Chapitre 23 : Celui qui la fera sortir de son cocon

Un soleil éclatant s'abattait sur toute l'Ecosse en ce dernier samedi de mai. Un temps idéal pour ce qui se préparait ce jour-là, car en effet tout Poudlard n'avait qu'un mot à la bouche : Quidditch. Gryffondor contre Serdaigle, telles étaient les équipes à l'affiche de la finale du tournoi de l'école. Cependant, la plupart des élèves pensaient déjà savoir qui en ressortirait vainqueur au vu des piètres performances de Ron Weasley, le gardien de but de l'équipe de Gryffondor. Malgré tout, il fallait admettre que ce handicap ne leur enlevait pas tout espoir de victoire.

- Michael, je commence à en avoir marre que tu me chambres sans arrêt ! lança Ginny Weasley, plus qu'agacée par les piques de son petit ami sur son équipe.

- Calme-toi ! Tu sais bien que je plaisante, la rassura le Serdaigle qui lui caressa la joue avec la main.

- On ne dirait pas pourtant ! rétorqua la jeune fille en s'éloignant de la main du jeune homme.

- Ecoute, je suis désolé. Tu es stressée à cause du match... s'excusa Michael avant de se faire interrompre.

- Non, je ne suis pas stressée. Pas plus que la normale. J'en ai juste... marre.

- D'accord, je te laisse te concentrer pour le... tranquille, je laisse tranquille, se reprit-il sous le regard perçant de Ginny avant d'apercevoir Emma qui traversait le hall pour atteindre la Grande Salle. Emma !

- Michael, Ginny, salua la Serdaigle avec surprise, ne s'attendant pas à se faire interpeller.

- Bonjour Emma, répondit la Gryffondor gardant néanmoins son ton agacé.

- Je te souhaite bon courage pour tout à l'heure ! N'hésite pas à en faire voir de toutes les couleurs à Chang surtout ! l'encouragea la brune arrachant alors un sourire à la rousse.

- Hey, et ton équipe alors ? s'offusqua Michael.

- Je la supporte ne t'inquiètes pas. Mais pour moi la plus belle victoire serait de gagner sans l'aide de l'attrapeur. Ne le prends pas pour toi Ginny, c'est juste mon aversion pour Chang qui parle, se justifia Emma avec nonchalance.

- Je comprends, fit la plus jeune après un éclat de rire.

- De toute façon même ça, ce serait possible vu la performance de ton frère. Même si ce serait mieux que Cho termine ce tournoi en beauté, glissa le jeune homme qui reçut en retour deux regards noirs.

- En voilà une façon d'encourager sa petite-amie, Michael ! reprocha Emma appuyée d'un regard de Ginny semblant signifier « qu'est-ce que je t'avais dit. ».

- Je vais être en retard, je dois vous laisser, annonça la rousse avant que Michael ne puisse répliquer quelque chose.

- Bonne chance, souhaita la Serdaigle alors que le brun s'approcha de sa petite-amie pour l'embrasser.

Cette dernière, malgré sa mauvaise humeur, se laissa tout de même faire. Ginny Weasley s'éloigna alors des deux Serdaigles qui entreprirent d'entrer à leur tour dans la Grande salle.

- Alors moi je t'appelle à l'aide et toi tu m'enfonces ! l'accusa Michael en rejoignant la table des Serdaigle autour de laquelle l'effervescence se ressentait le plus.

- Un appel à l'aide ?

- Mais oui, pour que tu me sortes de là, expliqua le jeune homme le plus simplement possible.

- Et te sortir de quoi Michael ? rétorqua la brune par une question qui n'en était pas une.

Puis, la jeune fille accéléra son pas afin de retrouver ses amis qui étaient déjà installés au centre de la table. Le brun fit alors de même, l'air bougon, se mettant quant à lui du côté gauche de la table. Les deux jeunes se retrouvèrent face à face, Michael à côté d'Anthony, Emma à côté de Padma. Pendant le déjeuner, la jeune fille ne participa pas énormément à la conversation.

Depuis quelque temps déjà elle ne pouvait s'empêcher de penser à ses fiançailles, pour ne pas dire à son fiancé. Autant à la première rentrée suivant la terrible annonce elle avait tenté d'y faire abstraction, oubliant presque ; autant à la seconde, c'était comme si elle se rendait compte que cela était inévitable. Ils étaient liés par un contrat magique, lequel régissait désormais toutes leurs actions jusqu'au mariage. Au cours de ses recherches, Emma n'avait pas trouvé grand chose mis à part le fait que les rares fois où le contrat se rompait étaient lorsque l'un des fiancés mourrait ou devenait stérile. La jeune fille s'était alors plus ou moins résignée à cette destinée, d'autant plus que ses entrevues avec son fiancé se faisaient de moins en moins houleuses. Désormais les deux adolescents jouaient au chat et à la souris, se cherchant, s'aguichant pour finir par se trouver. Leurs baisers, car toujours baisers il y avait, se faisaient de plus en plus passionnés voire coquins. Ce n'était cependant pas pour autant qu'ils cessaient leurs moqueries de l'autre.

