Hello !

Vous avez pas le droit de râler : on est jeudiiiiii (oui oui, jusqu'à minuit!)

J'vous laisse lire,

on se retrouve en bas.


Chapitre 15

La cérémonie fut magnifique. Des centaines de roses et de pivoines, beaucoup de beaux discours, beaucoup de larmes. La femme d'Emmett, Vanessa, avait l'air d'être une femme très aimée. Un peu en retrait, la main de Rosalie dans la mienne, je scrutai la foule venue nombreuse pour ce dernier adieu.

Ce cimetière était superbe. Les vastes lieux de prières et de recueillements, les fleurs partout et les arbres immenses nous protégeant du soleil écrasant de cette fin de matinée. Les pierres tombales étaient toutes disposées de manières rectilignes et régulières, serrant mon cœur dans ma poitrine. Silencieuse à mon coté, cachée derrière d'immense lunettes de soleil, Rosalie renifla peu élégamment en observant Emmett poser la première rose sur la tombe de sa femme.

- Je n'ai pas su quoi lui dire sur le chemin, me confia-t-elle à voix basse.

Une queue se forma, les gens passant les uns derrières les autres pour déposer leur rose sur le cercueil en chêne clair reposant devant l'immense pierre blanche avant d'échanger quelques mots avec Emmett.

- Il n'y a pas grand chose que l'on puisse dire, chuchotai-je juste, les yeux fixés sur ces fleurs que je trouvais pourtant si belles.

L'émotion fut palpable quand les doigts de Rosalie serrèrent plus fort les miens. Je relevai les yeux pour tomber sur Jasper et Alice, un peu plus loin, serrant tour à tour Emmett contre eux. Malgré moi, mon cœur s'accéléra. Ils échangèrent quelques mots calmement, avant qu'Emmett ne retourne auprès des parents de sa femme. Sa mère essuya ses larmes une nouvelle fois avant qu'Emmett ne la prenne contre elle pour tenter de calmer son chagrin.

La boule dans ma gorge semblait désormais m'empêcher de respirer convenablement.

Qui pouvait accepter d'enterrer son propre enfant ?

De la musique française résonnait doucement, me donnant des frissons sans cesse malgré la chaleur autour de nous. Il faisait incroyablement beau et je devais avouer que, même si j'avais été mieux chez mes parents, le temps d'L.A. m'avait terriblement manqué.

Mes yeux balayèrent la foule, sentant ma poitrine se serrer. Il n'était pas là. Depuis que nous étions arrivées, une heure auparavant, je ne pouvais m'empêcher de scruter chaque personne, restant désespérément à sa recherche.

Que ferais-je, s'il arrivait à l'instant ? Irai-je lui parler ? Pourrais-je le regarder ? Pourrais-je voir à quel point les émotions qui me broyaient depuis un mois et demi n'étaient pas les siennes ?

Je me demandai même comment je pourrais réagir à sa vision, et, comment cela serait possible que je ne m'effondre pas à l'instant même où mes yeux se poseraient sur sa personne.

Je retins un soupire, essayant de calmer les tremblements de mon corps en perdition.

J'en arrivai à devenir pitoyable, attendant telle une groupie que celui qui avait brisé mon cœur daigne m'accorder ne serait-ce que son attention quelques minutes…

A nouveau, les lambeaux de mon cœur me brulèrent amèrement la poitrine. Il n'y avait pas si longtemps, son attention était entièrement et absolument mienne.

- Ca va ? finis par demander Rosalie au bout de quelques minutes où je me battais pour réussir à respirer convenablement.

Je lui jetai un regard derrière mes lunettes fumées, incapable d'amorcer le moindre mot, le moindre mouvement. L'envie de pleurer remonta dans ma poitrine, me donnant mal au cœur. La culpabilité grignota mon cerveau : je devais être là pour Rosalie, et c'était finalement elle qui avait l'air d'être là pour moi.

- Ca serait plutôt à moi de te poser la question, rétorquai-je après avoir respirer profondément pour calmer mon cœur battant trop vite.

- Il ne viendra pas, murmura-t-elle doucement, les yeux rivés sur moi.

Instantanément, je baissai les yeux sur le sol, lissant nerveusement ma robe noire. Avais-je déjà fait attention à la façon dont l'esprit pouvait se concentrer sur une chose absolument futile et inutile lorsque le corps souffrait trop ?

Avais-je déjà remarquée que le bout de mes escarpins commençait à s'abimés ?

- Il ne voulait pas attirer l'attention sur l'enterrement. Il voulait qu'Emmett et ses proches puissent faire leurs adieux à Vanessa en toute intimité, poursuivit-elle, la voix sombre. S'il avait été là…

Elle soupira, ne terminant pas sa phrase.

La réalité de sa vie me paraissait tellement lointaine et proche à la fois qu'un tourbillon d'émotion me saisit, me donnant du mal à rester de marbre. Il me fallu plusieurs secondes pour réussir à parler sans paraitre ridicule.

- J'imagine, réussi-je à dire, la voix encore tremblante.

On échangea un regard triste derrière nos lunettes de soleil avant que je ne détourne les yeux pour observer devant moi. Quelques secondes, je croisai le regard d'Alice qui me fit un petit signe de la main pour me saluer. A nouveau, mon ventre se fit douloureux. Elle échangea quelques mots avec Jasper qui jeta un regard dans notre direction, me saluant d'un sourire triste.

C'est à cela que se résumerait nos relations désormais ? Regards de pitié et sourires tristes ?

Pauvre fille, cracha ma conscience lorsque je leur rendis leurs saluts en leur souriant péniblement.

Ravalant mon amertume, je m'entendis déglutir douloureusement. A quoi m'attendais-je ? A des embrassades ? A ce qu'ils viennent me demander si je survivais ? A ce qu'ils viennent me dire à quel point Edward regrettai la décision qu'il avait prit ?

La foule finit par se disperser lentement. J'observai Alice et Jasper s'éloigner, main dans la main. Ils finirent par passer les grandes grilles du cimetière et disparaitre. Leur relation était donc désormais devenue officielle. Sans savoir réellement pourquoi, cela me fit sourire doucement mais je ne pouvais, pour autant, réussir à être pleinement heureuse pour eux. J'étais jalouse, blessée et envieuse. Pourquoi, eux, avaient-ils le droit de vivre leur histoire d'amour alors que la mienne m'avait été volée ?

Je bloquai mes pensées, m'empêchant de m'éparpiller et de me mettre à sangloter pour la centième fois depuis mon retour deux jours auparavant.

Revenir chez moi avait été une épreuve à laquelle j'avais refusée de penser pendant les semaines où j'étais partie chez mes parents. Et la veille, avec le soleil déclinant donnant à travers les volets à moitié fermés, j'avais eu l'impression d'empoisonner mon être un peu plus.

Qui pouvait donc souffrir ainsi ?

Quand j'eus réussi à ravaler les larmes qui brulaient mes yeux, je tombais sur Emmett venant vers nous.

Comme des aimants, lui et Rose furent attirés l'un par l'autre, nouant discrètement mais sûrement leurs doigts ensemble. La peine dans les yeux d'Emmett sembla s'apaiser immédiatement. Leurs regards parlèrent d'eux mêmes, échangeant tous ces mots qu'ils n'arrivaient pas à ce dire. Si ces deux là ne s'aimaient pas, si ces deux là n'étaient pas âmes sœurs, il faudrait me couper les mains.

- On fait une collation, en petit comité histoire de se retrouver un peu à la maison, expliqua Emmett en me jetant un regard. Vous venez ?

Rosalie acquiesça avant même que j'ouvre la bouche.

- Je ne veux pas déranger, m'excusai-je en sentant déjà mes doigts lâcher ceux de Rosalie encore libres.

- J'insiste, s'exprima Emmett dans un léger sourire.

Lui qui avait eu le visage sombre et triste depuis que je l'avais rejoint dans ce cimetière, je ne pus lui tenir tête. Je n'en avais pas la force, et je ne voulais surtout pas le blesser. La boule au ventre et silencieusement, on regagna ma voiture lentement avec Rosalie, après qu'elle ait laissé Emmett se recueillir quelques secondes encore.

Quand on monta dans le véhicule, Emmett sortait du cimetière avec ses propres parents, tenant sa mère par la main, pour rejoindre leur voiture à leur tour.

Rosalie soupira quand on s'engagea derrière eux pour quitter le parking.

- Je déteste cette vie, soupira-t-elle en retirant ses lunettes de soleil.

- Moi aussi, marmonnai-je en observant brièvement mon visage terne dans le rétroviseur.

Ma peau était bien plus blanche que d'habitude, mes cernes encore plus marqués, à croire que les dernières semaines sans sommeil me retombaient brutalement sur les épaules.

Malgré les évènements récents, malgré ma colère, ma peine et mon amertume, je ne pouvais m'empêcher de me sentir déçue. J'avais imaginé cette matinée des dizaines de fois depuis que j'avais pris la décision d'y participer. J'avais imaginé mille scénario, et dans tous Edward apparaissait, à un moment donné ou à un autre.

Dans les pires, il m'ignorait, dans les plus beaux, il m'écoutait.

