17.

Escalader le vieux chêne le plus proche de la demeure Whittemore pour atteindre la chambre de Jackson s'était avéré plus compliqué que je ne le pensais.

Je finis par atteindre le balcon avec beaucoup de difficultés, et, après avoir manqué à quatre reprises de finir paraplégique, j'ouvris, le plus silencieusement possible, la porte-fenêtre.

Il n'y avait personne dans la chambre mais je pouvais entendre des bruits venant de la salle de bain privée. Je me dirigeais vers la source des bruits dans le plus grand des silences et ouvris la porte d'où s'échappait une fine buée humide et chaude.

J'entrais dans la gigantesque salle de bain et tombais sur un Jackson aux yeux clos, dans une immense baignoire luxueuse. Il était plongé dans un bain moussant qui dégageait une odeur de caramel.

Je ne me rappelais même plus pourquoi j'étais venu ni même ce que j'allais bien pouvoir faire. Je commençais a avoir très chaud tout d'un coup…

- Tu es venu pour t'excuser ?

J'eus un sursaut tandis qu'il garda les yeux fermés et, l'espace d'un instant, je crus avoir imaginé la question.

- Non. Répondis-je peu sûr de moi.

- Tu es venu pour du sexe de réconciliation ?

Un florilège d'images indécentes en tout genre pénétrèrent brutalement dans mon esprit et je devins rouge pivoine.

- Non plus...

- Alors pourquoi tu es là ? Me demanda-t-il en me fixant.

J'ouvris la bouche mais rien ne vint… Je devais lui parler sérieusement mais mon assurance avait subitement disparu lorsque je l'avais aperçu. Ça finirait sûrement en une dispute bien pire que la précédente.

J'avais pleins de questions à lui poser à propos de l'affaire de la piscine, surtout après ce que je venais de découvrir, mais j'avais surtout énormément envie de l'embrasser immédiatement.

Je pris une profonde inspiration et commençais à me déshabiller en silence avant de le rejoindre dans la baignoire.

Je m'installais entre les jambes de Jackson, qui haussa les sourcils, et collais mon dos à son torse en soupirant d'aise.

- Ôtes-moi d'un doute, on s'est vraiment disputés tout à l'heure ou je l'ai rêvé ? Demanda-t-il après un silence.

Je fermais les yeux en profitant de la chaleur du bain et de la douceur de la peau de Jackson.

- Non tu n'as pas rêvé.

- Tu ne veux pas te réconcilier. C'était plus une affirmation qu'une véritable question.

- Non, t'as été un sale con et je le penses toujours. Dis-je en jouant avec la mousse parfumée.

- Alors je réitères ma question : « Pourquoi t'es là ? »

Je le fixais un instant alors qu'il m'observait en plissant le regard et en concentrant ses orbes turquoises sur ma bouche.

- Je prend un bain avec mon petit-ami.

- Tu…

- C'est pas parce que tu t'es comporté comme un sale con possessif et jaloux que je vais me punir en m'infligeant ton absence. Le coupais-je.

- Donc je suis ta source de réconfort pour tes disputes… même celles avec moi ? Il fronça les sourcils en me fixant confus.

- Exactement. Dis-je en opinant de la tête.

Il me regarda fixement pendant un court instant avant de hausser les épaules et de m'entourer de ses bras.

- T'es quand même un drôle de spécimen. Ricana-t-il la bouche contre mon cou.

- Je sais faire la part des choses, je sais dissocier ma vie amoureuse de ma vie sociale.

- Tu t'es disputé avec ton mec…

- Pour une raison débile. Coupais-je brusquement.

- … Parce que tu as mis ton petit-ami au second plan.

Bon, on y était…

J'inspirais longuement et me préparais à avoir une discussion sérieuse avec lui. Il ne fallait pas que je m'énerve… Surtout pas…

Je me retournais vers Jackson et lui fit un sourire qui ne monta pas jusqu'à mes yeux.

- Je ne t'ai jamais mis au second plan et je ne le ferais jamais. Il ouvrit la bouche mais je la couvris de ma main. Tu es l'homme que j'aime et tu n'as pas a être en compétition avec les membres de ma famille même ceux qui ne sont pas de mon sang.

Sa bouche était close par la force de ma main mais je pouvais parfaitement comprendre ce qu'il voulait me dire ; il n'était absolument pas d'accord avec moi.

- Je sais que tu voudrais qu'on soit que tout les deux, tout le temps mais c'est pas possible, tu ne peux pas empêcher les gens de venir vers nous. Je délivrais sa bouche et la porta à ses cheveux. Même entouré de millions de gens, tu sais que je ne vois que toi, n'est-ce pas ?

Son regard se perdit sur la surface de l'eau moussante alors que je lui caressais les cheveux.

J'espérais vraiment qu'il comprenne ce que j'essayais de lui dire. C'était assez dur de voir quelqu'un d'aussi confiant que lui, être aussi jaloux.

- J'ai besoin que tu sois avec moi. Continuais-je plus doucement. Mais j'ai aussi besoin de voir mes amis, comme toi. Être ensemble c'est merveilleux vraiment mais si on continue a se cloîtrer ensembles, on va s'étouffer, tu vois ce que je veux dire ?

Je savais pertinemment que quoi que je dises, il prendrait la mouche. Le blesser, c'était vraiment la dernière chose que je voulais.

Je voulais qu'il me sourit avec arrogance, qu'il continue de me taquiner et qu'il soit toujours aussi doux et attentif avec moi mais il fallait aussi qu'on sorte de notre cocon, rien n'allait sortir de bon à vouloir s'étouffer l'un, l'autre.

Il finit par hocher la tête de mauvaise grâce et je pris son visage en coupe avant de faire jouer nos nez.

J'espérais lui faire comprendre à quel point je tenais à lui et a quel point il devait comprendre que les gens à qui je parlais ou ceux avec qui je passais du temps ne devaient pas constituer une menace pour lui.

Heureusement pour nous, il semblait l'avoir enfin compris même si je me doutais qu'il allait resté jaloux. Je ne pouvais pas lui en tenir rigueur, je l'étais tout autant que lui également mais il avait toute ma confiance et j'espérais vraiment qu'il puisse m'accorder la sienne un jour, même si ça devait prendre un peu de temps.

- Bon, je vais te laisser profiter de ton bain, je vais t'attendre dans ta chambre.

Je posais mes mains sur les rebords de la baignoire et commençait a forcer dessus pour sortir du bain quand je fus pris de court par Jackson qui m'enlaça en nicha son menton au creux de mon épaule.

- Je voudrais sortir. Tentais-je.

- Je suis désolé Scott, sincèrement. Malgré sa phrase, son ton démontrait tout l'inverse. Mais je ne te laisserais pas partir aussi facilement.

- Je t'ai dis que j'étais pas venu pour du sexe de réconciliation. Lançais-je vivement en essayant vainement d'échapper à son étreinte.

- Oui je sais mais il se trouve que moi aussi j'ai besoin de réconfort et contrairement à toi, McCall, je trouve pas mon réconfort dans tes bras mais plus vers ton entrejambe.

Il me lança un regard lubrique au moment où je devenais blême. Je me rendais soudainement compte que j'avais creusé ma propre tombe… Mon cerveau commençait a carburer au maximum pour me sortir de ce guêpier.

- Si je suis pas consentant, tu peux pas coucher avec moi ce sera considéré comme du viol même si on est ensembles ! M'écriais-je le rouge aux joues.

- Tu dois être le seul mec au Monde qui crie au viol après être entré dans le bain de son petit-ami et qui l'allume ouvertement.

- Mais je… Je suis quand même pas… ok… Luttais-je désespérément.

