20
LA TÊTE DE SANGLIER
Les joueurs de Serpentard avaient adopté une étrange stratégie. Il fallut plusieurs jours à Megan pour découvrir qu'ils ne s'entraînaient qu'une fois la nuit tombée. Elle passa ainsi plusieurs heures dans le froid de la nuit à observer l'équipe jouer, cachée sous les gradins, ne pouvant allumer un feu pour se réchauffer de peur de révéler sa présence. Draco était là, chaque fois, rapide et efficace sur son Nimbus 2001, parvenant à attraper le Vif d'or même dans l'obscurité, à la seule lumière de sa baguette qu'il tenait d'une main. Si elle avait rejoint avec lui l'équipe de Quidditch de Serpentard, la maison du serpent n'aurait plus jamais perdu de matches – elle aurait eu tellement de plaisir à jouer à ses côtés... Les autres membres de l'équipe, en revanche, n'étaient pas toujours les mêmes. Derrick et Bole, les anciens batteurs, ayant quitté Poudlard au terme de leur septième année, ils devaient être remplacés, mais les différents entraînements auxquels Megan assista virent jouer à ce poste Luis Trapion et Dorian Catch – elle se souvenait leur avoir jeté un sort en deuxième année pour qu'ils lui révèlent les horaires d'entraînement de l'équipe de Quidditch, une méthode à laquelle elle n'avait pas pensé recourir cette fois –, Alaric Codex et Eloi Downhill, les bourreaux du petit Barish, puis Crabbe et Goyle. Elle vit même un entraînement se dérouler avec Corentin Wanthell qui jouait au poste de gardien à la place de Miles Bletchley. Megan rapporta ces informations à Angelina, qui hocha la tête d'un air contrit : ils n'obtiendraient visiblement pas la composition définitive de l'équipe avant le premier match de la saison.
- Et comment est-ce qu'ils jouent ? s'enquit la capitaine de Gryffondor. Ils sont bons ?
- Comme d'habitude. Draco est doué. Bletchley est un bon gardien et Pucey un très bon poursuiveur.
Elle lui décrivit en détail chaque entraînement et Angelina lui posa des centaines de questions sur leur stratégie, leur organisation, leurs échauffements ou les conseils que Montague prodiguait à son équipe. Au bout d'une heure Megan dut menacer son amie de jeter un sort à son balai pour qu'elle mette un terme à son interrogatoire.
Presque deux semaines s'étaient écoulées depuis que Megan s'était disputée avec Kevan et les jumeaux. Le premier avait fait amende honorable en revenant vers elle quelques jours plus tôt avec un pot de glace à l'ananas et des excuses, mais la jeune fille évitait toujours consciencieusement Fred et George.
Profitant de ce dimanche sans devoirs à terminer, Megan s'assit au bord d'une fenêtre dans un couloir peu fréquenté et observa, en contrebas, Cathy qui initiait un petit groupe d'élèves à un jeu de cartes moldu. La sœur de Cal ne semblait avoir aucune honte de son ascendance non-magique, au contraire, elle en aurait fait une force. Megan, qui ne perdait pas une occasion de l'observer lorsqu'elle se trouvait à proximité, était partagée à ce sujet. Vive et intelligente, Cathy n'était pas une mauvaise sorcière, mais son éducation éloignée de toute forme de magie l'avait coupée de nombreux apprentissages, et elle semblait avoir du mal à laisser derrière elle toute sa culture moldue : elle avait déjà entendu la jeune fille appeler Dumbledore « Gandalf » par erreur. Un tel comportement ne l'aiderait pas à progresser en magie et, pire que tout, la mettait en danger à une époque où Voldemort était à deux doigts de faire régner à nouveau une terrifiante politique pro-Sang-pur.
Ses réflexions furent interrompues par l'arrivée de Fred et George dans le couloir jusqu'alors vide. Ce dernier tenait à la main une bouteille sombre que Megan identifia comme du Whisky Pur Feu, produit rare, coûteux, et interdit à la consommation pour les mineurs.
- Regarde un peu ce qu'on a trouvé dans le passage secret derrière la statue de Gondoline Oliphant, annonça Fred d'un air réjoui. Tu en as déjà goûté ?
Sans attendre sa réponse, ils s'installèrent à côté d'elle, et George fit sauter le bouchon de la bouteille. Une forte odeur d'alcool se répandit aussitôt entre eux. D'un coup de baguette, Fred fit apparaître trois verres. Le service fait, il en tendit un à Megan, qui n'avait rien dit.
- Aller, à l'amitié entre gens qui ne couchent pas ensemble, dit George d'un air enjoué en levant son verre.
- A tout ce qu'on ne saura jamais sur Meganna Buckley et dont on se fiche, renchérit Fred en imitant son frère.
Méfiante en les voyant l'aborder alors qu'elle les fuyait, Megan s'apprêtait à inventer une excuse pour disparaître à nouveau, mais leurs toasts lui arrachèrent un sourire impossible à retenir. Prise de court, elle leva son verre à son tour, en silence, mais le seul fait qu'elle ne fuie pas suffit à combler les jumeaux. Tous trois goûtèrent la boisson. Les jumeaux y semblaient accoutumés, mais Megan ne put s'empêcher de grimacer en sentant l'alcool fort couler dans sa gorge, dégageant une chaleur surprenante.
- Je crois que je vais cracher du feu, grimaça-t-elle.
- Ça ne porte pas ce nom pour rien, s'esclaffa George.
Après quelques gorgées, Megan sentit sa tête lui tourner légèrement, et après une demi-heure, un sentiment d'allégresse s'empara d'elle, et elle oublia définitivement tout de ses griefs contre les jumeaux. Leurs conversations redevinrent enjouées et légères, et ils se passionnèrent pour les prochains produits qu'ils comptaient mettre au point ou les progrès de l'équipe de Gryffondor – Ron, notamment, ne se faisait désormais plus crier dessus à chaque entraînement. Ce fut ainsi le cœur plus léger que Megan aborda la dernière semaine de septembre.
Dès le mardi suivant, cependant, Hermione évoqua à nouveau un fâcheux sujet. Megan, Ron, Potter et elle se trouvaient à la bibliothèque, étudiant une liste d'ingrédients pour Snape, lorsqu'elle dit soudainement :
- Je me demandais si tu as repensé au cours de défense contre les forces du Mal, Harry ?
- Bien sûr, répondit Potter d'un air grognon. Difficile d'oublier avec cette harpie qu'on a comme prof...
- Je voulais dire, l'idée qu'on avait eue, Ron, Megan et moi...
Megan lui adressa un haussement de sourcils dubitatif et Ron lui jeta un regard à la fois affolé et menaçant. Elle leur répondit par un froncement de sourcils.
- Bon d'accord, l'idée que j'ai eue de te demander de nous donner toi-même des leçons.
Potter ne répondit pas tout de suite, visiblement passionné par la lecture d'Anti-venins asiatiques de Libatius Borage.
- Oui, bon, je... j'y ai un peu pensé, finit-il par admettre lentement.
- Et alors ? demanda Hermione avec avidité.
- Je ne sais pas.
Il regarda Megan et Ron.
