Bonsoir à toutes et à tous, et bienvenu

pour la deuxième partie du chapitre quatorze du Souffle du Dragon !

Tout d'abord, je tiens à tous vous remercier pour vos ajouts en favoris ou vos likes, chers lecteurs, mais plus encore pour vos messages. Les reviews sont les seules récompenses que nous, auteurs de Fanfictions, ayons, alors je vous remercie réellement de prendre de votre temps pour ne serait-ce que me laisser un j'aime ou bien me dire ce qui vous dérange dans cette histoire. Vous êtes des amours !

Ensuite, comme je vous en ai fait l'annonce précédemment, depuis quelques semaines, les chapitres sont sectionnés en deux afin de laisser à ma bêta et moi-même la possibilité de prendre de l'avance, que ce soit sur la correction ou bien l'écriture. Certes, vous trouverez peut-être qu'avoir des chapitres de 10 000 mots, c'est court, mais il est important que Pelote et moi gardions le plaisir de lire et écrire cette histoire, plutôt que d'en faire une contrainte.

Autre point extrêmement important, nous avons passé la barre des 200 000 mots mes amis ! Ça y est, c'est officiel ! 3 vous n'imaginez même pas ce que ce genre de choses peut me faire, surtout en sachant qu'à la fin de ce chapitre, nous aurons officiellement passé la fin du premier quart de cette histoire ! Au passage, pour ceux qui souhaitent le savoir, Le Souffle Du Dragon fera en tout et pour tout 52 chapitres + 2 ou 3 Bonus + un épilogue ! Alors préparez vos vendredis pour encore une année, parce qu'on n'est pas couché…

Encore une chose, chers amis : nous approchons de la 100 ème review ! À cette occasion, je vous aie proposé la semaine dernière un petit jeu : la personne qui postera la 100 ème review aura le droit de me demander ce qu'elle voudra, que ce soit un cours de soin aux créatures magiques, des précisions sur l'évolution de l'intrigue ou des personnages, ou que sais-je encore ! Vous aurez carte blanche, cher lecteur et reviewers ! Alors lâchez-vous, envoyez vos review à la fin du chapitre, n'hésitez plus !

Enfin, à l'attention de Dramionymus et Elodidine, je vous ai envoyé un MP en réponse à vos commentaires !

J'espère vraiment que cette histoire continue de vous plaire ! Au programme de ce soir : des serpents sous tension, un syndrome de Stockholm, une conversation qui tourne un peu au vinaigre et un fantôme bougon ! Alors, je vous ai donné envie ?

Comme d'habitude, je vous souhaite à tous de passer un très bon moment sur ce chapitre, nous nous retrouvons en bas pour la seconde partie de mon Blablas d'auteur !


*** Bonne lecture ! ***


Chapitre 15 : une lady en devenir

Hermione

Bon sang ! Ne peuvent-ils pas arrêter de parler à tue-tête ? Depuis six heures du matin, ils parlent, parlent et ne s'arrêtent jamais ! À croire qu'ils sont bien plus stressés que moi ! Ce qui doit très certainement être le cas, d'ailleurs…

J'y ai cru, j'y ai vraiment cru, hier soir, en allant me coucher, que ce matin je pourrais faire une faible grasse matinée avant de retrouver Rogue et Narcissa Black… Mais non ! Il a fallu que ces deux empaffés m'aient réveillé à six heures du matin, ce qui me met de très fâcheuse humeur. Et c'est peu dire…

La magie que je tente de canaliser par des respirations longues et profondes devrait m'aider, si leur agitation n'était pas si oppressante !

Pourtant en un sens, je les comprends avidement… Pansy et Drago en attendent énormément de cette réunion, et je sais que, malgré tout ce que je pourrais dire, ils ne seront sûrs de leur liberté qu'à mon retour…

Mais est-ce vraiment une raison pour eux deux de laisser ressortir toute leur arrogance de Sang-Pur alors que je n'ai toujours pas pu prendre une seule tasse de thé, que Parkinson m'a suivi jusque dans la salle de bains, et que Malefoy s'est permis de rester derrière la porte des cabinets pendant que j'y étais ?

— Granger, surtout, n'oublie pas que ma mère déteste les gens en retard !

Sérieusement ? Que croit-il, ce blondinet pédant ? Au point où nous en sommes, je crois que, retard ou non, je vais finir par lui coller un sortilège entre les deux yeux ! Et Merlin sait que je me retiens souvent de le faire depuis que nous vivons dans la même salle commune !

— Et coiffe un peu ce buisson sur ta tête, nom d'un Scroutt à pétard ! renchérit Pansy en sifflant. Narcissa aime que les personnes qu'elle reçoit soient impeccables !

D'accord, là, ça suffit ! Certes, je ne suis pas forcément la plus sublime des femmes de cette école – et l'amusement visible de Harry, confortablement assis dans mon fauteuil, me le confirme parfaitement si j'en avais besoin - mais j'ai quand même pris le temps de me vêtir convenablement, nom d'une Patacitrouille !

Même si j'ai refusé la tenue ô combien formelle et ostentatoire que la petite brune m'avait préparée hier soir – association fort douteuse de soie, d'argent et d'émeraude qui a fait éclater de rire Harry quand il l'a vu - j'ai tout de même passé une tenue formelle !

M'apercevant vaguement dans le miroir de l'entrée, je peux voir dans mon reflet une femme assez sûre d'elle, arborant une jupe droite, vert profond, fendue légèrement, un chemisier blanc serré, une grosse ceinture argentée et les fameux escarpins offerts par les jumeaux.

Alors que viennent encore faire mes cheveux dans l'histoire ? Mon chignon n'est pas assez sophistiqué ? Ma mèche rebelle sur le coin du visage la défrise ? La couleur de ma chevelure dénote avec mon maquillage trop léger à son goût ? D'ailleurs, est-ce bien ce qu'elle vient de me dire ?

La coupe est pleine ! Qu'ils aillent tous au diable, ces Serpentard traditionalistes ! Ils vont voir de quel bois Hermione Granger se chauffe !

— Mais foutez-moi la paix, bordel ! crié-je tout en quittant ma chambre. Et pour votre gouverne à tous les deux, sachez que, petit un, je n'en ai absolument rien à faire que ta mère n'aime pas les retards, parce que c'est moi qui lui fais l'honneur de la recevoir !

Pendant quelques infimes secondes, j'ai enfin le bonheur de pouvoir m'entendre réfléchir moi-même, puisque leurs innombrables remarques s'interrompent brusquement, le choc s'inscrivant sur le visage de Pansy.

— Dans son manoir familial, si j'ai bien compris, alors…, lève les yeux au ciel Drago, se reprenant enfin.

Finalement, le choc de me voir enfin répondre à leurs « conseils » n'aura duré qu'à peine une petite minute, mais c'est bien assez pour que, lui, ait retrouvé sa contenance, malheureusement pour moi…

— Et petit deux, haussé-je la voix, je me contrefous de moi physiquement. Ce n'est pas parce que je serais habillée comme au Moyen Âge que ça fera de moi une Lady ! Je fais ça pour vous, alors ayez au moi la décence d'être respectueux des efforts que j'ai fais !

Bordel de merde à la fin ! J'ai pris en compte les conseils de Pansy en matière de maquillage et de coiffure – chose que je n'aurais jamais faite en temps normal - j'ai écouté les recommandations de Drago sur ce qu'il était acceptable de porter pour une rencontre de clan ! Merlin ! J'ai même accepté de l'écouter faire l'apologie des Sang-Pur pendant des heures depuis mon réveil !

— Maintenant, si ça ne vous gêne pas, je vais y aller, avant que l'un de vous ne me retienne indéfiniment, et là, en effet, vous pouvez être sûr que, malgré toute ma bonne volonté, vous resterez mariés ad vitam aeternam juste pour me venger !

Petits Serpentard prétentieux ! Ne comprennent-ils pas que leur stress augmente le mien, et qu'en ce moment, je me sers de la colère qu'ils m'inspirent pour ne pas me retrouver engloutie sous l'inquiétude qui me ronge ?

D'un pas furieux, les décharges de magies secouant les portes sur mon passage, je parviens enfin au salon dans lequel une bonne partie des enseignants est réunie, attendant, visiblement, que Pansy et Dennis quittent les lieux pour leurs cours de dix heures, comme tous les samedis.

— On va rester fiancés indéfiniment, soupire Drago alors que je ferme enfin la porte de la salle commune.

Une chance pour eux, je ne croise pas un seul élève dans les couloirs, parce qu'ancienne préfète ou non, je me serais fait un véritable plaisir de leur faire relire le règlement intérieur de Poudlard par le menu, juste pour pouvoir passer mes nerfs !

Il faut vraiment que je parvienne à trouver une manière de calmer toute cette colère qui bouillonne dans mon sang en permanence… Je ne peux pas, et je ne veux pas devenir aussi mauvaise, guidée par la colère et la rancune !

— Foutus serpents avec leur morale d'un autre temps, maugréé-je.

En toute honnêteté, je sais parfaitement que ce n'est pas à cause d'eux, que je me sens à ce point en colère. C'est le sentiment d'attente, d'angoisse et de manque qui est en train de me faire tourner aussi dingue…

C'est quand je me suis enfin retrouvé dans le calme profond de ma chambre, aux alentours de trois heures du matin, que j'ai enfin pu me concentrer sur ce que j'ai ressenti en chevauchant Hog avec Charlie. Peut-être est-ce pour ça que je me suis laissé convaincre si facilement par Pansy de porter un Glamour pour cacher mes cernes…

Mais par les couilles de Merlin ! Je n'ai dormi qu'une pauvre petite heure cette nuit ! Même pendant la chasse aux Horcruxes, je suis toujours parvenue à m'octroyer deux à trois heures de sommeil dans la nuit !

