Bonsoir ! On se retrouve aujourd'hui pour un petit chapitre court. Mais y'a des débuts de larmes. Et de la gimauve. Donc... ça devrait bien se passer, non. Je veux avant tout créditer Foxes in loves pour les idées. Nan sérieux. Blue and Green sont juste tellement adorables...
Donc, voilà. j'espère que le chapitre sera à votre goût et on se retrouve bientôt !
Bises
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Marco était bien installé, mais, quelque chose s'obstinait à vouloir le tirer de son sommeil. Pourtant, tout était là pour une nuit parfaite. Un grand lit bien douillé, une présence douce et chaude pour lui tenir compagnie, un bruit de papier et une faible luminosité.
Le cerveau du Phénix commença à sortir de la brume pour comprendre enfin ce qui n'allait pas.
Il resserra légèrement sa prise sur ce qu'il avait sous le bras, identifiant sous sa peau non la forme de côtes, mais des cuisses.
Et puis… lumière et bruit de papier.
Là ! A nouveau ce bruit !
Une page qu'on tourne.
Conclusion : Ace ne dormait pas ou plus.
- Il est quelle heure ? demanda d'une voix faible le blond avec son visage à moitié caché dans son coussin.
- Approximativement deux heures du matin. Rendors-toi, lui répondit doucement la jeune femme.
En soupirant de lassitude, le plus vieux déplaça sa tête pour la nicher sur le short qui servait de pyjama à sa petite-amie, gardant les yeux fermés pour les protéger de la faible lueur de ce qui devait être les Hotarubi. Il remonta la couverture sur eux deux, tirant un bref rire attendri à la brune. Une main fine se posa sur son crâne et lui caressa doucement la peau.
- Tu as fermé l'œil, au moins, yoi ? demanda Marco.
Le fait qu'elle ne réponde pas était en soit une réponse.
- Stress ? devina-t-il.
- Ouais.
Il repoussa la couette pour ensuite lever un œil sur sa petite amie qui repoussa son livre afin de mieux le voir.
- C'est le lieu qui te rend nerveuse ?
- Enies Lobby ne me fait pas peur… c'est l'examen qui m'effraie.
Le livre fut reposé sur la table de chevet et la D. se laissa aller en arrière en soupirant, sans cesser de caresser l'arrière du crâne de son amant.
- J'ai tellement bossé sur cette thèse, j'y ai tant mis et pourtant, j'ai peur que ce ne soit pas assez. De devoir dire à Nee-chan que j'ai échoué, alors qu'elle, elle l'a eu à même pas dix ans. Je me sentirais tellement… humiliée. Et je voudrais pas qu'elle soit déçue de l'absence de résultat.
Avec un claquement de langue, Marco passa son second bras dans son dos, l'enlaçant ainsi.
- Tu crois vraiment que ta sœur t'en voudra si tu n'y arrives pas ? Soyons sérieux un instant, Ace. Les circonstances ne sont pas les mêmes, ni le background. Vous êtes des personnes différentes avec des capacités et des personnalités différentes ; c'est ce qui fait que chaque personne est unique, yoi.
Il déposa un furtif baiser dans le petit interstice entre le short et le tee-shirt de la jeune femme, avant de se blottir un peu plus contre elle.
- Personne ne te jettera la pierre si tu n'y arrives pas, yoi. Tu es déjà très haut pour quelqu'un qui n'a pas eu de vraie éducation formelle.
- T'en as pas eu non plus, pourtant, tu collectionnes les diplômes en médecine et tu es un navigateur de génie.
- J'avais vingt-cinq ans quand Cassandra m'a poussé à passer mon examen et j'ai dû m'y prendre à deux fois, parce qu'il s'avérait que, comme mon zoan me facilitait les choses, j'avais une mauvaise appréhension sur beaucoup de sujets, yoi. Même chose pour la navigation, parce que l'instinct de l'oiseau me faisait voir et ressentir différemment par rapport à une personne lambda, yoi. Et pour ce dernier domaine, je n'ai aucun diplôme. Mes compétences ne sont pas reconnues officiellement.
Le blond se détacha de la brune pour s'asseoir dans le lit, avant de lui attraper le menton pour la faire le regarder dans les yeux au travers la lueur pâle des lucioles de feu.
- Ce diplôme, c'est le Gouvernement qui te dit que tes compétences sont à tel niveau. Et tu sais pourquoi ils le font eux ? Parce qu'ils ne veulent pas d'un autre Ohara, donc, c'est pour tuer dans l'œuf toute menace. Alors honnêtement, que tu aies le diplôme ou pas ne change rien aux choses. Ils ne sont pas nombreux les pirates qui peuvent prétendre avoir une éducation, et le simple fait que tu sois inscrite et qualifiée à passer cet examen te met au-dessus du lot, yoi. Et en ça, je suis extrêmement fier de toi. Donne tout ce que tu as, et ça ira très bien.
