Chapitre 19 : Huíyì
Felicity était assise au comptoir de sa cuisine, à la recherche d'indices sur un trafiquant d'êtres humains qui prostituaient des filles avant de vendre leurs organes aux plus offrants. Le gars avait décidé d'établir sa base à Star City. Mauvaise idée. Cela venait de le mettre directement dans sa ligne de mire – et par conséquent dans celle du justicier local.
Il était tard, la soirée avait été calme, elle avait alors décidé de quitté le repaire tôt afin d'exécuter les recherches de son côté, à l'abri, chez elle, seule avec une bonne bouteille de vin et une pizza, loin des regards pleins de pitié de John, des soupirs de Thea, des mimiques et petites piques sournoises de Laurel ou encore et surtout de l'air malheureux d'Oliver.
Ils s'étaient séparés depuis un peu plus d'un mois maintenant et l'ambiance était pour le moins… étouffante. Et tendue. La situation lui brisait le cœur plus qu'elle n'était prête à l'avouer. Après tout elle avait voulue cette situation, elle pourrait choisir d'y mettre un terme en un coup de fil. Fermer les yeux sur tout ce qu'il lui avait caché, ignorer les mensonges et le cruel manque de confiance. Passer l'éponge sur la douleur qui lui retournait l'estomac et lui compressait la poitrine. Peut-être même qu'elle devrait. Faire preuve d'indulgence au vu de tout ce qu'il avait vécu et endurer.
Mais elle ne pouvait pas. Felicity n'y arrivait pas. Elle ne comprenait pas qu'il lui ait menti, qu'il l'ait trahi. Et cette fois elle ne pardonnait pas.
Ce qu'Oliver ne comprenait et n'acceptait pas.
Alors oui, elle se cachait. Évitait le repère au maximum, passant en coup de vent, arrivant après les autres et repartant bien avant. Elle détestait ça, avait l'impression de les laisser tomber mais elle n'arrivait plus à faire semblant que tout allait bien quand tout ce qu'elle désirait était sa solitude.
Felicity retira ses lunettes en jetant un œil à l'horloge. Elle était figer devant son écran depuis plus de quatre heures et elle commençait à en souffrir. Elle avait mal aux yeux et au dos et sa pizza était froide depuis longtemps maintenant. Elle soupira et décida de faire réchauffer son repas avant de finalement aller se coucher. Elle ne pourrait pas dire demain à son conseil d'administration qu'elle était en retard parce qu'elle avait passé la nuit à traquer un monstre.
Alors qu'elle terminait de siroter son verre de vin en fixant d'un air vide son micro-onde lorsqu'on frappa violemment à sa porte d'entrée.
Elle sursauta, et s'inquiéta immédiatement. Qui pouvait bien frapper à sa porte à cette heure ? Il était plus de deux heure du matin et elle vivait dans un immeuble privé avec un portier pour l'amour de Dieu ! Ouvrir ne serait pas intelligent et encore moins recommandés.
Une nouvelle salve de coup retentit contre le battant suivi du cris de son visiteur :
– Felicity ouvre cette foutue porte !
La jeune femme roula des yeux en finissant son verre d'une traite. Typique d'Oliver. Il ne pourrait pas passer un coup de téléphone avant de se présenter à des heures indues. Elle se décida à bouger lorsqu'il réitéra ses coups.
La jeune femme ouvrit sa porte à la volée, à la fois furieuse et inquiète. Elle supposait qu'il ne venait pas ici pour rien et espérait qu'il n'était rien arrivé au reste de l'équipe.
– Qu'est-ce que tu fais ici ?
Oliver semblait… déphasé. Et hors de lui. Il était erratique et la fixait comme si elle venait de trancher la gorge de sa mère.
– Je t'aime.
Felicity fit un pas en arrière, à la fois choqué et bien décidé à le faire entrer afin de ne pas étaler son linge sale sur le palier de sa porte. Il entra en se passant une main dans les cheveux et en ne cessant de faire les cents pas dans son salon.
– Je t'aime et je t'aurais attendu. J'aurais attendu des années que tu acceptes de me pardonner mais je n'accepterais pas de tenir la chandelle, d'être la troisième roues du carrosses pendant que toi, tu t'amuses et que tu t'escrimes à passer à autre chose !
La jeune femme cligna des yeux. Une fois. Deux fois. De quoi diable parlait-il ? Et pourquoi débarquer dans son appartement en plein milieu de la nuit ?
Elle poussa un profond soupir en se pinçant l'arrête du nez, déjà exaspérée par le comportement de son ex.
Parfois il était juste… juste.
– Je ne sais pas de quoi tu parles et si tout le monde va bien et que tu n'as pas besoin de moi pour une mission de dernière minute je vais te demander de sortir de chez moi.
– Non.
– Non ?
– Non. Je veux qu'on règles ça une bonne fois pour toutes !
– Wow. Déjà pour commencer, cesse de crier. Ensuite je n'ai aucune idée de quoi tu parles. Je ne t'ai jamais demandé de m'attendre ou quoi ce soit dans le même goût. Si je me souviens bien je t'ai même dit que tout était fini, s'expliqua la jeune femme à grand renfort de gestes et de grimaces. Je ne m'attends pas à ce que tu sois « la troisième roues » de quoi que ce soit. Je ne veux même plus que tu sois la seconde.
