Chapitre 24 : La vengeance
*** Emma ***
Une semaine venait de passer depuis le week end du match et presque tout Poudlard s'était dédié aux révisions. La pression était encore plus intense pour les cinquième et les septième années qui passaient leurs diplômes. En ce dernier dimanche avant les deux semaines d'examens qui allaient suivre, les élèves avaient pu avoir un premier aperçu de leurs examinateurs, entre autres le professeur Marchebank et le professeur Tofty. Le soir dans la salle commune, un peu tout le monde entreprit de se lancer dans des révisions de dernières minutes. Emma même si elle n'avait pas envisagé d'en faire autant, resta tout de même afin d'aider ses amis. Même Stephen Cornfoot lui demanda des conseils pour un sortilège dont il ne se souvenait plus l'origine alors qu'il ne lui avait plus adressé la parole depuis le match. A onze heure du soir, la jeune fille convainquit ses amis d'aller se coucher afin de ne pas être trop épuisés le lendemain. Ce soir là, Padma, Mandy et Emma s'endormirent plutôt rapidement.
Cependant, environ une heure plus tard cette dernière fut brutalement tirée de son sommeil. En effet, une brûlure fulgurante avait traversé sa main et des écritures qu'elle ne connaissait que trop bien, apparurent sur le dos de celle-ci. Emma comprit tout de suite de quoi il s'agissait. Au bout de sept jours sans qu'il ne se passe quelque chose, elle avait pensé qu'au final Drago avait abandonné son idée de vengeance. Ce dernier se contentant juste d'éviter la jeune fille, car en effet, les deux adolescents ne s'étaient plus reparlés depuis leur conversation le jour du match. Il en était de même pour Théodore, même si par moment elle surprenait son regard posé sur elle.
En tout cas, Drago Malefoy avait choisi la veille des BUSE afin d'exercer sa vengeance. La jeune fille décida de ne pas entrer dans son jeu et de faire comme si de rien n'était . Le lendemain, elle n'irait pas le voir pour lui rendre des comptes comme le Serpentard devait s'y attendre. Elle ne lui adresserait même pas un regard. Ce fut sur cette pensée que tenta de nouveau de s'endormir Emma, en espérant que la douleur ne réapparaisse pas. Ce qui ne fut pas le cas puisque quelques minutes plus tard, la cicatrice se dévoila de nouveau et ce, à plusieurs reprises.
Le premier jour des BUSE commença plutôt bien pour la Serdaigle, qui comme prévu n'accorda aucune attention à Drago Malefoy installé non loin d'elle, les élèves étant placés par ordre alphabétique. A cause de cela, la jeune fille devait se résoudre à passer presque toutes les épreuves pratiques en même temps que Drago et Théodore, leurs trois noms se suivant. Emma était plutôt contente de sa première journée d'examen qui était consacrée aux Sortilèges. Comme la veille, des révisions de dernières minutes furent improvisées le soir. Comme la veille, Emma ressentit de nouveau cette brûlure qui lui agressait le dos de la main. Elle se demanda alors combien de soirs cela allait-il durer. Le Serpentard n'avait-il rien d'autre à faire que de s'amuser à embrasser des filles ? Elle avait entendu le verre à vin que le blond devait faire léviter se fracasser lors de l'épreuve pratique du jour. Il ferait mieux de s'occuper de ses BUSE, pensa alors Emma, un peu plus en colère que la veille.
Le troisième soir alors que son fiancé poursuivait sa vengeance, Emma se demanda avec qui le Serpentard pouvait bien s'amuser de la sorte. Elle pensa aussitôt à Parkinson qui elle s'en doutait, devait attendre ce moment depuis bien longtemps. La Serdaigle savait tout de même qu'il avait déjà dû se passer quelque chose entre ces-deux là l'année d'avant lorsqu'ils étaient allés au bal de Noël ensemble. Drago aurait-il pris le risque de faire de nouveau espérer cette sangsue de Parkinson juste pour se venger de sa fiancée ?
Les jours suivants, même si la jeune fille se concentrait en priorité sur ses BUSE, ses révisions et l'aide de dernière minute qu'elle pouvait apporter à ses amis, elle ne put s'empêcher d'observer Parkinson. Drago n'avait toujours pas cessé sa « vengeance » et la main de la jeune fille commençait à garder une teinte rouge permanente. Emma eut alors un doute sur l'identité de la personne qui passait toutes ses soirées avec le blond. En effet, si Parkinson avait été cette dernière, ne l'aurait-elle pas crié sur tous les toits ? Mais peut-être Drago lui avait-il intimé de garder le secret. Alors pourquoi Parkinson avait-elle toujours le même air que d'habitude ? Pour quelqu'un qui voyait son rêve se réaliser, elle n'avait pas vraiment l'air très heureuse. Emma supposa alors que ses BUSE ne devaient pas se passer si bien que ça. Elle aussi ferait mieux de réviser ses BUSE le soir, pensa alors la Serdaigle de plus en plus agacée par cette soi-disant vengeance qui entachait ses nuits.
Cette machination continua même le week-end suivant alors qu'aucun examen ne s'y déroulait. Désormais, Emma ne pouvait plus s'empêcher de jeter des regards noirs à son fiancé les rares fois où ils se croisaient, ce dernier affichant enfin un regard de satisfaction. La jeune fille avait failli dans sa stratégie, le Serpentard sachant maintenant à quel point cela l'agaçait.
Le dimanche matin au petit déjeuner, la Serdaigle entreprit d'observer la table des Serpentard. Drago toujours affublé de Crabbe et Goyle, arborait un sourire de contentement entre deux bouchées de bacon. Il discutait avec Blaise Zabini et Théodore, qui dos à Emma ne pouvaient pas la voir les observer. Quand le regards des deux fiancés se croisèrent, Drago eut un sourire en coin alors qu'Emma lui dédiait des yeux foudroyants. Elle rompit le contact visuel afin d'observer Parkinson qui attablée auprès de Daphné et de Millicent Bulstrode, se contentait de dévorer ses œufs à la coque, renforçant alors plus que jamais sa ressemblance avec un bouledogue.
Puis la jeune fille eut dans son champ de vision Astoria, qui un air béat sur le visage regardait en direction de Drago. Et là ce fut un choc pour Emma qui pendant une minute imagina Drago et Astoria ensemble. Il n'aurait tout de même pas osé faire ça. Pour se rassurer, elle décida de parler à sa jeune amie durant la journée.
- Astoria ! interpella la Serdaigle alors que la plus jeune était installée sous un arbre, révisant ses interrogations de fin d'année.
- Oh, bonjour Emma ! Comment vas-tu ? la salua-t-elle en fermant son livre de divination.
- Ca peut aller et toi ? répondit Emma en s'asseyant près de son amie.
- Très bien ! fit Astoria avec un grand sourire. Comment s'est passée cette première semaine ? Le niveau n'est pas trop haut ?
- Je suis plutôt satisfaite de ce que j'ai fait. Mis à part en botanique où je me suis faite mordre en plusieurs fois par un Géranium Dentu, expliqua la Serdaigle.
- Tant mieux ! En même temps je ne doutais pas vraiment de toi.
- Et toi ? Quoi de neuf ? questionna alors Emma.
- Pas grand chose. Je me consacre aux révisions pour les interrogations finales. Rien de très réjouissant, assura Astoria.
- Tu as pourtant un air radieux, remarqua la Serdaigle.
- La fin d'année a toujours eu cet effet là sur moi ! J'ai hâte d'être en vacances. Tu sais ce que tu vas faire toi pour les vacances ?
- Je vais en Amérique du Sud, avoua la jeune fille qui tentait de cacher son air renfrogné en voyant que la Serpentard changeait de sujet. Et toi ?
- Ce n'est pas vraiment sûr mais on ira peut-être voir de la famille en France.
- Qui sait, tu te trouveras peut-être un beau petit français ! la taquina Emma en attaquant le sujet des garçons, ce qui fit rougir Astoria.
- Tu sais bien que c'est un anglais que j'ai en tête, fit alors la plus jeune avec un petit rire gêné.
- Je sais... D'ailleurs, je t'ai vu le regarder ce matin, aborda directement le sujet la Serdaigle, intensifiant aussitôt la rougeur aux joues de son amie.
- Il faudrait que je fasse attention si c'est si visible que ça... s'inquiéta la Serpentard avant que quelques secondes de silence ne passent.
- Il ne s'est rien passé depuis la soirée ? Vous vous êtes reparlés ? voulut savoir Emma en fixant d'un air sérieux son interlocutrice dont les traits s'étaient soudain tirés.
- Hum... pas vraiment. A mon plus grand malheur ! avoua alors Astoria avec un sourire triste. Pourquoi tu me demandes ça ?
- Pour savoir...
- Et toi ? Théodore et toi, vous ne vous êtes plus adressés la parole depuis votre dispute ? s'intéressa alors la Serpentard à qui Emma avait justifié son éloignement avec Théodore par une dispute.
- Non et je ne pense pas que ça changera.
- C'est dommage... Il y avait l'air d'avoir un truc entre vous pourtant.
- Un truc ? s'étonna Emma.