- Moi, j'ai tout de suite trouvé que c'était une bonne idée, affirma ce dernier, qui semblait plus enclin à participer à la conversation, maintenant qu'il était sûr de ne plus voir son meilleur ami se mettre en colère.
Potter, mal à l'aise, se trémoussa sur sa chaise.
- Vous m'avez bien écouté quand je vous ai dit qu'il y avait une énorme part de chance dans tout ça ?
- Evidemment, répondit Megan, sarcastique.
- Oui, Harry, renchérit Hermione avec douceur, mais ce n'est pas une raison pour prétendre que tu n'es pas doué pour la défense contre les forces du Mal, parce que tu as ce don, c'est incontestable. L'année dernière, tu as été l'une des seules personnes à pouvoir résister complètement au sortilège de l'Imperium. Tu es capable de produire un Patronus (Megan se renfrogna), tu sais faire toutes sortes de choses dont même des sorciers d'âge mûr sont incapables. Viktor m'a toujours dit...
Ron tourna la tête vers elle si brusquement qu'il sembla avoir attrapé un torticolis,
- Quoi ? s'exclama-t-il en se massant la nuque. Qu'est-ce qu'il a dit, Vicky ?
- Oh, là, là, répondit Hermione d'une voix lasse, il a dit qu'Harry savait faire des choses que lui-même ne connaissait pas et pourtant il était en dernière année à Durmstrang.
Ron la regarda d'un air soupçonneux.
- Tu n'as pas gardé de contact avec lui, quand même ?
Megan ne put s'empêcher de sourire. Elle voyait fréquemment sa meilleure amie rédiger et recevoir de longues lettres apportées par un hibou suffisamment endurant pour faire les aller-retours entre l'Ecosse et la Bulgarie.
- Et si c'était le cas, qu'est-ce que ça ferait ? répliqua Hermione avec froideur, bien que son teint eût viré au rosé. J'ai le droit d'avoir un correspondant si je...
- Il ne voulait pas seulement être ton correspondant ! s'écria Ron d'un ton accusateur.
Hermione hocha la tête d'un air exaspéré et, sans s'occuper de Ron qui continuait de la fixer, elle reprit à l'adresse de Potter :
- Alors, qu'en penses-tu ? Tu veux bien nous donner des cours ?
- Simplement à toi, à Megan et à Ron, on est d'accord ?
- Oh, ben..., dit Hermione qui parut à nouveau un peu inquiète. Ne... ne commence pas à monter sur tes grands chevaux, s'il te plaît... mais je crois que tu devrais accepter comme élèves tous ceux qui veulent apprendre. Tu comprends, il s'agit de nous défendre contre V-Voldemort – Ron, arrête, tu es ridicule – ce ne serait pas juste si on ne donnait pas la même chance à d'autres.
Potter réfléchit un moment puis répondit :
- Oui, mais à part vous, je ne pense pas que qui que ce soit ait envie de suivre mes cours. Je suis cinglé, ne l'oubliez pas.
- Je crois que tu serais surpris de voir combien de gens ont envie d'entendre ce que tu as à dire, assura Hermione d'un air très sérieux.
Elle se pencha vers lui. Ron, qui continuait de la regarder les sourcils froncés, se pencha à son tour pour écouter et Megan les imita à contrecœur.
- Tu sais que notre première sortie à Pré-au-Lard aura lieu le premier week-end d'octobre ? Qu'en penserais-tu si nous disions à tous ceux qui sont intéressés de nous retrouver au village pour qu'on puisse en parler ?
- Pourquoi faut-il le faire en dehors de l'école ? dénia Ron.
- Parce que, dit Hermione en revenant au schéma du mordeur de Chine qu'elle était en train de copier, je ne pense pas qu'Umbridge serait ravie si elle découvrait ce qu'on prépare.
Enchantée de préparer un sale coup dans le dos de la Grande Inquisitrice, Megan se mit en quête des jumeaux dès le lendemain soir. Elle les trouva dans un couloir du sixième étage, en compagnie de Lee, Chad et Danny, testant leurs produits sur un petit groupe de première année.
- Il faut que je vous parle d'un truc, annonça-t-elle. Ils peuvent rester, ajouta-t-elle en voyant les jumeaux s'apprêter à congédier leurs trois amis. Mais vous, vous dégagez.
Effrayés par celle qu'on désignait encore comme la meurtrière potentielle de Cedric Diggory, le groupe de première année s'enfuit sans demander son reste.
- On va avoir du mal à travailler si tu terrifies nos cobayes, fit observer Fred d'un air amusé.
- Je les menacerai pour vous s'ils n'acceptent plus de faire vos tests, lui promit Megan.
- De quoi tu veux nous parler ? s'enquit joyeusement Danny, peu habitué à être dans les confidences de la jeune fille.
Megan jeta un coup d'œil autour d'elle, aperçut une salle de classe vide, y entraîna les cinq garçons à l'intérieur, ferma la porte derrière elle et y jeta un sort d'insonorisation. Fred, George, Lee, Danny et Chad l'observèrent faire avec inquiétude.
- Vous avez remarqué qu'on n'apprend rien cours de défense contre les forces du mal cette année, lança-t-elle en s'asseyant sur une des tables pour leur faire face.
Tous les cinq hochèrent la tête.
- C'est problématique autant pour les examens qu'on va devoir passer, surtout nous qui sommes en cinquième et septième année, que pour notre avenir en tant que sorciers. Ces cours ne sont pas inutiles, ils sont supposés nous préparer à affronter de véritables ennemis en dehors de Poudlard, ce que le faux Fol Œil avait bien compris.
Danny pinça les lèvres mais ne dit rien.
- Pour y remédier, Hermione a eu une idée. On va organiser nos propres cours de défense contre les forces du mal, dans le dos d'Umbridge. Il faut absolument garder ça secret, bien sûr.
- C'est une super idée ! s'exclama Chad. On va enfin rattraper tout le temps que cette espionne du ministère nous a fait perdre…
Les quatre autres approuvèrent vigoureusement. Megan sourit, ravie que l'idée les séduise : ce petit projet de résistance serait bien plus amusant avec eux à ses côtés.
- On peut en parler à Angelina et Alicia ? demanda Fred.
- Bien sûr, parlez-en à tous ceux que vous jugez dignes de confiance.
- Comment tu vas organiser tout ça ? s'enquit Danny avec engouement. Tu as une idée de salle, d'horaire… ?
- Oh, ce n'est pas moi qui décide de tout ça. Déjà, on propose de faire une première réunion pendant le prochain week-end à Pré-au-lard, à la Tête de Sanglier.
- A la Tête de Sanglier ? répéta Lee, surpris.
- Oui, c'est assez mal famé, mais Hermione a vérifié, ce n'est pas en dehors du périmètre autorisé. Venez nous y rejoindre, on vous expliquera tout une fois là-bas. On essaye de recruter un maximum de gens d'ici-là.
- Quand tu dis « on », lança Chad, tu parles de qui exactement ?
- Moi, Ron Weasley, Hermione Granger et Harry Potter.
Le sourire de Danny s'effaça aussitôt de son visage, et même Chad sembla hésiter.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Ces idiots ont un peu trop lu la Gazette cet été, les rabroua George.
Megan poussa un soupir cette réaction était prévisible.
