Bonjour les gens... Ouais, je sais, c'est surprenant hein ?

J'ai l'habitude de parler de ma flemmardise et de ce genre de chose avant les chapitres, mais là bah... pff, ouais je sais je me surprends moi-même. J'ai écrit, relu et corriger ça avec l'aide de Marycath en une semaine. C'est assez invraisemblable mais je vous jure que c'est vrai.

J'espère que vous allez apprécier ce chapitre que vous n'attendiez pas aussi tôt (whaou, ça me fait un choc d'écrire ça) mais ne vous habituez pas à ça hein, c'est plus exceptionnel qu'autre chose.

En plus, c'est ma première vraie ellipse, je vous enlève trois semaines de vie commune des deux loulous, je suis vraiment pas sympa alors.

Oh puis dernière chose, vu qu'apparemment c'est Noël, oui, bien sur, y'a du cul dans ce chapitre, mais pas que (ça aurait été un peu chiant sinon).

Bonne lecture :)


Dimanche 6 octobre : 10h15

POV Levi :

Mon thé était délicieux. Le fort goût agréable du gingembre contrastait parfaitement avec la douce acidité du citron. Hanji m'avait toujours dit que je le laissais trop infuser, et que mon thé était immonde et âpre. Je n'avais jamais compris ce qu'elle voulait dire par "âpre", plus on laisse infuser, plus il y a du goût, ça s'arrêtait là. J'entendis des pas s'approcher de moi avant de le voir arriver presque nu, habillé d'un simple boxer moulant les muscles de ses fesses. Ça faisait déjà presque trois semaines que j'avais accepté de loger Eren, et c'était l'extase. Plus le temps passait, plus le sexe était divin. Il était encore plus provoquant et séducteur qu'avant, il lui arrivait régulièrement de jouer avec moi, de me chauffer avec un air innocent comme s'il ignorait qu'il balançait ses hanches, comme s'il ne m'effleurait pas intentionnellement, comme si lorsqu'il sortait presque nu de ma chambre, ce n'était pas dans le but de m'électriser. Il avait parfaitement conscience de tout ça, mais ça l'amusait d'entretenir une tension sexuelle entre nous, ce qui m'allait parfaitement. Sa gêne n'était plus la même non plus, il avait totalement accepté le fait d'adorer être soumis face à moi. C'était lui qui suppliait sans que je n'ai besoin de parler, c'était lui qui me demandait d'être plus brutal, plus dominant. Parfois même, c'était lui qui s'attachait seul en m'attendant, s'offrant directement à moi sans que je n'ai besoin de dire quoi que ce soit. Je me demandais souvent si j'avais déjà connu une telle satisfaction à ce niveau dans ma vie, mais ce qui était sûr, c'est que ce gosse était fait pour moi, sexuellement parlant bien-sûr, on était en parfaite harmonie. Il s'approchait de moi en s'étirant lentement, comme pour bien me rappeler que son corps finement musclé était un cadeau du ciel. Quel insolent.

-Bonjour Levi, me dit-il avec un petit sourire tout bonnement adorable. Dis-moi, si je me souviens bien tu as éparpillé mes fringues partout dans l'appart' avant de me prendre hier soir, mais je ne les retrouve plus, tu te rappelles d'où tu les as mise ?

Je souris doucement en buvant une gorgée de ma boisson chaude. Il avait tellement de vêtements rangés dans ma chambre, ce vicieux ne trompait personne.

-C'est donc pour ça que tu es à moitié nu ? Lui demandais-je en haussant

consciencieusement un sourcil.

Il pencha la tête vers le côté.

-Bien-sûr, pour quelle autre raison ?

Son air innocent et joueur me donnait vraiment envie de le prendre sur la table, ou peut-être sur le plan de travail, on avait jamais essayé sur le plan de travail.

-Ça c'est à toi de me le dire.

Il eut un grand sourire avant de se mordre la lèvre en se rapprochant encore doucement de moi.

-Alors, elles sont où mes fringues Levi ?

Il était beaucoup trop fort à ce jeu, j'étais toujours obligé de rentrer dedans et de tomber dans le panneau.

-Pliées sur la table basse, mais tu n'es pas obligé de les mettre tu sais, si tu as froid je peux toujours arranger ça.

Il sourit à nouveau en humidifiant ses douces lèvres que j'avais envie d'embrasser.

-C'est tentant, me répondit-il en se rapprochant de mon oreille me faisant frissonner de désir. Mais j'ai un coup de fil à passer, alors peut-être plus tard.

Je pouvais sentir son sourire à quelques millimètres de moi. Il adorait ça. Il me chauffait constamment avant de décliner, puis revenait me chauffer pour finalement céder aux plaisirs primitifs et plus que délicieux qu'on partageait. Quand on était tous les deux dans mon appart', il y avait rarement une minute où je ne le désirais pas, et il savait très bien que plus il me faisait attendre, plus le sexe était intense et animal. Je vous le dis, il était d'une insolence sans pareil. Moi qui avais peur qu'il se transforme en étoile de mer, c'était plutôt lui qui me menait par le bout de la queue. Il se redressa, me tourna le dos et alla enfiler les vêtements pliés sur la petite table en face du canapé.

-Tu dois appeler qui ? Lui demandais-je en ravalant l'envie de le dévorer.

-Sasha, elle m'a demandé de l'appeler hier soir, mais bon, on était un peu occupé, me répondit-il avec un clin d'oeil.

Mon envie sexuelle se fit soudainement bien moins puissante que mon seum. Je pouvais vraiment pas la blairer cette morveuse, elle était toujours collée au cul d'Eren comme une chienne. Ils passaient leurs journées de cours ensemble, bouffaient ensemble et maintenant s'appelaient même le week-end, on aurait dit un vrai petit couple qui se lâchait plus. Quelle chieuse, je vous jure. Et ne me dites pas que c'était comparable à Hanji et moi, ça n'avait rien à voir. Absolument rien. Il sortit sur le balcon, je le vis juste prendre son téléphone et le porter à son oreille. Je soupirai. Si jamais cette petite conne lui faisait des avances, il avait intérêt à décliner, je perdrais pas cette relation pour une ado débile en pleine chaleur. Au début, j'avais peur que ma solitude me manque en habitant avec quelqu'un, mais en fait c'était quand il n'était plus directement à côté de moi que je me faisais chier. Fallait que je l'admette, je me marrais vraiment avec lui, entre ses petits jeux, sa maladresse et son humour absurde, je n'avais plus vraiment le temps de m'ennuyer. Ma solitude, je la retrouvais de toute façon toutes les nuits où se gamin dormait comme un ange pendant un temps relativement inhumain alors que moi je fixais le ciel terne et dénué d'étoiles. Vivre avec lui était pour l'instant un parfait équilibre, enfin si on oubliait l'existence de cette "Sasha" qui me cassait les couilles. Je me levai, déposai ma tasse vide dans l'évier, et allai m'asseoir sur le canapé pour me griller une clope. À travers la vitre qui me séparait du balcon, je pus entendre Eren s'esclaffer à propos d'un certain "chauve". J'étais sûrement trop vieux pour qu'il partage ce genre de délire avec moi, mais bon, qu'est-ce ça me faisait chier qu'il se marre autant avec elle. J'observais son dos, ses fesses et tout son corps caché par ses vêtements un peu trop amples. Lorsqu'il était nu, la vision de son corps me faisait fantasmer, et lorsqu'il était habillé, m'imaginer lui retirer ses fringues me faisait fantasmer. Il était irrésistiblement attirant, me donnant la sensation que jamais je ne pourrais me lasser de sentir son corps contre le mien. Son bras s'était plutôt bien remit, même s'il restait sensible. Il ne pouvait pas pousser dessus mais ce n'était pas un problème pour moi de le porter pour le faire monter jusqu'au septième ciel. Il raccrocha, mit son téléphone dans sa poche et rentra. Je savais bien que je n'avais pas encore assez attendu pour qu'il se décide maintenant à me toucher. Il me voulait bien plus impatient que ça. Il fixa la cigarette que je portais à mes lèvres.

-Oh, mais faut que je me rachète des clopes moi, me dit-il tout sourire.

Il avait l'air fier de trouver une nouvelle excuse pour me faire attendre davantage. Je soupirai en levant les yeux au ciel.

-Je peux te dépanner aussi longtemps que tu veux tu sais.

Il me répondit par un magnifique sourire.

-Je n'aime pas gratter, et puis j'en profiterai pour appeler Mikasa, ça fait un moment que je l'ai pas fait, elle risque de se vexer, tu comprends ?

Je ne pouvais rien redire à cela.

-Ts, ouais je comprends très bien. T'en profiteras pour me prendre un briquet en plus, j'ai presque plus de gaz.

Il hocha la tête et retourna dans ma chambre, sûrement pour récupérer son portefeuille avant de repasser devant moi, faisant volontairement rouler ses fesses sous mes yeux. Il ouvrit la porte.

-Et m'en prend pas un rose cette fois-ci, rajoutais-je alors que ce dernier rigola doucement en refermant la porte.

J'étais à nouveau seul dans mon appartement, dans l'attente que cet insolent revienne pour savoir quelle genre de frustration il pouvait encore me prévoir. J'étais sûr qu'il allait rester très longtemps au téléphone avec sa soeur possessive et harceleuse sur les bords. Mais je n'eus pas vraiment le temps de me plaindre plus que ça avant que mon téléphone ne se mette à sonner.


POV Eren :

Je marchais dans les rues presque vides du quartier. Tout était fermé, pas vraiment étonnant pour un dimanche, mais chiant pour trouver un tabac d'ouvert. Le soleil illuminait le béton en ce mois d'octobre, il était rare qu'il ne fasse pas gris dans cette ville si triste. Je regardais de droite à gauche, cherchant un lieu ouvert qui pourrait me vendre un peu de nicotine en barre combustible, mais je ne trouvais rien. C'était un peu énervant de ne pas trouver de quoi m'apaiser les poumons, mais d'un autre côté, plus je passais du temps dehors, plus Levi se faisait impatient. Et plus il était impatient plus nos baises étaient sublimes. La plupart du temps, il commençait par se venger de moi, il me faisait attendre, me faisait languir, en s'éternisant sur de subtiles caresses, en me murmurant beaucoup trop de choses folles au creux de l'oreille et en me frustrant d'un plaisir qui se devait d'exploser. J'adorais ces moments où il préparait tout mon corps pour qu'il puisse se soumettre à lui. Il était vraiment beau, avec son regard béstial et son aura dominatrice. Mais en réalité, dans ces moments-là, c'était moi qui avait le pouvoir, j'attendais juste qu'il se retienne suffisamment avant de le supplier pour qu'il se lâche. Et alors, le plaisir devenait si puissant, si fort, que je ne pouvais rien faire d'autre que le laisser asservir mon corps qui s'écroulait sous la jouissance. Un frisson me parcouru l'échine. Heureusement qu'il me laissait jouer le jeu du provocateur, si c'était l'inverse, je ne tiendrais pas deux minutes avant de pleurer de frustration. Y'avait vraiment pas un putain de tabac d'ouvert dans le coin. Ces derniers temps, je m'amusais à l'appeler monsieur quand je le suppliais de me prendre, ça l'excitait tellement qu'il en devenait dingue. Mais après évidemment, je ne me gênais pas de participer en cours de mathématiques en l'appelant, par pur respect, de ce même terme. J'avais vraiment hâte de rentrer, mais pour augmenter le plaisir, j'étais bien obligé de traîner un peu. Je sortis mon téléphone pour demander à google où pouvait se trouver ce putain de tabac ouvert. Sa réponse fut bien décevante, plus de dix minutes à pied quand même, ça faisait mal au cul. Je décidai donc d'appeler Mikasa sur le chemin, au moins j'étais sûr de ne plus penser au cul. Comme à son habitude, elle décrocha immédiatement.

-Allô Eren ? Ça me fait tellement plaisir que tu m'appelles, comment tu vas ?

Je souris à l'entente de sa voix, elle avait l'air vraiment heureuse.

-Ça va niquel et toi, qu'est-ce que tu fais en ce moment ?

-Moi je vais bien, j'ai une compétition de boxe la semaine prochaine et je suis sûre de me qualifier, mais parlons plutôt de toi, ça se passe bien à l'internat ? Tu ne te sens pas trop seul ? Tu t'es fait des amis ? Tu retournes en cours hein ?

Je souris à l'entente de son petit ton inquiet. Un jour je lui avais sauvé la vie, depuis elle essayait de me protéger des dangers du monde entier. Ah, si elle savait où je vivais, avec qui et ce qu'on faisait, elle me ferait une crise cardiaque. Après avoir buter Levi évidemment. Je fronçai les sourcils, tiens, qui gagnerait entre les deux dans un combat à mains nues ?

-Tout va bien, parfois je me sens un peu seul oui, dans cette chambre un peu grise, mais je me suis fait plein d'amis respectables et je fais de mon mieux en cours.

Elle mit un certain temps avant de répondre, est-ce que je mentais mal ?

-Ah, ça va alors, je suis rassurée d'entendre ça, me répondit-elle peu convaincue.

Si elle avait la capacité de se mentir à elle-même, c'est vrai que ça m'arrangeait également. Elle reprit la parole :

-Et niveau… amour ? Tu t'es fait une copine ou… ou un… un copain ?

Elle ne semblait pas avoir de problèmes avec l'homosexualité, pourtant lorsqu'il s'agissait de moi, elle avait toujours du mal à parler du fait que j'aimais aussi les hommes. C'était une vraie daronne Mikasa quand même, mais je l'aimais trop, et je ne résistais pas à la taquiner. Une petite idée vicieuse me vint à l'esprit :

-Nan, tu me connais, je suis bien mieux libre comme l'air, par contre je trouve mon prof de maths particulièrement beau, tu penses que je devrais tenter quelque chose ?

Elle hoqueta de surprise à l'entente de ma phrase alors que je me retins de pouffer de rire.

-Nan mais ça va pas Eren ? Un prof qui couche avec un élève c'est un salaud manipulateur et dangereux ! S'il te fait des avances surtout tu appelles les flics, d'accord ?

Je me mordis les lèvres pour me retenir de rire. Je lui aurais bien dit que je n'avais pas besoin des flics vu qu'il me menottait déjà très bien tout seul, mais je n'avais pas envie qu'elle se ramène pour faire exploser mon lycée.

-Je rigole Mikasa, ne t'inquiète pas je suis assez responsable pour ne pas faire ce genre de chose. Et toi, tu as trouvé quelqu'un ?

J'étais surtout un gros mytho, mais avec elle c'était une question de survie. Elle agissait réellement comme une mère. Vous, vous annonceriez à votre mère que vous baisez intensément, chaque jour, avec votre prof ? Nan, c'est bien ce que je pensais.

-Bien-sûr que non, me répondit-elle.

Je me demandais souvent si elle attendait pas le mariage celle-là. Si elle continuait comme ça elle allait mourir vierge la pauvre. Je me mis à marcher en direction du tabac, le téléphone à l'oreille.

-Et comment t'occupes tes journées quand t'es pas en cours ? Me demanda-t-elle.

J'aurais dû prévoir un emploi du temps factice à lui raconter avant de l'appeler, j'espérai qu'elle goberait tous mes mensonges.

-Bah tu sais, je regarde des trucs, je fais des machins, je sors avec des am-

-Surtout Eren, si tu sors dans des bars tu surveilles bien ton verre hein, il y a toujours des gens mal intentionnés, et puis ne bois pas trop d'alcool, tu sais que c'est dangereux, t'as pas repris la cigarette hein ?

Je me raclai la gorge.

-Nan, bien-sûr que non, maintenant j'ai compris que c'était mauvais pour la santé.

Il était où ce putain de tabac ? Mon excuse puait vraiment la merde, tout le monde sait que c'est mauvais pour la santé.

-Ah ça me rassure de voir que tu es plus mature là-dessus.

Ah, désolé Mikasa, je t'aimais énormément, mais qu'est-ce que tu pouvais être chiante avec ta morale de bisounours.

-Et sinon, repris-je pour changer de sujet. Tu viens pendant les vacances ? C'est sûr qu'Armin sera là donc on pourra squatter la maison de son grand-père, ça serait sympa.

Un gros blanc s'installa alors que sa respiration se bloqua un instant, comme si elle allait m'annoncer quelque chose d'énorme, de grave. Elle finit par me répondre :

-Je suis vraiment désolée Eren, tu sais que tu passes avant mes études mais si je me qualifie à cette compétition, je pourrais participer à un tournoi à l'étranger vraiment important qui pourrait me faire débuter une véritable carrière.