- Oui, quelque chose qui fait dire qu'entre vous ça aurait été spécial.
- Et c'est ton livre de divination qui te dit ça ! s'agaça un peu Emma en désignant de la tête le malheureux livre.
- Désolée, je ne fais que te dire ma façon de voir les choses, s'excusa alors la Serpentard l'air un peu penaud.
- Et si tu veux savoir ma façon de voir les choses, tu devrais oublier Drago Malefoy une bonne fois pour toute ! Ce type n'est pas fait pour toi. Tu mérites mieux, lâcha Emma avec franchise.
- C'est plus facile à dire qu'à faire... Mais je te l'ai déjà dit, ne te fie pas aux apparences, il n'est pas comme il le laisse paraître, réfuta Astoria.
- Ah oui ? J'ai entendu dire qu'il s'amusait avec une fille en ce moment. Voilà un comportement idéal ! ironisa la Serdaigle après avoir lâché cette information qu'elle seule savait.
- Où as-tu entendu ça ? demanda alors Astoria après un sursaut. Tu sais, des rumeurs il y en a pas mal, ce n'est peut-être pas véridique.
- Eh bien à moi, ça ne me surprendrait pas, assura Emma en fixant son amie.
- De toute façon qu'est-ce que ça peut nous faire ! Il fait ce qu'il veut, conclut alors la plus jeune avec une voix faible.
- Je suis désolée, j'aurais sans doute dû m'abstenir de te le dire, s'excusa Emma qui s'en voulut alors d'avoir peut-être fait souffrir cette jeune fille qui après tout était raide dingue du blond.
- Ne t'inquiète pas, ce n'est rien, la rassura Astoria. Tu m'excuseras mais il faut que j'aille rejoindre un camarade de classe dans ma salle commune. Je lui ai promis de l'aider en Métamorphose, ajouta-t-elle en se levant et en époussetant sa jupe afin d'enlever l'herbe qui s'y était accrochée.
- Pas de problème ! Je vais en faire de même, mes révisions de Potions m'attendent, fit Emma en se levant à son tour.
Les deux jeunes filles se dirigèrent ensemble vers le château et se séparèrent au niveau du hall d'entrée, se souhaitant bon courage pour leurs examens respectifs. Emma ne savait pas vraiment quoi penser. Astoria lui avait clairement dit qu'il ne s'était rien passé entre Drago et elle et avait même l'air affecté que Drago s'amuse avec une autre. Pourquoi lui aurait-elle menti ? Peut-être que Drago lui avait demandé de ne rien dire, sachant leur amitié. Mais elle ne pensait pas que sa jeune amie était assez bête pour tomber dans le piège qu'avait vraisemblablement tendu Drago Malefoy à la fille avec qui il « s'amusait ».
*** Drago ***
Le jour du match
En arrivant dans la salle commune commune des Serpentard, Drago Malefoy vit Théodore qui fixait le vide, affalé sur un des fauteuils ouvragés de la pièce située sous le lac. Une bouffée de rage monta en lui mais il tenta de reprendre le dessus avant de s'avancer vers son camarade.
- Plutôt affligeant comme match, l'aborda-t-il en se postant devant lui alors qu'il s'appuyait sur un des accoudoirs du fauteuil en face du brun.
- C'est clair ! C'est plutôt suspect d'ailleurs que Weasley ne se réveille que maintenant ! répondit Théodore avec un entrain sans doute feint. Et cette reprise de ta chanson qu'ils n'arrêtent pas de chanter est insupportable.
- Les originales sont toujours les meilleures, se contenta de répondre Drago. T'as une fois de plus déserté les gradins Serpentard, enchaina-t-il alors.
- Ouai, j'ai rejoint Stephen et Kévin, répondit simplement le brun dont le regard s'assombrissait.
- Ce ne serait plutôt pas Oreiro qui t'intéressait le plus là bas ? attaqua alors le blond avec un sourire en coin.
- Possible.
- Quand est-ce que tu comptes conclure ? ajouta Drago sachant pertinemment qu'il enfonçait le couteau dans la plaie.
- Jamais, souffla le brun avec conviction en se levant.
- Ne me dis pas que le grand Théodore Nott s'est fait rejeté par une fille ! théâtralisa le blond alors que son camarade le fixait.
- Il faut bien que ça arrive un jour ! Tiens-moi au courant quand ce sera ton tour, taquina le concerné en tapotant l'épaule de son camarade de maison avant de se diriger vers son dortoir.
Théodore ne vit pas le sourire de satisfaction qu'arborait Drago tandis que les deux adolescents étaient désormais dos à dos. Maintenant qu'il s'était assuré de remuer le couteau dans la plaie de son camarade, il pouvait passer à la seconde étape de sa vengeance. Il n'allait rien laisser passer cette fois-ci. Sa fiancée subira la même chose qu'elle lui avait fait subir, voire un peu plus...
Le soir même, Drago attendait le moment propice pour faire part à Pansy de ses intentions. Bien sûr il ne lui dirait pas toute la vérité, lui proposant juste une ou deux semaines de distraction afin d'évacuer la pression des examens. Il connaissait Pansy et savait qu'elle était toujours attirée par lui malgré leur pseudo- rupture. En effet, il n'y avait pas réellement eu de rupture entre eux puisqu'il n'y avait tout simplement pas vraiment eu de relation. Ils avaient juste été deux amis ayant découvert ensemble les plaisirs du corps humain. C'était d'ailleurs pour cela qu'il avait directement pensé à la jeune fille pour exercer sa vengeance, persuadé que l'absence d'engagement ne la dérangerait en aucun cas.
Afin de combler l'attente du moment idéal pour intercepter Pansy, le blond se mit à jouer aux échecs contre Blaise Zabini. Au fur et à mesure que le jeu avançait, il se concentra de plus en plus sur celui-ci ne s'attendant pas à ce que Zabini soit un candidat aussi redoutable puisque d'habitude il le battait en un rien de temps. En général, lorsqu'un jeu d'échec était captivant dans la salle commune des Serpentard, ces derniers le suivaient attentivement et jusqu'à parfois même faire des paris sur le gagnant. Ce soir là, ce fut l'un de ces matchs. Les deux adolescents étaient désormais entourés de presque tous les Serpentard de leur année ainsi que de quelques élèves d'autres années. La majorité d'entre eux encourageaient le blond alors que certains se mirent du côté de Zabini, prétextant qu'aujourd'hui était le jour où les perdants devenaient gagnants. A chacun, il ne leur restait plus que les deux tours, un fou, un cavalier, la reine, le roi bien sûr et quelques pions.
Après un bon coup où il menaça le dernier cavalier de Zabini avec sa dame, il s'enfonça confiant dans le canapé qu'il occupait alors que Warrington placé derrière lui, lui tapait dans la main. A ce moment précis, il aperçut le regard de la sœur de Daphné, Astoria, qui détourna immédiatement la tête lorsque leurs regards se rencontrèrent. La jeune Serpentard était assise sur un des accoudoirs du fauteuil situé sur la gauche du blond. Un éclair de lucidité frappa Drago qui sortit subitement du jeu. Il ne se servirait pas de Pansy pour exercer sa vengeance car il avait trouvé la personne idéale pour remplir le rôle qu'il proposait. Non seulement cela lui éviterait de faire de nouveau face au côté un peu collant de Pansy, mais en plus cela atteindrait encore plus profondément Emma.
Bien sûr, du coup, il lui faudrait un peu plus de temps afin de convaincre la jeune Serpentard. Mais selon les dires de sa fiancée, cette dernière était amoureuse de lui et cela favoriserait grandement la réalisation de son plan. Le blond fut sorti de ses pensées par Zabini qui lui indiqua que c'était à son tour. Il ne l'avait pas vu jouer, mais repéra qu'il avait tenté de sauver son cavalier en le déplaçant. L'idiot, pensa-t-il, son cavalier n'était pas sauvé puisqu'il était encore dans le champs d'action de sa reine. Aussitôt pensé, il chargea sa reine d'éliminer la pièce ainsi exposée. Cette dernière sortit alors de son fourreau son épée presque plus grande qu'elle et fonça vers le cavalier dont le cheval se cabra juste avant que l'épée de la reine ne le transperce. Le blond lança alors un regard de satisfaction à Zabini qui contre toute attente se réjouissait malgré le fait que son cavalier se soit fait exploser sous ses yeux. Il demanda aussitôt à son fou qu'il n'avait pas bougé depuis le début du jeu de détruire la reine de son adversaire. Drago était dégouté d'avoir manqué d'autant de vigilance. Il n'avait plus de reine désormais, ce qui était un gros désavantage pour la suite du jeu.
Jeu qu'il finit par perdre à la surprise de tous. C'était la première fois qu'il se faisait battre par Blaise Zabini, lequel ne pouvait s'empêcher de le chambrer. Irrité, le blond décréta qu'il était temps pour lui de rejoindre son dortoir. Il passa une grande partie de la nuit à échafauder son plan afin de convaincre Astoria de « se distraire » avec lui durant la période des BUSE.