- Hm… Très bien, j'attendrais ton accord dans ce cas. Affirma-t-il avec une étonnante tranquillité. Il ne devrait pas être trop long à arriver de toute façon…

Il se détacha lentement de mon dos, colla le sien à la paroi de la baignoire et étendit ses bras en m'offrant une vue imprenable sur ton magnifique torse sculpté tout en me faisant un petit sourire mutin.

Mon regard avait beaucoup de mal à remonter sur son visage et je sentais déjà ma volonté partir en vacances.

- Mes yeux sont plus haut, mon petit louveteau.

Je rencontrais son regard arrogant et fermais brusquement mes yeux comme si ma vision me brûlait.

Je m'éloignais de plus en plus de son corps d'Apollon comme si le toucher suffisait à me faire succomber. Ce qui était malheureusement vrai pour lui !

Bordel ce type faisait vraiment ce qu'il voulait de moi mais il ne fallait pas que je le laisse faire plus longtemps ! ... Mais c'était tellement difficile…

- T'es vraiment un putain d'incube… Grognais-je de mauvaise foi.

- Oui, sans doute. Minauda-t-il tout aussi mielleusement.

- Un démon du sexe ! Un satyre ! Continuais-je d'insulter en gardant les yeux fermés.

- J'aime tellement quand tu m'insultes mais je préfère que tu le fasses quand je suis déjà à l'intérieur de toi. Chuchota-t-il a quelques millimètres de mon oreille.

Je lui lançais un regard brouillé et, à l'agrandissement de son sourire, je sus que j'avais de nouveau perdu.

Il fallait que je me rende à l'évidence, j'étais définitivement le perdant dans ce genre de situation. Il n'y avait que lui qui avait le charisme, le charme et la force mentale nécessaires pour résister à ce genre de situation et je trouvais quand même ça vachement injuste.

Il passa un coup de langue sur mes lèvres en me fixant avec arrogance et gourmandise et pouffa lorsque qu'un soupir de défaite franchis ma bouche.

Lorsque j'ouvris les yeux, je me sentais détendu mais un peu engourdis. J'étais entouré par une chaleur réconfortante et moelleuse.

J'entendais un bruit de clavier et un battement de cœur régulier et calme sous mon oreille.

Je redressais doucement la tête et me rendis compte que j'étais emmitouflé dans une couette douillette, sur le lit de Jackson. Posté comme un koala sur son arbre, ma tête était sur son torse nu et le reste de mon corps était tout contre lui sous la couverture.

Il avait un bras qui m'entourait, à travers la couette, dont la main était fermement accrochée à mon dos. Son autre main galérait a pianoter sur son ordinateur qu'il maintenait stable grâce à ses jambes.

Lorsqu'il s'aperçut que ma tête ne pesait plus sur son buste, il me lança un coup d'œil furtif avant de reprendre son activité.

- Bien dormis ?

- Il s'est passé quoi ? Marmonnais-je en m'enfonçant dans la couette et en reprenant ma place initiale.

- Tu t'es évanouis dans la baignoire comme une midinette. Ricana-t-il sans quitter son ordinateur des yeux.

J'ouvris grand les yeux avant de lui assenait une tape sur le ventre qui ne le fit même pas ciller.

- C'est uniquement de ta faute. Bougonnais-je dans ma barbe.

- Faut juste que je t'apprennes à tenir plus longtemps, ça finira bien par arriver. Il faudra s'entraîner plus souvent.

- T'es vraiment un monstre…

- Hm, j'apprécie le compliment.

Il m'embrassa le sommet du crâne en pouffant alors que je grommelais toujours contre lui.

Je pensais que plus on le faisait et moins je serais gêné mais visiblement, c'était tout l'inverse. J'avais l'impression que plus on se rapprochaient et plus je rougissais rapidement et je perdais aussi plus facilement le contrôle.

Il m'émoustillait et s'amusait de chacune de mes réactions. Il savait pertinemment l'effet qu'il avait sur moi et ça le faisait jubiler.

- Il est quelle heure ? Demandais-je doucement.

- Pas loin de 23h.

- Quoi ?!

Je m'étais automatiquement redressé et son ordinateur manqua de finir sur le sol. Il le rattrapa avec aisance et je répondis à son regard noir par une piteuse excuse.

Il remit son ordinateur à sa place initiale et en fit de même pour moi sans me demander mon avis.

Comme je l'avais déjà énervé, je préférais calmer les choses et me fit le plus docile possible.

- Tu fais quoi ? Demandais-je pour détendre l'atmosphère devenu pesante.

- J'envoie un mail à Jesse de la sécurité.

- Qui ça ?

- Le chef de l'équipe qui gère le système de sécurité de la maison.

Je le fixais estomaqué…

Ils avaient une équipe pour gérer la sécurité de leur baraque ?!

Je savais bien que la demeure Whittemore était vraiment grande et qu'il y avait tout un tas de belles choses de valeur à l'intérieur mais quand même, c'était pas un palais, non plus !

- Pourquoi tu fais cette tête ? Tu viens de San Francisco, ça se fait souvent là-bas.

- Jackson, c'est à San Francisco. Répondis-je toujours aussi choqué. On est a Beacon Hills, vous craigniez quoi ? Un hold-up de la Suicide Squad ?

- Alors, tout d'abord… Commença-t-il en levant un sourcil moqueur. Permets-moi de te dire que t'as des goûts de merde en matière de cinéma et séries. Ensuite, même si c'est une petite ville, on n'est jamais trop prudent.

- J'ai pas de goût de merde ! M'offusquais-je.

- Suicide Squad. Lâcha-t-il du tac au tac.

- C'est un bon film, si tu sais le dissocier des comics… Hasardais-je en fronçant les sourcils.

- After ?

- Ben il est plutôt sympa ! Me défendis-je comme je pouvais.

- Outlander ? Lista-t-il avec ce même putain de regard de jugement.

- C'est une superbe série avec des décors écossais et une musique folklorique de malade ! Ne puis-je m'empêcher de justifier.

- Desperate Housewives ?

- Une série brillante sur l'émancipation des femmes ! Excuse-moi de vouloir l'égalité des sexes !

- Gossip girl ? Continua-t-il.

- Je suis juste bon public, c'est tout !

Plus je m'énervais et plus je sentais qu'il s'amusait à mes dépends, ce salaud !

- Tu as peut-être raison, j'ai des goût de merde. Lâchais-je finalement.

- Tu vois, tu le reconnais. S'enquit-il vainqueur.

- C'est pas mes goûts pour les séries et les films qui sont merdiques. J'ai un goût de chiottes en ce qui concerne mes histoires d'amour !

- Oui mais ça tu le savais déjà. Ricana-t-il.

Dios, j'avais tellement envie de le frapper pour le faire taire pour toujours. Quel sale type !

- Ouais ben pour le prochain, je m'assurerais que ce soit une personne mieux que toi ! Lâchais-je de mauvaise foi.

Il vira soudainement son ordinateur un peu plus loin sur le lit et me plaqua fortement contre le matelas avant de me fixer d'un air grave.

- Il n'y aura personne d'autre que moi. Affirma-t-il gravement. Dis-le.

Je levais les yeux au ciel alors qu'il serra un peu plus mes poignets jusqu'à, presque, me faire mal.

Un éclair de culpabilité m'envahit aussitôt. Ce n'était pas très gentil de jouer sur sa jalousie alors qu'il avait un problème là-dessus.

Je l'avais surement blessé et je m'en voulais maintenant. Même si j'étais fâché, je n'avais pas le droit de lui renvoyer son manque de confiance en plein visage. C'était mal…

- Il n'y aura personne d'autre que toi. Répétais-je mes yeux dans les siens.

