Vendredi 5 juillet

Une rafale souffla. Le vent s'était levé quelques heures auparavant et n'apaisait même pas la chaleur présente. Pour autant, Izuku trouva cela rafraichissant. Il avait bouclé non pas un, mais deux dossiers, et avait obtenu trois jours de congé pour le début de la semaine qui arrivait. C'était ses premières vacances en plus de huit mois, et il en était plus qu'heureux !

Il atteignit la rue de son immeuble en bien moins de temps que d'habitude.

Passant devant sa voiture, il s'arrêta.

Il avait cinq jours de repos d'affilés, presque une semaine entière. Hier, il avait planté en beauté Shôtô. Enfin, pas totalement. Katsuki ayant réussi à le semer, il était revenu à son appartement, vide. Malgré un SMS d'excuse, que Shôtô avait accepté sans s'offusquer, Izuku continuait à se sentir mal en y pensant.

Alors, peut-être que… Non, il ne pouvait pas. Oh… Et puis, Shôtô lui avait dit que sa porte resterait ouverte pour eux, non ?

Il ouvrit la porte de sa voiture, et la chaleur ardente qui s'en échappa le fit reculer d'un pas. Il allait mourir de dessèchement s'il s'asseyait au volant. D'un autre côté, maintenant qu'il en avait le courage, il devait le faire, immédiatement.

Le cœur au ventre, il prit place sur le siège. Heureux d'avoir son uniforme pour ne pas se brûler les jambes, il regretta de ne pas avoir ses gants pour le volant. Levant les yeux au ciel, il fit taire sa voix intérieure et sa peur, puis démarra.

En moins de vingt minutes, il était devant la grille de Todoroki.

Si on oubliait les dix-sept autres que sa conscience refoulait, une nouvelle question se posait : comment faire pour entrer ?

Il n'eut pas besoin d'y réfléchir plus longtemps quand le portail s'ouvrit, seul, sans qu'il n'ait à bouger.

Est-ce qu'il pouvait avancer ? Maintenant qu'il était arrivé jusqu'ici, son courage l'abandonnait lâchement. Un homme, dans la soixantaine, près des grilles, lui fit signe d'approcher.

Il n'y avait plus de retour en arrière possible, Izuku s'en mordit la langue.

Arrivant devant la bâtisse, toujours impressionnante, il se gara et laissa les clés sur le contact. Personne ne le volerait ici. Et, cette fois, il fit bien attention en sortant de la voiture. Hors de question de choir à nouveau.

– Izuku ?

Il venait à peine de fermer sa portière que Shôtô était là, en haut des marches. Izuku tenta une réponse, bêtement bafouiller avant de réussir à formuler une phrase correcte :

– Je dérange peut-être ?

Shôtô descendit les marches rapidement pour arriver à son niveau.

– Pas du tout, je suis content de te voir, juste étonné… Surtout que tu as l'air d'être occupé, je crois ?

Le regard braqué sur son uniforme lui fit comprendre le message.

– Euh, je sors du travail et euh… Enfin, je voulais te voir, balbutia-t-il.

Ébaubi, Shôtô lui sourit tout de même et l'invita à rentrer.

– Aiko n'est pas là ?

– Si, mais je l'ai laissé dans le salon pour regarder les dessins animés, le temps de t'accueillir.

– Tu as été prévenu ? s'étonna Izuku.

– Bien sûr, dès que tu t'es présenté au portail. Comme vous êtes venus récemment, le gardien t'a reconnu, mais je suis toujours appelé. Tu veux quelque chose à boire ?

Izuku savait qu'ils ne vivaient pas dans le même monde, mais il se serait bien passé de ce rappel.

– Volontiers, je meurs de chaud…

– Si tu as des affaires de rechange, tu peux prendre une douche, à moins que tu préfères garder ton uniforme ? demanda Shôtô.

Ce dernier était quelque peu désappointé du comportement d'Izuku, mais s'en cacha bien. Pour autant, cette visite impromptue lui gonfla le cœur.

– Je euh… J'ai des vêtements de rechange dans ma voiture, pas parce que je pensais venir ici ! Enfin, si, mais non ! Je veux dire, je devais aller à la salle de sport hier et j'ai pas pu alors j'y ai laissé mon sac pour me motiver, mais finalement je suis là… !

