Bonjour à tous ! Merci d'être ici pour un nouveau chapitre. Et dieu que vous n'allez pas aimer son début. Heureusement, je donne le ton dès les premières lignes, donc, vous ne pouvez pas être surpris.

Je vous remercie néanmoins d'être encore au rendez-vous. J'ai une petite surprise pour le prochain chapitre, qui, je l'espère, vous fera plaisir, mais encore faut-il que j'écrive tout ça.

Bref, merci aussi pour les commentaires, c'est toujours un régal de les lire, relire, rerelire (etc).

Donc, merci à :

portgasyuwine : Heureuse de savoir que tu aimes mon écriture. J'ai pas oublié mes histoires en hiatus. Et je n'ai pas l'intention de les abandonner. Celle-ci n'a normalement pas de pause de prévue dans le futur. Juste une publication plus irrégulières que l'Underground ou la Geste qui ont des chapitres d'avances.

Rose-Eliade : au plaisir

Black-Clixia : Je suis heureuse qu'il t'ait plu/ Reiju n'est que de passage, mais ça aura son importance./L'instinct de reproduction est le plus fort, parfois. C'est ce qu'il arrive aujourd'hui. J'en avais une en tête, mais je supporte plus cet arc, donc, si je dois la faire, ça sera en omake. Mais on aura des allusions régulière à l'instinct qui fait le con à partir d'un moment./ Il a prit Marco, c'était un gnome, l'oiseau, il commence à le comprendre. Et ce n'est pas parce que son fils fait rarement des conneries qu'il ne faut pas lui mettre le nez dans ses erreurs quand il en fait, surtout si elles ont autant de conséquence. /Iro est un adorable bébé./Heureuse qu'on ressente leur affection l'un pour l'autre./ Même si Ace prépare un diplôme, elle reste la même gamine des bas-fond de Goa/ On l'aura, c'est dans mes prévisions, mais je suis pas douée pour leur écriture/Merci encore pour ton aide dans l'écriture du chapitre du jour. *gros câlin*

FireBird539 : A ton service :)

Cyrielle13 : Sans compter que j'ai lut quelque part que les pirates étaient des pionniers dans le domaine LGBTQIA+, et de ce que j'ai compris, même Kaidou va dans ce sens (d'après Missty, moi, je suis toujours pas à jour, mais je devrais bientôt m'y remettre). / Je sais pas ce qui va pas chez toi, mais je suis triste de te dire que ce chapitre ne va pas être empli de joie et de bonne humeur. Tu vas pas aimer ce chapitre, je te le dis d'avance. Tu le comprendras dès la première phrase, alors ne vient pas me voir en disant que je t'ai pas averti. La lecture se fera à tes risques et périls.

Misstykata : *smirk*

Sur ce, je vous dis à bientôt et prenez soin de vous.

Ah et sachez-le. Je vous aime. Voilàààààààà !

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Dans une tempête, il arrive que le ciel se calme pendant un instant, comme pour vous donner un espoir, avant de revenir fondre sur vous pour tenter de vous submerger et de vous tuer.

Eh bien, c'était exactement le problème avec Ace.

Durant la conversation qu'ils avaient eue, elle avait semblé assez normal, faisant penser à Marco que Rayleigh et Robin avaient peut-être été un peu trop fort dans leurs soupçons de « dépression ». Son opinion avait changé quand il l'avait vue revenir dans la cabine. Même le Phénix en lui avait arrêté ses conneries avec ses hormones.

Elle… elle avait cet air... Ce regard si vide. Et elle lui avait souri. Un sourire tremblant.

Avant de s'effondrer à genoux en pleurant, recroquevillée sur elle-même, les bras autour de sa tête alors qu'elle posait son front contre le sol.

Son amant s'était agenouillé auprès d'elle pour la prendre par les épaules. Elle tenta vaguement de se défaire de son étreinte, mais ses gestes étaient patauds, sans force, alors qu'elle finissait par s'effondrer contre lui, sanglotant contre son épaule. Sans un mot, il la prit dans ses bras pour la ramener avec lui sur le lit, lui frottant doucement le dos pour l'apaiser.

Elle n'avait pas été absente plus d'une heure. Impossible qu'il lui arrive quelque chose en si peu de temps pour la mettre dans un tel état.

Sa meilleure idée, c'était de l'aider à se détendre, à se relaxer. Cela ramènerait déjà le logia sous contrôle parce que lui, sous kairoseki, il avait de plus en plus de mal à résister à la chaleur.

- Fais comme moi, Ace. Inspire… bloque. Et expire lentement. Lààà, comme ça, yoi. Tu prends l'air… et tu le bloques dans ta poitrine. Et tu laisses repartir, yoi.

Avec une respiration tremblante, elle essaya de l'imiter. D'abord des petites respirations, avant de prendre de grands bols d'air qu'elle garda un instant dans sa gorge avant de l'expirer, toujours sous les encouragements de Marco qui lui caressait le crâne. Toujours en se forçant à respirer, elle essuya ses larmes mais resta contre l'épaule du blond. Elle ne pleurait peut-être plus mais elle avait l'air si… si morte. Si vide. Presque comme s'il avait eu une poupée de porcelaine sur ses genoux.

