18.
« Le… sang et la chair ? » répéta Nene, hébétée.
« Où est-il ? Que lui as-tu fait ? »
Hanako commençait à perdre son sang-froid. Non seulement, la sécurité de Nene était menacée, mais en plus, il était fort probable qu'il soit arrivé quelque chose de grave au garçon.
« C'est le prix qu'il a accepté de payer pour exaucer ses vœux. Yashiro Nene, l'autel est prêt. Veuillez me suivre dans la pièce d'à côté.
- Je ne comprends pas… Kou-kun a fait un vœu ?
- Il a précisé vouloir vous en parler lui-même. Je garderais donc le silence. Sachez que le rituel ne durera qu'un instant, et ce sera indolore, vous n'avez donc rien à craindre. Aucun mal ne vous sera fait.
Nene commençait à être sérieusement à bout de nerf. La situation était suffisamment stressante comme ça, et le Mystère commençait à lui taper sur le système. Ce n'était pas parce qu'il porte ce titre de Mystère qu'il doit se montrer si mystérieux ! Les garçons mystérieux ont du charme, c'est vrai, mais là c'était trop, il ne répondait à aucune question. Il ne faisait que des insinuations douteuses et inquiétantes. La colère montante lui fit gonfler les joues et serrer des poings.
« Je ne comprends toujours rien à cette histoire de rituel, et je ne vous suivrais pas ! Nous sommes venus chercher Kou, laissez-nous le voir ! »
Ce fut absolument inefficace. En réalité, en dehors de cette histoire de rituel, Numéro 6 ne portait absolument aucun intérêt à ses invités. Leurs complaintes n'étaient pour lui qu'une perte de temps. Or, le temps était précieux, il avait beaucoup de boulot. Il poussa un long soupir, et claqua des doigts.
« Cette affaire m'a déjà pris trop temps. »
Les portes coulissantes tout autour d'eux s'ouvrirent, dévoilant de nombreux serviteurs de Numéro 6. Hanako et Nene étaient encerclés.
« Yashiro, il faut partir d'ici !
- On ne peut pas partir sans Kou-kun, on a promis de le ramener ! »
Des esprits d'ombres firent mine de la toucher. Hanako les trancha. Mais d'autres venaient prendre leurs places. Alors il continua à les trancher, encore, encore et encore.
« On va le chercher ! Mais il faut aller se mettre en sécurité et retrouver les autres. »
Il saisit l'adolescente par le bras, et la leva de force. Puis il se mit à courir dans la direction où les esprits étaient les moins nombreux, tout en piétinant ou poignardant ceux qui avaient le malheur de se trouver sur leur chemin.
Il courut à toute vitesse, défonçant les panneaux coulissants pour passer d'une pièce à une autre. Prendre l'ascenseur était trop risqué. Mais les escaliers n'étaient pas sans danger non plus. Les ennemis les y attendaient en nombre. Ils avaient beau être faibles, Hanako ignorait s'il aurait assez d'endurance pour tenir jusqu'en bas. Il ignorait d'ailleurs combien d'étages ils auraient à descendre.
Au bout du quatrième, il était à bout de souffle. Se battre et avancer, tout en ne lâchant jamais la main de Nene était contraignant, et l'épuisait. Il avait l'impression de n'arriver à rien. C'est alors que les esprits d'ombres d'écartèrent, pour laisser passer Numéro 6, qui les avait tranquillement suivis jusqu'ici.
« Honorable Numéro 7, j'ignore quel est votre objectif, mais si vous vous obstinez à m'empêcher de remplir ma part du contrat, je vous affronterais. »
Pour appuyer ses mots, il extirpa de sous sa lourde cape une grande faux constituée d'os. Elle était dangereuse. S'il n'y prenait pas garde, Hanako risquait de disparaitre à tout jamais. Mais il n'avait pas le choix. Il allait devoir tenir bon et y faire face.
« Numéro 6, tu connais les règles. Si tu as fait du mal à ce garçon, ou que tu tentes de t'en prendre à mon assistante, je vais devoir te punir.
- Je n'ai rien fait de répréhensible. Il s'agissait de son souhait, que j'ai accepté d'exaucer. Je te l'ai dit, j'ai déjà reçu le paiement, alors même si cela induit de devoir affronter les sept autres Mystères de l'école, je le ferais. C'est mon devoir, et il prime actuellement sur tous les autres. »
Sans plus de cérémonie, Numéro 6 bondit vers lui et engagea le combat. Hanako n'eut pas d'autre choix que de lâcher Nene pour pouvoir parer.
Il était rapide et agile, il parvenait donc à esquiver les coups de cette grande faux, mais Numéro 6 était expérimenté, et para également chacun des coups de couteau. Evidemment, les sbires en profitèrent pour tenter d'enlever Nene.
Alors que Hanako s'apprêtait à envoyer Hakujoudai les dégommer, il se retrouva seul. Il était toujours dans cet interminable escalier, Mais Numéro 6 et ses sbires avaient disparus. Ainsi que Nene.
« Yashiro ! »
Seul le silence lui répondit. Il se retourna dans tous les sens, cherchant du regard le moindre signe vie, tandis qu'une angoisse sourde montait en lui. Il avait perdu Nene. Elle se tenait là, et en un instant, elle avait disparu.
Soudain, des bruits de pas se rapprochèrent. Une silhouette de démarqua de l'obscurité, qu'il reconnut bien vite. Ses cheveux longs se balançant au rythme de ses pas, Akane apparut, sa montre à gousset à la main.
Hanako comprit en un instant. Et à l'angoisse se mêla la colère. Il se précipita vers lui et l'attrapa brutalement par le col de sa chemise, la main tremblante de rage.
« Toi… Tu as osé ? Tu nous as trahis ? »
Akane venait de faire usage de son pouvoir sur lui. Il avait arrêté son temps au pire moment possible. Et Nene avait disparue à son tour.
A ce stade, je pense que vous avez pu vous figurer ce qu'il s'est passé... Si ce n'est pas le cas, et bien tout devrait devenir clair demain ! Il ne reste d'ailleurs plus que 4 parties, et donc 4 jours de publication. La fin approche, ça me rend un peu triste. Merci à toutes les personnes qui auront suivi cette histoire jusqu'ici ! J'espère qu'elle aura su vous distraire durant cette période de confinement.
Demain, nous retournons du coté de Kou. Bonne journée à tous !