- Promets-le. Ordonna-t-il froidement.

- Je te le promets.

- T'as plutôt intérêt a respecter ta promesse McCall sinon je fais un carnage.

Il avait les traits déformés par la colère et je devais surement avoir peur en ce moment mais j'étais seulement triste. Je ne voulais vraiment pas qu'il se sente autant menacé par quelque chose ou quelqu'un qui ne pouvait pas exister.

C'était absolument impossible que je puisse tomber amoureux de quelqu'un d'autre que lui et, même si ça devait arriver comme dans toutes séries que je pouvais regarder, je ne pourrais jamais plus aimer quelqu'un autant que je l'aimais lui. C'était juste impossible.

Je lui fit un sourire avant de redresser ma tête et de poser mes lèvres sur les siennes.

- Tu es le seul et tu le sera toujours. Promis-je.

Ses yeux devinrent un peu plus doux et sa forte poigne se desserra progressivement.

- Y'a plutôt intérêt. Grogna-t-il.

- Toi aussi je te signale.

- T'inquiète pas pour ça… A aucun moment je pourrais tomber sur quelqu'un d'aussi casse-couille que toi mais que j'arriverais à supporter malgré tout. Râla-t-il en se redressant.

J'ouvris la bouche pour enchérir mais mon ventre gronda subitement me causant une gêne de tous les diables.

Il ricana et se leva avant de me redresser, par la même occasion. J'enfilais rapidement un bas tandis qu'il passa une main dans ses cheveux avant d'enrouler son index et son majeur aux miens et de m'embarquer dans la cuisine sans rien dire.

Il alluma l'immense cuisine et me fit signe de m'installer au plan de travail en marbre qui pouvait faire office de table de cuisine.

Il sortit du frigo un long plat garnit de petits sandwichs colorés qu'il posa devant moi et s'assit à mes côtés pendant que je retirais le papier film.

Les sandwichs de Mathilde étaient toujours aussi succulents…

J'avais rencontré cette petite dame rondelette au sourire radieux et quasi constant la deuxième fois où j'étais venu chez Jackson.

C'était l'aide de maison de la famille Whittemore et elle faisait absolument tout : Le ménage, la cuisine, les courses… C'était bien simple, si cette femme n'existait pas, la demeure Whittemore ne serait pas aussi belle et lumineuse que maintenant.

Ce qui était drôle c'était la complicité qu'elle entretenait avec chaque membres de la famille.

Je savais déjà que c'était facile d'être respecté et bien traité par David et Susan mais la relation qu'elle partageait avec Jackson était touchante et en même temps surréaliste.

Jackson n'était pas quelqu'un de réputé pour être foncièrement aimable. Il était égoïste, imbu de lui-même et assez superficiel avec tout le monde sauf avec Mathilde.

La première fois que je les avais vu ensembles, ça m'avait fait hurler de rire. Jackson s'était fâché et Mathilde lui avait préparé des biscuits au beurre de cacahuètes pour le calmer ce qui avait accentué mon hilarité.

- Alors, vous parliez de quoi avec le capitaine de la garde de votre château, Monseigneur ? Demandais-je en croquant dans un petit sandwich au concombre et au yaourt alors qu'il levait les yeux au ciel.

- Je lui expliquais la situation et qu'il n'y avait pas à s'inquiéter.

- Comment ça ? Il s'est passé quelque chose ? M'inquiétais-je subitement.

Jackson termina un sandwich rouge et noir avant de m'adresser un petit sourire énigmatique.

- Il se trouve qu'un latino très sexy a grimpé sur un arbre et a pénétré dans ma chambre avant d'entrer dans la salle de bain pour s'y dessaper et m'allumer.

Son sourire s'accentua quand mon visage devint aussi rouge de son en-cas. Dios ! Je ne savais plus où me mettre !

Je dissimulais mon visage cramoisi dans mes mains et secouais lentement ma tête.

- T'étais pas obligé de lui parler de ça… Marmonnais-je honteusement.

- Il fallait bien que je lui explique pourquoi il voyait le fils de son patron prendre un bain coquin avec le « malfaiteur ».

- Que… Parce qu'il était là ?! M'épouvantais-je.

- Il y a des caméras de sécurité dans toute la maison, Scott.

Je le regardais bouche bée tandis qu'il entamait un nouveau sandwich comme si de rien n'était.

- QUOI ?! M'écriais-je après un petit moment de silence.

- Je vois pas ce qui te choque.

- Mais… mais… mais… Alors… Il est venu…

- Nan, j'ai désactivé l'alarme.

Un immense soulagement m'envahit soudainement mais fut brusquement balayé par une interrogation.

- Mais… Si tu l'as désactivé, pourquoi est-ce que tu dois lui expliquer la situation quand même ?

- J'ai désactivé l'alarme ce qui a annulé l'intervention des policiers mais ça ne désactive pas les caméras.

Il y eut un silence pendant les quelques secondes où l'information fut traité par mon cerveau avant que j'écarquille mon regard.

- Dios mio ! M'écriais-je. Tu leur a demandé de supprimer ça, hein ?!

- Tu rêves, je leur ai juste demandé de me l'envoyer.

- Quoi ?!

- Il est hors de question qu'elle soit supprimé.

- Mais…

- Ce qu'on doit être sexys dessus. S'enquit-il brusquement rêveur.

Je lui lançais mon air le plus scandalisé qu'il ignora royalement. Ce type était totalement fou !

- Tu voulais me demander quoi ?

- Supprime cette vidéo, Jackson ! Ordonnais-je.

- Dans le bain, tu m'as dis que tu devais me demander un truc. C'est quoi ? Demanda-t-il en me snobant une nouvelle fois.

- Jacks !

- Je la supprimerais pas, ça sert à rien de t'énerver. Lâcha-t-il catégoriquement. Ce sera notre petit souvenir personnel, rien que pour nous.

- Mais…

- Le sujet est clos.

Je plissais le regard de mécontentement. Il allait falloir que je demande à quelqu'un de supprimer cette vidéo sans que Jackson ne s'en rende compte. Je ne voyais qu'une seule personne qui avait les compétences requises pour ça.

Mon connard de petit-ami sembla lire dans mes pensées et ricana en piochant un autre petit sandwich tout en me lançant un regard moqueur.

- C'est pas la peine de demander à Danny, il le fera pas si je ne suis pas d'accord.

Oh non mais quel fils de… Je soufflais bruyamment en me maudissant intérieurement.

J'avais voulu qu'ils fassent la paix et ces vacances leur avait permit à tout deux d'éclaircir les choses entre eux.

Tout n'était pas parfait et ils n'étaient pas retombés dans les bras l'un de l'autre comme dans les films mais ils réapprenaient à se côtoyer progressivement.

Si j'étais très heureux pour eux deux, cette soudaine amitié me desservait maintenant.

Il n'y avais que moi pour avoir une telle guigne !

- Tu as perdu, Scott. Reconnais-le et dis-moi plutôt ce que tu voulais savoir. Lâcha-t-il doucement en croquant dans son petit sandwich aux œufs de lump.

Je poussais un soupir las devant ma défaite et finit par lui parler de ma rencontre avec Lydia au cabinet de Deaton.

Il n'avait pas vraiment de réaction particulière pendant tout mon récit mais je ne me laissa pas démonté pour autant.

- Comment tu as su que c'était Lydia qui avait orchestré l'incident de la piscine et quand surtout ?

- Je t'ai dis que je m'occupais de tout, qu'est-ce que tu croyais que je faisais ? Tu pensais que je brassais juste de l'air ?