Je ravalai mes pensées en suivant la voiture d'Emmett à travers les rues de L.A. incapable de réussir à contrôler mes tremblements. Des semaines durant, j'avais lutté pour ne pas me souvenir, ne pas ressentir…

Depuis ce matin, je n'attendais qu'une chose : qu'Edward apparaisse et que mes sentiments m'engloutissent, d'une manière ou d'une autre.

La manière dont mon corps souffrait était intolérable : Je me devais d'être là pour Rose, pour Emmett, et je me retrouvai à attendre quelqu'un qui ne viendra plus.

Dans un quartier résidentiel à l'est de L.A, au fond d'une impasse, je garai ma voiture derrière celle d'Emmett, sur le parking d'une jolie maison à la coupe moderne.

Coupant le moteur, je soupirai une nouvelle fois, en même temps que Rosalie.

On échangea un regard en silence, comprenant l'une et l'autre que tout allait changer, désormais.

Voilà des semaines que je refusais de l'admettre, mais tout était déjà en train de changer… tout avait changé. Désormais, tout me paraissait douloureusement clair. Je serrai les dents, refoulant les pensées sombres qui m'assaillirent. J'aurai aimé qu'il soit là. Je voulais qu'il soit là. Pourquoi la seule personne au monde avec qui je voulais être à présent était celle qui était le plus absente ?

- Tu es prête ? demanda Rosalie, voyant que je ne bougeai toujours pas.

Je me secouai, reprenant brutalement conscience de tout autour de nous -les voitures qui se garaient ici et là, les gens qui entraient dans la maison par la grande porte d'entrée grise restée grande ouverte, le soleil tombant sur la voiture réchauffant l'habitacle où l'air ne circulait plus depuis que j'avais coupé le moteur.

Je hochai la tête pour réponse, repoussant, à nouveau, les démons qui voulaient écraser mon cœur. Je devais rester pour Rose, et pour Emmett. Leur montrer tout mon soutien, et toute la croyance que j'avais en leur histoire.

Alors, quand je serais certaine qu'ils en seraient convaincus eux-mêmes, je pourrais rentrer chez moi, et laisser mon cœur exploser une nouvelle fois.

Quand allais-je m'en remettre ? N'y avait-il pas de remède, pas d'arrêt dans la souffrance quand le corps ne la supportait plus ? A quel moment mon cœur allait-il cesser de battre pour un homme qui l'avait brisé ? Le chagrin n'avait-il donc pas de limite ?

En pénétrant dans la maison, une douce odeur de jasmin nous accueillit. L'espace était grand, chaleureux, et les invités peu nombreux saluaient tour à tour Emmett, droit et imposant à coté de canapé. Sur une console, à coté de lui, au milieu des bougies roses pâles et blanches, souriait la photo d'une jeune femme brune, dont les boucles coupées courtes caressaient les contours du visage. Son sourire chaleureux, ses yeux rieurs, elle avait l'air d'être une femme aimant la vie, au caractère bien trempé.

Vanessa.

Suivant Rosalie en silence, ses doigts liés aux miens, on s'approcha, un peu mal à l'aise.

- Je ne sais pas quoi faire, me confia Rose en observant une femme d'âge mûr allumer une bougie et dire quelques mots à la photo de Vanessa. Je ne devrais même pas être là…

- Tu es là pour Emmett, murmurai-je à mon tour, lissant un peu nerveusement les plis de ma robe. Je crois qu'on devrait allumer une bougie et lui souhaiter de trouver la paix.

Rosalie approuva d'un hochement de tête tout en continuant à avancer presque timidement à travers le salon où les gens se rassemblaient près de la baie donnant sur un vaste jardin.

Lorsqu'on arriva devant Emmett, leurs yeux s'accrochèrent pendant plusieurs secondes, oublieux du monde autour d'eux.

Mon ventre me brûla douloureusement. Ce regard entre eux… je le connaissais par cœur. Pour Rosalie qui n'avait jamais cru aux âmes sœurs, aux personnes faites pour se rencontrer et vivre ensemble, cela devait peut-être passer inaperçu. Mais pour moi, pour mes yeux de rêveuse qui n'avait pas encore totalement renoncée, cela était évident. L'amour, celui avec un grand A, était juste là, sous leurs yeux, circulant entre eux, autour d'eux à m'en donner le tournis.

- Vous n'êtes pas obligées d'allumer une bougie, souffla Emmett en se penchant légèrement vers nous, se voulant plus discret.

- Elle a été ta femme pendant des années, répondit Rosalie calmement, elle mérite que j'allume cette bougie pour elle.

Quelque chose d'intense brilla dans les yeux d'Emmett, me faisant frissonner. Rose se tourna vers la table à coté de nous, puis, tremblante, elle craqua une allumette qui s'alluma dans un crépitement.

J'avais la sensation que le silence autour de nous était en train de nous engloutir et de se répandre dans la pièce à mesure que les doigts de Rosalie s'approchaient d'une petite bougie blanche. Elle dût s'y reprendre à deux fois pour réussir à embraser le filament.

J'observai quelques secondes, en silence, la flamme s'élever doucement avant de se stabiliser.

Peut-être que Rosalie avait raison… peut-être que Vanessa voulait leur laisser une chance.

La bougie sous mes yeux vacilla quand un courant d'air circula entre les invités de la pièce, me faisant frissonner lourdement.

Quelque chose dans l'atmosphère de la pièce changea. Cela fut imperceptible mais quelque chose dans mon ventre se réveilla.

Avant même de le voir, je le sentit.

Quelques regards, et chuchotements convergèrent vers l'endroit où nous nous trouvions -toujours auprès d'Emmett et de la photo de Vanessa que je n'arrivai plus à quitter des yeux.

Un mouvement sur ma gauche me fit sursauter nerveusement, puis les battements de mon cœur s'accélérèrent.

Serrant les dents, je jetai un bref coup d'œil à Rosalie, dont les yeux inquiets faisaient les allers-retours entre moi et Emmett.

- Mes condoléances Em', murmura une voix étouffée à ma gauche.

Brièvement, j'aperçu Emmett rendre une accolade virile, pleine de respect et d'amitié.

Mais mon cerveau n'avait déjà plus de logique et la bile me remonta dans la gorge, brulant, acide, les restes de mon cœur en lambeaux à la vue de ces épaules, que je savais carrées, dissimulées sous ce costard certainement hors de prix.

Ma douleur n'avait donc jamais connue sa limite encore avant cette instant.

Brutalement j'eus du mal à respirer, l'air de la pièce devenant irrespirable. J'assistai à cette scène sans avoir le moindre contrôle de mon corps en pleine chute libre. Si j'avais pu disparaitre sous terre, je l'aurai certainement fait. Si j'avais pu, j'aurai certainement quitté la pièce le plus rapidement possible. Mais cela relevai de l'impossible.

Ils se séparèrent, échangèrent un regard lourd d'émotion avant qu'Emmett ne me jette un coup d'œil quelque peu nerveux.

Silencieuse, figée, les yeux brulants, je fus incapable de bouger ou de m'en aller quand il passa derrière moi, sa veste de costume frôlant mon épaule, puis mon dos en silence.

Peut-être allais-je mourir.

Peut-être que l'enfer ressemblait à cela.

Son parfum fut plus violent, plus intense que dans mes souvenirs. Mes dents se serrèrent tandis que mon cœur s'arrêta brutalement avant de repartir à toutes vitesses. Mes jambes tremblèrent si fort que je dû puiser dans toute les forces qu'il me restait pour ne pas tomber.

Légèrement tournée vers la droite, je ne pus que voir, et sentir, sa présence tout près.

Interdite, je vis ses longs doigts attraper la boite d'allumette juste devant moi. Mon ventre sursauta à sa vision alors que, toujours silencieux, il alluma une bougie sur la table devant nous puis éteignit l'allumette se consument en soufflant doucement dessus.

Peut-être ne m'avait-il pas reconnue, ou peut-être, qu'à force de me sentir pâlir, j'étais devenue transparente.

- Isabella, souffla sa voix terne.

Mes yeux se fermèrent immédiatement, retenant difficilement mon cœur de sortir de ma poitrine. J'eus tout le mal du monde à ne pas me mettre à pleurer hystériquement.

J'inspirai doucement plusieurs secondes, refusant de détacher mes yeux de la bougie qu'il venait d'allumer.

- Edward, murmurai-je faiblement, avec l'impression que j'allais mourir dans l'instant.

Son regard brula ma joue, et, brutalement, ce fut trop.

Je ne pouvais plus respirer, les larmes me serraient tellement la gorge que je n'arrivai plus à déglutir et chaque millimètre de mon cœur me semblait plus douloureux à chaque seconde qui passait, avec sa présence à mes cotés.

Un instant, je priai pour mourir dans la seconde, pour simplement stopper la douleur lancinante de mon cœur dans ma poitrine.

- Bella, murmura Rose.

- Je suis désolée, réussi-je à dire en secouant la tête, incapable de me reprendre. Je… je dois sortir.

Inconsciente de tout ce qu'il y avait autour de moi, de nous, je bousculai plusieurs personne dans ma fuite, me pressant plus que de raison pour m'éloigner le plus loin possible.