*** Astoria ***
Une semaine était passée depuis le dernier match de la saison et ce fut pour Astoria Greengrass une très bonne semaine. En effet, Drago Malefoy le garçon dont elle était amoureuse depuis plus de deux ans déjà, lui avait adressé la parole à plusieurs reprises. Elle ne savait pas vraiment comment interpréter cet intérêt soudain qu'avait le cinquième année pour elle, mais elle s'en enthousiasmait.
La première fois, ce fut le lendemain du match, où le blond l'avait abordée alors qu'elle se trouvait dans un coin de la salle commune, lui demandant de ses nouvelles après avoir constaté que beaucoup de temps s'était écoulé depuis la soirée d'anniversaire de sa sœur.
La seconde fois, ce fut sur le chemin de leur salle commune, où le jeune homme l'avait interpellée et avait fait le chemin en sa compagnie. Il lui avait alors avoué que le samedi soir au moment de la partie d'échec, il l'avait aperçue le fixer de manière étrange et que cela l'avait déconcentré. En entrant dans la salle commune, juste avant de rejoindre ses amis il lui avait annoncé avec un magnifique sourire qu'elle lui devait une victoire.
La troisième fois, ce fut à la suite de la revanche qu'il avait imposé à Zabini. En effet, lorsque la jeune fille était entrée dans la salle commune où les cinquième année s'étaient rassemblés afin de sortir un peu de leurs révisions, se souvenant des dernières paroles de Drago elle avait décidé de passer son chemin et de rejoindre son dortoir afin de ne pas de nouveau « déconcentrer » le Serpentard. Ce fut sur le chemin du diner qu'il l'avait accostée et qu'il lui avait appris qu'il avait été étonné qu'elle le prenne au mot près.
Depuis, ils n'avaient pas eu de réelle conversation mis à part des salutations lorsqu'ils se croisaient rapidement. Il y avait cependant ces regards qu'il lui lançait parfois et qui la troublaient plus que tout. Combien de fois avait-elle rêvé que Drago Malefoy la regarde de cette façon. Et son rêve s"était concrétisé lorsqu'elle reçut le dimanche matin, un mot signé des initiales "DM" lui intimant de rester la dernière au sein de la salle commune, le soir-même. Devait-elle considérer cela comme une sorte de rendez-vous ? Elle ne savait pas vraiment et tentait vainement de ne pas fantasmer sur cette entrevue.
La journée lui avait alors paru la plus longue de l'année et le soir venu, elle avait l'impression que les cinquième et septième années ne décolleraient jamais de leurs révisions de dernières minutes. Drago quant à lui était absent, ce qui inquiéta Astoria. Elle se demanda si elle n'avait pas été victime d'un canular de la part de quelqu'un qui aurait deviné ses sentiments pour le jeune homme. Lorsque vers onze heure, sa sœur lui demanda pourquoi elle n'allait pas se coucher alors qu'elle allait en faire autant, la plus jeune des Greengrass lui répondit qu'elle n'avait pas sommeil et qu'elle préférait s'occuper plutôt que de se retourner dans son lit. Tandis que la salle commune se vidait peu à peu, sans s'en rendre compte la jeune fille s'endormit sur le livre qu'elle avait commencé en début de soirée.
« Astoria »
Cette dernière fut sortie de ses rêves par cette voix familière qu'elle adorait entendre. Son nom avait été prononcé avec une douceur qu'elle ne lui avait jamais connu. Elle se demanda alors si elle n'était pas encore en train de rêver et pour en profiter au maximum, elle refusa d'ouvrir les yeux. Puis ce fut le contact d'une main froide sur sa joue qui accompagna la voix qui l'interpelait de nouveau. Elle ouvrit alors les yeux et se retrouva nez à nez avec l'homme de ses rêves.
En effet, Drago Malefoy s'était accroupi près du fauteuil dans lequel elle s'était affalée et avait la main posée sur sa joue afin de la réveiller.
- Je suis désolé de t'avoir fait attendre si tard, s'excusa le jeune homme alors que la Serpentard piqua un fard.
- Non, ce n'est rien, ne t'en fais pas, le rassura-t-elle en se redressant un peu.
- Tu lisais quoi de si barbant ? demanda-t-il en se relevant et en désignant le livre qui était resté entre l'accoudoir et les cuisses de l'adolescente.
- Heu... une pièce de théâtre.
- « La triste métamorphose de mes pauvres pieds. » lut à haute voix le blond alors que la brune eut soudain honte de son choix de lecture. Eh bien, je comprends pourquoi.
- C'est plutôt divertissant, mais il faut aimer le style, défendit-elle tout de même son livre.
- En parlant de divertissement... sauta alors le blond sur l'occasion. J'aurai quelque chose à te proposer, mais je ne pense pas que ce soit ton "style", continua-t-il en s'installant sur le canapé d'en face.
- Dis toujours... l'encouragea Astoria, curieuse.
- Viens-là, intima-t-il à la jeune fille en tapotant le canapé sur lequel il était avant que la jeune fille ne s'exécute malgré quelques secondes d'hésitation.
Ils étaient désormais tous deux sur le même canapé assis de manière à se faire face. La Serpentard ne put s'empêcher de le dévisager. Elle n'avait jamais été aussi près de lui. Sans s'en rendre compte elle arrêta même de respirer, gardant la bouche entrouverte.
- Tu es sûre de vouloir savoir ? demanda le jeune homme avec une voix envoutante en se rapprochant de plus en plus.
- Oui... lui répondit-elle dans un souffle un peu avant que le blond ne s'empare de ses lèvres.
Ce fut pour Astoria le moment le plus magique de sa courte vie. Elle se sentait légère et son corps entier était comme rempli de papillons aux ailes délicates la caressant de tout son être. Lorsqu'enfin le Serpentard se recula, elle mit quelques secondes à rouvrir les yeux. Elle remarqua alors qu'il l'observait et rougit encore plus qu'elle ne l'avait déjà fait.
- Et qu'est-ce qui te fait croire que ce n'est pas mon style ? le questionna-t-elle alors, tentant de contrôler sa respiration saccadée.
- Le fait que ça ne durera que deux semaines, le temps des BUSE, lâcha Drago avec son assurance habituelle tandis que la jeune fille reçut cette phrase comme une gifle qui la sortit de son état d'extase.
- Oh...
- Il parait que c'est un moyen naturel pour lutter contre le stress et le manque d'assurance. Cela pourrait nous être utile pour nos examens, expliqua le blond comme si de rien n'était.
- C'est la plus piètre excuse que je n'ai jamais entendue, rétorqua Astoria à la surprise du jeune homme qui ne s'attendait pas à ce qu'elle réagisse ainsi.
- Eh bien j'avais raison, ce n'est pas ton style, répliqua-t-il en se levant.
- Pourquoi moi ? voulut alors savoir la brune avant qu'il ne parte.
- Je te l'ai dit, j'ai eu comme un flash lors de la partie d'échec contre Zabini.
- Non, tu ne m'a pas dit ça, tu m'as dit que je t'avais déconcentré, corrigea la jeune Serpentard.
- Peu importe, fit Drago avec un air légèrement irrité avant de se diriger vers son dortoir.
- Attends ! s'écria soudain Astoria en se levant, provoquant ainsi l'arrêt du blond à l'arrière d'un canapé.
La brune s'avança lentement vers lui.
- C'est d'accord, lâcha-t-elle.
- Vraiment ? fit le jeune homme de sa voix trainante, légèrement surpris du changement d'attitude de sa camarade.
- Après tout, on ne fera rien de mal, se justifia la brune alors qu'apparaissait un sourire en coin sur le visage du blond. Et autant joindre l'utile à l'agréable...
- Tu comprends vite, dis-moi ! se contenta-t-il de dire avant de l'attirer délicatement vers lui et de lui replacer une mèche derrière l'oreille.
Puis il la leva soudain afin de la faire s'assoir sur le dossier du canapé qui se trouvait à sa droite. Désormais, les deux Serpentard étaient à la même hauteur. A aucun moment ils ne se lâchèrent des yeux. Ce ne fut que lorsque le blond entreprit de lui baisoter le cou qu'elle ferma les siens. Drago dirigea alors sa bouche vers celle de la jeune fille avant de capturer ses lèvres. Astoria ne sut pas vraiment combien de temps durèrent ces embrassades. Elle fut même presque déçue lorsque le blond décréta qu'il était temps d'aller se coucher. Mais elle fut sur un petit nuage lorsqu'elle l'entendit lui donner rendez-vous le lendemain soir. Ce soir-là la Serpentard eut du mal à s'endormir tandis que son cœur ne cessait de battre la chamade.
Le lendemain soir, Drago l'avait emmenée faire sa ronde de préfet avec lui. Puis ils s'étaient trouvés une salle de classe évidemment vide, afin de réitérer l'expérience de la veille. Telles furent les soirées des deux adolescents en cette première semaine de BUSE. A certains moments, la jeune fille tentait de faire la conversation mais se faisait toujours interrompre au bout de quelques minutes par un baiser du blond.