Et il a fallu que je rencontre ces serpents de malheur et leur manque de diplomatie ! Même eux n'ont pas dû dormir bien longtemps hier soir, alors pourquoi ont-ils cru bon de venir me lever alors que même le soleil n'avait pas encore pointé le bout de son nez ?

Je vois enfin la gargouille masquant l'escalier menant au bureau directorial, et après un mot de passe bien moins farfelu que ceux du temps de Dumbledore, je peux enfin rejoindre le bureau des directeurs de Poudlard.

— Si j'étais vous, Granger…, commence Rogue en retenant très mal un ricanement.

Et voilà pourquoi avoir accepté de me retrouver avec deux Serpentard, enfermé dans une maison où je sais pertinemment que personne – si ce n'est les jumeaux, Weasley et Harry – ne peut entrer, était une très mauvaise idée !

— Ah non, c'est bon pour les conseils à deux Noises ! m'énervé-je en le fusillant du regard. J'ai déjà eu droit aux « fabuleux conseils de l'héritier Malefoy et sa gorgone de fiancée », alors vous allez me faire le plaisir d'entrer dans cette putain de cheminée, fermer votre foutue bouche, et vous comporter autrement que comme un putain de Lord à la con ! C'est compris ?

Il y a deux ans, l'an passé aussi d'ailleurs je suppose, je me serais morfondu dans mon coin pour avoir parlé de cette manière à un professeur, et plus encore à un directeur. Mais encore une fois, vivre en collocation avec des Serpentard ne respectant quasiment aucune convention m'aide vraiment à perdre cette peur de lui !

Il a cependant la bonne idée de faire très exactement ce que je viens de lui demander, se plaçant à mes côtés dans la cheminée pour pouvoir voyager en même temps que moi après que McGonagall m'a confié le réceptacle – un simple collier aux armoiries de Poudlard marqué d'une fine rune.

— Vous savez que ce n'est pas comme ça que vous allez convaincre Lady Black de vous respecter, n'est-ce pas ? hausse-t-il un sourcil sarcastique en me faisant un signe pour que je sorte de l'âtre. Le physique peut encore passer, puisque même sur votre trente et un, vous ressemblez à un épouvantard, mais en ce qui concerne le caractère, vous devriez vraiment revoir à la baisse votre quota !

Nous sommes apparus dans le couloir à côté du salon de réception, lieu où Harry a décidé de garder la tapisserie de l'ancienne maison des Black. J'aurais dû me douter que ces serpents devaient tirer leur mauvais caractère de quelqu'un… Mais attaquer quelqu'un sur le physique, alors que l'on n'a pas vraiment soi-même celui d'un top model ?

— Si je me fie aux cours de Parkinson, susurré-je en ouvrant la porte du salon, les yeux fixés sur le fantôme de Rogue, en se mariant avec Malefoy, elle a abandonné son droit à être un jour Lady Black. En revanche, Andromeda l'est.

Ça a été une légère fierté, quand je me suis rendu compte de ce fait, le jour de notre départ pour la Bulgarie. En parcourant les dossiers de Gringotts, j'ai vu le petit mot laisser par Gripsec au bas du dossier de Narcissa Malefoy, me précisant de lire plus précisément le chapitre 44 du livre Pratiques Sang-Pur encore en usage.

— Et dans une moindre mesure, je le suis moi-même. Alors épargnez-moi les grands discours et les cours de bienséance, et entrez dans ce foutu salon avant que je ne vous fasse rejoindre le plan astral à coup d'Avada dans l'arrière-train ! terminé-je. Compris ?

— Sachez qu'un Impardonnable ne fait rien à un fantôme, Miss Granger, susurre froidement la voix dans le salon. Drago m'avait dit de vous que vous étiez une sorcière intelligente, mais entre vous faire capturer par les Rafleurs, le battage médiatique d'il y a deux semaines, et ce que vous venez de promettre à Severus, je remets grandement en question les choix de mon fils !

Parfait ! Tout simplement parfait ! Il a fallu que, de toutes les « qualités » associées aux Sang-Pur, Narcissa Black, anciennement Malefoy, choisisse de faire un point d'honneur à la ponctualité ! Vraiment parfait !

Je ne le cache pas, j'ai un peu de mal à resituer la femme qui se trouve dans le salon du square Grimmaurd avec celle qui nous a « accueillis » dans celui du manoir Malefoy, il y a six mois ! Elle a repris une couleur blond platine ressemblant à s'y méprendre à celle de Drago, et ses vêtements semblent moins luxueux aussi.

Mais la flamme de colère et de l'amère haine qui brûle dans son regard ne vaut pas le plissement dédaigneux de son nez, ou les coins de sa bouche, crispés en une sorte de sourire plus ou moins poli. Ces foutus Sang-Pur… Les apparences seront ce qui les tuera…

— Merci d'avoir patienté, madame, tenté-je avec le plus de bienséance possible en entrant dans la pièce. Puis-je vous proposer un rafraîchissement ?

Je hoche la tête sèchement, en guise de salutation, attendant qu'elle me le rende avant de m'asseoir sur le fauteuil. Lui serrer la main ou lui faire la bise, en plus d'être totalement exclus, aurait aussi été une grave entorse au protocole.

— Après vingt minutes à vous attendre, je suppose qu'il s'agit du moins que vous puissiez faire, en effet, lève-t-elle les yeux gracieusement au ciel.

En parlant de cette manière, elle est le croisement parfait entre le dédain et le sarcasme affichés de Rogue, et sa dégénérée de sœur !

— Kreattur ? appelé-je en retenant mon sort.

— Maîtresse Hermione ? apparaît-il. Que puis-je pour vous ?

Je crois que je ne m'habituerais jamais à l'entendre m'appeler ainsi, surtout pas après l'avoir entendu m'appeler « Sang-de-Bourbe » pendant aussi longtemps… Mais le voir porter une toge noir profond frappée du blason des Black est une petite victoire en soi !

— Pourrais-tu nous apporter un service à thé, s'il te plaît ? souris-je doucement, apaisée de voir l'elfe de maison. Je pense que le thé aux baies de Goji serait parfait.

Il glisse un discret coup d'œil en direction du canapé dans lequel son ancienne maîtresse est installée, les poings serrés sur le jupon de sa robe et la mâchoire crispée, le faisant détourner vivement le regard.

— Bien sûr, madame, acquiesce-t-il en disparaissant dans un « pop » caractéristique.

— Vous avez gardé le vieil elfe de ma tante ? hausse-t-elle un sourcil parfaitement sculpté à peine est-il parti. J'avais cru comprendre que vous étiez contre l'esclavage des elfes de maison. Je suis ravie de voir que vous prenez votre rôle plus à cœur que votre stupide S.A.L.E. !

D'accord… Soit Malefoy s'est vraiment fait un devoir de répéter très exactement tout ce qu'il s'est passé durant nos études à sa mère, soit elle a vraiment de très bons espions ! Parce que je suis persuadée que pas un seul de mes camarades de classe n'est allé le lui répéter !

— À vrai dire, souris-je en coin, Kreattur est payé un gallion par mois, possède sa propre chambre, et a un jour de congé par semaine.

Ça a sûrement été le seul jour, avec celui où je lui ai demandé de porter la toge des Black, où Kreattur a été sur le point de fondre en larmes de dépit. Lui faire comprendre que Harry et moi faisions ça dans son sens et non pour le renvoyer a été une véritable épreuve…

— Vous êtes bien comme Sirius, soupire-t-elle, défaitiste.

Il y a tant de dédain dans sa voix lorsqu'elle parle de lui ! C'est hallucinant ! Et pourtant, retenant un froncement de sourcil, je peux clairement percevoir l'étincelle de nostalgie et de tristesse dans son regard et sa voix.

— Merci ! souris-je grandement. C'est un honneur de lui ressembler.

— Ce n'était pas un compliment, déclare-t-elle placidement.

— Je le sais parfaitement, hoché-je la tête, me renfermant cependant alors que Kreattur réapparaît avec le service à thé. Mais il a bien mieux travaillé que vous ou votre cinglée de sœur pour redorer le blason des Black en trois ans, que vous en plus de vingt ans.

Si je lui avais fait avaler un pichet entier de jus de citron, elle n'aurait pas eu une tête différente. Sa moue de colère et de dédain se renforce, la colère laisse la place dans ses yeux, et la fureur augmente alors que ses poings se serrent un peu plus.

— D'accord, soupiré-je en me frottant les temps, soudain lasse. Vous n'avez pas envie de discuter avec moi, et j'avoue ne pas avoir envie de le faire avec vous, non plus. Mais pour le futur de vos enfants ou pupille, il va falloir que vous mettiez vos a priori pour moi de côté.

— Commencez donc par éviter d'insulter les êtres qui vous sont supérieurs, et vous…, commence-t-elle dédaigneusement.

Et voilà ! À peine dix minutes de conversation, et les préceptes Sang-Pur sont de retour ! Quand donc nos « supérieurs » comprendront-ils qu'ils valent tout autant que nous, et que leur croisade stupide ne vaut rien, n'est qu'une insulte à la magie ?

— On arrête cette conversation ici ! m'énervé-je en me relevant. Vous n'avez aucune volonté de mettre de l'eau dans votre vin, et vous ne voulez pas voir que votre idée stupide que vous valez mieux que moi parce que vous êtes restée mariée pendant deux décennies à un gros imbécile de bourgeois qui prônait la pureté du sang à tour de bras est sans fondement.