- Ecoutez, je ne vous demande pas de devenir amis avec Potter, ce n'est pas mon cas d'ailleurs, mais juste de venir écouter ce qu'il a à dire, d'accord ? Ça ne me plaît pas de le reconnaître, mais il n'est pas mauvais dans ce domaine, et ce sera toujours mieux que de se contenter de lire le stupide bouquin d'Umbridge.
- Attends, ce n'est pas toi qui vas donner les cours ? s'exclama Danny.
- Non, c'est Potter.
- Tu n'as jamais vu Megan essayer de faire preuve de patience, elle ferait un horrible professeur, railla Fred.
- Tu n'apprendrais pas à jeter des sorts mais à en recevoir, renchérit George en hochant la tête d'un air grave.
La jeune fille adressa aux jumeaux un geste de la main qu'elle n'aurait pas osé faire en présence de Molly, mais tous trois souriaient. Danny, en revanche, ne semblait pas le moins du monde amusé.
- Je ne veux rien avoir à faire avec lui, affirma-t-il en secouant la tête. Désolé, Megan. Je ne raconterai rien à personne, mais ne compte pas sur moi pour aller l'écouter.
Kevan, que Megan alpagua le lendemain entre son cours de potions et l'heure du déjeuner, eut une réaction similaire. La jeune fille, qui n'avait pas cherché à argumenter avec Danny, s'agaça cette fois.
- Pense ce que tu veux de Potter, mais il n'est pas le guignol mythomane que décrit la Gazette, s'exclama-t-elle. Remettre sa parole en doute, c'est remettre ma parole en doute ! Tu penses que j'ai menti, Kevan ? Que j'ai tout inventé sur Voldemort ? Oh, et arrête de réagir aussi bêtement quand tu entends son nom ! Je l'ai vu, l'année dernière. Tu m'as déjà demandé si tout ça était vrai, je ne vais pas essayer de te convaincre à nouveau, pense ce que tu veux, mais c'est réel. Et cette espèce de club de Défense, c'est le meilleur moyen que tu aies pour t'entraîner. Ou peut-être que tu comptes affronter les Mangemorts avec de la théorie quand ils viendront essayer de te tuer ?
Ce n'était pas dans les habitudes de Megan de faire de si longues phrases, en tout cas pas en présence de Kevan. Le jeune homme l'observa d'un œil critique puis poussa un soupir.
- Je viendrai l'écouter à Pré-au-lard. Et si ça me convainc, je te suivrai. Je ne te promets rien, d'accord ?
Megan acquiesça, mais elle se promit de ne pas lui laisser le choix : qu'il le veuille ou non, elle allait faire en sorte qu'il soit préparé pour la guerre, elle avait bien l'intention de réparer l'erreur qu'elle avait faite en donnant son nom à Voldemort.
Ron et Hermione s'étaient occupés eux aussi de faire passer le mot à des personnes de confiance. De toute évidence, ils allaient être nombreux. Potter, lui, se souciait visiblement d'autre chose. Quelques jours avant l'échéance, il leur confia qu'il s'inquiétait au sujet de Sirius : son parrain avait gardé un silence total depuis son apparition dans la cheminée au début du mois, et le garçon craignait que, malgré leurs vives recommandations, il décide de se présenter à Pré-au-lard et ne soit découvert par Draco ou l'un de ses sbires.
- On ne peut pas lui en vouloir d'avoir envie d'aller se promener, fit remarquer Ron. Il a été en fuite pendant plus de deux ans et je me doute que ça ne devait pas être très drôle, mais au moins il avait une certaine forme de liberté. Et voilà que maintenant, il est enfermé en permanence avec cet elfe épouvantable.
Hermione lança à Ron un regard sévère mais ne releva pas l'insulte faite à Kreacher.
- L'ennui, dit-elle à Potter, c'est que jusqu'à ce V-Voldemort – Ron, ça suffit, je t'en prie – se montre à découvert, Sirius devra rester caché. Ce stupide ministère ne voudra pas admettre que Sirius est innocent tant qu'il n'aura accepté le fait que, depuis le début, Dumbledore disait la vérité à son sujet. Quand ces idiots partiront à nouveau à la chasse aux Mangemorts, ils s'apercevront enfin que Sirius n'en est pas un. Déjà, pour commencer, il ne porte pas la Marque des Ténèbres...
Machinalement, Megan porta la main à son bras gauche. La marque était dissimulée par un sort de Désillusion qu'elle renouvelait régulièrement, mais elle ne parvenait pas à en oublier l'existence.
- Je ne crois pas qu'il soit assez bête pour se montrer, dit Ron d'un ton rassurant. Dumbledore serait furieux s'il faisait une chose pareille et Sirius écoute ce que dit Dumbledore, même si ce qu'il entend ne lui plaît pas.
Le matin du jour où ils devaient aller à Pré-au-Lard, le vent soufflait, mais le ciel était clair. Après le petit déjeuner, ils firent la queue devant le bureau de Filch qui cochait leurs noms sur la longue liste d'élèves autorisés par leurs parents ou leurs tuteurs à se rendre au village.
- Et heu... pourquoi Filch te reniflait comme ça ? demanda Ron à Potter tandis qu'avecMegan et Hermione ils avançaient tous quatre d'un pas vif le long de la grande allée qui menait au portail.
Lorsque le garçon était arrivé devant le concierge, ce dernier l'avait humé longuement avant de faire un bref hochement de tête.
- J'imagine qu'il essayait de détecter une odeur de Bombabouse, répondit Potter avec un petit rire. J'avais oublié de vous dire... Lorsque j'ai envoyé ma lettre à Sirius, il y a un mois, Filch est arrivé comme une furie dans la volière, juste après que le hibou soit parti. Il a exigé de voir mon courrier, parce que je serais soi-disant en train de passer une commande de Bombabouses !
Ron ricana face au ridicule de la situation, mais il s'avéra qu'Hermione trouvait l'anecdote très intéressante, et semblait y attacher beaucoup plus d'importance que les garçons.
- Il a dit qu'on lui avait signalé que tu commandais des Bombabouses ? répéta-t-elle. Mais qui le lui a signalé ?
- Je ne sais pas, répondit Potter en haussant les épaules. Peut-être Malfoy pour faire une blague.
- Tout de suite ! S'exclama Megan. Tu ne peux pas lui foutre la paix ?
Ils passèrent entre les deux grands piliers de pierre surmontés de sangliers ailés et tournèrent à gauche sur la route du village le vent rabattant leurs cheveux sur leur visage.
- Malfoy ? dit Hermione d'un air sceptique, ignorant la remarque de Megan. Oui... peut-être...
Et elle resta plongée dans ses pensées jusqu'à ce qu'ils aient atteint les abords de Pré-au-Lard.
- Où va-t-on ? demanda Potter. Aux Trois Balais ?
- Oh non, dit Hermione qui sortit de sa rêverie, c'est toujours plein de monde et beaucoup trop bruyant. J'ai dit aux autres de nous retrouver à La Tête de Sanglier, c'est un autre pub, vous savez, celui qui n'est pas sur la grand-rue. Je crois que l'endroit est un peu... comment dire... un peu louche... mais généralement les élèves de Poudlard n'y vont pas, alors je pense que nous ne risquons pas d'être entendus par des oreilles indiscrètes.
