Chapitre 19 : Évasion

Ils atterrirent devant une maison biscornue qui ne semblait pouvoir tenir que par magie et Sarah reconnu le Terrier, pour y avoir passé un mois l'été précédent. Les enfants allèrent déposer leurs affaires dans les chambres et, comme l'année précédente, Sarah mit les siennes dans celle de Ginny. Bien qu'ayant le même âge, les deux seules filles de la maison n'étaient pas particulièrement amies, même si elles avaient des relations cordiales.

À la fin de la première semaine de juillet, Sarah reçut une lettre d'Astoria disant que ses parents étaient d'accord pour qu'elle vienne passer une partie des vacances chez eux. Le 12 juillet, Sarah fêta son anniversaire en compagnie de son frère et des Weasley. Seulement voilà, quelque chose vint perturber leurs plans. En effet, quelques jours plus tard, les Weasley apprirent qu'ils avaient remporté le Grand Prix de la loterie du Gallion, dont la somme s'élevait à 1000 gallions. Ils décidèrent de partir en Égypte et proposèrent à leur deux invités de les accompagner. Sarah, ayant déjà accepté l'invitation de son amie, refusa. Harry, en revanche, accepta avec joie.

Sarah s'empressa de monter écrire à Astoria. Elle emprunta, avec l'accord du propriétaire, Hedwige à son frère pour envoyer une lettre à la jeune blonde dans laquelle elle lui expliquait la situation dans laquelle elle se trouvait avant de lui demander si cela dérangeait ses parents qu'elle vienne plus tôt que prévu.

Le lendemain, elle reçut une réponse positive de son amie qui lui apprit qu'elle viendrait, avec son père, la chercher le lendemain en début d'après-midi.

Le moment venu, Sarah attendait devant la maison des Weasley avec sa valise qu'on vienne la chercher. Harry était avec elle. Lorsqu'elle entendit le crac caractéristique d'un transplanage, elle guetta l'arrivée des deux Greengrass. En voyant l'autre les deux jeunes filles eurent la même réaction : elles se mirent à courir et sautèrent dans les bras de l'autre. Harry les rejoignit en marchant tranquillement, tandis que l'adulte les rejoignit en pinçant les lèvres, estimant visiblement qu'il ne s'agissait pas là d'un comportement acceptable pour une jeune fille bien élevée. Voyant que ces débordements affectifs exaspéraient son père, Astoria se calma et entraîna son amie jusqu'à celui-ci. La blonde fit les présentations :

- Père, je vous présente Sarah, ma meilleure amie. Sarah, voici mon père.

- B… Bonjour, Monsieur.

L'homme, lui, se contenta d'un hochement sec de la tête. Il envoya la valise de Sarah jusqu'à leur destination puis prit la main de sa fille et tendit son bras à Sarah. Comprenant ce qu'il attendait d'elle, la jeune fille s'en saisit puis, après avoir dit au revoir à son frère, se sentit comme compressée dans un tuyau trop étroit. Elle atterrit sur un sol herbeux, qui contrastait agréablement avec la cour cailloutée des Weasley. En relevant la tête pour voir où elle était, elle vit une maison, si grande qu'il aurait été plus exact de la qualifier de manoir. Elle suivit son amie à l'intérieur et ne put que constater que celui-ci semblait aussi impressionnant que l'extérieur. Astoria lui expliqua qu'elle dormirait dans sa chambre, celle-ci étant largement assez grande pour accueillir deux personnes et qu'elle rencontrerait sa mère et sa sœur le soir, au moment du dîner.

Elles passèrent l'après-midi à rattraper le temps perdu, ce qu'elles n'avaient pas vraiment eut le temps de faire pendant les quelques jours qui avaient séparés le retour de Sarah de la fin de l'année scolaire.

