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Ron et Sirius se regardèrent un instant puis ils regardèrent à nouveau la maison. Ils savaient bien qu'ils étaient au bon endroit mais… Il manquait beaucoup de choses. Ils manquaient les bouteilles en verre trainant devant l'entrée de la maison devant être amenées au bac, les chaussures oubliées, la poussière sur les objets, les jouets laissés au sol, les fioles de potions usagées, les papiers et bols trainant sur la table, la cuisine était propre… Du linge se trouvait étendu dehors.

Sirius fixa Ron, Ron fixa Sirius. Remus était occupé à réparer les couvertures des anciens livres que Lily avait hérité de ses frères pour son année scolaire.

« Bonsoir Buck et monsieur… Weasley ! Qu'est-ce qu'il a encore ? »

Remus regarda Crookshanks détaler avec agacement. Ce type était l'enfer ! Ignorant Remus, Sirius retourna dans le couloir et monta dans les chambres d'Albus et James pour s'excuser de s'être absenté mais il les trouva tous les deux en train de discuter dans la chambre d'Albus et en le voyant, ils s'excusèrent et refermèrent la porte « On doit parler. » Ils ne semblèrent pas inquiets de son absence. La salle de bain du premier étage était propre. Il était absent une demi-journée et… C'est mieux sans moi ?

Ron s'était installé à coté de Remus et Lily, discutant tout en les observant. Au bout d'une demi-heure, Sirius revint vers eux. Il semblait tendu. Remus se redressa pour lui servir un café, dans l'idée d'apaiser les tensions tout en le maudissant intérieurement d'avoir la tête d'une personne qui venait de fêter le nouvel an chez Arthur Weasley, à l'époque où il n'avait pas d'enfants, je présume que ce doit être moins festif aujourd'hui. Qu'est-ce qu'il avait encore le tatoué, il faisait une sale tête ! Gueule de bois ? Manque de sommeil ? Peut-être. Peut-être pas. Il semblait énervé. Énervé contre… lui ! Car il avait fait le ménage ? C'était… un enfant ! Je connais ce sentiment…

Crispé, Sirius posa sa main au centre de la table :

« Ne vous forcez pas à faire ça.
― Je ne me force pas. Il est normal d'aider, vous m'hébergez.
― Regarde papa, on a décoré les livres…
― …je vois ça…
― Je souhaitais simplement aider, Buck.
― Je sais m'occuper de mes enfants ! »

Remus se crispa. Qu'est-ce qui lui prenait à cet imbécile ? Il était sérieux ? C'est qu'il était vraiment sérieux ! Un merci, c'est trop demandé ? Visiblement, oui ! Le gars venait clairement de lui faire comprendre qu'il avait eut un comportement déplacé et de partir bouder dans le jardin. Je ne vais pas te voler tes gosses, mon gars, je n'en veux pas ! Très mature ! Bravo ! Félicitation, mon gars ! Forcément… Forcément qu'il n'avait pas apprécié. Lily courut après son père.

« Monsieur Lupin, ne le prenez pas personnellement.
― Je comprends.
― Pardon ?
― Je comprends, reconnut Remus, C'est comme-ci je lui disais qu'il ne savait pas s'occuper de sa maison.
― Effectivement.
― Vous me prenez pour un enfant ? C'est lui qui se comporte en gamin, nota Remus en souriant en coin, C'est un imbécile qui prend trop à cœur tout ce que je peux dire et faire. Vous êtes certain que j'appréciais de travailler avec lui ?
― J'en suis certain. » sourit Ronald.

Ce mal de tête. Ce maudit mal de tête. Cela devenait agaçant. Cela dit, notons un point. Remus, tu n'as jamais été un crétin… Ok. Si tu étais un crétin avec Sirius. Sinon, tu n'en étais pas un. Tu étais un brillant élève. Et un plus un… Il a mal à la tête quand il s'approche des souvenirs bloqués ou disparus. Bien. Parler de lui et Buck conduit à un mal de tête. Parler de la personne disparue hier soir aussi. Tu vas le blesser… Arrête… Pourquoi Buck semblait-il si inquiet qu'Harry le blesse ? C'était normal d'être aussi inquiet ?

« Dans ce cas, étions-nous amis ?
― Je pense.
― …je vois. Alors pourquoi il n'y a aucune photographie de moi dans cette maison ?
― Pardon ? »

La baguette à la main, créant une ligne de lumière pointant chaque enfant sur les photographies, la famille Weasley, les Londubat et d'autres membres de familles. Petit à petit, toutes les personnes de sa génération était reconnu. D'autres lui rappelaient vaguement des personnes ou lui étaient simplement inconnues mais dans cette maison, il y avait assez de photographies pour faire un musée. Même de gens totalement improbables comme Severus Snape. Mais pas une seule photographie de lui ! Il est vrai qu'il a toujours peu apprécié d'être dessus, mais à ce point ?

