Le véritable visage de la Guerre

Amelia Bones avait attendu la fin de la semaine pour donner rendez-vous à Loki Potter. Ce n'était pas une rencontre entre la directrice de la justice magique et le professeur de défense de Poudlard mais entre lady Bones et le Régent Potter. Ainsi, leurs intérêts à tous les deux seraient protégés.

-Vous manquerais-je déjà, milady ? ricana Loki après les salutations d'usage. J'ai assez chamboulé le ministère, il me semble.

-Et je vous en remercie, assura Amelia. Je voulais faire le point sur les événements de l'été dernier.

Le regard de Loki devint sombre. C'était l'un des événements qui avait déclenché le chamboulement qu'il menait autour d'Harry Potter.

-Je vous écoute, fit simplement Loki.

-L'information a été confirmée, c'était bien Dolores Ombrage qui a envoyé les détraqueurs à Privet Drive, déclara Amelia.

-Apprenez-moi quelque chose que je ne sais pas, balaya Loki.

-Nous avons découvert qu'Albus Dumbledore a élargi les prérogatives du président du Magenmagot, poursuivit Amelia.

-Je ne vois pas où vous voulez en venir, fronça des sourcils Loki.

-Il peut désormais autoriser n'importe qui à avoir accès à des informations confidentielles, expliqua Amelia. Peu importe de quel département elles dépendaient. Dont le département de l'Enfance, entièrement sous la coupe du directeur de Poudlard.

-Il a permis à Ombrage d'avoir accès à l'adresse d'Harry, je m'en doutais, fit Loki.

-Vous ne comprenez pas, secoua la tête Amelia. Après la disparition de Vous Savez Qui, Dumbledore a placé la localisation de votre pupille sous le statut de Strict Besoin de Savoir, donc accessible à un nombre réduit de personnes. Ce qu'on lui a fortement reproché, c'était qu'il était le seul à décider qui devait figurer dans cette liste et donc, d'avoir accès à lui. En accordant cette autorisation à Ombrage, il lui a permis d'accéder à de nombreuses informations à ne pas mettre entre toutes les mains, donc l'adresse de votre pupille mais également certains secrets des grandes familles. Y compris les informations que le ministère a récupérées sur vous.

Loki fronça des sourcils.

-On parle de ce que je vous ai dit lorsque vous m'avez interrogé, n'est-ce pas ? fit Loki

-Entre autres, confirma Amelia. Le dossier que j'avais rassemblé a été étoffé. J'ai pu vérifier et il contient tout ce que les informateurs ont pu déduire des Abysses. Il est écrit que c'est un domaine magique ainsi que sa dernière localisation. Est-ce vrai ?

-Le dossier de la visite du département de l'Enfance est donc terminé, commenta simplement Loki.

-Une visite ? fronça des sourcils Amelia

-Le peuple sorcier a voulu savoir dans quelques conditions vivait le Survivant alors qu'il ne s'en était jamais préoccupé avant, railla Loki. Le département de l'Enfance, sous le contrôle de Dumbledore je tiens à le rappeler, a décidé qu'il serait temps de faire son boulot, puisque le Survivant vit enfin chez un sorcier, alors qu'il était primordial qu'il le fasse quand cet enfant vivait chez des moldus. Enfin bref, je les ai autorisés à venir aux Abysses et ils ont voulu fureter partout pour avoir une raison valable d'invalider ma tutelle sur Harry. Puisque de nombreux sorts qu'ils ont voulu lancer leur sont revenus en pleine figure, ils en ont conclu que c'était un domaine magique. Quoique, ils l'ont peut-être compris quand ils ont voulu s'y introduire illégalement après leur départ …

-Vous n'avez toujours pas reçu le compte-rendu ? demanda Amelia

-Bien sûr que non, sourit Loki. Ils vont l'étudier jusqu'à trouver un détail pour qu'ils puissent récupérer la tutelle d'Harry.

-C'est compréhensible, concéda Amelia.

Elle sortit un dossier qu'elle déposa sur la table. Le jeune homme n'eut aucun mal à comprendre qu'il s'agissait du fameux compte-rendu.