Le soir, vers 19h, un elfe de maison vint les avertir que le dîner était sur le point d'être servi. Les deux amies descendirent tandis que la blonde expliquait à Sarah, qui n'en avait encore jamais vu, ce qu'était un elfe de maison. En entrant dans la salle à manger à la suite de son amie, la jeune Potter remarqua la présence de deux autres personnes : une jeune fille, qui devait être de l'âge de son frère, qu'elle reconnut pour l'avoir déjà vue à la table de Serpentard et une femme qui semblait avoir entre trente et quarante ans. Astoria fit les présentations : la jeune fille était sa sœur aînée, Daphnée et la femme était sa mère.

Quelques jours plus tard, Sarah reçut une lettre de son frère lui disant qu'il était bien arrivé en Égypte et qu'ils seraient de retour une semaine avant la rentrée. Il lui donna également rendez-vous sur le Chemin de Traverse la veille de la rentrée, afin qu'ils puissent acheter leurs fournitures scolaires.

Le 31 juillet, un peu moins de trois semaines après son arrivée au manoir Greengrass, Sarah emprunta le hibou d'Astoria pour envoyer une lettre à son frère afin de lui souhaiter un bon anniversaire. Elle précisa qu'il aurait son cadeau quand ils se reverraient car elle ne voulait pas fatiguer plus que nécessaire l'animal de son amie.

L'événement qui impacterait tout le reste de l'année scolaire eut lieu quelques semaines plus tard. En effet, un matin du mois d'août, environ une semaine avant le retour prévu de Harry et des Weasley, la Une de la Gazette fit grand bruit à travers toute l'Angleterre, moldue incluse puisqu'elle n'annonça ni plus, ni moins que… l'évasion de Sirius Black.

Sarah, trop jeune pour se rappeler de lui et ayant grandi parmi les moldus, ignorait qui il était. Astoria se chargea de le lui expliquer, avec les infos qu'elle avait. Elle lui expliqua donc que l'homme était principalement connu pour avoir été le gardien du secret des Potter - elle lui expliqua en quoi cela consistait -, les avoir vendus à Voldemort et avoir assassiné 12 moldus et 1 sorcier, Peter Pettigrow dont on avait retrouvé qu'un doigts et était en plus, d'après ses parents, l'un de ses meilleurs amis. Elle ajouta, de plus, que le ministère pensait qu'il s'était évadé pour venger son maître.

Pour la première fois de sa vie, Sarah haït profondément quelqu'un d'autre que son oncle. Elle ne put s'empêcher de penser que c'était à cause de Black qu'elle avait été malheureuse pendant toute son enfance. Que c'était à cause de lui qu'Harry et elle avaient atterri chez les Dursley. Que s'il n'avait pas existé, rien de tout ça ne serait arrivé.

Elle fut d'une humeur atroce toute la journée. Le soir, elle ne parvint à fermer l'œil que très tardivement. Et lorsqu'elle finit par s'endormir, ce fut pour enchaîner les cauchemars.

Cela commençait toujours de la même façon : avec ce qu'elle avait vécu entre les mains de Vernon. Puis, les événements de l'année précédente. S'ajouta cette fois l'image d'un homme au rire hystérique qui s'attaquait à son frère sans qu'elle puisse intervenir.

Elle se réveilla brutalement, secouée comme un prunier par son amie. Il lui fallut un moment pour reprendre ses esprits, puis elle écouta en silence Astoria lui expliquer qu'elle l'avait entendu hurler dans son sommeil et qu'en la voyant s'agiter dans son lit, elle avait supposé qu'elle faisait un cauchemar. Elle avait donc décidé de la réveiller. Sarah s'excusa :

- Je suis désolée si je t'ai réveillée.

La blonde lui assura que ce n'était rien, et lui demanda ce qui était à l'origine de ce cauchemar, en précisant qu'elle n'était pas obligée de lui en parler si elle ne le voulait pas. Sarah hésita. En dehors de Harry, personne n'était au courant de ce qu'il s'était passé chez les Dursley.

