Hello, Hello

Voici le nouveau chapitre de cette fin de semaine.

J'ai une annonce à faire, une nouvelle que j'aimerais partager avec mes lecteurs : j'attend un heureux événement. Ca faisait plusieurs mois que ça me démangeait, mais maintenant je peux officiellement dire que je ressemble à un ballon de baudruche comme la tante Marge et ce, pour une bonne raison.

Bonne lecture à tous !

Attention : Les écrits en gras sont tirés directement du livre


Disclaimer : Le monde et les personnages de la saga Harry Potter sont la propriété de J.K.R


Dorea et Rogue déambulaient à travers les corridors sombres du château.

Ils montèrent le grand escalier et tombèrent sur Peeves, l'esprit frappeur du château.

- Oh ! Mais c'est Potty Potter Fille !

- Peeves ! s'exclama Rogue, fiche le camp ! dit-il sèchement.

L'esprit tira la langue et repartit dans l'autre sens.

Le professeur et l'élève sortirent au-dehors, traversèrent la cour et débouchèrent devant la gargouille ailée qui gardait le bureau de Dumbledore.

- Fizwizbiz, annonça Rogue.

La gargouille pivota et laissa apparaitre l'escalier se tortillant et s'élevant jusqu'à l'étage supérieur.

Quand Dorea pénétra la pièce, elle aperçut les Weasley, et Harry installés face au bureau de Dumbledore, où lui-même faisait les cent pas.

Dorea détailla son frère et ressentit presque la panique transperçait ses pores. Le brun était submergé de sueur et haletant.

- Que se passe-t-il ? demanda Dorea.

- Arthur Weasley a été attaqué, au ministère, expliqua Dumbledore quelque peu agité. Il a été transporté à l'hôpital Ste Mangouste pour les maladies et blessures magique. Vous allez tous retourner dans la maison de Sirius qui est beaucoup plus pratique que le Terrier pour se rendre à l'hôpital. Molly vous retrouvera là bas.

- On y va comment ? demanda Fred, visiblement secoué. Par la poudre de cheminette.

- Non, répondit Dumbledore. Trop risqué, le réseau des cheminées est surveillé. Vous prendrez un Portoloin.

Dumbledore montra une vieille bouilloire posée sur son bureau.

- Nous attendrons, reprit-il, que Phineas Nigellus vienne nous donner le feu vert …

Il y eut soudain un éclair de flammes au beau milieu du bureau et une unique plume d'or virevolta doucement vers le sol.

- C'est un avertissement de Fumseck, dit Dumbledore en rattrapant la plume. Le professeur Ombrage doit savoir que vous avez quitté vos dortoirs … Severus, allez l'occuper, Racontez-lui une histoire quelconque.

Le professeur Rogue sortit dans un tourbillon de cape noir.

Dorea était figé sur place, ne comprenant rien à ce qu'il se passait. Mr Weasley avait été attaqué et Voldemort s'était introduit dans l'esprit de Harry … Elle était totalement perdue.

Un petit homme chevelu et aux yeux perçants, apparu devant un cadre où était dressé une bannière à l'effigie de la maison Serpentard.

- Il dit qu'il sera ravi de les accueillir, annonça-t-il d'une voix morne à Dumbledore.

Le petit homme jeta un coup d'œil aux Weasley, puis Harry et son regard s'arrêta sur Dorea.

- Mon arrière-arrière-arrière-petit-fils a toujours manifesté un goût étrange dans le choix de ses invités.

- Venez ici, dit Dumbledore. Et dépêchez-vous avant que quelqu'un n'arrive.

Dorea, Harry et les Weasley se rassemblèrent autour du bureau.

- Vous avez déjà utilisé un Portoloin ? demanda Dumbledore.

Tous acquiescèrent d'un signe de tête. Dorea, comme tous les autres, tendirent leur main pour toucher la bouilloire.

- Bien attention, à trois … Un … Deux … Trois !

Dorea sentit une puissante secousse au niveau du nombril et ses pieds quittèrent le sol. Elle sentit Harry s'agiter à ses côtés et Ron la cogner d'un coup d'épaule, puis brutalement elle tomba sur un parquet poussiéreux à plat ventre. Un bruit de ferraille retentit dans la pièce. Elle toussa tandis qu'elle entendit un chuchotement au-dessus de sa tête.

- De retour, les sales petits gamins traîtres à leur sang. Est-il vrai que leur père est à l'agonie ?

Dorea fronça les sourcils et redressa la tête pour apercevoir un elfe de maison, la peau rabougris et le nez en forme de groin de porc, se tenir devant eux.

