Meliodas

Elizabeth est complètement saoule et elle refuse de rentrer chez elle. Il est une heure du matin, nous avons quitté le bar pour finir la soirée à la maison. Il va vraiment falloir que je la ramène chez elle, parce que mon salon est rempli de joueurs de hockey et de gagas de la crosse qui sont tous au moins à huit sur mon échelle d'ivresse, c'est-à-dire qu'ils sont à peu près tous sur le point de perdre le peu d'inhibition qui leur reste et de faire de grosses bêtises.

Howzer vient de traîner Elizabeth – morte de rire – au milieu de la pièce et les deux dansent de façon terriblement aguicheuse. Si Elizabeth s'est contenue lors du karaoké, ses limites semblent s'être envolées à présent. Elle est passée de la Miley Cyrus de Disney Channel à la Miley dévergondée, et il est grand temps que je stoppe cette progression catastrophique.

J'empoigne Elizabeth par le bras et les force à se séparer.

– Il faut que je te parle ! je crie par-dessus la musique.

– Mais je danse ! répond-elle en faisant la moue.

– On danse, bafouille Howzer.

– Danse avec quelqu'un d'autre, j'ordonne à Howzer en le fusillant du regard.

Comme par magie, une nana apparaît à nos côtés et prend Howzer dans ses bras. Ce dernier oublie instantanément Elizabeth, ce qui me permet de la kidnapper. Je la mène à l'étage et je ne la lâche qu'une fois en sécurité dans ma chambre.

– La fête est finie, ma grande.

– Mais je m'amusais !

– Je sais. Tu t'amusais un peu trop, même.

– Tu n'es pas gentil, dit-elle en soupirant et en se laissant tomber sur le lit. Mais c'est vrai que je suis un peu fatiguée.

Je ne peux pas m'empêcher de sourire.

– Allez viens, je te ramène chez toi.

– J'ai pas envie, répond-elle.

Elle se met à écarter et refermer ses bras et ses jambes comme pour faire un ange dans la neige.

– Ton lit est tellement grand et moelleux, ajoute-t-elle tandis que ses paupières se ferment.

Elle s'immobilise et un long soupir lui échappe. Merde, elle est à deux doigts de s'endormir. En même temps, peut-être qu'il vaut mieux qu'elle dorme ici. Si je la ramène et qu'elle a un soudain regain d'énergie, je ne serai pas là pour la surveiller.

– Très bien, tu peux dormir ici, Cendrillon.

– Ha ! Ça veut dire que c'est toi mon prince ?

– Absolument.

Je pars dans la salle de bains à la recherche de ma boîte d'Ibuprofen et je remplis un verre d'eau avant de retourner dans la chambre où j'oblige Elizabeth à s'asseoir.

– Prends-en deux et bois ça. Tu me remercieras demain matin.

Forcer quelqu'un à avaler un cachet n'a rien de nouveau pour moi puisque je suis souvent amené à le faire pour mes coéquipiers, surtout Howzer qui a une consommation d'alcool étonnante, et pas seulement le jour de son anniversaire.

Elizabeth est une patiente plutôt sage. Elle m'obéit calmement, puis elle s'effondre de nouveau sur le matelas.

– C'est bien.

– J'ai chaud, marmonne-t-elle. Pourquoi il fait si chaud ici ?

Elle commence à se tortiller pour enlever son legging, et mon cœur cesse de battre.

Elle n'arrive pas à le baisser en dessous de ses genoux et elle pousse un énorme grognement.

– Meliodas !

Comment ne pas éclater de rire ? Elle est tellement attendrissante que je l'aide à se déshabiller en faisant de mon mieux pour ne pas remarquer la douceur de ses jambes nues.

– Et voilà, ça va mieux ?

– Mmm-hmmm, murmure-t-elle en attrapant le bas de son t-shirt.

Merde. Je me force à détourner le regard et je fonce jusqu'à ma commode pour lui trouver un t-shirt. Je prends une profonde inspiration, puis je me retourne.

Elle a enlevé son t-shirt. Heureusement, elle a un soutif. Hélas, il est en dentelle noire et j'ai une vue parfaite sur ses tétons.

Ne regarde pas, elle est bourrée.

J'écoute la petite voix dans ma tête et je baisse les yeux. Je n'arriverai jamais à lui enlever son soutien-gorge sans éjaculer dans mon froc, alors je prie pour qu'elle ne soit pas une de ces filles qui déteste dormir avec et l'aide à enfiler le t-shirt.

– Je me suis super amusée, ce soir, marmonne-t-elle. Tu vois ? Je suis brisée, mais je peux encore m'éclater.

– Quoi ?

Elizabeth ne répond pas. Elle donne des coups de pied sur le matelas pour faire descendre la couette, puis elle se glisse dessous. Elle se tourne sur le côté, soupire et s'endort.

Elle est brisée ? Qu'est-ce que ça veut dire ?

Je sors de la chambre sans faire de bruit et je ferme la porte derrière moi. Les paroles d'Elizabeth continuent de résonner dans ma tête, mais je n'ai pas l'occasion d'y réfléchir, car j'ai à peine posé un pied au rez-de-chaussée que Ban et Howzer m'attirent dans la cuisine pour une tournée de shots.

– C'est son anniversaire, mec, dit Ban devant mon refus. Tu es obligé d'en boire un.

Je cède et j'accepte le verre. Nous trinquons et buvons le whiskey cul sec. L'alcool me brûle la gorge et me réchauffe le ventre, et je savoure la vague chaude qui parcourt mon corps.

Cette soirée n'a pas été simple. La chanson, les larmes d'Elizabeth… Les sentiments étranges qu'elle éveille en moi. Je suis perturbé et sur les nerfs, et lorsque Ban remplit mon verre, je ne refuse pas cette fois-ci.

