Heureux époux

Robb n'était pas romantique dans l'âme néanmoins il savait ce que la plupart des femmes attendaient et celui lui semblait normal voir nécessaire de courtiser avant de marier. Même si ce n'était que du paraître.

Finalement, le seigneur des Jumeaux avait fait aligner ses filles au matin et lui avait simplement demandé de choisir comme sur un marché ouvert. Il détesta un peu plus fort le vieux Frey. Heureusement, il s'attendait à ce qu'on ne lui donne pas le temps de parler aux jeunes femmes aussi il avait eu le soucis de se renseigner sur ces jeunes femmes.

Il demanda la main de Roslin car elle était discrète, peu portée sur les conflits et d'une politesse impeccable y compris avec les domestiques. Il se trouvait qu'elle était aussi très jolie et Robb ne manqua les regards amères que lui lancèrent ses sœurs ou demi-sœurs. Il y avait une sorte de tensions entre les jeunes Frey, et Robb voulait bien croire qu'ils étaient trop nombreux pour exister sans se marcher les uns sur les autres.

Tout avait d'ores et déjà été organisé pour célébrer le mariage le soir même. Le lendemain, ils repartiraient en campagne. Le Jeune Loup ne voulait pas s'attarder aux Jumeaux. Il se baigna et inspira longuement. Demain, il serait marié à une inconnue. Et il n'avait pas cessé de penser à Talisa. C'était une torture de se souvenir de son air peiné au moment où il l'avait repoussée, mais ce n'était pas pire que le souvenir de cette tension romantique.

Il essayait toujours de ne pas y penser pour la simple raison qu'il voulait être un bon mari. Fantasmer sur une autre femme n'était pas compatible avec ce nouveau rôle. La cérémonie fut calme et Robb recouvrit la jeune femme de sa cape. Elle était très timide. Il décida de toujours la défendre quand elle lui dit :

— Votre Majesté, j'espère ne pas être une déception.

Tout amoureux qu'il était, Robb ne pourrait décemment pas regretter ce mariage. Pas si cela permettait à cette femme de s'éloigner de cette ambiance toxique qui la faisait douter autant d'elle-même. Pour lui qui avait été entouré de femmes entières, cela était scandaleux. Sa mère n'avait jamais caché ses pensées. Ses sœurs étaient sans demi-mesure. Et même les servantes de Winterfell n'étaient pas aussi effacées.

Ils passèrent une bonne soirée et bientôt, Robb fut poussé à la porter jusqu'à la chambre conjugale. Elle cacha son visage dans les replis de sa cape et s'excusa lorsqu'il la posa elle se pensait trop lourde, il la rassura.

Il patienta seul dans la chambre le temps que les servantes apprêtent sa femme. Il en profita pour se rincer la bouche et se défaire de ses armes. Il observa la foule bruyante en bas et fit taire son estomac noué. Qui diable avait eu l'idée des nuits de noces ? Quelle horreur d'avoir un créneau où bander était une stricte obligation, il n'arrivait à se défaire d'une certaine appréhension.

La porte grinça et sa compagne entra. Elle portait une blouse brodée très légère qui mettait en valeur ses courbes. Elle frissonnait à cause des courants d'air et Robb prit le dessus de lit pour l'en entourer.

— Vous êtes très séduisante, assura-t-il avant de l'embrasser sur la joue.

Ils jetèrent tous les deux un regard peu amène à la couche qui les accueillerait bientôt.

— Est-ce que vous avez déjà côtoyé un homme ? demanda doucement le seigneur.

Son regard était tellement apeuré qu'il rebroussa chemin.

— Excusez-moi, je suis maladroit. Je crois être un peu anxieux.

Roslin lui sourit et osa lui répondre :

— Moi aussi monseigneur.

Il lui prit la main et la conduisit jusqu'au lit. Il l'aida à s'asseoir confortablement et entreprit de se dévêtir. Il supposait qu'il n'était guère agréable d'être si dévêtue face à quelqu'un d'entièrement habillé. Il enleva presque tout excepté ses chausses et se retint de chercher son regard. C'était horrible d'être ainsi soumis à son regard, même si elle avait tout d'une timide vierge anxieuse.

Il s'assit à ses côtés et se pencha pour l'embrasser doucement. Elle réagissait si peu, il ne savait pas du tout s'il parvenait à la mettre à l'aise ou si elle était trop timide ou inconfortable pour le repousser. Fichue nuit de noces.

— Est-ce que vous souhaitez me toucher ? Vous pouvez le faire.

Robb continuait de regarder son épaule parce qu'il avait un peu peur de croiser son regard apeuré et de rester figé pour le reste de la nuit. Alors qu'il était supposé la mettre à l'aise et conduire les affaires. Il constata avec surprise qu'une main traversa la distance entre eux et se posa sur son torse.

Elle monta jusqu'à son cou puis ses épaules. La jeune femme avait au moins assez confiance en lui pour caresser des deux mains ses épaules puis elle descendit sur ses côtes, sur ses hanches. Elle s'arrêta quand ses mains rencontrèrent le tissu.

Robb ne saurait certainement jamais où elle trouva ce courage mais elle glissa une main dans le tissu et commença à masser son membre. Elle lui demanda si cela lui plaisait. Il souffla un oui ahuri. Sa douceur et sa chaleur étaient toutes bienvenues.

Il se rendait compte qu'elle avait dû se faire violence pour ce geste, un courage qu'elle avait pris parce qu'elle voulait réussir ce mariage, honorer son époux. Ainsi ils étaient sur la même longueur d'onde. Alors ils pourraient construire un mariage, une famille, ensemble. Ils pourraient former une équipe. Peut-être aussi être heureux.


Défi : Mille Prompts (Gazette des bonbons au citron)

Prompt : 645 . Événement – Mariage

Code : 027