Les larmes brulèrent mes joues quand j'atteignis l'extérieur, trop consciente de ce que je venais de subir à sa simple présence.

Marchant sur le trottoir à grandes enjambées malgré mes escarpins, je regagnai ma voiture, pestant quand elle ne voulut pas s'ouvrir du premier coup.

Quand la portière claqua derrière moi, tout explosa : ma vie, mes sentiments, mes douleurs… et moi.

La respiration courte et hachurée, avec l'impression de ne plus réussir à remplir mes poumons, je me rendis compte que j'étais en train de subir tout ce que je repoussais depuis des semaines quand les sanglots se succédèrent.

Ce fut le néant.

Cela me donna l'impression de durer des heures.

Pourtant, après un moment, les sanglots s'arrêtèrent, puis, doucement, mes larmes se tarirent.

Au loin, comme absente, je vis Rosalie sortir de la maison, balayer la rue des yeux avant de tomber sur ma voiture dans laquelle je tentai de retrouver l'usage normal de mon corps. Bloquée, presque figée dans la douleur qui était mienne depuis plusieurs semaines, je la vis avancer vers ma voiture, puis ouvrir la portière.

Elle posa les mains sur ses hanches, et son air contrarié noua mon ventre.

- C'est fini ? demanda-t-elle durement, me faisant me sentir aussi coupable que lorsque ma mère me sermonnait pour les cigarettes que je fumais en cachette.

- Je…

- Vous êtes deux idiots, s'agaça-t-elle en tapant rageusement du pied. Tu vas sortir de cette voiture et vous allez agir comme deux adultes responsables !

- Rose…

- Tu crois que tu es la seule qui souffre ? continua-t-elle, m'ignorant royalement. On enterre la femme d'Emmett aujourd'hui bordel ! Alors tu vas sortir de cette voiture et vous allez tous les deux accepter d'affronter ce putain de…

- Tu as raison, la coupa une voix derrière elle, la faisant taire immédiatement.

Je me figeai, me demandant ce que j'avais bien pu faire au ciel pour qu'il m'en veuille à ce point.

Edward se tenait derrière elle, les mains dans les poches de son costume noir. Je n'eus que d'autre choix que de baisser les yeux quand il dirigea son regard sur moi, semblant bruler mon corps entier qui fut secoué d'un frisson incontrôlable.

Rosalie, un peu surprise, eut du mal à reprendre contenance. Son regard passa de moi, recroquevillée dans ma voiture et certainement pas belle à voir, à Edward, debout, légèrement hésitant sur le bien fondé de son intervention à son coté.

Elle inspira profondément, espérant certainement calmer la colère qui l'avais brutalement envahit.

- Je te jure que si tu es venue lui faire encore du mal je…

- Je suis là pour Emmett, la coupa-t-il. Nous sommes là pour Emmett.

- Bien, approuvât-elle en me jetant un regard de biais.

Je tentai de reprendre bonne figure. Il était évident qu'il n'était pas venue pour me voir, et l'inverse était le même. J'étais là pour Emmett, et pour Rose. Pas pour affronter les démons qui m'habitaient depuis…

- Je retourne à l'intérieur. Réglez vos problèmes et qu'on en finisse, trancha Rosalie avant de me lancer un regard lourd de sens et de faire demi tour.

Je la suivit des yeux le plus longtemps possible, espérant certainement qu'elle fasse demi tour et m'emmène loin, très loin d'ici avec elle.

Evidement, ça ne fut pas le cas.

Elle finit par disparaitre dans l'entrée de la maison, laissant derrière elle le silence et mon cœur voulant sortir de mon corps.

Je n'eus pas le temps de réagir qu'Edward monta dans ma voiture puis referma la portière derrière lui. Immédiatement, son parfum envahit l'habitacle, réveillant mon corps engourdis par la douleur de sa perte.

Alerte, mes sens s'emballèrent, envoyant de l'électricité partout en moi.

- Tu devrais rentrer à l'intérieur, réussi-je à dire après un temps interminable. Quelqu'un pourrait te voir ici.

Se tournant légèrement pour pouvoir me regarder, il prit appui en biais sur la portière, m'ignorant royalement.

Il n'avait donc pas l'intention de s'en aller. J'eus tout le mal à du monde à reprendre une place correcte derrière mon volant, me rasseyant dans une position un peu plus convenable que les cuisses remontées contre ma poitrine pour empêcher mon cœur de s'en aller.

Edward resta silencieux un instant, m'étudiant le moins discrètement du monde.

- Comment vas-tu ? finit-il par demander.

Les yeux fixés sur la rue devant moi, je ravalai un rire nerveux. Il me demandait comment j'allais ? Vraiment ? Après une rupture comme la notre et presque deux mois de silence ?

- Je vais très bien.

Je serrai les dents au son pitoyable de ma voix.

- Ca ce voit, ironisa-t-il.

Mes dents grincèrent sous le poids de ma colère qui se réveilla violemment.

- Qu'est ce que tu veux Edward ? demandai-je, perdant patience.

- Te parler. Essayer d'apaiser les choses… la façon dont ça s'est fini je…

- C'est terminé, le coupai-je. Tu as été très clair là dessus.

- Je… on pourrait...

- Devenir amis ?

- Cesse de te comporter comme une enfant ! s'agaça-t-il.

- Tu voudrais que l'on parle ? Vraiment ? Qu'as-tu à me dire ? Que pourrais-tu rajouter de plus à tout ce que tu as déjà…

- J'ai eu tord ! s'écria-t-il dans l'habitacle de la voiture qui vibra à la profondeur de sa voix. J'ai eu tord !

La violence de ses mots me fit relever les yeux vers son visage en colère. Quand nos yeux s'accrochèrent, toute colère et amertume me quitta brutalement, me faisant trembler.

Il inspira profondément en baissant les yeux sur ses cuisses, semblant incapable d'affronter ce qu'il lisait dans mes yeux.

- J'ai eu tord, répéta-t-il plus calmement.

La gorge sèche, le cœur battant, je tentai de comprendre ce que cela voulait dire pendant qu'un silence pesant s'installait entre nous.

- J'ai eu tord de croire que je devais… que je devais t'éloigner pour te protéger, expliqua-t-il en secouant la tête. Je… il y a tellement de chose sur lesquelles je n'aurais jamais de contrôle…

Il s'arrêta un instant puis releva les yeux vers moi. Malgré son visage pâle, ses lèvres pincées de colère et ses yeux cernés, je le trouvai plus beau que jamais. Mes pauvres souvenirs me paraissaient soudain bien fades comparés à la perfection de ce que j'avais désormais sous les yeux.

- Tu pourrais tomber malade, poursuivit-il face à mon silence. Tu pourrais… tu pourrais avoir un accident de voiture, ou d'avion en partant chez tes parents. Tu pourrais, te trouver au mauvais endroit, au mauvais moment…

- Tu listes les raisons d'une mort possible ? m'étonnai-je, n'arrivant pas à le suivre.

- Non… si. Je… j'ai eu beaucoup de temps pour réfléchir. Je veux juste… je veux juste que tu comprennes…

- J'ai compris Edward. Je t'assure je… je comprends.

Dans son regard, quelque chose changea. Un petit quelque chose de rien du tout qui me fit monter les larmes aux yeux.

- Tu n'as pas à regretter ta décision, continuai-je en essayant de rester impassible. Je… avec tout ce que tu vis depuis des mois j'ai… je finis par me dire que j'aurai... j'aurai peut-être fait la même chose.

Ses mâchoires se serrèrent à mes mots, faisant s'accélérer mon cœur.

- Je sais que j'aurai fait la même chose, me corrigeai-je après quelques secondes.

- Alors tu comprends pourquoi on ne peut pas être ensemble, souffla-t-il lentement.

A ses mots, mon cœur sembla se ratatiner sur place.

Si la douleur de ses derniers mois avait été atroce, j'eus la sensation qu'elle n'avait été absolument rien comparé à ce que mon corps entier semblait ressentir désormais. Je laissai passer un silence, tentant désespérément de ne pas m'effondrer devant lui.

Mon âme eut envie de crier, mais je serrai les dents, fouillant dans ma mémoire pour tenter de trouver quelque chose, n'importe quoi, pour le faire revenir sur sa décision.

Tout me semblait tellement compliqué, tellement sans issus.

- Je sais que je… que je t'ai fait du mal, reprit-il face au silence entre nous. Je le vois.

Je secouai la tête, incapable de parler et de raisonner la douleur dans mon corps.

- Mais… je dois régler tellement de choses dans ma vie avant de… avant de penser à être avec quelqu'un…

- Et si ça ne cesse jamais ? le coupai-je, peu envieuse de l'entendre me prouver à quel point il avait raison.

- Je…

- Si ça ne s'arrête jamais Edward ? Si tu… si tu ne peux jamais être… heureux ? Si elle ne te laisse jamais passer à autre chose ?

- On est pas sûrs que ça soit elle.

- Vous avez du nouveau ?

- Pas vraiment… éluda-t-il en baissant les yeux.

Je me pinçai les lèvres, tentant de trouver à lui dire la chose qui le ferait douter du bien fondé de sa décision.