Bon, c'est vrai, traiter Lucius Malefoy de gros bourgeois imbécile n'est vraiment pas l'idée la plus lumineuse du siècle, surtout en sachant le zèle qu'il a mis dans son rôle de Mangemort, mais cela a au moins le mérite de faire avoir de très légers soubresauts aux coins des lèvres du professeur de potions.

— Elle a raison au moins sur ce dernier point, Cissa, soupire Rogue.

— Tu ne vas pas me dire que tu la défends, tout de même ! s'écrie-t-elle, outrée.

Je ne m'en étais pas encore rendu compte, mais c'est la première fois qu'elle pose son regard sur lui, et le directeur évite très soigneusement le sien, se pinçant l'arête du nez.

Si Charlie ne m'avait pas expliqué de quelle façon il a eu connaissance de la transe d'occlumancie, je ne me serais sûrement jamais aperçue de leur langage corporel si particulier, et pourtant si propre à leur rang.

Tout le corps de la blonde est tendu dans sa direction, son regard fouille son visage pour essayer d'entrer en contact avec lui. En revanche, le potionniste, lui, fait tout son possible pour ne pas croiser le sien, se contentant de regarder soit dans ma direction, soit au-dessus de l'épaule de Narcissa Black.

— Je n'en ai absolument rien à faire que vous vous croyiez supérieur à moi, parce que je sais que je vaux bien plus que vous, soupiré-je encore une fois. Mais nous sommes là pour Malefoy, enfin, Drago et Pansy. Alors évitez de m'insulter, et j'oublierais que vous avez été une femme docile et soumise toute votre vie alors que vous valez bien mieux, d'accord ?

D'accord… Encore une fois, il ne s'agit vraiment pas d'une idée lumineuse de ma part… Quand on sait que je suis celle qui passait mon temps à dire à Harry de garder la tête froide dans et avant un combat, voilà que je fais très exactement la même chose que lui…

— Docile et soumise ? siffle-t-elle dangereusement.

— Comme toute bonne Lady de Grande-Bretagne, levé-je les yeux au ciel. Faites un petit tour dans d'autres pays, allez visiter les grandes familles françaises, les Maufois mis à part, je veux dire, et vous comprendrez que, ailleurs, les femmes sont égales aux hommes. Comme du temps de Merlin.

C'est en visitant la Russie et la Bulgarie sorcière en compagnie de Viktor et de la famille Krum que je m'en suis rendue compte. Maintenant débarrassée de Voldemort, je m'étais fixé d'autres objectifs, et comprendre la société sorcière en a été un.

Si, dans un premier temps, j'ai été tout aussi désappointé que Harry de voir que chez notre ami, la femme et l'homme étaient sur un pied d'égalité, c'est en allant visiter, ensuite, la grande bibliothèque magique de Paris que j'ai pu voir certaines différences entre les pays.

Là où les Slaves sont plus ou moins à égalité, les matriarches et les patriarches se partageant les différentes branches du clan, chez les Français, par exemple, ce sont les femmes qui détiennent le pouvoir dans leurs familles.

— Je croyais que je n'avais pas le droit de quitter le sol britannique avant la fin de ma quarantaine, plisse-t-elle les yeux et le nez, dans une attitude presque défiante.

Quarantaine. Quel bien joli mot pour dire qu'elle est assignée à domicile pour encore cinq ans après son passage devant le Magenmagot… Si Harry ne s'était pas prononcé en sa faveur lors de son procès, je doute même qu'elle aurait pu échapper à la prison à vie à Azkaban…

— Vous êtes une Black, pour l'amour de Merlin et des Fondateurs ! m'énervé-je en me levant commençant à faire les cent pas. Vous devriez vous souvenir que rien n'est impossible à qui sait s'en souvenir ! Rien n'arrête un Black !

Combien de fois ai-je pu entendre le parrain de mon meilleur ami me dire la même chose quand il était question de Harry ? Qu'il ne laisserait jamais quelqu'un l'arrêter s'il devait le protéger, même au péril de sa vie ? Et finalement, c'est ce qu'il s'est passé…

— Bordel ! Vous ne l'aimiez peut-être pas, mais Sirius, lui, s'est échappé d'Azkaban, ce qui était censé être impossible, il est devenu un Animagus en quatrième année, merde ! Il est même allé jusqu'à être le premier Black réparti à Gryffondor depuis plus de soixante générations ! Des frontières magiques ne devraient pas vous arrêter ! Et une imposition de la part du ministère non plus !

Bon, je me suis un peu laissé aller sur ce coup-là, mais elle méritait bien de comprendre les choses, non ? C'est surtout ma façon, et celle de Sirius par extension, qu'elle doit comprendre !

— Très bien, Lady Prewett, je vous écoute, déclare-t-elle, suspicieuse.

Oh ! Visiblement, il suffisait d'élever un peu la voix pour qu'elle accepte de redescendre de ses grands chevaux et ne devienne raisonnable ! Voilà de quoi réfléchir pour trouver un moyen de faire redescendre le petit Malefoy de son nuage de Sang-Pur !

— Faites-moi plaisir, et appelez-moi autrement, grimacé-je. Je ne vous ferais ni l'affront de vous appeler madame ou Lady Malefoy devant vous, alors faites au moins l'effort de ne pas, encore une fois, m'appeler Lady Prewett. Je ne suis, ni une Lady, ni une Prewett !

J'en suis presque au point de détester ce nom juste à cause d'une blondasse peroxydée qui partage ma salle commune… Comment Charlie fait-il pour avoir tant d'endurance ? C'est absolument aberrant ! Tous les soirs, parfois même durant des heures, mon lien de fidélité me brûle jusqu'à me faire hurler de torture sur le sol !

— Alors comment souhaitez-vous que je vous appelle, dans ce cas ? hausse-t-elle encore un sourcil, intriguée.

— Juste Miss Granger devrait suffire, souris-je difficilement. Je vous appellerai Madame Black, si vous le souhaitez. Je refuse de vous appeler Narcissa.

Un frisson involontaire me remonte l'échine en prononçant son prénom. Pendant six mois, j'ai plus ou moins évité de penser à elle, ou même à sa cinglée de sœur. Mais prononcer son prénom me dégoûte presque…

— Je peux m'en contenter, hoche-t-elle la tête. Dans ce cas, pourquoi m'avoir fait venir ? Severus est resté assez vague en me convoquant ici, aujourd'hui. D'ailleurs, si je puis me permettre, vous auriez dû envoyer une lettre de demande, c'est ce qui convient au protocole.

— Mais nous ne sommes pas à une rencontre protocolaire, mais à une discussion concernant les Black et leurs alliés, soupiré-je.

Pourquoi faut-il que, tout ce qui traite aux Sang-Pur soit toujours si protocolaire, traditionnel et strict ? Ne peuvent-ils pas, une fois de temps en temps, revenir frayer avec le commun des mortels pour voir à quel point la magie n'a pas besoin de tant de chichis pour augmenter et devenir pure ?

— Miss Granger souhaite abolir le contrat de fiançailles entre Drago et Pansy, mais elle veut entendre nos arguments pour pouvoir le faire, l'informe lentement Rogue.

— Pourquoi feriez-vous cela ? hausse-t-elle encore un sourcil.

— Parce qu'il s'agissait de la seule demande de votre fils pour me défendre à mon audience devant le juge Marvel, l'informé-je. J'aurais pu la refuser ou l'accepter d'emblée, mais je me suis dit que vous aimeriez être conviée auparavant, pour m'expliquer pourquoi, de prime abord, vous avez laissé Malefoy père signer cet accord.

Elle a le bon goût de rougir très légèrement, évitant, à son tour, de regarder vers le fantôme du directeur. Les yeux fixés sur l'arbre généalogique des Black, elle commence, d'une voix où perce la lassitude.

— Lucius et Constantin Parkinson ont pris cet accord ensemble, le soir de notre mariage, commence-t-elle en jetant un autre bref coup d'œil vers Rogue. Constantin est un très vieil allié des Black et des Malefoy, depuis bien avant la première guerre. Lucius m'a expliqué que, en mariant nos enfants ensemble, nous serions sûrs que notre sang ne se disperse pas dans des familles de Sang-Mêlé, ou, pire, des nés-Moldus. J'ai accepté, parce qu'il s'agissait de la meilleure solution pour l'avenir de Drago.

La meilleure solution ? Vraiment ? Elle est sérieuse ? Comment la meilleure solution pour fournir un avenir vivable à son fils pourrait être de le forcer à un mariage arrangé ? Mais pire encore, comment a-t-elle pu accepter cela, alors qu'elle n'était même pas encore enceinte de Drago ?

— En soi, m'étouffé-je, vous avez vendu votre fils aux premiers amis de votre mari que vous croisiez, sous prétexte de garder votre sang pur toujours aussi intact ?

— Vous ne pouvez pas comprendre l'importance de garder notre sang le plus pur possible, lève-t-elle les yeux au ciel, l'inscription « Sang-de-Bourbe » parfaitement inscrite dans ses yeux.

Comment une femme comme elle, ayant vécu et baigné dans le monde de la magie depuis sa naissance peut-elle croire de telles conneries ?

— Je peux parfaitement comprendre, au contraire, secoué-je la tête. Je comprends que, toute votre enfance, on vous a rabâché encore et encore que vous valiez mieux que tout le monde. Je peux comprendre que toute votre éducation se soit basée pour être à l'écoute et aux ordres de votre mari. Je comprends parfaitement ce que vous avez vécu. Chez les moldus, nous appelons cela le syndrome de Stockholm.