- Suis pathétique, bredouilla la jeunette.

- Certainement pas, lui dit Marco. Tu m'as juste donné une bonne excuse pour rester ici, loin du bruit et de l'agitation du pont. Et des conneries de Thatch, yoi.

La brune n'eut même pas l'ombre d'un sourire.

- Tu sais ce que tu devrais faire ? Je pense que tu devrais t'allonger et fermer les yeux, yoi.

La D. secoua la tête.

- J'ai eu ma dose de cauchemar, merci.

- Je te dis pas de dormir, juste de te relaxer. Je dois parler à Oyaji, mais j'en ai pas pour longtemps.

Le regard argenté qu'elle lui jeta lui arracha presque le cœur. Il lui prit le visage entre ses mains et lui embrassa délicatement le front.

- Tu as ma parole que je serai de retour dans moins d'une heure. Et j'en profiterai pour aller chercher Iro. Toi, tu vas t'étendre et te concentrer sur ta respiration, yoi. Tu as besoin de te détendre. J'en ai pas pour longtemps. D'accord ?

La jeune femme se leva après moults hésitations et s'allongea sur le lit comme lui avait dit Marco. Il lui posa délicatement les mains sur les yeux.

- Continue de te concentrer sur ta respiration. Je reviens, je te le promets.

Ace hocha faiblement la tête.

- Je t'aime mon ange, lui assura-t-il en l'embrassant sur le front.

Il lui embrassa les doigts, avant de se lever. Sans la quitter du regard, il sortit de la cabine, conscient qu'elle le fixait intensément. Il referma délicatement la porte et en essayant de rester calme malgré ses longs pas, il se dirigea vers l'échelle. Jamais encore il n'eut autant béni de tomber nez à nez avec Cassandra qui venait justement dans sa direction quand il arriva à l'étage.

- Je te cherchais. On a un problème avec Ace, j'en suis certaine.

- Je confirme, assura Marco. Et je dois voir Oyaji à ce sujet. On peut en discuter plus tard, s'il te plaît ?

- T'as fait quoi de ton diplôme de médecin, Marco ? siffla la blonde en mettant ses mains sur ses hanches d'agacement.

- Il me dit que je suis en train de tenter le diable en laissant ma patiente seule pour accomplir mon devoir de frère et compagnon, donc, sois gentille et trouve-moi une putain de boite d'anti-dépresseurs. On discutera plus tard, s'il te plaît !

L'absence de « yoi » et l'agitation de son jeune frère lui tirèrent un soupir.

- Anti-dépresseurs, donc ? Avec du kairoseki ?

- S'il te plaît.

- Tu feras les annotations nécessaires dans son dossier médical que je vais te donner avec les médicaments.

- Oui, Cassandra. Je peux aller voir Oyaji ? Je perds du temps.

La blonde tourna des talons pour rejoindre l'infirmerie, se faisant presque renverser par un Marco qui quitta le couloir en courant à toutes jambes, forçant les quelques pirates dans le coin à se coller aux murs pour ne pas se faire percuter. Une fois sur le pont, il pila devant le fauteuil de leur paternel qui avait Iro sur l'un de ses accoudoirs. Avec leur différence de taille, elle avait l'air encore plus petite qu'un chaton par rapport au Yonkou.

- Oyaji, je dois te parler, c'est urgent. Iro, avec moi ma grande.

- Un souci, fils ?

- Oui, un très gros. S'il te plaît, Oyaji, faut qu'on parle en privé.

- J'arrive, fils.

Le capitaine se leva, jetant un regard sévère au reste de ses fils sur le pont pour les inciter à s'occuper de leurs affaires. Iro sauta de son perchoir et suivit les deux hommes dans le navire, puis dans la cabine du capitaine, alors que le Yonkou prenait avec lui ses perfusions et autres appareillages. Marco referma la porte et n'attendit pas que son père soit installé pour lui dire le problème.

- Ace est malade.

- Tu es médecin, pointa Shirohige.

- Pas psychiatre ! Elle montre des signes de dépression chronique, pour le peu que je sais du sujet !

Le Yonkou fronça les sourcils.

- Si elle était dépressive, on l'aurait remarqué.

- Chronique. Et sans médication. Et rajoute un logia. Je… je saurais même pas par où commencer pour essayer de comprendre le fonctionnement des hormones de quelqu'un qui est le feu depuis des années ! Le fait est qu'Ace est en pleine crise dépressive. Ça peut s'étirer sur les semaines qui viennent, comme sur les mois. Parfois ça va, et bim, ça va plus. Ce truc, c'est…

Marco était littéralement en train de faire les cent pas.

- Je suis pas vraiment surpris qu'elle ait ça, avoua Edward d'un air fatigué en s'installant dans son fauteuil. Je suis plus étonné qu'on n'ait rien vu avant.

- C'est une très bonne comédienne. Sans compter qu'elle garde toujours tout pour elle. Elle a dû trouver une méthode pour essayer de se relever quand ça n'allait pas. J'ai une idée de comment, mais elle est tellement fumeuse que je préfère la garder pour moi.