Ce dernier lui avait fait promettre de ne faire part à personne de leurs petites escapades et de leurs activités. Ce fut donc plus que surprise et inquiète qu'elle quitta Emma, son amie à qui elle avait été obligée de mentir lorsque celle-ci lui avait appris que Drago « s'amusait » avec une fille ces temps-ci.
Bien sûr elle savait mieux que quiconque qui était cette fille, puisqu'il s'agissait d'elle-même. Comment Emma avait-elle été au courant ? Elle l'avait « entendu dire ». Qui donc avait bien pu les surprendre ? Ce fut ainsi dans l'objectif de trouver Drago qu'Astoria entreprit de rejoindre la salle commune. Il était avec ses camarades de classe en train de réviser ses cours. Lorsque leurs regards se croisèrent, il lui fit un sourire en coin qui la fit craquer, puis se pencha de nouveau sur ses parchemins. La jeune fille se résolut à attendre le soir pour lui faire part de sa discussion avec Emma.
« Il faut que je te dise quelque chose, Drago.»
Ce soir là, soit une semaine après leur petit accord, le Serpentard avait directement donné rendez-vous à la jeune fille dans une classe vide. Lorsqu'il la rejoignit, ils s'étaient directement adonnés à leurs baisers désormais devenus rituels. Au bout de quelques minutes, Astoria se souvint de ce qu'elle devait lui dire.
- Quoi ? demanda alors le blond, d'un air presque blasé.
- J'ai parlé à Emma cet après midi, Emma Oreiro, précisa la brune.
- Vraiment ? fit le blond avec un regain d'intérêt que la jeune fille ne perçut pas. Et qu'est-ce que ça pourrait bien me faire ? feignit-il d'être désintéressé.
- Elle sait quelque chose. Elle m'a dit qu'elle avait entendu dire que tu t'amusais avec une fille en ce moment, lui apprit alors Astoria.
- J'espère que tu as compris qu'il s'agissait de toi, fit le jeune homme en craignant une éventuelle scène de la part de sa camarade.
- Bien sûr ! Enfin, je veux dire, tu fais ce que tu veux, mais entre tes BUSE, tes révisions et nos entrevues, je ne vois pas vraiment où tu trouverais le temps pour une double distraction, répondit Astoria en arrachant un sourire au Serpentard. Bref, tout ça pour dire que quelqu'un a dû nous surprendre et le raconter à certaines personnes, reprit-elle, l'air anxieux.
- Et qu'est-ce que tu lui as dit à Oreiro ? voulut savoir Drago.
- Que ça ne devait être qu'une rumeur et que ce n'était peut-être pas véridique.
- Bien. De toute façon tu n'as pas à t'inquiéter, personne ne sait que c'est toi apparemment, tenta-t-il de rassurer la brune. D'ailleurs, comment en êtes vous arrivez sur le sujet puisque tu ne figures nulle part dans cette « rumeur » ? questionna alors Drago tandis que la jeune fille vira immédiatement au rouge.
- Heu... Tu sais on parle de beaucoup de chose entre filles. Y compris de ce qu'on raconte sur les gens. Et toi, tu fais partie de ces gens dont on parle beaucoup. Enfin quand je dis on c'est tout Poudlard, expliqua tant bien que mal la Serpentard.
- Le rouge de tes joues me fait dire que tu me caches quelque chose, Greengrass, s'amusa-t-il à torturer la jeune fille.
- Eh bien, il me semble avoir le droit de te cacher des choses, Malefoy, se reprit alors Astoria qui ne se défaisait cependant toujours pas de sa couleur rouge pivoine.
- Evidemment, approuva le blond avec un sourire de satisfaction. Et si on passait à des choses plus intéressantes, ajouta-t-il avant de se pencher au dessus de la jeune fille afin de mieux pouvoir l'embrasser.
*** Emma ***
La Serdaigle commençait vraiment à en avoir marre et se demandait comment le blond pouvait continuer ce petit jeu alors que lui-même ressentait cette douleur devenant insupportable. A deux jours de la fin des BUSE, la jeune fille avait même eu du mal à écrire sans que sa main ne la tiraille lors de son épreuve théorique de Soin aux créatures magiques.
Emma avait totalement abandonné son idée de faire comme si de rien n'était et comptait régler son compte à ce fiancé qui se croyait tout permis. La colère d'Emma venait surtout du fait que la vengeance du jeune homme était largement disproportionnée par rapport aux deux seuls baisers qu'elle avait échangé plus ou moins volontairement avec Théodore.
Mais elle devait se l'avouer, elle supportait également difficilement l'idée d'imaginer Drago en compagnie d'une fille quelconque en train d'offrir à celle-ci le traitement qui aurait dû lui être destiné. En effet, les embrassades entre les deux fiancés qui étaient devenues coutumes depuis quelque temps lui manquaient quelque peu. Et savoir que lui satisfaisait ce besoin avec une autre, la rendait dingue. Emma se maudissait d'avoir de telles pensées et maudissait Drago de lui avoir gâché le plaisir de passer ses BUSE sereinement.
Elle tenta tant bien que mal de l'intercepter après leur épreuve pratique qui se déroulait en bordure de la forêt interdite, mais le jeune homme profita du fait de passer juste avant la jeune fille pour lui échapper. Elle enragea lorsqu'en quittant le lieu de l'examen, il lui lança un discret regard narquois. Cet état de colère lui fit presque rater son épreuve. En effet, le Botruc qu'on lui demandait de manipuler correctement, sentant son humeur exécrable lui opposa plus de résistance que d'habitude, l'éborgnant presque. Le soir venu, les vagues de douleurs se réitérèrent. Emma espéra que ce serait là la dernière fois, puisque les cinquième année devaient se rendre à l'examen pratique d'Astronomie le lendemain soir à l'horaire où apparaissait généralement sa douloureuse cicatrice.
Ce jour là, Emma fut surprise de se faire interpeller par Théodore Nott qui à la fin de l'épreuve écrite d'Astronomie lui demanda avec gêne de l'aider dans leurs révisions de dernières minutes, lui et Stephen. Durant tout le moment où elle était près de Théodore, elle n'avait qu'une chose en tête : l'embrasser afin de se venger à son tour. Mais elle ne pouvait pas se le permettre, tout d'abord parce que Stephen était avec eux, mais surtout parce qu'elle ne pouvait pas faire ça à Théodore, risquant alors de nouveau de lui donner de faux espoirs.
Une fois l'épreuve terminée les deux Serpentard la remercièrent, vivement pour Stephen et avec plus de réserve pour Théodore. La Serdaigle entreprit alors de rejoindre sa salle commune et de patienter en compagnie de ses amis. Ils s'occupèrent comme ils purent pour cette dernière soirée de révision et cette première nuit d'examen. Ils dinèrent puis révisèrent ensemble dans la tour des Serdaigle. Emma fut soudainement dérangée par de légers picotements tout d'abord, puis par une violente brûlure au moment où sa cicatrice apparut subitement. Elle eut tout juste le temps de cacher sa main avant que ses amis ne se tournent vers elle pour savoir la raison de son sursaut.
« Je dois y aller... »
Leur répondit-elle simplement alors qu'elle se hâtait de rejoindre son dortoir. Sur le chemin, elle bouscula Morag MacDougal qui remarqua alors la main flamboyante de sa camarade. Leurs regards se croisèrent et Emma rompit le contact avant de se rendre dans la chambre qu'elle partageait avec ses amies.
La douleur était encore plus intense que les autres fois. Peut-être était-ce l'accumulation de toutes ces soirées de torture. La Serdaigle faisait les cents pas dans la pièce jusqu'au point de n'en plus pouvoir. Elle courut alors vers la salle de bain et entreprit de noyer sa main sous l'eau glaciale du robinet. Il y avait quelque chose de différent cette fois. La douleur n'apparaissait plus par vague. Cette fois-ci la brûlure était continuelle et les écritures rougeâtres ressemblaient à une blessure plus que vive.
Tout à coup, la porte du dortoir voisin s'ouvrit. Il s'agissait de la jeune fille qu'elle avait bousculée un peu plus tôt, Morag MacDougal, l'une des amies Sang-Pur de Daphné présente à sa soirée d'anniversaire. Elle était un peu plus grande qu'Emma qui l'était déjà quelque peu. Une chevelure soignée de couleur auburn encadrait son visage et faisait ressortir le jolie bleu de ses yeux.
- Tiens, lui dit-elle en lui tendant un bol rempli d'un liquide jaune, laissant une Emma interdite. Ca va te faire du bien, reprit la rousse avec un sourire compatissant.
- Qu'es-ce que c'est ? demanda méfiante, la brune qui ne savait pas vraiment comment interpréter cet élan de gentillesse.
- Une solution filtrée de tentacules de Murlap marinés, récita-t-elle presque alors qu'Emma se demandait pourquoi ne pas avoir pensé à chercher elle-même une potion pour la soulager.
La brune s'exécuta et une immense sensation de soulagement parcourut enfin sa main.
- C'est ma sœur qui m'a donné l'astuce, expliqua-t-elle simplement devant le regard interrogatif de sa camarade.
- Comment as-tu su...? demanda Emma, encore interloquée par l'intervention de Morag.