C'est tellement flagrant maintenant que je m'y intéresse vraiment ! Comment ai-je pu passer à côté ? Comment Dumbledore, qui se plaçait en défenseur des Moldus et leadeur incontestable de la Lumière, n'a-t-il pas pris le temps de se pencher sur la question ?

— Vous n'y allez pas un peu fort, en invoquant le syndrome de Stockholm, Miss Granger ? ricane Rogue.

— Au contraire, raffermis-je ma position, je pense être parfaitement dans le vrai avec cette hypothèse. Je pense d'ailleurs que nombre de femmes de Mangemorts ont connu ce problème, et le connaîtront encore. Ce que je voudrais comprendre, c'est si vous aviez conscience de forcer, plus ou moins, Pansy dans cette direction, elle aussi.

Cette adoration dans les yeux des femmes de Mangemorts, et parfois même dans les yeux de toutes les Ladies que j'ai pu rencontrer, c'est tellement caractéristique ! Comment avons-nous pu passer à côté ?

J'aurais dû m'en rendre compte avec ce fanatisme incroyable dans ceux de Bellatrix Lestrange en présence de son cher Maître. Mais entre la détention et la torture au manoir Malefoy, le vol sur le dragon, la Chambre des Secrets, les presque morts de Percy et Fred, et celle, factice, de Harry, je suis passé à côté…

— Pansy était heureuse de l'union entre nos deux familles ! rechigne Narcissa. Elle aimait venir au manoir à chacune de ses vacances, et elle aimait les bals que nous donnions pour qu'ils puissent passer du temps ensemble.

— Vous avez vraiment cru les faire tomber amoureux ainsi ? m'étouffé-je avec ma propre salive.

— Lucius n'était pas franchement ravi de les voir être aussi souvent ensemble, dit-elle prudemment, mais j'ai pensé que si, à défaut d'amour, ils pouvaient faire un mariage d'amitié, alors il gagnerait une alliée précieuse !

D'accord… C'est très certainement une des pires idées que j'ai pu entendre, et la féministe et combattante en moi se révolte face à ça, mais dans le fond, je crois que je comprends ce qu'elle a voulu faire.

— Je comprends et respecte l'idée que vous ayez eue, souris-je en coin. C'était très Serpentard de votre part de contourner l'ordre de cette manière.

— Miss Granger…, susurre froidement Rogue, comprenant que ma tirade n'est pas terminée.

— Mais je réprouve totalement votre idée de forcer votre fils dans un mariage sans amour, grondé-je. L'amour devrait être cultivé, apprécié, mûrit. Il ne devrait pas être forcé ou manigancé. En ce point-là, vous avez été, à mes yeux, une mauvaise mère.

Je lui aurais mis une gifle, que l'effet aurait été le même… Un instant parfaitement immobile, les yeux brûlant de choc, ils passent rapidement à une fureur parfaitement visible, ses joues se teintant de rouge alors qu'elle siffle.

— Je ne vous permets pas ! s'écrie-t-elle, vibrant de colère.

— Asseyez-vous ! grogné-je. Vous avez été une mauvaise mère en acceptant de fiancer votre fils alors qu'il n'était même pas encore conçu. Mais vous avez fait de votre mieux pour qu'il trouve une amie, des amis grâce à ce contrat. Et cela force mon respect.

J'ai vraiment fait de mon mieux pour adoucir ma voix à la fin de mon petit discours, mais même à moi, il me paraît trop forcé. Et pourtant j'ai été sincère ! Sa manière de contourner l'ordre de son mari est vraiment admirable.

— Pour ce qu'il vaut, ricane le fantôme.

— Il en aura pour elle, si elle veut le meilleur pour son fils, sifflé-je à son encontre. Et je ne doute pas que ce soit le cas ! Hormis ce contrat, Narcissa Malefoy a été une bonne mère, assez pour que son fils préfère retirer les Serpentard de l'équation le soir de la bataille finale. Par amour, respect et dévotion pour vous deux.

— Vous n'êtes pas obligée de devenir si sentimentale, Miss Granger, lève-t-il les yeux au ciel. Drago n'est pas un meurtrier, il n'aurait jamais envoyé quiconque se battre s'il n'avait pas été sûr de s'en sortir.

Parlons-nous vraiment du même Drago Malefoy ? Celui qui a passé six ans entourés de Crabbe et Goyle comme garde du corps ? Celui qui vantait le travail de son père et son nom de famille pour inspirer la crainte ?

— Vous en êtes sûr ? haussé-je un sourcil. Je vous accorde que Malefoy n'est pas un meurtrier, après tout, vous n'auriez pas fait un Serment Inviolable avec sa mère si ce n'était pas le cas, il y a deux ans.

— Faites attention à ce que vous dites, Miss Granger…, gronde-t-il menaçant.

Il me faut à peine quelques secondes pour comprendre la raison de sa menace. Visiblement, depuis son « retour sur Terre », il n'a toujours pas eu le temps de parler à Narcissa, et remettre leur relation sur le tapis était un véritable mauvais pas de ma part.

— Mais il est parfaitement capable de détruire le monde, s'il croit avoir tout perdu, reprends-je vivement pour éviter de m'attarder sur mes pensées. Et c'est ce qu'il a cru, cette nuit-là. Il a cru vous avoir perdu vous, et c'est la vision de mes souvenirs qui l'ont forcé à revoir la position de sa maison.

Je ne pense pas que ce soit à moi de lui dire que ce sont les souvenirs de la réincarnation de son parrain qu'il a vu dans mon esprit, et non je ne sais quelle idée qu'elle ait pu se faire.

Quelques années en arrière, je l'aurais fait, parce que je pensais qu'il était impératif que je dispense mon savoir. Mais la guerre m'a appris qu'il était préférable d'utiliser nos connaissances uniquement lorsqu'elles étaient requises. Comme quoi, elle n'aura pas eu que de mauvais effets…

— Oh mon fils, souffle Narcissa en plaquant sa main sur sa bouche.

— Votre ex-mari a élevé votre fils de la mauvaise manière, de la manière dont, vous, vous avez été éduquée. La pureté du sang ne fait pas de vous quelqu'un de meilleur. Il fait de vous un être consanguin pour la plupart.

— Vous êtes encore en train de l'insulter, Miss Granger, soupire Rogue.

Bon sang ! Mais je ne sortirais jamais de cette conversation ! Nous avons trop de contentieux les uns envers les autres pour voir les choses avec objectivité.

Elle me reproche mon sang, Rogue me reproche sûrement d'avoir toujours été une Miss je-sais-tout, et moi j'en veux à la blonde pour ne pas avoir forcé sa sœur à arrêter la torture… Décidément, ce n'est pas la meilleure manière de commencer une discussion sur de bonnes bases…

— Ce que je souhaite vous faire comprendre, Madame Black, déclaré-je après avoir frotté mes tempes, c'est que vous avez dû faire de votre mieux pour contrer les effets de l'éducation qu'a reçu Drago. Je ne sais pas ce que vous, ou même le professeur Rogue avez bien pu faire, mais il vous estime bien plus qu'il n'estime son propre père.

— Comment pouvez-vous dire cela ? fronce-t-elle le nez.

Bon, au moins, elle n'est déjà pas réfractaire à l'idée de parler du rôle de Rogue dans la vie de son fils, et de l'amour qu'il a pu lui fournir !

— Parce que j'étais là, lorsqu'il a reçu la beuglante de son père, le jour où la juge Bones a refusé sa requête en appel pour sortir d'Azkaban, et que j'étais, encore une fois, présente lorsque le directeur a fait son possible pour lui faire comprendre qu'il avait le droit d'éprouver de la rancœur contre son père. Que ça ne faisait pas de lui un mauvais fils, juste un homme qui se cherche et qui voit les erreurs de son père.

Ce que je ne lui dis pas, c'est que j'ai vraiment été ébranlée par la douceur qu'il a mise dans ses mots pour contrer ceux, beaucoup plus virulents, du Mangemort. Ce soir-là, son fils avait l'air au trente-sixième dessous, et peut-être est-ce la seule fois où j'ai pu voir de la détresse dans son regard.

— Allez-vous réfuter le contrat de fiançailles ? demande-t-elle doucement, me coupant dans mes souvenirs.

— Je vais le faire, commencé-je, avant d'arrêter son discret sourire satisfait, mais je vais y apposer une clause, la même que j'ai apposée à Daphnée.

— Que vient faire Miss Greengrass dans cette histoire ? demande Rogue, les sourcils froncés.

— C'est une affaire qui ne vous concerne pas, dans ce cas-ci, professeur, souris-je en coin. Vous représentez Parkinson dans cette conversation, pas Daphnée.

Que j'ai pu m'en vouloir, ce jour-là, de devoir demander à Charlie de bien vouloir m'accorder quelques instants. Mais la rougeur sur les joues et la colère perceptible aussi bien sur son visage que dans la virulence des mots de Katya Sermirov ont été un véritable délice !

— Quelle est la clause ? soupire Narcissa.

— Je veux qu'il prenne le temps de terminer ses études à l'Académie de magie, déclaré-je fortement. Il aura son diplôme à vingt et un ans, ce qui est assez, je pense, pour avoir une vision claire de ce qu'il attend de la vie. Et je doute fortement que ce soit de perpétuer la lignée dans les plus pures traditions Malefoy.

Je m'avance très certainement beaucoup en disant cela, mais je suis persuadée que, le jour où il rencontrera une femme qu'il aime vraiment, alors l'idée de l'enfant unique, de perpétuer une éducation moyenâgeuse et restrictive ne sera plus qu'un très vague souvenir.