Ils avancèrent le long de la grand-rue et passèrent devant le magasin de farces et attrapes de Zonko où ils ne furent pas surpris de voir Fred, George et Lee qui leur adressèrent de grands signes. Ron répondit à leur salut, mais il semblait plutôt adressé à Megan, qui leur rendit un sourire éblouissant. Puis ils passèrent devant le bureau de poste d'où des hiboux s'envolaient à intervalles réguliers. Enfin ils s'engagèrent dans une rue latérale au bout de laquelle se trouvait une petite auberge. Une vieille enseigne en bois, suspendue à une potence de fer rouillée, montrait la tête tranchée d'un sanglier qui imbibait de sang le linge blanc sur lequel elle était posée. A mesure qu'ils approchaient, ils entendaient l'enseigne grincer dans le vent. Arrivés devant la porte, Ron, Hermione et Potter hésitèrent un moment.
- Bon, vous venez ? dit Megan d'une voix impatiente.
Et elle entra la première. Le décor n'avait rien à voir avec celui des Trois Balais dont la vaste salle aux lueurs chaleureuses donnait une impression de propreté et de confort. Celle de La Tête de Sanglier était petite, miteuse, crasseuse et imprégnée d'une forte odeur qui faisait penser à des chèvres. Les fenêtres en saillie étaient tellement incrustées de saleté que la lumière du jour avait du mal à les traverser. Le seul éclairage provenait de bouts de chandelles posés sur les tables en bois brut. A première vue, le sol semblait en terre battue mais, en posant le pied dessus, Megan s'aperçut qu'il y avait de la pierre sous les couches de salissures qui paraissaient s'être accumulées depuis des siècles. Accoudé au comptoir, un homme avait la tête entièrement entourée de bandages grisâtres de saleté, ce qui ne l'empêchait pas d'avaler à travers une fente pratiquée devant sa bouche d'innombrables verres d'une substance rougeoyante d'où s'élevaient des volutes de fumée. Deux silhouettes ensevelies sous d'épais capuchons étaient assises à une table, devant l'une des fenêtres, s'exprimant avec un fort accent du Yorkshire. Dans un coin sombre, près de la cheminée, était installée une sorcière enveloppée d'un voile noir et épais qui lui tombait jusqu'aux pieds. On ne distinguait que le bout de son nez qui formait une légère bosse sous le voile.
- Je ne sais pas si c'est vraiment ce qui nous convient, Hermione, marmonna Potter tandis qu'ils s'avançaient vers le comptoir.
Il regardait en particulier la sorcière entièrement voilée.
- Tu ne crois pas qu'Umbridge pourrait se cacher là-dessous ?
Megan évalua d'un coup d'œil la silhouette.
- Umbridge est plus petite que cette femme, dit-elle. Et d'ailleurs, même si Umbridge venait ici, elle ne pourrait rien dire parce que Hermione a vérifié plusieurs fois le règlement de l'école et on n'est pas hors des limites autorisées.
- J'ai demandé au professeur Flitwick si les élèves pouvaient venir à La Tête de Sanglier et il m'a répondu oui, mais m'a fortement conseillé d'apporter nos propres verres,précisa Hermione. J'ai aussi lu et relu tout ce que j'ai trouvé sur le sujet et on a parfaitement le droit d'étudier ou de travailler à ses devoirs en groupe. Mais je ne pense pas pour autant que ce soit une bonne idée d'afficher ce que nous avons l'intention de faire.
- Non, répondit Potter d'un ton sec, surtout qu'il ne s'agit pas vraiment de devoirs.
Le barman sortit d'une arrière-salle et s'approcha d'eux en marchant en crabe. C'était un vieil homme à l'air revêche avec une imposante barbe grise et de longs cheveux de la même couleur. Il était grand et mince et il évoqua à Megan une version de Dumbledore plus crasseuse.
- Quoi ? grogna-t-il.
- Quatre Bièraubeurres, s'il vous plaît, dit Hermione.
L'homme tendit la main sous le comptoir et en retira quatre bouteilles très sales et couvertes de poussière qu'il posa bruyamment devant eux. Megan y jeta un coup d'œil dégoûté.
- Huit Mornilles, annonça-t-il.
- Je m'en charge, dit précipitamment Potter en lui donnant les pièces d'argent.
Le regard du barman se promena sur le visage du garçon, s'attardant une fraction de seconde sur sa cicatrice. Puis l'homme se détourna et déposa l'argent dans une antique caisse enregistreuse en bois dont le tiroir s'ouvrit automatiquement. Megan, Ron, Hermione et Potter s'éloignèrent du bar pour aller s'installer à la table la plus éloignée, en jetant des regards autour d'eux. L'homme aux bandages grisâtres martela le comptoir avec les jointures de ses doigts et le barman lui servit un autre verre rempli du même liquide fumant.
- Vous savez quoi ? murmura Ron en contemplant le bar d'un air enthousiaste. On pourrait commander tout ce qu'on veut ici. Je parie que ce type serait prêt à nous vendre n'importe quoi, il s'en ficherait. Eh, Megan, j'ai toujours voulu goûter du whisky Pur Feu...
- Tu-es-un-préfet, gronda Hermione.
- Ah oui, c'est vrai, admit Ron et son sourire s'effaça.
- Ne t'en fais pas, Ronald, je doute que ce sera ici que tu boiras le meilleur whisky Pur Feu, le consola Megan. Je t'en ferai goûter du vrai.
- Parce que tu en as déjà bu ? s'indigna Hermione.
- Évidemment. Avec... des amis, éluda la jeune fille.
Hermione comprit aussitôt qu'elle faisait allusion à Fred et George. Elle s'apprêtait à la réprimander lorsque Potter intervint, parant une nouvelle dispute :
- Alors, qui doit nous rejoindre ?
Il arracha la capsule rouillée de sa bouteille et but une gorgée de Bièraubeurre.
- Oh, juste deux ou trois personnes, mentit Hermione en consultant sa montre et jetant un coup d'œil inquiet en direction de la porte. Je leur avais dit de venir à peu près à cette heure-ci et je suis sûre qu'ils savent où ça se trouve... Ah, regardez, c'est sûrement eux.
La porte du pub s'était ouverte. Pendant un instant un épais rayon de soleil transperça la poussière et divisa la salle en deux avant de disparaître, occulté par la foule qui entrait. Il y eut d'abord Neville, avec Dean et Lavender, suivis de près par Parvati et Padma Patil en compagnie de Cho Chang et de l'une de ses habituelles amies spécialisées dans les gloussements. Venait ensuite (toute seule et l'air si rêveur qu'elle aurait pu entrer là par hasard) Luna Lovegood. Puis Katie, Alicia et Angelina, Colin et Dennis Creevey, Ernie Macmillan, Justin Finch-Fletchey, Hannah Abbott, Susan Bones, Anthony Goldstein, Michael Corner, Terry Boot, Ginny, un des joueurs de l'équipe de Poufsouffle, Fred et George, accompagnés de Lee Jordan, tous trois chargés de grands sacs en papier remplis de marchandises achetées chez Zonko, et enfin, fermant la marche, Kevan et Chad. Danny n'était effectivement pas venu.
- Deux ou trois personnes ? répéta Potter d'une voix rauque en s'adressant à Hermione. Deux ou trois personnes ?