Cela ne me regardait finalement plus et je n'avais plus à espérer qu'il m'explique les détails sordides de cette partie de sa vie. A cette pensée, mon ventre se contracta douloureusement. Mon regard se détacha de lui et glissa sur la rue calme autour de nous.

Comment étions-nous arrivés à la conclusion de notre histoire ? Comment avais-je pu renoncé ?

Le silence entre nous fut d'un seul coup pesant et lourd. L'envie de pleurer étrangla ma gorge quand il se redressa puis posa la main sur le poignée de la portière en soupirant. Mon cœur se ratatina dans ma poitrine, alors que mon cerveau criait à l'aide.

- On devrait revenir auprès d'Emmett.

- Oui, murmurai-je entre deux inspirations pour calmer mon cœur soudain trop douloureux.

Sa main accrocha la poignée, la portière se déverrouilla. Je fermai les yeux quelques secondes, repoussant mes démons qui voulurent me dévorer à la seconde où il posa un pied par terre, hors de ma camionnette.

- Comment fais-tu ? lâchai-je précipitamment. Comment peux-tu… comment peux-tu abandonner aussi facilement ?

Me tournant le dos, coupé dans son mouvement pour sortir de ma voiture, ses épaules s'affaissèrent. Il sembla porter tout le poids du monde sur ses épaules pendant que je luttais désespérément pour ne pas le supplier de me quitter une nouvelle fois.

- C'est bien plus difficile que tu ne le crois, murmura-t-il lentement, sa voix ralentie par l'émotion.

Cela me sauta aux yeux : il souffrait. Peut-être pas autant que moi. Peut-être pas aussi intensément, mais il avait mal, tout son corps, tout son comportement le trahissait. Les cernes sous ses yeux, sa peau pâle, ses yeux ternes et vides de cette joie que je lui connaissais…

Depuis des semaines, je tentai de me persuader que j'arriverai à vivre sans lui, que j'arriverai à oublier, à l'oublier et ne plus l'aimer… mais, la vérité… la vérité était que jamais je ne pourrais oublier celui qui m'avait bouleversé avant même que je ne le rencontre, celui qui avait fait voler en éclats ma carapace, mes peurs et mes inquiétudes. Celui là même, qui m'avait fait tombée amoureuse de lui d'un seul regard. Je l'avais toujours repoussé, mais aujourd'hui, à cet instant précis, cela me paraissait tellement évident… Il était cet âme-sœur à laquelle j'avais toujours crue, pour laquelle j'avais toujours gardé espoir.

C'était lui. Lui, depuis la première seconde.

- C'est pas assez… marmonnai-je pour moi-même en secouant la tête tant tout était clair à présent. C'est pas assez, répétai-je plus fort.

Rapidement, je sortis de la voiture.

Mes pieds me portèrent jusqu'à lui avant qu'il n'ai eut le temps de bouger.

Le cœur tambourinant dans ma poitrine, le souffle court et l'âme en feu, je me postai devant lui, lui interdisant par la même occasion de quitter ma voiture -et ma vie.

Blanc comme un linge, il m'observa une demie-seconde, les sourcils froncés, les mâchoires crispées. La douleur dans ses yeux était bien réelle, bien présente. Je ne pouvais m'être trompée à ce point sur nous, sur lui.

- Qu'est ce que…

- Comment on a pu en arriver là ? demandai-je rhétoriquement. Comment… tu m'as supplié de ne pas t'abandonner ! Dis moi que c'est trop tard, le suppliai-je presque, laissant tomber les restes de mon cœur à ses pieds. Dis moi que ça n'en vaut pas la peine.

Ses yeux brillèrent quand il inspira profondément à l'instant où j'avançai un peu plus vers lui, poussant sur ses genoux pour le forcer à écarter ses cuisses, me permettant de me faufiler au plus près de lui.

Sa chaleur irradia. Mon cœur allait certainement exploser. Voilà des semaines que je ne l'avais pas touché, et mon corps entier tremblait d'avoir le sien si près sans pouvoir le toucher vraiment.

- Dis moi que rien de ce que tu ressens n'en vaut la peine, murmurai-je, les yeux brulants.

Sans attendre sa permission, ma main se posa sur sa chemise, sur son coeur. Il sursauta à mon geste mais ne fit rien pour s'échapper. Sous mes doigts, à travers le tissus, sa peau brulait mes doigts glacés et son cœur battait à tout rompre contre ma paume. L'hésitation traversa son regard maintenant plus sombre, son souffle devenant irrégulier sous le poids des émotions qui semblaient l'écraser.

- Dis moi que tu ne m'aimes pas, continuai-je difficilement.

L'instant suivant sa main entoura ma joue. Son contact et sa chaleur fit s'étrangler une plainte dans ma gorge. Ses doigts effacèrent mes larmes qui débordèrent.

Enfin, il me touchait.

Enfin, sa peau était là, contre la mienne, son souffle chaud et saccadé balayant mon visage glacé, ses yeux ne quittant pas les miens un seul instant.

- On ne peut pas, s'entêta-t-il, la souffrance se mélangeant à la peur dans ses iris.

- Tu peux Edward, on peut…

- S'il t'arrives quoi que ce soit… contra-t-il difficilement.

- Il ne m'arrivera rien !

- S'ils te faisait du mal, si je te perdais je…

- Tu es déjà en train de me perdre Edward !

Il fallait qu'il comprenne, il fallait qu'il se rende compte qu'il était déjà en train de tout gâcher sans que personne n'ait à le faire à sa place. Son regard d'ancre s'encra au mien, me faisant retenir trop difficilement un sanglot pour qu'il passe inaperçu.

- Je ne te laisserai pas m'abandonner, pas encore une fois, murmurai-je entre mes larmes, le cœur en lambeaux.

Il ferma les yeux quelques secondes, ses doigts tremblants contre ma joue quand j'embrassai sa paume doucement, savourant l'électricité qui secoua mon corps entier à son contact.

Une portière de voiture claqua non loin de nous, me ramenant brutalement à la réalité nous entourant. Nous étions en pleine rue, bien qu'en impasse, à peine cachés par la portière de ma voiture et n'importe qui autour de nous aurait pu reconnaitre Edward, si cela n'était pas déjà fait.

N'importe qui aurait pu nous prendre en photo et balancer cela sur les réseaux sociaux, emportant Edward dans une nouvelle vague de paparazzis en tout genre.

Ce dernier sembla reprendre pied avec la réalité en même temps que moi, son visage redevenant celui, impassible, qu'il avait eu en nous rejoignant Rosalie et moi quelques -longues- minutes auparavant. Sa main quitta ma joue dans une caresse avant qu'il ne soupire.

Il amorça un mouvement pour se relever mais je l'en empêchai, m'imposant un peu plus contre lui.

S'il partait une nouvelle fois… s'il abandonnait, je n'étais plus certaine de pouvoir y survivre.

- Isabella…

- Laisse moi te prouver que ça en vaut la peine, le coupai-je.

Il fronça légèrement les sourcils, m'interrogeant du regard avant que je ne m'approche un peu plus de lui encore. Je restai silencieuse, incapable de parler face à tout ce qui me brulait à l'intérieur : mon cœur, mon âme et mon corps entier semblaient être en feu. Je tirai légèrement sur sa chemise pour le forcer à se rapprocher un peu plus du bord du siège, collant mon corps au sien.

Instantanément, je fermai les yeux, appréciant plus que de raison son torse ferme contre ma poitrine. Son souffle se coupa une seconde à mon contact, me donnant le sentiment de gagner, ne serait-ce qu'un peu de terrain. Parce que je le voyais, je le sentais : il se battait contre lui, contre moi. Il luttait, contre nous, alors que je tentai de lutter pour nous.

- Dis moi que tu ne ressens rien, soufflai-je difficilement en ouvrant les yeux pour tomber sur ses paupières clauses.

Il avait l'air aussi bouleversé que moi face à tout ce qu'on ressentait au contact de l'autre. Cette constatation m'enhardie d'avantage et je me hissais sur la pointe des pieds, maudissant mon 4x4 d'être aussi haut. Lorsque je m'approchai d'avantage, sa main regagna ma nuque, sentant son corps entier trembler contre le mien. La seconde d'après, mon nez frôla le sien. A nouveau son souffle se coupa. Ses doigts massèrent distraitement ma nuque alors qu'il serrait les dents, luttant encore. Mes mains remontèrent jusqu'à son visage. Il ne bougea pas, seul son souffle me parut plus désordonné. Mes doigts frôlèrent sa joue, sa mâchoire recouverte d'une fine barbe, effleurant ses lèvres comme il y avait quelques jours, quelques semaines, comme il y avait si longtemps finalement…

Pour la première fois depuis notre rencontre, les rôles s'étaient brutalement inversés. Le cœur battant, j'éteignis mes pensées et fit la seule chose que me criait mon âme : je posais mes lèvres sur les siennes, laissant mon corps lui montrer à quel point il se trompait quand il disait que notre histoire n'en valait pas la peine.

S'il sursauta à mon contact et resta hésitant une demie seconde, très vite, il appuya doucement sur ma nuque, et sa bouche répondit à mon étreinte avec cette douceur qui avait toujours été la sienne.