- Allons bon !

- Si Cassandra et Jiru m'entendent la sortir, ils me pendront haut et court avec mes propres entrailles et ça se finira avec moi, remplaçant de Mister Jacob. Je vais devoir trouver un psy pour en discuter rapidement, parce que je sais très bien qu'elle refusera de consulter et que peu importe ce qu'un pro lui dira de faire, elle le fera pas.

Un sourire étira les lèvres de Shirohige.

- Tu commences à très bien la connaître, fils.

- J'ai pas le temps pour ça, Oyaji. Vraiment.

- Vous avez pu discuter, au moins ?

- Oui. Et dans son état, c'est pas la chose à faire que de mettre l'hypothèse à l'épreuve. Oyaji, s'il te plaît.

- D'accord, file. Je dirai à Thatch de s'assurer que vous mangiez tout de même.

Marco s'inclina vaguement et quitta la pièce avec Iro. Cassandra l'attendait juste devant les portes de l'infirmerie, une boite de médicaments dans les mains en compagnie d'un dossier médical. Le commandant récupéra tout ça au vol et descendit au pas de course le couloir pour sauter à l'étage. Iro en fit tout autant, atterrissant souplement à ses côtés. Tout aussi vite, ils revinrent dans la cabine que le pirate ouvrit frénétiquement, espérant ne pas avoir été absent trop longtemps.

Cela avait été suffisant, apparemment, pour qu'Ace aille se recacher à côté de l'armoire, dans son petit creux. Délicatement, Marco referma la porte et alla dans la salle de bain pour remplir un verre d'eau. Il le posa ensuite sur son bureau et ouvrit la boite de médicaments pour voir dedans un petit anneau de kairoseki. Il regarda la notice puis prit deux comprimés avec l'anneau. Il revint vers Ace qui le regarda faire avec ses yeux vides pendant qu'Iro se roulait en boule contre elle en ronronnant.

- Ace, si je te demande de mettre cet anneau et de prendre ces médicaments, tu le feras ? demanda doucement Marco.

- Pourquoi ?

- C'est pour aider ton cerveau…

- Pourquoi tu te prends la tête pour moi, pas pourquoi tu veux que je fasse ça.

- Parce que je tiens à toi et si on veut mettre à l'épreuve l'instinct de l'oiseau en moi, il faut que tu ailles mieux. Je me fais beaucoup de soucis pour toi. J'en ai même perdu mon tic de langue !

La main bien à plat, il présenta l'anneau à Ace.

- J'aime pas te voir mal, je veux que tu te sentes mieux, mais pour ça, j'ai besoin que tu me suives, d'accord ?

Avec un genou à terre devant la brune, la main tendue, il resta immobile, attendant un signe, une parole, un geste, quoi que ce soit de différent que l'animal effrayé et moribond qui avait remplacé la femme qu'il aimait.

- C'est quoi ? demanda-t-elle doucement.

- Des anti-dépresseurs. Tu veux la boite pour vérifier ?

Ace hésita, puis secoua la tête. Finalement, elle prit l'anneau en grimaçant et le passa à son doigt, avant de prendre les gélules et de les avaler, finissant par le verre d'eau pour les faire passer quand Marco le lui apporta.

- C'est bien mon ange.

Il se releva et retira la couverture de sa couche. Il la jeta sur son épaule avant de rester debout, hésitant. Finalement, il laissa tomber la chaîne en kairoseki autour de sa taille et inspira profondément, retrouvant toute l'amplitude de ses sens. Oui, l'état d'Ace avait clairement calmé sa part animale. Un miracle en soit, et il n'allait pas s'en priver.

- Je dois le garder longtemps le kairoseki, ou je peux le retirer ? demanda la D. avec sa voix toujours aussi morte.

- Le temps que ça agisse, lui dit Marco. Ça va prendre du temps, et ce temps, je vais le passer avec toi.

Il revint s'asseoir à côté d'elle et passa la couverture sur leurs deux épaules pour les enrouler dedans. Il ouvrit ensuite ses deux bras, les changeant en ailes et immédiatement, Ace s'y réfugia, se retrouvant enfermée dans un nuage de plumes turquoise et or. Iro arrangea sa position, s'allongeant sur les deux pirates, ronronnant encore plus fort.

Brave fille, elle avait tout compris.

Ace arrangea finalement sa position pour s'appuyer contre Marco, Iro dans ses bras, restant dans le cocon de chaleur que son amant avait fait autour d'eux.

- Tu as fait quoi pendant que je n'étais pas là, yoi ? demanda doucement le blond en continuant de la serrer entre ses ailes.

- Bosser ma thèse. Me reste trois mois.

- Vous avez eu des attaques ?

Elle secoua très légèrement la tête.

- Tu es sortie un peu ?

- Surtout pour manger ou aider aux manœuvres quand y'avait besoin, mais pas plus.

Marco hocha la tête. Finalement, sa théorie fumeuse n'avait pas l'air de l'être tant que ça. Il ferma les yeux et embrassa le crâne de la brune dans ses bras.