Oliver recula, comme si elle venait de le gifler, son expression passant de torturer à « the Hood » en pleine mission.
– Alors elle avait raison, grogna-t-il.
– De qui tu parles encore, souffla-t-elle à bout de patience. Tu as bu ? Parce que, honnêtement, je ne comprends rien de tout ce que tu me racontes depuis ton arriver ici.
– Je sais que tu es en colère et que tu te sens blessée, ce genre de sentiment mène souvent à prendre des décisions stupides, mais franchement je ne te prenais pas pour une salope, ricana le Justicier, amer.
Felicity serra les dents et accusa l'insulte sans rien ajouter. Elle ne savait pas de quoi il parlait, mais franchement, elle s'en fichait pas mal maintenant. Elle voulait juste qu'il s'en aille pour pouvoir digérer cela seule.
– C'est vrai. J'aurais penser que tu aurais attendu un peu plus d'un mois avant de sauter sur le prochain milliardaire !
– Va te faire foutre !
– D'après ce que j'en sais, c'est plutôt toi, non ? Et moi qui était prêt à tout pour te récupérer, j'ai été vraiment trop con, cria-t-il en lançant son poing contre le mur le plus proche, y laissant une marque bien nette dans le plâtre.
Felicity sursauta et s'éloigna de l'homme qu'elle avait si tendrement aimé – qu'elle aimait toujours. Elle ne savait pas ce qui clochait chez lui ce soir. Quand elle avait quitté la cave plus tôt il semblait aller aussi bien que le pouvait Oliver Queen, c'est à dire couvant et grognant, l'humeur sombre et ruminant une quelconque culpabilité. Et là… il ressemblait à une bête enragée. Son discours était flou et décousu, elle pensait comprendre qu'il était entrain de l'accuser d'un truc, et le voilà devenir violent. C'est là que se trouvait sa limite.
– Je ne sais pas qu'elle est ton foutu problème, commença-t-elle en redressant les épaules et en le fusillant du regard, tu n'as même pas été capable de m'expliquer ce que tu me reprochais mais je m'en fiche. Je veux que tu te désillusionne de suite sur l'avenir que tu t'es fantasmé. Tu m'as menti. Il n'y aura jamais plus de « nous » ou de quoi que ce soit s'en approchant, je ne veux pas que tu m'attende, je veux te voir le moins possible, quelques heures chaque soir pendant la mission ? Ce sera le maximum. Maintenant et pour la dernière fois, sors de chez moi, Oliver !
Le justicier la dévisagea, la mâchoire tendue et le regard noir. Il voulait lui hurler dessus, lui crier sa douleur et lui cracher des atrocités afin de la faire souffrir. Elle faisait semblant de ne pas comprendre, niait en bloque ce qu'il lui reprochait. Au début il n'avait pas voulu croire Laurel quand elle lui avait dit que Felicity voyait quelqu'un d'autre. Mais à force de la voir arriver après tout le monde et de partir la première, parfois même avant qu'ils soient tous de retour au repaire, la distance qu'elle entretenait avec tout le monde, ces SMS qui ne cessait d'arriver sur son portable et les rumeurs qui était revenu jusqu'à ses oreilles… Il se passa une main frustrée dans les cheveux. Merde. Il savait depuis un bout de temps qu'elle souhaitait s'allier à Wayne Enterprise pour un projet de nanoparticules, elle avait déjà ce projet en tête avant même qu'elle ne mette un terme aux choses entre eux mais il n'avait jamais penser qu'il pourrait donner foi aux ragots. Après tout, lorsqu'elle avait été sa secrétaire il y avait eu beaucoup de choses qui avaient étés colporter à leurs sujets et la plupart n'étaient qu'un ramassis d'inepties. Et puis si ce n'était pas Bruce, il savait qu'elle était toujours en contact avec Ray. Sans parler de Barry, ou de n'importe quel quidam qu'elle aurait pu rencontré n'importe où.
Oliver leva la tête pour darder ses yeux dans le regard flou de la femme qu'il avait si profondément aimé, fouillant désespérément pour retrouver cette connexion qu'ils partageaient jadis.
– Rassure moi, tu ne m'as pas quitté pour lui, n'est-ce pas ? Qui que soit ce type ? Tu n'as pas utiliser William et tout le restes pour mettre un terme aux choses entre nous sans passer pour la méchante ?
Felicity ferma les yeux et prit une profonde inspiration afin de faire passer la boule qui lui obstruait la gorge. Elle était fatiguée, il était tard, elle avait une tonne de travail demain et elle n'était plus apte à écouter ses conneries. Alors, en silence et sans lui prêter plus d'attention, elle se dirigea vers sa porte d'entrée qu'elle ouvrit à la volée :
– Où tu dégages de chez moi, où je suis celle qui pars.
Oliver la fixa pendant de longues secondes, curieux de voir si elle était sérieuse, réfléchissant si cela valait la peine. S'il avait même encore quelque chose à lui dire. Finalement, et au bout d'une longue minute, il choisit de partir. De toute façon c'était fini. Tout était fini.
TADAAA !
Deux chapitres en deux ans ! Je crois que je bats des records, mais bon, mieux vaut tard que jamais, non ?
N'oubliez pas. N'hésitez pas à me donner vos avis, bon ou mauvais, après tout, ça fait un bail.