Izuku s'insulta mentalement. Ses explications étaient stupides et Shôtô n'avait pas besoin de savoir tout ça.

– Tu as laissé ta voiture ouverte ?

– Oui, pourquoi ?

– Yuno, peux-tu aller chercher le sac d'Izuku s'il te plait ? Laisse-le dans la chambre de la dernière fois, lança-t-il auprès de sa domestique avant de revenir vers Izuku : il y a une salle de bain que tu pourras utiliser quand tu auras bu un peu d'eau, lança Shôtô.

– C'est pas la peine, je vais le chercher tout seul !

Yuno lui lança un regard noir, le plantant sur place, avant de s'en aller.

– Elle est très gentille, mais elle n'apprécie pas vraiment les étrangers, déclara Shôtô pour justifier le comportement de la jeune femme, ne le prends pas pour toi.

Il reprit sa marche, obligeant ainsi Izuku à le suivre, mal à l'aise.

– Je suis désolé de m'imposer comme ça…

– Ce n'est rien, au contraire, je pensais que tu n'oserais plus jamais me parler à cause d'hier… Je suis content que tu sois là finalement. Je te compte pour diner, j'espère ?

– Je veux pas abuser de ton hospitalité… bégaya-t-il.

Shôtô haussa les épaules :

– Je serai très content que tu restes.

Ils atteignirent la cuisine, ou deux personnes s'y trouvaient déjà.

– Izuku, je te présente Lunchy et Yachi.

Un homme d'une quarantaine d'années et une dame bien trop âgée lui firent face.

– Lunchy, nous compterons Izuku parmi nous pour le diner de ce soir, est-ce que c'est possible ? demanda-t-il en ouvrant le frigo.

– Bien évidemment, une personne de plus n'est pas un problème, sourit-il.

– Vous êtes gendarmes ! Les temps ne sont pas trop durs avec cette chaleur ? demanda Yachi, il faut penser à bien vous hydrater !

Izuku lui sourit. Elle ressemblait à une grand-mère, toute petite, mais pleine de vivacité.

– Eh bien, j'ai de la chance dans mon malheur, je suis relégué dans les bureaux pour la paperasse en ce moment… Même si on a pas de climatisation, les bureaux sont rafraichis donc ça va.

Shôtô lui tendit son verre d'eau qu'il but d'une traite.

– Ça fait un bien fou !

– Monsieur, les affaires de monsieur Midoriya sont dans sa chambre.

– Merci Yuno, je ne devrais plus te déranger pour ce soir.

– Bien monsieur, je peux emmener monsieur Midoriya à sa chambre si vous le permettez.

Shôtô lança une œillade à Izuku avant d'affirmer la chose.

– Je pense que ce serait mieux, tu te sentiras plus à l'aise lors du diner.

– Le souper devrait être prêt d'ici une bonne demi-heure, alors, prends ton temps gamin, mais soit pas en retard à table ! lança Lunchy.

Sachant qu'il ne pouvait contredire qui que ce soit, Izuku suivit Yuno et retrouva la chambre du week-end dernier avec bonheur.

Contrairement à la dernière fois, il vit la porte sombre près de la fenêtre et l'ouvrit en grand. Une salle de bain de la taille du salon de son appartement lui faisait face. La baignoire trônait fièrement au milieu, tandis qu'une vasque et une douche à l'italienne se plaçaient au second plan.

Il récupéra ses vêtements avant de prendre sa douche.

Ayant retenu le chemin, cette fois, il se dirigea à nouveau vers les cuisines, pour être réorienté vers la salle à manger. Aiko lui sauta dans les bras et lui fit un bisou avec le contour des lèvres parsemées de carotte.

Malgré les remontrances de son père, Izuku en rit et le diner se passa sans encombre. Lunchy prit congé d'eux peu avant le dessert, tout comme la plupart des employés, ils débarrassèrent leur assiette et firent le peu de vaisselle qu'ils restaient eux-mêmes tandis qu'Aiko courait vers le salon.