-Ne vous gênez pas à étudier ma collection de grimoires et de documents pendant que je savoure cet excellent thé, sourit Amelia.

Loki accepta l'invitation et s'empara du dossier pour le lire attentivement. En lisant entre les lignes, il avait compris que la délégation comprenait des Langues de Plomb, d'où les termes techniques et précis. Ceux qui avaient interprétés ces données étaient clairement soumis à Dumbledore car les conclusions étaient totalement en sa défaveur mais pas assez pour déclarer que son foyer n'était pas correct pour élever un enfant sorcier.

Une quinzaine de minutes plus tard, Loki le reposa et savoura à son tour le thé.

-Qu'en avez-vous conclu ? demanda Amelia

-Que Dumbledore va vraiment s'en prendre une de ma part, grommela Loki.

-Faites la queue, sourit Amelia.

§§§§§

Le médaillon d'Harry brûla furieusement lorsqu'il vit la lettre qui trônait sur son lit dans le dortoir des élèves de sixième année de Gryffondor. Neville, qui le suivait, lui rentra dedans assez brutalement.

-Un problème ? demanda Neville

-La lettre, indiqua Harry en désignant son lit.

Neville se mit immédiatement sur ses gardes. Il lança quelques sorts et comme les retours n'étaient pas positifs, il réfléchit rapidement.

-Tu penses qu'Hedwige peut prendre cette lettre pour l'emmener chez Loki ? demanda Neville

-Ça ne va pas la blesser ? s'inquiéta Harry

-Je ne crois pas, fit Neville. Mais il est clair qu'aucun de nous ne peut la prendre en main propre.

Harry hocha la tête et alla ouvrir la fenêtre pour siffler sa chouette qui ne tarda pas. Dès que la chouette eut fait ce qu'on lui avait demandé, les deux amis rangèrent rapidement leurs affaires pour foncer dans les appartements du professeur de défense. Ce dernier arriva une demi-heure plus tard, la mine soucieuse.

-Je vous écoute, fit simplement Loki.

-J'ai trouvé ça sur mon lit, annonça Harry en désignant la lettre qui se trouvait maintenant sur la table de la salle à manger.

Loki sortit sa fausse baguette et lança des sorts plus poussés que ceux de Neville. Puisqu'il avait pu toucher les horcruxes de Voldemort, il ne lui était pas difficile de découvrir que Voldemort avait décidé de faire un peu plus parler de lui et de se rappeler au souvenir du clan Potter. A sa plus grande surprise, le papier était seulement ensorcelé pour informer Voldemort si Harry lisait la lettre et seulement cela. Loki vérifia plusieurs fois qu'il n'y avait rien d'autres comme des potions ou des suggestions magiques glissées dans les mots avant de permettre à son protégé d'ouvrir l'enveloppe.

Potter,
Si cette lettre peut t'atteindre, cela veut dire que moi je le peux aussi.
Sache que tes jours sont comptés.
Epargne-toi cette angoisse et viens me rejoindre. Sinon, je me ferais un plaisir d'anéantir tes proches, à commencer par ce cher Loki.
Voldemort

-Harry ? hésita Neville. Tu as parlé en fourchelangue.

Le brun se secoua. Il se concentra puis relut la lettre en anglais.

-Il ne doute de rien, siffla Loki.

Il s'apprêtait à brûler la lettre lorsqu'il eut une illumination. L'échantillon de magie de Voldemort pourrait servir à Cracrock pour retrouver la coupe de Poufsouffle ! A la place, donc, il enferma la missive dans un globe de cristal pourvu d'assez de protections pour qu'il ne puisse pas disparaître dans la nature.

-Tu vas en faire quoi ? demanda Neville

-Il se peut que j'aie une idée, sourit glacialement Loki.

Il ne mentait pas puisqu'il ne savait pas si la lettre serait utilisable pour les gobelins.

-En attendant, ne parlez pas de cette lettre sans prendre de précautions, prévint Loki.

-Je pensais que les protections du château empêcheraient que ce genre de choses n'arrive, fit Harry, intrigué.

-Moi aussi figure-toi, grogna Loki. Mais soit les barrières sont trop faibles, soit Voldemort a su les contourner. L'un dans l'autre, ça ne me rassure pas.