Tout mes sentiments pour lui, ceux que je tentai d'étouffer depuis qu'il m'avait quitté éclatèrent violemment. Il lâcha un grognement étranglé, mélange de gémissement et de sanglot quand il laissa tomber les remparts qu'il avait voulu dresser contre moi, contre nous… Je m'abandonnai complètement, tentant de capter, de ressentir le plus possible tout ce qu'il me donnait à travers ce baiser.

Très vite, sa bouche reprit le dessus, et je soupirai de soulagement, sentant à nouveau mes larmes couler… je retrouvai le Edward dont j'étais tombé amoureuse. Enfin.

Ses lèvres chaudes et douces se mouvèrent parfaitement avec les miennes, tantôt doucement, tantôt plus ardemment, jusqu'à ce que, impatient, sa langue ne force le barrage de mes lèvres, me faisant gémir contre lui.

C'était trop… et ça n'était pas assez.

Peut-être cela dura une minute, peut-être mille… dans ses bras, je n'avais conscience de plus rien autour.

Le souffle court, il s'écarta, mettant fin à ce baiser qui, s'il m'abandonnait, allait être le plus grand des enfers à mes yeux.

- Ne fuis pas, le suppliai-je, m'accrochant à ses poignets. J'ai… je le veux Edward… je te veux, toi et tout ce que tu traînes derrière toi.

J'avais tellement besoin qu'il comprenne à quel point je voulais qu'il reste. Il fallait qu'il comprenne que notre histoire était la seule chose qui valait vraiment la peine qu'on se batte. J'avais besoin de lui, bien plus que de n'importe qui. Mon corps tremblait encore contre le sien et mon cœur battait tellement fort que j'avais peur qu'il ne puisse pas supporter si Edward s'éloignait ne serait ce qu'un peu…

Je me hissai sur la pointe des pieds pour pouvoir effleurer à nouveau sa bouche brulante. Son contact me fit frissonner violemment, faisant se contracter mon ventre et mon cœur bondit dans ma poitrine.

Je sentis ses mains entourer mon visage délicatement, comme s'il avait peur de me briser. Je fermai les yeux plus fort, retenant mon souffle, attendant le coup fatal qui mettrai fin à ma propre vie.

- Je ne veux pas te faire plus de mal, murmura-t-il avec difficulté contre ma bouche, son souffle mourant sur mes lèvres.

- Alors aimes-moi, murmurai-je doucement en proie aux larmes tant les émotions qui me traversaient étaient intenses. Ca en vaut la peine Edward. Ca en vaut la peine.

Une seconde, il se figea, son corps trahissant à nouveau cette inquiétude, cette peur sourde qui était la sienne.

Quelqu'un se racla la gorge près de nous, nous faisant sursauter d'un même ensemble.

Rosalie, droite comme un i, un sourire espiègle sur les lèvres se tenait de l'autre coté de la portière. Elle me lança un regard lourd de sens quand je me tournai vers elle, en larmes mais l'espoir au creux du ventre. Je n'osais même pas regarder Edward, de peur qu'il ne change d'avis ou décide, à nouveau, de partir pour mon bien.

- Je vois que vous avez parlé, se moqua Rose en haussant un sourcil.

Je me sentis rougir légèrement, chose qui n'était pas arrivé depuis des lustres. Ce dernier me relâcha doucement, brisant notre étreinte. Comme aucun de nous ne lui répondit, elle reprit :

- Emmett à proposer de rester pour déjeuner avec lui ce midi, il n'a pas envie d'être seul… Enfin si… si vous êtes partant ?

Je priai silencieusement pour qu'Edward accepte. J'aurai alors le temps de trouver des centaines de raisons pour qu'il ne me quitte plus.

- On arrive, répondit-il après l'instant, certainement, le plus long de ma vie.

Rosalie disparut dans un sourire. Je reportai mon attention sur Edward dont le regard brulait mon visage. Ou était-ce moi qui rougissait ?

Son regard toujours torturé retrouva le mien. Malgré tout, un certain apaisement avait gagné ses traits. Ses lèvres étaient roses et gonflées, ses yeux brillaient d'une émotion indéchiffrable. Avait-il déjà été plus beau ? Un frisson longea mon échine.

- Je… on devrait les rejoindre, murmurai-je après une minute à nous dévisager l'un l'autre, incapable de détacher mes yeux de son visage parfait.

Mes pauvres souvenirs ne lui avaient pas rendus justice, il était bien plus beaux ce midi que dans tous les souvenirs que j'avais eu de lui ces dernières semaines.

Il acquiesça en silence, puis se redressa pour refermer ma portière. En silence, l'un à coté de l'autre, on retourna lentement vers la maison d'Emmett. Dans la rue, la quasi totalité des voitures avait disparut sans que je ne m'en rende compte. J'avais la sensation un peu déboussolante de sortir d'une bulle, d'une parenthèse dans laquelle seul Edward existait. Un soupire passa mes lèvres quand on atteignit le perron de la maison.

Edward était silencieux, peut-être trop silencieux pour mon bien, et, étrangement, je me sentais presque gênée d'avoir osé lui tenir tête à ce point. Je savais qu'il avait tord. Je le savais, mais le lui prouver n'était pas une tâche facile. Lorsque l'on arriva à la porte, ses doigts attrapèrent les miens. Je ne pus retenir le petit sourire qui s'installa sur mes lèvres, ni le soupire de soulagement qui caressa ma langue.

Il n'avait pas l'air d'être quelqu'un qui avait totalement renoncé.

Edward passa devant moi pour traverser la maison jusqu'à la terrasse d'Emmett, donnant sur un très beau jardin muni d'une piscine toute en long. Près du barbecue qu'Emmett avait allumé, Jasper buvait une bière entouré de ce dernier et de Dean. Quand on pénétra sur la terrasse, Dean fit glisser son regard jusqu'à nos doigts liés avant de relever les yeux vers moi et de me sourire doucement. Notre échange fut discret, mais l'émotion me gagna à nouveau.

Je ne savais pas ce que nous allions devenir désormais. Il y avait encore tellement de choses à régler, tellement de choses à nous dire mais, pour aujourd'hui, pour quelques heures, nous devions être présent pour Emmett. Partager avec lui un peu de joie, lui insuffler un peu de vie et faire en sorte que cette journée se termine mieux qu'elle n'avait commencée.

Je mangeai entouré d'Alice, à ma droite, et de Rosalie à ma gauche.

J'eus la sensation étrange que ces dernières semaines n'avaient jamais existées. Avec Alice, comme avec le reste des personnes présentes, cela était comme si nous nous étions quittés la veille. Seul le regard profond d'Edward me rappelait combien notre relation n'était, désormais, plus la même. Dans quelle sorte de relation pouvions nous bien être tombés, d'ailleurs ?

Pendant le repas, à plusieurs reprises, je sentis le regard d'Edward, en face de moi, sur ma personne. Les questions dansaient dans ses yeux, et, délibérément, je les ignorai. Chaque fois que son regard croisait le mien, je me contentai de lui sourire doucement, espérant ainsi faire taire ses peurs et ses hésitations. Je savais que cela ne serait pas suffisant et, malgré moi, j'appréhendai l'instant où l'on se retrouverai seuls.

Après avoir débarrassé la table, j'ôtais mes escarpins et déambulais pieds nus dans l'herbe verte et fraiche, savourant la sensation sous ma peau. Pour la première fois depuis plusieurs semaines, j'avais la sensation d'être vivante.

Un instant, près de la piscine, je levai le visage vers le soleil et fermai les yeux, profitant de la chaleur et de l'air secouant mes cheveux doucement. Je n'avais jamais ressentit si fort le sentiment qu'il fallait profiter de la vie. Était-ce l'enterrement de Vanessa ? Ou le retour d'Edward et de notre conversation ?

Deux bras musclés s'enroulèrent autour de moi, me ramenant contre un torse puissant que je connaissais par cœur. Mon souffle se coupa et mon cœur s'accéléra immédiatement. Je n'eus pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir qu'il s'agissait d'Edward. Son parfum m'entoura, apaisant mon ventre rongé par la peur de la perdre à nouveau.

- Tu n'as jamais été plus belle, chuchota-t-il dans mon cou, son souffle chaud chatouillant ma peau.

Je ne devais certainement pas ressembler à grand chose. J'avais certainement les yeux rougis, le teint blafard, les cheveux en pagaille mais, qu'importe, son compliment réchauffa mon cœur et me fit du bien. Dans ses bras, j'eus la sensation de pouvoir respirer à nouveau.

- Tu m'as manqué, reprit-il contre ma peau. Tellement manqué.

Les larmes, à nouveau, brulèrent mes yeux.

Il me fallu toute la force du monde pour réussir à les empêcher de couler. Edward avait été relativement silencieux tout le long du repas malgré les conversations autour de nous. Pour ma part, je n'avais pratiquement pas réussi à détacher mon regard de lui, de peur qu'il ne disparaisse à nouveau.

Je n'eus pas le temps de répondre qu'Edward embrassa doucement ma peau, faisant bouillonner doucement le sang dans mes veines. A croire que mon sang, lui aussi, chantait et ne vivait que pour lui.

- Tu veux rentrer ?