-Mais c'est génial ! Je suis vraiment heureux pour toi, je t'ai toujours dit que t'étais la meill-

-Je sais que t'avais envie de me voir Eren, mais tu comprends que même si je rêve de passer mes vacances avec toi, il faut que je tente ma chance pour me lancer officiellement dans la boxe et qu-

-Oui, y'a vraiment pas de soucis Mikasa, on se verra aux vacances prochaines, j'ai hâte de te revoir mais ton avenir passe avant.

Je m'en voulais un peu de la couper mais je sentais bien qu'elle allait s'excuser pendant des heures.

-C'est vrai ? Tu as hâte de me revoir ? Ça me fait chaud au coeur d'entendre ça, je vais tout donner à ce tournoi c'est promis. J'ai hâte d'être aux vacances de Noël, tu pourras me présenter tes amis en plus.

Oh merde, faudrait sincèrement que je pense à me faire des vrais potes de mon âge entre temps, et si possible moins fêlés que Sasha.

-Oui bien-sûr, je suis sûr que tu vas les adorer.

J'étais peut-être un enfoiré de lui mentir de la sorte, mais bon, je ne pourrais malheureusement jamais me confier à elle de la même manière qu'à Armin. On continuait à discuter de diverses choses alors que je me rapprochais petit à petit du tabac. Arrivé devant ce dernier, je prétextais devoir réviser un contrôle afin de raccrocher. Est-ce qu'elle croyait réellement à mes mensonges ?

J'arrivai devant la porte, j'avais mes clopes et un magnifique briquet noir décoré par le dessin d'une femme nue. Il allait adorer son cadeau c'était certain. Je déverrouillai la serrure et poussai la porte, fier de mon achat et fin prêt à laisser parler ma libido. Mais cette dernière s'envola brusquement.

-Levi ?

Il était affalé sur le canapé, fixant le sol, un verre dans la main alors qu'une bouteille de chartreuse à moitié vide était posé sur la table. Je m'avançai doucement après avoir refermé la porte derrière moi. Je déposai ce que j'avais dans les poches sur la table de la cuisine avant de me diriger vers lui.

-Levi ? Ça va ?

C'était une question complètement conne, ça se voyait à des kilomètres que ça n'allait pas. Il releva lentement la tête. Ses yeux étaient vides, ils étaient posé sur moi mais ne semblaient pas me voir. Ses paupières cherchaient à recouvrir son regard et ses cernes étaient encore plus profondes et sombres que d'habitude. Il n'avait pas l'air triste mais complètement désespéré. Pour seule réponse il but son verre d'une traite et détourna les yeux, comme pour me dire que je n'avais pas à voir ça. D'une main tremblante et très peu adroite il attrapait la bouteille de chartreuse pour se resservir un verre. Je tentai d'arrêter son action en lui demandant du ton le plus doux possible :

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Mais il ne sembla même pas m'entendre, il remplit son verre, le faisant presque déborder. Je me rapprochai davantage et jetai un coup d'oeil à la bouteille : 55°. C'était évident qu'il ne cherchait pas juste les plaisirs de l'alcool. Lorsque j'arrivai à moins d'un mètre du canapé, je crus l'entendre pester.

-Fous-moi la paix, j'ai pas envie de parler là.

Son ton était froid, il sonnait comme un ordre. Je m'arrêtai, ne voulant pas empirer son état. Mais qu'est-ce qui avait pu le foutre aussi mal ? Il s'était passé quoi pendant cette putain de demie-heure ? Il apporta son verre jusqu'à ses lèvres et en bu une gorgée. Cette vision me pinça le coeur, il avait l'air au fond du gouffre.

-Levi, commençais-je le plus tendrement possible, je peux pas juste te regarder boire comme ça, parle-moi s'il-te-plaît, dis-moi ce qui va pas.

Il se contenta de me lancer un regard noir qui sonnait comme une menace avant de répondre encore plus sèchement :

-Alors me regarde pas.

Je baissai la tête. Qu'est-ce que je pouvais dire face à ça ? Qu'est-ce que j'étais censé faire ? Ses yeux se replongèrent sur le sol. Je m'accroupis lentement face au canapé, cherchant son regard sans m'approcher, ne voulant pas le brusquer.

-Tu sais Levi, je t'ai appelé quand j'étais au plus mal parce que je te fais entièrement confiance, je sais que je peux compter sur toi quoi qu'il arrive. Et j'aimerais bien que tu saches que toi aussi, tu peux me faire confiance, si quelque chose ne va pas, si tu te retrouves à te mettre aussi mal, tu peux m'en parler. On vit ensemble maintenant, il faut qu'on arrive à se parler quand ça va pas, je suis là pour toi vraiment, si je peux t'aider comme tu l'as tellement fait je le ferais sans hésiter, j-

-Tu vois bien que j'ai pas envie de baiser là ? Me balança-t-il à la gueule d'un ton tellement violent qu'il était comparable à une bombe.

Son regard, noir, énervé, semblait me dire de foutre le camp. Je ne compris pas.

-J-je sais bien m-

-Alors qu'est-ce que tu branles encore chez moi ?

Une lame me transperça le coeur, ce qui me coupa instantanément le souffle. J'eus la sensation que tout s'écroulait en moi alors que mon corps se liquéfiait. Je ne réagis pas. Mes oreilles se mirent à siffler, cherchant à supporter la douleur de ce lourd silence. Je restais planté là une éternité, la vision trouble perdue dans le vide. Ma gorge était nouée et mon coeur serré. Je finis par me relever, machinalement, sans le moindre mot. Je me laissai marcher jusqu'à la cuisine, repris mes affaires, ouvris la porte et sortis. Je fixai les marches un instant avant de les descendre une à une. Je sentis une larme rouler sur ma joue. Je continuai à descendre, me laissant presque tomber de plus en plus bas. Mes joues étaient trempées, je hoquetais, ne pouvant contrôler mon souffle, ne pouvant contrôler mes larmes. J'étais au plus bas, devant la porte de l'immeuble que je poussais du peu de forces que j'avais. Je ne comprenais pas. Je me laissais transporter dans les rues de la ville. Mon corps, lourd et épuisé, se mettait à trembler. Je me sentais si faible, si seul face au reste du monde, comme si j'avais décroché de la réalité commune. Je distinguai une voiture passer à côté de moi, pourtant je ne perçus aucun son. Pourquoi je chialais comme ça moi ? Je m'écroulai sur un banc, vide. Je ne comprenais pas. J'étais perdu, en retrait de tout. Mais qu'est-ce qui m'arrivait ? J'avais envie d'hurler, d'apaiser mon coeur resserré sur lui-même. J'avais envie d'envoyer Levi se faire foutre, mais je ne pouvais pas. Ce n'était pas un connard, c'était évident qu'il avait dit ça sous le coup de la colère ou de la peine, ou d'une autre émotion de merde qui pouvait justifier de me balancer une horreur pareille. Je ne comprenais rien. Pourquoi je m'énervais, pourquoi je chialais comme ça ? Tout me semblait fade, seul mon coeur brisé avait de l'importance. Ça n'avait pas de sens. Si ça avait été quelqu'un d'autre qui m'aurait dit ça dans le même contexte, comment j'aurais réagi ? Je tremblais comme une feuille, perdu dans l'air frais de la ville. Levi avait accepté de me loger, et tout se passait tellement bien jusque-là, comment il pouvait oser me dire que je ne servais qu'au sexe ? Il savait très bien l'importance qu'il avait pour moi, le bonheur qu'il m'apportait et le réconfort et la douceur qu'il m'offrait. Et quoi ? Lui il me considérait comme un vieux plan cul bon qu'à baiser ? Qu'il aille se faire foutre. J'adorais notre complicité, nos jeux, nos provocations, nos baises et même nos désaccords. Je chérissais tous les instants où j'avais pu le voir rire, les moments où on avait partagé une clope, où je m'étais endormi au creux de ses bras, où il m'avait embrassé tendrement, où ses yeux s'étaient illuminés de bleu, où son souffle m'avait caressé la peau et où sa simple présence m'avait réchauffé le coeur. Je ne pus me retenir d'éclater en sanglot. Putain, même l'ennui avec lui était une chose agréable, comme si chaque action, chaque seconde, de ma vie était plus belle est captivante à ses côtés. Et lui, il osait me dire ça ? Je me laissais chialer sans retenue. Je voulais continuer à vivre avec lui, à le provoquer, à me laisser aller contre son corps, à lui faire goûter mes plats, à voir la gourmandise honteuse dans son regard, à lui parler, à écouter ses conseils, à le taquiner, à l'entendre soupirer et à simplement partager son temps. Je voulais le connaître, savoir d'où il venait, ce qui l'empêchait de dormir, ce qui l'avait amené à devenir prof, comment il avait rencontré Hanji, ce qu'il pensait de moi. Je voulais simplement partager son bonheur, ses peines et sa vie. Mais non, je n'étais qu'un vulgaire plan cul. Alors qu'il aille se faire foutre, cet enfoiré venait de me briser le coeur. Et c'est alors que je compris. Mes larmes s'arrêtèrent de couler et je pus enfin distinguer le béton que je fixais depuis si longtemps, comme si mes pensées s'étaient dissipées pour me laisser voir l'évidence aussi terrifiante soit-elle. J'étais amoureux. Étrangement, malgré la cruauté de la situation, je sentis mon coeur s'apaiser à cette pensée. J'étais amoureux, ces mots, si doux, de nature si belle, résonnaient dans mon crâne mais ils résonnaient comme un affront. Je n'avais pas le droit, je lui avais promis que je ne le serais pas. Il m'acceptait chez lui car je lui avais donné ma parole que je ne tomberai pas amoureux. Je laissai tomber ma tête vers l'arrière pouvant finalement voir le ciel gris et nuageux qui laissait tout de même entrevoir quelques parcelles de bleu. Merde, pourquoi tout me faisait penser à lui ? C'était moi l'enfoiré dans l'histoire, c'était moi qui gâchais tout. Il fallait que je fasse la seule chose à ne pas faire alors que j'avais enfin trouver une routine plaisante, il fallait que je foute tout en l'air. Je pris mon paquet de clope et en sortis une que j'allumai entre mes lèvres. J'étais un vrai connard, un putain de débile incapable de profiter du bonheur sans tout foutre en l'air. Qu'est-ce que j'allais faire maintenant ? Je tirai une immense taffe. Appeler Levi, lui avouer, m'excuser et retourner dans cette chambre d'internat merdique ou chez mon snob de tuteur qui s'en battait complètement les couilles de moi ? Nan, je ne pouvais pas y retourner, pas après avoir connu le bonheur de partager cet appartement avec lui. Je ne voulais pas m'en séparer, je ne voulais plus me retrouver seul, j'avais besoin de lui. J'étais vraiment amoureux. Je continuais à fumer, à tirer énorme taffe sur énorme taffe, tentant de me calmer. Alors quoi ? Je devais accepter un amour à sens unique avec quelqu'un que je voyais tous les jours ? Avec quelqu'un chez qui je vivais ? J'écrasai mon mégot contre le bitume avant de reprendre une clope que j'allumai entre mes lèvres. À chaque secondes passées avec lui j'allais devoir cacher ce que je ressentais, j'allais devoir continuer à agir comme si de rien n'était, j'allais devoir jouer au sex friend sans rien attendre de plus et j'allais simplement souffrir. C'était quoi le mieux ? Je jetai mon mégot et repris une clope que j'allumai entre mes lèvres. J'avais mal au crâne. Nan, c'était quoi le moins pire ? Quelle solution de merde allait m'empêcher de me foutre en l'air ? Bordel de merde pourquoi j'avais pas le droit au bonheur ? Je sortais à peine de l'enfer et cette vie de merde me permettait même pas d'être heureux, elle ne m'autorisait rien, pas un répit, pas un moment pour me reconstruire en paix, nan, quoique je fasse, elle me traînait dans la boue, elle me regardait m'effondrer, me casser la gueule jusqu'à ce que je reste à terre ! Moi je voulais juste un peu de calme, un peu de joie c'est tout. Je tirai, tirai et tirai encore sur les clopes qui s'enchaînaient, me brûlant la gorge, les poumons et les entrailles. Mon crâne, enfumé, ne me supportait plus. Au fond, c'était peut-être pas la vie mais moi qui voulais ça. Peut-être que j'étais juste un demeuré suicidaire qui cherchait à se foutre dans les situations les plus minables afin de justifier mon envie de crever, mais jamais j'aurais le courage de me flinguer alors j'étais voué au pire, pour toujours. Je sentis mon téléphone vibrer dans ma poche. J'étais vraiment une belle merde, alors que lui il m'appelait sûrement pour s'excuser, pour me dire qu'il ne le pensait pas, qu'il regrettait. Putain, le sort s'acharnait sur moi hein ? Je recrachai la fumée de mes poumons, je ne pouvais pas décrocher, pas dans cet état-là, pas perdu dans ces pensées-là. Pourtant j'aurais aimé entendre sa voix, entendre ses excuses, entendre qu'il tenait à moi. Mais je ne pouvais pas lui parler avant de décider ce que j'allais faire. J'avais le choix entre me retrouver seul, dans un lieu déprimant pour vivre une vie morose, ou me torturer dans une relation d'amour à sens unique. Je pris mon téléphone, raccrochai l'appel de Levi et allai dans mes contacts fixer le prénom d'Armin. Est-ce que j'avais vraiment besoin de conseils ? Après tout, le meilleur moyen d'éclaircir ses pensées était de les prononcer à haute voix. Je l'appelai.

-Allô allô mon Eren chou, que me vaut ce bel appel ? Tu as besoin de ta carte Joker ou tu étais juste en manque de ma magnifique voix ?

Je ne répondis pas, troublé d'entendre une voix de si bonne humeur dans cet instant si cruel. Il reprit d'un ton bien plus calme et sérieux :

-Qu'est-ce qu'il se passe ?

Je tirai la dernière taffe de ma clope.

-Je suis un gros con Armin, et toi t'es un putain de devin. J'aurais dû t'écouter, comme toujours, mais non, j'ai préféré emménager chez lui parce que je suis un gros con naïf.

Il mit un certain temps avant de répondre, c'était rare qu'il ai besoin de choisir ses mots.

-Tu viens de t'en rendre compte c'est ça ?

Sa question était assez pudique, comme s'il avait peur que prononcer le mot en question soit trop violent pour moi.

-Tu penses que ça fait combien de temps que je suis amoureux ?

Et il avait raison, je crus m'arracher le coeur en osant le dire à haute voix. Quelle organe de merde.

-Je sais pas Eren, peut-être depuis le début, peut-être depuis deux minutes je ne pourrais pas dire… mais tu sais, ça ne fait pas de toi une personne naïve, c'est plutôt un beau sentiment, très compliqué et qui apporte beaucoup d'emmerdes, mais beau quand même.

Je soufflais du nez, je ne voyais rien de beau là dedans.

-Je lui ai promis que ça n'arriverais pas, je suis censé faire quoi maintenant ?

-Si je te dis d'être sincère avec lui, tu vas le faire ?

J'écrasai mon mégot, et repris une énième clope que j'allumai entre mes lèvres. Je n'avais pas envie de le perdre, ni envie d'être seul, j'avais besoin de rester auprès de lui, c'était tout ce que je voulais.

-Nan, répondis-je honnêtement, si je fais ça je le perdrais complètement, je retournerais juste à ma petite vie de merde dans une piaule grise, seul.

-Tu n'envisages pas que ce sentiment soit partagé ? Peut-être que lui aussi il res-

-Nan, le coupai-je, c'est impossible.

Levi n'était pas du genre à tomber amoureux.

-Tu sais, si tu as déjà choisis ce que tu vas faire, je ne peux pas t'aider Eren. Mais si tu as vraiment choisis de rester chez lui, à prétendre être ce que tu n'es pas, à refouler ce que tu ressens, sache que tu pourras toujours compter sur moi, je serais toujours là pour t'écouter.

-C'est pas un choix Armin, je peux rien faire d'autre que ça. Levi, c'est la seule chose qui me fait apprécier mon quotidien de merde dans cette putain de ville où ni toi, ni Mikasa, n'êtes encore enfermés. Et je dis pas ça pour que tu culpabilises de t'être barré, moi aussi je l'aurais fait si j'avais quoi que ce soit de spécial.

Il me répondit sans une seconde d'hésitation :

-Je pense pas que te rabaisser va t'aider, tu n'as pas à t'en vouloir d'être amoureux, ce n'est pas ta faute.

Et c'était la faute à qui alors ? J'aurais dû le prévoir, j'aurais dû l'empêcher.

