DISCLAIMER : Cette fiction est une traduction de A Shot in the Dark par Silver_pup disponible en anglais sur ffn et sur ao3
Cette traduction est aussi disponible sur AO3.
Je ne possède ni cette histoire ni l'oeuvre originale du hobbit, seulement la traduction en français du texte
« Ce n'est vraiment pas nécessaire, » Grommela Bilbo en traversant le champ de bataille jusqu'au camp de Thranduil. « Sérieusement, les orcs et les gobelins sont morts, et il y des elfes en patrouille dans la zone. Je peux rentrer seul jusqu'au camp. »
« Bien sûr que oui, » Le rassura Bombur à sa gauche. « Mais nous sommes inquiets pour toi. Nous voulons nous assurer que tu es en sécurité avec les elfes et les hommes. »
« Et avec toi-même, » Ajouta Nori à sa droite.
Bilbo lui lança un regard noir. « Ces commentaires sont la raison pour laquelle Dori ne te laisse jamais seul avec Ori. »
« Ou avec quoi que ce soit de brillant, » Ajouta Bombur avec un large sourire.
Nori renifla et agita une main. « Détails, détails, une quantité monstrueuse de détails. Maintenant dis-moi : est-ce que nous allons voir l'autre Femme ? »
Il leva les sourcils et fixa le voleur. « Quoi ? »
« Il parle de Bard, » Expliqua rapidement Bombur.
« Oui, ta nouvelle maîtresse ! » Chantonna l'autre nain.
Le hobbit ferma les yeux et inspira profondément avant d'expirer. « Est-ce que tu dis ce genre de choses autour de Thorin ? Parce que si c'est vrai alors je pense que je sais pourquoi il s'est défoulé sur nous - »
« S'il te plaît, Bilbo, fais-moi un peu confiance. Est-ce que j'ai l'air du genre à taquiner un roi guerrier ? » Demanda Nori, posant une main sur son torse et lançant un regard blessé au hobbit.
« Oui, » Répondirent Bilbo et Bombur à l'unisson.
« Eh bien, oui, peut-être que je pourrais taquiner un peu Thorin, » Admis le voleur, levant deux doigts et les rapprochant pour montrer la quantité exacte. « Mais même moi sais quand reculer. Thorin est devenu fou tout seul ; il n'a pas eu besoin de mon aide. »
« Non. Cette foutue pierre l'a fait, » Marmonna-t-il, frappant un caillou. « J'ai envie de la faire fondre et de la transformer en le pot de chambre le plus brillant du monde. »
« Ca a l'air super, » Remarqua le cuisinier sans être surpris par l'idée étrange du hobbit. « Peut-être que tu devrais demander l'Arkenstone comme cadeau de mariage. Je suis sûr que Thorin te la donnerais. »
Il fixa le nain. « Qu'est-ce qui te fais penser que nous allons nous marier ? Thorin m'a banni tu te souviens ? »
« Oui, mais il n'a pas demandé à récupérer ses perles, » Pointa Nori, tirant légèrement sur l'une des perles en question. « Et avons-nous déjà oublié la bataille ? Je suis quasi sûr de l'avoir vu te protéger. »
« Aimer quelqu'un ne veut pas dire que vous êtes faits pour être ensemble, » Dit-il doucement, parce qu'il savait mieux que personne que l'amour n'était pas toujours suffisant. « Que penserais son peuple de moi ? Et sa sœur, et le reste de sa famille ? Tout le monde n'est pas aussi ouvert que vous. Thorin doit penser à tout cela. »
« Thorin n'aurait pas décidé de te demander en mariage sans y avoir pensé, » Interrompit doucement Bombur. « Tu sais qu'il mets toujours son devoir en premier. Il ne t'aurais pas choisi s'il ne pensait pas que tu serais un bon époux et dirigeant. »
Bilbo frissonna et enroula ses bras autour de lui. « Ne dis pas ce mot ! Je ne suis pas un dirigeant ; je ne pouvais même pas diriger mon équipe pendant les jeux de pique-nique ! »
« Eh bien, le consort ne dirige pas vraiment la montagne. Son travail est de maintenir la cour, aider le roi quand c'est nécessaire, et prendre soin des héritiers, » Expliqua Nori, énumérant les tâches. « Tu t'occupes déjà de la compagnie ; tu empêches Thorin de faire des choses stupides ; et tu gardes un œil sur les deux idiots que nous appelons princes. Je pense que tu sais déjà comment être consort. »
Bombur hocha la tête. « Le consort n'est pas roi, Bilbo. Il n'a pas besoin de s'asseoir pendant les négociations ou de diriger une armée. Il doit aider le roi et prendre soin de son peuple quand le roi ne peut pas le faire. Ce ne sont que des choses que tu peux faire. »
Bilbo n'en était pas si sûr. Se préoccuper de quelques personnes n'était pas la même chose que s'occuper d'une nation entière. Il ne savait pas s'il y avait assez de place dans son cœur pour un amour et une dévotion pareille. Et s'il ne pouvait pas s'inquiéter pour le peuple de Thorin, alors comment pouvait-il supporter partager le cœur de Thorin avec eux ?