- DEHORS ! rugit une deuxième voix.

Un homme, mince et grand entra dans la pièce qui semblait être une cuisine. Il avait les cheveux tombant sur ses épaules et une barbe taillée. Il portait une veste de costume velours bordeaux, avec dessous, un gilet où une montre à gousset était attaché.

Dorea se releva et tandis que l'homme prit Harry dans ses bras, Dorea comprit qu'il s'agissait de Sirius Black.

Le sorcier se tourna vers la jeune fille et afficha une expression de totale surprise.

- Lily, souffla-t-il

- Euh … non moi c'est Dorea … Dorea Artwood, dit-elle en tendant la main d'un geste cérémonieux.

- Je sais qui tu es, dit Sirius Black, en gardant ses mains dans ses poches. La première fois que je t'ai vu tu avais à peine deux jours.

La main de Dorea retomba mollement, la jeune fille se sentant soudainement mal à l'aise.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-il aux autres.

- Demandez à Harry, dit Fred.

- Oui, moi aussi j'aimerais bien savoir, ajouta George.

Ils entendirent le grincement des marches de l'escalier dans le couloir s'arrêter.

- J'ai eu …, commença Harry. J'ai eu une ... une sorte de … vision …

- C'est-à-dire ? demanda Dorea.

- Et bien … en fait, j'ai vu Mr Weasley se faire attaquer par un serpent dans un couloir du ministère.

Dorea vit Ron lancer un regard furtif à Harry et comprit que le brun ne disait pas tout. Tous regardèrent le jeune Potter qui se renfrogna.

- Maman est là ? demanda Fred en se tournant vers Sirius.

- Elle ne doit pas encore être au courant, répondit Sirius. L'important, c'était de vous éloigner d'Ombrage avant qu'elle ne puisse s'en mêler. Je pense que Dumbledore va prévenir Molly, maintenant.

- Il faut qu'on aille à Ste Mangouste, tout de suite, dit Ginny fébrile.

Elle jeta un coup d'œil à ses frères qui étaient toujours en pyjama.

- Sirius, vous pouvez nous prêter des capes ou autres choses ?

- Attendez un peu, vous n'allez pas vous précipiter comme ça à Ste Mangouste ! dit Sirius.

- Bien sûr que si. On va à Ste Mangouste si on a envie d'y aller, dit Fred une expression butée. C'est notre père !

Dorea leva les yeux au ciel et soupira fortement. Tout le monde se tourna vers elle.

- Bah, quoi ? dit-elle en haussant les épaules. Je trouve cette idée totalement stupide.

- Ce n'est pas plus stupide que de se faire bécoter dans un placard à balai par Drago Malefoy, cracha Ginny.

Dorea ferma les yeux de dépit. Cette histoire allait la poursuivre jusque dans la tombe. Foutu Malefoy ! Quand elle rouvrit les yeux, elle vit Sirius Black la dévisager. Il n'y avait pas mieux comme entrée en matière …

- Et comment allez-vous expliquer que vous êtes au courant de l'attaque dont il a été victime alors que l'hôpital n'a même pas encore prévenu sa femme ? demanda Sirius en se tournant vers les Weasley.

- Quelle importance ? dit George d'un ton véhément.

- C'est important parce qu'il ne faut surtout pas attirer l'attention sur le fait qu'Harry voit dans ses rêves des choses qui se passent à des centaines de kilomètres ! répliqua Sirius avec colère. Vous vous rendez compte de ce que le ministère pourrait faire d'une telle information ?

- Quelqu'un d'autre que Harry aurait pu nous prévenir …, dit Ginny.

- Qui par exemple ? demanda Sirius d'un ton agacé. Ecoutez-moi bien, votre père a été blessé au cours d'une mission pour le compte de l'Ordre. Les circonstances de l'attaque son déjà suffisamment louches, si en plus on s'aperçoit que ses enfants étaient au courant quelques secondes plus tard, l'Ordre pourrait en subir de très graves conséquences …

- On s'en fiche complètement de cette idiotie d'Ordre ! s'exclama Fred.

- Tout ce qui compte, c'est que papa est en train de mourir ! s'écria George.

- Votre père savait à quoi il s'exposait et il ne vous remerciera pas d'avoir compliqué les choses ! dit Sirius, tout aussi furieux. Voilà pourquoi vous n'êtes pas membres de l'Ordre … Vous ne comprenez pas … Il y a des causes pour lesquelles il vaut la peine de mourir !

- Ça vous va bien de dire ça, vous qui restez toujours collé ici ! vociféra Fred. On ne vous voit pas beaucoup risquer votre peau !