- En fait, on dirait que l'idée a eu pas mal de succès, répondit-elle d'un ton joyeux. Ron, tu veux bien aller chercher d'autres chaises ?
Le barman s'était figé sur place alors qu'il essuyait un verre avec un torchon si sale qu'il semblait n'avoir jamais été lavé. L'homme n'avait sans doute jamais vu son pub aussi plein.
- Bonjour, dit Fred qui fut le premier à arriver au bar et compta rapidement le nombre de ses camarades. Nous voudrions... vingt-sept Bièraubeurres, s'il vous plaît.
Le barman le regarda un instant avec des yeux flamboyants puis, jetant le torchon d'un air agacé, comme si on l'avait interrompu dans une tâche importante, il entreprit de passer à Fred des bouteilles poussiéreuses qu'il prenait sous le comptoir.
- Merci, dit Fred en les distribuant. Allongez la monnaie, s'il vous plaît, je n'ai pas assez d'or pour payer tout ça...
Avec une certaine satisfaction, Megan regarda les élèves prendre leurs bières des mains de Fred et fouiller dans leurs robes de sorcier à la recherche de monnaie. Il y avait quelque chose d'agréable à observer ces élèves qui ne se connaissaient pas ou presque, réunis par la perspective de lutter contre les méthodes d'Umbridge et de se préparer à faire face au retour de Voldemort. Potter, qui ne semblait du tout aussi satisfait, se tourna vers Hermione.
- Qu'est-ce que tu leur as raconté ? dit-il à voix basse. Qu'est-ce qu'ils veulent de moi ?
- Je te l'ai dit, ils veulent simplement écouter ce que tu as à leur dire, répondit Hermione d'un ton apaisant.
Mais Potter continuait de la regarder avec une telle expression de fureur qu'elle s'empressa d'ajouter :
- Tu n'as pas besoin de faire quoi que ce soit pour l'instant, c'est moi qui leur parlerai d'abord.
- Salut, Harry, dit Neville, le visage rayonnant, en venant s'asseoir face à lui.
Potter lui rendit son sourire mais ne répondit pas un mot. Chang, assise à la droite de Ron, lui adressa un sourire. Son amie, qui avait des cheveux bouclés d'une couleur blonde tirant sur le roux, ne souriait pas du tout. Elle lança à Potter un regard méfiant qui signifiait clairement qu'elle ne serait pas venue si elle avait eu son mot à dire.
Par groupes de deux ou trois, les nouveaux arrivants s'installèrent autour d'eux. Certains paraissaient surexcités, d'autres simplement curieux. Luna Lovegood, elle, regardait dans le vide d'un air rêveur. Kevan semblait toujours aussi sceptique. Sous la table, Megan prit sa main dans la sienne. Lorsque tout le monde eut pris une chaise, les bavardages s'évanouirent et tous les yeux se fixèrent sur Potter.
- Heu..., dit Hermione d'une voix que la nervosité rendait légèrement plus aiguë qu'à l'ordinaire, eh bien, heu... bonjour.
Le groupe reporta son attention sur elle mais les regards continuaient de se tourner régulièrement vers Potter.
- Alors, heu... bon, vous savez pourquoi vous êtes ici. Heu... donc, Harry a eu l'idée... Je veux dire (l'intéressé venait de la fusiller du regard), j'ai eu l'idée... que ce serait peut-être bien pour les gens qui veulent étudier la défense contre les forces du Mal – et je veux dire étudier vraiment, pas se contenter des idioties que nous fait faire Umbridge (la voix d'Hermione devint soudain beaucoup plus forte et plus assurée), parce qu'on ne peut pas appeler ça des cours de défense contre les forces du Mal...
- Bravo, dit Anthony Goldstein, ce qui donna du courage à Hermione,
- Donc. J'ai pensé que nous devrions peut-être prendre nous-mêmes les choses en main.
Elle marqua une pause, lança un regard en biais à Potter, puis continua :
- J'entends par là apprendre à nous défendre pour de bon, pas seulement en théorie, mais en jetant réellement les sortilèges...
- Tu veux quand même réussir l'épreuve de défense le jour des BUSE, non ? dit Michael Corner.
- Bien entendu, répondit aussitôt Hermione. Mais, plus encore, je veux suivre un véritable entraînement défensif parce que... parce que... – elle prit une profonde inspiration avant d'achever sa phrase et sembla trouver du courage dans le hochement de tête que lui adressa Megan – parce que Lord Voldemort est de retour.
La réaction fut immédiate et prévisible. L'amie de Cho poussa un hurlement aigu et renversa de la Bièraubeurre sur sa robe. Terry Boot eut une sorte de spasme. Padma Patil frissonna des pieds à la tête. Neville laissa échapper un étrange glapissement qu'il parvint à transformer en toux, et Kevan écrasa les doigts de Megan. Tout le monde, cependant, regarda fixement Potter, avec même une certaine avidité.
- Enfin... c'est notre projet, en tout cas, reprit Hermione. Si vous décidez de vous joindre à nous, il faudra voir comment nous ferons pour...
- Où est la preuve que Tu-Sais-Qui est de retour ? demanda d'un ton assez agressif le garçon blond qui jouait dans l'équipe de Poufsouffle.
- Eh bien, Dumbledore le croit..., commença Hermione.
- Tu veux plutôt dire que Dumbledore le croit, lui, dit le garçon blond, en désignant Potter d'un signe de tête.
- Et toi, tu es qui ? demanda Ron d'un ton assez grossier.
- Zacharias Smith, répondit le garçon, et j'estime que nous avons le droit de savoir exactement ce qui lui fait dire que Tu-Sais-Qui est de retour.
- Écoute, reprit aussitôt Hermione, ce n'est vraiment pas l'objet de cette réunion...
- Laisse, Hermione, dit Potter. Ce qui me fait dire que Vous-Savez-Qui est de retour ? demanda-t-il en regardant Zacharias droit dans les yeux. C'est que je l'ai vu, tout comme Megan. Mais Dumbledore a déjà raconté l'année dernière à toute l'école ce qui s'était passé et si vous ne l'avez pas cru, lui, alors vous ne me croirez pas, moi, et je n'ai pas du tout l'intention de perdre l'après-midi à essayer de convaincre qui que ce soit.
Tout le monde semblait retenir son souffle pendant qu'il parlait. Même le barman semblait l'écouter : il essuyait le même verre avec son torchon crasseux, en le salissant un peu plus à chaque geste.
- Tout ce que Dumbledore nous a dit l'année dernière, répliqua Smith avec dédain en regardant alternativement Megan et Potter, c'est que Cedric Diggory a été tué par Vous-Savez-Qui et que vous avez ramené son corps à Poudlard. Il ne nous a donné aucun détail, il ne nous a pas expliqué comment Diggory avait été tué et je pense que nous aimerions tous savoir...
- Si tu es venu pour entendre raconter ce qui se passe exactement quand Voldemort assassine quelqu'un, je ne peux rien pour toi, l'interrompit Potter, visiblement furieux. Je ne veux pas parler de Cedric Diggory, d'accord ? Alors ceux qui sont venus pour ça peuvent repartir tout de suite.