Quand il arriva enfin au camp, Bilbo força ses baby-sitters à retourner à Erebor. Il pointa qu'il était maintenant en sécurité avec les elfes et qu'il n'avait plus besoin d'une escorte. Il leur rappela aussi qu'ils avaient besoin de se reposer et qu'ils ne se sentiraient pas à l'aise au milieu des elfes. Alors, à contre-cœur, le duo lui dit au revoir et retourna à la montagne avec la promesse qu'il viendrait les voir bientôt.
Maintenant seul, et loin de ses gardes du corps, le hobbit commença à chercher Bard, qui était le seul de ses amis qu'il n'avait pas encore vu. Il était allé voir Bifur et Fili avant de partir, et avait trouvé les deux nains en vie et en train de guérir. S'ils allaient vivre personne ne pouvait le dire, mais Bilbo avait l'impression que la chance était de leur côté. Surtout que Bifur avait Bofur à son chevet en train d'observer chacun de ses mouvements, et que Kili refusait de quitter le côté de son frère.
Il trouva Bard au lit dans l'une des nombreuses tentes des hommes. Il était battu et contusionné mais conscient. Son bras était bandé du coude au poignet et il avait un œil au beurre noir. Son torse nu était une peinture de guerre avec les nombre de bleus et griffures qui coloraient sa peau pâle.
Bilbo s'arrêta devant lui, posa les mains sur ses hanches, et observa l'homme prudemment. « Eh bien. Je suppose que l'œil est une amélioration. Maintenant si je tourne la tête et plisse les yeux, tu peux presque passer pour beau. »
« Non, pas de blagues. Mon dos me fait trop mal pour rire, » Grogna Bard en se couvrant le visage d'une main.
« Je vais me retenir alors, » Promis le hobbit en s'asseyant à côté du lit. « Comment tu te sens ? »
« Douloureux. Et secoué. Très secoué, » Admis l'homme en bougeant pour s'asseoir confortablement. « Je n'avais jamais été dans une bataille pareille et j'espère que ça ne se reproduira jamais. Les choses que j'ai vues… je ne sais pas comment je vais faire pour dormir paisiblement à nouveau. »
« Le temps va en effacer une partie, » Assura-t-il, « Mais pas tout. Tu ne seras plus jamais le même mais tu n'as pas à être brisé non plus. Juste… Juste prends le temps de pleurer les morts et accepte que la vie continue. »
Bard ouvrit son bon œil et regarda le hobbit à travers ses doigts. « Pourquoi est-ce qu'on dirait que tu l'as déjà fait ? »
« Parce que c'est le cas, » Répondit-il en haussant les épaules avant de changer de sujet. « On m'a dit que tu es celui qui a tué Azog. Tu as ma gratitude éternelle. »
« Je ne visais pas vraiment la gloire quand j'ai tué l'orc. J'essayais juste de rester en vie, » Expliqua l'homme modestement avant de baisser la main. « Je ne mérite pas tous les compliments qu'on me fait. »
Bilbo se moqua de lui en levant les yeux au ciel. « Tu as tué un orc tellement féroce et vicieux qu'il pouvait tuer des rois et des héros sans s'arrêter. Tu penses vraiment ne pas mériter de reconnaissance pour ça ? »
« Je n'étais qu'un parmi d'autres hier, » Contra doucement Bard alors qu'il se mettait à fixer quelque chose en l'arrière-plan. « J'ai vu beaucoup d'hommes – des hommes bons avec qui j'ai grandi et vécu pendant des années – être tués comme s'ils n'étaient rien de plus que des insectes. Des elfes et des nains que j'ai rencontré hier se sont battus et sont morts pour me protéger. Comment puis-je m'appeler un héro quand c'est leur sang qui nous a mené à la victoire ? »
Le hobbit soupira et hocha la tête. Il comprenait ce que Bard voulait dire. Dans sa première vie, il avait été acclamé pour avoir trompé Smaug et s'être battu. Il n'avait jamais compris pourquoi l'on avait dit ça, et il ne comprenait toujours pas. Comment pouvaient-ils ignorer que les vrais héros étaient ceux qui donnaient leurs vies pour gagner la bataille ?