Le peu de couleurs qui restait sur le visage de Sirius Black disparut aussitôt. L'homme serra les poings, puis il reprit la parole plus calmement.

- Je sais que c'est difficile, mais nous devons tous agir comme si nous ne savions rien. Il faut rester ici au moins jusqu'à ce que votre mère nous prévienne d'accord ?

Fred et George avaient l'air toujours aussi révoltés, en revanche Ginny se dirigea vers une chaise entourant la grande table centrale et s'y laissa tomber. Dorea décida d'en faire de même, suivit par Harry et les autres Weasley.

- Très bien, dit Sirius d'un ton encourageant, on va tous … on va tous boire quelque chose en attendant. Accio Bièraubeuure ! dit-il en levant sa baguette.

Huit verres de Bièraubeurre s'envolèrent du garde-manger pour se poser devant son propriétaire et Sirius s'installa entre Dorea et Harry.

Pendant presque une demi-heure, plus personne ne dit mot. Chacun dans ses pensées.

Dorea imagina ce qu'allaient dire les autres serpentard demain matin quand ils trouveraient son lit vide …

Elle tourna la tête et vit Sirius Black la contempler puis lui offrir un mince sourire qu'elle lui rendit.

Les événements de la soirée s'étaient tellement enchainés qu'elle ne savait pas réellement comment elle avait atterri là. Mais elle était contente d'être en présence de son frère et de pouvoir faire la connaissance de Sirius Black.

Elle porta son attention vers le brun et le trouva l'air préoccupé, alors qu'il fixait sa chope de bièraubeurre.

Soudain, une flamme explosa dans les airs, illuminant les assiettes sales posés devant eux. Des exclamations de surprise s'élevèrent autour de la table et un rouleau de parchemin tomba d'un bruit sourd, accompagné d'une plume d'or.

- Fumseck ! dit aussitôt Sirius en attrapant le parchemin. Ce n'est pas l'écriture de Dumbledore, il doit s'agir d'un message de votre mère. Tiens.

Il mit la lettre dans la main de George qui l'ouvrit aussitôt et lut à haute voix :

- « Papa est toujours vivant. Je pars pour Ste Mangouste à l'instant. Restez où vous êtes. Je vous enverrai des nouvelles dès que possible. Maman. »

George regarda autour de lui.

- Toujours vivant, répéta-t-il avec lenteur. On dirait qu'il est …

Il n'eut pas besoin de terminer sa phrase. Tout le monde comprit que Mr Weasley était entre la vie et la mort. Subitement, Dorea se sentit de trop. Elle jeta un œil à son frère, tout aussi embarrassé qu'elle. Il avait les yeux baissés et triturait ses mains sous la table.

Ils attendirent des heures et des heures dans la cuisine du Quartier Général de l'Ordre. Du moins c'est ce qu'en supposait la jeune fille.

Au petit matin, Fred tomba dans un demi-sommeil, la tête penchée sur l'épaule, Ginny lovée comme un chat sur sa chaise mais gardait les yeux ouvert, Harry pleinement réveillé, fixait les flammes, dans l'âtre de la cheminée, de ses yeux verts, Ron avait la tête dans les mains sans savoir s'il était réveillé ou non, Dorea dans la même position qui s'était endormie depuis longtemps et George avait son chef appuyée contre son poings soutenu par son coude.

Au milieu de la matinée, Mrs Weasley apparut enfin sur le seuil de la cuisine. Tout le monde se réveilla en sursaut et la virent esquisser un sourire.

- Il va s'en sortir, annonça-t-elle, la voix affaiblie par la fatigue. On pourra tous aller le voir un peu plus tard. Bill est resté avec lui. Il a décidé de ne pas aller travailler ce matin.

Les expressions de soulagement passèrent sur chacun des visages des Weasley, d'Harry et Sirius. Dorea, ne connaissant pas Mr Weasley, en fut tout de même contente pour lui.

Mrs Weasley s'avança vers Harry et le prit dans ses bras pendant que Sirius appelait l'elfe de maison pour préparait le déjeuner, mais sans succès.

Dorea se leva et s'approcha avec une certaine hésitation de Sirius, souhaitant laisser de l'intimité à Mrs Weasley et ses enfants.

- Euh … Mr Black …

Sirius se tourna vivement vers Dorea, et un rictus amusé se dessina à travers sa barbe.

- On ne m'avait pas appelé comme ça depuis des années. Appelle-moi Sirius Dorea, dit-il d'un ton doux.

- D'accord, dit Dorea timidement.

La jeune fille rougit et se mordilla la lèvre.

- Les mêmes mimiques que ta mère, commenta Sirius dans un murmure.