-Peut-être mais ça fout tout en l'air, et ce qui fout tout en l'air, ça vient toujours de moi parce que je suis un putain de connard incapable de garder une quelconque stabilité ou un quelconque bonheur, j'ai pas d'ambition, pas de rêve, pas d'objectif à atteindre, je suis juste un boulet qui doit constamment se faire sauver. Et le pire c'est que tu prends ton temps à essayer de m'aider alors qu'on sait tous les deux très bien que j'ai déjà décidé ce que j'allais faire.

J'étais vraiment une merde qui détruisait ce qu'elle touchait. Je ne méritais pas qu'un génie qui avait tout pour réussir perde son temps avec moi.

-Arrête de te rabaisser, vraiment, ça te mènera à rien et tu sais très bien que j'aurais toujours du temps à t'accorder. Tu n'es pas un boulet mais un électron libre et quand tu veux quelque chose tu l'obtiens, alors certes, tu n'as pas un un grand objectif de métier, comme Mikasa ou moi, mais au fond on s'en branle, t'es prêt à tout pour obtenir la vie qui te fera le plus vibrer, c'est ça ton rêve. Tu veux partir au bon endroit avec la bonne personne, et si tu penses que Levi te rapproche plus de cette vie que ta solitude chez ton tuteur, alors soit, retourne chez lui, moi je serais là quoi qu'il arrive.

J'avais bien pris soin d'attendre que mes yeux dégonfles, qu'ils ne soient plus rouges. J'étais parti me racheter un paquet de clopes aussi, ayant presque fini le premier. J'avais fait le tour du quartier, me vidant l'esprit. Et je me retrouvais finalement devant cette porte que j'avais quitté une heure auparavant. Je soufflai avant de l'ouvrir, et je le vis alors lever la tête vers moi depuis le canapé. Je n'eus pas le temps de dire quoi que ce soit que je sentis son corps contre moi, ses bras m'entourant la taille.

-Je suis désolé, me murmura-t-il doucement.

Son souffle chaud vint gentiment me caresser le cou alors que son corps, rassurant m'enveloppait tendrement. Je fus surpris pas son geste avant de sentir la forte odeur d'alcool qui émanait de lui. Il n'aurait sûrement jamais fait ça sobre, mais au moins il me laissait la possibilité de l'étreindre également, de me perdre dans la douceur de ce geste. Ses lèvres, si proche de mon oreille, se remirent à se mouvoir :

-Je le pensais pas Eren, jamais je t'ai considéré comme un plan cul.

Je souris à l'entente de ses mots remplis d'affection qu'on aurait pu croire amoureux, juste le temps d'une seconde d'illusion. Sa respiration était agréable à entendre, j'y sentais le soulagement de me revoir et les restes de son inquiétude. Il reprit, d'un ton encore plus tendre, plus doux, plus chaleureux :

-Je t'apprécie bien plus que tu ne le penses.

Mon coeur se fit encore plus léger alors qu'il se remplissait d'espoir, me faisant croire que, peut-être, lui aussi avait eu une soudaine révélation. Et je crus vraiment, l'espace d'une seconde d'intense bonheur, qu'il parlait d'amour. Mais ses bras quittèrent ma taille et son corps recula d'un léger pas qui fut suffisant pour que mon coeur se resserre, m'obligeant à rejoindre la cruelle vérité. Et alors qu'il était pris d'un subtil et tendre sourire il me dit :

-Je te considère vraiment comme un ami.

Et je me forçai à sourire, me déchirant les muscles des joues. J'eus l'envie de pleurer mais je me contentai de sourire, supportant son regard. Et après quelques temps à me perdre dans ses yeux, je me fis violence pour lui répondre :

-Moi aussi Levi.

Après tout, c'était moi qui avait décidé de rester.


Lundi 07 Octobre : 06h12

J'ouvris les yeux, réveillé par des bruits de pas passant à mes côtés. Il faisait frais, les draps qui recouvraient seulement mon corps étaient d'une douceur agréable et d'une odeur citronnée. Je relevai doucement la tête et pus voir Levi presque nu, une serviette enroulée autour de la taille et les cheveux encore humides. Il passait une main dans ces derniers et ouvrit le placard qui contenait autant ses vêtements que les miens. J'aurais aimé partager avec lui plus que son espace, mais c'était déjà suffisant pour me faire sourire. Son regard semblait morose devant ses fringues, comme à chaque matin où il devait s'habiller pour le lycée. Je me raclai la gorge, attirant son regard jusqu'à moi, avant de lui demander d'un léger ton joueur :

-Ces chemises ne te vont pas, tu ne veux pas rester nu plutôt ?

Un des ses sourcils se haussa alors qu'il m'adressa l'un de ses fameux micro-sourire si beaux à discerner.

-Je t'ai réveillé ?

Comment un homme pouvait-il être toujours aussi séduisant ? Je n'avais pas autant de charme moi quand je sortais de la douche. Mon sourire s'agrandit alors que je m'assis sur le bord du lit, le dévorant des yeux.

-Exactement, tu m'as extirpé de mon tendre sommeil, tu me dois compensation maintenant tu sais ?

Il leva les yeux au ciel mais ne se retint pas de mordiller sa lèvre. Je ne savais toujours pas comment quelqu'un comme moi pouvait attirer une créature aussi divinement bien foutue. Mais je savais par contre qu'il était extrêmement sensible et réceptif à chacune de mes avances.

-Tu me tentes déjà Eren ? Moi qui pensais être serein pendant les cours, je vois que tu ne veux plus m'accorder une minute de répit.

Je croisai lentement mes jambes, faisant glisser le drap le long de ces dernières, m'exposant à lui alors que je n'étais vêtu que d'un simple boxer. Son regard se plongea sur mon corps et ne s'en décrochait pas. Je laissais mes yeux caresser ses cuisses fermes dont la moitié était cachée par cette vile serviette qui m'empêchait d'apprécier la totalité de ses formes. J'avais envie de sentir la douceur de sa fine peau claire sous mes doigts. Il continuait d'observer mon corps avec appétit comme si ce dernier allait se couvrir dans un instant. Mais si c'était ce qu'il souhaitait, j'acceptais de m'offrir à lui une vie entière.

-Mais je te propose bien plus que des mots Levi.

Son regard vint finalement croiser le mien. Il sembla surpris, s'attendant sûrement à de la pure provocation de ma part. Il plissa très légèrement les yeux.

-Je dois aller bosser, tu le sais bien.

Mais moi je voulais qu'il reste, qu'il me prouve à quel point je lui était irrésistible.

-Il est encore très tôt, on a largement le temps de s'amuser avant que tu ne sois en retard.

Il détourna les yeux, alors que les miens le dévoraient. Sa serviette était trop courte pour faire le tour de ses hanches, me laissant voir une fine partie de ses fesses musclées. Il ne me répondit pas, se contenta de passer une nouvelle fois la main dans ses cheveux et d'attraper un vêtement. Je repris pour l'empêcher d'enfiler quoi que ce soit :

-C'est parce que tu sors de la douche c'est ça ?

Son geste se stoppa miraculeusement alors qu'il me lança un regard interrogateur.

-Quoi ?

Je me levai, prenant bien le temps de m'étirer lentement, laissant son geste en suspens et ses yeux aimantés à moi. Je fis un premier pas vers lui en déclarant d'un ton faussement innocent :

-Tu veux pas te salir je comprends.

Il fronça le nez et recula légèrement, se méfiant à raison de ce que j'allais faire. Je savais toujours quoi dire pour le faire frissonner, je savais toujours quel mot, quel geste, allait le faire craquer. Levi pouvait me faire oublier jusqu'à mon existence quand nos corps s'entrechoquaient ensemble dans une danse animale. Et moi, j'avais le pouvoir de le provoquer à ma guise jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus, jusqu'à ce qu'il soit obligé de me remettre à ma place. Et c'était totalement ce que je comptais faire. Un dernier pas vers lui me permit de le faire basculer en arrière pour le plaquer contre le mur, laissant mon bassin se presser contre le sien, ce qui lui vola un soupir de bien-être. Je souris, Levi avait bien trop de réflexes pour se laisser avoir de la sorte, mais dès lors où je lui sortais une nouvelle phrase pour capter son attention, il était bien trop intrigué par la suite pour ne pas se laisser prendre au piège. Je glissai une main derrière sa nuque et vins me rapprocher de son oreille pour lui susurrer d'un ton obscène :

-Mais moi, monsieur, j'ai tellement envie d'être sali.

Il se tendit au son de ma voix et laissa sa tête retomber vers l'arrière alors que je pus le voir se mordre la lèvre inférieure du coin de l'oeil. Je vins déposer tendrement un prude baiser sur la peau si délicate de son cou avant de mouvoir doucement mes hanches, le sentant se durcir. De ma main libre, je caressai du bout des doigts ses cuisses si tentantes qui me plaisaient tant. Je mordillai le lobe de son oreille avant d'effleurer cette dernière de mes lèvres :

-Vous voulez bien vous occuper de moi ?

Il redressa la tête, m'enlaça d'une main qui vint se nicher dans le creu de mon dos, l'autre agrippa mes cheveux pour les tirer légèrement en arrière alors que ses fines lèvres emprisonnèrent les miennes. Je le sentis me mordiller doucement, m'obligeant à entrouvrir la bouche dans laquelle sa langue vint se fondre pour embarquer la mienne dans une danse passionnée. Ce baiser était si bon que j'eus du mal à me rappeler qu'il n'avait rien de romantique. Il me caressa subtilement le palet, me faisant perdre la raison. Il eut toute l'aise qu'il souhaitait pour m'entraîner avec lui, me poussant vers l'arrière, évitant adroitement la tête du lit avant de me balancer brutalement contre le matelas ce qui obligea nos lèvres à se séparer. Il ne posa qu'un genoux à côté de moi, me regardant de haut.

-T'obtiens toujours ce que tu veux hein ?

Ses yeux assombris par la luxure semblaient tout de même briller d'une légère admiration. À défaut de son coeur, j'avais bien le droit de profiter de son corps. Il s'approcha lentement de moi, ne faisant que m'effleurer en me surplombant du regard. Je lui offris un sourire emplit de vice.

-Je suis incorrigible, lui murmurais-je presque en prenant soin de bien articuler.

Il agrippa mes poignets d'une main et me tira de l'autre pour venir me plaquer sur le mur contre lequel notre lit était collé. Son regard était fourbe, remplit d'une sensuelle vengeance, comme s'il cherchait à me dire que ce n'était pas à moi de restreindre ses mouvements. Sa respiration était forte et saccadée, ses pupilles étaient dilatées de désir et sa serviette tenait toujours miraculeusement autour de lui. Il vint s'asseoir sur mon bassin en roulant ses hanches, me volant un soupir d'aise. Sa main glissa de ma nuque jusqu'à mon cou pour venir l'entourer tendrement.

-Finalement j'ai peut-être un peu de temps à t'accorder gamin. Me dit-il en me dévorant du regard.

Il était magnifique, à la limite de craquer. Il se rapprocha de mon cou pour l'embrasser, le suçoter, le mordre puis le dévorer. Je pouvais sentir sa main se raffermir sur mes poignets, alors que son bassin se mouvait de plus en plus rapidement. Sa respiration irrégulière, qui résonnait de mes oreilles, me traduisait les fortes pulsions dont il était épris. Et alors que le désir montait en moi, m'ordonnant de me laisser aller aux plaisirs divins que Levi allait m'offrir, je me dis soudainement que c'était sûrement dans ses moments de retenues, de frustration, qu'il était le plus enclin à me répondre. Pour quitter mon cou afin de s'attaquer à mes clavicules, il dut doucement lâcher mes poignets. J'en profitai alors pour attraper son menton et lui relever la tête, plongeant mon regard dans le sien, luxurieux.

-Ne te presse pas autant Levi, tu as bien plus qu'un peu de temps, à quoi ça te sert de partir aussi tôt ?

Une légère surprise traversa ses yeux avant qu'un air mesquin ne s'empare de son visage. Il se redressa avec un léger sourire, s'approcha de mon oreille, resserrant tendrement sa main autour de mon cou et vint me murmurer d'une voix grave, bandante et suave :

-Je ne t'ai pas autorisé à me tutoyer.

Un énorme frisson d'excitation me parcourut le corps, mon bas du ventre se réchauffa alors que mon érection se fit soudainement bien plus importante. J'eus l'envie très brutale de m'excuser et de le supplier de me punir pour mes paroles, me rappelant parfaitement que c'était à lui de décider quand j'avais le droit de parler. Je me mordis la lèvre et me giflai mentalement, tentant de contrôler mes pulsions les plus primitives. Il commençait à s'éloigner de mon oreille, persuadé qu'il avait gagner, il allait sûrement reprendre ce qu'il faisait et je serais alors obligé de me laisser aller dans l'extase sans la moindre réponse. Je passai ma main derrière sa nuque pour le retenir. Et je vins, à mon tour, lui susurrer d'une voix salace :

-Pardonnez-moi, monsieur, je ne voulais pas vous manquer de respect.

Il frémit, pressa davantage ses hanches contre moi et soupira de plaisir. Je me retins de gémir. Il ne fallait pas que je me laisse aller, je repris donc du même ton :

-J'aimerais juste savoir ce qui vous oblige à partir alors que vous pourriez rester ici pour vous occuper de moi.

Il laissa sa tête se reposer contre mon épaule, laissant son oreille au niveau de mes lèvres, comme pour me réclamer de nouvelles paroles alors qu'il se mouvait contre moi. Le voir si faible face à mes mots me fit presque rougir, il me donnait l'impression que ma voix était plus importante que le sexe en lui-même. Évidemment nan, elle ne servait qu'à le rendre meilleur, mais me bercer d'un doux bonheur illusoire n'était pas si mal. Je passai une main dans ses cheveux avant de reprendre d'une voix encore plus teintée de vice :

-J'aimerais que chaques matins soit comme celui-ci, où vous me rappeliez votre autorité, où chacunes de mes provocations se doivent d'être punies, mais à chaque fois vous m'abandonnez.

Ses dents vinrent mordre tendrement ma peau alors que sa main caressait mon torse jusqu'à venir effleurer l'un de mes bourgeons de chair. Il fallait que j'atteigne mon but, il ne fallait pas que je flanche. Je me devais de garder le contrôle.

-Vous n'aimez pas la foule peut-être ?

Il se redressa pour venir m'embrasser soudainement, fit rouler mon téton entre ses doigts experts alors que je pouvais sentir son érection se gonfler contre moi. Je ne pus me retenir de gémir alors que sa langue reprit à nouveau possession de ma bouche. Il nous fit basculer vers le côté avant que sa main ne descende le long de mon torse pour venir se glisser directement dans mon boxer, caressant subtilement mon sexe. Je sursautai presque de ce geste si soudain en gémissant bien plus fort qu'avant. Il s'était détaché de mes lèvres pour me fixer d'un air encore plus mesquin et pervers qu'à son habitude.

-Aujourd'hui, c'est surtout ta curiosité que je vais punir, me dit-il d'un ton grave et joueur en m'effleurant subtilement le gland.

Et je ne pus rien faire d'autre que m'abandonner à lui, tout en abandonnant mon espoir de réponse. Il me sourit, apparemment satisfait de voir mon corps aussi docile face à ses gestes. Il vint parsemer mon torse de doux baisers et morsures, accélérant ma respiration saccadée, m'obligeant à souffler de bien-être. Je sentis ses dents se resserrer autour d'un de mes bourgeons de chair qu'il titilla de sa langue alors que sa main commença de très lent va-et-vient sur ma verge, me torturant de la meilleure des manières. J'avais tellement envie de plus. Il quitta mon torse pour descendre le long de mon ventre, caressant ma peau de sa douce langue jusqu'à arriver à l'élastique de mon sous-vêtement. J'adorais lorsqu'il me bandait les yeux, me surprenant à chaque toucher, à chaque caresse et à chaque baiser, me laissant dans une perte de contrôle totale, m'obligeant à obéir à sa voix sans savoir ce qu'il allait faire de moi. Mais là, je voulus remercier les cieux de me laisser voir ses yeux, plongés dans les miens, alors qu'il faisait lentement glisser mon boxer le long de mes cuisses avant que sa tendre langue ne vienne lécher mon sexe sur toute sa longueur, faisant crisper mon corps de plaisir. Faites qu'il me prenne le plus rapidement possible. Il insista légèrement plus lorsqu'il arriva à mon gland, pressant ce dernier contre ses lèvres. Son regard bouillonnant de luxure semblait me demander quand est-ce que j'allais craquer, qu'est-ce que j'attendais pour le supplier. Mais même si je n'en pouvais déjà plus, je préférais attendre de le voir au bord de l'explosion afin que le paroxysme de cette danse n'en soit que plus violent, brutal et dévastateur. Je voulus passer une main dans ses cheveux pour accentuer le contact mais il m'attrapa le poignet avant que je n'arrive jusqu'à lui pour le remettre à sa place, pour me remettre à ma place. C'était à lui de se jouer de moi, dès lors que je commençais à me perdre dans le plaisir, c'était à lui de décider. Il entrouvrit doucement ses lèvres pour venir suçoter mon gland, me volant un puissant gémissement, avant d'enfoncer ma verge de plus en plus loin dans la chaleur de sa bouche. Je me mordais la lèvre, essayant de retenir les sons qui cherchaient à s'échapper de moi, en tentant de garder mes yeux fixés dans les siens, retenant mon corps de tressaillir. Je ne faisais pas ça par gêne, encore moins par honte, ces concepts avaient disparu de nos ébats il y avait un moment. Nan, je le frustrais juste, le rendant plus animal, lui faisant comprendre que le plaisir n'était pas encore assez fort pour que je le supplie de me prendre. Mais lorsque je sentis le bout de mon gland venir taper contre sa gorge, je ne pus me retenir, ma tête valsa en arrière, un cri m'échappa et mes yeux se levèrent vers le ciel comme pour me prévenir que le plaisir qui allait posséder mon corps serait si divin qu'il ne pouvait se trouver sur terre. Levi était un dieu. Sa bouche quitta mon entrejambe pour être remplacé par sa main, le contact de sa peau était adoucit par la présence de salive. Sa voix grave et suave s'éleva dans la pièce :

-Dis-moi Eren, tu refuses de me dire ce que tu veux ? C'est pourtant toi qui m'a chauffé, alors assume tes responsabilités.