- Concentre-toi sur Iro, ça t'aidera à te sentir mieux.

- Pourquoi je suis pas convaincue ?

- Parce que tu prépares une thèse en histoire et archéologie, alors que moi, je suis médecin diplômé.

Ace se blottit un peu plus contre lui, fermant les yeux quand il lui embrassa de nouveau le crâne. Elle inspira profondément, emplissant ses poumons de l'odeur familière et apaisante de son homme. Finalement, elle commença à s'enfoncer dans le sommeil. Marco soupira et laissa aller sa tête en arrière.

A défaut de pouvoir avoir une médication efficace, il allait essayer d'établir un programme strict. Il n'était pas un pro, mais il espérait vraiment que ça aiderait Ace à se remettre sur pied et réduire le risque de rechute.

Il foudroya la porte du regard, puis Izou, quand celui-ci entra dans la cabine avec un léger grincement des gonds. Ace ouvrit un œil et chercha à se redresser.

- Shh… reste là, ignore-le et referme les yeux, je bouge pas.

Ace ne se le fit pas dire deux fois et arrangea sa position en refermant les yeux. Izou leva un sourcil en la voyant faire, et s'accroupit dans le bruit de ses gêtas pour se rapprocher de la logia. Il voulut soulever une mèche de cheveux pour voir la fine cicatrice qu'il restait après le retrait du bandage crânien, mais le regard noir de Marco lui fit baisser la main. Le blond récupéra une de ses propres mains juste le temps de faire signe de garder le silence et de partir, puis reprit son aile. Cependant, Izou n'était pas de cet avis. Il refusa de se plier, désirant clairement des explications.

- Malade. Maintenant casse-toi, siffla le blond entre ses dents.

- S'il est malade, il doit être en haut, dans la baie médicale, pas assis sur le sol comme ça.

- Izou. Casse-toi avant que je me fâche.

Iro releva la tête juste pour montrer les dents, avant de la reposer sur les cuisses de la D. et de se remettre à ronronner dans l'étreinte de la brune, prenant une couleur qui devait être sa fourrure d'origine, un jaune clair et crémeux, tachetée de rosettes sombres.

- On vous attend pour le dîner ? demanda Izou en se relevant d'un air digne.

- Non. Et je ne pense pas qu'on sera là demain, et après-demain. Voire le reste de la semaine, si ce n'est plus.

Le travesti leva un fin sourcil.

- J'vais bien, marmonna Ace sans ouvrir les yeux.

- A d'autres, Ace, à d'autres, lui dit Marco. T'es une loque. Une adorable loque, certes, mais une loque quand même.

- Je suis pas adorable… maugréa la brune.

- Alors tu admets être une loque. Concentre-toi plutôt sur ta respiration, comme tout à l'heure, d'accord, yoi ?

Izou leva encore plus haut les sourcils en entendant la D. faire l'exercice de respiration et les fronça de nouveau. Il avait deux mots à toucher à Cassandra. Ou plutôt Chris. Et Oyaji.

- On aura deux mots à se dire plus tard, Fushisho, avertit le travesti.

Pour toute réponse, Marco agita la main, l'air de lui dire de partir et cette fois, l'autre commandant obtempéra.

La cabine se referma sur le couple.

- Ça ira pour toi ? demanda Ace.

Marco rapporta son attention sur la brune contre lui.

- Concentre-toi sur toi plutôt que moi, yoi.

- Je demande pas pour ça. C'est juste que… tout ce que tu m'as dit tout à l'heure… et là, tu n'as plus le kairoseki…

- Même si le désir est toujours là, il m'obscurcit moins.

Tendrement, il l'embrassa sur le crâne en fermant les yeux.

- L'oiseau sait très bien que tu n'es pas en état pour ce genre de chose, alors, il attendra. Savoir que tu es partante est déjà un pas en avant, autant pour lui, que pour nous deux, yoi.

- Suis pas la meilleure des partenaires à garder pour la vie. Regarde-moi, je suis pathétique.

- Moi je trouve que ton état est une raison de plus de faire le lien. Tu as survécu au pire avec les handicaps les plus inimaginables. Si ce n'est pas une preuve de ta force et de ta volonté, je veux savoir ce que c'est, yoi.

Il resserra un peu plus son étreinte sur la brune en sentant des larmes sur son épaule.

- Je veux être là pour toi, comme maintenant. Alors, laisse-toi aller, tout va bien mon ange. Contente-toi de rester concentrée sur ton souffle, yoi.

Il embrassa encore une fois son crâne.

- Je reste ici, avec toi. Tu n'es pas seule, Ace. Je vais faire ce qu'il faut pour t'aider à sortir de cette passe, yoi.

Un sanglot étranglé lui répondit, lui faisait fermer tristement les yeux.

Hors de question qu'il la laisse dans cette galère.

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Cela avait duré un mois. Un trèèèès long mois. Parce que les médocs plongeaient le patient encore plus au fond du gouffre avant de le ramener lentement à la surface. Cela avait donc été une épreuve horrible pour le couple. Mais Marco n'avait certainement pas laisser Ace affrontait la situation seule, envoyant royalement se faire foutre son devoir de second de l'équipage.