— Je lui propose donc de batifoler autant qu'il le souhaite jusqu'à cette date. Mais à partir de ses vingt et un ans, je lui impose de chercher à se fixer. Je ne lui demande pas le mariage, mais simplement de se trouver une femme qu'il aime et respecte, et que ce soit le cas pour elle aussi.

— Comment comptez-vous vous en assurer ? ricane légèrement Narcissa.

— Je la rencontrerais, et je déciderais si leur idylle pourra être profitable à la maison des Black, mais surtout, à votre fils. Je ne lui impose pas de se marier avec une Moldue ou une née-Moldue, même si l'idée de provoquer un infarctus à votre ex-mari est vraiment délectable. Simplement une femme qui le fasse rester dans le droit chemin.

— Il ne va pas apprécier d'être contraint, grimace-t-elle gracieusement.

Elle soupire encore une fois, et cette fois-ci, j'explose totalement. Je n'ai dormi qu'une heure, ai été forcé de subir les remarques plus que sanglantes et fort peu diplomatiques de Drago et Pansy, sans compter les siennes et celles de Rogue. Cette fois-ci, c'en est trop !

— Je ne le contrains en rien du tout ! m'énervé-je encore une fois. Merde ! Je pourrais être la pire des garces et lui demander spécifiquement d'épouser une Moldue ! Là, je lui laisse le soin de choisir une femme, un homme, ou même une créature magique s'il le souhaite ! Je n'en ai rien à faire ! Tout ce que je souhaite, c'est qu'il soit heureux de son choix et ne rende pas malheureuse la personne avec qui il va vivre toute sa vie !

— Très bien, soupire-t-elle en se relevant. Je lui en parlerais.

Oh que non ! Ce serait très certainement la pire idée du monde ! Elle serait bien capable de ne rien lui dire, ou même de lui faire croire que j'ai refusé de briser le contrat de fiançailles ! Je tiens trop à l'entente quasi cordiale qui règne dans notre salle commune pour déclencher une nouvelle guerre intestine ! Et si, au passage, je peux me venger de ce matin, je ne m'en priverai pas !

— Je le ferais moi-même, secoué-je la tête.

— Pardon ? s'offusque-t-elle. C'est mon fils et son avenir ! Je pense qu'il est parfaitement en mon droit de le faire, non ?

— Je suis la Lady régente des Black, frotté-je mes tempes. C'est à moi de lui dire. De leur dire à tous les deux. D'autant plus que vous ne le verrez pas avant la fin du mois, ce qui serait trop long pour eux deux.

L'avantage du nouveau règlement intérieur de Poudlard pour les huitième année, c'est que nous avons la possibilité de quitter l'enceinte du château tous les week-ends pour des affaires de clan, ou une fois par mois pour voir nos familles.

— Très bien, sourit-elle moqueusement. Dans ce cas, vous me devrez une faveur.

— Aucunement, ris-je, amusée de son aplomb. C'est moi qui vais devoir supporter ses jérémiades de petit gamin pourri gâté, pas vous.

— Cissa, l'arrête Rogue avant qu'elle ne s'offusque une nouvelle fois. Tu n'avais pas une demande à faire à ta Régente ?

Allons bon… Que peut-elle bien vouloir ? Je viens de lui accorder la « liberté » de son fils ! Ne peut-elle pas me permettre de rentrer à Poudlard pour enfin pouvoir aller faire une sieste bien méritée après tant de diplomatie de ma part ?

— Je voudrais reprendre les rênes des finances de la famille Black, affirme-t-elle, le visage froid.

Pour le coup, je dois bien avouer que je ne m'attendais absolument pas à cette demande de sa part, et encore moins à ce qu'elle la fasse avec un tel engouement dans la voix. Mais maintenant qu'elle a récupéré son fils, il semblerait que ce soit la maison Black qu'elle souhaite reprendre ! Elle va très vite déchanter !

— Hors de question ! m'écrié-je en faisant les cent pas.

— Je vous demande pardon ? susurre-t-elle froidement. Vous n'êtes même pas une Black, vous ne connaissez rien, ni à la politique, ni aux finances !

— Je vous l'accorde, je ne suis pas une Black par le sang, mais j'ai travaillé d'arrache-pied pour restaurer les anciennes alliances de la famille, redorer le blason des Black et réparer les fautes de votre dégénérée de sœur ! sifflé-je, ma magie m'échappant lentement. Quand les gobelins m'ont remis les rênes de cette famille, je me suis promis de ne plus jamais laisser quiconque déshonorer le nom de Sirius ou de sa famille.

Et par association le mien, mais sur ce point, je crois qu'elle a compris ce qui n'était pas dit… Ou bien Rogue se fera un plaisir de lui faire savoir, je suppose.

— Restaurer les anciennes alliances ? susurre-t-elle, reprenant d'elle-même son rôle de Lady au sang pur.

C'est toujours assez fascinant de voir à quelle vitesse et avec quel brio un Sang-Pur peut retrouver ses traits, lorsqu'il se sent acculé ou bien furieux.

Dans le cas de Narcissa Black, cela se traduit surtout dans sa posture ou dans le coin de sa bouche. Comme Drago. Elle est plus droite qu'auparavant, ses lèvres plissées en une moue masquant involontairement toute la haine et la fureur qu'elle me porte. Et ses yeux n'ont toujours pas perdu la teinte de mercure en fusion de sa haine à mon encontre. C'est fascinant…

— Celles qui existaient du temps de Merlin, oui, hoché-je la tête, d'une voix plate. Et d'autres, aussi, qui ont découlé de la guerre.

— Soyez un peu plus précise, Miss Granger, susurre-t-elle, me vrillant de son regard acéré semblable à celui d'un aigle. J'ai parfaitement hâte d'entendre tout le bien que vous avez fait à cette famille !

Oh, je ne doute pas qu'elle ne croit pas un seul mot de ce qu'elle vient de dire ! Mais au point où j'en suis, je pense pouvoir affirmer que je ne suis plus à un regard méprisant près… Advienne que pourra !

— J'ai reversé l'intégralité du coffre-fort des Lestrange à la maison Londubat.

Son souffle se coupe durant quelques secondes, ses joues se gonflent par intermittence, et sa peau se colore d'une teinte de rouge en total désaccord avec sa chevelure. Et pourtant, ce qui m'agace le plus, c'est qu'elle parvient à garder cette attitude aristocratique à vomir.

— Êtes-vous devenue totalement folle ? siffle-t-elle, la fureur revenant en force dans le venin de sa voix. Avez-vous conscience de ce que vous avez fait ? Pourquoi, d'ailleurs, l'avez-vous fait ?

— Je ne suis pas devenue folle, je vous rassure, grimacé-je. J'ai même parfaitement conscience de ce que j'ai fait. En revanche, vous, vous ne semblez pas comprendre les raisons qui se cachent derrière !

— En effet, je vous le confirme, je ne comprends pas ! s'énerve-t-elle en levant les bras au ciel.

Cette attitude est tellement loin de celle si maîtrisée d'auparavant, que c'en devient déconcertant. Mais cela ravive une flamme de colère envers sa famille - ou son ex-famille plutôt.

— Savez-vous combien coûtent les soins dont ont besoin Franck et Alice Londubat ? sifflé-je à mon tour. Savez-vous combien doit débourser Augusta Londubat, tous les ans, depuis huit ans, pour que son fils puisse aller étudier à Poudlard ?

Elle fronce très, voire trop, légèrement les sourcils pour que je le voie clairement, mais sa posture se raidit un peu plus.

— Non, bien sûr que non, ricané-je froidement. Pour vous, ce n'est un grain de sable dans le désert. Mais pour elle, qui doit assurer les finances et les soins de trois membres encore dépendants d'elle, c'est une somme astronomique.

— Et que vient faire la famille de Bella dans tout cela ? hausse-t-elle un sourcil, cynique.

Bella. Elle aurait pu l'appeler Bellatrix, ma sœur ou Lady Lestrange, cela m'importe peu. Tout ce que ça fait, c'est faire bouillir mon sang, enfler ma haine à l'encontre de la folle brune et augmenter mon rythme cardiaque.

Personne, pas même Sermirov, je crois, n'a pu me mettre dans cet état. Et pourtant, même morte, Bellatrix Lestrange continue encore à me faire sentir comme une moins que rien, me faire sentir un être inférieur, indigne d'être aimé, choyé et respecté.

— Elle, son mari, son beau-frère et Barty Croupton Junior sont responsables de l'état de Lord et de Lady Londubat, sifflé-je en tentant de maîtriser ma haine. Ils sont responsables de l'état de Neville, responsable de celui d'Augusta, responsable de celui de Harry.

— Oh, je vous en prie ! lève-t-elle les yeux au ciel, dédaigneuse. Les deux garçons sont des héros de guerre, et la vieille folle a eu un Ordre de Merlin ! Que demandent-ils de plus ? Pourquoi vous êtes-vous sentie obligée de leur donner tout ce qui appartenait à Bella ?

Je peine difficilement, trop difficilement même, à retenir les assauts violents de ma magie, déjà trop stimulée, qui cherche à s'échapper de mon corps. Cette conversation est en train de tourner au cauchemar pour moi.

— Harry a perdu la dernière personne qu'il considérait comme sa famille, susurré-je froidement. Votre déglinguée de sœur a tué son propre cousin parce que c'était une immonde petite salope uniquement bonne à lécher les pieds de son pitoyable Maître.