Je n'avais plus envie de réfléchir, ni d'avoir peur. Je voulais juste prendre le temps qu'il avait à m'offrir, et tant pis si le chagrin allait me faire mourir le jour où il ouvrirait les yeux, à nouveau.

Une nouvelle fois, il embrassa la peau de mon cou, faisant accélérer mon cœur.

- Oui, murmura-t-il.

Mes yeux s'ouvrirent, aveuglés un instant par la lumière du soleil avant de faire le tour du jardin.

Je tombais sur Rosalie et Emmett, assis sur les transats de la terrasse, l'un contre l'autre en silence. Leurs doigts à peine liés, comme s'ils n'osaient pas le faire, leurs yeux accrochés… rien ne semblait pouvoir les perturbés, ou les séparés.

- On ne va pas leur manquer, souris-je doucement.

En quittant la maison d'Emmett, j'eus une pensée émue pour sa femme à qui nous avions dit adieu plusieurs heures plus tôt.

Désormais, j'étais certaine que Vanessa voulait leur laisser une chance… et je priai pour que cela soit notre cas aussi.

On prit ma camionnette, s'en allant presque comme des voleurs. Le cœur battant je montai à bord me demandant presque pourquoi je ressentais le sentiment d'être illégitime de m'enfuir avec Edward de la sorte.

On regagna ma maison, Edward au volant, la musique de la radio troublant le silence de l'habitacle. Je ne savais pas quoi dire. J'avais peur de dire un mot, une phrase qui le ferait renoncer. Alors, je gardais le silence, observant son visage s'en m'en lassé. C'était lorsque mes yeux se posaient sur lui que je me rendais compte à quel point il m'avait manqué. J'eus une envie et une seule en dévorant son visage fin et carré, me blottir dans ses bras et ne plus jamais bouger. Là, était ma place.

Quand on entra chez moi, brutalement, je me sentis nerveuse. Le revoir dans mon intérieur, là où nous nous étions quittés la dernière fois me bouleversai. Je verrouillai mes pensées, ignorant mon cœur tambourinant dans ma poitrine. Tremblante, je m'excusai du bazar en repoussant ma valise qui était restée au milieu de la pièce depuis que j'étais rentrée.

- Tu pars ? demanda Edward en observant ma valise.

- Je… non, je viens de rentrer. J'suis partie chez mes parents quelques temps.

Ma nervosité monta en flèche quand il s'approcha légèrement, son regard atrocement profond dans le mien.

- J'avais besoin d'air, continuai-je, incapable de me taire. Et j'ai démissionné.

Etonné, il leva un sourcil, à un mètre de moi.

- Juste après notre… notre retour d'Italie. Je n'y arrivai plus, avouai-je devant son silence. Et je crois que j'ai besoin de voir autre chose.

Pourquoi ne répondait-il rien ? Son silence voulait-il dire qu'il regrettait ? Qu'il doutait ? Il fit un autre pas dans ma direction, ses yeux trahissant milles questions, ses lèvres restant closes, bien trop closes.

- Dis quelque chose, suppliai-je lamentablement quand il s'approcha encore.

Sa main gagna ma joue qu'il caressa, son pouce passa sur ma lèvre, faisant trembler mon corps entier. Ma poitrine se souleva à toute vitesse, me laissant haletante devant son touché que j'avais sans doute attendu toute ma vie.

- Je t'aime, susurra-t-il lentement, ses yeux brulants dans les miens.

Ses mots coupèrent mon souffle, me laissant hébétée devant lui, incapable de parler ou de réagir. Il m'aimait. Il m'aimait.

- Je sais qu'on a mille chose à se dire, que j'ai lamentablement merdé et que tu m'en veux mais, pour l'instant, je veux juste te toucher.

Je m'entendis déglutir, ma bouche s'asséchant quand ses doigts glissèrent lentement dans mon cou. Ma peau sembla prendre feu brutalement à la caresse lente de la sienne.

- Dis moi que je peux te toucher.

Voulait-il vraiment que je lui dise ça à voix haute ? Ne voyait-il pas que j'étais à deux doigts de tomber dans les pommes alors que ses doigts caressaient la base de mon cou sans jamais descendre plus pendant que tout mon corps le suppliait déjà de le faire ?

- Isabella, supplia-t-il en posant son front contre le mien, ses doigts appuyant un peu plus sur ma peau.

La surcharge d'électricité dans mon corps allait certainement me faire exploser.

Incapable de parler sans me mettre, certainement, à pleurer à chaudes larmes face à la violence de ce que je ressentais pour lui, je hochais la tête lentement, ralentie par l'émotion que je lus dans ses yeux.

Le soulagement le submergea dans l'instant.

Ses mains remontèrent dans mon cou, avant de prendre mon visage en coupe pour plonger sur ma bouche. Vaguement, je nous entendis gémir d'un même ensemble, lui accordant l'accès total à ma bouche et ma langue.

L'urgence tirailla mon corps alors que son être semblait ressentir tout le contraire. Il semblait… apaisé, de me toucher enfin alors que pour ma part, j'avais la sensation de ne jamais l'avoir désiré autant, et aussi violemment. Mes mains remontèrent dans le col de sa chemise, arquant mon corps contre le sien, tout en me hissant sur la pointe des pieds pour pouvoir le sentir plus près de moi.

Je savais qu'il aurait mieux valu que l'on se parle, que les choses entre nous soient clairs et réglés mais j'étais tout bonnement incapable de l'arrêter. Incapable de lutter une nouvelle fois contre lui. Le désir m'avait déjà embrasé le corps et mon cœur cognait bien trop fort dans ma poitrine pour renoncer maintenant.

Si cela était la dernière fois qu'il me touchait, je voulais être pleinement conscience de la chance insolente que j'avais de pouvoir l'embrasser, le toucher, l'aimer ainsi.

Ses mains glissèrent le long de mon corps avant de s'attarder sur mes fesses, puis en dessous pour pouvoir me soulever contre lui avec facilité. En quelques enjambées, nous étions dans ma chambre. Incapable de cesser de l'embrasser, j'avais la sensation de planner, telle une accro prenant sa dose d'héroïne après une longue période de manque.

Quand il referma la porte derrière lui d'un coup de pied habile, je me détendis. Il ne partirait pas… pas tout de suite. J'attachai mes bras autour de son cou, mes doigts retrouvant sa nuque, le soyeux de ses cheveux sans rompre notre baiser. Peut-être allai-je tomber dans les pommes ou mourir par manque d'oxygène, mais ses lèvres travaillant les miennes étaient bien trop parfaites pour que je veuille y renoncer.

Suspendue à lui, serrée contre son corps chaud je pouvais enfin être entière, complète. Ses mains remontèrent sur ma taille, me serrant contre lui à m'en faire mal.

Ses lèvres glissèrent quittèrent ma bouche, embrassant mon menton, ma mâchoire avant de flotter sous mon oreille, son souffle brulant faisant frissonner mon corps entier.

Nos corps étroitement liés, debout au milieu de ma chambre, je laissai tomber mon visage dans son cou, inspirant lentement l'odeur enivrante de sa peau.

Mes lèvres trainèrent sur son épiderme, affolant les battements de son cœur résonnant dans sa carotide sous ma bouche.

Inconsciemment, nous nous balancions l'un contre l'autre, en silence, sur une musique que nous seuls entendions, partageant enfin cette danse. La notre.

Une de ses mains glissa sur mes reins pendant que l'autre retrouva ma nuque.. Dans cette position, je le dépassai de quelques centimètres. Il releva son visage vers le mien, son nez caressant le mien lentement, faisant accélérer mon cœur. A nouveau, sa bouche effleura la mienne pour pouvoir m'entraîner dans un nouveau baiser qui me tordit le ventre dans de longues vagues de désir.

Ma main longea le col de sa chemise et je posai mes doigts sur le premier bouton de sa chemise ouverte de quatre boutons déjà -quatre petits boutons qui m'avaient nargués tout le repas.

Il recula légèrement et on ouvrit les yeux en même temps, mon cœur s'arrêtant brusquement devant la profondeur des iris devenus sombres.

Ses doigts caressèrent ma joue tendrement et il posa son front contre le mien, me laissant prendre cette décision qui changerait peut-être tout.

Je défis le premier bouton, mon regard fixé au sien.

J'eus l'impression que celui-ci me suppliait de m'arrêter en même temps qu'il m'ordonnait de continuer.

Quand mes doigts tremblants défirent le deuxième bouton, il se pencha à nouveau vers moi, son nez frôlant le mien, sa bouche caressant la mienne sans vraiment l'embrasser. Ses lèvres amorcèrent un voyage érotique de ma bouche à ma joue, de ma joue à ma mâchoire avant de descendre doucement sous mon oreille, puis dans mon cou, me forçant à pencher la tête pour qu'il ait plus d'accès à ma peau.

Je fermai les yeux, gémissant sans pouvoir m'en empêcher tant son contact m'électrifiait.

Jamais je n'avais ressenti ça, aucune de nos étreintes n'avaient été aussi intenses, aussi électriques que celle-ci. Je le désirai plus que personne n'avait jamais été désiré, j'en étais certaine.