Dehors, cela avait été un mois plein de rumeurs et d'interrogations. Les pires spéculations circulaient sur l'absence des deux premiers commandants. Et si Cassandra les démentait systématiquement, Thatch s'amusait à rajouter de l'huile sur le feu. Pourquoi eux ? Parce que Chris ne parlait pas et qu'avec Cassandra, il descendait régulièrement pour juger de l'évolution de l'état de la D. et s'assurer qu'elle ait les médicaments nécessaires. Quant à Thatch, il s'assurait que le couple ne meurt pas de faim.

Donc, il n'y avait qu'eux trois qui voyaient le duo sur qui on pariait et spéculait.

Aussi, le retour des deux commandants manquant, un beau matin, dans le réfectoire plongea tout le monde dans le silence.

Sauf Shirohige.

Non, en voyant le couple, lui, il se mit à rire et applaudir, interrompant les deux premiers commandants en pleine discussion.

- Oyaji ? demanda le blond avec perplexité.

Qui avait remplacé l'oxygène habituel de leur père par du gaz hilarant ?

- Ravi de voir que tu as remporté cette bataille, ma fille ! salua le paternel.

Ace piqua un fard et s'inclina immédiatement devant leur paternel, à la surprise générale.

- Je suis extrêmement désolée et embarrassée pour les désagréments que mon état a occasionnés. Je vais travailler encore plus dur pour les compenser et m'assurer que ça ne se reproduise plus.

- Te fais pas de bile, on a tous des moments où ça ne va pas, rassura le Yonkou. Allez, va t'asseoir pour prendre ton petit déjeuner.

Ace se redressa et alla s'asseoir, toujours aussi rouge, ignorant les regarde de Thatch et Izou. Marco adressa un remerciement silencieux à leur père avant de rejoindre sa compagne et de poser à côté de son assiette sa médication pour la narcolepsie et celle pour sa dépression, accompagnée d'un anneau de kairoseki. Le D. fronça le nez en voyant tout ça et regarda le blond s'asseoir devant elle. Il leva trois doigts, indiquant le nombre d'heures durant lequel elle devrait porter le kairoseki. Elle ouvrit la bouche, mais le blond fronça légèrement les sourcils.

- Soit tu écoutes ton médecin traitant, soit tu réduis le temps qu'il te reste avant la possible rechute. Tu veux vraiment repasser un mois comme celui que tu viens de vivre ?

- Il a pas sorti le yoi, tu devrais l'écouter avant qu'il ne s'énerve, recommanda Thatch.

- Mais-… voulut protester la demoiselle.

Shirohige reposa son mug de café (aussi grand qu'un tonneau) et soupira pour se pencher vers sa fille.

- On va passer un accord, tous les deux, ça te va ?

Le regard de la brune disait qu'elle s'attendait à un coup foireux.

- Tu fais partie de ceux qui disent que je devrais écouter tout le monde et respecter ma médication et rester sous oxygène, n'est-ce pas ?

- C'est certainement pas moi qui nécessite cet appareillage, sauf si on veut que je fasse tout sauter, pointa la D.

- Si tu suis les instructions concernant ta médication, j'en ferais de même pour la mienne, marché conclu ?

- Aucune chance de te voir réduire ta consommation d'alcool ? demanda Cassandra en entrant à cet instant.

- Il neigera en enfer avant ça ! Gurarararara !

La jeune Commandante ferma les yeux en sentant le regard lourd et insistant de la quasi-totalité de l'équipage sur elle. Un regard qui disait clairement qu'elle était prise au piège. Si le simple fait qu'elle prenne des happy pills permettrait de s'assurer que leur père accepte de se faire soigner sans protester, elle ne pouvait pas s'y opposer.

Elle ne pouvait que céder.

- Ok, mais si j'apprends que tu triches sur ça, l'accord n'est plus d'actualité.

- Marché conclu.

Il tendit une main et Ace lui saisit un de ses doigts en guise de poignée de main. Avec un froncement de sourcil, elle se tourna ensuite vers son assiette, passa l'anneau à son doigt et avala en suivant son traitement avec une grimace.

- Chose positive dans cette histoire, on n'aurait plus besoin de mettre les médicaments dans ton café du matin pour s'assurer que tu les prennes, Oyaji, yoi, nota Marco en se beurrant une tartine.

Le Yonkou allait reprendre une gorgée de son café quand il s'interrompit, regarda le liquide, puis son fils aîné.

- Tu drogues ton paternel à son insu, Marco ?

- J'ai la complicité de Thatch et il le faut bien si je veux te garder en bonne santé. Je veux certainement pas hérité sous peu de cette maison de fous flottante, yoi, répondit laconiquement le Phénix pas plus déphasé par ce qu'il disait.

- HEY ! Tu m'avais promis qu'il saurait jamais pour ma complicité ! s'indigna le cuistot en se levant d'un bond.

- Vengeance pour les bruits de couloirs. Je suis pas stupide, je sais qui a lancé les rumeurs et les ragots.

