lui revienne en vie. Sans l'aide de Matt et du reste de la famille, il ne savait pas comment il aurait pu supporter d'avoir l'homme qu'il aimait si loin de lui, totalement hors de sa portée. Berhan avait fait de son mieux pour le rassurer et Eliakim leur avait été reconnaissant, à Keahi et lui, de ne pas l'avoir laissé seul dans l'océan.

— Je me suis beaucoup inquiété, avoua-t-il en pressant son front contre le sien. C'était effrayant de ne pas avoir de tes nouvelles et de te savoir inaccessible.

— Papa et Maman étaient les seuls à pouvoir venir me rendre visite et chacune de ces journées loin de vous a été affreusement longue. Je suis heureux d'être enfin de retour, à peu près sur pieds.

Eliakim fronça les sourcils puis recula un peu pour l'observer et Jesse sourit doucement en avançant sa prothèse d'un pas pour qu'il puisse mieux la regarder. Avec curiosité, la sirène se pencha pour passer les doigts dessus, surpris par sa texture et sa température.

— Maintenant on est deux à ne pas bien tenir debout, s'amusa Jesse. Il va falloir encore du temps avant que je puisse remonter sur ma planche…

La grimace qui chiffonna soudain le visage d'Eliakim l'inquiéta, presque autant que la manière dont il ne croisa pas tout à fait son regard.

— On l'a perdue, murmura-t-il. Lorsque le requin t'a mordu, Keahi l'a fait s'éloigner de la plage pendant que je te ramenais à la surface. Ton frère a utilisé le leash pour te faire un garrot et ta planche s'est détachée. On ne l'a pas retrouvée…

— Ce n'est pas grave, le tranquillisa Jesse en lui caressant la joue. Je m'en retrouverai une autre, ne t'en fais pas ! L'important c'est que je sois vivant et presque entier, ce n'est qu'une planche.

Après tout, il avait déjà survécu à une année entière sans surf, il pourrait recommencer. D'ici là il aurait largement le temps de se trouver une nouvelle planche, de la customiser et de l'apprivoiser. Il préférait devoir réapprendre à surfer plutôt que ne plus pouvoir le faire du tout. Eliakim se laissa rassurer et ils gagnèrent la maison en s'aidant mutuellement à marcher.

— Est-ce que tu veux prendre le fauteuil ? demanda-t-il avec sollicitude. Je me suis entraîné pendant que tu étais à la clinique.

— C'est gentil mais Elody — celle qui m'a appris à marcher avec cette nouvelle jambe — m'a conseillé de bouger autant que possible pour m'habituer. Gardons-le pour le moment où toi tu en auras besoin, d'accord ? Il y a plein de chaises et de fauteuils dans la maison, j'irai m'asseoir si c'est trop pour moi.

Eliakim acquiesça, son bras toujours passé autour du sien, et il s'arrêta lorsque Matt se précipita vers eux, suivi de près par le reste de la famille.

— Jessy ! s'écria Spencer, plus fort que les autres.

Sans l'appui de sa sirène, Jesse aurait probablement battu en retraite, un peu déstabilisé par ce soudain assaut. Il serra son frère dans ses bras avec force, puis ses cousins, puis Violet et Betty dont les yeux brillaient plus que d'habitude.

— On a déménagé dans ta chambre, annonça Nick. Pour que Kim et toi vous puissiez prendre la chambre d'ami et ainsi éviter les escaliers. Par contre, il n'y a qu'une douche, j'espère que ça ira pour vous.

— Ça ira très bien, assura fermement Eliakim avant que Jesse ne puisse répondre, ce qui lui donna l'impression que le sujet avait déjà été abordé. Du moment que c'est de l'eau ça me suffit, et je pourrai aider Jesse s'il en a besoin. Je ne tiens peut-être pas très bien sur mes jambes mais j'ai les bras solides, on s'en débrouillera.

Rien que s'imaginer blotti contre lui dans l'espace exigu de la douche suffit à faire rêver Jesse, parce que cela faisait des années qu'il n'avait pas eu le droit à un lavage coquin et qu'il était désormais plutôt curieux de voir ce que cela pourrait donner avec Eliakim.

— On a descendu vos affaires, ajouta Matt. Mais s'il manque quoi que ce soit, n'hésitez pas à le dire et on ira vous chercher ça.

— Je vais avoir besoin de mon ordinateur, réfléchit Jesse. Il faut au moins que j'appelle Lewis et Clarence pour leur dire que je suis rentré à la maison. Et puis Eliade et aussi Sydney et…

En prenant la mesure de tous les gens qu'il allait devoir rassurer, il eut un vertige et se demanda s'il était vraiment prêt à devoir répondre à toutes les questions, à accepter l'inquiétude et la pitié de chacun. Violet le devina et lui fit un clin d'oeil.