« Est-ce que tu veux un câlin ? Parce que si oui je connais quelqu'un, » Dit-il doucement parce que le langage qu'il partageait avec Bard était construit sur l'humour et le sarcasme.
Bard ricana puis rit de son rire enfantin, qui rendait son visage moins sombre et plus jeune. « Non, non merci. Les seuls câlins que je veux sont de la part de silhouettes élancées, avec de longs et doux cheveux. »
Il leva un sourcil et écarquilla les yeux jusqu'à ce qu'ils commencent à être humide. « Tu veux un câlin de Thranduil ?! »
« Non, d'une femme ! » Dit l'archer alors qu'il continuait à rire. Il siffla légèrement en enroulant un bras sur son côté mais il n'arrêta pas de rire. « Ahh, j'ai mal partout. Je pense que j'ai rendu les choses encore pires en riant. »
« Tu veux que je partes ? » Demanda Bilbo.
« Non, j'aime avoir de la compagnie, » Assura l'homme. « Qu'est-il arrivé à ton manteau ? Je pensais que tu ne l'enlevais jamais. »
« Huh ? Oh je l'ai utilisé pour panser la blessure de Thorin pendant la bataille, » Expliqua-t-il en pensant à son manteau adoré. « Je ne sais pas où il est maintenant. »
« Oh. Alors… j'ai entendu dire que le roi nain avait été grandement blessé. Est-ce qu'il est toujours en vie ? » Demanda doucement Bard, regardant le hobbit.
Il soupira et remonta une jambe contre son torse pour poser son menton dessus. « Pour le moment, oui. Mais cela pourrait changer pendant les prochains jours. »
« Est-ce que c'était dur ? Le revoir sur le champ de bataille ? » Questionna l'archer.
Il secoua la tête, faisant rebondir ses tresses contre son visage. « Non, ce n'était pas dur. Je lui ai crié dessus et l'ai traité d'imbécile. Il m'a crié dessus et m'a dit de quitter le combat. Je l'ai traité d'encore plus grand imbécile, il a prit une flèche pour me protéger, et il s'est fait poignardé. »
Bard cligna de l'œil et regarda le hobbit comme s'il ne savait pas s'il avait envie de le frapper ou de lui faire un câlin. « Est-ce que ça t'arrives de t'arrêter et de te demander, 'Comment est-ce que ma vie est devenue comme ça ?' »
Il grogna et appuya son front sur son genou. « Tous les jours, Bard. Tous les putains de jours de ma vie. »
L'homme laissa échapper un bruit qui ressemblait à une tentative de le réconforter, mais sans l'énergie pour s'en soucier. « Tu l'aimes vraiment n'est-ce pas ? »
« Oui, » Admit-il doucement, frissonnant légèrement face à ses émotions. « Enormément. »
« Tu as des goûts affreux. »
Il ricana. « Je sais, merci. »
« Non, je veux dire vraiment affreux, » Insista Bard. « Vraiment, vraiment affreux. Tu ne pouvais pas choisir quelqu'un d'un peu plus stable ? Au moins quelqu'un qui peut équilibrer ta folie ? »
Bilbo fronça les sourcils et regarda l'homme. « Bard, j'équilibre sa stupidité la plupart du temps. »
« Et ça ne te fais pas peur ? » Se demanda Bard, le fixant avec les sourcils levés.
En réponse, il frappa l'homme au bras et rit quand l'archer jura.
Plus tard ce jour là, Bilbo se retrouva au milieu des négociations entre les nains, les elfes et les hommes. Il n'était pas sûr de ce qu'il s'était passé, mais il blâmait Gandalf et son débit de parole. C'était pour ça qu'il avait fini assis autour d'une table ronde avec Gandalf, Thranduil, Bard, Balin et Dain.