Le commandant ouvrit et referma la bouche comme un poisson hors de l'eau alors que les autres pirates, jusqu'alors très intéressés par ce qu'il se disait, tournèrent la tête dans l'autre sens en sifflotant.

- En parlant de bruits de couloirs, vous allez les laisser spéculer encore longtemps ou on peut avoir une annonce officielle, demanda Izou.

- Je n'ai que deux choses à dire aux « bruits de couloirs », informa froidement la D. en prenant une tartine que Marco venait de beurrer et qu'il avait laissée sur le bord de son assiette le temps de s'en faire une autre. Je vais bientôt avoir mes règles et j'ai pas travaillé sur ma thèse pendant toute ma crise. J'ai donc, plus que jamais, besoin d'un volontaire pour m'aider à illustrer mon dossier.

- Je vais passer mon tour, je suis certain que Marco peut t'aider, répondit tranquillement l'androygne.

- Je ne donne pas dans le masochisme, si c'est ce que tu veux savoir, yoi. Et je l'aide déjà, crois-moi. J'en ai appris plus sur la torture en trois mois, en faisant une relecture du dossier pour elle, que toutes ces années avec Frey. Tu n'aurais pas pu choisir un autre sujet pour ta thèse, Ace ?

- Celui que je voulais aborder de base m'a valu une sévère engueulade de la part de Robin. Je voulais faire un papier sur les Fragments.

Au regard exaspéré de son amant, le D. répondit par un sourire innocent alors qu'elle chipait une énième tartine de l'assiette de son voisin d'en face. Thatch remarqua ça et jeta un œil à son frère qui lui adressa un bref regard avant de rapporter son attention à Ace.

- Tu as une présentation orale à faire pour cet examen, non ? se fit confirmer Shirohige en achevant son café avec une moue.

Il toucherait deux mots à ses fils pour cette idée de jouer avec son café.

- J'y suis inscrite sous un alias et Rayleigh recevra le courrier de convocation pour moi. Il m'a promis de me tenir au courant. Je dois trouver un moyen de me rendre vraiment méconnaissable pour l'examen sans que ce soit flagrant.

- Passe me voir quand tu auras une ou deux heures, je pourrais t'aider, proposa Izou.

- Pas aujourd'hui, lui dit Marco en se refaisant une énième tartine qu'il posa sur le coin de son assiette quand il remarqua du coin de l'œil que sa petite-amie avait fini la précédente.

La brune n'y jeta pas le moindre regard et se concentra sur son café. Alors, le blond la mangea avec une lueur satisfaite dans le regard.

- Et pourquoi donc ? demanda le travesti en fronçant les sourcils à l'adresse de leur aîné.

- Parce qu'Ace a beaucoup de chose à faire aujourd'hui et surtout, sur le pont.

La brune fixa son amant avec un regard noir, acheva son café, avant de reposer lentement sa tasse. Elle se pencha vers l'avant, appuya son menton sur ses doigts croisés, un sourire étirant le coin de ses lèvres alors que son pied nu jouait sur une des chevilles découvertes du premier commandant en face d'elle qui la regarda avec suspicion.

- Yes daddy, souffla-t-elle en élargissant à peine son sourire.

Et sur ces mots, elle se leva, quitta le réfectoire sous le rire de Shirohige avec la tête haute et un léger déhanché. Marco ferma les yeux et leva un doigt à l'adresse de Izou quand il voulut faire un commentaire.

- Tais-toi. Juste… tais-toi, réclama le Phénix.

- Je pense savoir qui porte le pantalon dans le couple, ricana Izou en masquant son sourire derrière une des manches larges de son kimono.

Thatch manqua de s'étouffer dans son croissant.

- Arrêtez tous les deux, je vous rappelle que votre frère a les pouvoirs de vous le faire payer durement, avertit le capitaine même si la lueur dans son regard disait ce qu'il pensait.

Marco acheva son café et décida de quitter les lieux avant qu'on ne décide de le pousser à bout. Après tout ces mois à avoir gardé pour eux leur relation, comme un joyau précieux, il allait falloir s'y faire à ce que tout le monde leur fasse des commentaires dessus.

.


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- Dis-moi tout !

Marco ne prit même pas la peine de se lever de sa couche, heureux qu'Iro veuille bien lui tenir compagnie pendant qu'il essayait de se reposer après les longues journées ardues qu'il avait passées à veiller sur Ace durant sa crise.

Pas du tout satisfait du manque d'attention, Thatch claqua bruyamment la porte et alla se planter juste à côté de la tête du blond. Iro agita la queue avec agacement et montra légèrement ses crocs au cuistot.

- Et toi, je t'ai pas sonné.

- Thatch, je suis crevé, laisse-moi dormir, yoi, demanda le premier commandant avec les bras toujours croisés sur sa tête.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Qu'est-ce qui ne va pas avec Ace ! C'est ma petite-sœur, je suis en droit de me faire du souci !

- Et ça n'aidera en rien la situation.

- Alors dis-moi ce qu'il se passe !

- Le secret médical, ça te parle ? Laisse-moi dormir.

- Ça t'apprendra à t'envoyer en l'air pendant que tout le monde bosse comme un chien !