— Pour t'épargner de passer les prochains jours au téléphone, on a décidé de faire une petite fête demain soir. Histoire que tu puisses raconter à tout le monde ce qui s'est passé, te la péter avec ta jambe de cyborg et ton héroïque petit ami qui t'a sauvé les fesses, et que nous puissions dignement fêter ton retour parmi nous. Spencer a invité tous tes potes, ça nous rappellera le bon vieux temps.

— C'est… c'est vraiment une bonne idée. Merci Spence.

— Je me doutais que tu voudrais rassurer tout le monde, rétorqua-t-il avec affection. Autant faire ça bien. Mais d'abord, appelle Lewis et Clarence, puis les cousins. Eux, c'était plus compliqué de pouvoir les inviter pour demain. Je vais te chercher ton ordinateur.

Toujours appuyé contre Eliakim, Jesse hocha la tête et gagna le canapé où ils s'assirent sans la moindre grâce, tous les deux bien contents de ne plus être debout. Ils s'installèrent comme ils le purent, l'un contre l'autre, et Jesse se lova un peu plus contre Eliakim lorsque celui-ci passa son bras autour de ses épaules. Après avoir passé trois semaines sans pouvoir le voir, l'entendre ou le toucher, la sirène ne voulait plus laisser filer un seul instant sans se tenir près de lui et s'assurer qu'il était bel et bien de retour. Il était évident que Jesse avait changé depuis qu'on l'avait emporté dans cette civière et dans l'engin volant que Matt avait appelé "hélicoptère", mais qui serait resté le même après avoir vécu un tel truc ? Eliakim était seulement reconnaissant que Jesse veuille toujours de lui, qu'il ne l'ait pas oublié ou qu'il n'ait pas peur de lui après cette mésaventure. Il aurait compris que Jesse soit terrifié par l'océan et ses prédateurs, dont il était l'un des plus dangereux, et pourtant il se trouvait là, pelotonné contre lui, la joue sur son épaule.

— Est-ce que tu restes dormir avec moi ce soir ? chuchota-t-il en relevant ses yeux gris vers lui.

— Je ne demande rien d'autre, sourit Eliakim. J'ai besoin de te sentir vivant contre moi pour me rassurer et me dire que tu es bien de retour.

Il savait que leur séparation allait être insupportable si trois semaines seulement lui faisaient aussi mal que ça, mais il savait aussi que rester à Fairhaven, à mi chemin entre l'océan et la terre ferme, serait pire encore. Tout comme il avait surmonté la douleur de son coeur brisé en quittant Keahi, il survivrait à ses adieux avec Jesse s'il n'avait pas d'autre choix. Mais il commençait à vouloir vraiment une alternative à ce cruel dilemme, rester près de celui qu'il aimait et sacrifier sa liberté, ou partir mais ne plus jamais le revoir. Ce dont il rêvait, c'était d'avoir un banc à nouveau, une famille comme celle de Jesse, tout en ayant la possibilité de voyager sans cesse.

Spencer revint avec l'ordinateur que Jesse alluma et, alors que l'écran changeait de couleur et que les deux frères parlaient du fait qu'il était encore tôt le matin en Angleterre, Eliakim songea qu'il avait envie de voir cette île si éloignée où Jesse allait s'envoler dans quelques jours. Il avait aussi envie de visiter les plages françaises dont Matt avait parlé, et le pays d'Eliade dont on lui avait vanté le chocolat, et il se demanda ce que cela serait, d'y aller avec Jesse et de voyager sur la terre ferme, comme un humain, même si ces pays avaient tous un accès à l'océan.

— Jay-Jay ! cria Lewis lorsque la connexion fut établie. Je déconnais, hein, quand j'ai parlé de se faire grignoter par la faune marine. Les morsures d'une sirène sexy ça va, mais… UN REQUIN NOM DE DIEU ! Je savais que l'Australie était un pays de sauvages où chaque truc veut ta mort…

— Je vais bien, rit Jesse. Comme je te l'ai dit à chaque fois que tu m'as posé la question au cours des trois dernières semaines. J'ai seulement perdu un bout de jambe, rien de dramatique. J'ai même une super prothèse, regarde ! Avec ça, ce sont les meubles qui vont avoir mal si je me cogne dedans.

— T'es con, on s'est fait un sang d'encre ! protesta Clarence qui souriait malgré tout. On a bien cru qu'on devrait faire la rentrée sans toi.