Bien sûr tout cela était trompeur car ils ne se considéraient pas vraiment comme un couple. Pour eux, tout ceci était sans amour, ils ne faisaient que profiter de ce qui découlait de leur statut de fiancés. Emma ne se sentait pas amoureuse. Elle ne ressentait pas au fond d'elle cette sensation de dépendance affective et son cœur ne s'emballait pas autant qu'il avait pu le faire par le passé. Bien sûr elle n'était pas non plus insensible au jeune homme, ni à ses baisers et caresses qu'elle interrompait toujours avant que cela n'aille plus loin. N'importe quelle fille qui s'y laisserait tentée n'y serait pas non plus indifférente. Emma se disait que cela aurait été la même chose avec n'importe quel autre garçon à son goût.

A ce sujet, à côté de tout cela, Théodore faisait également partie des pensées de la jeune fille au cours de ces dernières semaines. Cela rendait à chaque fois mal à l'aise la Serdaigle qui savait que si elle n'avait jamais été fiancée, il aurait pu y avoir quelque chose de fort entre eux. Une complicité s'était installée sans qu'elle ne puisse y faire quelque chose. Ils se voyaient régulièrement aux cours qu'ils partageaient et engageaient souvent la conversation lorsqu'ils se croisaient. Mais leur rapprochement s'était renforcé à partir du moment où Emma avait entrepris de lui venir en aide en Arithmancie. En effet, le jeune homme avait laissé de côté cette matière en préférant s'investir en priorité dans les matières principales. Cependant à moins d'un mois des BUSE, la Serdaigle qui trouvait inacceptable d'abandonner une matière quelle qu'elle soit, avait proposé son aide. Elle soupçonnait tout de même le Serpentard de ne l'avoir acceptée que dans l'optique de la voir plus souvent. Du moment qu'elle était utile, elle ne lui en tenait pas rigueur. Emma devinait qu'il n'avait pas perdu espoir et parfois Théodore ne pouvait s'empêcher de tenter de séduire la jeune fille. Séduction à laquelle elle ne cédait malheureusement jamais.

Une complicité existait toujours entre la jeune Astoria et la Serdaigle, même si les deux jeunes filles n'avaient pas vraiment l'occasion de se voir durant cette période de révision. Le seul malaise présent dans cette relation était le secret de ses fiançailles avec Drago Malefoy dont Astoria était éperdument amoureuse. Emma le voyait dans ses yeux.

La jeune fille ne pouvait s'empêcher de s'étonner de la facilité qu'elle avait à s'ouvrir à ces « nouveaux amis ». En un mois, elle avait réussi à se comporter avec eux comme elle pouvait le faire avec son groupe de Serdaigle, alors que pour ces derniers il lui avait fallu des années avant d'en être capable. Ceux-ci l'avaient d'ailleurs remarqué et mettaient ces rapprochements sous le compte d'une idylle avec Théodore, chose qui agaçait profondément Emma. Au début un peu farouche à l'idée de voir leur amie avec ce Serpentard, ils s'étaient résignés en se disant que son amitié avec deux Serdaigle faisait de lui un « bon » Serpentard. Mandy quant à elle se sentait un peu délaissée par son amie, ne se sentant plus exclusive, ce que ne remarquait pas vraiment Emma.

Le secret que partageaient cette dernière et Michael était de moins en moins abordé, rien de nouveau ne se produisant. Elle lui fit juste part du résultat de ses recherches sur les contrats de fiançailles magiques. Le jeune homme restait toujours persuadé qu'Emma n'aurait pas à se marier « avec ce crétin » un jour. Ce dont Emma croyait de moins en moins. Toutefois, leurs échanges devenaient de plus en plus tendus au fur et à mesure que le jeune homme passait du temps avec Cho Chang. Ce qui renforçait les soupçons d'Emma sur les réels sentiments de Michael.

Telles étaient les circonstances et les évolutions de ce mois passé depuis la rentrée. Ce qui n'empêchait pas tout ce petit monde de se concentrer sur leurs BUSE, approchant à grand pas. En effet, en ce jour de finale de Quidditch, il ne restait plus qu'une semaine de révision. Une semaine avant que la pression déjà accumulée ne soit à son comble. Cependant, ce week-end s'annonçait comme une pause dans cette spirale créée par les examens et tous les élèves comptaient en profiter et savourer ce moment.

Ce fut dans cet état d'esprit que les résidents de Poudlard remplirent avec enthousiasme les tribunes du stade de Quidditch. Ces dernières étaient divisées en deux couleurs dominantes, le bleu et le rouge, celles des deux équipes. Le camp des Serdaigle était en ébullition et des encouragements voire des cris de victoires pouvaient déjà s'entendre avant même que le match ne commence. Le camp rouge flamboyant, quant à lui était moins enthousiaste mais pas moins encourageant, gardant toujours un espoir. Les Poufsouffle étaient partagés, certains soutenant leurs amis Serdaigles et quelques autres restant fidèles à ceux de Gryffondor. Les Serpentard quant à eux soutenaient sans surprise l'équipe de Serdaigle et continuaient de ridiculiser l'équipe de Gryffondor, en particulier Ron Weasley. Ils chantèrent de nouveau la chanson dédiée à ce dernier et créée par Malefoy. Avide de victoire, même certains Serdaigle s'y étaient mis. Ce n'était pas le cas du petit groupe de Serdaigle composé de Michael, Anthony, Terry, Padma, Mandy et Emma, même si l'on surprenait parfois Terry en train de chantonner l'air de la chanson. Les trois garçons se trouvaient sur un banc de la tribune alors que les trois filles étaient assises sur les assises juste derrière eux.