— Je ne vous permets pas ! s'écrie-t-elle en sortant sa baguette, le visage de plus en plus rouge. Sachez retenir vos paroles si vous ne voulez pas que je vous fasse comprendre votre douleur, Granger !

— Comme votre putain de sœur ? souris-je froidement. Oui, je sais, elle a eu l'air de beaucoup aimer me faire souffrir. Étonnamment, Drago beaucoup moins.

La mention de son fils fait redescendre toute prétention de vouloir agiter sa baguette en beuglant un Doloris. Comme quoi, le fils et la mère ont le même côté sentimental…

— Peut-être devrions-nous remettre cette conversation à plus tard, Granger, soupire Rogue en se frottant l'arête du nez. Ni vous, ni Narcissa n'avez envie de vous écouter.

— Non, Severus, gronde-t-elle. Je veux entendre la suite des fameux changements qu'elle a apportée à ma famille.

Je me retiens sauvagement de ne pas lever les yeux au ciel. Pourquoi ne parvient-elle pas à comprendre que, si j'ai fait ce que j'ai fait, c'est aussi, un peu pour elle ? Que, pour ma part, je suis très heureuse d'être la fille de Jane et Henry Granger ?

— Poursuivez, ordonne-t-elle.

— Harry et moi avons accordé la tutelle de Teddy à Andromeda pour le meurtre de son mari Théodore et de Tonks par Macnair et Avery, soupiré-je après avoir levé les yeux au ciel.

— Qui est Teddy ? fronce-t-elle les sourcils.

— Le fils que Nymphadora, la fille d'Andromeda, a eu avec Remus Lupin.

— Un hybride ? s'étouffe-t-elle. Elle a laissé sa fille se reproduire avec un loup-garou ?

— Teddy a uniquement pris les traits magiques de sa mère, grondé-je en avertissement. Tout comme pour Bill Weasley, seuls ses sens sont exacerbés en période de pleine lune, même si, sur un bébé, ça ne se voit pas forcément.

Et c'est vrai. Sur Teddy, ce sont surtout les pupilles qui se rétrécissent pour devenir simplement noir avec un léger halo de la couleur d'origine de ses yeux. En revanche, en période de pleine lune, la moindre odeur un peu violente l'incommode immédiatement.

— Est-ce tout ? grimace-t-elle, semblant avoir accepté ce fait.

— Non, secoué-je la tête. En ce qui concerne les voûtes Carrow, Mulciber, Greengrass et Goyle, n'ayant plus un seul Lord ou Lady encore en vie ou en état psychiatrique de les régir, elles sont revenues à la maison Black, comme stipulé dans le contrat d'alliance.

— Certes, c'est une bonne nouvelle pour les fonds de la famille, fronce les sourcils Narcissa, mais je ne vois pas en quoi c'est une bonne chose.

Si elle ne semble pas comprendre, je vois une légère lueur s'allumer dans les yeux fantomatiques du professeur Rogue. Lui, vient de comprendre les chamboulements qui ont secoué Poudlard et même le monde sorcier britannique, ces derniers temps.

— La donation anonyme pour la reconstruction de Poudlard provient d'une de ces voûtes, n'est-ce pas ? hausse-t-il un sourcil que je juge surpris ou appréciateur.

— La voûte complète des Carrow est passée dans celle des Fondateurs, souris-je en coin. Je trouvais qu'aux vues de ce qu'ils ont fait subir aux élèves l'an passé, ils méritaient bien d'aider à la reconstruction.

— Et j'en déduis que le projet et les fonds alloués pour la création d'un orphelinat sorcier viennent d'une de ces familles aussi ?

— Mulciber, ris-je amèrement. D'après les chiffres du ministère, il est très certainement l'un des Mangemorts qui a détruit le plus de famille, s'amusant à semer des orphelins aux quatre coins de l'Angleterre.

— Constantin et Aphrodia Parkinson n'ont pas été mauvais dans ce rôle-là non plus, lève-t-il les yeux au ciel d'un ton sarcastique.

— Mais Pansy recouvrera bientôt les pleins pouvoirs sur sa famille, et je pense que ce sera à elle de faire ses preuves, assené-je, les mains croisées sur mon ventre. À mes yeux, elle a bien plus de valeur que ses parents.

— C'est un fait, hoche-t-il la tête.

Si le cas des familles s'étant éteintes durant la guerre a été assez vite réglé, en ce qui concerne celles dont un enfant, ou plus, est encore vivant a été bien plus compliqué. Comment juger les actes des enfants, leur avenir, si l'on se base uniquement sur ceux de leurs parents ?

— Par accord des gobelins et du ministère, je gère, pour le moment, les fonds de la famille Parkinson, gelés jusqu'au procès, lui apprends-je. S'ils sont jugés coupables et envoyés à Azkaban, alors Pansy deviendra Lady régente de sa famille, et je lui rendrais bien volontiers les rênes de ses comptes. En revanche, s'ils sont jugés non coupables, ce dont je doute réellement, j'ai décidé de dissoudre totalement le contenu de leurs voûtes et les placer dans celle de la famille Black, en plus de demander le patronage de Pansy.

— Ce serait illégal de le faire alors que les Parkinson seraient libres, fronce les sourcils Narcissa.

Et moi qui pensais que vivre pendant plus de vingt ans avec un véritable requin de la politique lui aurait appris deux ou trois choses…

— Vous oubliez que, après une décision de justice du ministère, souris-je en coin, il faut attendre minuit du même jour pour que les gobelins rompent la tutelle sur un compte.

— C'est très Serpentard de votre part, ça, Miss Granger, approuve Rogue de la même façon. Encore un peu, et vous remonteriez dans mon estime !

Ai-je rêvé, ou bien le sombre professeur de potion, celui qui ne distribuerait pas même une potion d'euphorie à un enfant pour Samain, vient de me faire un compliment ? À moi, la « princesse des Gryffondor » ? Le cerveau du Trio d'Or ?

— Remettez-vous Granger ! siffle-t-il. J'ai à peu près autant d'estime pour vous que pour un Veracrasse !

Au temps pour moi ! Et moi qui ai cru qu'il pouvait être humain ! C'est quand même une expérience que je ne souhaite à personne ! C'est bien trop choquant pour une âme sensible ! Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la guerre a fait de moi une personne sensible, malheureusement…

— En ce qui concerne les deux filles Greengrass, reprends-je après m'être raclé la gorge, je paye leurs études et leur logement.

— Cela ne devrait pas être bien compliqué puisqu'elles vivent à Poudlard, lève-t-elle les yeux au ciel.

— Astoria, oui, hoché-je la tête. Mais en ce qui concerne l'École diplomatique de Versailles, c'est une école et non un internat.

— D'où votre accord avec Charlie, sourit-il en coin, largement sarcastique. D'ailleurs, que lui avez-vous donc proposé ?

— Rien qui ne vous concerne ! grondé-je en réponse à son sourcil haussé cynique.

— Et pour Gregory ? nous rappelle à l'ordre Narcissa.

Sa question me liquéfie sur place. C'est bien le point le plus difficile, à mes yeux, à aborder. Son mutisme, son air totalement déphasé, comme sur pilotage automatique, lorsque nous sommes sortis de la Salle sur Demande… C'était quasi insoutenable de le voir si vide.

— Je l'ai fait interner dans l'aile psychiatrique de Ste Mangouste, soufflé-je douloureusement.

— Pardon ? s'étrangle-t-elle. Pourquoi avoir fait une chose pareille ?

— Il a vu son meilleur ami s'immoler par le feu, retiens-je mes larmes. Plus que de Drago, plus que de Pansy, Théodore ou Blaise, Crabbe était le meilleur ami de Goyle. Et le soir de la bataille finale, il a perdu la personne la plus importante pour lui. Si je m'étais retrouvée dans sa situation, si c'était Harry qui s'était immolé, j'aurais voulu que quelqu'un fasse ça pour moi. Me permette de me remettre doucement, d'accepter la douleur, la perte et le chagrin. D'accepter de faire mon deuil en silence.

À vrai dire, c'est hypocrite, voire égoïste de ma part de dire une chose comme celle-ci. Pour dire la vérité, je lui ai offert ce que j'aurais voulu avoir maintenant.

Avoir le temps de pleurer les morts, accepter la douleur des absences, la perte des personnes bien trop proches.

Apprendre à faire face à la mort de mes parents sans avoir envie de laisser toute ma frustration, ma colère, ma haine de moi-même et ma douleur face à mon geste m'emporter.

Apprendre comment faire pour éloigner cette lueur étrange dans les yeux de Harry, lorsque nous parlons de Dumbledore. C'est diffus, comme un appel de mon instinct, mais je suis persuadée que, lorsqu'il a été dans cette maudite forêt, lorsqu'il est allé se vendre à Voldemort, il l'a vu. Par la pierre de résurrection ? Peut-être…

Comprendre comment je suis parvenue à passer au-dessus de cette phrase de Parkinson, dans la Grande Salle, quand Voldemort nous a demandé de livrer Harry. Elle avait voulu le livrer. Alors pourquoi, six mois après, j'arrive à accepter sa présence ?

La vérité, c'est que je comprends pourquoi elle l'a fait. Je comprends qu'elle ait voulu le livrer pour se protéger. Parce que, quand les rôles ont été inversés, et que le Rafleur m'a demandé de livrer Harry, je ne l'ai pas fait.

Pour le protéger. Pour protéger le monde tel que je le voyais, tel que je l'avais « toujours » connu. D'une certaine manière, je comprends bien plus son acte que je ne comprendrais jamais celui de Ron, le jour où il est revenu à la tente.