Ajouter que Dumbledore aurait pu laisser cette lettre passer pour lui faire peur n'était pas une possibilité qu'il voudrait leur mettre dans la tête. Mais dans tous les cas, ceux qui s'étaient permis cette petite plaisanterie allaient le payer très cher.

Loki commença à faire les cent pas dans son salon. Depuis qu'ils connaissaient le lien entre les mères d'Harry et de Neville, Loki avait fait en sorte que ses secrets ainsi que ceux d'Harry ne puissent être révélés par inadvertance. Hermione et Neville étaient soumis à un sort strict de secret, Augusta, Helen et John à une version plus allégée car ils n'avaient pas accès à autant d'informations. Aucun n'était au courant pour les horcruxes mais tous se rendaient compte des efforts qu'il mettait pour empêcher Dumbledore de fourrer son nez dans ses affaires comme Voldemort de faire sa loi.

-Je pense qu'il est temps que nous discutions lui et moi, marmonna Loki.

-Avec qui ? s'inquiéta Harry

-Voldemort, souffla Loki. Je sais qu'il essaie de me recruter mais j'aurais quelques questions à lui poser avant, dont la raison pour laquelle il persiste à vouloir te tuer.

-C'est dangereux ! s'exclama Neville. C'est un mage noir ! Il veut tuer tout le monde !

-Parce que Dumbledore le dit ? cassa Loki. Comme il avait assuré qu'Harry était heureux et choyé dans sa famille alors qu'il avait montré tous les signes de maltraitance dès l'instant où il avait posé le pied dans le monde sorcier ?

Neville se tassa sur lui-même. Depuis l'arrivée de Loki dans leur vie, la confiance que tous avaient en le professeur Dumbledore avait drastiquement chuté et cela avait amené certains d'entre eux à reconsidérer tous ses actes, notamment ceux pour le plus grand Bien et la gestion de la guerre.

-Désolé, s'excusa Neville.

-Pas grave, balaya Loki.

Il réfléchit quelques instants avant de soupirer lourdement.

-Revenez ce soir, ordonna Loki. On va ajuster votre entraînement … annexe.

Harry hocha la tête. Le lettre de Voldemort leur rappelait cruellement que la guerre n'allait sûrement pas se gagner avec des bons sentiments, comme voulait le leur faire avaler Dumbledore. Ils allaient devoir prendre les armes et pour cela, toute connaissance était bonne à prendre.

Comprenant que son aîné était en pleine réflexion, Harry poussa Neville à quitter les lieux avec lui.

§§§§§

Quand Remus avait enfin repris le contrôle de ses émotions, Halloween était déjà passé. Quand il avait vu Sirius passer l'arcade de la mort, sa magie avait perdu les pédales et pour éviter qu'ils ne se fassent abattre à vue, Moony, le loup de Remus, avait pris le contrôle de son corps humain. Il l'avait fait fuir jusqu'à Brocéliande en France pour garder sa forme de loup jusqu'à ce que Remus puisse faire face aux évènements qui s'étaient déroulés.

Cinq mois avaient été nécessaires, visiblement.

Le loup garou avait eu un peu de mal à se situer mais une main douce et calme l'avait immédiatement mis en alerte.

-Doucement, chuchota une voix. Vous êtes dans un sale état …

Remus ouvrit les yeux pour croiser un regard mordoré mais totalement vide.

Aveugle.

-Je vois autrement, jeune homme, sourit la silhouette. Veuillez rester dans votre lit, vous êtes resté inconscient plusieurs semaines. Vous n'avez pas été fin de provoquer un alpha pendant la pleine lune.

Remus voulut protester mais une intense douleur dans tout le corps l'en empêcha. Il se rallongea donc sur son lit et dût subir en silence les soins. D'ailleurs, il n'en vit pas le bout car sans prendre garde, il tomba dans les pommes. Quand il se réveilla, son corps était moins douloureux et l'aube se levait à peine. Il voulut parler mais seul un grognement sortit de sa bouche. Aussitôt, une femme arriva et lui donna quelques gorgées d'eau.

