Bonsoir à toutes et à tous, et bienvenu
pour la deuxième partie du chapitre quinze du Souffle du Dragon !
Tout d'abord, je tiens à tous vous remercier pour vos ajouts en favoris ou vos likes, chers lecteurs, mais plus encore pour vos messages. Les reviews sont les seules récompenses que nous, auteurs de Fanfictions, ayons, alors je vous remercie réellement de prendre de votre temps pour ne serait-ce que me laisser un j'aime ou bien me dire ce qui vous dérange dans cette histoire. Vous êtes des amours !
Ensuite, comme je vous en ai fait l'annonce précédemment, depuis quelques mois maintenant, les chapitres sont sectionnés en deux afin de laisser à ma bêta et moi-même la possibilité de prendre de l'avance, que ce soit sur la correction ou bien l'écriture. Certes, vous trouverez peut-être qu'avoir des chapitres de 10 000 mots, c'est court, mais il est important que Pelote et moi gardions le plaisir de lire et écrire cette histoire, plutôt que d'en faire une contrainte.
Autre point extrêmement important, nous dépassons ce soir la barre des 250 000 mots mes amis ! Ça y est, c'est officiel ! 3 vous n'imaginez même pas ce que ce genre de choses peut me faire, surtout en sachant qu'à la fin du chapitre 17, nous aurons officiellement passé la fin du second quart de cette histoire ! Au passage, pour ceux qui souhaitent le savoir, Le Souffle Du Dragon fera en tout et pour tout 52 chapitres + 2 ou 3 Bonus + un épilogue ! Alors préparez vos vendredis pour encore une année, parce qu'on n'est pas couché…
Encore une chose, chers amis : nous approchons à grands pas de la 100 ème review ! À cette occasion, je vous aie proposé il y a quelques semaines un petit jeu : la personne qui postera la 100 ème review aura le droit de me demander ce qu'elle voudra, que ce soit un cours de soin aux créatures magiques, des précisions sur l'évolution de l'intrigue ou des personnages, ou que sais-je encore ! Vous aurez carte blanche, cher lecteur et reviewers ! Alors lâchez-vous, envoyez vos review à la fin du chapitre, n'hésitez plus !
Enfin, à l'attention de Dramionymus et Aria 3164, je vous ai envoyé un MP en réponse à vos commentaires !
Réponse aux reviews anonymes :
Maddy : coucou Maddy ! comment vas-tu ? mince alors ! je n'avais pas compris que tu étais enceinte… Toutes mes félicitations en tout cas ! Pour quand est l'heureux évènement ? Petit garçon ou bien petite fille ? et ne t'en fais pas, je comprends parfaitement ce que tu vis, il y a trois ans je vivais la même chose ^^
Tu es la 93 et 94 eme review ! Encore un peu et tu pourras me demander ce que tu veux sur cette histoire ! Tu as déjà des idées ? ?
Ah je vois que tu as vraiment bien cerner le caractère d'Hermione dans ma fic ! Quoique d'après JKR, c'est aussi ainsi qu'elle voit Hermione ah ah mais je peux juste te dire que la fierté d'Hermione va la mettre dans des situation vraiment pas croyables parfois… ^^
Je suis vraiment contente que le moment charmione ainsi que celui de la revisite de l'histoire de Poudlard t'ai plu ! Je dois bien avouer que je me suis beaucoup pris la tête sur cette partie de l'histoire, et ne même temps, ça a été un bonheur à écrire donc bon…
Concernant un hypothétique futur moment Hermione et son dragon, pour le moment ce n'est pas écrit, mais bon, il reste encore une bonne vingtaine de chapitres à écrire donc il reste tout à fait plausible que ce moment existe !
Je suis contente que tu as aimé le mordant d'Hermione, et j'ai moi-même voulut mettre une gifle plusieurs fois à Hermione, néanmoins, c'est moi qui l'ai créé comme ça, donc je ne peux m'en prendre qu'à moi-même ah ah. Au fait, as-tu réussi à répondre toi-même à ta question qui concernant celle de Narcissa à Hermione ?
Qu'entends-tu par « son esprit n'est plus du tout rangé de la même manière ? » j'avoue être curieuse la… En revanche, concernant la « sanction » de Charlie par Severus, il se peut que tu sois dans le vrai ?
J'espère que tu apprécieras la suite du chapitre 15, tout comme j'ai hâte de savoir ce que tu en as penser, je te souhaite une très bonne lecture,
Bisou,
Mya
J'espère vraiment que cette histoire continue de vous plaire ! Au programme de ce soir : des explications, une promesse, une lettre et une réunion des Grands de ce Monde! Alors, je vous ai donné envie ?
Comme d'habitude, je vous souhaite à tous de passer un très bon moment sur ce chapitre, nous nous retrouvons en bas pour la seconde partie de mon Blablas d'auteur !
*** Bonne lecture ! ***
Précédemment dans Le Souffle Du Dragon :
Hermione
Depuis la fin de la guerre, cette habitude si ancrée, celle de vouloir toujours donner réponse à toutes les questions inimaginables que pourraient me poser les professeurs s'est évanouie. Ne reste plus que cette angoisse sous-jacente de ne jamais être à la hauteur des Sang-Pur.
C'est très certainement stupide, surtout aux vues du combat mené par Harry contre Voldemort, mais savoir que tant de Sang-Pur se sont laissé impressionner par les pouvoirs – somme toute assez impressionnant, je dois bien l'avouer – de Voldemort me fascine.
À vrai dire, c'est surtout le fait de savoir que des personnes telles que Lucius Malefoy, LE Malefoy, LE Serpentard par excellence, se soient prosternées devant lui qui me choque. J'ai tellement souvent entendu Drago dire et répéter « un Malefoy ne s'abaisse devant personne », que de voir son père le faire m'a, encore une fois, fait revoir mon jugement.
Mais il n'a pas tort sur un point. Je suis puissante. Je la sens, cette magie qui gonfle en moi, qui fluctue depuis des années dans mon être et qui ne demande qu'à sortir de moi pour prouver au monde que, oui, une stupide Sang-de-Bourbe Miss je-sais-tout est capable de tenir tête à n'importe lequel des Sang-Pur de sa connaissance.
— Vous avez tort, ris-je doucement, fière de pouvoir lui prouver sa méprise. Je ne possède que l'empreinte de la magie d'un bébé. Certes, c'était un bébé Black, mais un bébé tout de même, ce qui signifie que cette magie s'est juste additionnée.
— Et qu'est-ce qui peut donc vous rendre si sûre de cette hypothèse que vous avancez, Granger ? susurre-t-il.
— Plusieurs choses, à vrai dire, haussé-je un sourcil.
J'y ai très souvent réfléchi, à cette hypothèse. Entre deux chasses aux Horcruxes, les disputes incessantes sous la tente et les moments où nous préférions nous espacer les uns des autres pour éviter de nous dire des choses que nous ne pensions pas, j'ai parfaitement eu le temps d'y penser. Et le constat est flagrant à mes yeux.
— D'abord vous, reprends-je.
— Moi ? fronce-t-il les sourcils. Que viens-je faire dans cette histoire ?
— Vous êtes de sang-mêlé, et pourtant, vous êtes l'un des sorciers les plus puissants de la dernière décennie.
Certes, j'ai bien conscience qu'il ne l'est devenu que parce qu'il a manipulé la « magie noire » plus souvent qu'à son tour, mais son intelligence et sa ruse ont fait de lui un grand sorcier. Ajouter à cela une magie brute qui dépasse l'entendement, et il n'y a qu'un pas à faire pour le déclarer sorcier tout aussi puissant, si ce n'est plus, que Dumbledore.
— Je vous l'accorde, se rengorge-t-il, avant de redevenir plus sombre. Mais ça ne m'a pas permis de rester en vie.
— Je pense que pour toute personne sensée, il n'est pas bien compliqué de voir que votre vie vous a offert bien plus de malheurs que de bonheurs. Pourtant, vous avez préféré rester une empreinte sur Terre, plutôt que de rejoindre « l'après ».
— Et je suppose que, sur ce point aussi, vous avez une hypothèse ? rit-il cyniquement.
— En effet, j'en ai une, approuvé-je.
— Je vous en prie, Granger, ricane-t-il narquoisement, éclairez-moi de vos lanternes.
D'accord… Visiblement, il n'apprécie pas cette intrusion non justifiée dans sa vie, et encore moins dans sa psyché. Mais c'est un fait ! Pourquoi aurait-il préféré rester sur Terre, alors que Lily l'attendait de l'autre côté ?
— Je pense que vous vouliez continuer à veiller sur vos petits serpents, continuer de voir si vos actions ont racheté vos maladresses passées, débuté-je calmement.
Bon, le fait de devenir Mangemort et révéler la prophétie liant Voldemort à Harry et le rendant, de ce fait, orphelin n'est pas vraiment « une maladresse ». Mais avec tout ce qu'il a fait, protéger Harry, protéger le château, devenir espion et j'en passe, à mes yeux, il a fait bien plus que de se racheter.
— Si Weasley ne m'avait pas expliqué comment vous aviez découvert la « transe », ainsi que pourquoi et avec qui, je n'aurais pas compris.
Encore une fois, j'ai conscience d'avoir commis une énorme bourde au moment où je vois la veine saillante palpiter sur son front. C'est étonnant de voir à quel point son fantôme est aussi expressif, tout en restant de marbre…
Vivant ou mort, le professeur Rogue tient plus à ses secrets qu'à l'étendue de sa réserve d'ingrédients de potion, ou sa volonté de devenir professeur de défense contre les forces du Mal ! Ce qui n'est pas peu dire… J'en plaindrais presque Charlie…
— Foutu Weasley ! grommèle-t-il. Incapable de garder des informations pour lui ! Pas un Gryffondor pour rien, celui-là non plus !
— Je ne vais pas vous empêcher de le dire, puisque j'en pense tout autant, ris-je doucement. Mais s'il ne l'avait pas fait, alors je n'aurais jamais pris le temps de me pencher sur le cas « Narcissa Malefoy », et encore moins sur le dossier « Drago Malefoy ».
Je m'empresse de chasser les flashs d'images de cette session dans mon esprit, de même que la douceur et la… tendresse qu'il a démontrée à ce moment-là. Pourquoi ce genre de pensées ne me vient-il qu'au mauvais moment ?
— Je ne vois pas en quoi cela a pu vous faire changer d'avis, Granger, grimace-t-il.
— Parce que vous êtes un être fondamentalement bon, qui préférait se sacrifier durant des décennies, plutôt que de laisser l'obscurité l'engloutir.
— Quel est le rapport ? hausse-t-il un sourcil.
Ce que cela peut être énervant ! Déjà à l'époque de nos premières années à Poudlard, je trouvais vraiment frustrant que les autres, et en particulier Harry et Ron, ne parviennent pas à suivre le fil de ma logique, mais là, face à Severus Rogue, c'est encore pire.
— Pour une transe, il faut que les deux personnes soient des égales, soufflé-je exaspérée. Je ne connais pas ses raisons, et je ne crois pas vouloir les connaître, mais à mon humble avis, c'est important.
— Une je-sais-tout comme vous ne souhaitant pas tout savoir ? ricane-t-il, perfide. Si je n'étais pas déjà mort, vous m'auriez achevé !
Sa touche d'humour tombe à l'eau, mais la mort n'a jamais été un sujet vraiment très drôle… Et après avoir enterré tant de personnes après la dernière bataille, je ne doute pas d'avoir encore pendant un très long moment la peur et la crainte de devoir y faire face une nouvelle fois.
