Ce chapitre est clairement un de mes préférés. Par contre, je préviens, il est un peu graphique vers la fin (agression, sang, mort).
Bonne lecture !
Loki était nerveux. Il sentait la présence de ses geôliers non loin de lui. Ou plutôt, il sentait le sortilège de traçage qu'on lui avait lancé. Autrement il était seul.
On lui avait donné une demie heure pour aller justifier de son absence à son travail, et pour préserver son nom, Loki avait demandé à y aller seul, même s'il était tracé. La marque indiquait son activité magique, aussi n'avait-il droit qu'à une téléportation à l'aller et une autre au retour. Un sort de plus, ou une minute de retard, et le Grandmaster lançait un de ses sbires à ses trousses.
Hors de question d'aller voir Thor ou Stephen dans ce cas, puisqu'il était presque certain qu'on surveillait aussi sa localisation, avec plus ou moins de précision. Mais Loki avait réfléchi à un moyen de contourner ces règles. Et il était parfaitement conscient qu'il s'agissait de sa seule chance.
Il entra dans le bâtiment de la maison Sindbad, essayant de rassembler tout son courage. Arrivé à l'accueil, il demanda au secrétaire s'il pouvait voir sa directrice des ressources humaines. Heureusement pour lui, elle était disponible.
Il lui expliqua que sa mère était gravement malade et qu'il devait retourner dans l'arrière-pays s'occuper d'elle. Sa directrice fut assez compréhensive et Loki put partir un peu plus sereinement. Mais la partie la plus difficile restait à faire. Loki lui emprunta un papier et un stylo, puisqu'il n'avait pas été autorisé à rapporter quoique ce soit et se dépêcha d'entrer dans l'ascenseur. Là, il gribouilla rapidement un mot avec tout ce qu'il savait du casse, c'est-à-dire pas grand-chose. Il espérait que ce serait suffisant.
Une fois de retour à l'accueil, il le plia en quatre et le donna au secrétaire.
- Est-ce que je peux vous demander un service ?
- Bien sûr ! répondit le jeune homme. Au fait, je voulais vous dire, votre petit ami est venu demander de vos nouvelles hier.
- Mon…petit ami ? répéta Loki.
- Le chirurgien, avec des cheveux gris aux tempes, précisa le secrétaire. Il était inquiet.
- Ah ! Je…euh, c'est mon coloc ! répondit Loki en rougissant malgré lui. Justement, s'il revient, vous pourrez lui donner ça ? C'est très important, je n'ai plus de téléphone et je serai injoignable dans les prochains jours.
- D'accord, pas de soucis, je peux l'appeler si vous voulez. Il a laissé son numéro au cas où vous reviendriez ici.
- Je dois vraiment y aller, s'excusa Loki. Mais prévenez-le que je suis passé, et donnez-lui le mot !
- Très bien, sourit l'interne. Bonne journée !
Loki bafouilla un rapide au revoir et sortit dans la rue au pas de course. Il se précipita dans la ruelle où il avait atterri presque une demie heure plus tôt et se téléporta.
Il ouvrit les yeux dans une rue du quartier Sud de Néo Assur, en face d'une lourde porte noire.
Il prit une grande inspiration, poussa la porte et rejoint le reste de l'équipe dans la salle de réception.
Cela faisait désormais deux jours qu'il avait été enlevé. Loki les avait principalement passé à ne rien faire, soit dans sa chambre sous les toits, soit dans le jardin. Mais aujourd'hui, l'entraînement commençait pour lui.
L'équipe du casse était composée, en plus du Serpent, de Laufey, Thanos, de deux de ses « enfants » : Proxima Midnight et Ebony Maw, et d'une magicienne appelée Circé. Le Grandmaster allait les diriger en amont, mais ne participerait pas à l'action.
Ebony salua Loki de la tête avec ce sourire sadique qui le poursuivait jusque dans ses cauchemars, et Proxima se contenta de lui lancer un regard amusé. Circé, quant à elle, le regarda de haut en bas mais ne fit aucun commentaire. Loki tâcha de les ignorer et s'assit près de son père, qui n'avait apparemment pas remarqué l'attitude de ses collègues. Le Grandmaster finit par les rejoindre et commença à leur expliquer le plan.
L'Ours était à la tête d'une des banques les plus puissantes du pays, la banque Fiduxis. Son siège principal, dans le quartier d'affaire de Néo Assur, était réputé pour la sûreté de ses coffres et l'illégalité de leurs contenus. La justice néo assyrienne avait tenté d'en percer les secrets à maintes reprises, sans succès. En effet, c'était là que la majorité des criminels de la région planquait ses butins. L'endroit était bien gardé.
C'était sans nul doute dans un de ces coffres que le véritable Tesseract attendait.
Loki ne se risqua pas à demander pourquoi exactement la Sakaariane convoitait la pierre. Déjà parce que tout le monde semblait au courant, et ensuite parce qu'il savait qu'il n'allait pas aimer la réponse.
L'objectif de la mission était en fait un casse assez simple. Le groupe allait prendre les personnes présentes à Fiduxis en otage, pendant que l'un d'entre eux irait chercher L'Ours. Ebony Maw se chargerait de le convaincre de les mener aux coffres, et Thanos récupérerait le Tesseract. Proxima et Circé auraient carte blanche pour prendre ce qu'elles voulaient dans les coffres en représailles. Le Serpent et Laufey devaient se charger des otages.
Les deux semaines suivantes furent consacrées à l'entraînement, dans le pavillon au fond du jardin. Il s'agissait en fait d'un accès à un gymnase et à une armurerie, en sous-sol. C'était le seul endroit de la propriété où aucun sort ne contraignait la magie.