- Terry, mets-toi à la place de Ron ! le réprimanda Mandy juste au dessus dudit Terry, en lui donnant une tape sur la tête.

- Je sais bien, mais c'est pas de ma faute si c'est une chanson qui reste en tête ! se justifia-t-il en se frottant le crâne, feignant d'avoir eu mal.

- Et puis, n'oublie pas que c'est le beau-frère de ton ami ! ajouta Anthony afin de taquiner son voisin, lequel n'appréciant pas vraiment cette appellation ne réagit que par un regard noir.

- Michael s'est disputé avec Ginny ce matin, rapporta Emma à ses amis comme pour expliquer l'expression maussade de son ami et succédant alors à Anthony pour ce qui était des yeux révolvers.

- Merci Emma, j'ai définitivement choisi la mauvaise personne pour...

- T'aider à te sortir de là ? continua la jeune fille. Vous ne trouvez pas ça bizarre vous que...

- Au moins toi tu l'as trouvée la bonne personne et ça t'arrange bien, interrompit-il à son tour afin de se venger de la jeune fille qui se raidit aussitôt.

- Ce qu'on trouve surtout bizarre, c'est votre échange, nota Anthony alors que tous se regardaient sans vraiment comprendre les sous-entendus employés.

- Qu'est-ce que vous nous cachez ? demanda Padma, soupçonneuse alors qu'Emma et Michael se fixaient, ce dernier manquant de se faire un torticolis du fait de la position de la jeune fille située juste derrière lui.

- Je ne vous cache rien du tout, répondit Michael, abandonnant son idée première d'accentuer le « je ».

- Peut-être que c'est à toi que tu te le caches, chuchota Emma à l'oreille de Michael alors qu'elle s'était penchée en avant.

- Regardez ! Voilà les équipes ! s'écria Terry voulant également faire cesser cette conversation dont le genre devenait de plus en plus courant ces derniers temps.

- On est jamais au courant de rien ! se plaignit Mandy avec un léger dépit dans la voix.

- En même temps avec ces deux là, ça a presque été toujours comme ça ! la consola Anthony mais n'en pensant pas moins.

- Regardez qui voilà, intervint soudain Padma qui regardait loin derrière sa voisine, laquelle lorsqu'elle se retourna entrevit Stephen Cornfoot et Kévin Entwhisle se frayer un chemin et à leur suite Théodore Nott.

- On sait qui sera contente, se moqua Terry, apercevant à son tour les trois jeunes.

- La ferme Terry, répliqua durement Emma.

- Je n'ai jamais été aussi proche de la vérité qu'en entendant cette douce phrase, chantonna-t-il presque alors que la jeune fille pour couper court à la conversation se leva afin de saluer les trois garçons qui arrivaient.

- Hey Emma ! Alors d'attaque pour la victoire ? l'aborda Stephen.

- Ce n'est pas encore fait, mais j'espère qu'on marquera des buts si nombreux qu'ils nous permettraient d'être vainqueurs même si le vif d'or n'est pas pour nous.

- Tu doutes de notre attrapeuse, elle est plutôt douée pourtant, s'étonna Kévin.

- Il faut savoir qu'Emma déteste de près comme de loin tout ce qui se rapporte à Cho Chang, expliqua Théodore en regardant la jeune fille avec un sourire en coin.

- Mais de là à vouloir qu'on perde ! dit Stephen l'air effaré en enjambant le banc sur lequel il alla s'assoir non loin de Michael.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit, se défendit avec calme la Serdaigle en se rasseyant alors que Théodore prenait place auprès d'elle.

Kévin quant à lui rejoignit sur le banc du bas son ami Stephen.

- Alors comme ça tu abandonnes les Serpentard ? demanda alors à son voisin la jeune fille.

- Oh tu sais, on finit par se lasser d'un « Weasley est notre roi » aux premières loges, avoua-t-il avec toutefois une pointe d'humour.

- Et les voilà partis ! annonça la voix de Lee Jordan, le commentateur officiel des matchs depuis des années.

Même s'il s'agissait de son dernier match, l'on sentit clairement qu'il était affecté par le départ brutal de ses amis, les jumeaux Weasley.

- Davies prend immédiatement le Souafle, Davies, le capitaine de Serdaigle, en possession du Souafle, il évite Johnson, il évite Bell, il évite Spinnet... Il fonce droit vers les buts ! Il va tirer et... et...et il marque, commenta-t-il en terminant par un juron sonore, Lee Jordan étant Gryffondor.

Tous les Serdaigles et les supporters de cette équipe se levèrent d'un même mouvement, applaudissant, criant et encourageant encore plus les joueurs. Les Serpentard quant à eux entamèrent de nouveau leur refrain. Emma pu voir distinctement Drago à la tête de son groupe de Serpentard, chanter à plein poumon sa fameuse chanson. Elle le trouvait ridicule ainsi et fut encore plus soulagée que ses fiançailles soient secrètes. La jeune fille ne comprenait toujours pas ce dédoublement de personnalité du blond. Elle était arrivée à la conclusion que l'aversion du jeune homme pour Potter lui faisait souvent faire des choses ridicules, au même titre que sa propre aversion pour Chang lui faisait parfois dire des propos ridicules.