Dans le fond, peut-être est-ce la raison pour laquelle je suis si heureuse de voir qu'il ait survécu. Comme cela, je n'ai pas eu réellement à faire une sorte de processus de deuil avec lui comme je l'ai fait avec Remus.
Étonnamment, en ce qui concerne mon ancien lycanthrope de professeur, le processus de deuil s'est passé assez rapidement et tout en douceur. En revanche, en ce qui concerne Tonks, Sirius ou Colin, on ne peut pas dire que je sois en nette progression.
En ce qui concerne Colin, j'en connais malheureusement parfaitement la raison… Dennis, son frère, est presque son portrait craché, et le voir me rappelle le petit enfant de douze ans, traînant partout son appareil photo et demandant clichés et autographes à mon ami aux cheveux corbeau.
Dans le cas de Sirius, c'est très sûrement parce que, à chaque fois que je vois l'étincelle de vie s'éteindre dans les yeux de Harry, je comprends qu'il pense à lui. Son parrain lui manque, et même après trois ans, même après tant de pertes, il continue de se blâmer pour sa mort.
— Je me doute qu'il n'a pas dû vraiment apprécier d'atterrir dans votre bibliothèque personnelle ? ricane Rogue subitement.
J'avais totalement oublié qu'il se trouvait dans la même pièce que moi ! Mais son ricanement a au moins le mérite de me faire sortir de mes lugubres pensées, et malgré un sursaut violent, je me recentre rapidement sur la conversation.
Une bibliothèque ? Mais de quoi parle-t-il ? Cependant, vu le sourire en coin parfaitement moqueur, et le terme de « bibliothèque personnelle », j'ai de très gros doutes ! Se pourrait-il que, lui aussi, soit venu faire un petit tour dans mon esprit à mon insu ? À cette pensée, je sens une vague de colère monter en moi que je tente de refréner.
— Comment savez-vous que mon esprit est rangé comme une bibliothèque ? sifflé-je en plissant les yeux.
— Même le Seigneur des Ténèbres devait le savoir ! lève-t-il les yeux, nullement impressionné par mon ton. N'importe qui vous connaissant un tant soit peu doit le savoir !
Bien, au moins, cette fois-ci, je suis fixée ! Cette vieille chauve-souris, ce bâtard graisseux s'est fait une joie de venir piller mon esprit à mon insu !
— Vous m'avez legilimanciée ? sifflé-je encore une fois outrée.
— Pas la peine de monter sur vos grands hippogriffes, Granger, lève-t-il les yeux au ciel. Nous étions en guerre, et je devais m'assurer que les secrets de votre ami Potter étaient bien gardés. Je suis un adulte, pas l'un de vos amis bourrés aux hormones, merci bien !
Je vais me faire une joie de passer au-dessus de la dernière partie de sa phrase, puisque, pendant deux semaines, nous avons parfaitement prouvé, à Bill et Fleur, que Harry, Fred, moi-même et même Charlie avons, disons, rattraper notre adolescence perdue…
— En violant mon esprit ? grondé-je, furieuse. Belle preuve de maturité, en effet !
— Soyez heureuse que je l'aie fait, sourit-il perfidement, sinon, jamais vous n'auriez reçu le moindre « Effort exceptionnel » !
Je n'ai reçu qu'un seul « Effort exceptionnel » en cinq ans de cours de potions avec lui ! Jam… Attendez ! Si ! Une seule et unique fois ! En cinquième année ! Et mon mal de tête m'a poursuivi durant deux jours ensuite…
— Vous m'avez legilimanciée en cinquième année ? froncé-je les sourcils, préférant revenir à une réflexion plus scolaire.
— En effet, hoche-t-il sèchement la tête. Et permettez-moi de vous dire, Miss Granger, que malgré tout le mal que vous avez sûrement dû vous donner, vos défenses sont nulles. Mais je suppose que, pour une cinquième année, née-Moldue de surcroît, c'était le mieux que vous puissiez faire.
Son ton cynique me touche plus que je ne l'aurais pensé. Pourtant, je sais qu'en un sens, il cherche à me complimenter. Mais il reste toujours cette volonté de plaire à mes professeurs et de montrer que, tout comme un Sang-Pur, j'en vaux la peine. Peut-être est-ce le moment de partager mon « secret » avec quelqu'un…
— Vous avez raison, débuté-je, les yeux dans le vague, me plongeant dans mes souvenirs, en cinquième année, j'ai organisé mon esprit de cette manière-là. Mais après la bataille au Département des mystères, j'ai commencé à voir les choses autrement…
Et maintenant :
Hermione
Lorsque je suis revenue chez mes parents, cet été-là, Sirius était mort, Harry avait besoin d'une épaule sur laquelle s'épancher, et personne qui souhaitait le faire. Mais dans le fond, je savais parfaitement qu'il ne viendrait jamais me le demander.
Par pudeur ? Non, simplement parce qu'il n'est pas le genre de personne à demander de l'aide, à s'épancher, ou même à pleurer. Mais dans le cas où ce moment arriverait, j'avais besoin de fortifier mes défenses.
— Ce jour-là, au ministère, Dolohov m'a jeté un sort de magie noire, et même après m'avoir soignée, même après mon retour chez mes parents, je continuais à avoir des faiblesses, des afflux de magie, et même des évanouissements parfois.
— Pourquoi n'êtes-vous pas venu me voir, ou bien le professeur Dumbledore ou l'infirmière ? fronce-t-il les sourcils, alarmé.
— Parce que vous aviez des choses bien plus importantes à vous occuper, et qu'un petit évanouissement n'était pas grand-chose, haussé-je les épaules, fatiguée. Voldemort était officiellement revenu à la vie, votre rôle d'espion encore plus sollicité et je ne savais pas comment entrer en contact avec l'infirmière Pomfresh.
Peut-être est-ce vraiment à partir de ce moment-là que mes parents ont compris à quel point ma situation, celle du monde sorcier britannique tout comme moldu, était un danger constant. Sûrement est-ce la raison pour laquelle ils ont été si violemment opposés à ce que je retourne à Poudlard pour ma sixième année…
— Au bout de quelques semaines à m'évanouir assez souvent, reprends-je, ma mère a vraiment commencé à s'inquiéter, et elle m'a conduit à Ste Mangouste. Bien sûr, personne n'a pu trouver de quoi j'étais atteinte, et j'avais même fini par croire qu'il s'agissait d'une maladie typiquement moldue.
— À l'évidence non ! claque sa voix.
— En effet, souris-je faiblement. Le guérisseur Pey qui s'occupait de moi a fait venir un Langue-de-plomb, vu que je n'arrivais pas à me souvenir du nom du sort qui m'avait touché. Lui non plus n'a pas trouvé. Ou, tout du moins, est parti du principe que ce n'était pas possible.
— Quel était ce sort ?
— Le Naslediye, soupiré-je. Le sort d'héritage. Croyant tout comme lui à cette époque que j'étais simplement une née de Moldus, sans aucun rapport avec une maison Sang-Pur, il s'attendait juste à ce que je perde tous mes pouvoirs, et que je redevienne une simple Moldue.
Cette soirée-là a très certainement marqué le tournant dans ma vie de sorcière. À partir de ce jour, j'ai commencé à m'intéresser plus profondément aux langues anciennes ou perdues, à comprendre comment fonctionnaient les sortilèges des Mangemorts et comment les contrer. Mais je n'ai jamais trouvé de contre-sort au Naslediye.
— Au cours de la conversation, il m'a expliqué la différence entre un Moldu et un sorcier.
— L'emplacement du cœur de magie, ou bien noyau magique, hoche-t-il la tête, intéressé.
— En effet. Il m'a expliqué que, si je me transformais en Moldue, je n'avais qu'un seul moyen de contrer, même pour un temps, le sort de Dolohov.
— Ne me dites pas que vous avez fait la bêtise de déplacer votre noyau magique tout de même ! s'horrifie-t-il. Surtout sans supervision !
— À vrai dire, si, haussé-je les épaules. Pourquoi croyez-vous que Weasley ait été obligé de venir réparer mon noyau par legilimancie, sinon ?
Sur ce point-là, je suis toujours profondément furieuse envers Harry, et à vrai dire, envers tous les Weasley. Jamais ils n'auraient dû accepter de laisser quiconque décider pour moi, me privant ainsi de mon libre arbitre !
— Il est très certainement le pire occlumens de la création, ricane-t-il doucement, mais c'est assurément le meilleur legilimens que j'ai pu côtoyer. Il a réussi à utiliser sa propre faiblesse comme une arme de choix, même si ses boucliers ne tenaient réellement que lorsqu'il était furieux.
— C'est en partie ce que m'a dit Harry pour s'excuser de l'avoir laissé violer mon esprit, soupiré-je.
— S'il ne l'avait pas fait, vous auriez tué tout le monde, Granger, lève-t-il les yeux au ciel, cynique. Mais je vous en prie, continuez cette histoire totalement stupide de comment la sainte je-sais-tout s'est elle-même proclamée professeur des arts de l'esprit !
Je ne sais pas vraiment ce qui le rend réellement furieux dans toute cette histoire. Le fait que quelqu'un, même un « ami », soit meilleur que lui en legilimancie, ou bien le fait que je sois parvenue à déplacer mon noyau de magie ?
— J'ai tout simplement utilisé un livre que j'ai acheté dans l'Allée des Embrumes, après avoir été conseillée par le Langue-de-plomb, haussé-je les épaules.
— De mieux en mieux ! ricane-t-il. Entre Weasley incapable de nouer ses propres lacets si vous ne lui dites pas comment, Potter et son agaçante manie à vouloir sauver la veuve et l'orphelin, et maintenant la princesse des Gryffondor dans le quartier des Embrumes, je me demande comment vous avez pu rester en vie aussi longtemps !
D'accord, donc en toute logique, je peux dire qu'il est réellement furieux, et très certainement pas à cause de Charlie… Et merde…
— Quel livre avez-vous utilisé ? grimace-t-il, retenant un soupir d'exaspération visiblement.
— J'ai commencé par Une forteresse dans votre esprit de Godwin, mais je l'ai trouvé bien trop vague.
— C'est pourtant l'un des ouvrages de référence ! fronce-t-il les sourcils. Vous auriez dû trouver votre bonheur dedans.
— Certes, il était très intéressant, dis-je précipitamment, inquiète qu'il me pense encore trop incapable, mais hormis m'expliquer les bases, il n'a rien fait de plus, et j'avais besoin de comprendre plus en profondeur l'art de l'occlumancie.
Le coin de ses lèvres se pince, et pour le coup, je ne saurais dire s'il réprime un sourire d'amusement à mon comportement, ou bien s'il est simplement agacé de voir qu'un livre de ce genre n'a pas épanché mes besoins de connaissances.
— Je me suis plus ou moins ouverte à Viktor dans une de mes lettres, continué-je puisqu'il ne m'interrompt pas.
— C'était risqué.
— C'est vrai, mais si je ne l'avais pas fait, il n'aurait pas pu m'envoyer Un lieu magique dans vos pensées de Serpentard, souris-je en coin.
— Pardon ?
Ce jour est officiellement à marquer d'une pierre blanche ! J'ai réussi, moi, Hermione Granger, fille de Moldus, sorcière née de Moldus de vingt ans, Gryffondor et héroïne de guerre, à surprendre le directeur si impassible des Serpentard ! Comme quoi, tout arrive dans la vie !
— Vous avez en votre possession un livre de Salazar Serpentard ? susurre-t-il, les yeux plissés.