Elle finit par répondre :

- Je suis désolée mais… je ne me sens pas capable d'en parler. Pas encore, tout du moins. Ce n'est pas contre toi, c'est juste que… c'est encore trop récent. Trop douloureux.

Astoria acquiesça, compréhensive. Après cet incident, chacune retourna se coucher mais Sarah ne parvint pas à retrouver le sommeil.

Les vacances reprirent ensuite leur cours, mais Astoria se rendit bientôt compte que Sarah faisait des cauchemars toutes les nuits. Elle lui proposa alors rapidement de dormir avec elle, et cela eut un effet aussi radical qu'immédiat sur leur sommeil à toutes les deux puisqu'à compter de ce jour, les cauchemars de Sarah disparurent.

À ce sujet, la jeune fille n'en parla dans aucune des lettres qu'elle envoya à son frère pendant tout le temps que dura son séjour chez la famille Greengrass. Elle ne parla pas non plus de l'évasion qui avait eu lieu au début dudit séjour.

Alors que les vacances étaient bien avancées et que le retour de Harry et des Weasley était prévu pour dans quelques jours, Astoria et Sarah s'étaient vues accordé, par les parents de la première, une sortie à la journée dans le Londres moldu. Le couple n'était habituellement pas pro-moldu, bien au contraire, mais lorsque les deux amies avaient demandé à passer la journée ensemble à l'extérieur, ils avaient fait une exception : avec l'évasion de Black, et compte tenu de l'identité du frère de Sarah et des origines de la jeune fille, il n'était pas très prudent pour elles de passer toute une journée seules du côté sorcier de la capitale anglaise.

La journée avait donc plutôt bien commencé. Les deux amies, après avoir écumé les libraires de la rue commerçante, s'étaient assises à la terrasse d'un café pour faire une pause. Elles étaient en train de discuter autour d'une boisson lorsque leur attention fut captée par un grand chien noir qui avait l'air de ne pas avoir vu de bain depuis des années. De plus l'animal était d'une maigreur à faire peur, comme s'il n'avait pas mangé depuis des semaines. Elles s'approchèrent de lui avec prudence : peut-être était-il sauvage ? Ou enragé ?

Elles eurent cependant la conviction qu'il était habitué à côtoyer l'homme lorsqu'il les laissa approcher sans montrer d'hostilité. En voyant qu'il ne semblait pas avoir peur d'elles, Sarah approcha sa main et la posa sur son pelage puis, devant son absence de réaction, commença à le caresser.

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Quelques minutes plus tôt

Sirius Black se baladait du côté moldu de Londres - sous sa forme canine pour plus de sécurité - , profitant de sa liberté récemment retrouvée, lorsqu'il passa devant un café. Une scène attira son regard : deux amies qui bavardaient à la terrasse d'un café. Cette scène était tout ce qu'il y avait de plus banale et les deux fillettes n'avaient pas l'air d'avoir plus d'une douzaine d'années. Cependant, lorsqu'elles se tournèrent vers lui en remarquant sa présence, l'homme eut le choc de sa vie en se retrouvant face à celle qui semblait être la plus jeune des deux : elle avait des cheveux auburn qui lui arrivaient un peu au dessus des épaules et partaient dans tous les sens, lui rappelant douloureusement son défunt meilleur ami. Mais le choc vint lorsqu'il croisa son regard. Il crut être revenu des années en arrière. Il lui fallut un petit moment pour revenir à la réalité. Il se rappela alors que, un peu plus de trois mois avant le drame, ses amis avaient annoncé la naissance de leur fille, un bébé nommé Sarah. Mais la petite avait tout juste trois mois et demi la dernière fois qu'il l'avait vue. Se pourrait-il que cette enfant qui lui rappelait tellement ses amis décédés soit ce bébé ?

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Au même moment, les deux fillettes n'avaient aucune idée du trouble qui secouait le chien. Elles remarquèrent que son regard se brouilla lorsqu'il croisa celui de Sarah, comme s'il était sur le point de se mettre à pleurer, mais mirent cela sur le compte de la chaleur. Un chien ne pouvait pas pleurer, c'était impossible.