Entre ses va-et-vient et la luxure de sa voix, je fus au bord de le supplier de me prendre sauvagement jusqu'à ce que j'en perde le fil de mes pensées. Mais je réussis malgré tout à me contrôler pour lui déclarer quelque chose de bien meilleur, de bien plus excitant, une ultime provocation :

-Ce que je veux ? Vous appelez ça une punition monsieur ? Je suis déçu, moi qui pensais que vous alliez enfin m'apprendre où était ma place.

Je pus voir ses pupilles se dilater davantage, cachant presque l'iris de ses yeux. Il se redressa, m'aggripa le bras gauche et me tira brusquement à lui, m'obligeant à m'asseoir. Il vint se coller à mon oreille qui écoutait avec attention sa respiration irrégulière et plus que saccadée avant qu'il ne déclare d'un ton autoritaire mais passionné :

-Fous-toi à genoux, les bras contre le mur et je vais te montrer où elle est ta place.

Je crus jouir à l'entente de ses mots tant mon corps y fut réceptif, tremblant de désir, j'eus à peine le temps de m'exécuter qu'il me tira les cheveux vers l'arrière embarquant ma tête et vint enfoncer deux de ses doigts dans ma bouche que je suçai par automatisme, affamé de sexe, impatient d'arriver jusqu'au meilleur du plaisir charnel. Ma langue les enlaçait tendrement alors même que j'allais et venais sur toutes leurs longueurs. Je pouvais sentir son membre durcit se frotter entres mes fesses, la vile serviette ayant apparemment disparue. Et alors qu'ils s'étaient extirpés de mon étreinte, son majeur et son index caressèrent subtilement mon palet, laissant des traces brûlantes sur leur passage. Je fus obligé d'ouvrir un peu plus ma bouche qu'il contrôlait et dans laquelle il s'enfonçait plus profondément, m'obligeant à courber davantage mon corps qu'il bloquait de ses hanches. Il finit par retirer ses doigts pour venir les pénétrer brusquement en moi, me faisant grandement gémir en toute impunité. Je n'avais plus besoin de me retenir, et c'était de toute façon devenu impossible. Maintenant qu'il était assez animal et sauvage pour moi, j'acceptais de me laisser aller, de m'offrir à lui, de le laisser contrôler mon corps et de choisir le rythme de nos ébats bestiaux et erratiques. Il lâcha mes cheveux pour revenir entourer mon cou, cette fois-ci plus fermement qu'avant, maintenant ma tête vers l'arrière. Il se mit à bouger ses doigts, alternant entre des va-et-vient et des mouvements de ciseaux, caressant ma prostate avec ardeur, me laissant à bout de souffle, gémissant, criant presque mon plaisir.

-Tu joues avec le feu, provoque-moi encore une fois et tu risques de le regretter, Eren. Me dit-il d'une voix rauque, luxurieuse et joueuse.

Il insista sur le "r" de mon prénom, me donnant la sensation que j'étais un cadeau des cieux. Il continuait à me torturer de son doigté habile, me faisant perdre lentement la boule. À chaque fois qu'il touchait cette petite boule de plaisir nerveuse, une ondulation électrisante se déchargeait dans mon corps le faisant trembler d'excitation alors que mes muscles se contractaient. Mais je ne voulais aucunement de la lenteur qu'il m'imposait, je voulais qu'il m'empêche de penser jusqu'à ce que j'en oublie où et qui j'étais, jusqu'à ce que je ne puisse plus qu'haleter de plaisir, obéissant à son corps. Je tentai de me contrôler une dernière fois pour déclarer :

-Tu n-

J'eus le souffle coupé lorsque je sentis quelque chose de bien trop imposant s'enfoncer en moi. Je me laissai crier d'extase, perdu dans une douleur brusque et un plaisir purement primitif et animal de le sentir dans mes entrailles, m'arrachant toutes envies de provocation ou de répondant. Je ne voulais être qu'un objet, une boule de plaisir entre ses mains expertes. Il lâcha un râle d'exaltation rauque.

-Je ne t'ai toujours pas autorisé à me tutoyer.

Sa voix qui résonna dans la pièce me fit fondre d'impatience, sachant pertinemment que j'allais atteindre les cieux les plus élevés dans peu de temps. Malgré l'étroitesse de mes parois qu'il venait de brusquer, je me resserrai autour de lui, accentuant la douce souffrance dont je me délectais. Je ne saurais dire si j'étais maso, mais ça n'avait aucune importance face à l'envie incontrôlable qu'il me brutalise la prostate. Je sentais sa verge durcir en moi, sachant qu'au moindre mouvement j'allais exploser de plaisir, pourtant il resta immobile. Il se pencha doucement vers mon oreille et me murmura d'une voix très basse et bien plus douce qu'avant, comme pour dessiner des parenthèses autour de sa question :

-Ça va ? Tu veux attendre un peu ?

Je souris à l'entente de ses mots, il me demandait toujours comment j'allais lorsqu'il se faisait aussi brutal, ça me rassurait à chaque fois de savoir qu'il savait se contrôler en toutes circonstances. Je trouvais ça assez sexy, j'avais la sensation d'avoir tellement d'importance pour lui lorsqu'il prenait soin de vérifier comment j'allais. Je me contractais autour de lui dans un rythme régulier, le faisant soupirer de bien-être, pour créer une illusion de va-et-vient sur ma prostate. Je ne voulais pas de lenteur, alors attendre était hors de question.

-Défonce-moi.

Et dans l'instant son bassin se mouva brutalement en moi avant de m'asséner de coups de butoir qui maltraitèrent ma prostate. À chaque coup, il la violentait d'un plaisir plus fort, plus puissant, faisant tressaillir mon corps, y propageant une vague d'exaltation de mon bas du ventre jusqu'à l'extrémité de mes membres. Plus on baisait, plus c'était bon, comme s'il m'avait appris par coeur avec le temps, ou alors c'était peut-être les sentiments qui amélioraient encore davantage l'extase de ces plaisirs divins. Le rythme se fit rapidement plus violent, plus soutenu, m'obligeant à quitter mes réflexions trop complexes pour me perdre dans des pensées bien plus simplistes. C'était si bon de le sentir ravager mes entrailles. Dans ces moments où toute son attention, où tous ses gestes, m'étaient destinés, je lui appartenais. J'étais à lui lorsque lui était en moi. Il butait inlassablement sur ma prostate, multipliant mon plaisir à chaque impact. Sa cadence ardente me prouvait son excitation débordante. Je sentais dans ses gestes le désir viscérale qu'il me portait, me prouvant qu'il était plus satisfait en moi que partout ailleurs, me prouvant que j'avais une place dans sa vie. À chaques collisions avec ses hanches, je sentais mes parois se resserrer autour de lui de façon si intense que la douleur s'accentuait au même rythme que le plaisir et cet équilibre jouissif entre les deux m'obligeait à me noyer dans une extase telle que mes bras n'arrivaient plus à me supporter contre ce mur. Je tentai de coller ma tête à ce dernier mais la brutalité de ses gestes ne me le permit pas, m'empêchant de perdre le contrôle. Je ne voulais pas me préoccuper de ma position, je voulais simplement m'oublier face à l'importance des décharges que recevait mon corps et subir le plaisir le plus intense qui soit. Je voulais que ce dernier soit si extrême qu'il me transporte dans une transe inconcevable et passionnelle où je me transformerais en une simple boule de nerfs, où juste un effleurement pourrait me faire jouir mais où Levi continuerait pourtant de marteler ma prostate. J'allais finir par perdre la boule. Et comme si le ciel m'avait entendu, je sentis quelque chose venir me maintenir la tête, me bloquant complètement. Je fus soumis à cette extase d'une brutalité démentielle, entravé par ce contrôle que je fus obliger de perdre et qui m'empêchait d'atteindre les cieux, alors même que mes muscles me lâchaient, laissant mon corps n'être soutenu que par une puissante main sur mes hanches. Je pus relâcher mes bras, mon corps, ma voix et mon esprit. J'avais déjà envie de jouir.

-Plus fort Levi !

Tout s'accentuait, rendant mes sensations bien plus intenses encore alors que le monde semblait s'éteindre autour de moi, ne me reliant à lui que par l'entente vague de mes cris qui y résonnaient. Ma bouche s'ouvrait davantage à chacun d'eux, laissant un filet de bave s'écouler sur mon menton. Cette extase exponentielle devenait presque insupportable, cette si violente valse d'un extrême plaisir me faisant réellement perdre la boule. Et j'adorais ça.

-Je t'appartiens Levi ! anh !

Ses coups sur ma prostate étaient si précis et violents que les décharges viscérales et délicieuses que subissait mon corps devenaient dévastatrices. Le plaisir se faisait indécent, atteignant une barrière que ma conscience ne put supporter.

-Fais de moi ce que tu veux !

Il butait sur ma prostate de façon plus intense et bestiale à chaque nouvelle fois qu'il se heurtait à moi. J'eus l'étrange et soudaine envie de sentir sa main s'abattre sur mes fesses. J'avais envie de jouir, d'atteindre le paroxysme de notre danse transcendante en me déversant dans un ultime spasme d'une puissance inégalable. Mais je me retins, ne voulant cette délivrance qu'en harmonie avec lui, pour le sentir dans mon orgasme se lâcher en moi. J'avais envie qu'il me marque, qu'il me remplisse d'une chaleur qui puisse me réchauffer le coeur, comme si sa semmence, brûlante, était une preuve d'amour.

-J'ai envie de te sentir te déverser en moi, je t'en supplie t'arrête pas !

Je ne savais plus où ni quel jour on était et encore moins ce que je disais. Je savais seulement que j'acceptais la transe soudainement bien plus puissante qu'il m'offrait. Un second plaisir, brutal et soudain, différent mais relié au reste, vint prendre d'assaut mon corps déjà transi de spasmes, me propulsant au paroxysme de mon extase dans laquelle je crus perdre conscience. Je montai au moins trois mètres au dessus du septième ciel, me laissant bercer par le bonheur et la complaisance ultime de cette jouissance aussi électrique qu'empli de plénitude alors qu'il me remplissait chaleureusement de sa satisfaction la plus pure, comme s'il m'aimait. Je ne sus combien de temps mon orgasme dura avant que je ne me reconnecte avec la réalité. Une agréable chaleur s'écoulait le long de ma cuisse alors que la main, qui me bloquait peu de temps auparavant, me caressait maintenant tendrement les cheveux. Levi avait posé sa tête contre mon épaule, cherchant apparemment à calmer sa respiration anarchique qui venait s'écraser contre ma peau. Je pouvais sentir quelques gouttes de sueur s'évader de son front alors qu'il murmura dans un soupir :

-Bordel Eren, t'es trop bon.

Il releva la tête pour venir déposer un tendre baiser sur ma nuque, comme pour me remercier d'exister. Ses lèvres étaient si douces et agréable, j'aurais aimé qu'elle me caresse pour l'éternité. Mais il finit par se redresser en se retirant de moi pour venir s'écrouler sur le lit, souriant doucement, une main posée au niveau de son coeur qui devait sûrement battre la chamade. Le mien était perdu dans une pure frénésie créée par le moment animal que l'on venait de vivre et accentué par la vision de Levi, nu, aussi satisfait. À le regarder comme ça, se tenir le coeur, on aurait pu le croire amoureux. Je me redressai à mon tour avec difficulté, les jambes faibles et tremblantes, pour venir m'allonger à ses côtés. Nos épaules se touchaient et nos doigts s'effleuraient me donnant l'irrésistible envie d'aller me blottir dans ses bras. Mais il se tourna vers moi sans prévenir me jetant un regard magnifique teinté d'un doux bleu de satisfaction avant de venir effleurer mon visage pour me remettre une mèche de cheveux en place. Pourquoi il me faisait espérer de la sorte ?

-C'était vraiment bien, déclara-t-il, toujours un léger sourire au lèvres, en se redressant lentement, lâchant son coeur.

Il se leva, attrapa un paquet de clopes et un cendrier sur son bureau qu'il posa sur le matelas. Il sortit deux cigarettes, m'en tendis une que je pris et coinça l'autre entre ses lèvres. Alors que je portai cette dernière jusqu'à ma bouche, il vint me l'allumer directement avant de s'occuper de la sienne.

-Tu sais ce qu'on dit, reprit-il, qui allume encule.

Je tirai une taffe qui apaisa chaque muscle de mon corps avant de lui répondre par un sourire. Son regard ne se décrochait pas de moi avant qu'il ne déclare :

-C'est la première fois que tu dis ce genre de chose pendant une baise, t'étais si excité que ça ?

Je me sentis rougir soudainement en me rappelant de ce que je lui avais dit.

-J'ai pas pu m'en empêcher, lui répondis-je d'un léger murmure quelque peu gêné.

Il souffla du nez, amusé.

-J'ai adoré.

Je détournai les yeux. C'était dangereux de commencer à perdre la parole lors de nos ébats, je pourrais laisser sortir quelque chose qu'il valait mieux garder sous silence. Pour qu'il ne remarque pas mon inquiétude, je déclarai :

-Je t'ai toujours fait bander avec mes mots Levi.

Il tira une taffe qu'il sembla tellement apprécier que ses yeux se fermèrent un instant. Il était sublime.

-Mais c'est la première fois que tu me fais jouir avec.

Ses mots, formulés avec soin, me firent frissonner de bonheur, il me donnait la sensation d'être si spécial pour lui, me faisant espérer que son léger sourire transmettait un sentiment bien plus fort et profond que la joie du sexe. Je replongeai mes yeux dans les siens, si beaux, si bleus, avant qu'il ne me demande d'un ton doux mais encore rauque :

-Dis-moi Eren, je peux te demander une faveur ?

Je me berçai malgré moi d'illusions alors que des papillons semblèrent se réveiller dans mon ventre. Son aura tendre et magistralement belle me fit croire un instant qu'il allait me dire quelque chose qu'il ne me dira probablement jamais. Je lui offris un grand sourire et lui répondis en hochant la tête :

-Bien-sûr.

Il passa sa main dans ses cheveux si lentement que je crus que le temps venait de s'arrêter, m'offrant une vision de lui incroyablement gracieuse, me donnant la sensation qu'il s'embellissait de jour en jour. Il finit par me demander avec un élégant sourire :

-Tu pourras éviter de m'appeler monsieur en cours aujourd'hui ?

Mon coeur se fit lourd lorsque la déception s'empara de moi. C'était évident pourtant qu'il n'allait pas me parler d'amour. Il fallait que j'arrête d'espérer ou je ne cesserais d'être déçu à chacune de ses paroles, il fallait que je me sorte ce puissant sentiment, qui ne sera sûrement jamais réciproque, de la tête. Mais je lui souris, ayant moi-même décidé d'être un hypocrite, avant de répondre ce qui serait censé me correspondre le mieux :

-Je ne te promets rien.