— Je l'ai rendu à Viktor cet été, mais je ne doute pas qu'il voudra bien me le confier à nouveau, si vous souhaitez le lire, souris-je.
— Avez-vous conscience que n'importe quel Serpentard vous tuerait pour avoir eu ce genre d'artefact entre les mains ? hausse-t-il un sourcil, une fois qu'il retrouve son calme. Qu'avez-vous fait avec celui-ci ?
— J'ai commencé à réfléchir au lieu qui me paraissait le plus magique, celui de mes propres contes de fées. Je n'avais, jusqu'alors, pas compris que j'y vivais depuis cinq ans toute l'année, haussé-je les épaules. J'ai commencé à penser à une Chambre des Secrets pour y enfermer mon noyau, puis, petit à petit, durant ma sixième année, j'en suis venue à créer tout le château, avec les raccourcis et les passages secrets que je connaissais. Ainsi, toutes les pierres du château peuvent contenir un souvenir, et chaque salle à sa spécificité.
— Vous avez recréé Poudlard ? demande-t-il, cette fois-ci incrédule.
— Oui, affirmé-je. J'ai placé mon noyau dans une salle qui me paraissait encore plus imprenable que le Chambre des Secrets, j'y ai installé des pièges, et je l'ai fortifiée.
Son incrédulité se mue en une sorte d'envie. Une émotion que n'importe quel Gryffondor rêverait de voir inscrite sur ses traits, assurément !
— Plus imprenable que la Chambre des Secrets ? hausse-t-il un sourcil. Je ne vois pas.
— La chambre de Rowena Serdaigle, souris-je encore. La Salle sur Demande.
— Évidemment, sourit-il en coin. Une pièce qui n'apparaît que lorsqu'on lui demande très précisément quelque chose. Je dois dire que, pour une fois, vous m'impressionnez un peu, Miss Granger.
Mes joues rosissent de plaisir sans que je ne puisse les en empêcher. Mais pour ma défense, j'ai attendu ce genre de phrase durant plus de sept ans, alors, oui, je suis assez fière d'avoir pu l'entendre de sa bouche !
— Quel type de piège avez-vous installé ? s'enquiert-il, mimant de s'installer dans le fauteuil.
— À vrai dire, c'est un peu plus compliqué que cela, ris-je doucement. Je me suis servi de nos aventures, à Harry, Ron et moi, pour pouvoir créer mes défenses.
— Expliquez-moi cela ?
Plus aucune moquerie n'est présente dans son ton. Seule une sorte de respect précaire et d'intérêt professionnel suinte de sa voix, mais je m'en accommode parfaitement.
— J'ai utilisé un troll des montagnes pour protéger le second étage, et il renferme le souvenir de cette nuit-là, en première année, lorsque le professeur Quirrell en a fait s'échapper un dans le château.
S'il est impressionné par ma technique, il n'en souffle pas un seul mot. Mais, tandis que ses mains se joignent sous son menton, je m'entends lui raconter à quoi ressemblent les défenses de mon esprit, les créatures qui le protège, et les personnages dans mes tableaux.
— Je dois dire que j'aurais vraiment aimé voir à quoi ressemble votre esprit, désormais, soupire-t-il en se « laissant tomber en arrière ».
— Je trouverais un moyen ! affirmé-je, poussée par une volonté farouche.
Parce qu'insidieusement, l'idée de pouvoir faire quoi que ce soit pour prouver au professeur Rogue qu'il a obtenu toute mon estime, malgré son caractère de chien et ses réflexions sur mon physique, s'est fait un chemin en moi.
Ou bien peut-être est-ce la part de jeune fille romantique qui continue à vivre et s'épanouir malgré la guerre, qui me pousse à le faire. Cependant, il reste une dernière question que je dois lui poser, pour assouvir mon besoin de connaissance.
— Vous aviez l'air horrifié, tout à l'heure, quand je vous ai parlé d'avoir déplacé mon noyau de magie, commencé-je prudemment. Pourquoi ?
Il me sonde littéralement de son regard foncé qui, malgré son opalescence, semble me transpercer profondément. Puis il paraît être parvenu à un constat puisqu'il soupire sa réponse.
— J'avais plus ou moins votre âge lorsque j'ai fait la même expérience que vous avec Narcissa. J'ai déplacé mon cœur de magie dans mon cerveau, pensant, à juste titre, qu'il serait ainsi mieux protégé.
— Est-ce grâce à cela que vous avez découvert la transe ?
— Ce ne sont pas vos affaires, Granger ! gronde-t-il.
— Pardon, monsieur, baissé-je la tête.
Au loin, j'entends les cloches de l'église du square Grimmaurd sonner les douze coups de midi, me ramenant au présent. Je ne m'étais pas rendu compte que tant de temps s'était écoulé depuis mon arrivée à la maison, mais il semblerait que, maintenant, nous soyons sur le départ.
D'un vague signe de tête, le directeur me fait comprendre qu'il est temps pour nous de rejoindre le bureau du professeur McGonagall. Retenant un soupir, je nous fais entrer tous les deux dans la cheminée, direction Poudlard.
CW / HG * SDD * HG / CW
Charlie
Dix heures du matin. Encore une nuit épuisante, et toujours la même sensation de lourdeur au réveil. Comme si je n'avais pas dormi. Mais je n'ai pas dormi. Encore une fois.
— Tu devrais vraiment penser à faire créer un passage entre ta chambre et la cuisine, Charlie. J'aimerais avoir des pâtisseries et du café quand je te regarde dormir comme un imbécile.
Le ricanement refoulé me parvient depuis le coin salon de la chambre. Fred, évidemment. Lui non plus n'a pas vraiment dormi depuis quelque temps. Il y a cru pourtant, l'espace d'une nuit. Mais la réalité a rejoint le fantasme bien trop tôt, et il s'est écrasé en vol.
Contre mauvaise fortune bon cœur, je m'assois dans le lit, grognant doucement pour le dérangement occasionné, même si je me doutais bien qu'il viendrait faire un tour par chez moi ce matin. Après tout, les habitudes ont la vie dure. Et en ce moment, je pense que les habitudes sont mauvaises pour tout le monde.
— Que veux-tu ce matin, Fred ? soupiré-je, las, en me passant une main dans les cheveux. Si tu as si faim que ça, tu peux très bien te bouger le cul toi-même, pas la peine de faire déplacer un elfe pour ça !
— À vrai dire, reprend-il joueur, je me demandais si tu allais faire quelque chose de constructif aujourd'hui, ou passer encore ton temps à jouer à l'adulte posé et responsable que tu nous as donné depuis ton jugement. Alors ?
Le jugement. Rien que ce mot me fait frissonner de tout mon long. Oh, bien sûr, ils ont tous plus ou moins compris qu'il fallait très fortement arrêter de parler de mariage, de vie de famille ou même de tout ce qu'il pourrait s'y rapporter, mais les faits sont là : à presque vingt-six ans, je me retrouve marié à une putain d'adolescente qui croit que lire sauvera des vies !
Ironiquement, c'est en me retrouvant marié que j'ai compris pourquoi, quand je regardais maman et papa ensemble, je ne voulais jamais vivre la même chose de toute ma vie.
Il n'y a pas de passion dans leur couple, pas de disputes, pas de cris, pas de compromis. Tout est désespérément la même chose, tous les jours. Petit dej, boulot, dodo. Et on recommence le lendemain. Pas de saveur, pas de chaleur. Juste deux personnes vivant sous le même toit, et ayant fait sept enfants.
— Je crois qu'il te faut un café, frangin, rit-il amèrement. J'ai l'impression que tu commences à virer dépressif, et ce n'est pas bon en temps de paix !
Un café ? Je ne dis pas non ! Un temps de paix ? Là en revanche, j'ai beaucoup à dire ! Comment peut-on parler de temps de paix, alors que tous les jours, on nous annonce des décès dans La Gazette du Sorcier, des enterrements, ou des familles détruites ?
— Que veux-tu Fred ? me secoué-je en sortant du lit. Je ne suis pas levé depuis assez longtemps pour pouvoir te dire où se trouve ta moitié, quelle qu'elle soit !
C'est bas, c'est même très bas ce que je fais là, et son visage qui se referme me prouve encore une fois que j'en suis qu'un gros connard qui devrait réfléchir avant de parler. Pour le bien d'autrui. Et le mien aussi, quand on voit où quelques simples paroles m'ont conduit !
Mais il aurait fallu être fou, ou bien s'appeler Ronald Weasley, pour ne pas vouloir lui faire l'amour, cette nuit-là à Vegas ! Je regrette les paroles et je regrette les conséquences de ces mêmes paroles, mais je ne compte pas regretter ses jambes autour de mes épaules dans la douche, le son de ses gémissements, ou la chaleur et l'humidité de sa bouche sur ma queue ! Aucun risque là-dessus !
Au début, c'est arriver par vagues légères, de simples petits flashs vaporeux, en quittant les États-Unis pour la Roumanie. De quoi me faire bien comprendre que j'avais fait une connerie, mais sans m'en donner les raisons ni même les conséquences.
Mais mon retour à Poudlard, le jour du jugement, et même depuis, j'ai pu avoir droit à des petites scènes bien moins vaporeuses, et surtout, bien plus palpables ! Comme si un ange vengeur se penchait sur mon épaule pour me rappeler encore et encore que j'ai tenu deux semaines avant de rompre un mantra qui me suit depuis dix ans !
— Je suis juste venu t'apporter une lettre de la part de maman, grimace-t-il en forçant son ton enjoué. J'espère que tu ne m'en veux pas, mais j'ai pris la peine de la lire, vu que…
— Je ne veux pas savoir ce qu'elle contient, Fred, soupiré-je. Tu peux la brûler.
— Oh, mais tu devrais la lire, frangin, gronde-t-il, les yeux menaçant. Ça t'ouvrirait peut-être un peu les yeux !
Il se lève brusquement, déposant une enveloppe de parchemin sur ma table basse en même temps qu'un café apparaît de nulle part. Bénis soient les elfes de Poudlard !
Me retrouvant subitement seul avec ma tasse de café à la main, je pose mes yeux sur le papier, incapable de vouloir même l'ouvrir. Je n'ai pas vraiment eu de contact avec elle depuis ce dimanche désastreux au Terrier et, hormis le jour du jugement, je ne l'ai pas revu non plus. Mais je ne suis pas un ancien Gryffondor pour rien !
« Charlie,
J'ai essayé de comprendre depuis deux semaines pourquoi tu avais fait une chose pareille à Ron. En vain, tu te doutes bien…
Comment as-tu pu faire ça ? Comment as-tu pu coucher avec Hermione Granger et te marier avec elle ? Comment as-tu pu le blesser de cette manière-là ?
Bon sang, Charlie ! Tu savais pourtant qu'il en est fou ! Tu savais qu'il avait de grands projets avec elle, qu'il n'attendait que la mort de Tu-Sais-Qui pour pouvoir enfin être heureux grâce à elle ! Tu la lui as ravie sous son nez, alors même qu'il n'attendait qu'un signe de sa part ! Et ne crois pas que je ne sache pas pourquoi tu l'as fait !
Si encore tu aimais cette fille… Mais non ! Tu ne l'as fait que parce que tu voulais faire du mal à Ron, pour lui montrer qu'il ne valait pas autant que toi ! Par Merlin, Charlie ! Tu lui voles déjà son titre de Lord Prewett, tu lui voles ses amis, et maintenant, tu lui prends la femme qu'il aime ! N'as-tu aucun sens moral ? N'as-tu aucune considération pour ta famille, pour ton frère, pour ton sang ?