Et il l'embrassa sur le front, tout en repoussant quelques mèches de cheveux du visage qu'il aimait tant.
- Tu devrais essayer de fermer l'œil, yoi.
- J'ai essayé. Je t'ai regardé dormir pendant trente minutes avant de sortir de la lecture.
- Soit tu dors, soit je te torture, menaça le blond avec un air sérieux.
La D. n'était clairement pas du tout impressionnée.
- J'ai fait une thèse sur la torture, Marco, je pense que je pourrais donner des cours tellement je sais de truc sur le sujet. Donc, ta menace, elle marche pas des masses.
- Ah, mais j'ai ma méthode de torture bien à moi… et ça consiste en du nettoyage, yoi.
- Nettoyage ?
Ace ne chercha pas à masquer son sentiment, son reniflement moqueur voulait tout dire.
- Non, je t'assure, le nettoyage, c'est une forme de méditation qui apprend quelque chose que tu dois comprendre urgemment, Ace. Rien n'est sans valeur ou sans espoir. Les choses sont soit à la mauvaise place, ou alors, en mauvaise condition.
- Ouais, mais je peux t'assurer que tu es en train de t'adresser à une saloperie certifiée. Aouch !
Elle se massa le front là où Marco lui avait mis une vilaine pichenette.
- Ma torture nettoyante va te faire changer d'attitude, Ace, crois-moi.
- Je te mets au défi.
Marco afficha un sourire sournois en se mettant à genoux dans le lit, chevauchant une des jambes de la demoiselle, un bras fermement enroulé autour d'elle alors que le second prenait appui contre le mur derrière la brune.
- Je pense que tu es merveilleuse, adorable, renversante et magnifique…
- Arrête… maugréa Ace en levant les yeux au ciel.
- Tu mérites qu'on s'occupe de toi autant que tu t'occupes des autres, chuchota l'homme en se rapprochant un peu plus d'elle.
- Stop, Marco…
- Tes sentiments, tes émotions, ton ressentit, tes désirs, tes envies sont valides et méritent d'être entendus, yoi.
- Soit pas stupide, gémit-elle en détournant la tête.
Marco resserra sa prise sur elle et l'embrassa dans le cou. Longuement. Couvrant la moindre parcelle de peau de ses baisers, provoquant des frissons et des petits bruits adorables de sa part.
- Parfois, je suis abasourdi que l'univers ait fait quelque chose d'aussi parfait que toi. Des atomes qui forment des cellules qui forment ensuite la forme de vie la plus magnifique, une beauté sans faille.
- Tu parles, je collectionne les défauts, oui.
- Et c'est ce qui fait de toi une personne magnifique, parce que tu as des défauts qui me plaisent, yoi.
- Arrête avec tes bêtises.
Elle chercha à le repousser, mais le blond l'attrapa par les jambes pour la tirer vers lui, la faisant tomber allongée dans le lit. Là, il plaqua ses mains de chaque côté de sa tête, la regardant dans les yeux avec un sourire sournois.
- Je vais te plaquer dans ce lit et te dire que tu es merveilleuse jusqu'à ce que tu me croies, yoi.
- Alors, on va rester là jusqu'à la fin des temps, lui dit sérieusement la D.
Marco garda un instant le silence alors qu'il se rapprochait un peu plus d'elle au point de s'allonger sur sa poitrine. Là, il l'enlaça et nicha sa tête dans son cou sans se départir de son sourire.
- Ca me va parfaitement. Je te rappelle que je suis un phénix, yoi.
- Espèce de beau-parleur.
Elle frissonna quand un baiser se perdit sous son menton.
- Je t'aime tellement, Ace.
Elle ramena ses bras sur ses yeux, masquant les larmes qui commençaient à s'y accumuler. Elle inspira profondément et souffla avant de répondre :
- Moi aussi Marco.
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Le lendemain, son sac de voyage sur l'épaule, Ace était sur le quai qui la mènerait vers son examen à Enies Lobby. Elle tripotait nerveusement une des mèches de cheveux de sa perruque longue qui masquait la cicatrice de son œil, sans parler des lunettes qu'on lui avait rajouté pour la rendre encore plus méconnaissable (et ne parlons pas du rembourrage de la poitrine qui brisait sa silhouette de planche à pain).
- Hey.