Cette dernière se contenta de montrer le dos de sa propre main aussi rougie que l'était celle d'Emma avant que les brûlures ne reprennent.
- Merlin tout puissant...
Emma n'était pas vraiment choquée, mais elle ne s'attendait vraiment pas à ce que Morag ou n'importe quelle autre fille de son environnement subisse le même destin qu'elle. Et pourtant, elle le savait qu'elle n'était pas la seule.
- Ca fait bizarre de savoir qu'on est pas la seule, n'est-ce pas ? rit légèrement la rousse.
- En effet. Ca fait longtemps que tu...
- Depuis les vacances de Pâques. Et toi ? interrompit Morag, ne voulant pas vraiment entendre la question entière.
- Les vacances de Noël, répondit alors la brune.
- Et depuis tout ce temps tu n'as pas pensé à trouver quelque chose pour te soulager !? se moqua gentiment la rousse.
- En fait ça n'a commencé que depuis deux semaines environs.
- Oh, tu as de la chance. Moi c'est deux à trois fois par semaine, en général, avoua Morag avec aigreur tandis qu'Emma la regardait avec compassion.
- Il est à Poudlard ?
- Par Merlin non ! Je tiens encore à mes deux années de pseudo liberté.
- Je comprends...
- Il faut que je continue mes révisions pour ce soir. Tu pourras laisser le bol ici quand tu auras fini, dit la rousse amorçant un mouvement pour sortir de la salle de bain.
- Merci, Morag, remercia alors la brune plus que reconnaissante envers cette fille qui vivait la même chose.
- Je t'en prie, accueillit-elle ce remerciement. Oreiro ! Ca ne veut pas dire qu'on est amie, tu sais, fit-elle alors la tête dans l'entrebâillement de la porte.
- Ne t'inquiète pas pour ça ! répondit Emma avant de lui faire un sourire que Morag lui rendit au moment de fermer la porte qui menait à son dortoir.
De nouveau seule la main baignant dans le bol, Emma se perdit alors dans ses pensées. Elle se demandait combien de jeunes filles à Poudlard étaient dans une situation similaire. Quelque unes sans doute, les malheureuses n'ayant pas bénéficié de l'ouverture d'esprit qui frappait de plus en plus les traditions des familles Sang Pur.
Puis ses pensées revinrent à son fiancé. C'était une douleur plus intense et continue. Elle le soupçonnait d'avoir fait plus que de simples baisers. Elle était non seulement en colère, mais également déçue. Elle n'était plus aussi agitée que précédemment, en grande partie parce qu'elle ne ressentait plus aucune douleur mais la colère qu'elle avait au fond d'elle ne l'agitait pas autant qu'auparavant. Elle sortit sa main du bol et constata qu'il n'y avait plus aucune brûlure. Seules les traces rouges persistaient sur le dos de sa main. Emma se regarda dans le miroir et observa cette fille qui la regardait, cette fille qui n'était autre qu'elle-même. Elle prit une grande inspiration et alla rejoindre ses amis dans la salle commune.
L'examen d'astronomie fut plutôt mouvementé, Ombrage ayant encore fait des siennes. En effet, la directrice s'était ce soir là attaquée au cas d'Hagrid, le forçant à quitter Poudlard. McGonagall voulant intervenir avait été frappée de quatre éclairs de stupéfixion et avait fini à l'infirmerie. Tout ceci s'était déroulé sous les yeux des cinquième année qui tentaient vainement de remplir leurs cartes du ciel. Emma, qui avait décidé de ne pas croiser le regard du blond ce soir-là eut alors l'occasion de penser à autre chose. Après l'examen qui s'était terminé très tôt au petit matin, les élèves ne parlèrent que de ce qu'il s'était passé.
Le lendemain, tout Poudlard fut au courant. Les cinquième année auxquels il avait été accordé une grâce matinée, furent tout de même épuisés pour cette dernière journée d'examen qui se terminait par deux heures d'histoire de la magie. Etant une de ses matières préférées, Emma n'eut pas beaucoup de mal à répondre aux questions. Lorsqu'elle mit le point final à sa copie, elle entendit un grand fracas provenant de la rangée juste derrière elle. C'était Potter qui venait de s'écrouler sur le sol après avoir émis un hurlement à s'en boucher les tympans. Le professeur Tofty emmena alors le Gryffondor hors de la Grande Salle, voulant l'amener à l'infirmerie, ce que refusait avec véhémence Potter. Lorsqu'elle se tourna de nouveau vers sa copie, elle eut dans son champ de vision Malefoy qui regardait la scène avec une satisfaction telle que ça en devenait indécent. Le blond n'avait pas perdu son habitude de se réjouir des malheurs de Potter.
Après une relecture rapide de sa copie, la Serdaigle se leva et rendit cette dernière au professeur Marchebank. Elle quitta la Grande Salle et se dirigea vers le parc. Ca y était, ses examens étaient terminés. Elle était officiellement libérée de tous ses cours et de toutes ces révisions qui semblaient n'en plus finir. Alors qu'elle se promenait sous le soleil tapant de ce mois de juin, elle aperçut Astoria assise sur un banc.
- Salut Astoria ! salua joyeusement la Serdaigle.
- Oh, bonjour Emma, fit d'une petite voix la Serpentard.
- Tu as l'air d'avoir une petite mine dis-moi, s'inquiéta Emma voyant les traits tirés de son amie.
- Ce n'est rien, c'est juste la pression des interrogations de fin d'année. J'ai l'impression d'avoir tout raté ce matin, expliqua la plus jeune.
- Eh bien dis donc, qu'est-ce que ce sera en cinquième année ! tenta de plaisanter la Serdaigle en provoquant le léger sourire de son interlocutrice. Astoria, tu es sûre qu'il n'y a que ça ? demanda alors Emma, la voix tendue, ayant subitement une mauvaise impression.
Lorsque la jeune Serpentard croisa le regard de la Serdaigle, des larmes coulèrent subitement sur ses joues pâles.
- Je t'ai mentie, Emma, avoua Astoria, la voix tremblante. Emma se figea alors et eut dans la tête une image qu'elle n'aurait jamais voulu avoir.
*** Astoria ***
Une nouvelle semaine de « distraction » avait commencé pour la jeune Serpentard. Cette fois-ci, Drago lui avait donné rendez-vous dans la salle de bain des préfets, lui conseillant d'apporter un maillot de bain. Ce fut ainsi que les deux Serpentard se retrouvèrent deux soirs de suite dans cette pièce réservée aux préfets. Cette dernière était constituée d'une baignoire ressemblant plus à une piscine qu'à autre chose et tout y respirait le luxe.
L'adolescente était consciente que la veille du dernier jour des BUSE serait le dernier et cela l'attristait grandement. Ces quelques jours en compagnie du jeune homme avait semblé si réels... Mais en réalité tout ce qui s'était passé entre eux était faux. Malgré tout, elle ne voulait pas que leurs entrevues cessent. Elle était devenue tout simplement accro à Drago Malefoy. Mais il avait été clair, cela durerait juste le temps des BUSE.
De plus, ce dernier rendez-vous allait être plus court que les autres puisque le cinquième année devait passer son examen pratique en Astronomie. Il avait alors avancé leur rendez-vous à la fin du diner, toujours au sein de la salle de bain des préfets. Ce soir-là, la brune ne mangea pas beaucoup car en effet la jeune fille n'avait qu'une chose en tête. Elle était affreusement gênée d'avoir cette idée, cette envie. Mais après tout, il s'agissait certainement de son dernier soir avec Drago Malefoy. Et elle voulait que ce soit lui...
Ainsi, Astoria Greengrass était prête à s'offrir toute entière pour cette dernière soirée de distraction. Si le jeune homme l'avait choisie pour des embrassades, pourquoi la refuserait-il pour plus ? Et puis, les caresses des deux adolescents se faisaient de plus en plus intenses ces derniers jours. Leurs nouvelles tenues que constituaient leurs maillots de bain, leur permettaient en effet de profiter de parcelles de peau qui n'avaient pas encore été découvertes auparavant.
Pour cette dernière nuit, Astoria avait décidé de ne prendre aucun maillot de bain et avait mis ses plus beaux sous-vêtements. Elle voulait être sexy pour lui et espérait le séduire. C'était une idée folle, elle le savait. Mais cela rendait à ses yeux la situation encore plus excitante. Ce fut donc stressée et avec plein de papillons dans le ventre qu'elle se dirigea vers la salle de bain des préfets.
Elle fut la première arrivée et en était soulagée. Elle observa la pièce qui était composée d'un gigantesque coin lavabo entouré de miroirs, de la baignoire géante et d'une sorte de canapé formé de grands coussins carrés. Elle entreprit de s'assoir sur l'une des parois du lavabo, croisant et décroisant les jambes alors qu'elle cherchait la position idéale pour accueillir son Serpentard bien-aimé. Lorsque celui-ci fit son entrée, son cœur battit à tout rompre. Le blond qui avait perçu une lueur nouvelle dans les yeux de la jeune fille s'arrêta à quelques mètres d'elle avant d'enlever sa cape.
- Bonsoir, la salua-t-il en l'observant.