Ton père et moi sommes déçus, tu te doutes bien, mais Arthur a quand même tenu à ce que, tes frères et toi, vous veniez passer Noël à la maison. Ce que je regrette fortement, parce que je sais parfaitement que tu te feras un plaisir de venir exhiber ton trophée devant Ronald.
J'espère vraiment que tu réfléchiras très fortement à tes actes, et que tu feras ce qu'il faut, parce que la jeune femme qui partage ta vie en ce moment est absolument délicieuse, et ce serait un crime de ne pas la rendre heureuse.
Cette jeune femme, cette Katya, nous avons pu discuter un peu avec elle, ce jour-là, et elle paraissait vraiment détruite que tu aies pu lui faire une chose comme celle-là.
Je ne sais plus quoi dire pour excuser ton comportement inhumain et sadique. C'est comme si tu aimais faire du mal autour de toi. Ce n'est pas le fils que j'ai mis au monde. Ce n'est pas l'enfant que j'aurais voulu voir devenir un homme. Tu n'as aucune valeur, aucun principe, j'ai l'impression.
Je te souhaiterais bien une bonne journée, mais sache que depuis deux semaines, moi, je n'en passe aucune de bonne.
J'espère que cette lettre te fera réfléchir,
Maman. »
Finalement, j'aurais mieux fait de prendre ma douche avant de lire cette lettre. Et de boire un autre café. Ou peut-être même une bouteille de vodka Pur Glace. Voire deux. Ou encore mieux, ne pas écouter ce que Fred m'a dit !
Si je ne l'avais pas écouté, je ne serais pas, en ce moment, en train de fulminer dans mon fauteuil, mes mains tremblant trop pour que le café reste dans la tasse sous ma rage, inspirant douloureusement à chaque instant.
Comment ai-je pu croire qu'elle aurait compris ? Comment ai-je pu croire qu'elle me foutrait au moins la paix, maintenant que j'ai presque vingt-six ans ? Comment aurais-je pu croire qu'elle serait assez humaine pour ne pas vouloir tourner le couteau dans la plaie encore une fois ?
Ne se doute-t-elle pas que, depuis un mois et demi, je me bouffe le crâne à essayer de trouver une solution envisageable pour que personne, pas même Ronald, ne soit pas lésé dans le divorce qui finira bien par arriver un jour ?
Oh je ne suis pas totalement débile non plus, j'ai bien conscience qu'il y a une raison derrière cette volonté farouche de garder ce mariage en vigueur au moins pour le public.
Que ce soit pour lui éviter de devoir aborder tout de suite son titre de Lady Black, ou même pour éviter de devoir se coltiner les journalistes qui veulent tous des interviews exclusives des trois principaux héros de guerre, je peux le comprendre ! Je crois même que, pour garder une certaine forme de normalité entre nous, je lui aurais accordé, et j'aurais même, peut-être, proposé cette solution.
Parce qu'elle a certes beaucoup de défauts, Hermione Granger, mais elle est loin d'être une lâche et une fuyarde. Elle serait plutôt du genre désespérément et stupidement courageux, à foncer dans le danger tête baissée pour sauver la veuve et l'orphelin ! Sur ce point, elle et Harry se ressemblent comme deux gouttes d'eau !
Alors comment Ron a-t-il fait pour s'immiscer dans ce duo infernal ? Je peux comprendre qu'il soit… drôle ? Mais en aucun cas il n'a ce qu'il faut pour, comme le souhaite maman, garder une femme comme elle pour le reste de ses jours ! Bien loin de là, même !
Même un imbécile verrait qu'elle a besoin de se trouver un homme avec qui élever le débat, lui montrer qu'elle est intelligente, peut-être même trop pour les standards anglais… Alors pourquoi s'accroche-t-elle à lui de cette manière ?
— Je vois que, toi aussi, tu as reçu une magnifique lettre de maman ? ricane Bill depuis le seuil de la chambre.
— Un millier de mots d'amour sur fond de comédie romantique, grimacé-je. Et toi ?
— Elle a sûrement dû se tromper et m'a envoyé son essai sur la révolution gobeline niveau ASPIC, je ne vois pas d'autre explication à pourquoi parler aussi souvent de colère, de coups de hache et de traités de paix !
Bien, au moins l'un de nous deux s'amuse, je suppose que c'est le principal… Mais enfin non ! Ce n'est pas le principal ! Ni elle ni moi n'avons voulu ce mariage, et franchement, je crois que nous accepterions mutuellement de nous envoyer un Doloris chacun plutôt que de rester mariés !
Alors pourquoi, par tous les putains de Fondateurs de Poudlard se fait-elle un devoir de laisser cette mascarade continuer ? Aime-t-elle me faire chier à ce point ?
À vrai dire, même si elle m'aimait bien, moi je préfère largement la voir me hurler dessus, les yeux brûlants de rage, les joues rouges de colère, et sa putain de crinière infernale voler autour de sa tête sous l'action de sa magie. Putain elle a l'air d'une Amazone presque sexy quand elle fait ça…
— Tu as cet air très étrange, Cha, badine Bill en s'asseyant face à moi. On dirait que tu es en train de fantasmer et tu sais que ça me met mal à l'aise de t'empêcher d'être heureux.
— Tu n'as pas forcément tort, frangin, ricané-je, tu n'as pas forcément tort.
— Et qu'est-ce qui te met de si bonne humeur ? hausse-t-il un sourcil. Quand je suis entré dans ta chambre, tu étais à deux doigts de déclencher une apocalypse, et là, tu te retrouves à sourire comme un dément en érection.
— Je n'ai pas d'érection, secoué-je la tête.
— Oh si mon pote, et c'est franchement désagréable de devoir garder mon sérieux devant toi dans cette situation ! Mais je fais de mon mieux pour paraître stoïque, grimace-t-il. En revanche, ce qui est drôle c'est que tu ne m'as pas repris sur le fait que tu souris comme un dément.
— Et alors ? ris-je doucement.
— Et alors j'en déduis que cette soudaine… bonne humeur, nous la devons à Hermione Granger, et je ne suis pas sûr que Fleur soit prête à commettre un crime, même si elle apprécie beaucoup ta femme.
— Ce n'est pas ma femme, me refermé-je.
— Si ça porte une alliance, que ça porte ton nom, et que ça couche avec toi, mon grand, ricane-t-il, c'est que c'est ta femme ! C'est une simple question élémentaire !
— Va te faire foutre, Bill !
Et voilà ! Il ne lui aura fallu que dix minutes pour détruire tout le peu de bonne humeur que j'avais réussi à emmagasiner, et pire encore, le peu de bonne volonté que j'avais décidé d'accorder à Granger… Elle n'aura qu'à s'en prendre à lui, si elle ne supporte pas ce qui va lui arriver ! Mais avant ça, j'ai encore besoin d'une information capitale.
— Dis voir, Bill, froncé-je les sourcils en me renfonçant dans le fauteuil, je sais très bien que tu connais la raison pour laquelle elle nous force au mariage. Quelle est-elle ?
— Je t'avais dit que tu t'en mordrais les doigts, il y a quatre mois, ricane-t-il en se levant. Tu n'as pas voulu me croire, maintenant, tu en paies le prix, c'est tout !
Et c'est à son tour de me laisser seul dans ma chambre, pas plus avancer maintenant que je ne l'étais il y a une heure, avec une érection douloureuse, la tête en vrac, une lettre assassine et un café froid à la main. Putain de famille…
Une très longue douche froide, une dizaine de tasses de café et près de cinq heures plus tard, je me sens enfin prêt à affronter le monde extérieur, et ce monde extérieur se matérialise en la forme d'un blondinet aristocratique et de sa fiancée non moins aristocratique, venus au monde, visiblement, pour me faire chier en ce magnifique samedi après-midi.
— Où est Granger ? s'énerve Malefoy.
C'est fou cette manière d'agresser les gens qu'il possède ! Ne lui a-t-on jamais appris à aborder les gens avec politesse, à prendre des nouvelles, à souhaiter le « bonjour »… Ce genre de choses quoi ! Le minimum syndical en matière de civisme ! Ce garçon n'a vraiment aucune douceur, et encore moins de manière !
Mais une chose est sûre, c'est qu'il n'est pas le genre à se sentir gêné si quiconque à la même approche que lui. Mais pourquoi venir me chercher moi, plutôt que, tiens, Harry ! Après tout, il est avachi dans le canapé, comme les trois quarts des enseignants dans la salle commune, regardant au plafond mais ne semblant pas le voir…
Oh, il semblerait que, lui aussi, ait reçu une lettre de Molly Weasley, si j'en juge son air abattu. Bien fait ! Au moins, je ne suis pas le seul à avoir envie de commettre un meurtre aujourd'hui ! J'aurais sûrement dû boire plus de café… et où est cette putain de vodka Pur Glace quand on a besoin d'elle ?
— Attends, Malefoy, ricané-je en coin. Je crois que je l'ai coincé dans ma poche.
— Ne te fous pas de moi, Weasley, je ne suis pas d'humeur !
Et c'est un fait, il n'a vraiment pas l'air d'être d'humeur, en effet ! Entre les cernes violacés sous ses yeux, la raideur dans ses épaules et la fatigue qui paraît émaner de tout son corps être en état n'est pas la première chose qui me viendrait à l'esprit en cet instant !
— Ah, Charlie !
Et bien sûr, quand les choses vont mal, il faut toujours qu'elles empirent… Mais pourquoi suis-je né sous une aussi mauvaise étoile…
— Katya…, soupiré-je, me préparant déjà pour l'avalanche de mots qu'elle va débiter.
— Je suis rentrée il y a quelques heures, mais personne n'a pu me dire où tu te trouvais. J'ai croisé cette Granger dans les couloirs aussi, en arrivant. Elle avait l'air d'être furieuse, ricane-t-elle méchamment. J'espère presque que c'est à cause de toi.
Je ne comprendrais jamais les femmes, c'est une certitude ! Pourquoi vouloir toujours détruire l'autre à propos de leur image ou de leurs relations restera toujours, pour moi, une très grande énigme. Et Merlin sait que je suis une véritable buse en énigme…
— Étant donné que je ne l'ai pas vue depuis hier soir, non, ça ne peut pas être ma faute, désolé pour toi, Kat, soupiré-je, souhaitant simplement rentrer dans ma chambre.
Je vois presque immédiatement ses yeux pétiller de cette lueur calculatrice, celle qui m'a attiré, il y a deux ans, quand elle s'est présentée au camp. C'est à cause d'elle que je me suis mis en tête que Katya Sermirov deviendrait mon nouveau défi.
Elle avait la beauté des filles de Sorcière-Hebdo, le franc parlé des mecs du camp, cette aura dangereuse des sorciers slaves et des yeux à faire bander un dragon.
J'ai cru, au début, que ce serait simple de la mettre dans mon lit, comme plus ou moins toutes celles du campement, mais il y a eu un problème : Kat n'est pas le genre à s'amuser une fois et basta.
Quand elle a pris son pied, elle en veut toujours plus. Mais elle veut que les hommes rampent devant elle, qu'ils baisent le sol qu'elle a foulé et jettent jusqu'à leur propre orgueil pour elle. Chose que je ne ferais jamais. Pas pour elle en tout cas !
Je n'avais simplement pas pris en compte un détail très important dans mon petit plan pour me « soulager » hebdomadairement : elle s'est attachée à moi, et ça c'est inadmissible ! Pourquoi les femmes n'arrivent-elles pas à comprendre ce que signifie « plan cul régulier » ?
