La semaine se termina rapidement et le tournage avait bien avancé. Nous avions reçus un mail de Hooper avant le week-end :

« Je vous en avais parlé rapidement il y a quelques jours, la semaine prochaine nous partons pour tourner les scènes extérieures. Nous passerons lundi entier à Londres puis le reste de la semaine au nord du pays à quelques kilomètres d'Edimbourg. Nous avons réservé un avion et un hôtel pour les équipes concernées. Vos attestations de présence et billets en PJ. Bonne soirée à tous »

Le grand air allait changé, mais bizarrement j'étais déjà un peu nostalgique de la routine que le tournage avait installé. Mais j'ai toujours été plus à l'aise avec la routine qu'avec la nouveauté ... contradictoire avec l'emploi que j'exerçais. Heureusement, j'étais conviée à ces tournages en extérieurs, et retourner près de ma ville préférée au monde me mettais du baume au coeur.

Un nouveau mail de Hooper arriva au cours du week-end et me rendit mélancolique :

« Rappel programme fin de tournage:

Semaine prochaine - tournage en extérieur

Semaine d'après - retour au studio pour tournage de quelques scènes intérieures supplémentaire et fin de tournage. »

Déjà la fin de tournage ... l'équipe avait été si efficace. Le reste des semaines et des mois allaient être dédiés au montage des équipes techniques pour produire le film final. Les acteurs, l'équipe des décors, des costumes, les maquilleurs et évidemment moi n'étaient plus retenue, sauf pour urgence, mais cela n'arrivait pas souvent.

Ce week end nous avons prévus, Colin et moi, de passer notre dimanche chez moi. Je l'ai invité à déjeuner, à dîner et à rester dormir chez moi avant notre semaine mouvementée. Cela a été top. Il est arrivé habillé d'une chemise blanche cintrée et de son long manteau noir. Il avait prévu un grand sac pour y amener ses affaires de toilette et quelques vêtements de change. J'avais comme un sentiment de revivre des soirée pyjamas comme quand j'étais au lycée et à la fac. La seule différence, c'est que je serais avec cet homme qui me plait tant. Il était éclatant. Le temps grisâtre de Londres n'avait aucun effets sur son teint. Il entra dans mon appart et ferma rapidement la porte derrière lui et s'empressa d'enrouler son bras autour de ma taille tout en m'embrassant langoureusement. Ce dimanche s'annonçait plutôt bien !

Sans prétention, nous nous étions mis d'accord : un dimanche tranquille. Le mot d'ordre était le repos. Je lui avait cuisiné un plat de lasagnes maison aux épinards, mozzarella et jambon italien puis nous nous sommes reposés dans les bras de l'autre sur mon canapé comme deux personnes âgées. Quand je me suis réveillée, il me regardais tout sourire. Je déposa un baiser sur sa joue et me redressa :

- Un café ?

- Volontiers, darling.

Je m'occupais de nous faire nos cafés quand il ajouta :

- J'ai quelque chose à te demander. Cela fait un moment que j'y pense, mais je n'osais pas t'en parler ...

- Oh, dis moi ! Lui répondis-je en mettant en route ma cafetière et me tournant vers lui.

- Je ... j'aimerai beaucoup ... que tu rencontres mes enfants.

Il était assis sur mon canapé, accoudé à ses genoux, comme anxieux. Je restais à ma place près de la cafetière.

- Oh, tu es sûr de toi ? Je veux dire ... c'est peut-être un peu tôt pour eux non ?

- Oui, j'ai retourné la question dans tous les sens. Mais je crois que j'ai besoin que tu les rencontre. Ils ne sont plus des bébés, je pense qu'ils peuvent le comprendre. Après tout, ils savent déjà que Livia voit quelqu'un d'autre. Je n'ai pas à me priver.

- Ce serait avec plaisir Colin. Cela me ferait très plaisir de les rencontrer. Tu m'as tellement parlé d'eux.

- Je te propose le week-end prochain. Ils vont passer le week-end avec moi, leur mère part en France si j'ai bien compris. Ce sera l'occasion.

- Très bien !

Les cafés étaient près et je m'avançais vers Colin en déposant les deux tasses sur ma table basse en face de lui. Je m'assis près de lui et lui caressa le dos comme pour le réconforter. Il m'embrassa le front. Je lui chuchota « Ne t'inquiète pas, cela se passera bien. ». Il redressa mon visage d'un doigt sous mon menton pour m'embrasser langoureusement et tendrement puis ajouta « Je n'en doute pas. ». Je me redressa pour m'assoir à califourchon sur ses genoux. Je l'embrassa à nouveau et caressa son torse. Je le regarda dans les yeux, et naturellement lui déclara « Je t'aime ». Il déposa ses deux mains sur mon visage, et le regard humide me répondis « Je t'aime Emma ». Il m'attrapa par le dessous de mes fesses tout en se redressant et m'emmena dans ma chambre où nous passâmes une bonne partie de la soirée.

Les cafés eurent le temps de refroidir.