Marco lui prit la main pour la retirer de la perruque et la porta à ses lèvres pour lui embrasser délicatement les doigts. Lui-même avait ses grosses lunettes de soleil et son bonnet, sans parler de la grosse veste sur son dos, il était loin de l'image que tout le monde avait du second de Shirohige.
- Tout va bien se passer, alors, respire, yoi. L'essentiel est que tu donnes tout ce que tu as. Montre-leur ce que tu sais. Bats-toi comme tu sais si bien le faire. Peu importe ce qui en ressortira, on sera tous extrêmement fiers de toi, yoi. On est d'accord ?
Sans rien répondre, elle fondit dans ses bras, et il l'enlaça de toutes ses forces. Il sentait parfaitement le cœur de la brune battre à tout rompre contre sa poitrine. Il la conserva contre lui longuement, les yeux fermés, ignorant les autres participants à l'examen qui montaient tous dans le train. Puis, quand la sonnerie du départ retentit, il l'embrassa chastement sur les lèvres avant de la faire monter dans un wagon. Dernier baiser avant de reculer, la laissant sur le pas de la porte avec l'air aussi perdu qu'un chiot abandonné.
- J'ai foi en toi. Tu peux le faire, je le sais, yoi. Alors, vas-y, laisse-toi aller, tenta de rassurer une dernière fois le blond.
Ace ouvrit la bouche pour parler, mais le train choisit cet instant pour partir. Elle ne pouvait que regarder son camarade et amant lui faire un salut de la main depuis le quai. Le Phénix resta là, à regarder le train s'éloigner avec la jeune femme à son bord, avant de soupirer profondément. Il allait passer un coup de fil à Oyaji pour lui dire qu'il venait de la laisser, et commencer l'attente.
Seulement…
Il n'était pas serein.
Oui, Ace avait plus ou moins mis Marine Ford sur la tête l'espace d'une nuit, mais elle n'était pas seule ce soir-là. Il était là en back-up et elle faisait le coup avec Sabo. Là, elle était seule, sans aide, avec le strict minimum comme arme, filant droit vers Enies Lobby.
- Très attendrissant.
Marco se retourna pour voir une femme sortir de l'ombre en riant doucement. Grande femme, taille mince, poitrine imposante. Pourtant, elle n'avait pas l'aura des pouffes et autres blondasses superficielles. Elle avait une tenue simple et confortable, idéale pour quelqu'un qui voyage beaucoup et qui se veut discret. Elle avait des lunettes de soleil lui mangeant la moitié du visage et de longs cheveux noirs retenus par un foulard bleu nuit.
Avec un petit sourire amusé, elle s'avança vers le blond et baissa un instant ses lunettes, lui permettant de l'identifier.
Nico Robin.
- Elle aurait apprécié de vous revoir avant l'examen, yoi, nota Marco.
Il lui tendit une main qu'elle serra en secouant la tête.
- Elle a bien assez la pression comme ça, me voir n'aurait fait qu'empirer la chose. Je suis ravie d'enfin rencontrer l'homme qui a fait de sa mission personnelle de la rendre heureuse. Vous étiez adorables à regarder.
Marco se racla la gorge pour ne pas se laisser gagner par l'embarras, tirant un nouveau rire à Robin.
- Je me demande encore plus de quoi vous vouliez m'entretenir pour que cela se fasse forcément en face à face, et dans le dos de ma petite-sœur.
- Merci d'avoir accepté cette rencontre, cela n'a pas dû être quelque chose de facile, surtout en sachant que votre jeune frère est encore en East Blue, yoi.
- C'est un garçon plein de ressources et il n'est pas tout seul. Il s'est trouvé un petit compagnon à fourrure.
- Oh ?
- Mais vous ne m'avez pas fait remonter la Grand Line à dos de tortue géante juste pour ça, malgré toute mon affection pour Banshi.
Il ne pouvait pas reculer. Pas quand il lui avait demandé ce rendez-vous. Pas quand c'était aussi important.
- On sera mieux autour d'un café pour en discuter, je pense, yoi.
- Avec plaisir, sourit la brune.
Et elle suivit le blond hors de la gare.
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Garp grommelait encore et toujours devant l'idée merveilleuse de Aokiji de lui refiler son boulot. Alors qu'il pourrait être là, dehors, à apporter la justice ou retrouver ses stupides petits-enfants, le voilà devant les portes à regarder des civils avec leur crâne et leur sac bourré de recherches sur des sujets poussiéreux. Il devait s'assurer de la sécurité de l'examen.
Comme si quelqu'un avait besoin de garder un œil sur ces gars qui arrivaient tout juste à soulever leur propre poids.