— Je ne sais pas encore comment ça va se passer, quand est-ce que je vais prendre l'avion et tout le reste, avoua Jesse. Tout est un peu compliqué, entre ma jambe et le fait qu'Eliakim partira en même temps que moi…

— Kim, intervint Lewis avec un soupir exagéré, peux-tu donner, je te prie, une tape sur la tête de ton mec ? Il est en train de devenir idiot. Jay-Jay, on va rentrer à l'USM ! Tu sais ce que ça veut dire, U. S. M. ? Université Semi-Mortelle. Il va y avoir des étudiants non humains partout, Kim peut s'y inscrire aussi si ça lui chante ! En tout cas, ça ne posera de problèmes à personne si vous vous voyez à la sortie des cours. Merde, je suis sûr qu'ils ont même des endroits exprès pour les sirènes, les selkies et les autres créatures marines, après tout cette université est bâtie en bord de mer à l'embouchure d'un fleuve !

Même si son coeur fit une embardée, Jesse resta calme et ne bougea pas de l'étreinte d'Eliakim qui s'était légèrement figé.

— Ne t'emballes pas, Staples. Il faut d'abord qu'on en discute, d'accord ? Je viens tout juste de rentrer de la clinique, il y a beaucoup de choses dont Kim et moi devons parler avant d'envisager l'université.

— Très bien, capitula Lewis. Dis-lui ce que tu as à lui dire, demande-le en mariage, fais ce que tu veux, mais garde à l'esprit que c'est Clarence et moi qui allons devoir consoler ton coeur brisé alors sois gentil avec nous, d'accord ? Quant à toi, Eliakim, on compte sur toi pour empêcher Jay-Jay de prendre des décisions débiles sur ce qu'il croit être une bonne idée. L'une des dernières fois qu'il a fait ça, ben il est sorti avec Alex.

— Je ferai de mon mieux, promit-il. J'essaierai de le convaincre d'agir avec son coeur plutôt qu'avec sa tête.

Sur son genou, il récupéra la main de Jesse pour entrelacer leurs doigts, ce qui lui valut un doux sourire en réponse et une remarque gentiment moqueuse de Clarence. Jesse essaya de raisonner ses amis puis abandonna et se contenta de soupirer doucement en posant la tête sur l'épaule d'Eliakim qui devina sa fatigue.

— On devrait appeler les autres, remarqua-t-il gentiment. Puis tu iras te reposer, d'accord ?

Lewis et Clarence échangèrent un regard un peu inquiet avant d'encourager Jesse à ne pas se surmener et à leur donner régulièrement des nouvelles. Eliakim promit qu'il veillerait sur lui, puis raccrocha lui-même, fier de se rappeler comment fonctionnait l'ordinateur. Après ça, ils appelèrent Eliade qui se montra bien plus mesuré et dont la gentillesse fit sourire Jesse qui assura qu'il essaierai de se procurer les plantes dont il parlait pour aider aux soins de sa jambe amputée. Matt vint les rejoindre sur le canapé, s'asseyant de l'autre côté d'Eliakim qui se redressa pour lui faire un peu de place.

— Tu vois, sourit Jesse à l'écran, j'ai des gardes malades pour veiller sur moi, dont un excellent psy et une merveilleuse petite sirène. Je vais m'en sortir ! On doit encore discuter de la rentrée avec Papa et Maman, mais normalement je retourne en Angleterre cette année, donc on devrait pouvoir se voir bientôt !

— Je ne sais pas encore si je suis pris pour mon apprentissage au Jardin d'Eden, répondit Eliade qui dissimulait assez mal son excitation, mais si c'est le cas j'aurai des pauses régulières dont je pourrai profiter pour venir te voir Outre-Manche, ou alors on se retrouvera chez Matt ou chez Sydney ! Je suis curieux de te rencontrer, Eliakim. J'espère que tu pourras venir aussi, même si loin de la mer !

— Il faut qu'on discute de ça, expliqua doucement la sirène. Je ne sais pas si ce sera possible…

Eliade sembla comprendre qu'il avait touché un sujet sensible et n'insista pas, au contraire de Lewis, ce dont Jesse lui fut reconnaissant. Tout en lui caressant la nuque pour le rassurer, Eliakim resta en retrait du reste de la conversation, observant silencieusement les interactions des cousins pour essayer de mieux appréhender le fonctionnement de la famille plus étendue. Si jamais il trouvait le moyen de rester plus longtemps avec Jesse, il avait besoin de comprendre les codes de son banc, qui fonctionnait si différemment du sien. Malgré la distance qui les séparait, les cousins restaient aussi proches que s'ils vivaient ensemble, ce qui n'était pas possible chez les sirènes faut de communication efficaces.