– Quelque chose ne va pas, tu as l'air pensif ? demanda Shôtô.

Izuku fut embarrassé.

– Je ne veux pas paraitre impoli ou désagréable après tout ce que tu fais pour moi, mais je suis surpris que ça soit aussi convivial chez toi. Je veux dire, tes employés de maison te traitent avec un respect des plus grand et pourtant, j'ai l'impression qu'ils font partie de ta famille, je trouve ça… Paradoxal.

Au regard de Shôtô, Izuku s'excusa immédiatement :

– Désolé, c'était déplacé, j'aurais pas du !

Un léger rire lui répondit :

– Oh, tu n'es pas le premier à me dire ça, Ochaco m'a fait la même remarque le week-end dernier, commença-t-il, et pour tout avouer, c'est Momo qui a changé pas mal de règles.

Momo. Sa femme, décédée, pensa Izuku, c'est la première fois qu'il prononçait son prénom devant lui.

– Nous avons tous les deux été élevés dans la formalité, continua-t-il, bien que sa famille soit moins stricte que la mienne, alors quand elle s'est installée ici, elle a changé beaucoup de chose. Puis, après son départ et… comment dire, la fin de mon deuil, j'ai décidé de me séparer de tous employés que je ne considérais pas dans mes proches, c'est peut-être cruel, mais je m'en moquais à l'époque… Puis… Je ne veux pas que ma fille soit élevée avec l'idée qu'elle vaut plus qu'un autre, même si nous sommes privilégiés.

Au vu de la mine d'Izuku, il ajouta :

– J'ai dit quelque chose de mal ?

– Pas du tout ! Je te trouve, euh, révolutionnaire ?

Shôtô eut un rire franc, avant de répliquer :

– Mon père me considère comme ça, et j'en suis plutôt fier. Bien, si ça te convient, il faut justement retrouver mon petit monstre avant qu'elle ne fasse une bêtise…

En moins de temps que pour la première fois, ils atteignirent le salon réservé à Aiko, où elle était scotchée à la télé, une poupée à la main.

– Qu'est-ce que tu regardes, ma chérie ?

– Les winx* ! Moi aussi, plus tard, je serais une fée !

– Et je suis sûre que tu auras de très belles ailes, lança Izuku en s'approchant d'elle.

Elle se leva d'un bond, heureuse à la remarque :

– Ouais, et elles seront grandes comme ça, fit-elle avec un grand geste, et je pourrais aller n'importe où et même dans le ciel ! Comme ça, maman me verra et ça sera trop bien !

Shôtô l'embrassa sur le front juste après sa remarque.

– Je suis certain qu'elle te voit déjà et qu'elle est très fière de toi… Tu veux continuer à regarder les winx ou tu veux voir autre chose ?

– Non, j'aime bien les fées !

– D'accord, papa va rester avec Izuku juste à côté, tu es sage, promis ?

– Promis !

D'un mouvement de la tête, Shôtô l'invita à le suivre alors qu'il ouvrait une double porte sur la gauche.

Ils entrèrent dans une pièce similaire, soigneusement rangée avec un bureau, deux canapés, une table basse et des bibliothèques.

– Quand je dois travailler ou que je reçois des personnes et que je ne veux pas être loin d'elle, c'est ici que je viens, au moins, je peux la surveiller, expliqua-t-il à Izuku.

Il prit une bouteille de whisky et leur servit un verre avant de prendre place dans le canapé.

– Je t'en prie, assieds-toi.

Il n'avait qu'à tourner la tête pour voir sa fille, dans la pièce adjacente.

– En effet, l'arrangement de la pièce est pratique pour la garder à l'oeil, commenta Izuku avant de boire une gorgée.

Surpris, il observa le liquide et le sentit.

– C'est bien du whisky… Mais comme tu bois peu d'alcool, j'en ai pris un qui n'est pas très fort, expliqua Shôtô, mis à part le fait que je suis ravie de te voir, quelque chose te tracasse ?

– Pourquoi ça ?

– Eh bien, par rapport à hier… Notre conversation je veux dire, et au fait que Bakugo nous ait vus, peut-être que de nouvelles choses se sont passées ? demanda-t-il presque innocemment.