Avec colère, Marco se leva d'un bond, chassant la panthère de la couche avec son mouvement. Il saisit son frère par le col et l'attira jusqu'à lui, front contre front, les lèvres déformés par un rictus.

- Tu crois vraiment que j'avais la tête à satisfaire ma libido quand je devais gérer les crises de colère et de larmes de ma partenaire quand elle n'avait pas d'envies autodestructrices sortant de nulle part ?! J'ai pas fermé l'œil pendant plusieurs jours d'affilés parce que si j'avais le malheur de la quitter du regard, je la retrouvais en suivant en PLS dans un coin de la cabine. Alors, tes sous-entendus vaseux, tu les gardes pour toi et ton cul !

- D'accord, d'accord, je retire ce que j'ai dit, je suis désolé. On se pose juste des tas de questions et…

- Et c'est une affaire qui restera entre le corps médical, Oyaji et elle. Si elle veut en parler, c'est son affaire, yoi.

- C'est pour ça qu'elle a pris une pilule en plus ce matin ?

Avec lassitude, Marco alla se rallonger et recroisa ses bras sur son visage.

- Il n'y a pas de traitement miracle. Il y a un gros risque de rechute, c'est pour ça qu'on a vu ensemble deux trois choses qu'elle doit modifier dans son comportement et mettre en application pour repousser le risque, yoi. Beaucoup d'activité physique, plus de temps au soleil et moins dans son coin toute seule avec ses livres. Elle doit améliorer son alimentation aussi, mais ça, je pense avoir trouvé un semblant de parade, yoi. On a discuté pendant ces quelques jours, pendant les moments de calme. Il s'avère que quand elle était gosse, elle avait un gros appétit, mais vu que c'était la guerre pour la nourriture, avoir quoi que ce soit dans son assiette était juste une invitation pour le voisin. Elle avait donc l'habitude de manger vite et en volant au maximum dans l'assiette des autres.

- D'où ce qu'il s'est passé ce matin. J'avais remarqué qu'elle mangeait plus que d'habitude.

- Maintenant que tu as assouvi un minimum ta curiosité, je peux essayer de rattraper mes heures de sommeil, yoi ?

- Je peux faire quoi que ce soit ? Outre la bouffe, bien entendu.

- A part être toi ?

Thatch savait que son frère n'avait pas besoin de le voir pour deviner son regard dubitatif.

- J'arrive pas que je vais dire ça, mais je pense qu'on a besoin d'une bonne blague. Et essaye de faire d'elle ton complice, yoi.

Un grand sourire apparut sur le visage du quatrième commandant.

- C'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd, frangin !

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La journée avait été épuisante.

Mais bon sang, ça faisait du bien.

Certes, tout le monde l'avait regardée en se demandant clairement le pourquoi de son absence à elle et Marco, mais on ne l'avait pas fait chier plus que ça. Ace soupçonnait que Chris ait réalisé que pendant tout ce temps, elle avait réussi à leur cacher qu'elle avait un problème plus grave que son affaire d'alimentation, vu les regards noirs qu'il lui avait régulièrement adressé.

En attendant, elle était moulue.

Et putain, ça faisait un bien fou.

Elle avait le crâne vide après l'entraînement que lui avait imposé son mec.

Un grognement de Iro la tira de ses pensées. Elle baissa les yeux vers son bébé à fourrure qui lui adressait un regard noir de sous le pommeau de douche, le poil alourdi par l'eau offrant sa couleur naturelle si rarement visible.

- Ah bah fallait pas jouer dans la peinture ! Maintenant, c'est le bain !

Un miaulement piteux et plaintif tenta de prendre la D. en pitié.

- Râle pas, c'est bientôt fini. Là, tu vois, y'a plus de mousse.

Elle éteignit le robinet d'eau et protesta quand la panthère sauta hors de la baignoire, foutant de l'eau partout, avant de s'ébrouer, aspergeant sa mère adoptive au passage.

- Putain ! Iro ! Tu fais chier !

- Eh bien, c'est animé pour une salle de bain, je trouve.

La D. tourna la tête pour voir Izou qui se tenait dans l'encadrement de la porte, son kiseru fumant doucement entre ses doigts.

- Forcément. C'est ça ou la laisser mettre de la peinture partout.

- Pour le coup, tu en as sur tes fringues.

La D. regarda sa chemise et haussa des épaules. Ça partirait au lavage. Et si elle se rappelait bien, c'était la flotte de Blenheim en charge de la tâche. Les quelques gars de sa flotte, à bord de Moby, s'amuseraient, surtout qu'ils faisaient tout ça à l'ancienne. On n'avait pas installé le courant partout pour se permettre d'avoir des machines à laver, alors, c'était des bacs dans les salles de bains qui faisaient le taf. Avec un bon savon et la force des bras

- Comment tu vas, jeune fille ? demanda le travesti.

La jeune commandante cligna des yeux avec perplexité devant la question avant d'enrouler la panthère dans la serviette de bain qu'elle avait sortie pour la tâche. Elle frotta énergiquement la fourrure de l'animal qui prenait rapidement une couleur quelque part entre le gris, le rouge et le noir, évoquant grandement son déplaisir.

