En cette première semaine d'octobre, les feuilles commençaient à tomber et à recouvrir le sol du parc.
Hagrid- Aujourd'hui, nous allons étudier les licornes. Qui peut me dire les propriétés de leur sang ? Hermione...
Alors qu'Hermione répondait, Drago balança une nouvelle insulte, encore pire que « sang-de-bourbe ». Ron se jeta sur lui, baguette à la main.
Ron- Ne l'insulte plus jamais ! Levicorpus !
Hagrid- Ron arrête ! Libère-le !
Ron obéit, mais malheureusement pour lui, Drago avait toujours sa baguette. Il lui lança le sortilège de Jambencoton. Ron tomba et Harry se plaça entre Drago et Hermione.
Harry- Malefoy ! Arrête tes conneries !
Drago- Et voilà l'ami de la belette et de la sang-de-bourbe qui entre en scène !
Harry- Ne les insulte pas !
Drago- Mais je fais ce que je veux monsieur-je-commande-et-je-peux-pas-m'empêcher-de-me-mêler-de-tout !
Harry- Malefoy...
Malefoy- Quoi ?
Le jeu des insultes avait commencé. En public, c'était devenu pour eux le seul moyen de communiquer.
Harry- Ferme ta grande gueule ou je m'en charge !
Drago- Mais c'est toi qui vas la fermer du gland !
Fumseck avec une beuglante de la part de Dumbledore arriva en plein milieu d'une réplique bien sentie de la part de Drago. Les deux jeunes gens devaient se rendre dans son bureau pendant qu'Hagrid emmenait Ron à l'infirmerie.
Harry- Pêche Citron.
Dans les escaliers, ils reconnurent la voix de Dakota.
Dakota- Vous ne devriez pas faire ça ce jour-là, c'est du suicide ! Le seul moyen de tous les protéger serait de l'empêcher, ou de mettre des aurors suicidaires de partout. Enfin, s'il arrive...
Dumbledore- Quoique ce soit, j'aurais été prévenu, ne vous en faites pas Scarhead. Et puis, avec vous, il ne craint rien.
En sortant du bureau, elle croisa Harry et Drago. Elle remarqua pour elle-même que le directeur était de plus en plus dérangé.
Dumbledore- Assis !
Drago- Pas question, je ne reste pas assis à côté de lui !
Dumbledore lui lança un regard dont lui seul avait le secret et qui avait pour seule signification "qu'aucune réplique n'était autorisée et qu'il vallait mieux faire profil bas et se taire".
Harry avait le regard vissé sur le choipeaux. Le hurlement de Dumbledore le ramena sur terre.
Dumbledore- Vous êtes deux gamins immatures ! Je vous ai entendus vous disputer de mon bureau ! Qui est situé de l'autre côté du Château ! Je crois même que Charlie Weasley, vous a entendus ! De Roumanie !
Harry- Pardon professeur, on ne recommencera plus.
Dumbledore- Bien sûr que si vous recommencerez ! Je ne suis pas un imbécile. Je sais parfaitement que vous êtes comme ça. Quand l'un dit blanc, l'autre dit noir, vous ne changerez jamais ! Mais j'aime autant vous prévenir que la prochaine fois qu'un de vos professeurs se plaindra de votre comportement, vous aurez droit à des heures de retenue ensemble ! Me suis-je bien fait comprendre ?
Le blond acquiesça le premier, suivit par le brun.
Drago partit.
Dumbledore- Je sais que tu te poses des questions sur Dakota, et je sais que tu aimerais que j'y réponde. Le problème, c'est que je n'ai pas assez de réponses. Mes rares souvenirs sont dans cette pensine. Ils datent du moment où elle nous a rejoint.
Harry plongea la tête. Il se retrouva dans ce même bureau, environ dix-sept ans auparavant.
Dakota avait les cheveux en pétard, son chemisier blanc était maculé de sang, du faux-sang beaucoup trop réaliste.
Dakota- C'est dur... tout quitter pour leur sécurité. Ils vont me manquer... Lui va me manquer. Je regrette ce que j'ai fait. Même si c'était la seule solution...