Mais je dois dire que j'adore littéralement les voir, elle et Granger, se battre pour avoir mes faveurs. C'est bandant, vraiment. Quoique je ne sois pas vraiment sûr qu'elles le fassent pour cette raison-là, mais la petite Miss je-sais-tout semble vraiment être en manque de combat, et qui suis-je pour lui retirer une adversaire ?
À dire la vérité, je préfère largement lorsque, son adversaire, c'est moi. J'aime l'entendre soupirer, crier de douleur quand un sort de découpe la touche, crier de victoire lorsqu'elle me touche, et j'aime l'entendre gémir de fatigue quand le combat dure un peu trop longtemps.
— Tu ne l'as donc pas encore vue ce matin ? me ramène-t-elle sur terre.
— Tu sais où elle est, Sermirov ? gronde Malefoy, les yeux froids.
— Bien sûr ! lève-t-elle les yeux au ciel. Elle est dans sa chambre depuis deux heures, sûrement à remuer ses insécurités chroniques ! Cette fille n'a aucun bon goût et aucune qualité, ce ne serait donc pas étonnant !
C'est fou ce venin dans sa voix quand elle parle de Granger… On dirait presque qu'elle la hait, alors qu'elle ne la connaît même pas… Mais après tout, je suppose que pour lui avoir jeté le Significat Laesae, il fallait au moins avoir un peu de haine envers la personne. La question maintenant est de savoir pourquoi…
Le duo d'ancien Serpentard s'élance dans le couloir menant aux dortoirs des filles, parlant rapidement entre eux, assez vite en tout cas pour que je ne puisse pas comprendre le sujet de la conversation.
— Dis voir, Charlie, susurre Kat en se collant à mon torse, que penses-tu de venir faire un petit tour dans ma chambre, j'ai quelques petites choses à te montrer.
Ah ! Cruel dilemme ! Une partie de jambes en l'air, ou aller très rapidement prévenir ma femme que je compte bien très rapidement en faire ma future ex-femme ? Vraiment très cruel dilemme…
Mais si je me lance maintenant dans un cinq à sept avec elle, j'en ai facilement pour deux à trois heures intenses, et je ne pense pas avoir pris assez de café pour pouvoir supporter son trop-plein de bonne humeur. Alors que faire ?
— Mais bordel ! Elle va l'ouvrir sa putain de porte ?
Oula ! Visiblement, les choses ne se passent pas aussi bien que cela du côté du dortoir des filles, et c'est la seule et unique raison qui me pousse à rejoindre les deux Serpentard, accompagnés de Luna Lovegood, qui leur barre le passage.
— Vous devriez revenir dans quelques heures, déclare cette dernière de sa voix aérienne. Pour le moment, elle vient de s'endormir.
— Mais je n'en ai rien à battre ! craque totalement Malefoy. Elle devait venir nous dire si oui ou non nous étions parvenus à un accord !
— Revenez dans une heure, elle sera réveillée, hoche-t-elle la tête gravement. Pour le moment, les Joncheruines volent encore autour de sa tête.
Des Joncheruines ? Je comprends maintenant pourquoi, depuis quelques minutes, je me sens si mal à l'aise… Et moi qui croyais que c'était la proximité de Katya qui m'embrouillait le cerveau !
— Luna ? l'appelé-je doucement, plaçant ma main sur son bras. Puis-je entrer dans la chambre ? Je te promets que je n'en ai pas pour longtemps.
— Les serpents ont quitté leur repaire, Charlie, soupire-t-elle. Le dragon ne protège plus rien, et les grilles sont ouvertes. Les Sombrals et les licornes ont fait alliance, mais dans le fond, ils ne pourront pas retenir l'invasion bien longtemps.
Cette fille est fascinante, et elle me ferait presque trembler dans mes bottes si je n'avais pas déjà cette sueur froide qui me coulait le long du dos. Un jour, très prochainement, je me pencherais sur le cas Luna Lovegood, et ce jour-là, j'espère vraiment comprendre comment et pourquoi elle parvient si facilement à voir dans la tête des gens, et surtout à deviner ce qu'ils veulent, pensent, aiment et ressentent…
Cette fille est une énigme, un véritable mystère, et je sais qu'elle intrigue de plus en plus George, d'ailleurs, avec ce point-là de sa personnalité.
Oh, je ne me fais pas de mourons, je sais parfaitement que, si Fred n'était pas obnubilé par Harry et la bêtise qu'ils ont, eux aussi, faite à Vegas, il serait tout aussi intrigué que son jumeau par ce petit brin de mystère répondant au doux nom de Luna Lovegood…
Mais pour le moment, un seul mystère à la fois ! Pourquoi Granger s'est-elle encore mise dans les problèmes en laissant ses animaux mentaux se promener dans son esprit, et pourquoi Circé ne défend-elle plus son Poudlard, par Merlin ?!
Je peux comprendre que faire apparaître Hog hier, de même que Veyser l'ait grandement perturbée, que ce soit au niveau de sa magie ou bien de son mental. Mais est-ce vraiment une raison pour laisser ses barrières d'occlumancie partir à vau-l'eau ? Non !
— Je te promets de faire mon possible pour que les licornes aident les Sombrals à renvoyer les serpents chez eux, soupiré-je. Sassly est-elle sortie, elle aussi ?
— Non, elle garde ses petits, pour le moment, rit-elle en entendant mon soupir de soulagement. Mais il faut que le chevaucheur de vent se prépare.
Son regard si caractéristique, si unique, paraît me transpercer de part en part, comme s'il cherchait à voir au fond même de ma personne, scruter le moindre de mes désirs, la moindre de mes pensées. Et putain que je me sens mal à l'aise !
Cette petite à près de dix ans de moins que moi, et pourtant, ses yeux ont l'air de porter le poids du monde, l'intelligence des sages et la connaissance des anciens. Mais le chevaucheur de vent, ce terme-là, je l'ai déjà entendu auparavant !
C'est ainsi que Circé m'appelle lorsque je vais rechercher la sorcière dans son esprit. Dans ce cas, pourquoi dois-je me préparer ?
— L'œuf est sur le point d'éclore, sourit-elle dans le vide, jouant avec la pointe de ses cheveux. Lui seul pourra la protéger.
Mais de quoi parle-t-elle encore ? Pourquoi serais-je la seule personne à pouvoir protéger un œuf ? Et d'ailleurs, de quel œuf est-il question ? Et pourquoi suis-je en train de sentir une sueur froide, signe de très mauvais présage, coulée dans mon dos ?
— Luna, je veux juste aller la prévenir pour Noël, affirmé-je le cœur battant, la peur montant d'un cran.
Son regard quitte le plafond duquel elle semblait être en train de scruter un monde alternatif pour le poser sur moi et m'examiner d'autant plus.
Si, précédemment, j'avais l'impression de me faire examiner à la loupe, cette fois-ci, j'ai la sensation d'être mis à nu. Son regard a cette pointe effrayante de bleu surnaturel qui tranche violemment durant quelques secondes avec la blondeur de sa chevelure. Assez longtemps pour que je puisse l'apercevoir, mais pas assez pour que j'en sois sûr. Une véritable putain d'énigme !
— Entre, Charlie, elle va bientôt se réveiller, sourit-elle encore en m'ouvrant la porte.
Déglutissant doucement et mettant en sourdine les exclamations étouffées de protestations des deux petits serpents, j'avance dans la chambre, m'inquiétant presque quand je vois les rideaux de son lit à baldaquin ouvert, les cernes énormes manger ses yeux, et ses ongles gratter furieusement l'emplacement de la cicatrice laissée par Bellatrix.
— Tu ne devrais pas avoir peur, commence la jeune blonde. Elle ira bien, comme toutes les nuits.
— Je sais, soupiré-je.
Oh oui, j'ai une très forte connaissance de ce à quoi ressemblent les nuits d'Hermione Jane Granger, pour la simple et bonne raison que, toutes les nuits, je me faufile subrepticement dans sa chambre, quittant la mienne, et donc le confort des bras de Kat, pour la rejoindre elle, m'asseoir en silence dans le fauteuil et parler avec Luna sous sortilège de silence.
La première fois, cela m'a fait bizarre de la voir déjà allongée dans le lit de la je-sais-tout, la serrant fortement dans ses bras et lui soufflant des paroles rassurantes. Je me suis enfui comme un voleur, refusant de me faire surprendre par la jeune fille. C'était le soir de notre premier jour de cours, le jour où Kat lui a lancé le Significat Laesae.
Puis, les jours qui ont suivi, j'ai continué à venir faire un tour dans sa chambre, restant, dans un premier temps, à la porte, durant quelques minutes, pour m'assurer que son sommeil allait bien, avant de retourner me coucher. Parce que j'ai besoin de mon ennemie, presque autant qu'elle a besoin d'une vraie nuit. Presque autant que moi j'en ai besoin, d'ailleurs…
Lentement, comme pour ne pas réveiller la femme brune endormie dans son propre lit, je m'assieds dans le fauteuil que je me suis octroyé, il y a déjà un bon mois de cela.
— Luna ? l'appelé-je doucement.
De son perchoir, à savoir le haut du dossier du canapé, elle m'envoie un regard interrogatif, malgré le Chicaneur qu'elle tient à l'envers, ses lunettes en forme de main lui offrant un air purement loufoque, faute de meilleur terme.
— Oui ? hausse-t-elle les sourcils, visiblement surprise d'être dérangée dans sa lecture hautement importante.
— Pourquoi la veilles-tu tous les soirs ?
C'est une question qui me tourne en tête depuis cette première nuit, celle où je l'ai trouvé, serrant une Hermione Granger tremblant de froid et de larmes dans ses bras, maintenant le plus possible ses mains loin de ses bras.
— Parce qu'elle en a besoin ! rit-elle comme s'il s'agissait d'une évidence.
En l'occurrence, ce n'est vraiment pas le cas ! Loin de là même ! Très loin de là ! En quoi le fait qu'elle en ait besoin soit une réponse envisageable ?
N'a-t-elle pas conscience que, pour une sorcière ayant vécu un traumatisme, dormir à côté d'elle est la chose la plus dangereuse à faire ? Ne sent-elle jamais les émanations de sa magie qui fluctuent à mesure que les jours s'égrènent ? Ne ressent-elle pas les poussées de legilimancie involontaire qu'elle fait, en dormant ?
Par Morgane et Viviane réunies ! Même moi, je me suis protégé de la faible force de mes boucliers, toutes les nuits que j'ai passées avec elle, de peur de la voir piller involontairement tous mes souvenirs, toutes mes pensées, qu'elles soient bonnes ou mauvaises !
Sauf cette première nuit, celle au square, quand elle est venue me donner la lettre de Tonks. D'ailleurs, qu'est devenue cette lettre ?
Cette nuit-là, je n'ai pas eu le temps de me protéger, j'étais trop fatigué, à deux doigts de craquer, j'avais emmagasiné trop de fatigue et pas assez de colère pour pouvoir hisser mes barrières.
Résultat des courses, la petite sorcière a eu le temps de voir quelques passages de l'attaque du campement, la douleur que j'y ai ressenti et la haine qui m'a envahi, ce jour-là, à voir mes amis, mes camarades, mes collègues mourir de la main de stupides adorateurs de Voldemort.
— Sois plus précise, veux-tu ? soupiré-je, retenant vainement un grognement de fatigue.
Trois heures de l'après-midi, cinq heures d'affilée à corriger des copies où mes élèves confondent encore le lichen et les lycans, et il ne m'aura fallu qu'une petite demi-heure en la présence de Luna Lovegood pour que ma tête soit sur le point d'exploser… Monde cruel…
— De vous deux, tu es le plus faible, continue-t-elle, changeant totalement de sujet.