Une fois l'appel terminé, Jesse en passa un dernier tout en retenant un bâillement qui donna envie à Eliakim de l'emporter se coucher tout de suite pour qu'il puisse se reposer. Malgré son air assuré, il était évident que Jesse était fatigué d'avoir fait autant d'efforts, pourtant il parvint à sourire largement lorsque Sydney et Ariel apparurent à l'écran. Les cheveux bleus de cette dernière fascinaient beaucoup Eliakim qui trouvait formidable le fait que les humains puissent changer de teinte à volonté, même s'ils n'étaient pas nés avec. La conversation fut sensiblement la même, des questions inquiètes au sujet de la jambe de Jesse et de l'attaque, des réponses rassurantes de ce dernier, et la promesse de se revoir bientôt.

— Je crois que je vais vous laisser, bâilla Jesse au bout d'un moment. Je fatigue encore très vite et je dois vous avouer que ça fait trois semaines que je rêve de me blottir dans les bras d'Eliakim.

Prenant appui sur le canapé, il se leva comme il le put et vacilla un peu avant de parvenir à tenir debout. Eliakim l'imita avec seulement un petit peu plus d'aisance, et passa à nouveau son bras sous le sien pour le soutenir.

— Mangez au moins un morceau avant d'aller vous coucher, intervint Betty avec gentillesse. Tu as besoin de reprendre des forces, Jessy.

Avant qu'il ne puisse répondre quoi que ce soit, son estomac approuva bruyamment, ce qui le fit rire alors que ses joues viraient un peu au rose.

— Difficile de prétendre le contraire, approuva-t-il. Mais je ne vais pas tenir bien longtemps, je suis vraiment épuisé.

Il prit pourtant le temps d'aider Eliakim à s'asseoir avant de s'installer à son tour avec un soupir de soulagement lorsqu'il put étendre ses jambes devant lui. La prothèse avait beau être confortable, il avait hâte de la retirer pour ne plus se sentir si rigide et maladroit. Il passa le repas à lutter pour rester éveillé et fut incapable de dire ce qu'il avait mangé ou ce qu'il avait répondu à ceux qui lui avaient parlé.

— Je vais l'emmener au lit, décida Eliakim en le voyant piquer du nez pour la dixième fois. Avant qu'il ne s'endorme sur la table.

— Tu as besoin d'aide ? proposa Spencer. On peut le porter jusqu'à la chambre si tu veux.

— Non, marmonna Jesse en attrapant le bras d'Eliakim. Je vais y aller tout seul comme un grand. Mais je veux bien que tu me soutiennes, Kim. Bonne nuit tout le monde…

— Reposez-vous, tous les deux. Vous en avez besoin.

Eliakim sourit à Ruth tout en aidant Jesse à se lever de table. Il était fier de pouvoir l'aider à son tour et d'être suffisamment assuré sur ses jambes pour pouvoir le soutenir sans s'effondrer. La chambre d'amis était différente et ne donnait pas sur l'océan, ce qui l'attrista, mais au moins tout était de plein pied. Tant qu'il était avec Jesse, il se sentait en sécurité.

Une fois dans la petite salle de bain, il l'aida à s'asseoir sur les toilettes pour lui retirer ses vêtements. Jesse se laissa faire mais détacha lui-même sa prothèse avec un petit soupire de soulagement pendant qu'Eliakim se déshabillait. Lorsqu'il tendit les bras vers lui, la sirène l'aida à se relever et à sautiller jusque dans la douche.

— Et moi qui attendais ça avec impatience, râla Jesse entre deux bâillements. J'avais envie de te toucher partout et de profiter honteusement de la douche mais je dors debout.

— On fera ça demain, rit doucement Eliakim en le rinçant. Tout peut attendre demain, l'important c'est que tu sois de retour.

Accroché à ses épaules, Jesse lui vola un baiser avant de poser le front contre sa gorge, luttant pour garder les yeux ouverts et pouvoir savourer la solidité d'Eliakim contre lui.

— Il y a tellement de choses que je veux faire avec toi, chuchota-t-il. Mais tu as raison, ça peut attendre demain. Allez, sortons de la douche et au lit !

Le séchage et le brossage de dents demandèrent encore quelques efforts mais enfin ils purent s'effondrer sur le lit. Jesse s'agita un instant pour se glisser sous la couette et il soupira de plaisir lorsqu'Eliakim se coucha tout contre son dos, un bras autour de sa taille, les lèvres pressées sur sa nuque en un baiser.

— Je suis heureux de t'avoir à nouveau près de moi, souffla la sirène.

Il se mit à fredonner doucement, un chant bien moins dangereux que celui d'attirance mais qui exprimait tout ce qu'il ne savait pas dire dans la langue de la terre ferme. Jesse sourit et ferma les yeux, bercé par sa voix qui lui murmurait une déclaration d'amour bien plus belle que n'importe quels mots. Il se sentait enfin de retour chez lui, en sécurité, et il s'endormit paisiblement, rassuré.