Je la sentais, cette spéculation malsaine, même s'il ne portait plus le médaillon. Il continuait de croire qu'il se passait quelque chose entre Harry et moi. Alors pourquoi ce presque baiser, dans la Chambre des Secrets ?

Certes, je l'attendais depuis deux ans, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps lorsqu'il nous a quittés ce soir-là, et j'ai cru que mon monde s'était effondré, quand je l'ai vu sous cet amas de pierre dans le couloir.

Mais au fond de moi, tout au fond de moi, bien tapis dans la part d'ombre qui ne s'exprime qu'en présence de Charlie, je sais très bien que, si je devais me retrouver face à un choix, celui de vendre Ron ou Harry, ce choix s'est fait il y a déjà huit ans de cela, dans les toilettes du deuxième étage de Poudlard.

Harry est ma constante dans ma vie de sorcière. Celui qui a toujours été à mes côtés, ne m'a jamais rabaissé et m'a toujours permis, après un certain temps, de lui donner des explications sur mon comportement. Il est ma maison et ma famille.

Drago est le Harry de Pansy. Il est son meilleur ami, sa maison et sa famille, son pilier et sa constante. Voilà pourquoi je la comprends. Parce que, dans le fond, elle et moi, nous ne sommes pas si différentes.

— … er ? MISS GRANGER !

Le cri de Rogue me sort totalement de mes pensées, me faisant douloureusement et brutalement revenir sur terre. À son ton impatient, je ne doute pas qu'il a cherché à me faire réagir depuis un petit moment déjà…

— Excusez-moi, professeur Rogue, baissé-je la tête, me sentant comme une première année devant la chauve-souris des cachots. Je réfléchissais. Que se passe-t-il ?

— Je vous demandais si c'était tout pour aujourd'hui, fronce-t-il les sourcils, patient. Narcissa voudrait rentrer chez elle, et Minerva m'attend pour des questions de budget.

Il lève les yeux au ciel, et pourtant, je suis presque sûre que le fait de pouvoir continuer à diriger Poudlard lui plaît. Dans mes bons jours, je me dis même qu'il est resté une empreinte sur Terre juste pour voir si une Gryffondor au pouvoir ne martyriserait pas ses petits serpents.

— J'aurais une dernière requête, si cela ne vous dérange pas, Madame Black ? demandé-je subitement, prise d'une illumination.

— Dites toujours, avance-t-elle prudemment.

— Je sais qu'il vous reste encore un mois avant que votre emploi à Poudlard ne débute, et j'aurais souhaité vous soumettre une sorte de travail, si vous le voulez bien.

— Quelle sorte de travail ? fronce-t-elle les sourcils.

— De la recherche, principalement, hoché-je la tête. Ce serait surtout du voyage, je pense, mais j'aimerais que vous puissiez aller visiter les différents peuples de créatures magiques, pour savoir s'ils seraient d'accord d'envisager un rassemblement pour Yule.

Elle lève un sourcil, intriguée par la demande. Pourtant, si au départ, elle paraît dubitative et clairement incrédule, un simple regard vers le sombre professeur fantomatique la convainc de réfléchir à la question. Chose qui dure une bonne dizaine de minutes avant qu'elle ne reprenne la parole.

— Pourquoi une telle demande ?

— À vrai dire, pour le moment, c'est encore assez flou pour moi, souris-je doucement, m'excusant presque. Mais dans le cadre de mes cours, j'aimerais pouvoir montrer à mes étudiants une cérémonie de bénédiction.

— Vous souhaitez utiliser les préceptes de Merlin ? hausse-t-elle un sourcil dans une parfaite mimique de Rogue. Pourquoi ?

— Vous ne sentez pas votre magie diminuer ? Vous ne sentez pas la faiblesse des lignes telluriques anglaise ? Vous ne sentez pas à quel point la magie pleure ce qu'il s'est passé au mois de mai ?

Je me suis laissé emporter par mes questions, mais je me sens vivante. Bien loin de ma séance d'auto-apitoiement que je me prodigue chaque jour. Comme si, cette cérémonie, c'était toute mon âme qui me la demandait.

— Quand était votre anniversaire, Miss Granger ? demande-t-elle avec une sorte de douceur. Quand avez-vous atteint vos dix-neuf ans ?

— Il y a un peu plus de deux semaines, pourquoi ? froncé-je les sourcils.

Je ne sais pas ce que ma réponse lui a apporté, mais une lueur de compréhension luit parfaitement dans ses yeux redevenus gris pâle. Puis elle se lève d'un mouvement vif, époussetant sa robe de poussières imaginaires.

— Je vais me mettre de ce pas à la recherche des communautés magiques les plus proches, hoche-t-elle la tête dans ma direction. De votre côté, vous devriez commencer à vous mettre à la méditation.

— Pourquoi ? froncé-je les sourcils.

— Pour apaiser vos émotions, rit-elle mystérieusement. Vous comprendrez bientôt de quoi il est question.

Et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, elle est dans le couloir, attrape une poignée de poudre de cheminette, prononce sa destination et disparaît dans une gerbe de flammes émeraude. Pas une seule salutation, pas même un hochement de tête ! Et ça se dit Lady…

L'envolée de flamme produite par le départ en cheminée de Narcissa nous plonge, Rogue et moi, dans un profond silence. Silence qu'il brise cinq minutes plus tard, sur un ton où se mêlent défaitisme et dédain.

— Je suis déçu, soupire-t-il. Je m'attendais à ce que Narcissa vous brutalise bien plus. La paix lui fait bien plus de mal que je ne l'aurais pensé.

Je crois que je ne parviendrais jamais à comprendre cet homme. Il sait être tout à la fois horriblement sarcastique et méchant et, dans le même temps, être la personne la plus sentimentale qu'il m'ait été donné de rencontrer. Vraiment, le directeur Rogue est un personnage tout à fait fascinant.

— Navrée de vous avoir privé de votre dîner-spectacle, me retiens-je de rire. Je suis sûre qu'elle aussi se sent frustrée par la situation ! Il faut croire que le sang ne fait pas tout, malheureusement pour vous deux.

Il hausse un sourcil inquisiteur, mais même sous sa forme d'empreinte fantomatique, il reste assez angoissant. Et ce n'est pas la fraîcheur de son ton, lorsqu'il reprend la parole, qui pourrait me faire penser le contraire.

— Vous ne devriez pas rire d'une telle chose, Miss Granger. Vous n'avez jamais été aussi puissante que depuis le jour où le sang des Black s'est mis à couler dans vos veines.

Recevoir un compliment de cette personne est presque aussi miraculeux que voir l'envol d'un Basilic… Pourtant, encore une fois, je m'apprête à le détromper, et dans le fond, je sais que j'adore pouvoir le faire.

Depuis la fin de la guerre, cette habitude si ancrée, celle de vouloir toujours donner réponse à toutes les questions inimaginables que pourraient me poser les professeurs s'est évanouie. Ne reste plus que cette angoisse sous-jacente de ne jamais être à la hauteur des Sang-Pur.

C'est très certainement stupide, surtout aux vues du combat mené par Harry contre Voldemort, mais savoir que tant de Sang-Pur se sont laissé impressionner par les pouvoirs – somme toute assez impressionnant, je dois bien l'avouer – de Voldemort me fascine.

À vrai dire, c'est surtout le fait de savoir que des personnes telles que Lucius Malefoy, LE Malefoy, LE Serpentard par excellence, se soient prosternées devant lui qui me choque. J'ai tellement souvent entendu Drago dire et répéter « un Malefoy ne s'abaisse devant personne », que de voir son père le faire m'a, encore une fois, fait revoir mon jugement.

Mais il n'a pas tort sur un point. Je suis puissante. Je la sens, cette magie qui gonfle en moi, qui fluctue depuis des années dans mon être et qui ne demande qu'à sortir de moi pour prouver au monde que, oui, une stupide Sang-de-Bourbe Miss je-sais-tout est capable de tenir tête à n'importe lequel des Sang-Pur de sa connaissance.

— Vous avez tort, ris-je doucement, fière de pouvoir lui prouver sa méprise. Je ne possède que l'empreinte de la magie d'un bébé. Certes, c'était un bébé Black, mais un bébé tout de même, ce qui signifie que cette magie s'est juste additionnée.

— Et qu'est-ce qui peut donc vous rendre si sûre de cette hypothèse que vous avancez, Granger ? susurre-t-il.

— Plusieurs choses, à vrai dire, haussé-je un sourcil.

J'y ai très souvent réfléchi, à cette hypothèse. Entre deux chasses aux Horcruxes, les disputes incessantes sous la tente et les moments où nous préférions nous espacer les uns des autres pour éviter de nous dire des choses que nous ne pensions pas, j'ai parfaitement eu le temps d'y penser. Et le constat est flagrant à mes yeux.

— D'abord vous, reprends-je.

— Moi ? fronce-t-il les sourcils. Que viens-je faire dans cette histoire ?

— Vous êtes de sang-mêlé, et pourtant, vous êtes l'un des sorciers les plus puissants de la dernière décennie.

Certes, j'ai bien conscience qu'il ne l'est devenu que parce qu'il a manipulé la « magie noire » plus souvent qu'à son tour, mais son intelligence et sa ruse ont fait de lui un grand sorcier. Ajouter à cela une magie brute qui dépasse l'entendement, et il n'y a qu'un pas à faire pour le déclarer sorcier tout aussi puissant, si ce n'est plus, que Dumbledore.

— Je vous l'accorde, se rengorge-t-il, avant de redevenir plus sombre. Mais ça ne m'a pas permis de rester en vie.