– Oh, ça…

Izuku réfléchit quelques secondes.

– Je n'ai pas réussi à le rattraper et je ne l'ai pas vu depuis. Oh, je lui ai envoyé un message, mais il ne m'a pas répondu alors… Je pense qu'il ne sait pas quoi faire ou comment demander quelque chose.

– Comment ça ?

– Katsuki est quelqu'un de fort. Doué dans tout ce qu'il entreprend, si on omet son mauvais caractère, c'est quelqu'un de sympathique, il faut juste savoir comment jongler avec ses humeurs. Tu dois le trouver exécrable et ne pas comprendre pourquoi on tient à lui, hein ?

Shôtô tourna la tête, gêné d'être si facilement découvert.

– Je ne le connais pas, je ne devrais pas le juger, tenta-t-il.

– Oh, tout le monde le fait, tu n'as pas à t'en excuser, puis, au début, Ochaco le détestait !

– Je croyais qu'ils sortaient ensemble ?

– Oui, jusqu'à l'incident. Enfin, techniquement, ils sont toujours ensemble puisqu'il n'y a pas eu de séparation officielle, sourit tristement Izuku.

Pouvait-il expliquer ce qu'il s'était passé à Shôtô ? Il observa son ami pendant quelques secondes, avant de reprendre la parole :

– Contrairement à ce que tu penses, Katsuki n'a pas toujours été comme ça, du moins d'après ce que sa mère m'a dit. Sauf qu'il arrive tellement à tout faire qu'il a du mal à se mettre à la place de ceux qui n'y arrivent pas. Pour lui, c'est juste un manque de mental. Ochaco lui a bien fait comprendre que non, et il se tient bien mieux maintenant que lorsqu'on l'a rencontré !

Shôtô grimaça. Il n'appréciait pas Katsuki maintenant, alors qu'aurait-ce donné quelques années auparavant ?

– Mais, il est vraiment cool et si tu montres la motivation, il te tirera toujours vers le haut. Ce n'est pas un mauvais bougre, seulement un idiot pas doué avec les sentiments. Il essaie quand même de faire de son mieux, rit Izuku.

– Comment tu peux en être sûr ? Il a laissé Ochaco alors qu'elle était blessée, et qu'elle a… Enfin, même si elle ne le savait pas, c'était un coup vraiment dur, en plus d'une carrière brisée, fit Shôtô en balançant lentement son verre.

– Il est venu me voir au début de la semaine. Il a essayé de voir plusieurs fois Ochaco depuis qu'il est rentré, mais il n'a jamais réussi. Ou alors, il est tombé sur toi, et il s'est fait de fausses idées si tu veux mon avis. C'est pour ça qu'il est parti en furie, hier, je pense. Je suis désolé que ça tombe sur toi.

– Tu ne lui as pas expliqué que ce n'était pas le cas ?

– Je voudrais bien, mais je ne l'ai pas revu et il ne répond pas à mes messages… Puis, je ne veux pas prendre sa défense, mais Ochaco refuse de le voir et je ne sais absolument pas quoi faire. Elle doit le détester pour ce qu'il a fait, mais si elle savait pourquoi il est parti, je pense qu'elle pourrait lui pardonner, lâcha Izuku, soudainement fatigué.

– Si elle l'aime, ce sera sûrement le cas, pour autant, je ne sais pas si c'est une bonne chose, et puis il faut vraiment une bonne raison pour faire ce qu'il a fait, non ? Je veux dire, moi, je n'aurais jamais pu partir.

Izuku le contempla. Si on passait outre sa beauté, Shôtô se révélait quelqu'un de fragile, sensible et doux à la fois. Sa compréhension contrastait par une dureté étonnante.

– C'est un soldat, lança Izuku

– Je ne remets pas en cause ses fonctions ni son travail, plus qu'honorable…

Ne sachant que faire, Izuku soupira et reporta son attention sur Shôtô. Il avait décidé de lui faire confiance, il n'avait plus qu'à le prouver. Les problèmes soulevaient par leur fonction ne devait pas s'apporter dans leur vie personnelle, c'était la base de leur engagement, cependant, la mission de Katsuki était terminée, alors Izuku expliqua les révélations faites par son ami. L'arrêt de la guerre grâce à leur courage, la perte des hommes qu'ils connaissaient, l'horreur du front, mais surtout les vies sauvées et les raisons qu'ils l'ont poussé à partir sans mot : ses regrets.