Je ne devais pas avoir d'attentes vis-à-vis de lui, je ne devais pas espérer qu'il partage ce que je ressentais. Mais en le voyant fumer, la tête penché vers l'arrière, retenant son corps de son bras alors que ses jambes qui dépassaient du lit étaient croisées l'une sur l'autre, je fus pris d'une violente envie qu'il me dise à quel point je comptais pour lui, à quel point j'étais important. Il n'était pas amoureux, c'était certain, mais peut-être qu'au moins il me considérait comme exceptionnel sur certaines choses. Je voulais simplement qu'il me dise que je le faisait vibrer plus que les autres, que j'étais plus important qu'eux, cherchant à combler ma souffrance de cet amour à sens unique. Levi était censé être mon réconfort et voilà que je cherchais à obtenir quelque chose pour me réconforter de lui. J'étais pathétique. Et sans réfléchir à mes paroles, je lui demandai :

-T'as déjà ressenti plus de plaisir sexuel avec quelqu'un d'autre que moi ?

Une forte surprise traversa ses yeux, les teintant d'un bleu encore différent, avant qu'il ne se mette à réfléchir en continuant à tirer sur sa cigarette. Je fus étonné qu'il considère ma question, pensant que jamais il ne répondrait à ce genre de chose, qu'il se contenterait d'ignorer, mais pourtant, il finit par répondre :

-Je sais pas, oui quand j'étais amoureux, mais ça m'a détruit.

Il finit sa phrase en écrasant minutieusement et longuement son mégot dans le cendrier, me donnant la sensation qu'il faisait la même chose sur mon coeur, en prenant sadiquement son temps. Il soupira, repassa une main dans ses cheveux et se releva, déclarant qu'il allait prendre une douche avant de sortir de la pièce. Levi n'était pas amoureux de moi, je ne serais jamais celui qui lui procure le plus de plaisir et j'étais voué à me détruire auprès de lui.


Mercredi 09 Octobre : 13h17

Je poussai la porte devant laquelle j'étais enfin arrivé. J'allais pouvoir revoir Levi après cette ennuyante matinée de cours, lui qui avait pu se reposer durant ces heures interminables. C'était très rare qu'il dorme encore lorsque je me réveille, me permettant de contempler son visage serein et la douceur de ses traits relâchés, il était magnifique endormi, tout comme réveillé, somnolent, buvant, mangeant, souriant, rigolant, blasé et même agacé. Il était toujours magnifique, mais lorsqu'il dormait, il devenait presque mignon. Quand j'ouvris entièrement cette porte, je pus le voir assis dans la cuisine, les jambes gracieusement croisées, un bras accoudé contre le dossier de sa chaise alors que sa main portait un thé à ses lèvres. Je refermai la porte derrière moi. Il était légèrement tourné vers cette dernière, me faisant dire que peut-être, il m'attendait.

-Salut Levi, lui dis-je en m'approchant de lui, t'avais l'air de bien dormir ce matin, ça va toujours aussi bien ?

Je m'assis sur une chaise en face de lui.

-Salut, me répondit-il, ouais et toi, t'as passé une bonne matinée ?

Je lui souris avant de déclarer :

-C'était chiant à mourir, comme d'habitude.

Il acquiesça fortement avec un léger air de compassion avant d'à nouveau boire une gorgée de cette boisson immonde et âpre qu'il considérait pourtant comme une nécessité à son bien-être. Il fermait régulièrement les yeux pour savourer son infusion abjecte comme si le plaisir qu'il rencontrait était si fort qu'il ne pouvait s'en empêcher. Sa relation avec son thé semblait presque sexuelle, me rendant certes un peu jaloux mais surtout grandement intrigué.

-Pourquoi tu bois du thé ?

Il haussa méticuleusement un sourcil, me faisant comprendre que soit j'étais débile, soit je formulais mal mes interrogations.

-Parce que c'est bon. Me répondit-il d'un ton subtilement moqueur.

Je pouffai légèrement à sa réponse. Je n'étais pas si demeuré que ça tout de même.

-Nan, je veux dire, ça te vient d'où de boire du thé tous les jours comme ça ? T'as pas l'air d'avoir d'origines anglaises pourtant.

Il hésita un instant, comme s'il se demandait si oui ou non c'était assez peu intime pour le partager avec moi. Il me répondit :

-C'est Hanji qui m'a fait goûter quand on s'est connus, j'y ai vite pris goût.

Cette intrigue étant résolue, j'aurais pu être rassasié, mais sa réponse ne fit que naître en moi une curiosité bien plus profonde.

-Et vous vous êtes connus comment ?

Mais cette fois-ci, au vu de son froncement de nez, je sentis qu'il ne voulais pas me répondre, touchant sûrement à cette fameuse intimité dont il refusait de me faire part. Je ne devais pas être assez important, pas assez proche de lui, pour qu'il accepte de me partager sa vie. Je sentis une grande frustration monter en moi. Je voulais seulement mieux le connaître. Mais je ne me laissai pas abattre et repris :

-Vous avez l'air tellement proche vous deux c'est intriguant, vous avez dû en vivre des choses quand même, nan ?

Il finit son thé et sortit un paquet de clopes de sa poche.

-T'en veux une ? Me demanda-t-il.

Ce fut à mon tour de froncer les sourcils face à l'esquive totalement abusive qu'il venait d'employer. Attendez, il se foutait de ma gueule là ? Je lui répondit d'un ton assez froid et légèrement irrité :

-Nan, je préfèrerais une réponse.

Ses yeux qui me fixaient se firent soudainement bien plus sévère.

-Je la connais depuis longtemps, en quoi ça t'intéresse ?

Peu importe sa lourdeur presque menaçante, je continuais à soutenir son regard. "Tout m'intéresse chez toi Levi".

-Pourquoi tu refuses de me dire comment vous vous êtes connus ? J'aimerais bien savoir comment tu as fini par l'assister dans ses activités moi.

Cette fois-ci ce n'était plus de l'agacement ou uniquement de la sévérité qui teintait ses yeux, mais bien de l'énervement. Il vint doucement se lever de sa chaise, posant ses mains sur la table, me surplombant du regard.

-Oi gamin, je te l'ai déjà dit la blinde de fois, il y a des choses dont je ne parlerais pas et ça, ça en fait partie.

Mon coeur se resserra, si on oubliait ce qu'il s'était passé dimanche, ça faisait bien longtemps qu'il ne m'avait pas parler avec autant de distance et de froideur, que "gamin" n'avait pas résonné comme une insulte. C'était assez troublant, mais je ne le lâchai pas du regard et insistai :

-Pourquoi ?

Ses sourcils se froncérent davantage, ma question ayant apparement augmenter son énervement. Il me répondit d'un ton encore plus froid qu'auparavant :

-Parce que ça te concerne pas.

Mon coeur se resserra à l'entente de ses mots, moi j'étais obstiné à ce que sa vie me concerne. Et même si je ne pouvais que récolter des miettes d'informations, je chercherais quand même à tout connaître de lui. Il finit par détacher ses yeux de moi, prendre une cigarette qu'il alluma et me tourner le dos pour se barrer soudainement en direction de la porte. Mes yeux s'écarquillèrent de surprise, s'esquivait-il toujours de façon aussi absurde d'une conversation ? Merde, je ne gagnais absolument rien, pas une miette d'info, à part une dispute débile, il fallait que je le retienne, il fallait qu'il reste, je refusais qu'on se laisse sur ce genre de froids désagréables. Je devais trouver quelque chose à dire qui l'oblige à s'arrêter, quelque chose qui le fasse immédiatement relativiser sur ce que je venais de lui dire. Et avant qu'il n'atteigne la porte je déclarai un semi mensonge pour justifier ma curiosité :

-J'ai peur Levi !

Il s'immobilisa à l'instant même où mes mots résonnèrent dans l'appartement. Il tourna la tête vers moi, les traits légèrement moins crispés et les épaules plus détendues alors que ses yeux étaient bleuté d'interrogation, d'incompréhension. Je repris alors la parole :

-Vous m'avez tous les deux dit que je n'avais rien à craindre, j'aimerais bien le croire, mais tu passes tout ton temps avec elle, tu l'aides dans ses trucs illégaux, comment je peux être sûr que je soit en sécurité chez toi ?

Je ne mentais pas, cette pensée me perturbait réellement, même si ce n'était pas pour cela que ma curiosité s'était exprimée auprès de lui mais bien par besoin maladif d'en apprendre plus sur sa vie, de le connaître, de partager ses souvenirs, ses joies et ses peines. Mais ça il n'avait pas à le savoir, j'avais choisis d'être hypocrite, je n'allais pas revenir maintenant sur cette décision. Il tira une taffe et revint jusqu'à la table pour cendrer. Son regard se replongea dans le mien, sans aucun énervement, presque doux :

-Pardon Eren, j'aurais pas dû m'emporter, je ne pensais pas que ça te mettait aussi mal à l'aise, soit plus direct la prochaine fois que quelque chose t'obsède me dit-il en posant sa clope dans le cendrier. Mais tu vas devoir me croire sur parole quand je te dis que ce que fait Hanji n'aura jamais aucun impact sur toi, je ne peux pas te le prouver.

Je baissai la tête, assez déçu. Je n'avais pas réussi à obtenir quoi que ce soit de sa part finalement. Au moins, j'avais évité qu'il me fasse la gueule, mais je pouvais sentir une grande frustration m'envahir en comprenant que lui soutirer des informations s'avérait presque impossible. Je sentis soudainement ses doigts m'effleurer le cou avant d'attraper mon menton pour le relever, ancrant mes yeux dans les siens, me donnant l'envie de fondre sur ses lèvres. Il me tendait son autre main, le poing serré, laissant seulement son petit doigt tendu vers le haut avant de reprendre la parole un léger sourire rassurant aux lèvres :

-Mais je peux te le promettre Eren, les activités d'Hanji ne te causeront jamais de tort, parole d'honneur.

Je lui souris en enlaçant nos doigts, heureux de ce contact et de l'attention qu'il me portait. Mais en réalité je n'avais rien obtenu et je lui avais offert ma confiance, ça n'avait rien de victorieux.


Vendredi 11 Octobre : 23h07

Comme à chaque fois, la redescente de cette drogue fulgurante était d'une douceur incroyable. Je mis un certain temps à ouvrir les yeux sur ce monde, sur la tête de Levi qui reposait sur mon torse. Il la releva doucement pour ancrer son regard dans le mien, quelques mèches de ses cheveux étaient collées à son front par la sueur alors qu'un doux sourire de satisfaction ornait son visage harmonieux. Il vint murmurer, comme s'il avait peur de me faire sursauter :

-C'est bon, tu es revenu sur terre ?

Mon coeur se réchauffa, alors que je me perdais dans l'idée que peut-être, il me prenait pour un ange. Je lui souris en retour avant de lui répondre avec un clin d'oeil :

-Si tu restes en moi Levi, moi je reste dans les cieux.

J'adorais ce petit moment après l'orgasme, il me parlait du même ton langoureux que lorsqu'il me chauffait, mais sans son aura animale et son regard dominant qui me faisaient bouillir. Ça me donnait la sensation que son ton était amoureux. Il leva les yeux au ciel pour toute réponse, alors que ces derniers s'étaient teintés d'amusement.

-Tu me bloques avec tes jambes Eren.

Je me sentis doucement rougir à ses paroles, me rendant compte qu'en effet, mes jambes l'entouraient et le tiraient contre moi pour garder sa tête contre mon coeur.

-Oh pardon, lui répondis-je en les desserrant afin qu'il se retire de moi.

Je me sentis bien vide lorsque mon bassin fut reposé sur le matelas. Il s'affala à mes côtés, pouvant enfin détendre son corps. Je pouvais comprendre son plaisir à se relaxer juste après nos ébats, moi je n'arrivais pas à soutenir mon propre corps pendant ces derniers alors que lui devait en contrôler deux, ça devait être épuisant. Il se tourna vers sa table de nuit pour aller chercher de quoi amplifier cette fameuse relaxation mais je le coupai en déclarant d'une mine boudeuse :

-T'oublies pas un truc là ?

Il ne comprit pas tout de suite, mais finit par légèrement souffler du nez en souriant lorsque ses yeux se posèrent sur mes mains. Il vint défaire la boucle d'un des bracelets de cuir, rembourré de fourrure, qui maintenaient mes poignets contre la tête du lit. Ces choses étaient merveilleuses, bien plus confortables que de classiques menottes, mais tout aussi excitantes. Alors que je fus libre des mouvements de mon bras droit, il me fixa, légèrement fourbe :

-Je devrais peut-être te laisser comme ça finalement, je t'aurais plus facilement à portée de main.

Il disait cela mais je savais très bien qu'il adorait se sentir provoqué avant de m'attacher. Je voulus lui répondre mais il vint replacer l'une de mes mèches de cheveux, me caressant doucement le visage. Je fermai les yeux sous ce plaisir, l'imaginant me prononcer trois mots surréaliste. Quand je les ouvris, son regard était plus ferme, frustré comme s'il se sentait vexé par quelque chose. Il finit de me libérer et se retourna pour s'occuper de sa clope qu'il venait de sortir de son paquet. Et avant qu'il ne l'allume il déclara, sans un regard, subitement, bien trop subitement pour moi :

-T'es amoureux ?

Mon coeur rata un battement alors qu'il se resserra si fort qu'il en atrophia ma poitrine. Mon souffle se coupa violemment dans mon sursaut de surprise et d'incompréhension qui figea mon corps. Il voulut allumer sa cigarette mais au bruit frénétique de l'étincelle défectueuse et de son léger grognement, son briquet ne marchait pas. Mes yeux continuaient à s'écarquiller au fur et à mesure que le temps, d'une extrême lenteur, avançait. Comment ? Qu'est-ce que j'avais laisser paraître pour qu'il me demande ça ? Est-ce que tout allait se finir maintenant ? Mon coeur continuait à se rétrécir sur lui-même, cherchant sûrement à disparaître, et mon ventre se creusait de stress alors que je sentis ma gorge se nouer, me laissant au bord des larmes. Il se leva, toujours dos à moi, vers son bureau pour chercher quelque chose de fonctionnel qui pourrait allumer sa clope. Je tentai de me calmer, de me reprendre, ne voulant pas qu'il me vois liquéfié.

-Si t'es amoureux dis-le, reprit-il, je ne veux pas que tu penses à quelqu'un d'autre que moi quand on baise, encore moins à une vieille meuf.

Le flot de stress se coupa brutalement en même temps que mes pensées, me laissant perdu dans une vaste incompréhension. Il attrapa ce second briquet pour le porter jusqu'à la cigarette qu'il pinçait entre ses lèvres. Mais alors que je ne comprenais pas ce que la gente féminine venait faire là, un éclair de lucidité se propagea dans ma cervelle, laissant mon corps s'éprendre de soulagement. Mon souffle reprit, forçant mon coeur à se desserrer, à reprendre sa forme d'origine pour battre au rythme de mes respirations. Mon ventre se détendit, comme mes yeux qui se laissaient en partie recouvrir par mes paupières. Levi ne parlait pas de lui, il pensait que j'aimais quelqu'un d'autre. "Heureusement que parfois il est con" me dis-je en laissant un grand soupir de soulagement intense passer mes lèvres alors qu'il se retourna vers moi, la clope allumée au bec. Il me dévisagea avant de froncer légèrement les sourcils l'air de dire "c'est quoi cette tronche", je lui demandai soudainement, ne voulant pas qu'il réfléchisse :

-Pourquoi tu me dis ça ?

Il détourna les yeux, tirai une taffe et revint s'asseoir à côté de moi, qui cherchais absolument à avoir la gueule la plus normale possible.

-Tu fermes souvent les yeux quand je te touche, j'ai l'impression que tu penses à autre chose.

J'eus la douce envie de rire face à ses paroles, je ne pensais à personne d'autre que lui. Lorsque je fermais les yeux c'était pour l'imaginer avec d'autres mots, d'autres émotions. Mais je ne pouvais et je ne pourrais jamais penser à quelqu'un d'autre que lui quand il me touchait, ça n'avait pas de sens.

-Et ça, ça te fait penser que je suis amoureux de quelqu'un ? T'es pas un peu extrême parfois ?

Son visage se détendit, sûrement soulagé de savoir qu'il n'y avait aucune autre personne qui avait le pouvoir de hanter mon esprit. Il ne mis pas longtemps avant de reprendre la parole.

-Alors pourquoi tu me regardes pas tout le temps ? Me dit-il en plongeant ses yeux dans les miens.

Mon coeur rata une nouvelle fois un battement, mais cette fois-ci ce fut à cause de l'intense joie que je ressentis. Levi me voulait entièrement jusqu'à mon regard, mais surtout, il me voulait constamment. Je sentis un sourire fendre mon expression, lui volant une lueur d'incompréhension bleuté dans ses iris. Il ne fallait pas qu'il pense. Je me rapprochai de lui et lui murmurai d'un ton vicieux, charmeur :

-Pour ne pas jouir trop vite.