— Je pense que pour toute personne sensée, il n'est pas bien compliqué de voir que votre vie vous a offert bien plus de malheurs que de bonheurs. Pourtant, vous avez préféré rester une empreinte sur Terre, plutôt que de rejoindre « l'après ».

— Et je suppose que, sur ce point aussi, vous avez une hypothèse ? rit-il cyniquement.

— En effet, j'en ai une, approuvé-je.

— Je vous en prie, Granger, ricane-t-il narquoisement, éclairez-moi de vos lanternes.

D'accord… Visiblement, il n'apprécie pas cette intrusion non justifiée dans sa vie, et encore moins dans sa psyché. Mais c'est un fait ! Pourquoi aurait-il préféré rester sur Terre, alors que Lily l'attendait de l'autre côté ?

— Je pense que vous vouliez continuer à veiller sur vos petits serpents, continuer de voir si vos actions ont racheté vos maladresses passées, débuté-je calmement.

Bon, le fait de devenir Mangemort et révéler la prophétie liant Voldemort à Harry et le rendant, de ce fait, orphelin n'est pas vraiment « une maladresse ». Mais avec tout ce qu'il a fait, protéger Harry, protéger le château, devenir espion et j'en passe, à mes yeux, il a fait bien plus que de se racheter.

— Si Weasley ne m'avait pas expliqué comment vous aviez découvert la « transe », ainsi que pourquoi et avec qui, je n'aurais pas compris.

Encore une fois, j'ai conscience d'avoir commis une énorme bourde au moment où je vois la veine saillante palpiter sur son front. C'est étonnant de voir à quel point son fantôme est aussi expressif, tout en restant de marbre…

Vivant ou mort, le professeur Rogue tient plus à ses secrets qu'à l'étendue de sa réserve d'ingrédients de potion, ou sa volonté de devenir professeur de défense contre les forces du Mal ! Ce qui n'est pas peu dire… J'en plaindrais presque Charlie…

— Foutu Weasley ! grommèle-t-il. Incapable de garder des informations pour lui ! Pas un Gryffondor pour rien, celui-là non plus !

— Je ne vais pas vous empêcher de le dire, puisque j'en pense tout autant, ris-je doucement. Mais s'il ne l'avait pas fait, alors je n'aurais jamais pris le temps de me pencher sur le cas « Narcissa Malefoy », et encore moins sur le dossier « Drago Malefoy ».

Je m'empresse de chasser les flashs d'images de cette session dans mon esprit, de même que la douceur et la… tendresse qu'il a démontrée à ce moment-là. Pourquoi ce genre de pensées ne me vient-il qu'au mauvais moment ?

— Je ne vois pas en quoi cela a pu vous faire changer d'avis, Granger, grimace-t-il.

— Parce que vous êtes un être fondamentalement bon, qui préférait se sacrifier durant des décennies, plutôt que de laisser l'obscurité l'engloutir.

— Quel est le rapport ? hausse-t-il un sourcil.

Ce que cela peut être énervant ! Déjà à l'époque de nos premières années à Poudlard, je trouvais vraiment frustrant que les autres, et en particulier Harry et Ron, ne parviennent pas à suivre le fil de ma logique, mais là, face à Severus Rogue, c'est encore pire.

— Pour une transe, il faut que les deux personnes soient des égales, soufflé-je exaspérée. Je ne connais pas ses raisons, et je ne crois pas vouloir les connaître, mais à mon humble avis, c'est important.

— Une je-sais-tout comme vous ne souhaitant pas tout savoir ? ricane-t-il, perfide. Si je n'étais pas déjà mort, vous m'auriez achevé !

Sa touche d'humour tombe à l'eau, mais la mort n'a jamais été un sujet vraiment très drôle… Et après avoir enterré tant de personnes après la dernière bataille, je ne doute pas d'avoir encore pendant un très long moment la peur et la crainte de devoir y faire face une nouvelle fois.

Dans le fond, peut-être est-ce la raison pour laquelle je suis si heureuse de voir qu'il ait survécu. Comme cela, je n'ai pas eu réellement à faire une sorte de processus de deuil avec lui comme je l'ai fait avec Remus.

Étonnamment, en ce qui concerne mon ancien lycanthrope de professeur, le processus de deuil s'est passé assez rapidement et tout en douceur. En revanche, en ce qui concerne Tonks, Sirius ou Colin, on ne peut pas dire que je sois en nette progression.

En ce qui concerne Colin, j'en connais malheureusement parfaitement la raison… Dennis, son frère, est presque son portrait craché, et le voir me rappelle le petit enfant de douze ans, traînant partout son appareil photo et demandant clichés et autographes à mon ami aux cheveux corbeau.

Dans le cas de Sirius, c'est très sûrement parce que, à chaque fois que je vois l'étincelle de vie s'éteindre dans les yeux de Harry, je comprends qu'il pense à lui. Son parrain lui manque, et même après trois ans, même après tant de pertes, il continue de se blâmer pour sa mort.

— Je me doute qu'il n'a pas dû vraiment apprécier d'atterrir dans votre bibliothèque personnelle ? ricane Rogue subitement.

J'avais totalement oublié qu'il se trouvait dans la même pièce que moi ! Mais son ricanement a au moins le mérite de me faire sortir de mes lugubres pensées, et malgré un sursaut violent, je me recentre rapidement sur la conversation.

Une bibliothèque ? Mais de quoi parle-t-il ? Cependant, vu le sourire en coin parfaitement moqueur, et le terme de « bibliothèque personnelle », j'ai de très gros doutes ! Se pourrait-il que, lui aussi, soit venu faire un petit tour dans mon esprit à mon insu ? À cette pensée, je sens une vague de colère monter en moi que je tente de refréner.

— Comment savez-vous que mon esprit est rangé comme une bibliothèque ? sifflé-je en plissant les yeux.

— Même le Seigneur des Ténèbres devait le savoir ! lève-t-il les yeux, nullement impressionné par mon ton. N'importe qui vous connaissant un tant soit peu doit le savoir !

Bien, au moins, cette fois-ci, je suis fixée ! Cette vieille chauve-souris, ce bâtard graisseux s'est fait une joie de venir piller mon esprit à mon insu !

— Vous m'avez legilimanciée ? sifflé-je encore une fois outrée.

— Pas la peine de monter sur vos grands hippogriffes, Granger, lève-t-il les yeux au ciel. Nous étions en guerre, et je devais m'assurer que les secrets de votre ami Potter étaient bien gardés. Je suis un adulte, pas l'un de vos amis bourrés aux hormones, merci bien !

Je vais me faire une joie de passer au-dessus de la dernière partie de sa phrase, puisque, pendant deux semaines, nous avons parfaitement prouvé, à Bill et Fleur, que Harry, Fred, moi-même et même Charlie avons, disons, rattraper notre adolescence perdue…

— En violant mon esprit ? grondé-je, furieuse. Belle preuve de maturité, en effet !

— Soyez heureuse que je l'aie fait, sourit-il perfidement, sinon, jamais vous n'auriez reçu le moindre « Effort exceptionnel » !

Je n'ai reçu qu'un seul « Effort exceptionnel » en cinq ans de cours de potions avec lui ! Jam… Attendez ! Si ! Une seule et unique fois ! En cinquième année ! Et mon mal de tête m'a poursuivi durant deux jours ensuite…

— Vous m'avez legilimanciée en cinquième année ? froncé-je les sourcils, préférant revenir à une réflexion plus scolaire.

— En effet, hoche-t-il sèchement la tête. Et permettez-moi de vous dire, Miss Granger, que malgré tout le mal que vous avez sûrement dû vous donner, vos défenses sont nulles. Mais je suppose que, pour une cinquième année, née-Moldue de surcroît, c'était le mieux que vous puissiez faire.

Son ton cynique me touche plus que je ne l'aurais pensé. Pourtant, je sais qu'en un sens, il cherche à me complimenter. Mais il reste toujours cette volonté de plaire à mes professeurs et de montrer que, tout comme un Sang-Pur, j'en vaux la peine. Peut-être est-ce le moment de partager mon « secret » avec quelqu'un…

— Vous avez raison, débuté-je, les yeux dans le vague, me plongeant dans mes souvenirs, en cinquième année, j'ai organisé mon esprit de cette manière-là. Mais après la bataille au Département des mystères, j'ai commencé à voir les choses autrement…


Le chapitre vous a plu ? N'hésitez plus ! Laissez une review, nous en sommes presque à 100 ! Je réponds toujours à vos messages, et ils m'aident toujours à m'améliorer !

À vos claviers ! Dites-moi tout ! Qu'en avez-vous pensé ? Que pensez-vous qu'Hermione et Severus vont se dire ? Quelle sera la sanction encourue par Charlie pour avoir dévoiler le secret de Narcissa et Severus à Hermione ? Comment voyez-vous la suite de cette conversation ? Et de ce chapitre ? Qu'attendez-vous de la suite de cette histoire ? Allez, je vous laisse sur ces questions, j'en aurais un million d'autres à vous poser sinon… C'était un assez lourd chapitre, et pourtant, je ne vous laisse que quelques questions, vous voyez, je suis magnanime !

Je vous dis donc à vendredi prochain pour la première partie du chapitre 15 ! Au programme : des explications, une promesse, une lettre et une réunion des Grands de ce Monde! Je vous ai donné envie ? Si c'est le cas, ne manquez pas notre prochain rendez-vous, et mettez cette histoire en favori ! Les reviews sont appréciées, si vous en doutiez ?

Je vous embrasse et vous souhaite une très bonne semaine à tous,
Bisou,

Mya