Il lança un regard furieux en direction d'Hermione, comme si elle était responsable du comportement du Poufsouffle. Mais personne ne se leva pour partir, même Smith qui continuait de fixer Potter d'un regard intense. Megan leva les yeux vers Kevan. Il avait pincé les lèvres, et était de toute évidence en proie à une grande réflexion. Elle observa un instant l'insigne de préfet-en-chef qui brillait sur sa poitrine. Pourrait-il refuser de participer à cette initiative car elle contrevenait au règlement de l'école ?
- Donc, reprit Hermione, la voix à nouveau suraiguë, comme je le disais... si nous voulons apprendre à nous défendre, nous devons nous organiser, décider de la fréquence des cours l'endroit où...
- C'est vrai que tu arrives à faire apparaître un Patronus ? demanda Susan Bones à Potter.
Un murmure intéressé s'éleva du groupe. Megan se mit à boire de longues gorgées de sa Bièraubeurre.
- Oui, répondit Potter, un peu sur la défensive.
- Un Patronus corporel ?
- Heu...Tu ne connaîtrais pas Mrs Bones, par hasard ?
La fille eut un sourire.
- C'est ma tante, dit-elle. Je m'appelle Susan Bones. Elle a parlé de ton audience disciplinaire. Alors, c'est vrai ? Tu as fait apparaître un Patronus en forme de cerf ?
- Oui.
- Ça alors, Harry ! s'exclama Lee, l'air très impressionné. Je ne savais pas du tout !
- Maman a demandé à Ron de ne pas répandre la nouvelle, déclara Fred en souriant à Potter. Elle dit que tu attires suffisamment l'attention comme ça.
- Elle n'a pas tort, marmonna le garçon.
Il y eut quelques éclats de rire. La sorcière voilée remua légèrement sur sa chaise. Megan fit la moue. Elle n'avait pas prévu de faire de cette réunion un éloge des maigres capacités magiques de Potter.
- Et toi, tu as vraiment tué un Basilic avec l'épée qui se trouve dans le bureau de Dumbledore ? demanda Terry Boot en se tournant vers elle. C'est ce que m'a dit l'un des portraits quand je suis allé là-bas, l'année dernière...
- Exact, répondit-elle placidement.
- C'est comme ça qu'elle et Harry m'ont sauvé la vie, ajouta Ginny en leur souriant.
Justin Finch-Fletchey émit un sifflement. Les frères Creevey échangèrent des regards ébahis et Lavender Brown laissa échapper un « Wouao ! » à mi-voix. Megan hocha discrètement la tête en direction de Ginny. Sa remarque était courageuse : elle savait que son amie ne souhaitait pas être perçue comme « la fille qui a été emmenée dans la Chambre ».
- Et à la fin de notre première année, dit Neville en s'adressant à tout le monde, il a arraché la pierre phénoménale...
- Philosophale, souffla distraitement Megan, sans se lancer dans des explications pour leur rappeler qu'il n'avait pas accompli seul cet exploit.
- C'est ça, oui... à Vous-Savez-Qui, acheva Neville.
Hannah Abbott ouvrit des yeux ronds comme des Gallions.
- Et il ne faut pas oublier, sourit Chang (les yeux de Potter se tournèrent instantanément vers elle), toutes les tâches qu'il a accomplies l'année dernière pendant le Tournoi des Trois Sorciers – en affrontant des dragons, des êtres de l'eau, l'Acromentula et tout le reste...
Un murmure approbateur et admiratif s'éleva autour de la table. Potter semblait ravi de ces louanges émises par la fille qui lui plaisait.
- Écoutez, reprit-il, et tout le monde se tut à l'instant même. Je... je ne veux pas jouer les faux modestes mais j'ai toujours bénéficié de beaucoup d'aide au moment où je faisais tout ça...
- Pas avec le dragon, en tout cas, dit aussitôt Michael Corner. Ça, c'était une sacrée démonstration de vol...
Megan se retint d'intervenir pour leur fait remarquer qu'il n'aurait pas été aussi impressionnant si Fol Œil ne lui avait pas dit d'utiliser son balai.
- Bon, d'accord, admit Potter.
- Et personne ne t'a aidé à te débarrasser de ces Détraqueurs l'été dernier, fit remarquer Susan Bones.
- Non, non. Bon, O.K., je sais que j'ai réussi certaines choses sans aucune aide, mais ce que je voudrais vous faire comprendre, c'est...
- Tu essayes de te défiler pour ne pas nous montrer ce que tu sais faire ? intervint Smith.
- Tiens, j'ai une idée pour toi, dit Ron à haute voix, avant que Potter ait pu répondre, et si tu la fermais ?
Peut-être que l'expression « se défiler » avait particulièrement choqué Ron. En tout cas, il regardait à présent Smith comme si rien ne lui aurait fait davantage plaisir que de l'assommer. L'intéressé devint écarlate.
- Enfin, quoi, dit-il, on vient tous ici pour qu'il nous apprenne des choses et là-dessus, il nous raconte qu'il ne sait rien faire du tout.
- Ce n'est pas ce qu'il a dit, grogna Fred.
- Tu veux qu'on se charge de te laver les oreilles ? demanda George en sortant d'un des sacs de chez Zonko un long instrument de métal à l'aspect meurtrier.
- Ou n'importe quelle autre partie de ton corps, nous on n'est pas difficiles, on veut bien te coller ça où tu voudras, ajouta Fred.
- Bien, alors, reprit précipitamment Hermione, essayons d'avancer... Le premier point, c'est : sommes-nous tous d'accord pour suivre des cours que nous donnerait Harry ?
Il y eut un murmure général d'approbation. Smith croisa les bras sans rien dire, trop occupé sans doute à surveiller l'instrument que Fred tenait à la main. Kevan et Chad jetèrent un coup d'œil à Megan, qui leur adressa un léger hochement de tête. Elle était heureuse de constater qu'ils n'opposaient pas de résistance à ce projet.
- Bien, dit Hermione, soulagée que quelque chose ait enfin été décidé. Alors, la question suivante, c'est à quel rythme va-t-on le faire ? A mon avis, il faut au moins une séance par semaine, sinon ça ne vaut pas le coup...
- Attends un peu, coupa Angelina. Nous devons être sûrs que ça ne va pas se télescoper avec notre entraînement de Quidditch.
- Ni avec le nôtre, dit Chang.
- Ni avec le nôtre, ajouta Smith.
- Je suis certaine qu'on peut trouver une soirée qui convienne à tout le monde, dit Hermione, un peu agacée. Vous savez, c'est quand même assez important, il s'agit d'apprendre à nous défendre contre les Mangemorts de V- Voldemort...
- Bien dit ! aboya Ernie Macmillan. Personnellement, je pense que c'est très important, peut-être même plus important que tout ce que nous aurons à faire d'autre cette année, même avec les BUSE qui nous attendent !
Il promena autour de lui un regard impérieux, comme s'il s'attendait à ce que tout le monde s'écrie : « Sûrement pas ! » Mais voyant que personne ne disait rien, il poursuivit:
- En ce qui me concerne, je ne comprends pas pourquoi le ministère nous a imposé un professeur aussi incompétent dans une période aussi critique. De toute évidence, ils nient le retour de Vous-Savez-Qui mais de là à nous donner un enseignant qui nous empêche systématiquement d'utiliser des sortilèges de défense...