-Ne parlez pas, ordonna la femme. Je vais vous résumer la situation. Nous avions noté au cours de l'été l'arrivée d'un loup inconnu sur les terres sur lesquelles nous veillons et très vite, nous nous sommes rendu compte qu'il s'agissait d'un loup garou qui avait perdu le contrôle de son esprit humain. Nous avons donc décidé de vous surveiller mais il y a deux mois, vous vous en êtes pris à l'alpha d'une meute de passage. Honnêtement, disons-le, vous vous êtes pris une raclée et vous êtes resté dans le coma jusqu'à aujourd'hui. Il est temps de vous libérer.

Remus se sentit brusquement en confiance, à un tel point qu'il craqua. Du haut de ses trente-six ans, il fondit en larmes et pleura sur sa condition pitoyable, sur les douleurs de la transformation, sur sa vie d'errance après sa scolarité à Poudlard, sur les rejets toujours plus violents de la part des meutes qu'il avait visité …

Sur la perte de Sirius.

A sa plus grande honte, il ne pouvait même pas dire qu'il avait également perdu Harry car il n'avait pas gardé le contact. Pendant l'année qu'il avait passé à enseigner, il n'avait établi aucun lien avec le fils de James et les années suivantes, il avait parcouru les routes et cherché toutes les meutes pour les rallier à Dumbledore. Totalement tourné vers sa mission, il n'avait pas pensé à garder contact avec l'enfant sur lequel il avait promis de veiller mais également avec son meilleur ami qui s'était évadé de prison pour protéger son filleul.

En fait, il avait totalement foiré sur toute la ligne.

Les lourds sanglots faisaient fortement trembler son corps alors qu'il prenait conscience de toutes ses erreurs. S'il avait cru Lily qui lui certifiait que sa malédiction ne le définissait pas mais n'était qu'une partie infime de lui, alors il aurait eu le courage d'accorder le bénéfice du doute à Sirius qui avait toujours totalement rejeté les préceptes les plus radicaux de sa famille – et qui étaient la ligne de conduite de Voldemort – et qui avait toujours considéré James comme son frère. Il aurait demandé à voir les fameuses preuves qui lui auraient valu directement Azkaban et surtout, qui seraient tellement accablantes qu'on se passerait de procès !

Si …

Sans s'en rendre compte, une nouvelle fois, il s'endormit. Les deux druides qui veillaient sur lui refermèrent soigneusement la porte de la chambre qu'il occupait.

-Comment est-ce qu'il prend la dissolution des schémas mentaux qu'on lui a imposé ? demanda le druide aveugle

-Le loup en lui fait la fête, sourit la femme. Mais je ne suis pas sûre que le sorcier ait bien compris qu'en d'autres circonstances, il aurait pensé et fait autrement.

-Il n'a pas conscience d'avoir été manipulé ? comprit le non voyant

-Les consignes remontent à son enfance, rappela la femme. Il ne faut pas oublier que c'est un lycan qu'on a forcé à se croire et à se conduire comme un loup garou sans éducation.

-C'est le quatrième Britannique que nous recevons dans notre congrégation depuis un an, fit l'homme aveugle, songeur. Le pire, c'est qu'ils ont des liens les uns avec les autres.

-Nous savions que ce qui se passe actuellement sur l'archipel était inquiétant pour la Magie, fit la femme. Suspectez-vous quelque chose de bien plus grave ?

-J'espère bien que non mais les preuves sont là, soupira le non voyant. Continue de le surveiller, j'ai un nouveau patient à recevoir.

-Bien, maître, s'inclina la femme.

§§§§§

Théodore Nott, dit Senior depuis la mort de son père et la naissance de son fils, était un sorcier sang pur avec de nombreux défauts.

Second fils, il avait toujours atrocement jalousé son frère aîné qui était l'enfant parfait. Il n'avait jamais réussi à plaire à son père qui le pensait bon à rien. En réponse, Théodore avait décidé de tout lâcher de plonger dans la décadence. Ses camarades à Serpentard connaissaient la haine qu'il portait son frère et son père et ils en avaient alors profité pour exacerber ses sentiments négatifs. Les mangemorts s'étaient engouffrés dans la brèche et dès qu'il avait eu dix-sept ans, Théodore avait pris la marque de Voldemort. Sous ses ordres, il s'était senti important et il avait pris confiance en lui. Les massacres des moldus le remplissaient de contentement car ainsi, il pouvait extérioriser sa rage et sa haine en se défoulant sur des moldus qui ne pourraient pas se défendre.