Je ne lui laissai pas le temps d'être surpris en venant me rapprocher davantage de lui pour l'enjamber afin de me retrouver à califourchon sur ses cuisses nues avant de passer une main derrière sa nuque pour lui susurrer directement aux creux de l'oreille :

-T'es tellement beau, tellement excitant Levi, si je te regarde alors que ton corps me fait perdre la tête, je ne pourrais jamais me retenir plus d'une seconde.

Je pus le sentir frissonner. Sa main vint caresser mes cheveux avant de les agripper avec poigne pour tirer ma tête vers l'arrière, m'obligeant à garder ce contact visuel avec lui. Aimait-il tant mes yeux que ça ?

-Tu penses à personne d'autre ? Me demanda-t-il avec insistance.

Je souris avant de lui répondre :

-Jamais.

Je sentis mon corps basculer de toutes parts avant de me retrouver bloqué par le sien qui me surplombait, ses pupilles dilatées toujours fixées sur moi. Mes poignets étaient maintenus par ses mains contre le matelas, alors que son bassin, entièrement dénudé, se pressait contre le mien. Sa clope, presque complète, se consumait seule dans son cendrier, Levi ayant abandonné son envie de relaxation pour un autre plaisir, pour moi. Il déclara soudainement, d'une sincérité pure et très agréable :

-Je crois qu'en fait, savoir que t'aime bien les meufs me fait chier, si t'as envie d'une chatte je pourrais jamais te satisfaire.

Mon coeur se réchauffa encore, l'idée qu'il ait peur de perdre notre relation, ou du moins nos baises, me donna un agréable frisson de joie et d'excitation. Il était jaloux, méfiant, possessif, il me voulait pour lui seul. Je lui répondis d'un ton aguicheur et provocateur :

-Aucune fille ne pourra jamais me satisfaire comme tu le fais, ça serait inhumain.

Il m'offrit un doux sourire partagé entre la satisfaction et la luxure avant de venir, à son tour, me murmurer à l'oreille :

-Je savais bien que j'aurais dû te laisser attaché.

Et il vint fondre sur mes lèvres, m'emportant dans un baiser enflammé qui me promettait de ressentir encore une fois, ce plaisir divin que lui seul pourrait m'offrir.


Samedi 12 : 11h36

J'étais affalé sur le canapé, mon téléphone dans les mains, alors que j'entendais l'eau de la douche couler. Il était encore bien tôt pour un samedi, même pas midi et pourtant je m'étais retrouvé obligé de quitter son lit. Peut-être que je devrais me rebeller, lui dire que moi je n'étais pas d'accord avec sa tyrannie, mais il m'avait vraiment foutu la trouille en m'ordonnant d'aller attendre l'arrivée d'Hanji parce que lui était pris d'un soudain besoin viscéral de se laver. Et comme je l'avais toujours dit : un Levi pas douché, ça faisait grave flippé. Bref, tout ça pour vous dire que finalement, aucune rébellion contre Levi ne verra le jour. Je pianotai sur mon téléphone pour prendre des nouvelles de Sasha, cette dernière avait le pouvoir assez fou de me faire passer le temps incroyablement vite, de transformer l'ennui en amusement. Elle me répondit rapidement :

De Sasha : Salut jambon, qu'est-ce que tu fais de beau ? Moi ça peut aller mais je stress de fou là. J'ai enfin le numéro de Connie, tu crois que je dois l'appeler ?

Je souris en lisant son message, elle était adorable à bégayer face à ce petit chauve. Je n'avais jamais compris ce qu'elle lui trouvait, mais à chaque fois qu'ils se parlaient, on sentait l'harmonie de leurs discussions farfelues.

De Moi : Bien-sûr qu'il faut que tu l'appelles :) Je te jure que t'as toutes tes chances, ça se voit grave qu'il t'apprécie, vas-y fonce, t'as rien à perdre.

De Sasha : Ouais, je vais l'appeler, allez, juste un peu de courage et je lui avoue que la lettre vient de moi, c'est pas compliqué.

De Sasha : Nan, en fait je peux pas, je me chie dessus-là.

Mon sourire s'agrandit, sa gêne et sa maladresse face à lui étaient incroyablement drôle. Elle reflétait une telle innocence, un amour pur de lycéenne intimidée. Même si elle kiffait un chauve dénué de style, je lui souhaitais vraiment d'avoir assez de courage pour se déclarer à lui, ils formeraient un couple incroyablement étrange, mais mignon.

De moi : Mais si tu peux, va te vider en vitesse et tu n'auras plus rien à chier quand tu lui parleras, rien ne pourra mal tourner :) Tu n'as rien à perdre de toute façon, Connie c'est un mec bien, il ne se moquera jamais de toi tu le sais, donc si c'est pas réciproque, bah tant pis, on ira bouffer des crêpes tous les deux pour te consoler. Mais si c'est réciproque, tu seras super heureuse avec lui. C'est le genre de sentiment qui existe seulement pour être partagé, sinon ça sert à rien.

Et ce ne fut qu'après l'envoie de ce message que je me rendis compte à quel point j'étais un hypocrite contradictoire. Comment pouvais-je dire ça à une amie alors que je choisissais de mon côté de nier ce que je ressentais par peur de tout foutre en l'air ? Je ne pus me perdre davantage dans mes pensées, celles-ci étant brusquement stoppées par le bruit de trois coups frénétiques qui se firent entendre de la porte. Je soupirai en me relevant lentement du canapé pour me diriger vers cette dernière. Hanji devait probablement être arrivée. Mais lorsque je tournai la poignée pour l'ouvrir, ce furent deux yeux bleus étonnés qui m'apparurent. Cet homme, blond, était immense et imposant, il me fixait avec une forte interrogation alors que son expression était accentuée par ses sourcils haussés d'une épaisseur démentielle. C'était qui ce vieux gars ?

-Oh, hum, bonjour, commença-t-il en me souriant doucement, quelque peu hésitant.

Je pouvais sentir mes sourcils, d'une taille parfaitement normale, se froncer d'incompréhension. Il avait la taille, la carrure et la gueule d'un parfait mannequin américain, ça devait sûrement être un vendeur de quelque chose d'absolument random et inintéressant servant à la bonne santé ennuyante de son corps. Si ce gars était un témoin de Jéhovah, ils étaient encore plus flippants et étrange que ce que j'imaginais. Mais il reprit, me prouvant qu'il n'était absolument pas ici pour prêcher la bonne parole :

-Levi n'est pas là ?

Il était d'une évidence pure que quelqu'un qui cherche à voir Levi n'a rien à voir avec Dieu. Car c'était deux nom qui ne trouvait corrélation que dans les plaisir divin du sexe. C'était bien beau de me perdre dans mes pensées, mais c'était qui ce gars en fait ? Je répondis d'un ton se voulant neutre :

-Il est sous la douche, et vous, vous êtes ?

Il me répondit par un grand sourire, apparemment heureux d'apprendre que l'homme qui hantait mon esprit et rassasiait mes nuits était en train de se décrasser. Il me répondit, bien moins hésitant, avec un volume légèrement supérieur :

-Moi c'est Erwin, je suis le propriétaire de cet appartement, et toi jeune homme ?

Le bruit de la douche se coupa instantanément au son de sa voix. Le propriétaire de cet appartement ? Je pus sentir mon visage se tirer vers le bas. Il devait sûrement savoir que Levi était prof, et se faire ouvrir la porte par un ado de mon âge allait forcément lui faire penser à ce qu'il se passait. Ok, s'il demandait je lui dirais que j'ai 18 ans, nan ça serait suspect, disons 19. Mais il se contenta de déclarer, toujours souriant :

-Ne fais pas cette tête, Levi fait ce qu'il veut, ça le regarde, moi je viens juste pour l'appartement.

J'eus à peine le temps d'être étonné que la porte de la salle de bain claqua brutalement. Il avait déjà finit de prendre sa douche ? C'était bien plus long d'habitude.

-Qu'est-ce que tu branles ici Erwin ? Balança brusquement Levi qui venait de débouler dans la pièce.

Son sourire ne fit que s'accentuer davantage face à cette salutation bien marginale. Ils avaient l'air de vraiment bien se connaître tous les deux. Levi restait légèrement en retrait, le corps quelque peu vers l'arrière, comme sur la défensive alors que plusieurs mètres les séparaient. Comment il avait fait pour se fringuer aussi vite ?

-Calme-toi Levi, je viens seulement pour te faire signer un nouveau bail, le dernier se termine dans deux semaines, tu comptes toujours rester nan ?

Il sembla se détendre à l'entente de cette phrase alors qu'il me jeta un léger coup d'oeil. Est-ce que mon incompréhension venait de le rassurer ?

-Tu me laisses vraiment l'appart' ? Demanda-t-il, bien plus sereinement.

Mon incompréhension venait bel et bien de le rassurer. Je serrai les dents à cette pensée, il était content de savoir que je ne savais rien de lui, ni de qui était cet homme qu'il semblait très bien connaître ? Ce grand blond, ce fameux Erwin, lui répondit par un sourire bien trop tendre. Mais c'était qui ce vieux gars ? Levi reprit :

-Merci Erwin, et désolé de m'être emporté, mais tu pourrais prévenir avant de débarquer la prochaine fois.

Je pus sentir mes yeux s'écarquiller en voyant le léger, tendre et mignon petit sourire adorable que Levi lui lançait. Mais c'était qui ce vieux connard en fait ? Même face à Hanji, il ne souriait pas de cette manière. Et puis merde, il venait de le remercier et de s'excuser dans la même phrase, j'avais pas rêvé ? Les seules fois où j'avais le droit à ce genre de sourire moi c'était après l'orgasme, est-ce que le voir était plus satisfaisant pour lui que de jouir avec moi ? Je serrai le poing. Peut-être valait-il mieux que je me détende, qu'il ne remarque pas mes réactions, quoiqu'il avait l'air tellement perdu dans les yeux bleus de cet enculé qu'il n'avait pas l'air prêt de me remarquer.

-Pardon, d'habitude t'es seul à cet heure-ci du samedi, répondit ce grand blond monté comme un acteur hollywoodien, mais je vois bien que je tombe mal là, donc je vais juste te laisser le dossier et je repasserai une autre fois d'accord ?

Il pouvait directement dire que je perturbais leur rendez-vous galant, je ne verrais pas la différence. Levi, qui ne me jetait pas le moindre coup d'oeil, semblant avoir oublié ma présence, s'avança vers lui, toujours ce petit sourire de merde plaqué sur son visage alors que ses si fins cheveux noirs encore mouillés se collaient à son front et laissaient ruisseler de fines gouttelettes d'eau. Il était si beau cet enfoiré, mais pourtant il continuait à avancer vers lui et non vers moi. Il soupira en arrivant face à cet emmerdeur :

-Ya pas de soucis, tu m'as juste surpris, passe-moi le bail, je viendrais moi pour te le rendre.

J'entendis mes dents grincer alors que mon poing se resserra davantage. Bien-sûr qu'il allait se déplacer pour lui rendre, quitte à lui tailler une pipe autant que je sois pas là. Ça me foutait la rage de les voir si proche. Mais cette dernière ne fit qu'augmenter lorsque Erwin, ce trou du cul, sortit de son sac en bandoulière quelques pages agrafées entre elles et que sa main vint effleurer celle de Levi quand il les prit. Son regard se détourna doucement, comme si il était gêné par ce contact. Mais je ne rêvais pas en plus, y'avait vraiment un truc entre Levi et ce vieux trentenaire qui avait même l'air de s'approcher de la quarantaine. C'était quoi ce bordel ? Attendez… on parlait bien d'un mec bien plus âgé que lui qui le faisait sourire et détourner le regard hein ? C'était quand même pas lui le mec dont il était tombé amoureux quand il avait mon âge hein ? J'eus l'étrange sensation que mon cerveau se mit sur pause alors que je vis ce grand blond au corps de "Yes life mega healthy" se diriger vers la porte, saluer Levi et se barrer. Ce dernier le regarda partir sans le lâcher une seconde des yeux. C'était lui hein ? Il finit par détacher les yeux de la porte après une éternité où il aurait très bien pu rougir en pensant à son prince charmant. Il se retourna finalement, posa le dossier sur la table de la cuisine et alors, seulement là, il daigna me regarder. Je profitai de ce contact visuel pour lui demander brusquement :

-C'est qui ce gars ?

Mon ton était peut-être un peu brutal puisqu'il fronça légèrement les sourcils. Quoi, il n'aimait pas que je parle mal de son grand amour c'est ça ?

-Bah le proprio, t'es pas sourd, non ?

J'allais le buter. Il osait flirter sous mon nez en m'ignorant et maintenant il se foutait de ma gueule ? J'allais le buter ce magnifique petit con. Je lui répondis bien plus sèchement, d'un ton quelque peu agressif :

-T'as l'air vachement proche de ton proprio alors.

Le froncement de ses sourcils se fit bien plus fort, plus prononcé. Son visage devint plus sévère alors que sa langue claqua contre son palet.

-Et alors ? C'est pas illégal d'être pote avec son proprio, qu'est-ce que ça peut te foutre ?

Cette fois-ci je dus me mordre la lèvre pour ne pas lui répondre d'aller se faire mettre. "Pote" ?! Il se foutait complètement de ma gueule là c'était plus possible.

-Ça peut me foutre que ça n'a vraiment pas l'air d'être ton pote Levi, alors réponds-moi et dis-moi c'est qui ce vieux mec, merde !

Son visage se crispa de colère, il n'aimait vraiment pas que j'insulte sa princesse hein ? Il devait être sacrément amoureux de ce connard pour me sortir une tronche pareille.

-Oi, tu baisse d'un ton, tout de suite.

Sa voix était sévère, sèche, glaciale.

-C'est lui hein ?

Son poing se ressera à l'entente de mon ton empli de mépris.

-Je sais pas de quoi tu me parles Eren mais t'as vite intérêt à te calmer.

Mon poing était si serré qu'il en tremblait, j'avais envie d'éclater cette table sur laquelle on avait déjà baisé mais où pourtant il avait osé poser ce putain de dossier. Comment il pouvait oser me dire de me calmer après avoir fait les yeux doux à cet enculé ?!

-C'est lui le vieux mec dont t'étais amoureux à mon âge hein ? C'est lui le mec qui t'as détruit ?! Et toi tu continues à l-

-Ferme-là ! Me cria-t-il dessus. Tu commences sérieusement à me faire chier avec tes questions, bordel, quand est-ce que tu vas te foutre dans le crâne que je n'aime pas parler de moi ?!

Mon sang bouillonnait, mes ongles s'enfonçaient dans la paume de mes mains alors qu'un spasme de colère traversa mon corps.

-Quand tu comprendras que j'en ai ras le cul de parler avec un putain d'inconnu !

Et toute la rage, la colère et la violence s'evopara de mon corps, comme si j'avais enfin balancé ce qui me pesait sur le coeur. Je venais enfin de comprendre ma curiosité, mon besoin maladif de tout connaître chez lui. Je vivais chez un inconnu, j'avais offert toute ma confiance à un inconnu, je passais mon temps avec un inconnu mais surtout, j'étais amoureux d'un inconnu. Lui aussi ses muscles semblaient plus détendus. Mais son visage était tiré vers le bas, la bouche entrouverte et les yeux écarquillés, laissant le choque s'emparer de son expression. Il ne répondis pas, se contentant de me fixer, désemparé. Il mit un certain temps avant de cligner des yeux pour finalement venir regarder le sol. Il marcha jusqu'au canapé sur lequel il s'assit pour prendre une cigarette, l'allumer et tirer une violente taffe dessus avant de replonger son regard dans le mien.

-C'est vraiment comme ça que tu me vois ? Comme un inconnu ?

Un blanc s'installa doucement. Mes mots semblaient vraiment l'avoir touché. Je soutenais son regard un peu perdu, presque un peu triste, en réfléchissant à mes mots.

-C'est injuste Levi, tu connais tout de moi, ma vie, mes peurs, ce que j'aime, tout. Mais moi je serais incapable de te définir, parce que je te connais pas vraiment.

Il détourna les yeux, comme si mes paroles lui étaient insupportable, avant de revenir les fixer sur le sol. Il continuait à fumer, sans un mot, prenant le temps d'encaisser ce que je venais de dire. Il finit par me répondre d'une voix presque basse et teintée d'une légère culpabilité :

-T'as raison, ça doit être frustrant pour toi de vivre avec quelqu'un dont tu ne connais rien, ni la vie, ni les pensées, tu dois être perdu.

Je baissai la tête, fixant moi aussi ce plancher. J'étais bien plus que perdu.