Dain était toujours épuisé et la coupure sur le visage de Balin était toujours rouge et gonflée, mais ils avaient l'air conscients de leur environnement. Bard avait l'air inconfortable dans sa chaise, mais il ne se plaignit pas, alors Bilbo ne dit rien non plus.
« Nous avons un accord verbal avec votre roi et tout ses nains en témoins, » Dit Thranduil, habillé impeccablement en vert et argent. Sans le bandage qu'il pouvait voir dépasser sous l'une de ses manches, Bilbo n'aurait jamais deviné la participation du roi à la bataille. « Vous ne pouvez pas l'ignorer. J'ai aussi rendu l'Arkenstone en échange d'or et d'aide. »
« Nous n'avons pas oublié, » Admis Balin avec les mains croisés sur son estomac. « Mais vous devez comprendre que nous n'avons pas encore divisé le trésor entre nous. Nous n'avons pas commencé à trier le trésor correctement. Avec cela à l'esprit, nous ne pouvons pas vous donner votre portion pour l'instant. »
« Bien. Je vais attendre, » Répondit l'elfe en penchant légèrement la tête, « mais seulement si vous signez un contrat. Je ne veux pas que vous reculiez parce que votre roi a changé d'avis encore une fois. »
Balin échangea un regard avec Dain.
« Nous allons signer un contrat, » Acquiesça Dain en posant son coude sur l'accoudoir de sa chaise. « Mais Thorin pourrait quand même refuser. Il est celui qui a le dernier mot. »
Thranduil montra les dents en un sourire qui avait l'air menaçant. « Alors vous feriez mieux de le convaincre. »
Les yeux bleus de Dain brillèrent avec la sauvagerie que Bilbo avait vue la nuit précédente, mais le nain ne mordit pas à l'hameçon.
« Et pour Lake-town ? » Demanda Bard, parlant pour la première fois. « Nous avons aussi participé à la bataille. Nous méritons de la reconnaissance, »
« Nous vous donnerons une récompense, » Répondit Dain sans regarder l'homme.
Bard serra les dents et se redressa. « Ce n'est pas assez. Je veux aussi un contrat comme quoi vous compenserez les familles de chaque homme qui est mort. Je veux aussi que vous teniez votre promesse de travail payé que vous nous avez faite il y a quelques semaines. »
Balin tressaillit alors que Dain levait un sourcil et regardait enfin l'archer.
« Et quel droit avez-vous de nous demander un contrat ? » Dit le seigneur nain d'une voix traînante, ses yeux bleus se posant sur l'homme. « Encore plus de demander de l'or. Nous vous récompenserons pour vos services, oui, mais nous ne sommes pas obligés de faire plus que ça, garçon. »
« Dain, » Dit Gandalf, un avertissement clair dans sa voix.
« Bard est un descendant de Girion, le dernier seigneur de Dale, » Dit Bilbo avant que qui que ce soit ne puisse répondre. Il posa son coude sur la table et posa sa joue sur son poing fermé. « Après la destruction de Dale par Smaug et la prise d'Erebor, il a volé tous les trésors de Dale et les a ajoutés à sa horde. Techniquement parlant, une partie du trésor d'Erebor appartient à Bard et aux autres descendants de Dale. »
« De quel côté êtes-vous ? » Demanda Dain d'un air renfrogné.
« Comment savez-vous cela ? » Demanda Thranduil.
Il haussa les épaules. « J'ai vu certaines de leurs pièces et poteries à Erebor. Elles avaient toutes le sceau de Dale. »
Gandalf regarda le hobbit avec curiosité. « Comment sais-tu à quoi ressemble le sceau de Dale ? Il n'a pas été utilisé depuis la chute de la cité. »
« Il y a un D géant dessus avec une flèche derrière, » Dit-il en levant les yeux au ciel. « C'était un indice plutôt évident. »
Dain regarda Balin, qui ne put qu'hausser les épaules. « Il a raison. C'est le symbole de Dale. »
« Alors vous nous devez une portion, » Pointa Bard avec un grand sourire qui avait l'air plus menaçant qu'amical. « Je veux un contrat avec les termes que j'ai mentionnés. »
« Bien. Mais nous ajoutons nos propres conditions, » Déclara Dain. « Aux deux contrats. »
Ce fut au tour de Thranduil de plisser les yeux. « Quelles conditions ? »
« Tout d'abord les trésors donnés doivent d'abord être approuvés par Thorin à son réveil, » Lista le nain sans cligner des yeux. « Il est roi et c'est son royaume. Nous n'avons pas l'autorité nécessaire pour vous les donner. »
Thranduil avait l'air d'avoir envie de lever les yeux au ciel, mais résistait car cela serait comme montrer ses émotions. « Bien. Quoi d'autre ? »
« Ensuite, après avoir reçu votre portion du trésor, toutes les dettes sont remboursées. Vous ne pouvez pas revenir quelques mois plus tard pour nous dire que vous n'avez pas reçu ce que vous méritiez. Une fois payés, nous ne vous devons rien, » Expliqua Dain.