Elles regagnèrent les places qu'elles avaient laissé. Elles furent surprises de voir que l'animal les suivaient mais ne dirent rien car elles sentaient qu'il ne leur ferait pas de mal. Étrangement, il semblait tout particulièrement attaché à Sarah. Il passa l'après-midi avec elles, se contentant simplement de les suivre en silence.

Sarah eut l'impression de lui briser le cœur lorsqu'elles durent rentrer chez son amie en le laissant la. Si bien qu'elles demandèrent à le garder. Seulement, le père d'Astoria refusa tout net de garder l'animal et rien de ce qu'elles purent dire ne réussit à le faire changer d'avis.

Au début de la dernière semaine des vacances, M et Mrs Greengrass emmenèrent Sarah et leurs filles sur le chemin de traverse afin de faire les courses pour la rentrée. Là-bas, Sarah retrouva son frère et les Weasley et demanda l'autorisation de rester avec eux pour la journée. Ce qui lui fut accordé. Harry lui raconta comment s'était passé son séjour en Égypte, et elle-même lui raconta ses vacances en détails. L'adolescent lui avoua avoir tout particulièrement apprécié le nécessaire à balai qu'elle lui avait offert pour son anniversaire.

Elle lui parla également de la partie moins plaisante de l'été, sans toutefois mentionner ses cauchemars. Ils parlèrent ensuite de leurs attentes pour l'année à venir et elle confia à son frère qu'elle espérait simplement que leur professeur de défense ne serait pas « un Lockhart 2.0 »

Pour le coup, son frère ne pouvait qu'être de son avis. Tout sauf un professeur aussi incompétent que le précédent…

Ils ignoraient encore tous deux que le professeur qu'ils auraient cette année la ferait par la suite partie intégrante de leur vie.

À la fin de la journée, Sarah retrouva ses hôtes et tout le monde repartit de son côté. Les quelques jours qui les séparaient de la rentrée s'écoulèrent paisiblement.

Le matin du premier septembre, Sarah se réveilla très tôt. Elle réveilla également son amie tant elle était impatiente, aussi bien de retourner à Poudlard que de revoir son frère.

Quelques heures plus tard, le petit groupe arriva à la gare. Sarah repéra, d'un côté, son frère avec les Weasley et, de l'autre, Colin avec ses parents et un petit garçon un peu plus jeune - il devait avoir une dizaine d'années - qui devait être son frère.

Elle monta dans le train à la suite des filles Greengrass et suivit Astoria à la recherche d'un compartiment libre. Elles finirent par en trouver un qui était vide et s'y installèrent. Elles discutèrent jusqu'au départ du train puis, ne voyant pas arriver Colin, partirent à sa recherche. Après avoir fouillé tout le train, elles trouvèrent leur ami dans l'un des derniers wagons, seul. Il se leva en les voyant arriver. Visiblement, il les attendaient. Il récupéra sa valise puis leur emboîta le pas jusqu'à leur compartiment.

Là, elles l'aidèrent à mettre sa valise dans les filets. Le début du trajet se passa sans incident particulier. Ils se racontèrent leurs vacances. En fait, ce fut lorsque le train s'arrêta que tout dégénéra.

Les fenêtres commencèrent à geler et un froid intense se répandit dans tout le train. L'engin se stoppa dans un grincement effrayant. Les élèves ne comprenaient pas ce qu'il se passait. Les plus jeunes étaient les plus vulnérables, car incapable de se défendre. Et notre trio de deuxième année allait en faire les frais.

Alors que les trois amis étaient en pleine conversation, une créature ouvrit la porte du compartiment et y pénétra. Sarah lui jeta un coup d'œil et le regretta immédiatement. Une main à l'aspect visqueux s'approcha de son visage, l'attrapa et le tourna de force vers ce qui semblait lui tenir lieu de bouche. Des souvenirs commencèrent alors à lui revenir en mémoire, qu'elle aurait préféré oublier à jamais.