-Pour Erwin aussi t'as raison, reprit-il, c'est bien lui ce mec dont j'avais fait la connerie de bien trop m'attacher, où je me suis laissé me perdre dans une relation toxique qui m'a détruit.

J'aurais du être heureux d'une telle sincérité de sa part, c'était un cadeau inestimable. Mais le fait qu'il parle de se "perdre" après m'avoir dit que j'étais perdu me fit mal, bien trop mal, comme s'il sous-entendait la fatalité que je me détruise auprès de lui. Et pris dans un tourbillon d'émotions étrange et contradictoire, je lui demandai :

-T'as encore l'air amoureux, alors dis-moi, tu penses à lui quand on baise ?

Il releva la tête, les traits encore plus marqués par le choc, les yeux encore plus écarquillés mais cette fois-ci ornés d'interrogation.

-Eren, tu me vois vraiment comme un connard ?

Je détournai les yeux, ne pouvant supporter de le voir comme ça, alors qu'il me demandait sérieusement cela avec une once de tristesse en attendant véritablement une réponse. Je n'aurais pas dû demander ça.

-N-nan… mais….

Je ne pus trouver mes mots, laissant ce brutal et si violent "mais" en suspens.

-Je ne suis plus amoureux de lui, reprit-il d'une voix un peu plus calme qui se voulait plus contrôlée, mais qui, pourtant, déraillait légèrement. Je sais que parfois je réagis bizarrement face à lui mais c'est parce que je m'y suis tellement accroché pendant si longtemps à m'obstiner dans l'idée que j'avais une chance. C'est toujours étrange de revoir quelqu'un qu'on a aimé, mais c'est plus le cas aujourd'hui, je te le promets Eren.

Mon coeur se ressera à l'entente des ses mots débordants d'émotions qui me rassuraient autant qu'ils m'effrayaient. Je tentai de ne pas me reconnaître dans ses paroles, de ne pas me dire que je m'enfermais dans la même souffrance qu'il avait déjà connu. Je ne répondis pas, toujours incapable de trouver mes mots et le laissai continuer.

-Tu n'es pas un défouloir qui me permet de l'oublier, ça n'a rien à voir. Jamais j'ai pensé à quelqu'un d'autre que toi pendant le sexe. Tout me plaît chez toi, ton corps, ta personnalité, tes paroles et tes provocations parfaites me font bander. Mais c'est pas que le cul non plus, jamais je n'aurais accepté que t'habites ici si nos conversations ne me plaisaient pas autant. Tu n'es pas là parce que je suis frustré de quoi que ce soit, t'es un véritable ami Eren, et je suis désolé de pas te le rendre correctement.

Je me mordis la lèvre inférieure, me retenant de chialer. Ces mots, prononcés d'une voix légèrement brisée, était d'une douceur telle que je me laissai bercer d'illusions et d'espoirs vains qui jamais ne pourront devenir réalité, car bien-sûr, il me parlait d'amitié. Je continuais de fixer le sol, ne pouvant le regarder. Il reprit, comprenant que je resterais dans mon mutisme :

-Regarde-moi s'il-te-plaît, dis-moi que tu me vois pas comme un connard qui profite de toi.

Je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas croiser ses yeux alors que les miens étaient au bord des larmes, alors que j'étais complètement perdu entre l'envie de le prendre dans mes bras et celle de me barrer loin d'ici, d'éviter pour toujours la frustration de mes désillusions. Je réussis à ravaler les larmes qui voulaient dévaler mes joues pour lui répondre, sans détourner le regard du plancher :

-Je ne te vois pas comme ça non plus Levi, c'est juste que j'ai l'impression que je suis pas grand chose pour toi, et que tu ne vois pas l'intérêt de me parler de quoi que ce soit, alors je me suis dit que peut-être tu pensais à lui quand t'étais avec moi.

Je pus entendre sa cigarette s'éteindre, écrasé dans un cendrier, alors qu'il se leva pour arriver jusqu'à moi. Sa douce main caressa ma joue, m'obligeant à relever la tête, à plonger mes yeux dans les siens d'un bleu intense. Je continuais à me mordre la lèvre, je ne devais pas chialer, ni même trembler face à lui qui ne devait surtout pas comprendre le sentiment que je lui portais. Il reprit d'une voix si douce et rassurante :

-Si tu ouvrais les yeux Eren, tu verrais que jamais je te lâche du regard, que jamais je pense à autre chose que toi quand on fait l'amour.

Et je craquai. Je fondis sur ses lèvres, préférant me perdre dans de faux espoirs que de ne plus le voir. Mon corps s'était collé au sien qu'il enveloppa avec tant de douceur alors que je me mentis à moi-même. Pour me dire ça, il devait être amoureux. J'oubliai le mot "ami" qu'il avait prononcé pour que mon coeur se perde dans une idée d'amour partagé, dans une idée de bonheur. Il m'aimait c'était sûr, pour m'embrasser avec une telle passion, c'était forcément ça, ça n'avait rien à voir avec le fait qu'il m'avait toujours embrassé de la sorte pour me sauter. Mes larmes n'avaient plus de raison d'exister puisque je me berçais dans des illusions bien trop agréables, hypnotisé par ses gestes, ses caresses, sa langue qui effleurait mon palet et la façon dont il emporta mon corps jusque dans la cuisine. Alors oui, sûrement que lorsque je reviendrai à la réalité, me rappelant du sens unique de mes sentiments qui rendaient mon coeur si étroit, je devrais prétexter chercher quelque chose pour me barrer dehors, extérioriser des flots de pleurs. Je me sentis porté, quittant le sol, avant de me retrouver assis quelque part. Ses bras m'entouraient toujours, mais sa bouche me quitta.

-Tu sais pourquoi j'ai envie qu'on le fasse sur le plan de travail ? Me demanda-t-il d'une voix rauque et passionnée qui sonnait comme emplie d'amour.

Je laissai un "non" passer la barrière de mes lèvres. À vrai dire, je n'avais même pas remarqué l'endroit où je me trouvais.

-Parce que j'ai envie qu'on puisse le faire partout, qu'à chaque instant je puisse me rappeler d'un de ces moments, peu importe où je me trouve.

Je revins relier nos lèvres et nos langues pour les faire valser ensemble avec passion. À chaque seconde il se faisait plus rapide, plus entreprenant, venant retirer mon haut, m'embrasser, me suçoter et mordiller le torse. À chaque seconde je m'enfonçais un peu plus dans l'idée qu'il m'aimait, en fermant les yeux pour m'y conforter. Et quand je les ouvris, un sursaut brutal s'empara de moi, croisant le regard aussi surpris que fasciné d'une folle au grand sourire dérangé qui laissait un filet de bave couler sur son menton.

-Hum pardon, commença Hanji en s'essuyant les lèvres, la porte n'était pas vraiment fermée alors je suis rentrée.

Levi se stoppa net et se retourna pour la foudroyer du regard.

-Hum oui, du coup j'imagine que je repars hein, bon bah tu m'appelles quand t'as fini Levi, on se rejoindra tout à l'heure.


Samedi 12 : 20h42

POV Levi :

J'étais un inconnu. J'étais seul sur mon canapé à attendre un ado qui transformait mon quotidien pour le rendre tellement plus agréable et vibrant qu'avant mais qui me considérait comme un inconnu. Je ne pouvais pas l'en blâmer, c'était ma faute bien-sûr, comme à chacune de mes relations sociales, mon manque de communication foutait encore tout en l'air. Mais cette fois-ci, je refusais que ça se passe comme ça, je ne pouvais pas le perdre, lui qui était passé de divertissement à nécessité pour l'équilibre de mes journées. Putain, qu'est-ce que je me faisais chier sans lui, à juste penser sans observer ses beaux sourires ni écouter ses réflexions puériles. Après qu'on ait baisé tout à l'heure et alors que je fumais ma clope d'après orgasme pour revenir à la réalité, il s'était rapidement rhabillé pour se barrer de mon appart' afin de se racheter un paquet. Pourtant, j'avais bien vu qu'il lui restait largement assez de cigarette pour finir la journée. Et encore maintenant, pour la deuxième fois aujourd'hui, il me laissait seul. Cette fois-ci, il voulait apparemment racheter du paprika pour cuisiner des cuisses de poulet. Il me prenait quand même pour un sacré con avec ses excuses, je savais bien que ce n'était que des prétextes pour se barrer de chez moi. Alors c'était vraiment comme ça que ça allait évoluer entre nous ? Plus il habitera chez moi, moins il restera dans mon appartement ? J'avais bien compris qu'il se sentait mal à l'aise face à "l'inconnu" que j'étais, mais de là à préférer passer son temps dehors plutôt qu'en ma présence, ça faisait quand même mal. Je pensais avoir tissé une amitié avec lui, mais j'avais encore oublié que sans aucune sincérité de ma part, je ne méritais pas grand chose des autres. J'étais un menteur né, un salaud manipulateur. Mais j'étais sincère dans l'affection que je lui portais, j'adorais vraiment passer mon temps avec Eren qui avait le don d'effacer la rareté de mes rires. Lui m'avait offert sa confiance et ses peurs, mais à force de vivre avec quelqu'un dont il ne connaissait que le nom, il était normal qu'il se sente en insécurité. Peut-être même qu'il se méfiait de moi qui avait tout pour le détruire, alors qu'au fond, je voulais juste le voir heureux. Vivre et baiser avec son prof, ça n'avait rien de normal pour un ado de 15 ans, mais au moins j'avais espéré qu'il se sente bien dans cette vie après l'horreur qu'il avait connue. J'allumais une clope à l'aide de ce stupide briquet moche qu'il m'avait offert. Avant de le connaître, jamais je n'aurais cru trouver drôle ce genre d'enfantillage, et pourtant, je me sentis sourire en voyant le dessin de cette femme nue sur ce clipper. Je ne pouvais pas rester dans mon mutisme absolu face à lui, il fallait que je lui parle, que je lui partage qui j'étais. Mais comment on était censé faire une chose pareille ? Lui parler du Bataillon et de ce qui l'entourait était impossible, premièrement parce que j'en avais l'interdiction des plus formelles, mais aussi parce que ça allait juste le faire détaler en courant. Pourquoi les interactions humaines me paraissaient toujours si complexes ? Ne rien lui dire allait l'éloigner de moi et lui en dire trop allait le faire fuir, je n'avais pas vraiment le choix de trouver un juste milieu pour le garder auprès de moi. Mais pour ça, j'allais devoir partiellement mentir, bien-sûr, comme à chaque putain de seconde de ma vie, mais bon, peut-être qu'une partielle vérité sur moi était déjà une plus grande sincérité que le néant absolu. Ou alors je pourrais seulement lui parler de ce que j'aime, de ce qui me plait, mais ça m'étonnerait qu'il en ai quelque chose à foutre de l'animation expérimentale ou de l'expressionnisme allemand. Le mieux à faire était bien malheureux, bien frustrant. Je devrais m'inventer une vie, lui parler réellement de moi, de ce que j'ai connu, mais dans un contexte différent, avec des gens différents sans évoquer un quelconque crime ou acte qui pourrait lui donner la sensation d'être en danger. Évidemment, ça ferait de moi un connard, un hypocrite, mais je n'avais pas vraiment d'autres choix pour éviter de le perdre. Je n'étais pas non plus un véritable enculé, il n'avait pas grand chose à craindre dans cet appart', Erwin surveillait toutes les entrés et sorties, je serais prévenu à la moindre chose suspecte. Mais ouais, j'étais quand même menacé de mort, c'était pas le top en terme de sécurité. Et ce fut sur cette pensée d'une pure évidence que la porte s'ouvrit, laissant apparaître Eren, un sac en plastique dans la main. Il s'avança vers moi d'un air plutôt déterminé avant de sortir de ce sac deux bouteilles qu'il posa fermement sur la table basse. Une vodka et du jus de pomme, mais qu'est-ce qu'il branlait ? Je le regardai avec interrogation avant qu'il ne déclare :

-Bon, finalement j'ai pas faim, viens on s'enfile ça tous les deux ?

Mon interrogation se fit soudainement bien plus forte alors que je sentis mes sourcils se froncer d'incompréhension totale. Premièrement, je n'avait rien d'un ado en soirée, je n'étais pas vraiment du genre à boire ce style de mélange dégueu, mais surtout, qu'est-ce qu'il avait dans le crâne ? Il buvait jamais ce con, pourquoi vouloir subitement qu'on se mette une race ensemble ? Sans détourner les yeux je lui demandai :

-Pardon ?

Un grand sourire me répondit avant qu'il ne fasse demi-tour pour aller chercher des verres dans mes placards. Il reprit finalement la parole en me rejoignant :

-J'ai bien réfléchi tu sais, j'ai envie d'en savoir plus sur toi et toi t'aimes pas parler, bien, soit, pas de soucis, faisons un jeu à boire.

Il posa un verre en face de moi qu'il commença à remplir à moitié de vodka. Mais il était déjà complètement pété c'était pas possible ? Qu'est-ce qu'il me sortait comme connerie ?

-Comment ça un jeu à boire ? De quoi tu parles Eren ?

Il s'affala sur le canapé à mes côtés, me laissant complètement ahuri de ses paroles et de ses gestes. Mais à quoi il avait bien pu réfléchir pour en arriver à cette conclusion ? Finalement il déclara, absolument sûr de lui :

-Bah c'est évident, comme ça je peux te poser des questions sur toi, t'y réponds si tu veux et sinon, pouf, tu bois.

Évident ? Mais ça n'avait rien d'évident, il était juste déjà bourré ce débile, c'était la seule raison "évidente" à son comportement étrange. Putain, même Hanji me sortait pas ce genre de conneries.

-T'as bus ? Lui demandai-je, suspicieux.

Il leva les yeux au ciel en râlant avant de remplir lui aussi son verre d'un tier de vodka. Mais c'est qu'il trichait déjà en plus.

-Bien-sûr que non, tu dois tenir 100 fois mieux l'alcool que moi, je ne partirai jamais avec un tel désavantage.

Sa vision compétitive puérile me vola un léger sourire, cette situation était totalement absurde. Mais il était vrai qu'en y réfléchissant deux secondes, ce qui avait dû être son temps de réflexion pour trouver cette idée, c'était finalement un bon compromis pour parler de moi sans trop en dire. Il finit de remplir nos verres de jus de pomme. Par contre j'étais vraiment obligé de boire cette merde ? Il reprit la parole, me fixant avec de grands yeux adorables qui semblaient briller d'enthousiasme :

-Alors, t'es d'accord ?

Lorsque ses perles d'émeraudes brillaient avec autant d'intensité, je ne voyais pas vraiment ce que je pouvais lui refuser.

-Qu'est-ce que j'y gagne moi à ton jeu pour ado ?

Son regard ne se fit que plus important alors qu'il accompagna sa magnifique expression d'un clin d'oeil.

-Je savais que tu me dirais ça Levi, et bien tu pourras toujours me demander toutes mes envies sexuelles, je suis sûr que ça t'intéresse.

Je fronçai les sourcils, pensait-il que seul ça m'intéressait chez lui ? Mais avant que je ne rétorque, il reprit la parole, me faisait perdre toute objectivité et raison de refuser son jeu puéril :

-Tu sais, depuis le temps, y'a plein de truc que j'aimerais rajouter à ma liste et dont je ne t'ai pas parlé.

...Soit.

-J'accepte.

Il serra le poing pour célébrer sa victoire, dans quel merdier je venais de me foutre ? Il délaça ses chaussures et les balança au milieu de la pièce. Je voulus le sermonner mais il me coupa :

-Rhô non j'ai la flemme de ranger là, je le ferai après, puis personne boit avec ses chaussures, ça n'a pas de sens.

S'il n'était pas bourré, alors je pouvais officiellement dire que je vivais avec quelqu'un de mentalement dérangé. Mais j'oubliai étrangement le fait qu'il venait de salir mon sol, pour lui répondre d'un sourire, voyant sa gueule déformée par la joie bien trop forte qu'il avait l'air de ressentir. Si boire avec moi lui faisait tant plaisir, alors je n'avais aucune raison de refuser. Même si j'appréhendais un peu de le voir sous alcool. Si là il était sobre, je ne pouvais imaginer la suite. Il s'assit en tailleur, se mettant face à moi en trépignant presque d'excitation.

-Bon allez, je commence, me dit-il, c'était quand ta première cuite ?

Je fus assez surpris, moi qui pensais qu'il allait me demander des choses bien plus personnelles que ça. Peut-être cherchait-il à y aller petit à petit.

-14 ans.