Le match continua de plus belle et au fur et à mesure les élèves ne se levèrent plus pour chaque but, se contentant d'applaudir à tout rompre et d'encourager leur équipe. Par moment des olas parsemaient la foule de couleur bleue, suivie par celle de couleur verte.

Le groupe d'Emma et celui de Théodore ne s'adressèrent pas une seule fois la parole. Kévin et Stephen ne s'étaient jamais vraiment entendus avec les trois autres garçons de Serdaigle et leur affinité avec un Serpentard n'avait pas arrangé les choses. Pour autant, ils n'avaient pas non plus de raisons pour s'en vouloir les uns les autres et s'ignoraient simplement depuis des années.

Théodore et Emma quant à eux échangèrent quelques paroles au cours du match, le premier commentant parfois les prouesses de certains joueurs, la seconde pestant contre les figures de Cho qu'elle considérait comme prétentieuses. A un moment du match, les buts des Serdaigle ralentirent, les poursuiveurs Gryffondor ayant amélioré leur jeu. Alors qu'elle avait sa main appuyée sur le banc, Emma en sentit une se poser délicatement par dessus la sienne. Ce contact chaud fut électrisant pour la jeune fille qui ne s'y attendait pas. Malgré tout, elle ne la retira pas et laissa faire Théodore qui de temps à autre caressait la main de sa voisine à l'aide de son pouce.

Les deux adolescents ne parlaient plus et ne se regardaient pas, tous deux ayant peur de voir l'expression de l'autre. Ils ne suivaient plus vraiment le match, comme accaparés par ce simple contact tout en continuant cependant de fixer droit devant eux. Théodore n'arrêta pas moins son action et entreprit même d'entrelacer les doigts d'Emma. Le Serpentard et la Serdaigle se retrouvèrent ainsi main dans la main en ce match de Quidditch mené par l'équipe bleue.

« Par la barbe de Merlin ! »

S'étaient brusquement exclamés Stephen et Michael à l'unisson avant de rapidement se tourner l'un vers l'autre, puis, se concentrer de nouveau sur le match. Dans les tribunes des Serdaigle, plusieurs supporters avaient poussé un cri similaire, n'y croyant pas leur yeux. Dans un premier temps, un silence s'était produit dans les gradins, rapidement suivi des injures des supporters bleus et verts et des exclamations de joie du camps rouge. En effet, à la plus grande surprise de tous, Ron Weasley avait contré le énième tir de Bradley, chose qui n'était jamais arrivée auparavant.

- C'est pas possible il a pris une potion de chance ou quoi ! s'écria nerveusement Terry alors que ses amis l'approuvèrent.

- De tout le tournoi il faut que ce soit maintenant qu'il se réveille cette gargouille de Gryffondor ! ajouta Kévin avec mauvaise humeur.

- Espérons que ce ne soit qu'un coup de chance ! tenta de relativiser Anthony.

Emma avait profité de cette ambiance pour retirer sa main, ce que laissa faire Théodore qui était soudainement revenu dans le match. Les filles, toutes aussi surprises du revirement du match ne firent pas de commentaires, s'amusant juste du soudain échange entre les cinq garçons devant eux. Cinq minutes après le premier exploit, en survint un second alors que Chambers qui s'approchant dangereusement du gardien avait tenté un nouveau tir. Une nouvelle vague de jurons parcourut les gradins bleus tandis qu'une vague d'exclamation de joie se déployait dans le camp Gryffondor.

- Il ne manquerait plus que la petite Weasley attrape le vif d'or, intervint Théodore avec un ton un peu moins nerveux que les autres, presque amusé par la situation.

- Ne parle pas de malheur, Serpentard ! répliqua son ami Stephen qui ne voulait absolument pas voir son équipe perdre.

- C'est mal parti pour nous, regardez les coups qu'ils font, ils s'améliorent tous ! se plaignit Anthony en montrant d'un geste nerveux Angélina Jonhson qui venait de marquer un but remarquable.

- Allez Cho ! Tu peux le faire ! On est tous avec toi, encouragea soudain Michael en se levant alors que l'attrapeuse se trouvait non loin des gradins Serdaigle.

La jeune fille qui l'entendit se retourna vers lui et lui fit un grand sourire confiant avant de se reconcentrer sur la recherche du vif d'or tandis que les supporters bleus se mirent à encourager leur équipe comme ils ne l'avaient jamais fait depuis le début du match.

- Parles pour toi, répliqua Emma, ne se sentant pas concernée par les encouragements de son ami.

« La ferme Emma ! »

Avaient rétorqué ses trois amis masculins après un commun accord, provoquant alors les rires de Padma, contente de voir son amie se faire ainsi rabrouer. Piquée au vif, Emma se leva soudainement et passa devant Théodore afin de rejoindre l'allée des gradins. Le Serpentard se mit à la suivre. Certains spectateurs râlèrent sur le passage des deux élèves qui leur bouchaient momentanément la vue.

- Quoi ça vous intéresse tant que ça de nous voir perdre ! leur répondit la jeune fille avec mauvaise humeur.

Lorsqu'elle atteignit enfin l'escalier menant à la sortie, elle ne s'arrêta pas pour attendre Théodore. La Serdaigle dévala les marches à vive allure et une fois sur la pelouse, elle entreprit de rejoindre le château.