- Comment ? demanda Dorea qui n'était pas bien sûr de comprendre.

- Non, rien, laisse tomber.

- Oh, elle est là ! s'exclama Mrs Weasley derrière eux.

La rousse se tourna et la matriarche la serra fortement dans ses bras.

- Je suis heureuse de faire ta rencontre Dorea, dit Molly Weasley avec engouement. Je suis désolé que cela se passe dans de telles circonstances …

- Non, c'est moi qui m'excuse Mrs Weasley. C'est très aimable à vous de m'avoir invitée et je vous en suis reconnaissante, mais si vous le souhaitez je peux vous laisser en famille. Je ne voudrais pas m'imposer …

- Ne raconte pas de bêtises voyons ! l'interrompit Mrs Weasley d'un geste désinvolte de la main. Harry fait bien parti de la famille, alors toi aussi. Tu es sa sœur, n'est-ce pas ? Et puis tu ne vas pas passer Noël seule à Poudlard. Ce serait bien trop triste.

- Je vous remercie Mrs Weasley.

- Appelles-moi Molly, sourit cette dernière.

Dorea approuva et sourit, toujours aussi embarrassée par la gentillesse de cette famille qu'elle ne connaissait ni d'Ève ni d'Adam et qui l'accueillait à bras ouvert.

La jeune fille aida à mettre la table pendant que Molly se débarrassa de ses affaires et entreprit de préparer un bon petit déjeuner. Sirius et Harry s'était retranché dans le garde-manger et l'adolescente se demandait de quoi pouvaient parler le parrain et le filleul.

Une heure plus tard, Sirius fit visiter une partie du manoir à Dorea.

- Là, c'est un tableau de ma chère mère, dit-il dans un chuchotement en désignant un cadre recouvert d'un rideau rongé aux mites. Surtout, il ne faut pas faire de bruit dans les escaliers, sinon elle peut se mettre à crier. Et ce n'est jamais beau à voir.

Ils montèrent trois étages de ce qui paraissait un manoir et Sirius s'arrêta devant une porte où il était inscrit « R.A.B ».

- C'était la chambre de mon frère, au bout – il montra une autre porte au bout du couloir – c'est la mienne. Quand j'ai su que vous alliez venir j'ai fait un rapide ménage, j'espère que ça te conviendra. Elle est aux couleurs de ta maison.

Sirius ouvrit la porte et Dorea découvrit une pièce rectangulaire où un filet de rayon de soleil faisait apparaitre une poussière brumeuse dans l'air.

Sur le côté à gauche, un grand lit à baldaquin avec des tentures vert bouteille, similaires à celles du dortoir des filles de Serpentard. En face se trouvait une penderie en bois d'acajou, et à côté une porte qui devait mener à la salle d'eau.

- Ça ira très bien, je vous remercie.

Sirius dévisagea quelques secondes Dorea.

- Écoutes, tu le sais peut-être déjà, mais tes parents, quand tu es née, m'avait désigné comme étant ton parrain, à l'instar d'Harry. Alors … tu pourrais commencer par me tutoyer.

Dorea sourit, toujours embarrassé par cette générosité dont elle n'avait pas l'habitude, puis acquiesça du chef.

- Je te laisse dormir. Tu dois être épuisée après cette nuit.

Il ferma la porte et laissa Dorea seule dans sa chambre. La jeune fille s'affala sur le lit et s'endormit une poignée de secondes plus tard dans un sommeil sans rêve.

Quand elle se réveilla, l'adolescente vit sa malle posée au pied de son lit. Comment ses affaires avaient atterri là ?

Dorea se leva et s'approcha de la valise, pour ouvrir le couvercle et apercevoir ses habits et ses livres d'écoles correctement rangés. Jamais elle n'avait plié soigneusement ses robes d'écoles ou encore ses jeans … Elle vit alors un petit carton blanc posé sur une de ses capes à l'effigie de sa maison.

« Drago nous a informé qui tu as dû partir cette nuit, le professeur Rogue nous a demandé de rassembler tes affaires. Je me suis permise de ranger ton bazar … On te souhaite un Joyeux Noël.

Daphné»

Dorea fronça des sourcils en lisant le mot de son ancienne amie. Pourquoi s'était-elle donné la peine de rassembler ses affaires pour qu'elle ne manque de rien ? Était-ce une tentative de rapprochement ?