Après la lassitude, elle aura réussi à me mettre en colère ! Bon sang, je sens que cette journée ne s'arrêtera jamais…
— Pas par la force, mais par l'esprit.
De mieux en mieux ! Dans cinq secondes, elle me propose un petit aller-retour à Azkaban pour un petit baiser en tout bien tout honneur avec un Détraqueur sur son trente et un, paré de son plus beau voile… Mais je m'égare…
— Et pourquoi serais-je faible, je te prie ? grimacé-je d'une voix polaire.
— Parce que tu préfères remiser tous tes souvenirs au fond de ton esprit et ne jamais les affronter, claque sa voix. Elle, elle les affronte, même si elle n'en sort que très rarement vainqueur, elle ne se laisse pas étouffer par la peur. Toi, tu as peur au quotidien, tu as peur à chaque instant, et tu préfères repousser toute personne qui pourrait t'aider, toute main tendue, pour aller te perdre entre les jambes de cette folle qui se plaît à torturer ta femme.
Ce doit très certainement être la première fois que je l'entends être cohérente, que je la vois faire un aussi long monologue, sans que sa voix ne parte très loin, rejoignant ses yeux dans une sorte de néant qu'elle seule peut voir.
Non, en ce moment, elle est raide comme la justice, les lèvres pincées comme Minerva en période d'ASPIC, une voix froide et polaire comme celle de Severus devant le chaudron de Neville et des yeux qui pourraient me tuer s'ils en possédaient la capacité. Ce qui n'est pas à écarter…
— Tu sais que nous sommes tous les deux tes professeurs, Luna, n'est-ce pas ? tenté-je, lamentablement, de gronder de colère.
— Ça ne m'empêchera pas de te dire ce que je pense, Charles Prewett, gronde-t-elle. Si tu continues sur ta lancée, tu perdras tout. Ton nom, ta vie, ta famille, tes amis et celle que tu aimes. Es-tu prêt à ce sacrifice ?
Note à moi-même : ne plus jamais, et je ne dis bien jamais, démarrer la moindre conversation avec cette fille ! Plus jamais ! À choisir, je crois que je préférerais l'un des si célèbres sermons postillonnant de Molly Weasley !
— Alors pourquoi m'aides-tu ? haussé-je un sourcil mécontent.
— Qui te dit que je t'aide ? rit-elle doucement.
Sa capacité à passer d'un état à l'autre en moins d'une seconde est vraiment incroyable… Je crois bien qu'elle n'est pas humaine, c'est vraiment l'explication la plus logique, à mon sens, du mystère Luna Lovegood.
— Je le fais parce que, toi aussi, tu en as besoin, soupire-t-elle après un trop long silence. Elle te raccroche à ce monde aussi simplement que tu le fais pour elle. Mais vous ne le voyez pas. Et vous finirez par vous perdre si vous ne réagissez pas.
— Luna, nous ne sommes pas un couple ! essayé-je vainement, encore une fois, de lui faire comprendre.
Toutes les nuits, j'ai l'impression de lui dire les mêmes choses, essayer de lui faire entrer dans sa jolie petite tête blonde le fait que, non, malgré une alliance, un nom et ce putain de foutu tatouage, Granger et moi ne sommes rien de plus que deux sorciers vraiment stupides, qui ont crus bon de défier les lois de Merlin.
En vain, visiblement, parce qu'elle a l'air de croire que de me voir débarquer toutes les nuits dans la chambre de Granger est la preuve d'un amour interdimensionnel, dans lequel elle et moi sommes les principaux personnages ! Douce et brave Luna !
— En es-tu vraiment sûr ? rit-elle en se levant, venant poser une main sur la joue de la brune qui grommelle. Allez, Mione, c'est le moment de te réveiller, maintenant.
— Je suis fatiguée, Luna, soupire-t-elle.
— Je sais, mais Drago et Pansy attendent devant la porte, et Charlie voulait te dire quelque chose.
Et moi qui voulais lui laisser la lettre de ma mère sur sa table de nuit pour pouvoir m'échapper rapidement de cette chambre… Je vais encore devoir attendre, et faire montre de toute ma bonne volonté ! Ah, ce qu'on ne ferait pas pour avoir le divorce !
— Qu'est-ce qu'ils me veulent, encore ? soupire-t-elle.
Paresseusement, elle se redresse dans le lit, sa couverture tombant pour venir s'enrouler autour de sa taille, révélant une chemise presque entièrement déboutonnée, et un soutien-gorge en dentelle qui paraît extrêmement fin.
Combien de temps mettrais-je pour le lui enlever, si je l'attachais aux montants du lit ? Deux secondes ? Un peu plus ? Oui, sûrement un peu plus… J'aime trop chasser ma proie pour prendre tout de suite ce que je veux, malheureusement…
Et pourtant, Merlin m'en préserve, j'ai vraiment, mais alors vraiment envie de venir jouer avec ce morceau de tissus ridiculement fin, libérer sa poitrine et laisser ma langue courir sur la peau douce et ferme de son sein, en mordillant la pointe et peut-être même, si j'en ai le temps, lui laisser une marque indélébile sur cette chair si pâle de ne jamais voir le soleil. Et merde… Je bande encore…
Je crois que j'ai vraiment un problème… Comment est-ce possible de se sentir si attiré, si accroc à une personne, alors qu'on la déteste ? Est-ce normal ? Est-ce un effet du lien ?
Est-ce la raison pour laquelle le juge Marvel nous a imposé une séance par mois avec Minerva ? Quoique, pour le coup, je crois que j'aurais préféré parler d'une chose comme celle-là avec Severus, si je devais choisir… Et Merlin sait que je n'ai vraiment pas envie de choisir !
— Hé oh, Weasley ! Tu m'écoutes ?
Putain quand elle s'énerve de cette manière, j'ai encore bien plus envie d'elle… Mais pourquoi ? Bordel !
Pourquoi même après avoir tiré un coup avec Kat, je n'arrive pas à repousser l'idée de la mener à ses derniers retranchements, à l'idée de l'allonger sur n'importe quelle surface plane, ou même la prendre contre un mur, une cheminée, une fenêtre ou n'importe où ? Il faut très sérieusement que je revoie l'ordre de mes priorités…
Cette impression que mon mantra ne tiendra jamais face à cette sorcière est en train de me prouver par A + B que Luna a raison, et que je suis faible. Et c'est hors de question ! Je ne suis pas faible !
— Je t'écoute, bébé, déclaré-je, d'une voix très lointaine qui ne semble même pas m'appartenir.
— À la bonne heure ! gronde-t-elle. Fais venir les Serpentard dans ma chambre, et essaye de faire venir aussi tes frères, Neville, Harry, Padma et Susan, s'il te plaît.
J'enferme très loin en dehors de ma tête l'effet même que me fait son ton autoritaire, et le sourire en coin qu'elle arbore en voyant l'état dans lequel il me met.
Ouais, je suis peut-être en train de devenir dingue, et de tourner accro au cul, mais elle n'est pas loin de me suivre sur la même pente, la petite Miss je-sais-tout. Qui aurait cru que, sous ses airs collet monté, ses grandes phrases et son cerveau de génie, se cachait en fait une courageuse Gryffondor n'ayant jamais froid aux yeux dans le domaine du cul, insaisissable et rusée comme une Serpentard, aussi intelligente pour me faire mettre à genoux qu'une Serdaigle et d'une loyauté envers elle-même à faire peur…
Oh oui, des habits, des livres, un insigne de préfète-en-chef ou même un poste de professeur-étudiant, ne m'enlèveront pas de la tête une phrase que Tonks m'a dite, plus jeune : l'habit ne fait pas le moine. Je ne connais aucun moine, mais si Hermione Granger est une bonne sœur, je veux bien me faire prêtre !
— Hey, vous deux, là ! apostrophé-je les deux Serpentard. Allez me chercher les jumeaux, Zabini, Greengrass, Potter, Padma, Londubat et Bones.
— Pas avant de savoir ce que nous a concocté le castor ! s'énerve Drago.
— Si tu veux le savoir, fais déjà ce que je te demande, Malefoy ! grondé-je, refoulant vainement la colère qui monte lentement. Et si j'étais toi, si je voulais vraiment rester dans ses bonnes grâces, j'éviterais de l'appeler comme ça.
De très mauvaise volonté, ils s'en vont dans le salon, réunissant rapidement les personnes exigées par la petite brune qui maintient mon érection en état, même encore maintenant, puis ils viennent nous rejoindre dans sa chambre.
Le temps de tout ce remue-ménage, elle a reboutonné son chemisier, recoiffer vaguement ses cheveux et s'est passé de l'eau sur le visage. Assez pour avoir l'air éveillée, mais pas assez pour lui enlever cet air de femme tout juste sorti du lit après une nuit de baise torride !
Putain, c'est décider, il faut vraiment que je sois plus gentil avec Katya et que je lui demande, avec toute la gentillesse du monde, qu'elle veuille bien écarter les cuisses pour que je m'y perde… C'en devient vital à ce niveau-là… Qui aurait pu croire que la fidélité me laisserait dans cet état de frustration extrême à longueur de journée… Bordel ! C'en devient insoutenable par moments !
La laissant commencer sa « petite réunion » avec les autres jeunes, je fais venir une bouteille de mon propre coffre personnel, dans ma chambre, pour m'en verser un verre et me perdre dans les embruns alliant le rose et le mordoré, de très légères particules ressemblant à des diamants en expansion voletant au-dessus de la surface liquide.
Elle a le temps d'expliquer à Drago qu'il peut profiter de la vie jusqu'à ses vingt et un ans et qu'à partir de là, avec la maturité acquise et s'il le souhaite, il peut envisager de parler mariage ou, à défaut, de concubinage avec la personne souhaitée à Pansy de lui offrir le patronage de la maison de Black à Daphnée de lui rappeler qu'elle lui paye ses études pour la même raison qu'elle vient de le proposer à Parkinson – à savoir l'empêcher de faire l'erreur de se vendre elle-même pour faire perdre le nom de sa famille, avant que je n'aie terminé mon second verre. Elle est vraiment douée quand il s'agit d'assommer les gens avec des mots.
— D'accord, Granger, rit doucement le métis. Tes intentions semblent louables, et si je comprends bien, c'est une sorte de réunion des Lords anglais, à laquelle tu nous as demandé d'assister. Alors pourquoi me faire intervenir moi aussi ?
Tiens, c'est une très bonne question de sa part, au petit Zabini ! Et par Godric, ce vin des fées est vraiment puissant… Je ne sens déjà plus mon cerveau fonctionner comme il le devrait depuis une bonne demi-heure, et je crois ne l'avoir jamais autant loué. Pourtant, il faut vraiment que je me concentre, parce qu'on dirait que ce moment est vraiment très important…
— C'est simple, Zabini, sourit-elle narquoisement. Tu es un noble de la cour italienne, mais tu peux faire bouger les choses dans le pays où tu habites et ainsi rejoindre les vingt-huit grandes familles Sang Pur de Grande-Bretagne. Tu peux, toi aussi, faire bouger le monde.
— Je n'arrive déjà pas à sortir Drago du lit le matin, Granger, lève-t-il les yeux au ciel, alors comment veux-tu que je parvienne à faire bouger la Grande-Bretagne ?
— Avec un peu de bonne volonté ? lève-t-elle un sourcil.
— Si tous les Sang-Pur sont comme Drago, toute la bonne volonté du monde n'y fera jamais rien, ma grande ! Ce mec est une souche !