Mes doigts, qui n'avaient pas stoppé leur travail arrivèrent au dernier bouton. Lorsque sa chemise fut totalement ouverte, il me fit glisser le long de son corps pour me reposer à terre. Ma main remonta à plat sur son ventre qui se contracta violemment à mon toucher, puis son torse parfait exposé à ma vue. Je survolai sa peau, le caressant sans me lasser de la texture de son touché, et de la sensation que cela me faisant de sentir sa peau frissonner sous mes doigts. Je poursuivi mon chemin jusqu'à ses épaules et fis glisser lentement le vêtement sur ses bras.

Il ne bougea pas, se laissant faire, me laissant faire, tout en restant silencieux, sa respiration rapide résonnant dans la pièce. Du bout des lèvres, j'embrassai son épaule, le haut de son torse et sentant son cœur qui battait incroyablement vite sursauter sous ma bouche. Il inspira lentement, étouffant un grognement qui me fit trembler quand ma langue gouta sa peau lentement.

Celle-ci traça le doux dessin de ses pectoraux, glissant dans un chemin brulant sur ses abdominaux. M'agenouillant devant lui, je relevai les yeux pour croiser les siens.

Vaguement, je me mis à penser que le paradis devait lui ressembler.

Mes doigts se posèrent sous la ceinture de son pantalon devant moi. Tremblante, j'en défis la boucle avec difficulté, me débattant ensuite contre la fermeture éclair de son pantalon habillé. Edward jura quand son pantalon tomba à ses pieds, son caleçon le suivant de près.

A nouveau, j'embrassai le plat de son ventre, sentant sa respiration s'emballer sous mes lèvres.

- Isabella, souffla-t-il comme une prière quand ma bouche l'effleura à peine.

Ses longs doigts glissèrent dans mes cheveux avant qu'il n'atteigne ma nuque. Ses deux mains entourèrent mon visage, me faisait grogner de protestation quand il me fit me relever contre lui, anéantissant les projets que j'avais en tête pour lui.

Ses lèvres fondirent sur les miennes, brouillant mes pensées les plus impures. Il enjamba ses vêtements, me faisant reculer un peu plus vers le lit, se débarrassant en même temps de ses chaussures et de ses chaussettes sans jamais quitter ma bouche.

Totalement soumise au pouvoir de ses lèvres contre les miennes, je m'entendis vaguement gémir, mon corps avançant vers le sien quand sa langue caressa voluptueusement la mienne. Mon cerveau rendit définitivement les armes quand il gémit à son tour avant de me soulever à nouveau contre lui d'une main sous mes fesses, accentuant le contact de nos deux corps.

Mes jambes s'enroulèrent autour de sa taille et mes mains fouillèrent dans ses cheveux quand sa bouche retrouva la mienne avec ardeur, me faisant frissonner vivement. Il finit par s'écarter, le souffle court, son nez plongeant dans mes cheveux la seconde d'après.

J'embrassai sa mâchoire, suivant son dessin comme taillé dans le marbre du bout de ma langue quand il avança vers mon lit. Délicatement, il me reposa à terre et me demanda de me tourner. Je m'exécutai, tremblante et le souffle court, me retrouvant dos à lui. Ses mains se posèrent sur mes hanches, me collant contre lui et sa bouche embrassa doucement mon cou. Ses cheveux chatouillèrent ma joue quand il se pencha vers moi.

- Etre privé de ta peau est définitivement la pire chose au monde, avoua-t-il, la voix tremblant.

Ses doigts accrochèrent la fermeture éclair de ma robe qu'il fit glisser avec facilité. Sa voix et ses mots amplifièrent le brasier de mon ventre alors que les larmes brulèrent à nouveau mes yeux. Je retins mon souffle quand sa bouche embrassa ma nuque puis mon omoplate, faisant s'arrêter mon cœur. Ses mains dégagèrent les bretelles de mon vêtement et ses lèvres remontèrent sur mes épaules pendant que la robe tombait à mes pieds en silence.

Cela était loin d'être la première fois que je me retrouvai -presque- nue devant lui, pourtant, mon cœur s'accéléra tandis que mon ventre se noua d'appréhension et de désir mêlé.

Je l'entendis respirer plus lourdement quand, d'une main sur ma hanche, il me fit tourner vers lui pour pouvoir me regarder. J'essayai de ne pas penser à la dentelle de mon ensemble noir quand ses yeux fiévreux naviguèrent lentement sur mon corps, brûlant ma peau sur leur passage. Il s'attarda quelques secondes sur les escarpins noirs que je portai encore avant de revenir à mon visage. Ses pupilles dilatées et sa bouche qui laissai passer un souffle désordonné et brûlant eurent raison de ma gêne et je retrouvai le contrôle de mon corps.

Avec douceur, mes mains remontèrent vers son visage et je caressai sa joue du bout des doigts, tentant de calmer mes tremblements. Il ferma les yeux en appuyant son visage contre ma main, se laissant aller à ma caresse. Quand il rouvrit les yeux, ma respiration se coupa devant son regard sombre, presque noir. Sa main gagna ma joue et il m'embrassa profondément, me faisant gémir contre lui avant de s'écarter.

- T'es tellement belle, murmura-t-il, la voix cassée.

Pour toute réponse, je me hissai sur la pointe des pieds et l'embrassai à mon tour, faisant courir mes mains sur ses épaules, sa nuque avant de descendre dans une longue caresse sur son torse, puis plus bas, redessinant les muscles de son ventre du bout des doigts, lui arrachant un nouveau grognement qui résonna en moi, piquant ma peau.

Seuls nos souffles entrecoupés de soupirs résonnèrent dans la chambre quand Edward nous fit nous allonger délicatement sur mon lit. Sa main quitta le bas de mon dos pour venir caresser mon ventre en même temps que sa bouche partait à la redécouverte de mon cou, mes épaules. Il mordilla légèrement le lobe de mon oreille, envoyant une décharge électrique dans ma colonne vertébrale, me faisant gémir et cambrer sous lui.

Etrangement, j'avais la sensation de vivre notre première fois, alors que nos corps se connaissaient par cœur, et que son être savait pertinemment quoi faire pour me faire perdre pieds. Il était tellement doué à ce jeu là…

Inconsciemment, mon corps se mouvait contre le sien, cherchant plus de contact, plus… toujours plus. Sa bouche et sa langue brûlante dessinèrent des arabesques sur ma peau jusqu'à la naissance de mes seins. Ses yeux fiévreux se relevèrent vers moi, me demandant silencieusement l'autorisation d'aller plus loin. Je posai une main sur sa nuque, faisant remonter son visage vers le mien pour l'embrasser à nouveau, prête à lui donner absolument tout ce qu'il voulait de moi.

Sa langue glissa dans ma bouche au moment où sa main passa dans mon dos pour défaire l'attache de mon soutien gorge. Il fit disparaître mon sous-vêtement en un rien de temps.

Sans que je ne le contrôle, mes mains remontèrent entre nous, cachant mon corps de sa vision. Comme si… comme si je devais me protéger.

Ses yeux retrouvèrent les miens et il déglutit difficilement, un éclair de douleur éclatant dans ses pupilles dilatées.

Lentement, il saisit une de mes mains pour l'écarter de ma poitrine et d'en embrasser précieusement mon poignet.

- Ne te cache pas de moi Isabella. Laisse moi te voir, supplia-t-il dans un gémissement à peine contrôlé.

Sa bouche retrouva la mienne une seconde avant qu'il ne glisse dans mon cou, puis dans le creux entre mes seins, faisant retomber mes mains de chaque côté de mon corps. Sa langue me goûta avec convoitise et mon dos s'arqua quand il accorda à son bassin le même rythme langoureux que sa langue sur ma peau. Il s'immobilisa soudain et je l'interrogeai du regard.

Je gémis, ramenant mes mains dans le bas de son dos, poussant d'une pression légère son bassin encore plus contre le mien. Edward étouffa une plainte contre ma peau.

Son baiser se fit plus pressant que les autres et je compris qu'il était à bout de nerfs, tout comme moi. Voilà trop de temps que nous étions séparés. Trop de jours, de semaine sans pouvoir le toucher, l'embrasser. Mon cœur battait trop vite, trop fort pour que j'arrive à contrôler tout ce que je ressentais. L'avoir si proche sans pour autant qu'il ne se passe rien me tuait. Je le voulais tellement que mon corps me faisait mal.

Malgré l'urgence de son baiser, il m'enleva avec douceur mon dernier vêtement, le faisant glisser le long de mes jambes en se redressant. Presque agenouillé à mes pieds, il jeta mon sous-vêtement plus loin. Ses yeux se posèrent sur mes pieds portant encore les escarpins dont la hauteur me donnait le vertige. Sa bouche embrassa tendrement ma cheville pendant qu'il m'ôtait la chaussure. Il refit les mêmes gestes pour l'autre pied et je le regardai faire, la respiration erratique, le cœur battant.

Avait-il conscience de tout ce que je ressentais alors qu'il me touchait à peine ? Aucune étreinte n'avait jamais eu le goût de celle-ci.

Quand il eut fini de m'enlever mes escarpins, il fit glisser ses doigts le long de mes mollets, remontant sur mon corps en même temps dans une lenteur atroce. Sa bouche effleura mon genou, puis l'autre, me faisant haleter sous lui. Il embrassa ma hanche, mon ventre, me faisant me tordre sur le lit.