Dorea remua le chef. Durant ce dernier mois, les serpentards lui avait fait vivre un véritable enfer. Et que ce soit Daphné, Théo ou même Blaise, aucun des trois n'avait levé le moindre petit doigt pour ne serait-ce que la défendre un peu. Ils leur avaient totalement tourné le dos à la minute où ils ont su qui elle était. Et suite à cela ils n'avaient fait que l'ignorer. Alors, peut-être qu'elle comprenait qu'ils s'étaient sentis trahi mais ça n'excuse pas leur comportement aphasique quand Malefoy ou Parkinson s'évertuaient à la rendre folle.

Dorea forma une boule avec le petit carton dans sa main et le jeta au loin dans sa chambre.

Quand elle descendit dans la cuisine, son arrivé fut accueilli par des cris d'allégresse.

Elle vit à travers la petite assemblée se démarquer deux nouveaux venus. Une sorcière, à peine plus âgé qu'elle, arborant une chevelure rose chewing-gum et un autre sorcier à la jambe de bois et la moitié du nez manquant, portant un genre de globe oculaire, ou un œil bleu vif tournait autour de son orbite, disparaissant parfois.

- Salut ! dit la sorcière à la chevelure rose en s'avançant vers Dorea. Je me nomme Nymphadora Tonks, se présenta-t-elle en serrant la main de la rousse. Je suis ravie de faire ta connaissance Dorea.

- Moi aussi, répondit Dorea

- Je peux enfin mettre un visage sur un prénom gamine, grogna le sorcier à la jambe de bois.

Il s'approcha de la serpentard et de Nymphadora Tonks.

- Alastor Maugrey, ancien auror, se présenta-t-il. Je connaissais bien ton vieux père.

- Vous faites partie de l'Ordre ? devina Dorea.

- C'est bien ça, affirma Tonks.

- Alors vous devez être chargé de la sécurité de mon père, comment va-t-il ?

Tonks et Maugrey échangèrent un rapide coup d'œil.

- Il va bien, assura Maugrey simplement. Bien, tout le monde est près pour partir à Ste Mangouste ? enchaina-t-il en se tournant vers les Weasley en revêtant son chapeau melon pour cacher son œil magique.

Ils sortirent au-dehors sous les flocons de neiges tombant ardument en ce début d'après-midi du dix-neuf décembres, rejoindre le métro londonien.

Dorea se demandait pourquoi Maugrey ou Tonks, ne lui avaient pas donné plus de détails que ça sur son père. Où il était ? Que faisait-il ? Était-il entouré ? Il n'y avait même pas de message pour elle alors qu'il devait certainement savoir qu'elle était au QG de l'Ordre en ce moment même. Elle trouvait étrange que Goderic n'est même pas cherché à la joindre, sachant qu'elle avait échappé à la surveillance d'Ombrage.

Ils arrivèrent dans une rue piétonne où plusieurs passant se pressait pour faire les derniers achats de Noël et ils s'arrêtèrent devant un bâtiment insalubre où il était inscrit sur la devanture : Purge & Pionces Ltd. Sur la porte, un écriteau indiquait « Fermé pour rénovation ». Dorea dévia son regard vers la vitrine et vit quelques mannequins écaillés portant des vêtements démodés de dix ans plus tôt.

- Bon, dit Tonks en leur faisant signe d'approcher près de la vitrine où un mannequin aux faux-cils affublé d'une robe chasuble en nylon vert. Tout le monde est prêt ?

Ils acquiescèrent d'un signe de tête et Tonks se pencha tout près de la vitrine, le regard fixé sur l'horrible mannequin, son souffle dessinant un cercle de buée sur le verre.

- Salut, dit-elle, on vient voir Arthur Weasley.

Un instant plus tard le mannequin hocha très légèrement la tête et faire un petit signe de ses doigts joints. Tonks prit par le bras Ginny et Mrs Weasley, qui accrocha sa main à celle de Dorea et toutes les quatre traversèrent la vitrine et sentirent un rideau d'eau fraîche parcourir leur corps.

Elles arrivèrent dans le hall d'entrée de Ste Mangouste et des souvenirs douloureux pour Dorea remontèrent à la surface. Rien n'avait changé depuis la dernière fois qu'elle était venue, lors de la mort de sa mère, Hermance.

- Dorea, tu vas bien, ma chérie ? s'enquit Molly en voyant la jeune fille blêmir.

- Oui tout va bien, rassura l'adolescente.

Plusieurs rangées de sorciers et sorcières encombraient le hall d'accueil tandis que des médicomages en blouse verte circulaient parmi eux, appelant un à un les malades. Certains paraissait normaux, mais d'autres avait des soucis plus ou moins visible comme une sorcière en sueur qui s'éventait avec un numéro de la Gazette du Sorcier, laissant échapper des jets de vapeur de sa bouche.