- Mais… Tu savais pas que c'était Lydia qui l'avait fait, si ? Demandais-je curieux.

- J'avais des doutes avant la fête, je la trouvais étrange mais elle est intelligente, elle ne laissait quasiment rien transparaître. Grogna-t-il.

- Mais alors comment…

- A la fête, tu était torché comme pas possible mais tu m'as dis implicitement que c'était elle.

Je farfouillais au plus profond de ma mémoire et ne trouvais que des brides de conversations le soir de l'anniversaire de Lydia.

Je ne me souvenais pas bien de ce qui avait été dit dans cette salle de bain mais j'étais sûr d'une seule chose : je n'avais rien dit du tout.

Il soupira doucement et, au moment où je m'apprêtais à répondre, il me fit taire avec son sandwich au saumon qu'il fourra dans ma bouche.

- Il faut que tu saches que, si je ne suis pas amis avec les membres de mes équipes, je connais chacun de mes joueurs. Leurs capacités, leurs défauts… Je suis un capitaine incroyable parce que je sais correctement faire mon travail. M'expliqua-t-il doucement.

- Ça veut dire quoi ? Demandais-je la bouche pleine.

- Aiden est une terreur sur le terrain et c'est l'un de mes meilleurs joueurs. Il est juste un peu trop sûr de lui, par moment.

- Regardez qui parle… Ne puis-je m'empêcher de faire remarquer.

Jackson me fit un regard noir auquel je ne répondis rien et finis par m'enfiler un petit sandwich aux crevettes.

- Il n'y a que deux personnes au Monde qu'il protègerait au péril de sa vie. Les deux personnes les plus importantes pour lui. Ce n'était donc pas difficile de deviner qui il protégeait.

Je me doutais que la première était Ethan, il n'y avait pas d'hésitation à avoir et ce n'était un secret pour personne au lycée.

Ces deux là se chamaillaient très souvent mais ils restaient frères et extrêmement proches l'un de l'autre. Malgré leurs désaccords, leur complicité était très forte.

En revanche, si je me doutais qu'Aiden craquait suffisamment pour Lydia au point de la couvrir, j'ignorais totalement que Jackson, lui, était déjà au courant.

D'un certain côté ça ne m'étonnait pas vraiment… Jackson était arrogant et nombriliste mais il était suffisamment intelligent et observateur pour comprendre ce qui se passait autour de lui. C'était ce qui faisait de lui quelqu'un de dangereux.

- Comment tu as réglé cette affaire ? Demandais-je enfin.

Je ne lui avais jamais vraiment demandé ce qu'il entendait par « Je me suis occupé de ça. », j'en avais conclus que ça ne concernait que les deux abrutis qui m'avait balancé dans la piscine mais j'étais vraiment curieux.

- J'ai demandé l'aide d'un des collaborateurs de mon père. Il bosse dans les affaires concernant les mineurs. M'expliqua-t-il calmement. Il est habitué à ce genre d'affaire et a menacé d'attaquer le lycée si les choses n'étaient pas réglés le plus rapidement possible et en toute confidentialité.

- Mais… ma mère n'a jamais été au courant. Marmonnais-je.

- Non, toi non plus.

- Vous n'avez pas eu besoin de mon témoignage ? Demandais-je curieux.

- Cette semaine là, Matt faisait un reportage sur l'équipe de natation. Comme il est hydrophobique, le coach l'a autorisé à installer le matériel sans qu'il ne soit obligé d'être présent à chacun de nos entraînements. Il se connectait à travers la caméra et faisait ses montages vidéos.

- T'es en train de me dire que sa caméra a filmé ma noyade ? Demandais-je d'une voix blanche.

- Oui, j'ai expliqué que tu avais été suffisamment choqué pour que le film soit suffisant comme témoignage.

- Mais… Si le lycée a été impliqué alors ma mère…

- J'ai pas tout a fait compris mais d'après le collègue de mon père, on avait pas besoin de prévenir ta mère parce qu'elle n'est pas ton représentant légal même si tu vis avec elle. Me dit-il les sourcils froncés. Ils ont juste prévenus ton véritable représentant légal.

J'écarquillais les yeux et ce fut à ce moment-là que je compris pourquoi mon père voulait à tout prix me parler depuis tout ce temps.

Je fronçais les sourcils de confusion. Si mon père était au courant, pourquoi n'avait-il rien dit à ma mère ? Il pensait surement qu'en parler à ma mère l'a ferait paniquer et elle me renverrait à San Francisco, dans ses pattes...

Jackson sembla de nouveau comprendre l'origine de ma confusion et m'éclaira à ce sujet.

- Quand j'ai rencontré ton père le soir où on s'est mit ensembles, c'était pas la première fois que je lui parlais. Je ne connaissais pas votre histoire avant mais je lui ai demandé de rien dire à ta mère et que c'était ce que tu voulais. M'exposa-t-il. Il m'a promit de rien dire et ensuite il a prit le dossier en main. J'ai ensuite prévenu Lydia que je l'avais dénoncé quand je l'ai appris, qu'elle serait contactée par les flics pour avoir commandité ça et qu'elle avait intérêt à avouer sinon elle allait avoir affaire à moi.

- Mais co…

- T'occupes, j'ai mes méthodes. Me coupa-t-il catégoriquement. Pose pas de question dont tu n'es pas sûr de vouloir la réponse.

- Donc… Tu as vraiment réglé cette histoire.

- Bien j'imagine que si tu veux plus de détails, tu dois demander à ton père mais j'ai fais la moitié au moins, oui.

Une bouffé d'émotion m'envahit et je me levais brusquement avant de prendre son visage en coupe et de l'embrasser avec empressement.

- Tu es un peu comme mon chevalier protecteur. Me moquais-je entre deux baisers.

- Je suis le seul autorisé à t'emmerder.

Je n'avais pas besoin de précision pour savoir à quel point il était sérieux.

Ça pouvait être angoissant et j'étais le plus à même de savoir de quoi il était capable mais, même si c'était assez terrifiant à s'imaginer, je n'arrivais quand même pas à m'inquiéter.

Je ne pouvais pas changer Jackson et je ne le voulais pas de toute façon mais j'espérais l'adoucir un peu et c'était tout ce qui comptait pour moi.

On finit de manger et on remonta dans sa chambre pour finir la nuit.

Lorsque nous nous mîmes sous la couette dans les bras l'un de l'autre, j'étais soulagé et serein.

Grâce à Jackson, l'incident de la piscine était bel et bien derrière moi. Je me doutais qu'il fallait que je prenne mon courage à deux mains et que j'appelle mon père pour lui parler de cette histoire mais j'étais déjà plus confiant maintenant que j'en savais plus sur le rôle de chacun.

Maintenant tout ce qui comptait désormais c'était de remonter mes notes pour terminer mon année correctement et pouvoir accéder à l'Université du Missouri qui était désormais mon but ultime.

J'allais réussir, ça ne faisait aucun doute ! Je n'avais plus vraiment le choix de toute façon…

J'étais finalement parvenu à un accord commun avec Jackson durant les deux semaines qui suivirent.

Il acceptait de me laisser tranquille au niveau de mes études mais je ne devais pas être aidé par Stiles.

Je trouvais ça complètement con mais de toute façon mon meilleur ami n'avait plus vraiment de temps à me consacrer ces derniers temps.

Il y avait les entraînements de crosse, ses propres études, ses clubs de matière avancé et maintenant il avait les moments Sterek, comme les nommaient Cora et Isaac.

Ces deux derniers faisaient les montagnes russes, d'ailleurs !