Elle entendit vaguement quelqu'un - une femme - hurler, supplier un homme de la tuer elle plutôt que ses enfants. Puis un rire froid et cruel. Vinrent ensuite les souvenirs des années passées chez les Dursley. Tandis que les souvenirs des sévices infligés par les Dursley, et son oncle en particulier, tournaient en boucle dans sa tête, elle avait l'impression que cela durerait éternellement, qu'elle ne pourrait plus jamais être heureuse - l'avait-elle seulement déjà été ? -. Elle n'eut pas conscience de glisser au sol, ni de se mettre à trembler violemment.

Ses amis, eux, se demandaient à quel point ses souvenirs pouvaient être horribles pour susciter une réaction aussi violente. Astoria se demanda vaguement si cela avait un lien avec les cauchemars que Sarah avait fait pendant son séjour chez elle. Ils ignoraient que quelques wagons plus loin, Harry avait perdu connaissance. Eux même étaient affectés, mais pas au même point. Ils avaient « seulement » l'impression de geler de l'intérieur et qu'ils ne pourraient plus jamais être heureux. Ils finirent par se reprendre et Astoria, qui avait fini par se rappeller du nom de ces créatures, compris qu'ils ne s'en sortiraient pas seuls et envoya le blond chercher un adulte - de préférence un professeur -.

Le garçon s'exécuta sans broncher et partit dans le couloir en courant presque. Il sembla pourtant qu'il n'ait pas eu besoin de chercher très loin car il revint au bout de quelques secondes à peine, accompagné d'un homme au cheveux blond miel et aux yeux couleur ambre. L'adulte comprit immédiatement l'urgence de la situation en voyant la scène : un détraqueur penché au dessus d'une forme prostrée, tremblant violemment, qui semblait au bord de l'évanouissement. Il prononça une formule que les deux plus jeunes ne comprirent pas puis il y eut une lumière blanche aveuglante. Lorsqu'elle se dissipa, le détraqueur avait disparu, ne laissant que Sarah, qui continua de trembler violemment malgré l'absence de la menace. L'adulte, comme s'il avait l'habitude de traiter ce genre de situation, s'approcha doucement d'elle et commença à lui parler calmement. La fillette sembla se calmer progressivement puis tendit timidement la main quand ils entendirent l'adulte lui proposer un carré de chocolat.

Il l'aida à se relever puis à rejoindre ses amis quand il vit que ses jambes semblaient incapables de la porter, puis il repartit en même temps que le train après avoir félicité les deux autres en leur disant qu'ils avaient eu la bonne réaction en allant chercher un adulte plutôt que d'essayer de régler la situation eux-même.

Il leur donna également un carré de chocolat, eux aussi ayant été légèrement affectés par les détraqueurs, puis regagna son compartiment. Durant tout le reste du voyage, Sarah fixa un point dans le vide et ne prononça pas un mot.

Peu avant l'arrivée du train, Astoria chassa Colin du wagon et fit signe à Sarah que l'heure était venue de se changer. Toujours sans un mot, et commençant à inquiéter son amie qui ne l'avait jamais vue aussi calme, ni aussi silencieuse, la jeune fille s'exécuta.

Colin revint, également vêtu de son uniforme, au moment où le train arriva en gare de Pré-Au-Lard.

Ils quittèrent le wagon et sortirent dans le couloir puis, voyant que Sarah ne les suivaient pas, Astoria retourna dans le compartiment et l'a pris par la main tandis que Colin s'occupait de la valise de leur amie. Le garçon se fit à cet instant la réflexion que c'était dans ce genre de situation qu'il était heureux qu'ils aient appris le sort de lévitation l'année précédente.