« Emma ! »

L'avait interpellée le Serpentard, toujours à sa suite. Cette dernière ne s'arrêta pas pour autant et continua son chemin vers l'impressionnante bâtisse. Théodore accéléra alors sa course pour la rattraper et la retint par le bras.

- Hey, Emma pourquoi tu te mets dans un tel état ? demanda le jeune homme sans vraiment comprendre l'attitude de son amie alors que la Serdaigle lui faisait enfin face.

- De quoi tu parles, je suis tout à fait normale, nia-t-elle avec mauvaise humeur, perdant alors toute crédibilité.

- Oh vraiment !

- Qu'est-ce que tu veux savoir Théodore ! Que j'en ai marre de voir mon ami s'amouracher de cette pimbêche de Chang, que je ne veux pas voir mon équipe perdre mais que je n'ai aucune envie de gagner grâce à elle ! énuméra Emma en s'avançant vers un coin plus isolé, gardant son pas rapide.

- Alors comme ça tout ne se rapporte qu'à Chang ! fit le Serpentard, l'air un peu dubitatif.

- C'est plus fort que moi ! Cette fille m'a toujours fait avoir des réactions exagérées, avoua-t-elle sur le même ton de nervosité. Mais il n'y a pas que ça.

- Et qu'y-a-t-il d'autre ? s'intéressa Théodore alors qu'ils étaient arrivés au bas d'une des parois du château.

- Je n'ai jamais vraiment aimé la foule, j'avais envie de m'en éloigner, répondit avec une voix plus calme la jeune fille qui se trouvait désormais face au Serpentard.

- J'espère que t'avoir suivie ne te dérange pas, demanda le brun en fixant la brune.

- Non. Par contre ce qui me dérange c'est ton air sérieux, Théodore. Tu sais bien que je n'aime pas ça, reprocha Emma qui se reculant un peu, rencontra le mur.

- Parce que ça te rend mal-à-l'aise, termina le jeune homme.

- C'est surtout parce que ce n'est pas toi ! Tu n'es pas comme ça avec les autres ! se justifia la Serdaigle.

- Emma, je n'ai jamais pu être avec toi celui que je suis avec les autres, avoua-t-il avec une voix presque torturée qui fut comme une gifle pour la jeune fille dont le cœur rata un battement.

- Théodore, tu sais bien que je..

- Que tu ne veux pas d'histoires qui n'ont aucun avenir, continua-t-il à sa place. Oui, je le sais bien. Mais tu ne t'es jamais dit que cela pourrait être différent entre nous ?

- Ce n'est pas possible, Théodore, reprit Emma d'un ton catégorique mais teinté d'une certaine tristesse.

- Pourquoi ne pas nous laisser une chance ! Je le sais, je le sens qu'entre nous ça peut être bien plus qu'une simple histoire d'école, s'enflamma le jeune homme en se rapprochant de la jeune fille, posant son avant bras contre le mur de pierre, au-dessus de la tête de celle-ci.

- Théodore, je crois que tu es juste vexé que je ne veuille pas de toi et que tu t'es fixé l'objectif de me faire craquer, lâcha Emma sans bouger, provoquant alors le rire nerveux du Serpentard.

- Eh bien moi aussi je le croyais. Et ça aurait été beaucoup plus simple si ça avait été le cas, crois-moi. Parce que la vérité est là, Emma. Je suis fou… commença le brun, se rapprochant au point que leurs deux fronts se touchent.

- Tais-toi, je t'en prie, coupa Emma en fermant les yeux avec force.

- Regarde-moi, Emma, ordonna avec douceur le jeune homme qui avait légèrement décalé sa tête afin de mieux pouvoir l'observer.

Après une longue inspiration, elle s'exécuta.

- Je veux savoir pourquoi tu te refuses à ce qui s'offre à toi, demanda le Serpentard, la question paraissant tout aussi bien valable si l'on avait remplacé le « ce » par « ceux ».

- Un jour... j'ai dit à une personne que j'aimais qu'il n'était pas celui qui me sortirait de mon cocon. Et je pense Théodore, que tu n'es pas non plus cette personne. Je ne veux pas de nouveau faire l'erreur d'aimer le mauvais garçon, révéla Emma sans vraiment contrôler ses paroles.

Un silence pesant avait suivi cette déclaration et durant lequel les deux adolescents ne cessaient de se dévisager.

- Tu as l'air bien sûre de toi, répondit enfin le jeune homme.

- Je suis désolée, fit Emma entre le susurre et le chuchotement.

- Moi aussi, murmura à son tour le brun en la regardant toujours aussi intensément. Je te promets de te laisser tranquille, reprit-il après quelques secondes. Tu avais raison, il vaut mieux qu'on fasse comme si cette fête n'avait jamais eu lieu. Du moins le temps que je te sorte de ma tête, de mon esprit... et de mon cœur, lâcha-t-il avec difficulté, manquant de faire sortir le sanglot que la jeune fille retenait depuis quelques instants déjà. Mais je veux juste une chose.

- Quoi donc ? demanda fébrilement Emma.

- Un baiser, répondit simplement le brun, achevant ainsi la résistance de la jeune fille dans ce combat face à son sanglot.

Les larmes lui coulèrent alors subitement sur les joues.

- Théo... Je ne peux pas... gémit-elle.

- Je t'en prie... supplia le jeune homme avec un regard empli de douleur face à la réaction de la jeune fille, se sentant subitement repoussant.