Un jour ils étaient collés serrés à roucouler comme à leurs habitudes et le lendemain, c'était la guerre froide.

Aucun ne voulait desserrait les crocs pour nous expliquer le problème alors ni Stiles, ni moi ne parvenions a leur tirer les vers du nez.

J'avais bien pensé à demander à Danny mais Jackson avait été catégorique à ce sujet : si Danny acceptait de m'aider, il considèrerait ça comme une déclaration de guerre.

Danny m'avait lancé un petit sourire d'excuse avant de partir traîner on-ne-savait-où avec mon salopard d'amoureux.

Ces semaines avaient donc été plutôt solitaires et, chaque fois que je trouvais un potentiel camarade pour m'aider, il disparaissait miraculeusement avant de m'ignorer royalement comme s'ils avaient été intimidé par un certain blond égoïste.

A dire vrai, il n'y avait plus que trois choix qui s'offraient à moi désormais…

Il y avait Ethan qui avait l'avantage de ne pas se laissait intimider par Jackson et avec qui je m'entendais relativement bien même si on était loin d'être proches tout les deux.

Le problème était qu'à part le sport et l'anglais où il pouvait se défendre, c'était une brêle dans toutes les autres matières.

Ensuite il y avait Lydia qui était excellente dans toutes les matières qu'elle touchait mais qui ne m'aimait pas et que j'aimais pas non plus.

Si elle acceptait de m'aider, s'en serait finit de ma confiance en moi et on me retrouverait surement sans vie dans un caniveau avec une lettre de suicide factice ou non à côté de mon cadavre…

Ouais… La troisième option était juste la seule que je pouvais me permettre, en fait…

Je devais étudier seul et sans aide extérieur…

C'était pour cette raison que je me retrouvais dans la bibliothèque vide un après-midi où je devais être libéré plus tôt car mon professeur de dessin n'était pas là et où toute ma classe devait vagabonder hors de ce bahut maudit.

Je soupirais devant trois livres de matières différentes étendus devant moi, à ma table, et mon pauvre crayon usé entre mes dents.

Je savais pertinemment que, de l'extérieur, je faisais vraiment peine à voir… Je comprenais rien du tout à la littérature, je ne savais pas comment me sortir de ce problème de chimie et ne parlons même pas du prochain examen blanc de math où j'allais me manger un nouveau F.

- Putain, je vais jamais m'en sortir… Grommelais-je en soupirant de manière défaitiste.

- C'est parce que le calcul de l'inconnu n'est pas juste. S'enquit une voix à ma droite.

Je me retournais vers la voix et tombais nez à nez avec une jeune et jolie fille brune au regard chocolat.

Elle vint s'installer à côté de moi et arracha mon crayon de ma bouche avant d'attraper mon cahier et de refaire le calcul.

- Si tu utilises pas le bon calcul, tu vas foirer tout ton exercice. Lâcha-t-elle avant de remettre mon crayon dans ma bouche et de me sourire. T'es canon mais t'es pas très intelligent.

Je la regardais bouche bée en faisant tomber mon crayon sur le sol. Elle leva les yeux au ciel avant de prendre ses livres et de se lever mais je la retins de justesse.

- Y a qu'en math que tu es douée ?

- Je suis pas vraiment une bonne élève mais je me défends dans toutes les matières, pourquoi ?

- Tu veux bien m'aider à étudier ? Demandais-je avec espoir.

Elle haussa un sourcil avant de faire une moue pensive.

- Tu me payes combien ?

- Euh… Je suis pas très riche.

- Hm… On va faire un deal, je t'aide à faire rentrer deux ou trois trucs dans le petit pois qui te sert de cerveau et tu m'offres un cadeau par semaine.

- Par semaine ? Euh… Ok.

Je ne connaissais pas vraiment ses goûts mais pourquoi pas… J'espérais juste qu'elle n'était pas trop gourmande sinon je pouvais clairement oublier mon unique espoir de voir mes notes sauvés.

Elle avait l'air un peu trop directe mais elle semblait plutôt sympathique, on ne pouvait pas dire que j'avais grand-chose a perdre de toute façon.

- Je m'appelle Scott McCall au fait. Me présentais-je en souriant.

- Ah, tu es un pote de Cora ? Demanda-t-elle subitement.

- Euh… Oui ?

- Je suis Malia Tate… Enfin Hale… Mais Tate quand même. Lâcha-t-elle. Je suis la fille du frère de sa mère. Il est le plus jeune et parfois ils s'entendent pas mais des fois on s'entend pas non plus tu me dira…

Je comprenais rien du tout à ce qu'elle me disait et je me doutais que ça devait se lire à mon regard bovin. Elle soupira en levant les yeux au ciel et en secouant doucement la tête.

- Je suis la cousine de Cora. Son ton était plus lent comme si elle s'adressait à un idiot. Mon père et sa mère sont frère et sœur.

- Ah ok !

- Va falloir que je t'aide en anglais aussi à ce que je vois… Soupira-t-elle défaitiste.

- Hé ! C'est toi qui m'assomme d'informations sur le père du frère de la sœur de je-sais-pas-quoi. Je voulais juste connaître ton nom, c'est tout. Grommelais-je en me justifiant.

Elle me regarda un court moment avant de se mettre à rire doucement.

- Puisque tu es un ami de Cora je te propose de m'offrir un café à chaque fois qu'on se voit. Je vais pas plumer un ami de la famille quand même.

Son sourire ressemblait à celui d'un Parrain de la Mafia ce qui était terriblement déstabilisant.

- Donc tu comptais me plumer ? Osais-je demander.

- Bien sûr, tu as tout du pigeon de base. Il y avait de quoi se faire quelques pépètes.

Aouch ! Elle faisait aussi mal que Cora quand elle passait en mode vénère. Il n'y avait aucun doute quand à la filiation de ces deux là.

Les cours qu'elle me donna ensuite furent dans le même état d'esprit que notre première rencontre.

A part le fait qu'elle m'insultait avec une étrange nonchalance, elle était quand même une jeune fille relativement sympa.

J'avais découvert qu'elle était une véritable brêle en biologie et en espagnol et, de la relation prof/élèves que nous avions à la base, nous étions devenus de véritables partenaires d'études au fil de nos cours particuliers.

C'était assez rafraichissant d'être avec elle, c'était comme si j'entrais dans un tout autre Univers.

Malia était une personne qui paraissait vraiment dur et inaccessible mais elle était pourvue une gentillesse et d'une générosité plutôt rare et c'était ce qui me plaisait vraiment chez elle. Elle avait une franchise assez brutale mais assez drôle tout de même.

La première fois que j'en avais parlé à Jackson, il avait été étrangement calme et compréhensif.

Je m'attendais à ce qu'il pète les plombs et réclame de la voir pour pouvoir l'insulter gratuitement mais il n'en était rien.

Il s'était contenté de hocher la tête et simplement accepter le fait qu'elle m'aidait à rehausser mes notes.

Si j'avais trouvé ça plutôt bizarre au début, j'avais fini par hausser les épaules et laisser tomber. Autant ne pas poser trop de questions et réveiller le lion qui dormait.

Au bout de deux nouvelles semaines à jongler avec mes cours, mes études, mes cours particuliers, et mon travail chez Deaton, je remarquais que Jackson devenait plus sombre, plus possessif aussi et s'énervait plus rapidement que d'ordinaire.

Je prenais toujours soin de le voir au maximum, quitte à sacrifier mon temps avec mes amis et à lui téléphoner chaque fois que j'en avais l'occasion.

C'était pour cette raison que j'avais profité d'un samedi où il serait libre pour passer la soirée avec lui.