Il regarda la file de rats de bibliothèque remonter le petit chemin de Day Station jusqu'au portail de Enies Lobby où il attendait en se curant le nez avec un des examinateurs qui faisait l'accueil :
- Bonsoir à tous ! Vous êtes ici pour participer au super examen d'histoire international. Vous venez des quatre coins du globe dans le but d'obtenir la certification du Gouvernement Mondial et ainsi, une reconnaissance de vos années de travaux et recherches en tant qu'historien. Etant donné la sensibilité des lieux, nous avons bien entendu une sécurité renforcée. Toute personne n'ayant rien à faire ici est donc priée de remonter dans le train.
Personne ne bougea. Garp fronça légèrement les sourcils en sentant un regard insistant sur lui, et se mit à fouiller la foule de yeux pour en découvrir l'origine.
- L'examen aura lieu sur une semaine. Les deux premiers jours seront consacrés aux examens écrits et les quatre autres aux oraux. Le retour se fera le dernier jour, par le même train que vous avez pris à l'aller. Vous serez logés dans une aile spécifique et vous mangerez tous en même temps à des heures bien définies. En dehors de ces moments, et des examens, vous devez être dans vos chambres. Toute personne surprise dehors, sans autorisation, sera passible de poursuite pour espionnage militaire. Nous sommes bien clairs ?
Alors que quelques murmures répondaient au vieil homme qui s'occupait de l'accueil, Garp finit par repérer une jeune femme dans la foule. De longs cheveux bouclés et noirs lui masquant à moitié le visage portant une paire de lunette rectangulaire.
Il fronça un peu plus les sourcils.
Pourquoi cette personne lui était familière ?
Il ne prêta guère attention à l'appel des candidats, se concentrant exclusivement sur la brune. Même si elle s'efforçait de ne pas le regarder, elle sentait clairement le poids de son regard et masquait de son mieux sa nervosité.
- Foosha Anabela, Shin Sekai.
- Présente, répondit la demoiselle.
La voix… oui, il en était certain. Même si plus claire et aigue que ce qu'il connaissait, ce ne pouvait être que celle d'Ace.
- T'es de quel coin, gamine ? demanda Garp en interpelant Anabela.
- Je ne suis pas une gamine mais une chercheuse en histoire ancienne, vieillard sénile, siffla-t-elle en plissant les yeux. Et je suis de Hand Island. Pourquoi ? Ca pose un souci ?
Clairement Ace.
Le vieil examinateur regarda Garp qui lui fit signe de continuer. Chercheuse en histoire ancienne ? Pourquoi est-ce qu'il n'y croyait pas du tout ?
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Ace était dans un bon bain, la mousse lui montant jusqu'au nez. Elle avait laissé ses notes de révision sur le sol de la chambre qu'on lui avait attribuée. C'était mieux que ce qu'elle pensait. Elle avait imaginé un dortoir, et pour le coup, c'était des chambres individuelles. Aucune crainte pour ses tatouages ou son déguisement.
SBAM !
- JE LE SAVAIS !
Garp se ramassa un savon dans la figure pour son irruption dans la quiétude de la pirate. Ace s'enfonça un peu plus dans la mousse, masquant sa pudeur avec son bras alors que la main la plus proche du bord cherchait à l'aveuglette une serviette de bain pour se couvrir.
- Je te dérange pas trop ? demanda-t-elle d'un ton venimeux.
- C'est à moi de te poser la question. T'es une pirate et tu te prends un bain, comme ça, en plein Enies Lobby !
- Garp…
- Quoi ?
- T'as pas zappé un truc ?
- Quoi donc ?
- Je suis justement dans un bain. Je dois te faire un dessin ou tu es assez grand pour comprendre que j'aimerais enfiler quelque chose ?
Le marine ouvrit puis referma la bouche avec un claquement et recula de la pièce.
- Pardon.
- Merci, soupira la pirate.
Délicatement, le vieil homme referma la porte.
En soupirant, elle laissa tomber sa tête vers l'avant, puis se résigna à sortir de son bain. Puisque sa quiétude était troublée, autant ne pas s'attarder. Elle retira le bouchon au fond de la baignoire et se leva pour se doucher et chasser la mousse de son corps. Enfin, elle sortit de la baignoire et s'embrasa pour se sécher. Elle enfila ses fringues, remit les chaussettes dans son sous-vêtement et renfila la perruque avant de sortir de la salle de bain.
- Si t'as marché sur mes notes, je te jure, je te fais la peau, siffla-t-elle.
- Et le bonjour, sale môme ?
Elle pointa du pouce la salle de bain pleine de vapeur.
- Parti dans le drain de la baignoire.
Et elle commença à ramasser ses papiers éparpillés dans ses déambulations et son stress avant qu'elle ne se décide à se prendre un bain pour se détendre.