Emma ne supporta pas cette vision et envoya au diable la brûlure en décidant de répondre à la demande du brun. Il fallait avouer que son corps réclamait ce geste plus que tout. Tandis qu'elle avait levé la tête afin d'emprisonner les lèvres du jeune homme des siennes, le Serpentard avait en un instant passionnément répondu au baiser qu'elle lui offrait. Il n'avait suffit que d'un millième de secondes pour que l'atroce brûlure surgisse sur la main d'Emma, les écritures couleur sang s'y étant inscrites. La jeune fille se contenta de serrer le poing et se laissa emporter par la passion du baiser. Par moment, le regard des deux adolescents se croisait et on y voyait une envie que ce moment n'ait jamais de fin. Mais il devait y en avoir une. Emma conclut alors le baiser le plus long et le plus passionné de toute sa vie en encadrant le visage du Serpentard de ses mains et en se reculant légèrement de manière à ce que leurs fronts se touchent encore. Le brun enlaçait délicatement la taille de la brune tandis que cette dernière ne pouvait s'empêcher de tendrement frotter son nez contre celui du jeune homme.

- Je suppose que rien ne changera malgré tout le plaisir que t'a procuré ce baiser, déclara Théodore d'une voix étrangement calme et sereine avant que la jeune fille n'y réponde avec un sourire d'excuses.

Alors qu'elle tentait de retirer ses mains du visage du jeune homme, celui-ci y apposa les siennes, voulant prolonger cet ultime contact le plus longtemps possible. Emma ne grimaça pas quand la paume de Théodore rencontra la plaie encore vive sur sa peau.

- Qu'est-ce que... s'interrogea-t-il face à ce curieux toucher, le jeune homme ayant en effet dû sentir l'écorchure de sa cicatrice.

- Ce n'est rien, répondit du tac-o-tac Emma en reprenant brusquement sa main avant que le Serpentard ne puisse voir les dernières traces de sa blessure. Juste le reste d'une égratignure, expliqua-t-elle en cachant son bras derrière son dos.

- Tu veux rire, c'était à vif !

- Qu'est-ce que tu racontes ! nia-t-elle.

- Montre-moi ! ordonna le brun en tendant sa main.

- Théodore, tu as eu ce que tu voulais, maintenant laisse-moi tranquille, répliqua durement Emma.

Ne l'écoutant pas, le jeune homme lui prit son bras de force et put ainsi accéder à sa main qu'il examina attentivement.

- Tu vois, il n'y a plus rien. C'est juste rouge, constata la Serdaigle soulagée que les écritures de sa cicatrice aient fini par disparaître.

- Il y avait quelque chose à l'instant, Emma, insista le Serpentard peu convaincu.

- Non, il n'y avait rien, tenta-t-elle de lui faire comprendre alors que les deux adolescents s'observaient désormais avec affront.

- Ta main allait très bien tout à l'heure. C'est comme si ta blessure s'était refermée aussitôt qu'elle s'était créée, se borna-t-il, effrayant la jeune fille qui craignait pour son secret.

- Je crois que ce baiser te fait voir et dire n'importe quoi, rigola la Serdaigle voulant détendre un peu l'atmosphère.

- Le baiser n'a rien à voir avec... commença le jeune homme avant de s'interrompre de lui même tandis que la jeune fille se maudissait d'avoir parlé de la cause de la brûlure. Le baiser ! s'exclama aussitôt Théodore.

A cet instant, Emma vit dans le regard du brun un éclair de compréhension qui lui fit froid dans le dos.

- Le baiser que tu ne pouvais pas me donner... parce que je ne suis pas celui qui y a droit, assimila-t-il.

Au même moment, le stade au fond du parc depuis lequel les hurlements s'étaient intensifiés il y a plusieurs minutes déjà, fut déserté par une marée de supporters rouges qui remontaient joyeusement la pelouse en chantant leur propre version de « Weasley est notre roi ».

- Ca y est. Serdaigle a perdu, déclara Emma comme si Théodore n'avait rien découvert.

- Oui. Nous sommes les grands perdants de cette histoire, fit le Serpentard avec un flagrant sous-entendu.

- Il faut bien un gagnant et un perdant, se contenta de répondre la Serdaigle.

- J'espère que le gagnant mérite sa victoire et qu'il se rend compte de la chance qu'il a, conclut Théodore. Au revoir Emma, prononça-t-il en continuant de fixer la jeune fille comme s'il ne la verrait plus jamais.

- Au revoir Théodore, finit-elle par dire au bout de quelques secondes avant qu'il ne s'en aille rejoindre l'entrée du château non sans une dernière caresse sur la main de la jeune fille qu'il n'avait cessé de tenir.

Emma se laissa aller contre le mur de pierre glacé derrière elle et fixant l'horizon, elle tenta de se remettre de tout ce qui venait de se passer en si peu de temps. Elle ne vit pas tout de suite Drago Malefoy à la sortie du stade de l'autre côté de la pelouse, qui après s'être frayé non sans brutalité un chemin à travers la mêlée rouge, s'avançait à grande allure dans sa direction, le visage défiguré par la colère.