- Nous pensons que la raison pour laquelle Umbridge ne veut pas nous former à la défense contre les forces du Mal, dit Hermione, c'est qu'elle a... une sorte d'idée folle selon laquelle Dumbledore pourrait se servir des élèves de l'école pour constituer une sorte d'armée privée. Elle pense qu'il cherche à nous mobiliser contre le ministère.
Tout le monde ou presque sembla stupéfait. Tout le monde sauf Luna Lovegood qui lança :
- C'est assez normal, après tout, Cornélius Fudge lui aussi dispose de sa propre armée.
- Quoi ? s'exclama Potter, l'air abasourdi.
- Oui, il a une armée d'Héliopathes, déclara solennellement Lovegood.
- Non, ce n'est pas vrai, répliqua Hermione d'un ton sec.
- Bien sûr que si, insista Luna.
- C'est quoi, des Héliopathes ? demanda Neville, intrigué.
- Ce sont des esprits du feu, répondit Lovegood, dont les yeux exorbités s'arrondirent en lui donnant l'air plus fou que jamais, de grandes créatures enflammées qui galopent droit devant elles en brûlant tout sur leur passage...
- Ces créatures n'existent pas, Neville, affirma Hermione d'un ton acerbe.
- Si, elles existent ! protesta Lovegood avec colère.
- Je suis navrée, mais as-tu la preuve de leur existence ?
- Il y a plein de témoignages. Tu es tellement bornée qu'il faut toujours tout te mettre sous le nez pour que tu y croies...
- Hum, hum, dit Ginny, dans une si bonne imitation du professeur Umbridge que plusieurs d'entre eux se tournèrent vers elle d'un air affolé avant d'éclater de rire. N'étions-nous pas en train de décider du rythme de nos cours de défense ?
- Si, dit aussitôt Hermione. Tu as raison, Ginny.
- Une fois par semaine, ça paraît bien, approuva Lee.
- Du moment que..., commença Angelina.
- Oui, oui, on est au courant pour le Quidditch, l'interrompit Hermione d'une voix tendue. Bon, l'autre chose à déterminer c'est l'endroit où ça se passera...
La question était plus difficile et tout le monde garda le silence.
- La bibliothèque ? suggéra Katie au bout d'un moment.
- On peut à peine y respirer sans se faire réprimander par la mère Pince, je doute qu'elle nous laissera y lancer des sorts, répondit Megan.
- Peut-être une classe inutilisée ? proposa Dean.
- Oui, approuva Ron. McGonagall nous laissera peut- être la sienne, elle l'avait déjà fait quand Harry s'entraînait pour le Tournoi des Trois Sorciers.
Il y avait cependant peu de chances qu'elle accepte cette fois-ci : leur initiative était ouvertement opposée à l'enseignement d'Umbridge, et le professeur de métamorphose avait laissé sous-entendre à Megan qu'une telle attitude ne saurait être encouragée.
- Bon, alors, on essayera de trouver autre chose, dit Hermione. Nous enverrons un message à tout le monde lorsque nous aurons fixé une date et un lieu pour le premier rendez-vous.
Megan se mit à fouiller dans son sac. Elle en sortit une plume et le parchemin qu'elle et Hermione avaient préalablement enchanté, puis balaya l'assemblée d'un regard sévère. Plusieurs élèves s'agitèrent sur leurs chaises, mal à l'aise. Satisfaite de son effet, elle déclara :
- On va tous écrire nos noms, pour savoir qui était présent à cette première rencontre. Mais que ce soit bien clair, ce projet est une forme d'opposition à Umbridge et au ministère, et c'est uniquement comme cela qu'il sera perçu s'il est découvert, donc personne ne doit en parler. Si vous signez, vous vous engagez à ne rien révéler, que ce soit à Umbridge ou à qui que ce soit d'autre.
Neville dé et Hermione échangèrent un coup d'œil satisfait : étant donnée la peur que la jeune fille inspirait à la majorité des élèves de Poudlard, le maléfice jeté sur le parchemin ne s'avérerait peut-être pas nécessaire.
Fred tendit la main vers le document vierge et écrivit son nom de bonne grâce mais Megan remarqua que certains ne paraissaient guère enthousiastes à l'idée d'ajouter leur nom à la liste.
- Heu... dit lentement Smith sans prendre le parchemin que George lui passait. En fait, il suffira qu'Ernie me dise à quel moment aura lieu la prochaine réunion.
Mais Ernie, lui aussi, avait l'air d'hésiter à signer. Megan et Hermione le regardèrent en haussant les sourcils.
- Je... Enfin, bon, nous sommes préfets, s'exclama Ernie. Et si jamais cette liste était découverte... Je veux dire...Tu nous as avertis toi-même, Meganna, si Umbridge s'aperçoit...
- Tu viens d'affirmer que ce groupe était la chose la plus importante que tu aurais à faire cette année, lui rappela Potter.
- Je... Oui, répondit Ernie, oui, je le crois. Simplement...
- Macmillan, tu penses vraiment qu'on va s'amuser à laisser traîner cette liste ? lança Megan d'un air menaçant.
- Non, bien sûr que non, répondit le garçon, qui sembla un peu moins anxieux. Je... Oui, bien sûr, je vais signer.
Après lui, plus personne ne souleva d'objection. Lorsque la dernière personne – en l'occurrence, Smith – eut signé, Megan reprit le parchemin et le glissa précautionneusement dans son sac. Elle sentit les effets du sortilège agir autour de la table à l'insu de ses camarades. Sans le savoir, tous venaient de signer un pacte.
- Bon, le temps passe, dit brusquement Fred en se levant. George, Lee et moi devons faire des achats d'une nature un peu délicate. Alors, à plus tard.
Par groupes de deux ou trois, les autres s'en allèrent à leur tour.
- Merci, souffla Megan à Kevan avant de l'embrasser furtivement.
- Je crois que ça s'est bien passé, dit Hermione d'un air joyeux quelques instants plus tard.
Tous les quatre avaient quitté La Tête de Sanglier et marchaient au soleil, Ron et Potter tenant toujours à la main leur bouteille de Bièraubeurre.
- Ce Zacharias est un vrai furoncle, dit Ron en regardant d'un œil noir la silhouette de Smith qu'on apercevait au loin.
- Moi non plus, je ne l'aime pas beaucoup, dit Hermione mais il m'a entendue parler à Ernie et Hannah, à la table de Poufsouffle, et il avait l'air d'avoir très envie de venir, alors qu'est-ce que je pouvais dire ? En fait, plus on est, mieux ça vaudra – par exemple Michael Corner et ses amis ne seraient pas venus si Michael ne sortait pas avec Ginny...
Ron, qui était en train de boire les dernières gouttes de sa bouteille, avala de travers et aspergea de Bièraubeurre le devant de sa robe.
- Il QUOI ? bredouilla-t-il, scandalisé, les oreilles semblables à deux tranches de bœuf cru. Elle sort avec... Ma sœur sort... qu'est-ce que tu veux dire par là, Michael Corner ?
- C'est précisément pour ça qu'il était là avec ses amis... Bien sûr, ça les intéresse d'apprendre à se défendre, mais si Ginny n'avait pas dit à Michael ce qui se préparait...
- Et quand est-ce que... qu'elle... ?