— Moi j'y arrive très bien, sourit en coin Théodore. Il me suffit de lui faire croire que Trelawney vient d'entrer dans la chambre et qu'elle a pris un philtre d'amour. En général, il lui faut simplement deux minutes pour être enfermé à double tours dans la salle de bains et jurer tous les Fondateurs qu'il se lèvera bien plus tôt le lendemain.
C'est une bonne technique, c'est vrai, mais ce n'est pas la meilleure ! La meilleure, à mes yeux, c'est celle qui consiste à faire croire à Bill que Minerva est sous sa forme d'Animagus depuis le soir précèdent, aux pieds de son lit, et qu'elle l'a vu se masturber le matin même. Ah, que de bons souvenirs que mes chères années dans la tour Gryffondor…
— Je rêve où il est totalement ivre ? fronce les sourcils Hermione, clairement désapprobatrice après avoir entendu mon ricanement.
— Je dirais plutôt qu'il se détend, ricane Fred, ou bien George, à cet instant, je ne saurais dire qui est qui.
— Avec du vin de fée, renchérit son jumeau.
— Tu crois qu'on peut lui faire faire tout ce que l'on veut ?
— Essayons !
Et voilà, c'est le moment où je me rends compte d'à quel point mon idée de me détendre et de laisser Granger hors de mes pensées devient la plus stupide de toute ma vie. Parce que, même si je vois flou, je connais parfaitement cette expression sur leur visage.
— Dis voir, Charlie, susurre Fred, parce que je suis sûr qu'il s'agit de lui, que penses-tu de l'idée de voir ta femme en embrasser une autre ?
— Fred ! s'écrie ladite femme.
— J'adorerais voir ça, soupiré-je comme un bien heureux, me recoulant dans mon fauteuil.
C'est le plus gros problème, avec le vin de fée, malheureusement. Il agit sur les hommes comme le Veritaserum, à la différence près qu'il a les mêmes caractéristiques qu'un charme d'Allégresse et que je me souviendrais de tout, une fois que j'aurais décuité. Mais en même temps c'est vrai, quoi !
C'est l'un de mes fantasmes, et les jumeaux le savent très bien, parce que Bill n'a jamais pu cacher qu'il s'agissait du sien, à lui aussi. En revanche, je ne m'attendais pas à ce qu'ils m'attaquent sur cela alors que je suis raide saoul dans la chambre de ma femme.
Ma femme… C'est étonnant comme cette sonorité est presque agréable sur la langue. Comme si elle m'appartenait…
— Putain ! siffle-t-elle. C'est pour ça que j'ai l'impression de voler depuis une demi-heure ?
Je lui lance un regard torve, cherchant à comprendre ce dont il est question, jusqu'à ce que je la voie frotter distraitement son tatouage, les yeux incendiaires rivés sur la bouteille de vin, les joues rouges presque aussi ivre que moi. Et c'est là où je comprends qu'elle est vraiment une personne à part.
Parce que, n'importe qui, même a travers un lien de mariage, en pesant cinquante kilos tout mouillés et faisant à peine un mètre soixante, ne pourrait pas supporter le second verre et tenir un discours aussi clair sur la politique sorcière des Lords anglais. C'est une certitude.
— C'est toi qui voulais le mariage, chérie, ricané-je narquoisement. Je ne veux que ton bonheur.
— Parce que me rendre ivre fait partie de tes engagements ? siffle-t-elle furieusement.
— Ce qui est à moi est à toi, mon amour, ris-je, ne pouvant m'en empêcher. Je suis le genre partageur, si tu vois ce que je veux dire.
Elle est bandante quand elle est en colère… Pourquoi je ne l'avais pas remarqué avant cet été ? Peut-être parce qu'elle était trop jeune. Ou bien parce que j'étais trop con pour le voir. Je ne sais pas…
— Hey, Charlie ! s'exclame l'un des jumeaux, à ce stade, je ne saurais dire lequel est lequel. Il ne t'en resterait pas un peu pour partager ?
Encore une fois, c'est un cruel dilemme… D'un côté, s'ils étaient tous aussi détendus que moi en cet instant, ils pourraient passer sous silence toute forme d'idée lubrique qui pourrait me venir. Mais d'un autre côté, je n'ai qu'une dizaine de bouteilles dans mon coffre, et pas assez de temps pour retourner en Roumanie en acheter… Comme je le disais, c'est un cruel dilemme.
— Qu'est-ce que c'est comme alcool, Charlie ? souffle Hermione en se collant à mon torse pour éviter de faire savoir qu'elle est ignorante sur ce sujet-là.
Tout mon corps se tend aux effleurements du sien, à son parfum délicat et à son toucher subtil de la pulpe de ses doigts sur ma cuisse. Je sais parfaitement que c'est totalement inconscient, mais ma bite, elle, n'en a rien à faire. Elle veut plus de toucher, plus de contact, plus de frictions… En bref, elle la veut.
— Liqueur de Fée, gémis-je presque, tentant vaillamment de ne pas lui montrer l'effet qu'elle me fait.
Immédiatement, son corps se repousse du mien, comme si je l'avais brûlé. Que se passe-t-il encore ? À quel nouveau précepte ai-je encore dérogé ?
— Mais c'est interdit en Angleterre ! s'écrie-t-elle de manière étouffée. Tu pourrais aller à Azkaban juste pour en avoir consommé !
Putain ! Même ivre, au vu de son regard flou partant doucement dans le vague à mesure que le liquide coule entre mes lèvres, elle arrive encore à connaître tout le Code pénal de la Grande-Bretagne sorcière ! Mais c'est quoi cette fille ? Un mutant ?
— Heureusement pour moi, ricané-je doucement, je suis ressortissant slave, chérie.
— Je ne vois pas le rapport ! hausse-t-elle un sourcil, reprenant sa place contre moi.
— Le rapport, ma grande, c'est que la liqueur n'est pas interdite en territoire slave, susurré-je en l'enlaçant pour la faire grimper sur mes cuisses. À vrai dire, seule la Grande-Bretagne considère comme normal de l'interdire sans aucune raison.
C'était une très mauvaise idée de la faire venir sur moi. Très, très mauvaise. Mais d'un autre côté, c'est tellement bon de l'avoir de cette manière-là. Deux mois déjà qu'il n'y a pas eu ce type de frictions entre nous, et mon corps et mon cerveau n'en peuvent plus. Que m'a-t-elle fait ?
— Je peux goûter ? chuchote-t-elle.
— C'est une très mauvaise idée, Granger, soufflé-je.
— Juste tremper mes lèvres, fait-elle de la même manière, vrillant des yeux noisette en fusion sur moi.
C'est une mauvaise, très mauvaise idée… Si, rien que par le lien qui semble agir comme des vases communicants, elle est déjà à moitié ivre, qu'est-ce que ce serait si elle buvait de l'alcool de Fée pur ? Une très mauvaise idée, c'est bien ce que je disais !
Mais sa tête s'abaisse légèrement pour venir se caler dans mon cou, ses petites lèvres charnues viennent picorer la peau fine à cet endroit, et ses légers chuchotements, ses faibles « s'il te plaît Charlie », à moitié en train de gémir me font céder.
Ou bien peut-être est-ce sa main qui vient se caler entre nos deux corps, ses doigts qui jouent avec les boutons de ma chemise, ou même ses ongles qui cherchent à racler l'épiderme pour se faufiler en dessous ? Je m'entends lui répondre sans même y penser, la tête à des milliers de kilomètres d'ici, dans ce qui ressemblerait presque à la chambre d'hôtel de Vegas.
Merde… Est-ce que tout me ramènera toujours à cette nuit si étrange que nous y avons passée ? Est-ce que tout me fera revivre encore et encore son corps se tortillant sous le mien, sa voix brisée d'avoir trop crié, sa peau ruisselante de sueur et ses yeux fous de désir ?
— Accio liqueur de Fée, soufflé-je, la tête renversée sur l'appui-tête de mon fauteuil.
Ses lèvres reprennent leur ballet dans le sens inverse, passant de mon cou à mon menton, la pointe de sa langue retraçant le contour de l'os de ma mâchoire pour venir, ensuite, s'insérer entre mes lèvres, imposant un baiser sulfureux et puissant, l'un de ceux qu'elle m'a offerts dans cette boîte de nuit.
Et putain que les Fondateurs me pardonnent, je gémis comme une chienne en chaleur, son bassin ondulant contre le mien et faisant se rencontrer nos intimités malgré sa jupe bien trop serrée pour mon propre bien-être personnel.
Je n'ai aucune pudeur, c'est un fait que l'on m'a très souvent reproché, au campement, mais je ne pensais pas que je pourrais transmettre ce trait de ma personnalité à la si réservée et prude Hermione Granger !
Bordel… J'ai l'impression d'en avoir fait mon fantasme ambulant, et je ne sais pas vraiment si c'est une bonne chose pour moi. Pas alors que ma tête me rappelle que nous ne sommes pas seuls, et que mon corps me supplie de la prendre là, peu importe le public.
— Est-ce que c'est moi, ricane Pansy, ou bien vous aussi, vous avez l'impression que les Gryffondor savent comment nous fêtons les bonnes nouvelles, à Serpentard ?
— Assurément ! rit franchement Zabini. Je ne pensais pas que Granger avait ça en elle !
— Crois-moi, grimace Harry, ils ont encore un peu de pudeur, là. Si mes estimations sont bonnes, dans cinq minutes au pire, il l'emmène dans sa chambre, et on ne les revoit plus jusqu'à demain !
J'entends leur conversation comme dans un semi-brouillard, uniquement concentré sur le corps qui se presse contre le mien et les mains qui courent sur ma peau. Elle est en train de faire sauter toutes les résistances qu'ils me restaient. Ou bien est-ce à cause du vin ?
Les autres ont l'air d'avoir compris que, pour le moment, ni elle ni moi ne serions disponibles. Ni une ni deux, une fois que l'idée est lancée, les verres commencent à se remplir avant d'être distribués à chacun des participants de cette petite fête improvisée.
Une chance pour nous que les runes placées devant la porte d'entrée de sa chambre empêchent quiconque de non autorisé à entrer, parce que je doute de trouver une excuse valable pour Minerva, ou même pour Katya ! Merde ! Katya !
— Arrête ! soufflé-je, me dégageant à contrecœur et non sans mal de son étreinte. Arrête, on ne doit pas faire ça !
— Pourquoi ?
Sa petite voix et ses yeux brillant d'innocence sont un véritable appel à replonger dans les délices de ses attouchements. Elle est une femme-enfant si désirable, que je redoute le jour où elle mettra fin à tous nos combats. Parce que le jour où elle le fait, je n'aurais plus qu'à repartir en Roumanie. Et merde quoi ! J'ai fini par me plaire à l'idée de vivre en Angleterre !
— Parce qu'on est ivre, et que la dernière fois, nous nous sommes retrouvés avec un joli petit tatouage sur le poignet, tenté-je de sourire.
— Oh !
Elle baisse la tête, comme prise en faute, et se laisse retomber contre mon torse. Mais son mouvement inconscient de bassin ne s'arrête pas et me met au supplice tant il rêve de rencontrer le sien, de préférence sans les vêtements. Quoique…
Sachant que je suis le principal responsable de la situation actuelle, je ne peux lui en vouloir. Pas alors qu'elle ne savait même pas pourquoi elle était ivre sans avoir bu.
D'un habile mouvement de bras après l'avoir serré quelques secondes contre mon corps, je la retourne, la faisant s'installer plus confortablement contre mon torse, mes lèvres semblant hypnotisées par le grain de la peau de son cou.