Puis Voldemort avait pris conscience de son véritable potentiel.

Le clan Nott était l'un des plus riches de Grande Bretagne et Voldemort avait découvert que l'une de ses nouvelles recrues pouvait lui accorder un accès direct aux coffres de cette famille, puisqu'il était au point mort pour ses négociations avec le clan Malfoy.

Théodore n'avait jamais ignoré que Voldemort avait fait tuer son frère avec sa femme et son nouveau-né, faisant passer l'acte pour un accident. La réaction de Patrice Nott fut tout à fait naturelle : en même temps qu'il nommait son bon à rien de second fils héritier, il lui chercha une épouse convenable pour produire le prochain héritier du clan. Anna Caster, d'une famille sang pur mineure autrichienne, était visiblement la belle-fille idéale mais les excès de Théodore lui avaient fait contracter une maladie magique rare qui l'avait rendue très faible. Toutefois, elle avait réussi à tomber enceinte – après deux fausses couches – et à accoucher de Théodore Junior.

Avec la chute de Voldemort, Théodore Sénior avait décidé de faire profil bas mais avait continué de tourmenter les moldus qui habitaient non loin du manoir, à recevoir les sympathisants de Voldemort et à donner des fêtes grandioses en leur honneur.

Tout pour masquer le fait qu'il n'avait pas accès aux coffres ancestraux des Nott.

Il s'était rendu compte de cela à la naissance de son fils.

Pour fêter sa venue – mais également la disparition de son père quelques semaines plus tôt – Théodore Sénior avait voulu organiser une soirée mondaine mais quand la première facture était revenue, il avait déboulé à Gringotts et avait fait un scandale. Jusqu'à ce qu'on lui annonce qu'il doive répondre à certains critères mis en place par son défunt père.

Critères auxquels il n'avait jamais pu répondre.

Mais son fils, oui.

D'où sa présence localisation dans les cachots du manoir Nott.

-Tu es mon fils ! cracha Théodore. Alors libère-moi !

-Tu ne réponds plus à ce titre depuis que tu as laissé mère mourir, siffla Théo. Maintenant, si tu veux savoir exactement pourquoi tu te trouves ici, tu ferais mieux de me laisser parler.

Théodore montra les dents. Il n'avait jamais apprécié son fils car il ressemblait trop à son frère aîné. S'il n'avait pas vu son cadavre des mois avant qu'il n'engrosse la sorcière qu'on lui avait fourré dans les pattes, il aurait cru que sa femme l'avait trompé.

Théo observa son géniteur. Depuis qu'il avait laissé sa mère mourir, il lui vouait une haine farouche qui avait augmenté exponentiellement depuis que Voldemort était revenu faire chier le monde. Mais depuis qu'il avait atteint seize ans et qu'il était à la tête de son clan, le jeune sorcier entendait bien dégager ce dernier de la réputation désastreuse dans laquelle l'avait embourbé son géniteur et détacher fermement les Nott de Voldemort.

Refusant d'écouter les insultes qui fusaient depuis qu'il était entré dans le cachot, Théo fit taire son géniteur d'un sort et plantant sans frémir un poignard dans le poignet du sorcier. Ce dernier hurla mais avec le sort, aucun son ne se fit entendre. Le plus jeune incanta et une vague de magie entoura le cercle d'invocation dessiné sur le sol, faisant écarquiller les yeux de Sénior. Quelques minutes plus tard, la vague s'éteignit et l'aîné était libre de ses entraves. Théo le libéra du sort et lui balançant sa baguette.

-Tu peux partir rejoindre ton maître, cracha Théo. Je n'ai plus besoin de toi.

-Tu es sensé rejoindre le seigneur des ténèbres, rappela Théodore en se relevant difficilement.

-C'est ce que tu veux, pas moi, corrigea Théo. Comme nous ne sommes pas d'accord, nos chemins se séparent ici.