Elle serra les dents en sentant le poing du vieil homme s'abattre sur son crâne. Qu'est-ce que ça ne lui avait pas manqué ce genre de comportement.
- Qu'est-ce que tu fabriques ici, Ace ?!
- La même chose que tout ceux avec qui j'ai pris le train. Je viens passer un examen.
Elle se releva en se massant le crâne, ses papiers sous un bras. Elle contourna le vieil homme et se baissa pour ramasser d'autres documents. Elle allait s'amuser pour tout remettre dans l'ordre…
Un soupir désespéré lui échappa.
- Pourquoi j'y crois pas ? demanda Garp.
- Ah bah ça, j'y suis pour rien, maugréa-t-elle en s'asseyant sur le lit pour se mettre à réorganiser ses notes. Qu'est-ce que tu fais ici, toi ?
- Aokiji m'a plus ou moins forcé à assurer la sécurité de l'examen. C'est Edward qui t'a envoyé ici ? D'abord Marine Ford, puis Enies Lobby ? C'est quoi en suivant ? MariJoa ? Impel Down ?
Ace leva un regard pas du tout amusé vers Garp.
- T'es totalement à côté de la plaque. Je suis ici pour passer un diplôme. Oui, j'ai un semblant d'éducation et oui, j'aime l'Histoire Ancienne ! Où est le mal ?! J'ai pas le droit d'être et pirate et lettrée ? Tu me diras, le simple fait que je sois une pirate dit déjà long sur ce que je pense des interdictions.
Garp soupira en se massant le nez et s'assit en tailleur par terre, se mettant un peu plus au niveau de sa petite-fille.
- J'ai du mal à visualiser comment et quand tu as pu te permettre d'apprendre assez pour te présenter sous un faux nom à un examen super important pour un doctorat en Histoire.
- C'est parce que tu sais carrément rien de moi que tu es surpris, vieil homme. Tu t'es jamais intéressé à ce qui nous plaisait, et tu as été absent la quasi majorité du temps. Donc, oui, tu peux être surpris de découvrir que je suis capable d'écrire un papier en Histoire et assez stupide pour me présenter à l'examen malgré tout ce que l'on me dit. Si tu le permets, je voudrais réviser, histoire de pas me ridiculiser totalement.
- C'est certain, c'est plus drôle de tourner en ridicule son grand-père et d'envoyer le résultat à la presse !
Ace reposa brutalement ses notes.
- Mais t'as vraiment rien compris !
- Rien compris à quoi ?
- Casse-toi. J'ai pas la tête à t'expliquer l'erreur monumentale que tu as faite qui t'as valu d'être tourné en ridicule ! Je fais ce que je veux de ma vie, je n'ai pas besoin d'un fouineur et manipulateur dedans !
- Quelle erreur ?
Déjà, elle avait traversé la pièce pour rejoindre la porte de sa chambre qu'elle ouvrit en grand.
- J'ai besoin de calme et de concentration, merci de me laisser ! Je suis ici pour un examen, pas pour chercher des ennuis ! Alors, reste dans ton coin, et tout ira bien autant pour toi que pour moi !
- Ce sont des menaces ? demanda le vieux marine en se levant pour dominer la maigre jeune femme de son imposante stature.
- Et si c'est le cas, qu'est-ce que ça peut foutre ? Je te demande de m'ignorer. C'est tout.
Garp eut un rictus en levant un poing tremblant, comme s'il allait lui mettre un coup, avant de laisser retomber son bras en soupirant. Il se pinça le nez et se rassit.
- Explique-moi.
Ace referma la porte et croisa les bras.
- J'admets que je suis pas le grand-père le plus exemplaire, qu'à vouloir te protéger toi et Luffy, j'ai fait des erreurs, mais je pensais qu'on en avait déjà discuté. Ou plutôt, tu m'as déjà gueulé dessus ce que tu pensais.
- C'est pas de ça dont il est question, c'est pas pour ça que je suis allée à Marine Ford avec le drapeau de la Pride.
Ace se montra de ses mains.
- C'est assez dur de découvrir après plus de dix ans que je suis pas un garçon. Que je suis pas un homme comme tu me le disais tant. J'ai grandi et je vis toujours dans le doute. Est-ce que je dois m'aligner sur mon genre de naissance ou continuer sur la même voie et être un homme ? J'ai ces doutes. Ces incertitudes, insécurités. Et tu sais comment tu m'as aidé ? tu m'as envoyé une putain de lettre avec un contrat de mariage. Tu as balayé tout le semblant d'éducation que tu m'as donné en juste une lettre ! T'as pas réfléchi un instant à toutes ces années où tu me disais que je devais être un homme fort, pour non seulement me dire que j'étais une femme, mais en plus de ça, sous-entendre que j'étais bonne qu'à faire à manger pour un marine et écarter les jambes pour lui à la demande ! Tu m'as dit que j'étais juste bonne à marier et rien d'autre !