De son côté, Astoria avait plutôt l'impression de devoir jouer les baby-sitters, si bien qu'elle fut soulagée quand ils s'installèrent dans une calèche.

Quelques minutes plus tard, ils descendirent du véhicule et reprirent la formation qu'ils avaient en descendant du train.

Alors que Sarah commençait à reprendre contact avec la réalité, ils passèrent à nouveau devant les détraqueurs et les choses redevinrent exactement telles qu'elles l'étaient quelques secondes plus tôt. À savoir, Astoria qui tenait par la main une Sarah évoquant plus une coquille vide qu'un être humain et Colin qui transportait leurs trois valises.

Arrivés dans le hall, Colin déposa son fardeau au milieu des bagages des autres élèves puis Astoria et lui prirent la direction de l'infirmerie.

Lorsqu'ils arrivèrent à destination, Colin cogna contre la porte de toutes ses forces et l'infirmière vint ouvrir en râlant quelque chose qui ressemblait à « pas possible de s'installer tranquillement ». Cependant son air revêche disparut aussitôt qu'elle vit le regard vide et inexpressif de Sarah.

Elle s'adressa au deux autres, bien qu'elle en ait déjà une petite idée :

- Que s'est-il passé pour qu'elle soit dans cet état ?

Colin expliqua alors que les responsables étaient les détraqueurs. L'infirmière leur demanda alors d'installer Sarah sur un lit qu'elle leur désigna. Ils s'exécutèrent sans broncher. Elle passa sa baguette sur la jeune fille tout en marmonnant quelque chose qu'ils ne comprirent pas. Un parchemin apparut devant la femme qui le prit entre ses mains. Ils ne surent pas ce qu'elle lut mais quoique ce fût, ils comprirent que ce n'était rien de bon car elle les envoya chercher le directeur et le professeur Chourave, ainsi que le professeur McGonnagall. En sa qualité de directrice adjointe, elle se devait d'être mise au courant lorsqu'un élève était abusé par sa famille - ou même simplement soupçonné de l'être -.

Les deux enfants partirent en courant, sachant qu'ils pouvaient lui faire confiance pour prendre soin de leur amie. Le parchemin qui avait horrifié l'infirmière affichait ceci :

Sarah Maria Potter

Née : 12 juillet 1981

Âge : 12 ans

Brûlure ancienne - main gauche, 3ème degré

Agressions sexuelles multiples et répétées - viols

Traces de coups divers - ceinture, hématomes, etc…

Quelques minutes plus tard, ses deux « messagers » revinrent avec les personnes demandées et furent renvoyés dans leurs salles communes. Ils tentèrent bien de protester mais on leur assura qu'ils sauraient tout en temps et en heure.

Tandis que l'infirmière se demandait s'il était nécessaire de soumettre Harry au même sort, les 3 professeurs s'interrogeaient sur la raison de leur présence. Dumbledore demanda pourquoi elle les avaient faits venir si c'était pour rester plongée dans ses pensées, la faisant revenir sur terre.

Elle leur expliqua la situation en détails, finissant par leur montrer le résultat du sortilège de diagnostic. Si les deux autres femmes eurent la même réaction horrifiée qu'elle et étaient d'accord sur le fait que l'enfant ne devait plus avoir le moindre contact avec sa famille biologique maternelle, et qu'il fallait de toute urgence réfléchir à un endroit où elle pourrait passer ses vacances, la réaction, ou plutôt la non-réaction, du directeur les surpris autant qu'elle les inquiéta.

La directrice de Gryffondor sembla se rappeler que c'était justement lui qui avait placé les Potter dans cette famille car elle darda sur le vieil homme un regard assassin. Si un regard pouvait tuer, nul doute qu'Albus Dumbledore aurait fini six pieds sous terre.

Lorsqu'il lui fut demandé de faire en sorte de tenir Sarah et son frère éloignés des Dursley, le vieil homme eut l'impression que l'on pouvait voir tourner les rouages de son cerveau, qui fonctionnait à plein régime.