-Tu es chez moi ! rugit Théodore. Si quelqu'un doit partir, ce sera toi !

-Soit, accepta Théo. Je vais donc faire mes bagages pendant que tu vaques à tes occupations.

Théo lui tourna le dos et gagna ses appartements tranquillement. Il vit son géniteur partir à grands pas vers l'entrée du domaine et un sourire machiavélique orna les lèvres du plus jeune lorsqu'il passa la frontière. Il imaginait aisément qu'il était allé ramper et geindre aux pieds de son « maître » concernant l'insolence de son rejeton pour qu'il puisse aller le punir comme il se devait.

Quel dommage que ce ne soit pas Théodore Senior Nott qui soit allé ramper aux pieds de Voldemort mais Théodore Sans Nom …

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Charlie Weasley adorait travailler avec les dragons mais son emploi en tant que professeur de soins aux créatures magiques lui avait ouvert de nouvelles perspectives.

Quand Minerva McGonagall l'avait reçu pour lui parler de son nouveau poste, comme promis, il avait établi un programme pour les sept années scolaires en s'appuyant sur ce que ses collègues à la réserve savaient à chaque année de leur éducation. Ce fut ainsi qu'il découvrit le niveau catastrophique de la Grande Bretagne et qu'il avait également l'opportunité de corriger cela.

Devant l'enthousiasme des élèves, Charlie avait voulu se renseigner sur les cours qu'avait donné Rubeus Hagrid et il était tombé de très haut … en fait non, cela correspondait exactement à Hagrid. Le demi-géant était plus que compétent pour approcher les autres créatures magiques mais ne l'était pas autant pour donner des cours à des élèves aussi jeunes. Son renvoi était donc tout à fait justifié mais le roux ne comprenait pas que le directeur n'ait pas pensé à faire vérifier son programme avant de laisser l'appliquer.

Autre point qui le chiffonnait, le comportement de Ginny et de Ron. Il avait bien noté qu'ils étaient toujours autour d'Harry Potter mais le contraire n'était pas valable. Le brun était le plus souvent avec Hermione Granger et Neville Longbottom mais n'allait pas chercher la présence du frère et de la sœur. Contrairement à leurs camarades, ces derniers avaient toujours un mot malveillant à l'encore du garant de leur ami, professeur de défense. Assez curieux, il avait demandé des explications au concerné.

-Ginevra et Ronald Weasley estiment que le plus qualifié pour prendre soin d'Harry est Dumbledore, haussa des épaules Loki. Harry en a simplement assez de l'entendre en boucle, surtout quand on sait que le directeur a fait la sourde oreille quand on lui a rapporté ce qui se passait chez ses anciens tuteurs.

-Il devait y avoir une raison pour que le professeur Dumbledore l'y laisse, fronça des sourcils Charlie.

-J'aimerai bien la connaître, grommela Loki. La sécurité d'un enfant ne peut pas justifier qu'on le maltraite.

Ça y est, le mot était lâché.

-Le professeur Dumbledore n'aurait jamais laissé cela passer … balbutia Charlie.

-Et c'est pour cela que la Magie m'a désigné garant magique d'Harry, termina Loki. Peu importe ce que vous pouvez bien penser de lui, la Magie a déclaré qu'il n'était plus digne de s'occuper d'Harry pour une bonne raison. Pour en revenir à votre frère et votre sœur, ils ont refusé de voir ce qu'ils avaient sous leurs yeux et pire, pour le grand dadais qui vous sert de frère, il a nié les tortures que son « meilleur ami » avait reçu, quand bien même il voyait les cicatrices.

Charlie resta bouche bée.

-Le mieux serait que vous leur demandiez vous-même ce qui se passe exactement, soupira Loki. Harry et moi avons renoncé à avoir la réponse et c'est pour cela qu'il n'est plus aussi proche d'eux. Vous aurez sûrement plus de chance que nous, qui sait ? Bonne journée, professeur Weasley.

Loki se trouvait à peine dans le couloir suivant que le regard de Charlie se durcit. Les dires des jumeaux allaient dans le même sens et il était grand temps d'avoir des réponses claires et complètes.