— Et moi qui pensais que tu ne vivais que pour tes livres, Grangie, ricane Drago, me voilà rassuré !
— La ferme, Malefoy, soupire Harry, la tête renversée sur le dossier du canapé mais chancelant lentement vers Fred. Elle ne s'est peut-être pas tapé tout le château, mais au moins, elle ne risque pas de contracter une maladie vénérienne comme si elle avait couché avec toi !
— Dans ce cas, si j'étais toi, Potter, j'irais très rapidement faire un dépistage auprès de Pomfresh !
Le ricanement de Malefoy se joint à celui des autres Serpentard, et même celui de Luna, pourtant pas le genre de fille à produire ce son, vient s'y ajouter. Mais bon sang ! De quoi est-il encore question ? Et pourquoi Padma et Susan ont l'air aussi tendues, tout à coup ?
— Pourquoi ça, Malefoy ? hausse un sourcil Harry, après s'être vaillamment remis droit sur le canapé.
— Malefoy, tais-toi ! gronde Padma, se redressant sur le tapis. Ce n'est pas le moment de parler de ça !
— Et pourquoi pas ? lève-t-il un sourcil dans une parfaite imitation de Severus. S'il ne veut pas savoir où traîne sa queue, il ferait mieux d'éviter de se rouler dans la fange !
— Sois plus clair, Malefoy, ordonne en susurrant George.
— Votre sœur, la si pure et si parfaite Ginevra Molly Weasley, si elle s'en est si bien tirée, l'année dernière, ce n'est pas parce que Severus l'avait à la bonne ! rit-il froidement en regardant Harry dans les yeux. Elle s'en tirait bien parce qu'elle se faisait bien tirer, un point c'est tout !
— Bordel, Drago ! s'énerve Théodore. Même par méchanceté, on ne dit pas ce genre de chose à quelqu'un ! Regarde-le ! Il va aller vomir maintenant ! C'est malin !
Je ne sais pas quelle maison est la plus surprise, mais je pense que, de toutes les réactions attendues, voir la si sage et vertueuse Hermione Granger rire à en pleurer sur mes genoux n'était pas celle qu'ils attendaient.
— C'est quoi son problème ? fronce les sourcils Daphnée.
— Future Lady ! parvient-elle à couiner entre deux éclats de rire. Elle se voyait déjà future Lady Potter !
Bon, c'est un fait, entre les deux derniers de la fratrie et nous autres enfants Weasley, il y a un fossé. Mais de là à en rire au point de pleurer, je ne suis pas sûr que ce soit ainsi que j'aurais voulu que ma « femme » réagisse quand il est question d'insulter l'honneur de ma famille !
Elle ne se calme que quelques secondes, juste assez pour siroter vivement la liqueur de Fée, mais elle retombe dans ses éclats de rire, accompagnée, cette fois encore, par Luna. Mais bordel ! Que se passe-t-il ce soir ?
— Granger ! grondé-je, délogeant mon visage de son cou. Arrête de rire !
— Oh que non ! s'énerve-t-elle tout à coup, nous prenant tous par surprise. Elle a passé deux ans à me faire entendre ses remarques toutes plus débiles les une que les autres pour que je me décoince, alors pour une fois que la si parfaite Ginny Weasley ne l'est pas, je ne vais pas m'en priver !
— C'est ma sœur ! gémis-je.
— Rien à battre ! sourit-elle froidement. En amour comme au Quidditch, tous les coups sont permis ! Ce n'est pas ça que dit Bill ?
Je rêve ou elle vient vraiment de faire une référence au Quidditch ? Putain, je crois que je pourrais la sauter là, tout de suite, maintenant, juste pour me prouver que je ne rêve pas ! Et elle qui nous a fait croire qu'elle détestait toute forme de sport !
— Mais si tu es vraiment trop déçu de mon attitude, Luna, elle, ne doit pas l'être !
Elle m'échappe avant même que je n'aie pu dire un seul mot, passant adroitement ses jambes autour des miennes pour glisser sur le fauteuil d'à côté, s'asseoir à califourchon sur celles de la jeune blonde évanescente, sa tête se posant dans son cou alors que sa main vient se poser délicatement sur sa joue.
— Sois heureux, Charlie, rit franchement Fred. Je crois que ton rêve va se réaliser dans quelques secondes !
Et ça ne manque, malheureusement, pas d'arriver… M'envoyant un regard de défi au travers des cheveux de Luna, elle joint leurs lèvres, caressant subtilement celle du bas avec sa langue rose, obtenant une entrée quasi immédiate dans l'antre de la petite blonde.
Une main joue doucement avec ses cheveux, entortillant ses doigts dedans, alors que l'autre coulisse lentement entre leurs deux corps. Avec un doigté dont je ne la savais pas posséder, elle ouvre le premier bouton de la chemise de sa partenaire, mais son toucher reste doux sur la naissance de sa poitrine.
Un très faible son, presque un gémissement, me parvient depuis le siège face au mien. Celui dans lequel repose George. Un George au visage cramoisi, les yeux brûlant d'une fièvre que je ne connais que trop bien. Et la jalousie me transperce le corps en même temps que le désir pousse dans mes reins.
— Finalement, je me demande si leur place n'était pas chez les Serpentard, plutôt que Serdaigle et Gryffondor, soupire Padma en levant les yeux au ciel.
— Je crois que nous avons une bonne influence sur leur caractère, Daphnée, ricane Pansy. Quoique, si j'avais dû choisir, je n'aurais jamais pensé que Sainte Granger et Loufoca Lovegood soient les deux personnages principaux des rêves cochons de ces messieurs !
— C'est toujours celles qui en cachent le plus qui en donnent le plus, c'est connu, Pans, souffle Blaise, tout autant hypnotisé que George ou moi.
— Granger !
Mon grondement semble briser la bulle dans laquelle les deux filles se sont retrouvées, durant quelques secondes, mais elle prend tout de même le temps de presser une nouvelle fois ses lèvres contre celles de Luna, bien plus tendrement, avant de tourner son regard brûlant de défi vers le mien.
— Un problème, Weasley ? hausse-t-elle un sourcil, bravache.
— Sois mignonne, et arrête de te donner en spectacle, soupiré-je, mentant de façon éhontée.
Parce que cette vision, elle risque de m'accompagner encore un très long moment, et je ne risque pas d'oublier la vitesse fulgurante à laquelle mon besoin de me soulager en elle s'est manifesté. Elle est ma drogue, mon besoin et ce qui me mettra à terre. Maintenant je l'ai compris…
Docilement, bien trop docilement pour la Hermione Granger que je connais, elle se lève, embrassant doucement la joue de Luna et lui murmurant quelque chose à l'oreille avant de venir me rejoindre dans le fauteuil, passant ses jambes sur mes cuisses, sa tête reposant sur mon torse.
Elle soupire de contentement lorsque je passe mon bras autour de sa taille, la rapprochant de moi. Alors enfin, elle ferme paresseusement les yeux, paraissant tout aussi épuisée que lorsqu'elle s'est réveillée de sa sieste, et bien partie pour en recommencer une autre. Mais ce n'est clairement pas de l'avis de George.
— Alors, Miss Granger, sourit-il perversement, c'était comment d'embrasser Luna ?
Tout aussi lascivement qu'elle les a fermés, elle rouvre ses yeux embués de fatigue pour les poser dans ceux, bien plus vert foncés que d'habitude, de mon frère, souriant doucement, presque tendrement, en lui répondant.
— C'était comme d'embrasser un ange, soupire-t-elle d'une voix éthérée. C'était comme toucher du bout de la langue le paradis, et être incapable de s'en défaire.
— Serait-ce une manière détournée de nous dire que Luna t'a convertie à un autre mode de vie ?
Oh bordel ! Par tous les Saints, Dieux, Anges, Fondateurs, Merlin, Morgane, Circé et Viviane ! Tout mais pas ça ! Pas après avoir découvert ce que cachent ses immondes robes de cours !
— Tu me connais George ! rit-elle doucement. Je préfère régner en Enfer, que servir au Paradis. Et j'ai toujours préféré le démon à l'ange. Mais tu devrais essayer, tu adorerais !
— Je crois qu'il est temps que Charlie t'emmène te coucher, Mione, soupire Neville. Tu commences à divaguer totalement.
Il n'a pas tort… Elle est complètement ivre, et elle tangue doucement entre mes bras. Mais pour rien au monde je ne voudrais l'en déloger en ce moment. Que ce soit à cause du vin des fées, à cause de ce qu'il s'est passé hier, ou bien de la constante tension entre nous depuis que nous nous connaissons, cette nuit, j'ai envie de me rassurer, et j'ai surtout envie de faire une nuit complète de sommeil.
Petit à petit, un par un, chacun des étudiants s'enfuit de la chambre, nous adressant un signe de la tête pour les Serpentard, un sourire pour les Serdaigle et Poufsouffle, ou un baiser et une caresse dans les cheveux pour les Gryffondor, nous laissant enfin seuls. Mais Miss Granger s'est endormie dans mes bras, et mon dos souffrira d'une nuit dans cette position.
Lentement, faisant mon possible pour ne pas la réveiller, je la porte jusqu'à son lit, la déshabillant sommairement pour lui mettre une nuisette en soie – sûrement encore un cadeau de Fleur – puis j'en fais de même avec moi, me retrouvant en boxer.
Même si je sais que je ne serais pas à l'aise pour dormir ainsi, au moins, je suis sûr de ne faire aucune connerie clairement répréhensible comme me laisser porter par mes instincts primaires.
Pourtant, à l'arrière de ma tête, alors qu'elle vient poser la sienne sur mon torse en soupirant de bien-être, je ne peux empêcher cette mise en garde de Luna de tourner en boucle, comme une ritournelle annonciatrice de quelque chose de mauvais.
« Il faut que le chevaucheur de vent se prépare. L'œuf est sur le point d'éclore. »
Si je m'étais douté, à ce moment-là de ce que signifiait l'œuf, et de pourquoi je devais me préparer, une chose est sûre, je n'aurais jamais laissé le conseil de Luna me passer par-dessus la tête comme en ce moment…
Le chapitre vous a plu ? N'hésitez plus ! Laissez une review, nous en sommes presque à 100 ! Je réponds toujours à vos messages, et ils m'aident toujours à m'améliorer !
À vos claviers ! Dites-moi tout ! Qu'en avez-vous pensé ? Que pensez-vous de cette fin de d'explications entre Hermione et Severus ? Pensez-vous qu'Hermione tiendra sa promesse faite à Severus ? Que pensez-vous de sa manière de ranger son esprit ? Qu'avez-vous pensé de Charlie dans ce chapitre ? Et cette lettre de Molly ? Comment avez-vous trouvé le comportement d'Hermione et Charlie durant la soirée ? Et cette fin de chapitre ? Qu'attendez-vous de la suite de cette histoire ? Allez, je vous laisse sur ces questions, j'en aurais un million d'autres à vous poser sinon… C'était un assez lourd chapitre, et pourtant, je ne vous laisse que quelques questions, vous voyez, je suis magnanime !
Je vous dis donc à vendredi prochain pour la première partie du chapitre 16 ! Au programme : une potion, un coup d'éclat, des sueurs froides, des impardonnables, un ancêtre et une déclaration ! Je vous ai donné envie ? Si c'est le cas, ne manquez pas notre prochain rendez-vous, lâchez une review et mettez cette histoire en favori !
Je vous embrasse et vous souhaite une très bonne semaine à tous,
Bisou,
Mya