Lorsque sa main s'enroula autour de ma cuisse et me tira à lui, me faisant glisser sur le lit jusqu'à ce que son bassin frôle le mien, un gémissement m'échappa. Mes hanches roulèrent contre les siennes. Sentir sa peau contre la mienne manqua de me faire jurer. J'avais tellement envie de lui que l'envie de pleurer me saisit.

Sa lenteur sensuelle, la tendresse de ses gestes… la retenue qu'Edward s'imposait me faisait perdre le contrôle. Il faisait, sans sembler s'en rendre compte, de ce moment un instant tellement unique, tellement intense… un poids écrasa ma poitrine sous les émotions violentes qui me traversaient. A nouveau, les larmes brulèrent mes yeux.

Ses mains délicates dégagèrent les cheveux de mon visage et son regard verrouilla le mien. La même émotion brillait dans ses yeux. Comme si il ressentait absolument tout ce que je pouvais ressentir. Il caressa ma joue, essuya une larme qui m'avait échappée, et son corps entier épousa parfaitement le mien.

Il se maintint sur ses coudes de chaque côté de mon visage, et j'eus envie qu'il se laisse aller de tout son poids sur moi, rien que pour le sentir encore plus. Ressentir sa chaleur, la puissance de son désir, la douceur qui était la sienne, la même avec laquelle il m'avait déshabillé.

- Ça va ? chuchota-t-il avec difficulté, ses yeux emplis de désir dans les miens.

Je hochai la tête, incertaine de pouvoir parler et attirai sa bouche contre la mienne d'une main sur sa nuque. Il remonta ma cuisse contre son flanc avant de rompre notre baiser, me laissant haletante.

- Ne ferme pas tes yeux, ordonna-t-il. Je veux te voir.

POV Edward.

Je voulais la voir.

Je voulais qu'elle voit tout ce que je ressentais, tout ce qu'elle me faisait.

Je voulais qu'elle comprenne à quel point j'avais besoin de me sentir en elle et à quel point le fait de pouvoir le faire, là, maintenant, était incroyablement bouleversant.

J'avais cru la perdre à jamais, et elle était là… chaude, vivante, et contre moi.

J'inspirai profondément, tentant de calmer l'ardeur qui s'emparait violement de moi.

Mes poumons me brûlaient à force de respirer rapidement et je me demain vraiment si je n'étais pas en train de rêver. Je baissai les yeux sur la femme sublime sous moi. Ses boucles brunes étalées autour de son visage la rendait irréelle, avait-elle déjà été plus belle qu'à cet instant ? Jamais de ma vie je n'avais désiré quelqu'un à ce point, pas même toutes les fois où nous nous étions aimés. Aucun ne ressemblaient à ce qu'on vivait maintenant.

Nos souffles se coupèrent dans une parfaite symbiose quand j'entrai lentement en elle, peu à peu, lui laissant le temps à nos corps de reprendre nos marque. Les sensations étaient si intenses que j'étais au bord de l'hystérie tant l'envie de me laisser aller était saisissante.

Elle était si désirable ainsi, offerte et à moi.

A moi.

Je fixai tour à tour ses yeux et sa bouche qui s'agrandissaient d'un même ensemble à mesure que je poussai en elle. Quand je butai au fond de son ventre, je relâchai enfin l'air contenu dans mes poumons en serrant les dents, me rendant compte que j'avais retenu ma respiration. Sa chaleur était presque insupportable.

Son corps crispé par mon insinuation en elle se détendit quand elle expira à son tour lentement et je me penchai pour l'embrasser. J'avais toujours eu l'impression que rien n'arriverai à me rassasier d'elle… Et avec notre séparation, ce sentiment n'avait fait s'amplifier. Elle gémit doucement contre mes lèvres, ses hanches accompagnant les miennes quand j'amorçais un nouveau mouvement. Ses doigts crispés dans ma nuque remontèrent dans mes cheveux dans une caresse, se crispant quand je sortis d'elle avant de revenir lentement à nouveau, grognant contre sa bouche tant la sensation était grisante.

Ses yeux se voilèrent légèrement, toujours verrouillés aux miens.

Le cœur battant à tout rompre, je continuai de bouger en elle avec lenteur, l'observant se tordre sous moi et gémir à chacune de mes avancées. Elle allait me faire perdre la tête. Ma main attrapa la sienne que je ramenai au dessus d'elle, liant mes doigts aux siens.

Je poussai en elle, accélérant sans m'en rendre compte mes mouvements, la faisant se cambrer un peu plus contre moi.

Ses doigts serrèrent les miens. Ses ongles s'enfoncèrent dans ma peau quand ma langue retrouva la sienne. J'accélérai encore la danse de mon bassin contre le sien, tentant de soulager la brulure de mes reins.

- Edward… chuchota-t-elle dans une plainte.

Je sentis tout son corps se tendre comme un arc contre le mien. Sa respiration se coupa un instant, la faisant fermer les yeux. Ma main libre retrouva sa joue et je dégageai les cheveux de son visage avant de rouler sur le côté, l'emportant avec moi. Elle cria légèrement, surprise de se retrouver assise sur mes cuisses.

Je me redressai et l'embrassai, retrouvant sa bouche brulante tout en prenant un rythme plus soutenu que le précédant, la faisant presque crier, ses grands yeux écarquillés dans les miens.

Elle posa sa main sur ma joue et l'instant d'après, m'embrassa avec passion, me faisant gémir contre sa langue tant l'ardeur qu'elle m'était dans son baiser me rendait au bord de l'implosion.

Son autre main se posa sur mon cœur et ses yeux vrillèrent les miens quand sa bouche quitta la mienne. Ses hanches accompagnèrent les miennes dans leur danse sensuelle. Je luttai pour garder les yeux ouverts, pour ne pas perdre une seule seconde d'elle et du plaisir qu'elle éprouvait.

J'allais mourir.

Mourir de désir et plaisir à me retenir comme je le faisais c'était certain.

Je poussai encore et encore en elle, embrassant sa bouche, son cou, parfois la naissance de ses seins avant de revenir à son visage pendant qu'elle gémissait et se cambrait toujours un peu plus contre moi.

Son corps se figea quand je la soulevai avant de la laisser tomber lourdement sur moi, emplissant aussi profondément que possible son corps, buttant au fond de son ventre en gémissant lourdement.

Son corps convulsa autour de moi la seconde d'après, alors que je maintenais son visage contre le mien de mes mains sur ses joues, désireux de la voir se perdre dans son plaisir. J'embrassai ses lèvres entrouvertes pendant qu'elle gémissait, ses mains rejoignant ma nuque et mes cheveux, essayant désespérément de s'accrocher à mes épaules et mon cou quand le plaisir la domina.

Son front se posa contre le mien lorsque les tremblements de son corps se calmèrent et que son dernier gémissement passa ses lèvres rouges de nos baisers.

Je me figeai en elle, alors que ses yeux vitreux ne quittaient pas les miens.

Le souffle coupé je la contemplai, ébahi par tant de beauté, de sensualité.

Mon désir était douloureux d'être insatisfait. Elle cligna des yeux plusieurs fois avant d'embrasser mon front dans un geste bouleversant de tendresse, puis elle colla sa joue contre la mienne, ses doigts caressant ma nuque.

Ses mouvements sur moi reprirent avec tendresse et je serrai son corps étroitement contre le mien de mes bras autour d'elle, ne pouvant retenir un gémissement quand sa bouche dévia dans mon cou, sa langue trouvant la peau de ma gorge.

- Je t'aime, chuchota-t-elle contre mon oreille avant d'en mordre légèrement le lobe.

D'un geste rapide, je nous fis à nouveau rouler de façon à ce qu'elle soit allongée sous moi.

Dans le mouvement, mon corps quitta le sien. J'agrippai sa hanche avec force quand ses mains fouillèrent dans mes cheveux. La seconde d'après, j'entrai en elle d'un mouvement puissant et incontrôlé.

Elle se cambra contre moi, sa tête plongeant en arrière pendant qu'elle gémissait contre mon oreille. Le plaisir me submergea quand je vis, je sentis son corps convulser à nouveau autour du mien, provoquant ma libération. Je laissai tomber mon visage dans son cou. Dans un état second, je laissai passer une plainte rauque dans contre sa chaire.

Enfonçant mes doigts dans la peau laiteuse de sa cuisse, mon plaisir explosa et je poussai en elle une dernière fois longuement, puissamment. Je laissai mon corps lourd peser sur le sien. Elle ne protesta pas, se contentant de passer ses bras autour de mes épaules pour me serrer contre elle, comme pour m'empêcher de m'en aller.

Je ne voulais aller nul part. Je ne voulais être nul part ailleurs qu'à cet endroit, à cet instant précis.

Je l'aimais. Certainement comme jamais personne ne l'avait aimé.

Certainement comme je n'aimerais plus jamais personne au monde.


Bon… j'espère n'avoir perdu personne en chemin...

J'ai hâte de vous lire, bienvenu aux nouvelles, laissez un commentaire qu'on apprenne à se connaitre !

A très vite.

J'vous embrasse,

Tied.