Elle monta volontairement sa température pour que son début de larmes s'évapore avant que Garp ne puisse le voir. Elle ne lui montrerait pas ce qu'elle souffrait. C'était assez dur comme ça. Elle brandit une main vers la fenêtre.
- Et à côté, un rival de mon donneur de sperme m'appelle fils ou fille en se référant à mon sentiment du jour, sans hésitation, sans rire, comme si c'était naturel. Il m'a offert l'opportunité de prouver ma valeur, il m'a soutenue et il m'a confié des responsabilités. J'ai trouvé plus de soutien chez les pirates qu'auprès d'un homme qui se prétend mon grand-père. C'est con à dire, surtout quand je pense que j'ai passé toutes ces années à avoir de tes nouvelles par les journaux, mais j'attendais plus de soutien de ta part. A côté, même Rayleigh m'aide plus que toi. C'est d'ailleurs lui qui m'a inscrite à cet examen avec tous les documents nécessaires de falsifiés. Et tu sais pourquoi il a fait un dossier de femme ? Seulement pour s'assurer que j'ai pas de problème si on devait loger en dortoir. Si on avait su pour les chambres individuelles, je serais venue en tant qu'homme et j'aurais été beaucoup mieux dans mes pompes !
- D'accord, j'ai…
- J'ai pas fini.
Garp referma la bouche.
- J'ai réussi à obtenir des hormones d'Ivankov. Et tu sais pourquoi je les ai pas encore utilisées pour mettre fin à ce cirque ?
- Dis-moi.
- Parce qu'au final, j'ai grandi sans savoir si j'étais un homme ou une femme et que résultat, je ne sais pas ce que c'est d'être un homme ou une femme. Ta lettre, Garp, elle m'a prise et m'a fourrée dans une case dans laquelle je suis même pas certaine d'appartenir. La seule certitude que j'ai à l'heure actuelle, c'est que j'aime les hommes, mais ce que je suis moi, je le sais toujours pas.
Garp garda le silence, l'air pensif mais aussi confus.
- Si on en a fini, j'aimerais pouvoir retourner à mes révisions, demanda la D. en inspirant profondément pour retrouver son calme.
- D'accord. Je vais te laisser. Bon courage pour les épreuves.
Lourdement, il se releva.
Ace lui rouvrit la porte et il s'en alla d'un pas lent et pesant. Elle claqua la porte derrière lui et s'adossa au panneau. Un reniflement. Deux reniflements. Une respiration tremblante. Elle essuya ses yeux avec un bout de sa manche et continua, de fixer le vide en se laissant lentement glisser jusqu'au sol pour finir assise contre le bois.
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Quelque chose n'allait pas.
Marco en était persuadé. Ace avait un souci.
Dès que le train était entré en gare, il s'était levé de son banc pour attendre la jeune femme, prête à la prendre dans ses bras dès qu'elle sortirait, mais là, alors qu'elle avançait sur le quai, son expression ne rassurait guère le blond.
- Oi !
Les yeux du Commandant s'arrondirent d'horreur derrière ses lunettes en voyant qui venait de sortir à son tour du train : Garp. Cela expliquait l'expression d'Ace. La jeune femme s'arrêta en soupirant. Elle se retourna pour voir l'homme qui vint la rejoindre. Marco se raidit, prêt à intervenir au moindre signe d'hostilité du vieux marine. Le vieux D. resta un instant en silence à fixer Ace, puis soupira en se frottant l'arrière du crâne.
- J'ai beaucoup réfléchi à ce que tu m'as dit. Et… même si j'ai pas tout compris, j'ai saisi au moins que je t'ai fait du mal quand je voulais juste te savoir heureuse et en sécurité. Alors, je veux te dire que je suis désolé.
- Heureux.
- Pardon ?
- Je suis un homme, donc, c'est heureux, pas heureuse.
Garp garda un instant le silence puis baissa la tête.
- Tu es un homme.
- Merci.
Et le plus jeune du duo tourna les talons pour rejoindre son partenaire, avant de s'arrêter et de se tourner de nouveau vers son grand-père.
- Merci de m'avoir écouté et d'avoir compris que tu avais fait une bourde. Je t'accorde mon pardon.