« Étions-nous véritablement proches ? Car il y a même des photographies de Lily et James, ici. Je doute qu'ils étaient si proches que ça.
― Lily et James pouvaient avoir d'autres amis, non ?
― Sincèrement, sans vouloir être offensant, c'est peu probable.
― Comment étaient vos dernières années à Poudlard ?
― Très bien, j'étais préfet.
― Vous étiez Préfet ? J'ai toujours pensé que Sirius Black ou James Potter auraient pu l'être, du fait de leur grande popularité et de leur sérieux.
― Sérieux ? Vous plaisantez ! Heureusement que Peter et moi étions-là pour conduire à un peu de maturité dans le groupe.
― Vous n'étiez pas Préfet-en-Chef en dernière année ?
― Lily et James ont été Préfets-en-chefs en dernière année et…
― Vous êtes resté Préfet ?
― Hm. Oui. »

Monsieur Lupin, ne laissez pas vos sentiments vous aveugler…
Monsieur Lupin, sans doute avais-je tort et aurais-je dû me fier à votre instinct…
Monsieur Lupin… vous n'êtes pas le seul à avoir pensé à sa culpabilité.

… Qu'est-ce-que… Son cœur battait la chamade. La douleur devenait insoutenable et ce psy qui refusait de se taire. C'était quoi d'ailleurs cette couleur rousse-verte de ses cheveux dégueulasses ? Les Punk, la pire espèce sur terre.

« Pourquoi ?
― Comment ça pourquoi ?
― Il est assez rare que ce ne soit pas des préfets de dernières années qui deviennent Préfet-en-Chef et que ce soit, en plus quelqu'un de la propre maison de l'un d'entre eux qui ne l'a jamais été qui le soit. D'autant que James Potter était votre ami.
― Qu'insinuez-vous ?
― Pourquoi James n'a-t-il pas été nommé Préfet et vous Préfet-en-Chef ? par exemple.
― Je ne crois pas que j'apprécie cette discussion monsieur Weasley. J'étais lycanthrope, mes absences…
― Et pourtant vous étiez Préfet.
― Préfet-en-chef demande davantage de temps.
― Et Peter Pettigrow, il était plus immature que James, non ?
― … Le directeur a pensé que James était un meilleur choix et puis Peter…
― Peter ?
― Vous posez bien trop de question, Monsieur Weasley.
― Si vous me disiez ce qui vous traverse l'esprit ?
― Rien ne me traverse l'esprit. Je dis ce que je pense.
― Monsieur Lupin…
― Écoutez, Weasley, occupez-vous de vos histoires de cœur ! au lieu de vous mêlez de ce que je me souviens déjà ! C'est ce que j'ai oublié que vous êtes sensé essayer de me rappeler, non ? Je ne veux pas me montrer insultant, mais ce n'est pas moi ici qui fait du mal aux autres.
― Qu'est-ce-qui vous inquiète sur mes histoires du coeur ?
― Vous êtes volage, inconscient, vous blessez et vous êtes… vous êtes…
― … » Ron attendit, patiemment, avant de sourire en voyant détaler Remus.

Très bien… Maintenant… Le punk attrapa le café prévu pour Sirius. Ce serait dommage de le gâcher, et il avait l'habitude de souvent le prendre froid.

« Albus, viens ici.
― Que…, grogna le garçon pensant avoir été discret tout du long.
― Où étaient Rose et Scorpius cette nuit ? questionna Ron pas vexé d'avoir été écouté.
― Ah…
― Et où étais-tu cette nuit ?
― J'étais ici…
― Prends-moi pour un Bulbe. Je devrais peut-être en aviser Sirius.
― Ok, on était dehors, c'est vrai. On n'a rien fait de mal.
― Sans doute, et d'ordinaire je fais semblant de ne pas voir vos petites escapades mais pour les prochains jours, peut-être semaines, ne quittez plus la maison. Rose et Scorpius viendront.
― Est-ce que Remus va se souvenir de nous et nous aimera un jour à nouveau ?
― Je n'ai pas de réponse absolue là-dessus mais je présume que même si j'oublie aimer le chocolat un jour, cela ne signifie pas que je ne l'aime pas. Juste qu'il faudra que j'y goûte à nouveau. » Éventuellement sur le corps…