- Bonsoir, lui répondit-elle avec une sensualité qu'il ne lui connaissait pas.
- J'avais peur que tu fasses la tête toute la soirée.
- Pourquoi ferai-je la tête ?
- Parce que c'est la dernière soirée qu'on passe ensemble, fit Drago histoire de remettre au clair l'accord qu'ils avaient passé.
- Je sais. Raison de plus pour en profiter, nota la jeune fille avec une assurance qu'elle même ne se connaissait pas.
- Et profiter de quoi ? feignit de ne pas comprendre le jeune homme en s'avançant vers la brune.
- De tes baisers, de tes caresses, de toi... avoua alors Astoria d'une voix envoûtante, le regard de Drago plongé dans le sien.
- Je peux savoir ce qu'il t'arrive ? demanda le Serpentard, étonné du comportement de sa camarade de maison qui semblait vouloir le séduire.
- Je voudrai que ce soir, ce soit spécial, lâcha la jeune fille sur le même ton aguicheur.
- Et comment comptes-tu rendre plus spécial ce qui se passe déjà entre nous ? questionna le blond qui désormais arrivé à sa hauteur tenta de l'embrasser.
- Et si on ajoutait une distraction supplémentaire... proposa alors la Serpentard qui s'était légèrement reculée pour ne pas que Drago ne l'embrasse tout de suite.
- A quel genre de distraction penses-tu ? demanda le jeune homme, légèrement irrité de se faire ainsi rejeté.
Pour simple réponse, Astoria entreprit de délicatement déboutonner sa chemise. Au départ, Drago pensait trouver le maillot de bain qu'il avait déjà pu voir les jours suivants, mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il vit qu'elle arborait un soutien gorge de couleur vert émeraude. A ce moment, lorsqu'il recroisa le regard de la brune, il comprit de quelle distraction nouvelle elle parlait.
- Astoria... commença le jeune homme alors que cette dernière se débarrassait de sa chemise.
- Quoi, je ne te plais pas assez pour ce type de distraction ? l'interrompit-elle légèrement sur la défensive, mais ne se défaisant pas de la sensualité qui emplissait sa voix. Elle entreprit alors de déboutonner la chemise de son interlocuteur.
- Là n'est pas la question.
- Me trouves-tu désirable, Drago ? questionna la brune en terminant son action, juste avant que ses lèvres ne s'emparent du cou du blond tandis que ses mains caressaient son dos.
- Astoria ! Evidemment que je te trouve désirable et encore plus maintenant que les autres fois mais... assura le jeune homme en lui prenant les mains et en l'éloignant de lui.
- Mais quoi ? Ce soir, toi et moi c'est la dernière fois... Pourquoi ne pas en profiter ? l'interrompit la jeune fille dont la voix et le regard étaient devenus presque suppliants.
Elle dirigea alors la paume de la main du blond près de sa bouche afin de lui donner des baisers.
- Tu es folle, Astoria.
- Oui, Drago. Je suis folle de toi. Et ça me tue de savoir qu'il n'y aura plus jamais rien entre nous à partir de demain. C'est pourquoi je voudrais qu'on s'offre cette ultime « distraction ».
- Tu ne sais même pas de quoi tu parles, répliqua le Serpentard qui cependant ne pouvait s'empêcher de se sentir attiré par cette fille qui s'offrait à lui.
- Alors apprends-moi. Ce n'est pas très conventionnel certes, mais tout ce qu'on a pu faire au cours de ces deux dernières semaines ne l'était pas non plus. Quelque part, c'est d'ailleurs dans une certaine continuité...
- Tais-toi ! lui intima-t-il alors en lui bloquant les lèvres avec son index.
Sans se démonter, la brune dont le regard noisette était toujours plongé dans celui du blond, donna un baiser sur ce doigt qui lui bloquait les lèvres. A ce moment, elle vit au fond du regard gris bleu un signe de faiblesse. Elle enleva délicatement la main de Drago de sa bouche et la dirigea vers son dos, le fixant toujours de ce regard aguicheur dont elle ne s'était pas départi. C'en fut trop pour le Serpentard qui céda à la tentation et qui s'empara avidement de ces lèvres et de ce corps qui n'attendaient que ça.
*** Drago ***
Le Serpentard devait l'admettre, ses soirées depuis le début des BUSE étaient plutôt agréables. C'était non seulement un plaisir de faire enrager Emma, même si pour le coup il subissait les mêmes douleurs que celle-ci ; mais de plus, il trouvait la compagnie de la jeune Serpentard plutôt plaisante, en tout cas beaucoup plus que celle de Pansy. Il se félicitait du choix qu'il avait fait. Par moment, il ne pouvait pas s'empêcher de penser que la jeune Astoria était le portrait craché d'Emma, dans une version un peu plus naïve et plus docile.
Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il l'avait découverte avec cette détermination dans les yeux. Il n'avait pas vraiment compris qu'elle en était la raison au départ, mais lorsque ce fut le cas, il avait du mal à y croire. Il n'aurait jamais imaginé qu'elle lui fasse une telle proposition. Il ne comptait pas céder à ses avances. Après tout, n'étant qu'en fin de sa troisième année, Astoria ne l'avait surement jamais fait. Mais c'était sans compter sur la jeune fille qui pour le coup était devenue très entreprenante.
Bien sûr qu'elle était désirable dans cette tenue ou plutôt sans sa tenue de tous les jours. La tentation était grande et elle devenait de plus en plus convaincante. Après plusieurs minutes de lutte, il s'inclina et se jeta sur la Serpentard. La brûlure qu'il ressentit alors à sa main fut beaucoup plus forte qu'à l'accoutumée, sans doute devait-elle percevoir l'envie plus poussée du jeune homme.
Il pouvait sentir le cœur d'Astoria battre encore plus fort que les autres soirs. A sa plus grande surprise, ressentir le désir qu'avait la jeune fille pour lui l'attirait encore plus. Au bout de quelques minutes durant lesquelles sa chemise avait fini par rejoindre celle d'Astoria, il porta cette dernière jusqu'au canapé dans lequel il l'allongea. Une passion que les deux adolescents n'avaient jamais connue remplissait l'atmosphère. Ils continuèrent ainsi leurs caresses qui se faisaient de plus en plus intimes jusqu'au moment où Drago eut plusieurs visions d'Emma à la place d'Astoria. Le blond se figea alors et fixa la brune.
Il ne pouvait pas faire ça, elle ne le méritait pas, pensa alors Drago sans vraiment savoir de laquelle de la Serpentard ou de la Serdaigle faisait-il allusion. Sans doute était-ce les deux. Et puis de toute manière, la brûlure provoquée par sa cicatrice devenait de plus en plus douloureuse et il n'osait imaginer à quel point elle le serait s'il allait plus loin. Le jeune homme se redressa et s'éloigna de l'adolescente, la raison finissant par l'emporter sur le désir.
- Ca n'arrivera pas, Astoria. Je suis désolé de t'avoir donner de faux espoirs, déclara-t-il alors d'une voix indescriptible.
- Mais... Tu avais l'air d'en avoir autant envie que moi, répondit la Serpentard, la respiration encore saccadée.
- Parfois, il faut savoir contrôler ses envies, se contenta de répondre le blond en se levant et en se dirigeant vers les lavabos.
- Il est un peu trop tard pour des états d'âmes tu ne penses pas ! s'écria alors la jeune fille, plus frustrée que jamais.
- Tu mérites mieux que moi, Astoria, assura-t-il en se regardant dans le miroir avant de se rincer le visage avec de l'eau fraiche.
- Mais c'est toi que je veux Drago... supplia la brune.
- Je n'aurai jamais dû faire appel à toi, répliqua le Serpentard d'une voix curieusement calme.
- Et moi je remercie Merlin que ton choix ce soit porté sur moi. Tu ne peux pas savoir à quel point ces semaines ont été merveilleuses pour moi ! fit la voix tremblante de la jeune fille qui s'était levée à son tour alors que Drago enfilait sa chemise. Je ne crois pas au hasard tu sais.
- Tu as raison, il n'y en a pas. Mais il vaut mieux pour toi de mettre ce qu'il s'est passé sur le compte du hasard, lâcha alors le jeune homme, de plus en plus irrité de s'être embarqué dans cette histoire tandis qu'il boutonnait sa chemise.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je te souhaite une bonne soirée, Astoria. Je suis vraiment désolé de t'avoir impliquée là-dedans. Et crois-moi, ça ne m'arrive pas souvent d'être désolé, s'excusa le jeune homme après avoir remis sa cape et en s'apprêtant à sortir de la pièce.
- Drago ! s'écria vivement la brune, le ton de sa voix laissant deviner que des larmes inondaient son visage alors que le blond stoppait son action d'ouvrir la porte.
Constatant qu'Astoria ne disait plus rien, il ouvrit la porte et quitta la pièce.
- Je t'aime... avait alors prononcé la jeune fille après le départ du Serpentard sans qu'il ne puisse l'entendre.