Et il reprit sa route sans voir le maigre sourire sur le visage du vieil homme. Sourire qui disparut quand il remarqua Marco. Le blond ne s'attarda pas et prit Ace par l'épaule pour quitter la gare. Mieux valait ne pas s'éterniser dans le coin pour ne pas donner la tentation à ce vieux fou.
- Dis-moi que tu as toujours la chambre, supplia à moitié le D. en retrouvant son timbre de voix habituel.
- C'est le cas.
- Parfait. J'en ai marre de ce soutif et de cette perruque, sans parler de ces putains de talons de merde. Et j'ai qu'une envie, m'envoyer en l'air avec toi.
Profitant du fait qu'ils ne soient plus dans le champ de vision de Garp, Marco passa un bras autour des épaules de son petit-ami et l'embrassa sur la tempe. Il garda ses lèvres contre sa peau pour chuchoter :
- Même si faire des saletés sous la couette avec toi me tente énormément, tu es attendu ailleurs, jeune homme. Donc, oui, tu peux te changer, mais le sexe devra attendre.
La moue du brun était absolument adorable.
- Tu ne le regretteras pas, promit son amant.
Il l'embrassa de nouveau avant qu'Ace ne tourne la tête vers lui. Comprenant la demande, Marco s'arrêta au milieu du maigre trottoir qui longeait un des nombreux canaux de la cité et enlaça son amant pour l'embrasser passionnément, se faisant violence pour ne pas aller trop loin et virer à l'indécence publique. Ils se séparèrent enfin et le blond caressa délicatement le contour de la mâchoire de son amant pour ensuite, l'embrasser sur le front.
- Je vais bien, lui dit le brun. Bon, je me serais bien passé de Garp, mais il a eu l'avantage de me servir de motivation. Allez, en route, j'en ai marre de ce déguisement.
- Je t'attends en bas, histoire qu'on ne perde pas de temps.
- On est pressés ? s'étonna Ace.
- On est attendus, yoi.
- Oyaji ?
Le sourire mystérieux du Phénix était la seule réponse.
Après leur détour à l'hôtel (où Ace abandonna son costume pour une simple casquette gavroche et une paire de lunettes de soleil en plus d'une chemise manche longue retroussée jusqu'aux coudes), Marco conduisit son amant jusqu'à un café touristique. En voyant qui était attablé là, le D. poussa un cri de joie et fonça vers Robin sous le rire de Sabo qui était à la même table. La femme eut un sourire, retenant ses larmes alors qu'elle enlaçait son jeune frère. Marco regarda la réunion en souriant en allant s'asseoir à la table.
- Mais qu'est-ce que vous faîtes ici, tous les deux ? s'enquit le D.
- Eh bien, je suis puni, répondit Sabo en l'enlaçant.
Les deux frangins échangèrent leur étreinte avant de s'asseoir à table. Robin fit signe à un serveur et on prit leur commande. Une fois qu'ils eurent tous à boire, le révolutionnaire explicita pourquoi il était puni :
- Vu mon échec à obtenir la localisation de Luffy de ta part ou même à te convertir à notre cause, Dragon pense qu'un petit séjour en East Blue me fera du bien. Accessoirement, durant mon remplacement de Bello Betty, je suis censé retrouver le singe.
Le blond haussa des épaules.
- Dragon n'est pas obligé de savoir que je vais passer un peu de temps avec mon petit-frère. Il m'a manqué cet idiot !
Ace rit alors que les deux autres se contentaient de sourire.
- Et toi, nee-chan, pourquoi tu es ici ?
- Je voulais te voir en personne pour te dire que je suis fière de toi. Que tu aies réussi ou pas, ce n'est important. Je suis fière de tout ce que tu as réussi à accomplir pour parvenir jusqu'ici.
Robin se pencha vers Ace et l'embrassa sur la tempe, faisant rougir le D.
Marco soupira intérieurement. Non seulement, Robin savait quoi dire pour rassurer Ace, mais en plus, elle n'avait pas vendu le sujet de la conversation qu'il avait eue avec elle et Sabo.
On lui avait dit que c'était trop tôt, et même s'il avait voulu prendre les devants, il le pensait aussi.
- Oh, et Luffy s'est trouvé un nouvel ami ! annonça joyeusement Robin.
Elle sortit une photo de son sac. Luffy, tout juste quinze ans, dans un tee-shirt bien trop grand pour lui, serrait dans ses bras une peluche blanche et noire en forme de félin, souriant comme un gosse.
- Ceci n'est pas une peluche mais un vrai once, n'est-ce pas, yoi ? reconnut Marco.
- Exact, sourit Robin en réponse.
Sabo et Ace se regardèrent sans comprendre.
- L'appellation once est l'autre nom qu'on donne à la panthère des neiges, expliqua le Phénix.