Dumbledore expliqua alors le plan à Harry. Une arme moldue : un beretta. Une balle, un gilet-par-balle, du faux sang, un faux corps, un faux meurtre qui en ferait souffrir tellement. "C'était pour eux, votre travail nous a été utile", ce sont ses paroles, elles résonnent dans l'esprit d'Harry. Il a l'impression de les avoir déjà entendues, dans une autre vie... Un passé qu'il n'aurait pas vécu, mais qu'il connaissait.
Il sait qu'un jour, quand il sera amené à combattre Voldemort, on lui dira ces mêmes paroles, peut-être tournées autrement, avec d'autres mots, d'autres intonations... mais le résultat serait le même. Il aura sauvé des vies, mais il n'aura pas réussi à se sauver lui-même. Car voici la cruelle vérité : Harry Potter est destiné à tuer pour vivre. Et ça, il ne le voulait pas.
Dakota- Voldemort est puissant. Il sera très vite plus puissant que vous. Nous ne sauverons pas tout le monde. J'ai à peine dix-huit ans, et je me suis déjà lancée dans des batailles auxquelles je n'aurai jamais pensé. Alors ne venez pas me demander d'en faire plus !
Elle objecta une quelconque nouvelle parole du Directeur d'un geste de l'index.
Dakota- Plus de missions ! J'ai perdu assez comme ça ! Et non, n'essayez même pas de me traiter d'égoïste !
Dumbledore- Au moins votre frère a su que vous n'étiez pas du côté de Voldemort.
Dakota- Quelle consolation pour lui qui me croit morte !
Harry se demandait de plus en plus pourquoi il trouvait que Dakota, sa manière d'être, de penser, son visage, sa carrure... lui donnaient l'impression de la connaître.
Dakota- Ma fille est morte. Ma famille et mes amis me croient morte, mon mari m'a trahie et vous voulez que je me tienne tranquille ?
Elle se leva et minauda une révérence stupide.
Dakota- Bien oh maître vénéré !
Elle contourna le bureau et se pencha sur la chaise sur laquelle était assis le directeur. Harry réprima un frisson. La jeune femme maintenait ses mains sur les poignets de Dumbledore, l'obligeant à ne pas bouger.
Dakota- Je veillerai sur Lupin.
Dumbledore- Pettigrow ! C'est ce qu'on avait convenu.
L'homme avait repris de son aplomb, mais le fait de ne pouvoir atteindre sa baguette semblait lui donner des sueurs froides.
Dakota- C'est un traître, quoique vous disiez. Quoique vous pensiez... Je n'ai pas confiance en lui, et le jour où il fera un faux pas, je l'aurai.
Dumbledore déglutit, il ne voulait absolument pas savoir ce qu'elle ferait à Pettigrow si il trahissait ses amis et qu'elle le savait. Il changea de sujet.
Dumbledore- Et pourquoi pas Sirius ?
Dakota- Sirius est un génie ! Il se débrouille toujours... Il n'a pas besoin de quelqu'un pour veiller sur lui. C'est Sirius ! Vous devriez le savoir monsieur le fin psychologue. Mais j'ai peur pour Remus. Je ne peux pas m'en empêcher. Il est fort, très fort, mais vous savez également que son problème de... fourrure peut le rendre très fragile. Et je ne supporterai pas qu'il lui arrive quelque chose à cause d'une mauvaise affectation de surveillance.
Harry remarqua un éclair passer dans les yeux de Dakota. Dumbledore répondit en balbutiant :
Dumbledore- J'ai compris ! Je protège les Potter, et vous Lupin !
Elle brandit un doigt menaçant vers le Directeur déjà vieillissant. Sa voix était calme et tranchante.
Dakota- Ils leurs arrivent quelque chose, quoique ce soit, et même les tortures de Voldemort vous paraîtront douces face à ce que je vous réserve.
Dakota lâcha sa prise et Harry comprit pourquoi elle lui faisait si peur. Sous son apparence douce de femme fragile, elle ressemblait plus à une femme fatale. Alors pourquoi Dumbledore lui accordait-il une telle confiance ? Il la savait dangereuse... C'était peut-être pour cette raison que c'était à elle d'assurer sa protection, simplement parce qu'elle n'avait plus rien à perdre... Elle connaissait les Maraudeurs et sa mère. Elle savait pour ils semblaient tous avoir une telle importance pour elle... peut-être même lui par extension.