Dorea suivit Mrs Weasley qui s'avançait vers une file d'attente devant le bureau d'accueil où était écrit : « Renseignement ».

- Par ici, appela Mrs Weasley par-dessus son épaule.

Harry, Ron, Fred, George et Maugrey les rejoignirent.

Derrière le comptoir blanc où se tenait une sorcière replète et blonde, plusieurs affiches publicitaires étaient accrochées sur le mur sous le tableau de la sorcière Dilys Derwent. Cette dernière contempla un instant les Weasley, puis sortit du tableau.

Le premier sorcier de la file d'attente dansait étrangement, se dandinant d'un pied sur l'autre et tentait d'expliquer son souci à l'hôtesse, qui avait l'air de s'ennuyer ferme.

- Ce sont – Aïe ! – ces chaussures que mon frère m'a données – houlà ! -, elles me dévorent les – OUILLE ! – pieds, elles doivent être – AARG ! – ensorcelées et je n'arrive pas – AAAAARG ! – à les retirer.

- Vos chaussures ne vous empêchent pas de lire, j'imagine ? dit la sorcière blonde d'un air agacé en montrant le grand écriteau décrivant chaque service de l'hôpital à gauche du comptoir. Vous devez vous rendre au service de pathologie des sortilèges, au quatrième étage. Il suffit de consulter le plan. Suivant !

Le premier de la file s'avança à son tour. Il s'agissait d'un très vieux sorcier au dos vouté, un cornet acoustique dans l'oreille. Il s'avança vers le comptoir d'un pas trainant.

- Je suis venu voir Boderick Moroz ! dit-il d'une voix sifflante.

- Salle 49, mais j'ai bien peur que vous perdiez votre temps, répondit la sorcière d'un ton dédaigneux. Il a le cerveau complètement ramolli. Il se prend toujours pour une théière. Suivant !

Un sorcier à l'air épuisé s'approcha du comptoir, tandis qu'il tenait une fillette qui voletait au dessus de sa tête.

- Quatrième étage, dit la sorcière d'une voix lasse sans poser de question. Suivant !

Mrs Weasley se dirigea vers le comptoir.

- Bonjour, dit-elle, mon mari Arthur Weasley devait être transféré dans une autre salle ce matin. Pourriez-vous m'indiquer …

- Arthur Weasley ? dit la sorcière distraitement en parcourant le registre de son doigt. Oui, premier étage, deuxième porte à droite, salle Dai Llewellyn.

- Merci, dit Mrs Weasley. Venez, vous autres.

Ils la suivirent à travers une double porte ouvrant sur un long couloir où s'alignaient des portraits de guérisseurs célèbres. D'autres médicomages allaient et venaient dans tous les sens alors qu'un gaz jaunâtre et malodorant flottait dans les lieux. Ils montèrent une volé de marches au bout du corridor et débouchèrent sur le premier étage, passèrent une porte et se stoppèrent devant la deuxième où il était écrit « Guérisseur-en-chef : Hippocrate Smethwyck. Guérisseur stagiaire : Augustus Pye ».

- On va t'attendre dans le couloir, Molly, dit Tonks. Arthur ne voudra sûrement pas voire trop de visiteurs à la fois … il faut laisser la famille d'abord.

Dorea s'appuya contre le mur entre son frère et l'auror, pendant que la famille Weasley s'engouffra dans la pièce avant que la porte ne se referme. Puis brusquement la porte se rouvrit, laissant échapper le visage de Mrs Weasley.

- Harry, Dorea qu'est-ce que vous faites dans le couloir ? Venez avec nous.

- On … On ne veut pas vous déranger Molly, dit Dorea.

- Ne sois pas stupide, Arthur a hâte de faire ta connaissance et il veut remercier Harry de lui avoir sauvé la vie.

Dorea et Harry se lancèrent un regard furtif puis pénétrèrent à leur tour dans une salle petite et plutôt sinistre où la lumière du jour ne filtraient que par une seule fenêtre.

Il n'y avait que trois patient et Mr Weasley occupait le lit du fond près de la minuscule fenêtre.

Alors que les Weasley s'avancèrent vers le patriarche, Dorea resta à l'écart.

L'homme avait le teint livide presque translucide et de grands cernes bleutés dessinait ses yeux. Il avait le crâne dégarni mais on pouvait apercevoir quelques cheveux roux à l'instar de ses enfants.

- Bonjour, lança Mr Weasley en jetant la Gazette à côté de lui. Bill vient de partir, Molly, fit-il en embrassant sa femme, il fallait qu'il aille travailler mais il a dit qu'il passerait te voir plus tard.