- Luffy a adopté ce léopard quelques mois avant mon départ. Il l'a appelé King, expliqua l'archéologue avec un clair attendrissement.
- Du moment que c'est pas cette saleté de tigre qu'il adopte, ça me va, grommela Sabo.
Ace se contenta de rire. Luffy était vivant et heureux, c'était le plus important à ses yeux.
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Ils étaient de retour dans le Shin Sekai. Tout le monde était heureux de les revoir à bord. Leur père riait aux éclats. Avant même qu'il ne puisse demander à ses enfants comment ça c'était passé, un grognon interrompit la joie :
- Alors, c'est ça être commandant ? Prendre une fille et partir en vacances avec elle pour s'envoyer en l'air sans se soucier des conséquences ?!
Tout le monde se tourna vers Teach. C'était lui qui venait de parler.
- C'est la confirmation que sa promotion, elle l'a eu juste en baisant avec Marco-taisho !
- Tu dépasses les bornes, Teach ! gronda Shirohige.
- Je fais que dire ce que tout le monde pense tout bas !
Ace soupira et retira son sac de son épaule. Marco se contenta de croiser les bras en fulminant en silence. Il voulait absolument se défendre et défendre son compagnon. Oui, bon, durant le voyage jusqu'à Water Seven, ils avaient profité des escales pour s'envoyer en l'air deux ou trois fois, mais ce n'était pas le but du voyage de base.
- Je devrais pas me trouver des excuses, mais puisqu'on remet en cause mes compétences…
Il tendit son sac à Marco, lui demandant de le tenir un instant. Le jeune Commandant fouilla dedans avant de sortir plusieurs dossiers. Et il les tendit à Izou.
- J'ai fait ma part du boulot, à toi de prendre la suite.
Le commandant androgyne prit le tout et les feuilleta en fronçant les sourcils.
- Mais tu as eu ça où ? demanda le commandant. Les autre Yonkou donnerait un bras pour avoir ça !
- J'ai volé ça à Enies Lobby.
Marco se frappa le visage.
- Tu devais passer un examen, pas voler des dossiers tops secrets.
Ace se contenta de hausser des épaules.
- Une fois les écrits et les oraux passés, je me faisais chier et comme j'avais trois jours à attendre avant la fin, je me suis dit que je pouvais faire quelque chose d'utile. Tu sauras donc, Marshall, que je suis pas partie juste pour prendre du bon temps avec Marco, mais pour quelque chose d'un peu plus sérieux. Une autre remarque ?
L'homme grimaça, mais n'eut aucune réponse. Ace porta une main à son oreille.
- Quelque chose à me dire pour tes insinuations douteuses ?
- Pardon Commandante.
- Que ça ne se reproduise pas, j'ai pas une patience infinie.
Haruta interrompit Ace avant qu'une dispute n'éclate.
- Tu auras les résultats quand, frangin ?
- D'ici le mois prochain.
- Espérons que ce soit une réussite, si tu dois le repasser, je veux pas te servir de cobaye pour faire des démonstrations dans ton dossier !
Marco secoua la tête avec exaspération avant de se tourner vers leur paternel.
- Quelle est la prochaine étape, yoi ?
- Hand Island, fils.
Hands Island. Et à ce rythme, ils y seraient pour son anniversaire.
Avec une possibilité que Lilith ait saisi cette opportunité pour elle et sa fille, afin de commencer une nouvelle vie. Les pensées du Phénix furent troublées par Iro qui passait par là, certainement pour célébrer elle aussi le retour d'Ace qui discutait toujours avec leurs nakamas. Le blond siffla doucement le félin en posant un genou au sol, son propre sac de voyage par terre. La panthère revint vers lui, sa fourrure prenant une teinte blanche sous la perplexité.
- Je me suis dit que celui-ci t'irait beaucoup mieux que ton vieux keffieh, yoi, lui dit le Commandant.
Et il sortit un keffieh, clairement neuf, multicolore et chatoyant de son sac, pour le présenter à Iro qui émit un miaulement enthousiaste. Puisque le nouvel accessoire semblait l'enchanter plus que l'ancien. Son nouveau foulard au cou, elle courut retrouver Ace pour se frotter à ses jambes en ronronnant, sa fourrure d'un jaune solaire disant qu'elle était heureuse. Le D. la regarda et s'accroupit pour la câliner. Il eut une pause en voyant le nouveau keffieh avant de regarder Marco avec perplexité. Celui-ci lui renvoya l'ancien qui fut aisément réceptionné.
- Espèce d'abruti, soupira le jeune pirate.
Oh oui. Mais c'était pour ça qu'ils étaient ensemble.