- Je vais bien, pourquoi tu me poses la question ?

- Tu as été absente tout un mois durant, on est tous en droit de se faire du souci, surtout si c'est Marco qui a fait le con.

- Cela devait arriver.

- Qu'il se comporte comme un goujat et te brise le cœur ?!

- Nooon ! protesta la brune en se relevant.

Elle roula la serviette en boule et la fourra dans le panier de linge sale dans un coin de la salle de bain. Avec un soupir, elle sortit, dépassant Izou et alla à son bureau pour récupérer ses papiers. Elle attendrait d'être seule pour retirer sa chemise et se mettre en pyjama.

- Ce qui devait arriver, c'est que mon cerveau dise merde. Il n'a fait que précipiter l'inévitable et à passer son temps à réparer les dégâts.

Même si on ne pouvait pas vraiment dire qu'elle était guérie. On ne soigne pas l'esprit comme on soigne une maladie du corps.

- On a beaucoup discuté, pendant ce mois, pendant les rares moments où j'étais plus ou moins lucide, si on veut. On a vu ensemble ce qui m'a mise dans cet état afin de s'assurer que ça ne se reproduise pas.

Le voir partir ainsi, sans un mot, avait fait remonter en elle ses vieux démons, ces murmures et ces injures qu'elle avait entendues en grandissant. Ce rappel qu'elle portait le sang d'un démon. Qu'elle n'avait pas le droit d'exister. Qu'elle ne méritait pas d'être aimée. Et que c'était pour ça qu'il l'avait abandonnée.

La demoiselle sursauta quand elle sentit une main sur son épaule. Elle se retourna, s'attendant à ce que ce soit Izou, pour tomber nez à nez avec le regard inquiet et épuisé de son amant. La main remonta à sa joue et deux lèvres se rapprochèrent de son oreille.

- Je reste ici, avec toi. Pour toi. Tu es tout ce qui m'importe. Pas le sang. Pas la naissance. Juste toi.

Un intense soulagement la saisit et elle esquissa un sourire quand il l'embrassa délicatement sur la tempe.

- Vous êtes mignons, tous les deux ! roucoula Izou.

- Ta gueule et casse-toi, exigea le Phénix.

Sans autre forme de procès, Marco mit leur frère à la porte et la referma. Ace eut un léger rire et reposa sa thèse pour commencer à se déshabiller pour attraper son short et tee-shirt informe sous son coussin afin de se mettre en pyjama. Marco sortit son vieux jogging du placard avant de se laisser tomber sur le lit en grognant. Il était tellement crevé qu'il n'arrivait même pas à être émoustillé par sa petite-amie se mettant à nue. Il attendit qu'elle ait fini de se changer pour l'attraper par les hanches et l'attirer avec lui dans le lit. Il s'enroula avec possessivité autour d'elle, la faisant sourire alors qu'elle lui jeta un regard par-dessus son épaule.

- Serais-je un doudou pour que tu sois aussi possessif envers moi, ce soir ?

- J'ai besoin de me rassurer, d'être certain que ça ira pour toi, désolé, yoi.

Il desserra son étreinte mais ce n'est pas pour autant qu'elle s'éloigna. Au contraire, elle se tourna vers lui, se rapprocha encore plus, s'accrochant à un morceau du vieux tee-shirt de son amant. Elle ferma les yeux et inspira profondément.

- J'aime ton odeur… elle est… apaisante.

- Tu m'en vois ravi.

Le zoan arrangea sa position, faisant que sa partenaire était à présent à moitié allongée sur son torse.

- Y'a encore de la place, Iro, si tu veux, proposa le Phénix.

La panthère sauta par-dessus sa mère adoptive et se nicha dans l'espace restant contre le mur. Bon, au moins, le blond n'aurait pas besoin de couverture ce soir.

- Marco ?

Le blond rouvrit un œil pour regarder sa petite-amie qui avait la tête basse sans affronter son regard.

- Oui ?

- Merci… merci… merci d'être resté avec moi. De m'avoir soutenu et supporté, en dépit de tout…

- J'ai fait ça parce que je tiens à toi, Ace, c'est aussi simple que ça, yoi. Te voir mal n'est pas ce qui m'amuse le plus. J'aime ton rire, yoi. Tes sourires. Alors, j'ai bien l'intention de me consacrer exclusivement à ma mission de les garder sur ton visage.

Ace leva le nez vers le blond pour le fixer avec sérieux.

- J'arrive pas à me décider si tu es un saint homme ou un enfoiré de beau-parleur.

- Je suis un homme amoureux, yoi. C'est aussi simple que ça.

- Ouais… Tu es le Saint Baratineur, plutôt.

- Si je peux avoir un baiser, je veux bien être tout ce que tu veux, mon ange.

Ace arrangea sa position pour embrasser chastement mais longuement le blond, avant de revenir se blottir contre lui, les yeux fermés, se mettant à ronronner de contentement, rivalisant presque avec Iro. Le zoan la recouvrit d'une de ses ailes et ferma les yeux à son tour.

Les choses s'arrangeaient lentement.