Je me doutais que je n'avais plus vraiment de temps à accorder à qui que ce soit et je devais quand même lui fournir une explication valable pour au moins l'apaiser un peu.

J'inspirais longuement et entrai dans le restaurant avant qu'un gars ne m'accueille avec un sourire commercial et ne me guide à la table.

Quand il entra, à son tour, dans le restaurant, je me rendis subitement compte d'à quel point il m'avait manqué.

- Tu m'en veux beaucoup ? Osais-je demander quand il s'installa devant moi.

Je préférais savoir à quelle sauce j'allais être mangé plutôt que de passer la soirée a marcher sur des œufs.

Il consulta le menu avant de m'envoyer un regard noir pour au finale m'ignorer et se perdre à nouveau dans la carte du restau.

- Donc tu me fais la gueule…

- On peut pas faire la gueule à un fantôme. Lâcha-t-il durement.

- Je suis vraiment désolé, je sais qu'on ne se voit pas beaucoup en ce moment mais je te jure qu'à la fin des derniers examens, ce sera terminé.

- Je suis pas réputé pour ma patience, Scott. Alors t'as intérêt à les avoir tes putains d'examens et vite.

Je tentais de dissimulais un sourire mutin derrière ma carte mais ce fut vain, il me grilla automatiquement ce qui accentua son froncement de sourcils.

- Je peux savoir ce qui t'amuses ? Cracha-t-il.

- Tu es en colère…

- C'est ce qui te fait rire ?

- Non, en fait… Quand tu es vraiment fâché, tu as ce truc…

Je désignais la zone au milieu du front avec mon index et mimais une ligne verticale.

- Tu as ce trait qui se creuse et… ça me rend… un peu…

Il haussa un sourcil et je rougis aussitôt avant de détourner mon regard. C'était beaucoup trop embarrassant à avouer…

- Tu es en train de me dire que me voir énerver, ça t'excite ? Demanda-t-il subitement.

Je n'osais absolument rien répondre et je me retrouvais a gigoter sur ma chaise comme un idiot et c'est là que je vis l'ombre de son demi-sourire typiquement Jacksonèsque.

Si il était terriblement attirant quand il était en colère, il était véritablement magnifique lorsqu'il souriait.

J'étais amoureux que chacune des émotions qui pouvait s'inscrire sur son visage même quand il était horriblement imbu de sa personne.

C'était le super pouvoir le plus puissant de mon petit-ami : Me faire tomber amoureux de chacun de ses gestes.

Ça paraissait terriblement niais et stupide a avouer mais c'était comme ça… Il avait juste a être lui et je fondais comme de la neige au soleil.

Dios, que j'aimais ce garçon...

Il passa le repas à me jeter des regards lubriques et des petits commentaires qui me rendait tout chose pendant que j'essayais de tenir au maximum pour au moins faire bonne impression jusqu'à ce qu'on se retrouve seuls.

- Jackson ! Salut ! S'enquit une voix masculine. Qu'est-ce que tu fiches là ?

Un grand type aux cheveux noir corbeau et au regard ébène fixait mon petit-ami avec un grand sourire. J'avais l'impression de l'avoir déjà vu quelque part mais je ne parvenais pas à me souvenir d'où.

Jackson, lui, semblait profondément ennuyé par cette soudaine apparition à en juger par sa mâchoire serrée et ses traits tendus qui ne dissimulaient même pas son mépris.

- C'est un restaurant, que veux-tu que je fasses dans un restau, Pierce ? Cracha-t-il irrité.

C'est à l'entente de ce nom que la lumière se fit…

Ce gars c'était Nathan Pierce, un joueur de crosse qui faisait souvent chier Isaac sur le terrain. C'était un genre de mini Aiden un peu m'as-tu vu mais surtout, c'était l'actuel petit-ami de Malia.

Je les avaient découvert la semaine d'avant en train de se peloter sur une table d'étude. Ça m'avait fait bafouiller et rougir tandis que Malia s'en était amusée énormément.

Absolument inconscient d'être une gène pour nous, il s'installa avec nous et je remarquais une jolie petite asiatique à ses côtés qui était bien apprêtée.

Je lui fit un petit sourire que je voulus rassurant et auquel elle répondit par un sourire qui ne monta pas jusqu'à ses yeux.

Plus ça allait et plus je pouvais sentir l'envie de tuer de Jackson. J'avais passé une bonne partie de la soirée a détendre Jackson et voilà que tout était à refaire. Mon petit-ami avait horreur qu'on l'interrompe. Je me mangeais des soufflantes quand je le faisais déjà alors je n'osais même pas imaginer pour les autres...

Ce Nathan Pierce était définitivement plus un boulet qu'autre chose…

- Décidément il est toujours aussi stupide… Marmonna la jeune fille en espagnol.

- Qu'est-ce qu'elle a dit ? Demanda Jackson en fronçant les sourcils.

- Rien fait pas attention, elle parle pas beaucoup l'anglais. Elle vient du Mexique, c'est ma cousine. Se justifia Nathan.

- Quel idiot… Soupira la jeune fille en levant les yeux au ciel.

- Salut, moi c'est Scott. Chuchotais-je en souriant.

La jeune femme s'éclaira soudainement comme un enfant le matin de Noël. Nous finîmes par parler en espagnol tandis que, du coin de l'œil, j'observais Jackson parler stratégie avec Nathan non sans une pointe d'agacement.

La jeune fille s'appelait Perdita, comme dans les 101 dalmatiens. Elle était vraiment très gentille et j'en profitais pour en apprendre plus sur le petit-ami de Malia. Et future victime de Jackson au vu du regard lourd de sens qu'il lui faisait.

- Donc tu es un ami de Nathan ? Demanda Perdita.

- Non, il joue dans l'équipe de Jackson. Je désignais mon petit-ami du menton.

- Oui je connais ce gars, il a faillit provoqué un infarctus à ma grand-mère. Ces deux là ne se souviennent pas que je le connais déjà.

- Comment il a fait ça ? Demandais-je dévoré par la curiosité.

- Ma grand-mère est rentré dans la chambre de Nathan au moment où ils baisaient ensembles.

J'écarquillais les yeux avant de les poser sur Jackson et Nathan qui discutaient sans aucune attention pour nous.

- C'était quand ?

- Janvier dernier.

Je savais bien qu'un jour ou l'autre, je finirais par tomber sur un gars qui avait couché avec Jackson. C'était absolument inévitable, il avait couché avec la moitié de l'établissement mais c'était du passé désormais.

Pourtant c'était pas la raison de la soudaine colère qui grandissait dangereusement en moi.

Quand j'avais aperçu Malia et Nathan ensembles, elle m'avait dit qu'ils étaient ensembles depuis bientôt un an.

J'étais peut-être nul en math mais je savais quand-même faire un calcul de base et le résultat ne me plaisait pas du tout.

Mes yeux s'assombrirent et mes traits se durcirent progressivement. Malia était une fille géniale et elle ne méritait pas de finir avec une ordure pareil.

Je ne pouvais pas me prétendre être son ami si je laissais ça passer mais je ne voulais pas avoir à le lui apprendre moi-même. Je n'avais qu'une seule alternative et tant pis si ça emmerdait cet abruti.

- Donnes-moi ton téléphone. Ordonnais-je brusquement à Nathan.

- Pourquoi ?

- Parce que t'as un devoir à faire.

Les deux joueurs me lancèrent un regard surpris que j'ignorais royalement, bien trop occupé a résister à l'envie de me lever et de lui en mettre une.

Il lança un regard à Jackson qui lui fit un haussement d'épaules avant de me donner le téléphone que je lui arrachais des mains.