Lors de la lutte finale entre Cho Chang et Ginny Weasley pour attraper le vif d'or, le blond avait subitement senti sa main s'embraser. Un éclair de rage était alors passé dans son regard qui avait aussitôt cherché sa fiancée dans les gradins voisins. Il n'avait pu repérer que les amis d'Emma en compagnie de Stephen Cornfoot et de Kévin Entwhisle et non loin d'eux, deux places vides. La fureur avait alors enflammé tout son corps, d'autant plus que la douleur n'avait cessé de se prolonger. Sa colère s'était intensifiée lorsqu'il avait entendu la voix de Lee Jordan pousser des exclamations de joie au moment où Chang s'était mise à jeter son balai contre le sol. Lorsqu'enfin la sensation de brûlure eût disparu, il avait entrepris de se mettre à la recherche de sa déloyale fiancée, une rage indescriptible le consumant de l'intérieur.

Désormais à quelques mètres de la jeune fille, cette dernière le remarqua enfin et eut froid dans le dos en constatant son expression. Captant son regard, Drago changea de direction et s'enfonça dans le parc à la recherche d'un endroit où personne ne pourrait les déranger lors de leur règlement de compte. Emma comprit qu'elle devait le suivre et malgré son irrépressible envie de fuite elle se résolut à obéir à cet ordre implicite.

Drago arrêta sa destination au pied d'un arbre, non loin du Saule cogneur. A l'arrivée d'Emma, le blond y était en apparence adossé de manière nonchalante, impression faussée dès lors que l'on observait ses traits tirés par la colère. La brune le rejoignit prudemment et se posta face à lui, prenant tout de même le soin de laisser un ou deux mètres de distance. Son fiancé la fixait d'un regard perçant alors que la jeune fille ne pouvait se détacher de l'air mi-coupable, mi-préoccupé qu'elle arborait. Plusieurs secondes, voire minutes de silence se succédèrent malgré l'immobilité des deux adolescents qui se faisaient face.

- Je suis désolée de t'avoir fait subir cela, Drago, s'excusa enfin Emma en prenant soin de bien choisir ses mots.

Puisque le Serpentard ne répondait pas, elle continua son méa-culpa.

- Je t'avais pourtant promis que ça n'arriverait plus jamais...

- Je sais ce qu'elle vaut maintenant, l'interrompit-il d'une voix dure. Ta confiance, cracha-t-il.

- Je n'aurais jamais imaginé que les choses tournent de cette manière, tenta-t-elle d'expliquer.

- Je t'avais dit d'arrêter de le voir ! Et voilà que je me retrouve avec une fiancée entichée d'un autre ! s'écria avec humeur le jeune homme.

- Je ne... Ce n'est pas ce que tu crois, Drago.

- Ose me dire en face que tu ne ressens rien pour lui ! la défia le blond, la voix emplie de dégoût.

- J'aurais pu tomber amoureuse de lui dans une autre vie, mais ce n'est pas le cas. En général, j'évite de m'engouffrer dans des histoires impossibles et ce n'est pas maintenant que ça changera, avoua la brune avec calme.

- Ca n'en donnait pas l'impression ! contra le Serpentard en lui montrant le dos de sa main.

- C'était juste... un baiser d'adieu, expliqua piteusement la jeune fille en haussant légèrement les épaules.

- C'était plutôt long pour un simple « baiser d'adieu » ! reprocha-t-il en grimaçant sur les derniers mots.

- Ecoute, je comprends que cela puisse être frustrant de savoir que sa fiancée en ait embrassé un autre et qu'en plus elle ait apprécié. Car oui, je ne te le cache pas, j'ai apprécié ce moment ! Je t'en aurais énormément voulu s'il s'était agi de toi, débita Emma alors que Drago au summum de sa rage shootait dans un caillou atterrissant au pied du Saule cogneur qui s'agita légèrement. Je suis sincèrement désolée de ne pas avoir tenu ma promesse. Mais je n'aurais jamais imaginé que Théodore tomberait amoureux de moi... C'était le seul moyen pour qu'il lâche l'affaire et... pour que je n'ai pas de regrets.

- De regrets ! répéta avec colère le blond qui se retourna vers la brune.

- Comme je te l'ai dit Drago, j'aurais pu tomber amoureuse de lui dans une autre vie. Mais ça ne peut pas arriver pour la simple et bonne raison qu'aujourd'hui je suis fiancée à toi. Désormais, le seul qui est en droit de me sortir de mon cocon, c'est toi. Et ça, il faut que je m'y fasse et pour que je m'y fasse, il faut que j'ai le moins de regrets possible.

- De ton cocon ? interrogea-t-il en haussant les sourcils.

- Laisse tomber, il est fort probable que je ne sorte jamais de ce fichu cocon de toute façon, éluda Emma avec un certain désespoir. Mais tu devrais être content maintenant, malgré les apparences. Ta fiancée est désormais résignée à se marier un jour avec toi, affirma-t-elle avec une certaine douleur.

- Comme tu peux le voir je m'en réjouis ! ironisa le jeune homme. S'il n'y avait pas eu ce fichu secret à garder je me serais fait un plaisir de lui casser la gueule ! menaça soudainement le blond.

- Ne le blâme pas, il n'y est pour rien... tenta de le calmer Emma, hésitant à avouer à son fiancé que le brun savait quelque chose.

- Si tu n'avais pas été une fille, c'est à toi que je casserais la gueule, Emma.

- Quelle galanterie !