Drago était en colère, en colère contre lui même. Il n'avait pas pris en compte les répercutions que sa vengeance pourrait avoir sur Astoria. A vrai dire, il n'aurait jamais pensé que cela lui ferait quelque chose et il avait eu tord de croire le contraire. En apprenant tout ça, sa fiancée allait sûrement beaucoup lui en vouloir. Il n'était pas encore prêt à supporter les cris à venir, ainsi décida-t-il d'éviter la Serdaigle pendant encore quelques temps.
*** Emma ***
- Par la barbe de Merlin, Astoria... jura la Serdaigle lorsque son amie lui avait avoué être la fille avec laquelle s'amusait le blond.
- Je suis désolée de t'avoir mentie, mais je ne devais rien dire à personne.
- Tu as... Vous... tenta de demander Emma l'air réellement choqué.
- Heu... Non, il ne s'est rien passé d'autre que des baisers, répondit la plus jeune, surprise que son amie pense directement à cela.
- Dis-moi la vérité, Astoria, ordonna alors la Serdaigle avec une voix dure.
- Je... Bon d'accord, j'avoue avoir voulu que cela arrive et l'avoir même poussé à le faire. Mais il n'a pas voulu de moi, lâcha d'une voix penaude la Serpentard.
- Merlin Astoria, pourquoi as-tu accepté ce stupide accord ! s'énerva alors Emma en reprenant le terme qu'avait utilisé son amie pour qualifier ce qu'il s'était réellement passé entre elle et le Serpentard.
- Il s'intéressait à moi, Emma ! Et qu'importe si c'était pour de mauvaises raisons, ça m'a quand même permis de passer de bons moments. Tu sais à quel point je suis dingue de lui, se justifia la plus jeune, les yeux brillants.
- Eh bien, j'espère que ça te servira de leçon. Tu sais désormais de quel genre de type il s'agit, la gronda presque la Serdaigle.
- Tu veux rire ! C'est lui qui a bien agi dans l'histoire ! S'il était aussi mauvais que tu le penses, il aurait profité de moi sans aucun scrupule ! le défendit encore Astoria qui au plus grand désespoir d'Emma disait vrai.
- Mais quelle idée toi aussi, de t'offrir à lui ! Tu es bien trop jeune voyons ! s'emporta de nouveau la plus âgée des deux filles.
- Hé, je te signale que tu l'as fait encore plus jeune que moi avec Cédric ! rétorqua Astoria ne supportant pas que son amie lui fasse la morale.
- Je n'ai jamais rien fait de ce genre avec Cédric, Astoria, fit d'un ton catégorique la Serdaigle. Ma première fois qui fut aussi ma dernière fois d'ailleurs était avec Michael. Et encore je trouve personnellement que c'était bien trop tôt. Ca ne ressemblait à rien du tout d'ailleurs, raison pour laquelle nous n'avons jamais recommencé...
- Eh bien quoi, tu avais quatorze ans. Je te signale que moi aussi je les ai depuis janvier.
- Astoria, je ne suis pas le meilleur des modèles.
- Je suis désolée, Emma. Je n'arrête pas de faire et de dire n'importe quoi, se plaignit la Serpentard en se repliant un peu sur elle même.
- Ce n'est pas auprès de moi qu'il faut t'excuser. C'est toi qui a pris ces décisions, c'est à toi-même qu'il faut demander pardon, répondit alors Emma à la question silencieuse que lui posait les yeux de son amie.
- Je ne regrette rien, tu sais.
- Je sais... souffla Emma, comme si elle avait voulu qu'il en soit autrement.
- Merci d'être là pour moi, remercia alors la Serpentard en prenant son amie dans ses bras.
- Je t'en prie, c'est normal... Promets-moi de réfléchir un peu plus à ce que tu fais la prochaine fois, d'accord ? répondit Emma en lui caressant maladroitement le dos, tandis que la plus jeune acquiesçait dans le sien.
- Et toi, promets-moi de ne rien dire à personne.
- C'est promis.
- Et bien entendu, interdiction d'aller voir Drago Malefoy pour lui dire quoique ce soit, anticipa-t-elle les réactions de son amie.
- Il le mériterait bien, pourtant, s'abstint de promettre Emma.
- Dire que je t'embête avec toutes mes histoires alors que tu en as enfin fini avec tes examens ! s'exclama Astoria en s'essuyant les joues sur lesquelles avaient séché ses larmes.
- En parlant d'examens, toi tu n'en as pas fini alors je te conseille de te reprendre et de réussir cette dernière interrogation, conseilla alors la Serdaigle.
- Tu as raison. Il faut que je rattrape le Piètre que je risque de récolter ce matin !
- Quand même pas à ce point, j'espère...
Astoria salua alors Emma avant de s'en aller réviser pour sa dernière journée d'interrogation le lendemain. La Serdaigle resta un moment interdite, seule sur le banc. Ainsi, son fiancé avait décidé d'utiliser Astoria pour sa vengeance. Une vague de colère la traversa rien qu'à cette pensée. Elle s'en voulut alors de ne pas avoir réagi dès le premier jour, cela aurait sans doute évité de renforcer l'addiction qu'avait désormais Astoria à l'égard du jeune homme. Chaque image de son fiancé embrassant son amie provoquait en elle une intense fureur.
Ce fut dans cet état qu'elle se leva et qu'elle partit à la recherche de Drago Malefoy. Ce dernier ne devait pas être bien loin, le dernier examen s'étant terminé il y a un peu plus d'une demi-heure. La jeune fille traversa le parc, observant les élèves qui s'y trouvaient. Aucune trace du blond. Elle rejoignit alors le hall d'entrée afin de regagner le château. Et là ce fut comme si Merlin avait répondu à sa demande car Drago Malefoy était en train de dévaler le grand escalier de marbre qui débouchait dans le grand hall. Elle fonça alors vers lui, décidée à le forcer à lui parler.
- Il faut qu'on parle, Malefoy, l'aborda-t-elle alors d'une voix dure tandis qu'il tournait vers elle un regard suffisant.
- J'ai d'autres choses à faire, beaucoup plus intéressantes que de te parler, Oreiro, lui répondit-il en faisant monter la colère de la jeune fille lorsqu'il reprit son chemin vers les cachots.
Elle hésita un moment à la suivre et remarqua que le couloir menant aux cachots était rempli d'élèves venant sans doute de terminer leur cours de potions. Puis, avant même qu'elle ne décide de sa prochaine direction, elle le vit revenir dans le hall accompagné de Rogue, Drago gesticulant et expliquant quelque chose à son directeur de maison. Emma ne put entendre que des mots tels que « Potter dans le bureau d'Ombrage ». Ils empruntèrent alors l'escalier de marbre et disparurent du champ de vision de la Serdaigle.
Ainsi le jeune homme préférait s'adonner à son activité principale à savoir mener la vie dure à Potter, plutôt que de lui faire face. La jeune fille eut soudain une idée qui pouvait peut-être forcer son fiancé à l'affronter. Il fallait qu'elle trouve ses amis et notamment Michael. Elle ne les avait pas vu dans le parc et supposa donc qu'ils étaient allés faire un tour dans la salle commune des Serdaigle. Telle fut sa prochaine destination.
- Emma, te voilà ! Alors comment s'est passé ton examen ? lui demanda Mandy qui apparemment se demandait où elle était.
- Très bien. Vous n'auriez pas vu Michael ? demanda-t-elle aussitôt sur un ton nerveux après avoir constaté l'absence de celui qu'elle cherchait.
- Tu m'as l'air bien énervée, dit donc ! remarqua Terry qui jouait aux cartes contre Anthony, Padma et Mandy.
- Pauvre Michael, ça n'a pas l'air d'être une bonne chose pour lui si on te dit où il est ! plaisanta Anthony.
- Il est derrière-toi, informa simplement Padma en posant une carte sur la table. "Merci Padma." "Je t'en prie, Emma", imita niaisement l'indienne, irritée du manque de politesse de la jeune fille qui s'était aussitôt dirigée vers le nouvel arrivant de la salle commune sans aucun regard pour ses quatre autres amis.
- Michael, j'ai besoin de toi, lâcha Emma avant de le prendre par le bras et de lui faire faire demi-tour, hors de la salle commune.
- Je peux savoir ce qu'il se passe ? lui demanda-t-il sans obtenir de réponse.
Ils descendirent l'escalier en colimaçon de leur tour et la Serdaigle l'entraina dans un couloir rarement emprunté par les élèves.
- Emma ? insista alors le jeune homme qui voulait comprendre ce qu'il se passait.
- Il faut que je vois Malefoy, répondit la jeune fille qui avait un regard dur.
- Et je peux savoir en quoi tu as besoin de moi pour ça ? s'agaça alors le jeune homme.
- Promets-moi que tu me laisseras faire, quémanda Emma avec la même rigidité.
- Te laisser faire quoi ? voulut savoir Michael qui n'y comprenait pas grand chose.
- Ca... déclara la jeune fille avant d'embrasser soudainement son ami.