Après le troisième shot, je ne suis plus perturbé.

Au quatrième, je ne suis plus rien.

Il est deux heures et demie du matin lorsque je me traîne enfin en haut. Tout le monde dort, à l'exception de Howzer et de ses gagas de la crosse qui sont allongés sur le canapé en un amas de jambes et de bras nus. Gilthunder est endormi dans la cuisine, la tête sur le bar, une bouteille de bière à la main. Ban a disparu il y a un moment avec une jolie brune et les gémissements que j'entends lorsque je passe devant sa chambre m'indiquent qu'il est TOAB.

Ma chambre est plongée dans l'obscurité. Je cligne plusieurs fois des yeux pour ajuster ma vue à la pénombre et je finis par discerner la forme d'Elizabeth dans mon lit. Je suis trop fatigué pour me brosser les dents ou suivre mes propres conseils anti-gueule de bois je m'allonge à côté d'Elizabeth en boxer. Je cherche à me mettre à l'aise en faisant le moins de bruit possible, mais le bruissement des draps la réveille. Elle gémit doucement, puis elle se tourne sur le côté et sa main chaude atterrit sur mon torse.

Tout mon corps se raidit. Ou plutôt, presque tout mon corps, car pour la première fois depuis le début de la soirée, je ne bande pas en présence d'Elizabeth. C'est la conséquence du whisky, ce qui est plutôt triste étant donné que je n'ai bu que cinq shots.

L'alcool et moi ne faisons vraiment pas bon ménage.

Au moins il n'y a aucun risque que je profite d'Elizabeth. Mais qu'est-ce je dis ? Jamais je ne profiterais d'elle ! Cependant, il semblerait que je sois le seul à avoir des intentions honorables dans ce lit.

De tendres lèvres embrassent mon épaule, et mon pouls accélère.

– Elizabeth…

Silence. J'espère qu'elle s'est rendormie.

– Hmmm oui ? répond-elle d'une voix suave, plus sexy que jamais.

Merde.

– Qu'est-ce que tu fais ? je chuchote.

Ses lèvres quittent mon épaule pour remonter le long de mon cou et elle se met à sucer ma peau devenue brûlante. Elle découvre mon point sensible et une décharge électrique descend tout droit entre mes jambes. Mon sexe n'est peut-être pas en forme, mais ça ne m'empêche pas de ressentir du désir. Et bon sang, il n'y a pas de mots pour décrire à quel point je suis excité par l'exploration qu'a entreprise la bouche d'Elizabeth.

Je réprime un grognement et je saisis son épaule pour l'arrêter.

– Elizabeth, tu n'as pas envie de faire ça.

– Tu as tort. J'en ai très envie.

Cette fois-ci, je grogne haut et fort. Elle vient de se mettre à cheval sur moi et elle se penche en avant, chatouillant ma clavicule avec ses cheveux.

Je ne pensais pas que mon cœur pouvait battre aussi vite.

– Ne fais pas le difficile, ordonne-t-elle.

Tout à coup, sa bouche est sur la mienne et elle m'embrasse. Nom d'un chien. Je devrais l'arrêter. Je devrais vraiment, vraiment, l'arrêter. Mais Elizabeth est chaude et douce et elle sent si bon que je n'arrive pas à réfléchir. Sa bouche dévore la mienne et je passe mes bras autour de sa taille pour caresser le creux de ses reins. Elle a le goût de piña colada et elle suce ma langue en faisant les bruits les plus sexy que j'aie jamais entendus.

– Elizabeth, je marmonne. On ne peut pas faire ça.

Elle lèche ma lèvre inférieure, puis elle la mord suffisamment fort pour me faire gémir. Merde. Merde, merde, merde, merde. Je dois vite arrêter tout ça avant qu'il ne soit trop tard.

– J'adore ton torse, susurre-t-elle en frottant ses seins sur mes pecs.

Bon sang, je sens ses tétons à travers son t-shirt, que j'ai envie de déchirer d'ailleurs.

J'ai envie de prendre ces magnifiques tétons dans ma bouche et de les sucer jusqu'à l'aube, mais je ne peux pas. Je ne le ferai pas.

– Arrête, je dis en empoignant ses cheveux. On ne peut pas faire ça. Pas ce soir.

– Mais j'en ai envie, chuchote-t-elle. J'ai tellement envie de toi…

Elizabeth vient de dire les mots que tous les gars rêvent d'entendre, mais elle est bourrée et je ne peux pas la laisser faire.

Sa langue s'attaque au lobe de mon oreille et mon bassin se soulève brusquement.

Bon sang, qu'est-ce que j'ai envie d'être en elle ! Il me faut une force surhumaine pour la repousser. Elle râle et proteste, mais lorsque je lui caresse la joue, elle arrête de gémir et elle soupire joyeusement.

– On ne peut pas faire ça. Tu m'as demandé de prendre soin de toi, tu te souviens ? Eh bien, c'est ce que je fais.

– Ah, répond-elle d'une voix surprise en se nichant contre moi.

Tous mes muscles se contractent et je suis prêt à la repousser de nouveau, mais elle se contente de poser sa tête sur mon torse.

– Ok. Bonne nuit.

Ok ? Bonne nuit ? Elle pense vraiment que je vais pouvoir dormir après ce qui vient de se passer ? Toutefois, Elizabeth ne pense plus rien du tout. Son souffle chaud et régulier chatouille mon téton et je ravale un grognement en fermant les yeux, faisant de mon mieux pour ignorer les pulsations entre mes jambes.

Inutile de préciser que contrairement à la dernière fois qu'Elizabeth et moi avons dormi dans ce lit, je mets une éternité avant m'endormir.