Il me répondit par un grand sourire, apparemment très heureux d'apprendre ce petit détail sur ma personne. J'imaginai donc que c'était à mon tour de poser une question, je vous avoue que je n'avais jamais joué à ce genre de connerie. Je lui demandai, juste pour m'assurer :

-Tu tiens bien l'alcool ?

Et pour toute réponse, ce gamin but une gorgée en haussant les sourcils l'air de dire "tu verras bien". Quel ado insolent. Il reprit :

-T'as déjà fait un plan à trois ?

Ah, ouais, il montait vite en besogne.

-Ouais, mais c'était nul à chier.

En réalité, je n'avais plus vraiment d'autres souvenirs de cette nuit à part que c'était éclaté. J'étais complètement défoncé à l'héroïne aussi. Il pouffa à ma réponse, semblant plutôt heureux de cette information. Il n'avait pas intérêt à penser à ce genre de chose, je ne comptais pas le partager ce gosse.

-Bon dis-moi Eren, c'est quoi ce truc que tu aimerais rajouter à ta liste ?

Il rougit légèrement en souriant. J'étais satisfait qu'il prenne les devants et se montre provocateur mais le voir à nouveau embarrassé me fit doucement frissonner. Il était adorable.

-Bah.. hum, plein de trucs me répondit-il en passant une main derrière la tête.

Je fronçai les sourcils, ça n'avait rien d'une réponse satisfaisante ça. Je lui jetai un regard insistant le poussant à me répondre :

-J-j'aimerais que tu me… me mettes des fessées.

Son visage était encore plus rouge, brûlant de gêne. Je lui fis une légère moue pour toute réponse qui sembla le décevoir.

-Tu veux pas ? Me demanda-t-il d'un air quelque peu désappointé.

J'avais si souvent tabassé des gens dans une violence sans pareille, mes poings m'ayant même déjà servi à tuer. Je n'avais aucun contrôle de ma force, j'aurais bien trop peur de lui faire mal. Je me contentai de lui répondre :

-Désolé c'est pas mon truc.

Il me répondit d'une petite mine boudeuse avant d'hausser les épaules.

-Bon, c'est pas bien grave, aller à moi maintenant. Quand est-ce que ta croissance s'est arrêtée ?

Je fus pris d'un fort spasme d'agacement. Finalement, j'allais peut-être lui claquer le cul à ce morveux. Mais pour seule réponse, je me contentai de boire, sous les gloussements à peine contrôlés de cet insolent de merdeux. Je préférais autant cela que d'admettre que je n'avais pas pris un putain de millimètre depuis mes 13 piges. C'était vraiment immonde comme mélange de boisson cette pisse de vodka pomme.

-Et ta croissance mentale elle s'est arrêtée quand ?

Il me répondit par un doux rire harmonieux avant de se tapoter la tempe de son index.

-Elle est en total développement, par contre je m'inquiète sincèrement pour ton état mental, tu viens de gâcher une question juste pour me faire une pique nulle.

Je levai les yeux au ciel, c'était de la triche son truc, je venais juste de lui répondre par répartie, ça n'avait rien d'une question sérieuse. Mais je lui laissai reprendre la parole, tout content de sa petite stratégie pour me voler mon tour :

-Dis-moi dis-moi Levi, je suis curieux, j'aimerais bien savoir, t'as toujours été un grand dominant ou t'as eu ta petite période soumis ?

Je soupirai, c'était censé être moi qui lui posais des questions sur le cul de base. Mais je répondis honnêtement à sa question, comme à la plupart des suivantes. On continuait ce petit jeu pendant quelques bonnes dizaines de minutes. Lui tentait de me faire parler de plus en plus de moi, me poussant à boire de plus en plus l'immondice de ce mélange débile et enfantin. Quant à moi, j'arrivais finalement à lui soutirer quelques informations purement délicieuses sur ce qu'il aurait aimé rajouter à cette fameuse liste, à base de "oui ou non" puérils de sa part mais qui déclenchaient chez moi une très légère curiosité. Faisait-il exprès de parfois ne pas me répondre juste pour me frustrer ? M'enfin, c'était à ses risques et périls. Il n'avait même pas fini son deuxième verre que je pouvais déjà voir son visage se rougir et quelques gouttes de sueur apparaître sur son front alors qu'il tanguait de temps en temps, semblant perdre son équilibre. Moi, au bout de quatres verres, je vous avoue avoir tout de même un léger mal de crâne, c'était toujours aussi dégueu la vodka. C'était encore à son tour de me poser une question :

-Bon, alors, hum… comment t'as rencontré Hanji ?

Je souris, me rappelant de l'absurdité de cette rencontre, mais bien-sûr, je bus. Je n'allais tout de même pas lui parler de moi, à la rue, qui lui cambriolais ses gels douches, qu'elle n'utilisait pas d'ailleurs, avant que cette folle ne m'accueille avec un flingue. Il bouda légèrement, encore une fois déçu de ne pas en connaître plus sur moi. Ça me faisait un peu de peine de voir sa bouille quelque peu tristounette.

-Eren, tu me vois vraiment comme un inconnu ?

Ses grands yeux émeraude d'un magnifique vert étincelant s'écarquillèrent doucement en se remplissant d'une fine tristesse et d'une légère culpabilité. Il avait l'air de regretter ses paroles.

-Je suis désolé, commença-t-il, c'est un mot beaucoup trop fort. Tu m'as sauvé la vie Levi, je t'en remercie sincèrement, je suis bien plus heureux maintenant qu'avant mais… mais ça me fait bizarre d'accorder toute ma confiance et ma vie à quelqu'un dont je ne connais pas grand chose.

Et ce fut moi qui bus. Cet adorable gamin ne m'avait pas posé de question, mais je bus quand même, juste pour boire, vidant mon verre que je remplis à nouveau sous son regard soucieux. Ses paroles étaient dures à supporter, j'aurais aimé être pour lui bien plus qu'un inconnu envers qui il s'inventait une dette. Il reprit, bégayant :

-H-heu… s-sinon, t'étais quel genre d'ado au lycée ?

Il était plutôt mignon à essayer de changer de sujet, même s'il avait un tact frôlant le zéro absolu, mais bon, je n'étais pas mieux après tout. Et puis il méritait bien le peu de sincérité que j'avais à offrir, je lui répondis donc sans réfléchir :

-J'ai jamais été au lycée.

Et ce ne fut qu'après avoir vu les étoiles de curiosité et de satisfaction intense dans ses orbes d'émeraude aux reflets d'ambre que je me rendis compte de la connerie que je venais de lâcher. J'étais prof, et je venais de lui avouer que je n'avais jamais été au lycée. Mais quel con putain. La vodka tapait rapidement dans le crâne, ouais, mais de là à me laisser hypnotiser par ses yeux pour avouer une chose pareille, c'était quand même invraisemblable, j'étais même pas bourré, ni même "pompette" comme dirait un sudiste méprisant. Il trépignait sur place, un large sourire à la gueule, apparemment pressé de pouvoir me harceler de questions. Je profitai de mon tour pour lui demander maladroitement :

-Tu commences à être bourré, tu veux pas aller te coucher ?

J'avais beau pratiquer l'esquive de conversation depuis ma plus tendre enfance, j'étais toujours un trou du cul dans le domaine. Il me fit bien comprendre que pioncer était la dernière de ses envies avant de me balancer :

-Comment t'es devenu prof si t'as jamais été au lycée ?

Je vins doucement me masser les tempes, me préparant déjà à recevoir des centaines de questions personnelles et beaucoup trop lourdes pour moi. Bien évidemment, je bus sous ses yeux presque effarés et débordant d'une déception grandissante.

-Ah non, reprit-il, tu peux pas me lâcher un truc aussi intriguant pour le laisser en suspens, alleez réponds-moi !

Je voyais déjà venir ces jours, semaines, voire mois de torture où il n'allait plus me lâcher avec ça. Quel abruti je pouvais faire. Je me contentai de l'ignorer.

-Et toi sinon, c'était quand ta première cuite ?

Il sembla ahuri de la façon si peu subtile avec laquelle je détournais le sujet, mais il ne dit rien, après tout, c'était son idée à lui ce jeu débile. Il me jeta un grand sourire vicieux avant de me répondre d'un ton ironique :

-Nan, désolé, c'est trop personnel comme question.

Et il finit son verre d'une traite. Oi, c'était censé être quoi ça ? Une vengeance ? Il allait juste se fracasser le crâne, déjà qu'il avait l'air facilement atteint par l'alcool, il allait me faire un coma dans dix minutes s'il faisait ça. Je fronçai les sourcils face à son regard joueur, il essayait de me frustrer ?

-Bon du coup, comment t'as pu devenir prof, hum, t'as le bac au moins ?

Je bus.


Samedi 12 Octobre : 22h37

Je tenais fermement son poignet afin de garder son bras autour de mon cou et posé sur mon épaule. De mon autre main je l'agrippais par la taille le forçant à avancer alors qu'il trainait volontairement ses pieds sur le sol en tentant désespérément de se faire le plus lourd possible.

-Mais nan ! lâche-moi j-je veux pas dormireuh.

Quel gamin insupportable, il n'arrivait pas à faire le moindre pas seul, même tenir droit il n'en aurait pas été capable. Si je le lâchais, il allait juste s'effondrer le cul par terre. Je savais bien que boire avec lui était une mauvaise idée, putain, mais quel débile à vouloir absolument boire à chacune de mes questions. Certes, il avait réussi à me frustrer, mais il s'était surtout foutu tout seul au bord du coma éthylique.

-Allez, réponds-moi Levi, steuplé…

Ça faisait presque une heure qu'il s'obstinait sans relâche à savoir comment j'avais pu me retrouver prof, à me poser encore et encore la même question déformée. Sa détermination était admirable je devais bien l'avouer, mais elle était surtout plus chiante qu'autre chose. Plus j'avais bus à chacune de ses questions plus il avait enfilé ses verres cul sec face aux miennes. Et maintenant, il était quasiment raide mort dans mes bras alors que j'essayais de le trimballer jusqu'au lit pour qu'il arrête ses conneries et qu'il arrête de me casser les couilles par la même occasion. Ma vie l'intriguait-il à ce point pour qu'il se mette aussi minable ? Dans tous les cas, c'était la dernière fois que je jouais à ce genre de débilité avec lui, il ne supportait clairement pas de perdre. Putain, qu'est-ce que j'avais mal au crâne moi aussi.

-Steuplé, steuplé Levi, dis-moi après je t'embête plus, promis.

Je soupirai, s'il continuait à me faire chier de la sorte j'allais le foutre sous une douche froide ce chieur. Je continuais jusqu'à la porte de ma chambre avant qu'il n'attrape avec fermeté l'encadrement de cette dernière, me bloquant dans mes mouvements. J'aurais très bien pu le balancer sur le lit d'un seul geste mais j'étais épuisé. Il m'avait épuisé avec ses conneries. Je décidai donc de brusquement le lâcher, le laissant se ramasser sur le sol comme une vieille loque.

-Bon, commençai-je, t'as gagné, je te lâche et te laisse là, par contre si tu vomis sur mon plancher je t'assure que tu vas le regretter.

Il me regarda avec des grands yeux perdus. Putain, mais pourquoi même dans ces moments-là il était adorable ? Je voulus faire demi-tour, histoire de me griller une clope pour calmer cette migraine, la vodka c'était vraiment le pire des alcools. Mais je sentis ses bras venir entourer mes jambes, me bloquant entièrement. Il avait pas fini de me faire chier hein ?

-N-nan, me laisse pas tout seul… je t'aime trop Levi, t'es trop gentil et tout, m-me laisse pas tout seul… steuplé…

Je m'arrêtai instantanément. "Gentil" ? Mais il avait complètement pété un plomb en fait. Il en était déjà au stade de tenir des propos incohérent ? Y'avait qu'Hanji pour me balancer une merde pareille, et encore, j'étais presque sûr que c'était ironique vu que la première fois qu'elle avais dis ça je venais de lui péter le nez. Je m'accroupis devant lui, traînant allongé sur le sol. Je passai doucement une main dans ses cheveux alors qu'il redressa la tête pour plonger ses yeux presque larmoyant dans les miens. On aurait dit un mioche qui se bave dessus, à la grande exception qu'Eren, même de cette manière, était foutrement mignon. Je lui remis une petite mèche de cheveux en place car elle m'empêchait de correctement voir ses magnifiques yeux verts.

-Je crois que t'as atteint tes limites, lui dis-je, vas te coucher vraiment, tu tiens plus debout.

Il me répondit par une mine boudeuse avant de se jeter brusquement sur moi du peu de force qu'il lui restait. Il me fit basculer vers l'arrière alors qu'il m'étreignait de tout son corps. Ce contact était aussi agréable qu'inattendu, mais je me surpris à y répondre.

-J'y vais pas si t'y vas pas.

Je pouffai doucement à sa réponse, quel ado capricieux il pouvait faire. Je laissai à nouveau ma main se perdre dans sa douce chevelure en pagaille avant de le laisser reprendre la parole :

-Réponds-moi steuplé, après promis je fais tout ce que tu veux.

Son ton était ambigu, presque sensuel. Je soupirai, essayait-il vraiment de me soutirer des informations en échange de sexe ? Il me voyait comment exactement ? Comme un pervers manipulateur dont le seul but était de le sauter ? Je continuais à jouer avec ses cheveux avant de déclarer, peut-être un peu trop froidement :

-J'ai vraiment pas envie de toi dans cet état Eren.

Son corps se crispa brusquement à l'entente de mes paroles avant qu'il ne se mette à trembloter. Merde. Son regard quitta le mien alors qu'il vint nicher sa tête dans mon cou, mais je pus tout de même voir qu'il se mordillait la lèvre quelque peu tremblante. Je me rendis alors compte de la violence non désirée de ma phrase. De légers soubresauts vinrent s'emparer de lui alors qu'il continuait à se resserrer contre moi.

-T'es méchant Levi.

L'alcool le rendait apparemment très sensible et mes mots venaient véritablement de le blesser. Si je ne le rassurais pas, il allait simplement se mettre à me pleurer dans les bras. J'eus un léger pincement au coeur en imaginant ça. Je ne voulais pas le rendre triste, au contraire, je voulais juste lui faire comprendre qu'il n'était pas là pour le cul. Je caressai son dos, le plus tendrement possible.

-Désolé Eren, ce n'est pas ce que je voulais dire.

Il me lâcha un petit "menteur" étouffé contre mon cou avant de me laisser continuer :

-Je voulais juste dire que jamais je ne profiterai de toi quand t'es bourré, le sexe ne m'intéresse que si tu es parfaitement conscient, je ne voulais pas être insultant désolé.

Je pus sentir ses lèvres s'étirer contre ma peau alors qu'il me resserra encore plus fort entre ses bras. Je souris à sa réaction, il était vraiment adorable ce putain de gosse. Je repris d'une voix se voulant la plus douce possible:

-Tu veux bien aller te coucher maintenant ?

Je pus sentir sa tête, toujours nichée dans mon cou, se secouer de gauche à droite.

-Nan, je veux d'abord que tu me répondes… steuplé Levi…

Un grand et long soupir s'échappa de moi alors que tout mon corps se relâcha, semblant abandonner face à cette détermination sans égale. Au fond, peut-être que je pouvais simplement lui dire sans parler de détails. Si ça pouvait le rassurer, le rendre plus confiant à mes côtés, alors lui en parler brièvement sans évoquer de contexte ni de noms ne pouvait pas être si mal. J'étais déjà dans une telle illégalité avec lui, alors révéler ce genre de chose n'allait pas le faire fuir.

-Si je te le dis Eren, est-ce que tu me promets de ne pas poser plus de questions là-dessus ?

Il releva la tête, me laissant me plonger dans ses perles émeraudes brillantes et remplies d'étoiles. Il me répondit sans la moindre hésitation et avec entrain :

-Je te le promets !

Je soupirai une nouvelle fois, finalement, il m'avait vaincu.

-J'ai jamais été au lycée, ni même au collège mais j'ai toujours été bon en maths. Alors quand je me suis retrouvé ici, à rechercher un taff, je me suis juste procuré des faux diplômes. J'ai jamais passé un seul exam' ou concours de ma vie, mais l'administration c'est facile à berner.

Ses yeux s'écarquillèrent de surprise avant de s'emplir d'une douce satisfaction. Il vint tendrement poser sa tête contre mon torse en souriant avant de murmurer doucement d'un petit ton amusé :

-J'ai toujours su que t'étais pas vraiment un prof.


Bon, bah voilà. Je peux retourner à mon inactivité de flemmarde, s'il vous plait, ne vous attendez à ce que je poste la semaine prochaine.

En espérant que vous avait apprécié ce chapitre :)

A votre avis, il se passe quoi dans le prochain ?