J'ouvris son répertoire et tombais sur le numéro de mon amie avant de poser son téléphone devant lui.

- Est-ce que Malia sait que tu l'as trompé avec Jackson ? Demandais-je froidement.

Il écarquilla les yeux avant de me fixer avec colère.

- Comment tu…

- Je parles espagnol, connard. Coupais-je durement dans un espagnol parfait.

Il jeta un regard à sa cousine qui haussa les épaules pour toute réponse.

- J'ai pas à me justifier devant toi !

- Vraiment ? Tant mieux parce que c'est pas ce que je te demande. Tu vas appeler Malia et lui dire ce que tu as fait.

- ... Elle le sait déjà ! Râla-t-il.

Je haussais les sourcils de surprise avant de les froncer. Il pensait sincèrement que j'étais un idiot naïf ?

J'avais peut-être l'air d'un con mais même si je ne connaissais pas Malia depuis très longtemps, elle n'avait pas l'air d'être une fille qui pardonne aussi facilement…

- Donc si j'appelle Malia maintenant et que je lui en parles, elle saura ce qui s'est passé ? Demandais-je.

- Ben ouais !

Nous nous fixâmes en chien de faïence pendant plusieurs secondes avant que je n'attrape rapidement son téléphone et que je ne compose le numéro.

- Mais qu'est-ce que tu fous ?! S'écria-t-il au bord de la crise de nerf.

- Ben je l'appelle pour lui demander.

- C'est bon, je vais le faire ! Cria-t-il subitement.

- Tu le fais maintenant. Ordonnais-je durement en appuyant sur le bouton d'appel.

Il grimaça de colère avant de m'arracher le smartphone des mains et de mettre le haut parleur.

- Pourquoi tu m'appelles maintenant ? Lança la voix de Malia.

- Je t'ai trompé. Lança Nathan pour toute réponse.

Il y eut un silence avant qu'il n'enlève le haut-parleur et qu'il ne colle son téléphone à son oreille en se levant de la table non sans un dernier regard assassin à mon encontre.

Sa cousine me lança une moue d'excuse avant de partir le rejoindre nous laissant à nouveau seuls Jackson et moi.

- On peut partir ? Demandais-je à Jackson.

Il demanda l'addition et régla la note en faisant fi de mes protestations et nous partîmes en dépassant Nathan qui se prenait le chou au téléphone tandis que sa cousine le regardait visiblement satisfaite.

J'entrais dans la voiture côté passager et mis ma ceinture tandis que Jackson s'installait au volant.

- Je suis désolé de m'être énervé et d'avoir gâché la soirée.

- Elle l'était déjà avant que tu pète ton câble…

- Désolé. Marmonnais-je. Mais je ne pouvais pas laisser Malia comme ça, pas alors que je venais de le savoir, tu comprends ?

- Arrête de me parler d'elle, McCall, ça me gonfle. Grogna-t-il le regard vissé sur la route.

- Tu ferais pas pareil ? Demandais-je subitement.

- Non, le cul des autres ne m'intéressent pas, contrairement à toi.

- Je te parles de trahison, là.

- Et alors, tu couches avec elle ?

- Malia est mon amie et j'allais pas la laisser dans l'ignorance. Lançais-je furieusement. Je suis pas ce genre de personne !

- Moi, je le suis. Dit-il brutalement.

Il s'arrêta à un stop et nous nous fixâmes pendant un moment.

-Tu t'en fiche peut-être de ce qui peut arriver aux autres mais c'est pas mon cas. Je ne peux pas laisser mes amis se faire poignarder dans le dos sans rien faire ! Tu le ferais, toi ?

- Ouais je suis égoïste, et alors ?!

- Je te crois pas. Lâchais-je.

On était en train de se disputer dans une voiture en plein milieu d'une route déserte et sombre et les seuls témoins étaient les arbres de la forêt qui bordait les environs.

Je trouvais ça à la fois ridicule et effrayant mais je savais que ça ne durerait pas, il ne restait que quelques minutes en voiture pour rejoindre ma maison.

Mais c'était sans compter sur Jackson et ses crises de nerfs qui décida de se garer au milieu de nulle part !

- Mais qu'est-ce que tu fiches ? Demandais-je alors qu'il coupait le contact.

- On va se disputer et je vais me mettre dans une colère noire et on va finir par avoir un accident alors autant éviter la casse. On se dispute et ensuite je te ramène.

- Mais t'es dingue ! M'écriais-je. C'est un véritable décor de film d'horreur dehors, il peut nous arriver n'importe quoi mais t'as peur d'avoir un accident pour 10 minutes de bagnole ?

- On est a Beacon Hills, qu'est-ce que tu veux qu'il arrive dans ce bled ? Grogna-t-il en levant les yeux au ciel.

- J'en sais rien, un tueur en série ? Une guerre de gangs ? Une attaque de ghost riders ? Hasardais-je en regardant aux alentours.

- Tu fréquentes beaucoup trop les geeks, toi… Marmonna-t-il à peine audible.

- J'en suis moi-même un, j'ai même pas besoin de les fréquenter. Admis-je avec fierté.

Bon ok, je devais probablement pas vraiment en être fier au vu de son regard rempli d'un jugement condescendant mais c'était fait et j'en avais pas honte.

Jackson se mit à rire. Ce fut tellement soudain que j'en sursautais mais ça ne l'arrêta pas.

Je le regardais comme si une deuxième tête avait poussé à la base de son cou tandis qu'il continuait à rire pour je ne sais quelle raison.

- Je peux savoir ce qui te fait marrer comme une baleine ? Demandais-je irrité.

- Je commence à comprendre de quoi tu parlais quand tu me disais que j'étais sexy en m'énervant. Avec la petite ligne au milieu du front. Tu as la même quand tu t'énerves.

- Oh. Et… Demandais-je l'air de rien. Tu me trouve sexy quand je m'énerve alors ?

- Ouais mais je te l'interdis. Ordonna-t-il subitement.

Je le fixais bouche bée tandis qu'il me fixait intensément.

- Qu'est-ce que tu m'interdis ?

- Ce que tu as fait ce soir.

- Agresser un de tes joueurs et ainsi gâcher notre soirée pour sauver l'honneur d'une amie ?

- T'énerver pour quelqu'un d'autre que nous deux.

J'ouvris la bouche mais rien ne vint. Il avait ce regard teinté de douceur mais aussi d'arrogance, de colère et de mépris.

- Tu n'as pas le droit de t'énerver pour quelqu'un d'autre que moi, Scott. Je ne plaisante pas.

Et voilà que sa possessivité maladive était de retour… Je ne comprenais pas bien ce qu'il voulait que je fasse. On en avait déjà parlé des semaines auparavant et il ne comprenait toujours pas…

- Malia est une amie, c'est juste une amie. Pourquoi tu ne veux pas le comprendre ?

- Parce que je n'y arrive pas. Avoua-t-il.

Il me lança un regard que je crus reconnaître comme une sorte d'excuse et de peur. Une véritable vulnérabilité qu'il ne me laissait qu'entrevoir par moment. Je ne réfléchis même pas un seul instant et je le pris brusquement dans mes bras.

- Je ne sais pas ce qu'il faut que je fasse pour que tu comprennes que tu n'as rien à craindre et que rien de ce qui se passera ne pourra changer ça.

Je ne savais vraiment pas quoi faire pour l'aider. J'espérais qu'on pourrait trouver un moyen pour lui donner cette confiance dont il manque mais je n'étais pas sûr de savoir quoi faire exactement.

Il y a, en revanche, une seule et unique chose dont j'étais certain. Je ne voulais plus jamais revoir ce regard chez lui.