- Comment ça va Arthur ? s'enquit Mrs Weasley. Tu parais encore un peu faible.

- Je me sens en pleine forme, répondit Mr Weasley d'un ton joyeux en serrant de son bras valide Ginny contre lui. Si seulement ils m'enlevaient ces bandages, je serais en état de rentré à la maison.

- Et pourquoi ils ne les enlèvent pas ? demanda Fred

- A chaque fois qu'ils essayent, je me mets à saigner comme un dément, dit Mr Weasley d'une voix amusée. Apparemment il y avait un drôle de venin dans les crochets de ce serpent, quelque chose qui empêche les blessures de se refermer. Mais ils sont sûrs de trouver un antidote. Ils disent qu'ils ont vu des cas bien pires que le mien et, en attendant, il suffit que je prenne toutes les heures une potion de Régénération sanguine. Celui-là, là-bas en revanche …

Il baissa la voix et montra d'un signe de tête le lit d'en face où était étendu un homme au teint verdâtre et maladif, les yeux fixés au plafond.

- … il a été mordu par un loup-garou, le malheureux. Aucun remède possible.

- Un loup-garou ? murmura Mrs Weasley, l'air alarmé. Et ce que ce n'est pas dangereux de le mettre dans une salle commune ? On ne devrait pas plutôt le placer en chambre individuelle ?

- La pleine lune est dans deux semaine, lui rappela Mr Weasley à voix basse. Les guérisseurs son venus lui parler ce matin pour essayer de le convaincre qu'il pourra mener une vie presque normale. Je lui ai dit – sans indiquer aucun nom, bien sûr – que je connaissais personnellement un loup-garou, un homme charmant, qui s'accommode très bien de sa condition.

- Et qu'est-ce qu'il a répondu ? demanda George.

- Que lui aussi allait me mordre si je ne la fermais pas, répondit Mr Weasley avec tristesse. Et cette femme, là-bas – il montra le troisième lit occupé juste à côté de la porte – ne veut pas dire par quoi elle a été mordue, ce qui laisse supposer qu'elle doit posséder une créature illégale. En tout cas, il lui manque un bon morceau de jambe et on sent une horrible odeur quand ils lui enlèvent ses bandages.

- Arthur, dit sa femme, Dorea Artwood est venue te rendre visite.

Les Weasley se tournèrent vers la rousse qui s'était tenue quelque peu éloignée du groupe pendant leur conversation.

- Enchantée Mr Weasley, dit Dorea s'avançant vers le patriarche.

- Je le suis également Dorea. Je connais ton père, tu sais. Il m'a quelques fois aidé quand le ministère ne voulait pas s'impliquer dans des affaires de régulation. C'est un grand homme, Lord Goderic.

- Je vous remercie, monsieur, dit Dorea rougissante. Et merci pour votre accueil.

Arthur lui gratifia d'un sourire bienveillant.

- Alors, tu vas enfin nous raconter ce qui s'est passé, papa ? demanda George.

- Vous le savez déjà, non ? dit Mr Weasley en adressant à Harry un sourire entendu. C'est très simple. J'avais eu une très longue journée, je me suis endormi, un serpent s'est approché silencieusement et m'a mordu.

- Est-ce que la Gazette raconte que tu as été attaqué ? interrogea Fred, le doigt pointé sur le journal posé sur la table de chevet.

- Non, bien sûr que non, répondit Mr Weasley avec un sourire teinté d'amertume. Le ministère ne tient pas du tout à ce qu'on sache qu'un énorme serpent venimeux a réussi à …

- Arthur ! coupa Mrs Weasley.

- A réussi à … me mordre, acheva-t-il précipitamment.

Dorea fronça les sourcils et comprit qu'il avait l'intention de dire tout autre chose.

- Et où étais-tu quand c'est arrivé ? demanda George.

- Ça c'est mon affaire, dit Mr Weasley avec un petit sourire.

Il reprit la Gazette du sorcier, la secoua pour l'ouvrir de sa seule main valide et poursuivit :

- Quand vous êtes arrivés, j'étais en train de lire un article sur l'arrestation de Willy Larebrouss. Vous saviez que c'était le responsable de cette histoire de toilettes régurgitante, l'été dernier ? L'un de ses maléfices a mal tourné, les toilettes lui ont explosé à la figure et l'on a retrouvé évanoui au milieu des débris, couvert de la tête aux pieds …

- Quand tu dis que tu étais en mission, l'interrompit Fred à voix basse, qu'est-ce que tu faisais ?

- Vous avez entendu votre père, murmura Mrs Weasley, nous n'allons pas parler de ça ici ! Et puis nous n'allons pas ennuyer notre invité avec ces histoires.