- Si tu crois que je vais laisser passer ça aussi facilement, tu te trompes ! menaça le Serpentard d'un air mauvais.

- Et qu'est-ce que tu vas faire ? Te venger ? fit la Serdaigle sur le même ton.

- Qui sait... répondit simplement Drago de sa voix trainante en amorçant un pas afin de s'éloigner.

- Ce serait idiot de ta part en tout cas ! répliqua la jeune fille alors que le blond la dépassait. Il sait quelque chose, reprit-elle avant qu'il ne s'éloigne trop.

Pour unique réponse Drago s'arrêta, elle continua alors son aveu.

- Théodore a vu ma cicatrice avant qu'elle ne disparaisse. Il a deviné que le baiser en était la cause.

- Tu ne peux t'en prendre qu'à toi même ! accusa le jeune homme en lui faisant de nouveau face. Et que sait-il exactement ?

- Je crois qu'il a juste compris que j'étais destinée à quelqu'un.

- Au moins, il saura à quoi s'en tenir maintenant.

- Il ne faut pas qu'il nous voit ensemble, il risquerait de tout découvrir, déclara Emma, l'air préoccupé.

- En tout cas si ça arrive, je ne me gênerais pas pour lui montrer que c'est à moi que tu appartiens, mit fin Drago à la discussion avant de se retourner et de se diriger vers le château, laissant une Emma pensive.

La jeune fille ne le suivit pas tout de suite, restant ainsi à regarder dans le vide. Elle se disait que ça ne s'était pas si mal passé finalement. Elle profita de ces quelques minutes de solitude afin de refermer une fois pour toute « l'affaire Théodore » en plaçant dans un recoin de sa tête non seulement tout ce qui avait pu se passer entre eux, mais également tout ce qui aurait pu se passer. En effet, pour éviter les regrets elle se permit d'imaginer ce que cela aurait pu donner entre eux et se persuada qu'au fond cela n'aurait jamais vraiment marché. Un fois tout ceci rangé au fond de son esprit, Emma récupéra cette armure qui l'avait une nouvelle fois lâchée en ce jour. Puis, la brune se dirigea à son tour vers le château, l'air plus serein.

Sur le chemin du retour, elle croisa les derniers élèves qui sortaient du stade. Pour la plupart, il s'agissait de Serdaigle encore dégoûtés continuant de pester contre la victoire de leurs adversaires. Emma aperçut au loin Michael, qui l'air enragé se dirigeait vers le château à grandes enjambées. La jeune fille pressa alors son pas afin de le rattraper.

- Michael ! Tu tombes bien, l'interpella-t-elle enfin arrivée à sa hauteur au niveau des escaliers menant à l'entrée du château.

- Ce n'est pas le moment, Emma ! aboya-t-il avec mauvaise humeur.

- Ce n'est qu'un match, Michael. On fera mieux l'année prochaine ou l'année d'après quand on changera enfin d'attrappeur, déclara Emma avant que Michael ne s'arrête brutalement pour lui faire face.

- A l'heure qu'il est, je n'en ai rien à faire de ce qui a pu se passer quand Théodore t'as suivie et tes fiançailles sont le dernier de mes soucis. Et si c'est pour me bassiner avec ton aversion pour Cho, fous-moi la paix, tu veux ! explosa le Serdaigle alors que la jeune fille vérifiait que personne n'avait entendu son ami prononcer le mot « fiançailles ».

- Je peux savoir ce qu'il t'arrive, Michael, demanda en serrant les dents Emma, néanmoins rassurée que personne n'ait rien entendu.

- Il y a que Serdaigle a perdu et que Ginny et moi, c'est fini, répondit alors de mauvaise grâce le jeune homme.

- En voilà une belle excuse pour rompre avec Ginny. Laisse-moi deviner, tu vas accourir vers Cho pour la consoler, ne put s'empêcher de présumer la Serdaigle d'une voix réprobatrice.

- C'est exactement ce que j'allais faire ! Alors si tu permets ! rétorqua le jeune homme avant de se retourner et de laisser Emma en plan, cette dernière se retenant de ne pas lui jeter de sort.

Ainsi, Michael avait fini par arriver à ses fins. Il était désormais libre de suivre ses réels sentiments, son engagement avec Ginny ayant pris fin. Cela ne plaisait pas vraiment à Emma, mais elle savait qu'elle n'y pouvait rien. Elle ne put s'empêcher de penser que Cho Chang avait une fâcheuse tendance à récupérer ses ex. Au moins, en l'état actuel des choses Michael resterait son dernier ex.

Sur cette réflexion, la Serdaigle poursuivit son chemin et entreprit de rejoindre l'ambiance sinistre et morose de sa salle commune. Mais loin de se laisser contaminer par cette ambiance, elle se concentra uniquement sur ses révisions car désormais la jeune fille n'avait plus qu'une chose en tête : ses BUSE.


C'est ainsi que se termine ce chapitre !

J'ai adoré l'écrire à l'époque. La confiance brisée entre Drago et Emma est un point très important de l'histoire... De même que les sentiments naissants d'Emma pour Théodore. J'avais bien aimé le petit parallèle avec le match de Quidditch et la défaite de Serdaigle.

Des idées sur la menace faite par Drago ? Un indice : me prochain chapitre s'appelle : "La vengeance".

A bientôt pour un nouveau chapitre corrigé !

Desea Oreiro