Tel était le moyen qu'avait trouvé la Serdaigle pour faire appel à Malefoy. Ainsi, où qu'il fût, quoi qu'il fît et qu'importe les personnes avec qui il était, il sentirait cette douleur et cette brûlure qu'il lui avait tant fait subir durant les deux dernières semaines. Dans un premier temps Michael se figea, ne s'attendant vraiment pas à « ça ». Puis, voyant qu'Emma insistait en allant même jusqu'à approfondir le baiser, il s'agita un peu et tenta de la repousser. Chose qu'il réussit sans mal.
- Je peux savoir ce qu'il te prend ! s'écria le jeune homme.
- Tu vois ça, c'est ce que ce crétin m'a fait subir tous les soirs de BUSE, commença à s'énerver la jeune fille en lui montrant sa cicatrice qui se refermait. Et j'ai grandement envie de lui régler son compte. Si le seul moyen de le faire sortir de sa tanière, c'est de lui rendre la pareille alors je le ferai. Maintenant si tu veux bien m'aider, embrasse-moi ! ordonna la Serdaigle alors que son ami fixait sa main rougie.
- Je te déteste, Emma, se plaignit Michael après avoir subi le regard insistant de son amie.
Le Serdaigle s'exécuta alors de mauvaise grâce. Il ne comprenait pas vraiment de quoi parlait son amie mais savait que si un baiser entre eux était la seule solution c'était qu'il s'agissait là d'un cas de force majeure. C'était un baiser sans saveur, sans passion, sans désir. Le temps où ces trois termes étaient rassemblés paraissait réellement révolu. Au bout d'un moment qui parut une éternité pour les deux adolescents, Emma mit fin à cette embrassade.
- Merci, Michael, remercia la jeune fille alors que les deux Serdaigle s'essuyaient la bouche.
- Alors c'est ça que ça te fait quand tu ne respectes pas tes engagements ? demanda le brun en désignant la main de la jeune fille dont la cicatrice se refermait de nouveau.
Emma acquiesça et se recula.
- Je dois y aller, maintenant, déclara la jeune fille.
- Cette fois-ci, évite de te prendre un sortilège de bloque jambes, je t'ai assez aidée comme ça pour aujourd'hui ! la nargua Michael en rappelant la fois où il lui avait évité de rentrer en sautillant.
- Tu sais Michael, c'est dommage que Chang ne nous ait pas surpris. J'aurai adoré voir son visage à ce moment là, riposta la jeune fille avec un sourire en coin avant de disparaître derrière le couloir adjacent.
Emma prit la direction du bureau d'Ombrage. Si elle avait bien compris c'était à cet endroit que Drago avait accompagné Rogue. Elle espérait intercepter son cher fiancé à la sortie de celui-ci. Lorsqu'elle atteignit enfin le second étage, elle se dépêcha de rejoindre le couloir dans lequel se trouvait le bureau du professeur de Défense contre les forces du mal. Elle fut satisfaite de trouver le couloir vide de tout élève. Alors qu'elle était à quelques mètres de la porte, Emma dut se baisser afin de ne pas heurter la nuée de chauve-souris qui venaient brusquement de déboucher du bureau d'Ombrage.
- Quand je mettrai la main sur toi, Weasley ! s'écria alors la voix enragée de Drago Malefoy, qui sortit précipitamment de la pièce et se mit à courir dans le couloir, glissant presque sans remarquer Emma à qui il faisait dos.
- Locomotor Mortis ! s'exclama la Serdaigle avant que le blond ne tombe à la renverse, frappé de plein fouet par ce maléfice du bloque-jambes.
- Qu'est-ce que... commença le blond avant de se retourner. Toi ? remarqua-t-il enfin sa fiancée qui avait beaucoup de mal à retenir le rire qui lui venait.
En effet, le visage du blond était parsemé d'égratignures encore sanguinolentes et il semblait même que quelques restes d'excréments de chauve-souris contrastaient avec les cheveux clairs du Serpentard.
- Libère-moi tout de suite ! Il faut absolument que je les rattrape ! ordonna-t-il, s'égosillant presque.
- Eh bien, tu n'as qu'à leur... sautiller après, si tu tiens tant que ça à les rattraper ! lança nonchalamment la Serdaigle qui se réjouissait de voir le jeune homme dans la même situation qu'elle le soir où l'AD était tombée.
- Tout ça c'est de ta faute ! Si cette fichue brûlure ne m'avait surpris ! ragea Drago qui tentait de se mettre debout.
- Fais-moi penser à féliciter Weasley, pour son œuvre ! Evidemment, il s'agit de Ginny Weasley, n'est-ce pas ? fit la jeune fille avec le même air détaché, ignorant la réplique de son fiancé.
- Emma, ce n'est vraiment pas le moment de... cria le blond qui s'avançait vers la Serdaigle comme il le pouvait.
- Ce n'est pas le moment de quoi, Malefoy ? l'interrompit-elle d'une voix soudainement cassante.
- Ce n'est pas le moment de débattre sur ces enfantillages ! répliqua le blond, gardant tout son aplomb tandis qu'il désignait le dos de sa main, elle aussi rougie.
- Enfantillages ! explosa alors Emma en envoyant valser le Serpentard à l'autre bout du couloir grâce à un sortilège d'expulsion.
Puis la jeune fille qui se dirigeait vers Drago, vit apparaître Crabbe. Ce dernier semblait avoir été atteint par un sortilège d'entrave. Emma le jaugea du regard et finit par le stupéfixier. Sous l'impulsion du sort, Crabbe atterrit de nouveau dans le bureau d'Ombrage. Puis elle revint à Drago qui s'était une nouvelle fois relevé.
- Ca serait resté des enfantillages si tu ne t'étais pas amusé avec les sentiments d'une innocente ! fulmina Emma qui menaçait désormais le blond de sa baguette magique, la pointant contre le bas de sa mâchoire.
- Et si tu te calmais, un peu ! se contenta de répondre le jeune homme avec mauvaise humeur.
Il n'eut pour seule réponse qu'un regard encore plus perçant accompagné d'une gifle qu'il n'avait pas vu venir.
- Tu vas me le payer, ça ! avertit le Serpentard qui se tenait la joue, le visage toujours balafré par d'immondes égratignures.
- Quoi, tu vas me frapper ! nargua alors la jeune fille sur un ton toujours aussi froid.
Et à son tour, Emma reçut une gifle qui lui fit tourner la tête.
- Comment oses-tu ! s'offusqua la Serdaigle qui se tenait également la joue.
- Si tu crois que je vais me laisser faire sous prétexte que tu es une fille, tu te mets le doigt dans l'œil jusqu'au coude ! cracha le blond avec une animosité certaine. Maintenant, tu vas me libérer et tout de suite !
- Je ne crois pas non ! assura Emma qui regardait son fiancé avec dégoût.
- Emma, je suis désolé d'avoir entrainé Astoria dans cette histoire, s'excusa soudainement Drago qui la regardait droit dans les yeux.
Face à l'air mi-surpris mi-dubitatif de sa fiancée, il continua.
- J'ai voulu toucher là où ça ferait le plus mal et j'y suis malheureusement parvenu. Je suis doué pour ça, toucher là où ça fait mal. D'habitude j'en suis fier mais là...
- Depuis quand Drago Malefoy a des remords, lança Emma, doutant un peu de la sincérité du jeune homme.
- Emma... relâche-moi maintenant. S'il te plait, quémanda le blond d'une voix anormalement douce.
- Tu es très bon comédien, Drago, tu sais ? fit la Serdaigle au bout de quelques secondes d'une voix un peu plus calme sans lâcher du regard le Serpentard. Tu n'as qu'à demander de l'aide à ton ami Crabbe ! rétorqua la brune en se retournant pour rejoindre l'escalier à l'autre bout du couloir.
- Il n'est pas en état de faire quoi que ce soit ! s'énerva de nouveau Drago.
- Enervatum, prononça Emma qui passait près du bureau d'Ombrage en pointant sa baguette vers celui qu'elle avait stupéfixié plus tôt. Il l'est maintenant.
- Mais il est toujours sous entrave ! constata le blond qui s'était approché de la porte et qui voyait son ami tenter de se lever de manière ralentie, tandis que la brune quittait le couloir avec un sourire de satisfaction. Emma ! cria de rage Drago alors que la jeune fille disparaissait au loin.
J'espère que cette nouvelle correction de chapitre vous aura plu !
Je me souviens, mis à part la scène du lac lors des vacances, c'était la première fois que j'écrivais des scènes aussi suggestives à l'époque.
Avec du recul je suis assez mal à l'aise que mes personnages connaissent ce genre de scène de sexe à seulement quatorze ans. Je pense que déjà à l'époque la scène moralisante entre Emma et Astoria était un genre de méa culpa intérieur ! Mon avis est que quelque part, cela est issu d'une certaine réalité, notamment dans les établissements scolaires avec internat et les Sang-Pur ici pouvant être assimilés à une certaine "Jeunesse Dorée". Bien sûr tout ceci n'est que cliché et bien loin de la généralité !
Voilà, c'était un peu mes pensées à l'issu de ce chapitre qui sortait de l'ordinaire avec les différents points de vue et les chronologies qui se chevauchent. J'espère que cela vous a plu. N'hésitez pas à me le dire !
A bientôt j'espère,
Desea Oreiro