- Je suis sûr que la mission de papa intéresse plus Dorea que les toilettes régurgitantes de Willy Larebrouss, commenta Ginny.

Dorea recula d'un pas, ne voulant pas être prise en port à faux.

- Tu étais chargé de la garder, c'est ça ? dit George à mi-voix. L'arme ? Celle que Tu-Sais-Qui essaye de se procurer ?

- Quelle arme ? demanda aussitôt Dorea avec intérêt.

Tout le monde la considéra un instant, puis Mrs Weasley lança un regard foudroyant à son fils.

- Ça suffit, dit Mrs Weasley avec colère. Tonks et Fol Œil sont dans le couloir, Arthur, ils voudraient venir te voir. Vous autres, vous attendrez dehors, ajouta-t-elle à l'adresse de ses enfants, Harry et Dorea. Vous pourrez revenir après pour dire au-revoir. Allez-y.

Non sans quelques ronchonnements de la part des jumeaux, ils retournèrent dans le couloir et laissèrent entrer les deux aurors. Alors qu'ils refermèrent la porte derrière eux, Fred arqua un sourcil.

- C'est très bien, dit-il avec froideur en fouillant dans ses poches. Vous ne voulez rien nous dire ? D'accord, continuez.

- C'est ça que cherches ? dit George en lui tendant un enchevêtrement de ficelles couleur chair.

- Tu as lu dans mes pensées, répondit Fred avec un sourire. Voyons si Ste Mangouste jette des sorts d'Impassibilité sur les portes de ses salles.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Dorea en observant Fred démêler les ficelles pour obtenir six oreilles.

- Ce sont des Oreilles à rallonge, expliqua Fred. Comme ça on peut entendre tout ce qui se dit dans cette salle aussi clairement que si on y était, lui dit-il en lui donnant une paire.

Harry hésita un instant à en prendre une.

- Vas-y, Harry ! Tu as sauvé la vie de papa. Si quelqu'un a le droit d'écouter c'est bien toi, déclara George.

Harry eut un sourire affligé et prit finalement la paire d'Oreilles à rallonge.

Dorea imita les jumeaux et enfonça l'extrémité de la ficelle dans sa propre oreille.

- O.K., on y va! chuchota Fred.

Les ficelles couleur chair se tortillèrent comme de longs vers de terre et se glissèrent sous la porte. Dorea n'entendit rien d'abord, puis la voix de Tonks lui parvint aussi nettement que si elle était à côté d'elle.

- … ils ont fouillé tout le secteur, mais ils n'ont pas retrouvé le serpent. Il semble qu'il ait disparu juste après t'avoir mordu, Arthur … Mais Tu-Sais-Qui n'espérait quand même pas qu'un serpent puisse entrer là, non ?

- Je pense qu'il envoyé en éclaireur, grogna Maugrey, étant donné qu'il n'a pas eu beaucoup de chance ces derniers temps. Il a voulu avoir une vue plus claire de ce qui l'attendait et, si Arthur n'avait pas été là, la bête aurait eu beaucoup plus de temps pour inspecter les lieux. Potter dit qu'il a assisté à tout ce qui s'est passé ?

- Oui, répondit Mrs Weasley, plutôt mal à l'aise. Dumbledore semblait presque s'attendre à ce que Harry ait ce genre de vision.

- Oui, oui, dit Maugrey, on sait bien que ce jeune Potter est un peu bizarre.

- Et Dorea, qu'en penses-tu ? demanda Tonks.

- Elle ne se doute même pas de la puissance qu'elle détient en elle, grogna Maugrey. Ça ne me plait pas. Ça ne me plait vraiment pas cette aura qui l'entoure. Et j'ai vaincu des voyous de mangemorts moins puissant qu'elle.

- En tout cas, Dumbledore n'est pas très inquiet pour Dorea. Il dit qu'elle s'en sortira. En revanche pour Harry …, murmura Mrs Weasley.

- Bien sûr qu'il s'inquiète, gronda Maugrey. Ce garçon voit des choses à l'intérieur même du serpent de Vous-Savez-Qui …

Dorea arracha l'oreille ne pouvant en entendre plus. Elle tourna la tête vers son frère et les Weasley l'air horrifiée, ne comprenant rien à ce qu'elle venait d'entendre. Les rouquins eux, contemplèrent le frère et la sœur, stupéfiés.


Voilà, voilà ! Je sais que c'est un chapitre un peu récapitulatif qui a été traité beaucoup avec le livre, mais c'était nécessaire pour la suite.

La suite mardi !

(et n'oubliez pas la review)

La bise

Dame Roulia