- Ils se sont rencontrés au bal de Noël et ont décidé de rester ensemble à la fin de l'année dernière, répondit Megan sur un ton détaché, résumant ce que Ginny lui avait raconté au cours de l'été.
Ils avaient rejoint la grand-rue, à présent, et Hermione s'arrêta devant le magasin de plumes Scribenpenne dont la vitrine exposait d'élégantes plumes de faisan.
- Mmmm... J'aurais bien besoin d'une nouvelle plume, dit-elle.
Elle entra dans la boutique, suivie de Megan, Ron et Potter.
- C'était lequel, Michael Corner ? demanda Ron, furieux.
- Le brun, répondit Hermione.
- Il ne me plaît pas du tout, dit aussitôt Ron.
- Ça, c'est étonnant, murmura Megan en parcourant des yeux les différentes plumes mises en vente.
- Je croyais qu'elle avait un faible pour Harry ! dit Ron qui suivait Hermione le long d'une rangée de plumes présentées dans des pots en cuivre.
La jeune fille hocha la tête en le regardant avec une certaine commisération.
- Ginny avait un faible pour Harry mais elle a renoncé à lui il y a plusieurs mois. Ça ne veut pas dire qu'elle ne t'aime pas, bien sûr, ajouta-t-elle aimablement à l'adresse de Potter, tout en examinant une longue plume noir et or.
Le garçon ne semblait pas le moins du monde intéressé par ces nouvelles.
- C'est pour ça qu'elle me parle, maintenant ? demanda-t-il distraitement à Hermione. D'habitude, elle ne disait jamais rien devant moi...
- Exactement, répondit Megan. Moi, je crois que je vais prendre celle-ci...
Hermione et elle se rendirent au comptoir payer leurs nouvelles plumes. Derrière elles, Ron, qui ne lâchait plus Hermione d'un pas, respirait bruyamment dans la nuque de cette dernière. Il était si près que Megan lui marcha sur le pied en se retournant.
- Ronald, dit-elle d'un ton agacé, voilà exactement la raison pour laquelle Ginny ne t'a pas raconté qu'elle sortait avec Corner, elle savait que tu le prendrais mal.
- Alors, pour l'amour du ciel, cesse de radoter avec ça, ajouta Hermione, exaspérée.
- Qu'est-ce que ça signifie ? Qui prend les choses mal ? Je radote pas du tout..., marmonna Ron tout au long de la grand-rue.
Ils regagnèrent le château au doux son des râleries du garçon. Filch et ses soupçons de commandes de Bombabouses semblaient réellement tracasser Hermione. Le soir-même, dans le dortoir, alors qu'elle s'était attelée à la rédaction d'une réponse à la dernière lettre de Krum, la jeune fille fut surprise plusieurs fois par Megan à fixer le vide en fronçant les sourcils.
- Tu vas me dire ce que tu as dans la tête ? lança son amie.
- Tu ne trouves pas ça louche, toi ? Pourquoi est-ce que Filch penserait que Harry commande des Bombabouses ? Tu penses vraiment que c'est une idée de Malfoy ?
- Non, Draco ferait mieux que ça, comme blague. Quand il s'agit de pourrir la vie de Potter, il est foutrement inventif.
Et si le Choixpeau magique ne s'était pas laissé corrompre par Dumbledore, Megan aurait probablement contribué à élaborer ces mauvais tours.
- Ce n'est pas faux…, murmura Hermione. Mais alors qui lui aurait donné cette fausse piste ?
- Ce n'était peut-être pas une fausse piste, suggéra Megan.
- Ne sois pas stupide, Harry ne passait vraiment une commande de Bombabouses, il envoyait une lettre à Sirius.
- Merci, je sais. Ce que je veux dire, c'est que Filch savait peut-être pertinemment qu'il n'y avait pas l'ombre d'une commande dans cette enveloppe.
Hermione écarquilla les yeux.
- Tu penses qu'il voulait lire son courrier !
- Je pense que Filch se fiche du courrier de Potter, mais qu'il pourrait bien avoir agi sur les ordres de quelqu'un d'autre.
- Filch ne prend ses ordres que de Dumbledore ou des professeurs… Si tu penses à Snape, je t'ai déjà dit que –
- Non, je pense plutôt à Umbridge.
Les yeux de Hermione s'écarquillèrent encore un peu plus. De toute évidence, elle partageait son point de vue. Toutes deux ne firent cependant pas part de leurs réflexions à Ron et Potter, préférant se changer les idées pour le moment. Les garçons avaient du retard dans les devoirs, aussi ils y consacrèrent la majeure partie de leur dimanche, mais choisirent de s'installer au bord du lac, à l'ombre d'un hêtre, plutôt que de s'enfermer dans la salle commune alors que les derniers éclats du soleil d'automne persistaient derrière les fenêtres. Hermione et Megan avaient bien sûr terminé leurs propres devoirs. La première emporta ses pelotes de laine et ses aiguilles, et la seconde de quoi écrire une lettre.
Le courrier de Percy l'avait blessée d'une manière à laquelle elle ne s'attendait pas. Malgré le peu d'affection qu'elle éprouvait pour le troisième fils des Weasley, elle s'était aperçue combien il lui était douloureux pour elle que l'un des membres de cette grande famille qu'elle considérait comme la sienne soit opposé à elle. La méfiance que Bill avait témoigné à son égard au cours de l'été n'étant plus un événement isolé, elle avait décidé de prendre les devants avec Charlie : si lui aussi la considérait comme une menace, elle préférait l'apprendre tout de suite, de sa propre initiative, espérant que cela la blesserait alors moins.
Charlie,
Ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vus un an. J'espérais te voir pendant la première tâche du Tournoi des trois sorciers, mais je n'ai pas eu cette chance. Je viens donc aux nouvelles : comment ça se passe, en Roumanie ? J'imagine que tu dois être très occupé, surtout depuis que tu as de nouvelles tâches à accomplir.
Impossible de lui demander noir sur blanc s'il rencontrait des difficultés dans sa mission de recrutement pour l'Ordre du Phénix à l'étranger. Elle espéra qu'il comprendrait où elle voulait en venir.
Ici, c'est assez mouvementé. Nous avons un nouveau professeur de défense contre les forces du mal, une espèce de crapaud potelé et borné venu tout droit du ministère essayer de nous faire avaler des couleuvres. Ce n'est pas franchement une réussite, d'ailleurs. Ce qui est plus réjouissant, c'est Ron qui a intégré l'équipe de Quidditch, ce que tu sais probablement déjà. Il se débrouille bien. Avec Fred et George qui quitteront Poudlard à la fin de l'année, c'est une bonne chose de savoir qu'il y aura toujours un Weasley dans l'équipe.
Je ne sais pas si ton travail te permettra de revenir prochainement au Royaume-Uni. Un de ces jours, en tout cas, j'aimerais bien venir visiter ta réserve.
Ne t'en fais pas : si tu penses, comme Percy ou même Bill, que je suis une menace pour ta famille et qu'il faut se tenir à bonne distance de moi pour ne pas finir comme Cedric Diggory, tu n'es pas obligé de répondre à cette lettre.
Megan.
Cette lettre-ci, elle serait bien contente qu'Umbridge la lise, se dit la jeune fille en roulant le parchemin.