– Peut-être que comme ça, tu peux mieux comprendre le choix qu'il a fait, lança finalement Izuku, même si tout ça doit rester entre nous, après tout, la guerre n'est pas terminée aux dernières nouvelles et s'il apprend que tu sais que c'est juste un abruti qui s'en veut à la base, je ne donne pas cher de ma tête et de la tienne !

Shôtô eut l'air accablé.

– J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? Ne t'inquiètes pas, il ne te fera pas de mal, je plaisantais, essaya de reprendre Izuku, soudainement inquiet.

– Non, je… Je m'en veux de l'avoir aussi mal jugé et je me sens stupide… Je devrais m'excuser auprès de lui la prochaine fois.

Izuku tenta vainement de cacher son sourire. Shôtô était surprenant bien qu'étrange sur certaine chose.

– C'est pas vraiment la peine, il est même pas au courant de ce que tu penses et à mon avis, il s'en fiche un peu…

Ils se sourirent mutuellement.

– Par rapport à ma question de la dernière fois, je me demandais… Eh bien, tu apprécies Ochaco comment ?

Shôtô haussa un sourcil.

– Comme une amie, je suppose ? Pourquoi ? Je ne pense pas pouvoir devenir aussi proche d'elle que toi, si c'est ça qui t'inquiète, répondit-il avec un sourire.

– Papa, je veux la petite sirène ! cria Aiko.

– On dit « je voudrais » ! rétorqua immédiatement son père tout en se levant, je reviens, ajouta-t-il vers Izuku.

Perdu à cette réponse, Izuku soupira et se demanda si Shôtô ne faisait pas exprès d'éviter ce sujet ou de lui répondre par des phrases étranges.

Fatigué de penser, il profita de l'absence de son hôte pour se lever et explorer la pièce. La bibliothèque contenait tous types d'ouvrages, y compris des livres pour enfant, certainement destinés à Aiko. Ce fut un cadre photo qui attira son attention. Une photo de famille des plus classiques où Momo était assise avec Aiko sur les genoux et Shôtô, près elle, la regardait. Amoureusement.

Le cœur d'Izuku se comprima. Il se sentait mal, et serra le cadre photo sans s'en rendre compte. il ne pourrait jamais la remplacer et il avait l'impression d'essayer de voler la place de Momo, bien qu'elle ne soit plus présente.

– Ça ne va pas ?

Izuku sursauta violemment et se cogna dans l'étagère en se retournant, Shôtô était près de lui, il ne l'avait pas entendu revenir.

– Désolé, je euh, je voulais pas déranger quoi que ce soit…

Il reposa le cadre délicatement malgré sa première maladresse et baissa le visage.

– Tu n'as rien dérangé, je le bouge souvent, ce cadre photo, répondit platement Shôtô.

Izuku s'étonna et releva les yeux.

– Comment ça ?

– Eh bien, j'aime autant que je déteste cette photo, alors je ne sais jamais où la mettre, sourit-il tristement.

Le visage de Shôtô lui noua l'estomac et il ne put s'empêcher de le prendre dans ses bras. S'excuser ne servait à rien, ça ne ramenait pas les morts et ça n'aidait en rien un deuil. C'était superflu et souvent inutile.

Sans savoir pourquoi, Shôtô lui rendit son étreinte et ils restèrent quelques instants comme ça, perdus dans l'odeur de l'autre, dans leur chaleur et leurs pensées.

Lentement, Izuku se détacha de lui, toujours gêné.

– J'aurais pas dû faire ça, tenta-t-il, je sais pas pourquoi…

Shôtô l'attira une nouvelle fois contre lui avant de lui murmurer :

– Au contraire, je pense que c'est exactement la bonne chose à faire.


BIM BITCH AHAHAHAHAHAHHAHA ET OUI ON S'ARRETE LA.
Ce chapitre n'a pas vraiment été corrigé…
*Winx = mon enfance