Cette manière qu'il avait d'être aussi peu sûr de lui me terrifiait autant qu'elle me brisait le cœur. Je préférais largement son horrible côté connard à cette horrible vision.

- Je ne sais pas s'il existe un moyen pour régler ça mais s'il y a une chose, n'importe quoi, qui puisse t'aider a comprendre qu'il n'y a que toi, pour moi. Je le ferais. Promis-je.

Ma promesse le calma et je le sentis se détendre, alors je me détendis à mon tour.

Même si notre rendez-vous ne s'était pas du tout passé comme je l'espérais, on finissait sur une note positive et c'était tout ce qui comptait au final.

Je l'aimais et j'espérais sincèrement trouver une solution pour mettre un terme à son insécurité.

Quelques jours s'étaient passés depuis ce fameux soir et je n'avais plus revu ce regard chez Jackson heureusement.

Je le voyais toujours aussi peu mais quand je le voyais, il semblait être redevenu le Jackson espiègle et arrogant qu'il était.

Bien sûr, il râlait toujours parce qu'on ne se voyait pas assez mais je pouvais sentir que c'était juste pour la forme et nettement moins pour le fond, désormais.

A vrai dire, depuis un ou deux jours, il était étrangement serein.

Pas plus tard qu'hier il m'avait attrapé dans un couloir vide et m'avait embrassé avec passion avant de se volatiliser en cours comme si de rien n'était et sans aucune explication.

Je n'avais toujours pas compris mais visiblement, il semblait joyeux alors je n'avais pas vraiment pensé à lui demander pourquoi.

J'étais actuellement un peu occupé par mes amis qui me fuyaient comme la peste.

Je pensais que c'était moi qui me faisait des idées, au début, mais au fil du temps, je me rendais compte que c'était un fait avéré et plus simplement une impression.

Stiles évitait soigneusement mon regard et me fuyait comme si j'étais un messager de la Mort tandis qu'Isaac m'observait avec des yeux ronds comme des soucoupes avant de bafouiller bêtement et de disparaître subitement chaque fois que je l'appelais.

J'avais voulu me rassurer en me disant qu'ils me préparaient surement une surprise pour mon anniversaire qui approchait mais, plus ça allait et moins j'étais serein.

Plus ça allait et plus je me rendais compte que ça n'était pas seulement le comportement de Stiles et Isaac qui étaient étranges mais ceux de tout le lycée.

En fait, tout le lycée me fuyait comme si j'étais une sorte de pestiféré, une curiosité à voir ou un truc dans le genre. Je les sentais parfaitement chuchoter dans mon dos et, lorsque je me retournais vers eux pour voir ce qu'il en était, les chuchotements se taisaient brusquement.

A ce moment-là, l'expression « être le dindon de la farce » prenait tout son sens pour moi…

Stiles, Isaac, Matt, Cora, Ethan et même Danny… Ils avaient tous le même regard un peu dépité lorsqu'ils me fixaient quand ils pensaient que je ne m'en rendais pas compte…

A vrai dire… Seul Jackson était normal avec moi enfin, si on omettait le fait qu'il était vraiment heureux en ce moment mais je n'allais pas lui en vouloir de se sentir bien, non plus.

Je sortais du cours de dessin, me sentant de plus en plus solitaire à mesure que tout le monde m'esquivait, quand Malia m'attrapa à la sortie avant de me traîner dans la bibliothèque, vide à cette heure-là.

Elle avait le regard grave et les lèvres pincées, ce qui était parfaitement inhabituel chez elle.

Le lendemain de mon rendez-vous avec Jackson, elle m'avait parlé de sa rupture avec Nathan et elle m'avait expliqué que, pour se défendre, il lui avait dit que je l'avais obligé à le dire.

Elle m'avait brusquement prise dans ses bras et m'avait remercié en me disant qu'il y en avait peu qui était capable de faire ça.

Elle n'était pas particulièrement affectée par sa rupture ce que je trouvais un peu étrange mais réconfortant pour elle.

Malia était une personne plutôt difficile a cerner. Elle était imprévisible et pouvait paraître insensible mais je savais, au fond, que ce n'était qu'un air qu'elle se donnait.

- Est-ce que tu es allé sur le site des lycéens ?

Elle avait la mine terriblement grave et son ton paraissait plutôt tendu. Si je ne la connaissais pas aussi bien, j'aurais dis qu'elle avait l'air de ne pas savoir où se mettre. Ce qui paraissait vraiment étonnant quand on la connaissait...

- Euh… Bonjour Malia ? Tentais-je en souriant.

- Visiblement tu n'y es pas allé ! Attaqua-t-elle brusquement.

Le site des lycéens était, comme son nom l'indiquait, un site à l'usage exclusif des lycéens où on mettaient toute sortes de choses dessus. Il y avait les cours selon les sections, des propositions de clubs et même une rubrique du journal du lycée. J'avais fait la couverture de ce journal pendant une journée quand le Monde entier avait appris pour Jackson et moi.

Chaque lycéens avait un compte qui lui était déjà attribué avec un mot de passe personnel. Aucun adulte n'avait accès à ce site particulier et je doutais sincèrement qu'ils en connaissaient même son existence.

- La politesse voudrait que tu me rendes ce bonjour, Malia, et non je n'y suis pas allé, pourquoi ?

- Tu n'as rien remarqué de bizarre ces derniers temps ? Des gens qui te regardent comme si t'étais un animal étrange ou qui chuchotent derrière ton passage ? Demanda-t-elle.

Je fronçais les sourcils à cette soudaine question et me demandais comment elle s'en était rendu compte.

Elle prit mon regard confus pour une réponse positive et soupira. Elle s'installa sur une table avant de joindre ses mains en me fixant d'un air mitigé.

- Tu vas surement avoir besoin de t'asseoir, Scott… Vraiment… Marmonna-t-elle piteusement.

Je fronçais les sourcils en la fixant avec une soudaine inquiétude et un horrible pressentiment.

Si Malia commençait a prendre des gants avec moi ça signifiait qu'une véritable catastrophe était arrivé.

Elle inspira profondément avant de sortir son téléphone, de pianoter dessus et de me le tendre enfin avec appréhension.

Je le pris, la mine toujours aussi confuse, et découvrit enfin ce que tout le monde me cachait…

Le sol se déroba sous mes pieds au moment même où je lus le début de l'article…

Un article du journal du lycée qui datait d'il y a deux jours…

Un article qui parlait de moi…

Mon pire cauchemar venait de commencer…


Bien le bonsoir !

Eh oui, je pensais être en retard pour ce chapitre mais, une fois de plus, l'amour que je vous porte a triomphé !

Ceci dit le retard comprend surtout le chapitre d'après...

Chapitre d'après qui, d'ailleurs, clôturera "Le Pire en Moi".

Eh oui, ce que vous venez de lire est bel et bien l'avant dernier chapitre de cette histoire ! Avec l'arrivée fracassante de Malia qui est un personnage pour qui j'ai une réelle affection ! :D

J'ai vraiment hâte de savoir ce que vous avez pensé de ce chapitre alors n'hésitez pas à m'en faire part, j'aime toujours autant ces petits coups de pieds au derrière qui font du bien !

Évidemment si vous avez des questions, je serais ravie d'y répondre alors n'hésitez surtout pas ! (^O^)

J'vous aime !

Akiss4.


PS - Helac : Hhhaaa... C'est une théorie qui peut-être intéressante pour Lydia, oui... Mais je ne dirais rien de plus ! (^.^) Merci en tout cas d'être toujours là, tu n'imagines pas à quel point ça me fait plaisir ! :D