Les lèvres de Thranduil se pincèrent légèrement mais il ne protesta pas. « Très bien. Autre chose ? »
« La troisième et dernière condition est que vous ne pourrez pas utiliser les actions passées de Thorin contre lui quand il sera fait roi, » Ajouta Balin avant que Dain ne puisse parler. Il regarda l'homme et l'elfe avec des yeux durs qui accentuaient sa ressemblance avec Dwalin. « Il fera face à assez de doutes et questions dans les prochains jours. Nous n'avons pas besoin que des étrangers questionnent sa capacité à diriger. »
« Mais la maladie qui l'a dirigé – a-t-elle disparue ? Ou est-elle toujours là ? » Demanda Bard, levant un sourcil.
« Tu le sauras à son réveil, » Répondit Bilbo en levant les yeux au ciel. « Mais il semblait presque normal pendant le combat. Je pense qu'être loin de l'Arkenstone l'aide à combattre la maladie. »
« Nous devrions vraiment nous en débarrasser. Elle ne fait que briller et rendre mon cousin fou, » Fredonna Dain, tapotant l'une des perles en or dans sa barbe.
Balin lui frappa le bras. « Laisse-la avant que Thorin ne te bannisse aussi. »
Le nain se moqua de lui en jetant ses cheveux en arrière. « Il ne me ferait pas ça. Il m'aime comme un frère. »
Gandalf ricana et le regarda. « Il a banni Bilbo. »
Dain fronça les sourcils et regarda le hobbit, qui lui sourit, puis Balin. « Je devrais peut-être changer de plan. »
« Fais ça, » Dit le nain avec la voix qu'il utilisait toujours en parlant à Fili et Kili. « Maintenant devrions-nous retourner travailler nos contrats ? Est-ce que vous acceptez les termes ? »
Bard haussa les épaules et regarda Thranduil, qui ferma les yeux et inspira profondément.
« Oui, » Dit doucement le roi, comme si les mots lui faisaient mal physiquement. Bilbo se demanda si cela l'offensait vraiment de signer un contrat avec des nains, ou s'il était juste mélodramatique comme à son habitude.
Gandalf sourit du sourire qu'il avait toujours en allumant ses feux d'artifice. « Magnifique ! Laissez-nous rédiger les contrats alors ! Avec un peu de chance, nous aurons fini à la tombée de la nuit… »
- il marche lentement sur les marches en pierre fissurées et cassées. Une bonne portion des escaliers a disparue ; des morceaux entiers tombés alors que d'autres sont en ruines. Mais les trous ne sont rien pour lui. Il saute facilement par-dessus et continue à grimper dans la tour.
Sous lui il peut entendre les grondements des orcs qui se rassemblent. Leurs grognements et leurs pas résonnent contre la pierre ; sans lui, tout Mirkwood entendrait les foutues bêtes. Ses lèvres se tordent et il note qu'il doit leur apprendre à être plus silencieux.
Quand il atteint enfin le haut de la tour, il croise les bras et regarde la forêt. Il peut voir les ténèbres envahir Mirkwood ; une maladie lente mais stable qui allait bientôt peindre toute la Terre du Milieu. Il sourit à cette pensée.
Cette fois il ne perdra pas –
Bilbo se réveilla en sursaut. Il suait et sa peau était froide mais les images dans sa tête étaient plus fortes. Même s'il n'avait jamais posé les yeux sur lui, il savait sans aucun doute qui était l'étranger dans ses rêves.
Quelque part à l'arrière de son esprit, l'anneau commença à roucouler un nom encore et encore.
Sauron…