Loki essaya d'en profiter pour s'enfuir, mais il comprit bien vite que c'était inutile. Dès qu'on s'approchait un peu trop près des issues, les sortilèges se renforçaient et ne laissaient aucune faille à exploiter. Son seul espoir, c'était l'attaque de la banque.
Il était le seul à s'entraîner tous les jours. Les autres passaient de temps en temps, mais c'étaient des habitués des opérations de la Sakaariane, alors ils étaient libres d'aller et venir comme bon leur semblait. Pas Loki.
Le jeune homme s'était vu offrir une nouvelle chambre, au troisième étage, juste au-dessous de celle qu'il occupait auparavant. La pièce était plus confortable et plus accueillante que la précédente, même la salle de bains était plus grande, mais ça n'en restait pas moins une cellule. Il n'en sortait que pour s'entraîner et manger.
Loki avait d'abord craint que le Grandmaster n'en profite pour lui rendre visite, mais après l'incident des toilettes, ce dernier semblait s'être calmé. Il continuait à lui lancer des plaisanteries douteuses, et parfois Loki le surprenait à le regarder avec un air qui le répugnait, mais dans l'ensemble, il se tenait tranquille. Ça n'empêchait pas Loki de dormir avec un petit couteau sous son oreiller, au cas où. Il savait que ce n'était pas le couteau à beurre qu'il avait volé aux cuisines qui allait le sauver si le Grandmaster tentait quoi que ce soit, mais ça le rassurait d'avoir une arme, aussi ridicule soit elle. Heureusement, il n'eut pas à s'en servir.
Concernant Laufey, c'était plus compliqué. Loki voulait toujours partir, et s'il savait que jamais lui et son père ne pourraient s'accorder, le jeune homme éprouvait tout de même quelques scrupules à l'abandonner de la sorte. Il ne lui avait pas encore vraiment parlé de sa vie, ni de ce qu'il faisait avec le Serpent. Laufey ne paraissait pas s'en émouvoir, tout à la joie d'avoir retrouvé son fils. Pour lui, il leur restait toute une vie pour développer leur relation père-fils.
Un soir, Laufey lui parla de sa mère, Farbauti. Elle avait été tuée la nuit où Odin avait pris d'assaut leur QG. À mesure que Laufey expliquait les circonstances du drame, Loki comprenait à quel point leurs vies étaient différentes. Laufey espérait que Loki repartirait en Sibérie avec lui, quand le Grandmaster l'autoriserait. Mais il n'avait pas l'air de se soucier de l'avis de son fils, ni même du fait que celui-ci soit littéralement séquestré. Ce n'était pas seulement qu'il n'y voyait pas de problème, c'était surtout que ça ne lui avait même pas traversé l'esprit.
Loki espérait que Stephen avait reçu et compris son message. Le casse était sa seule chance de s'échapper. Il ne savait pas ce que le Grandmaster avait prévu pour lui ensuite, et il n'avait aucune envie de le découvrir.
Le jour J arriva enfin. Laufey et Circé s'était rendus les premiers à Fiduxis, se présentant comme des clients normaux. Circé devait parler à une hôtesse et Laufey attendre dans le hall. Au moindre problème, ils devaient alerter le Grandmaster et l'opération serait reportée.
Le reste du groupe devait arriver à 15 heures. Laufey et Circé les rejoindraient à ce moment-là.
À 14h47, Thanos, Proxima, Ebony et Loki se retrouvèrent dans la cour du QG. Thanos, le plus puissant des quatre, les téléporta à quelques dizaines de mètres de la banque. Les protections magiques de celle-ci empêchaient tout atterrissage à l'intérieur de ses locaux.
Les sorts ne formaient pas un dôme comme au QG, mais étaient organisés en une sorte de filet qui recouvrait tout le bâtiment, par souci d'économie. Une trop grande puissance magique aurait affecté les auras des objets entreposés ici. Thanos et Loki se concentrèrent pour les désactiver, en les dénouant comme ils le pouvaient, afin que leurs comparses puissent utiliser leur magie à l'intérieur.
À 14h58, le filet se déchira. Ils entrèrent dans la banque, et Laufey et Circé lancèrent un sort de confinement. À la vue des étincelles rouges qui se déversèrent dans le bâtiment, les civils présents se mirent à paniquer. Loki et Laufey les firent asseoir dans un coin, et prirent leurs téléphones portables et leurs bipeurs de détresse.
Ebony s'approcha de l'hôtesse, et par coercition mentale –sa spécialité, la força à faire venir tous les employés de la banque. Ensuite, la jeune femme dût le conduire, accompagnée du géant et des deux magiciennes, à L'Ours, probablement dans son bureau au dernier étage, avant d'investir les coffres.
Laufey et Loki se retrouvèrent donc seuls à gérer les otages. Rien de très compliqué : il s'agissait juste de les garder silencieux en ligne contre le mur, et d'être suffisamment persuasifs pour empêcher toute tentative de rébellion. À 15h09, Laufey annonça qu'il allait faire un tour dans le bâtiment vérifier que personne ne se cachait.
Loki avait l'impression d'être complètement étranger à ce qu'il se passait. Le masque facilitait sa dissociation avec les événements, et il était reconnaissant de n'avoir à s'occuper « que » des otages. Il pouvait les maîtriser facilement en cas de problème, sans faire de dommages collatéraux. Il n'avait plus qu'à attendre que Stephen vienne le chercher.
Plus facile à dire qu'à faire. Loki était presque certain qu'il avait reçu son mot, grâce à l'enthousiasme du secrétaire de Sindbad pour sa vie privée. Il lui avait donné la cible et la date. Stephen avait dû relier les indices entre eux, L'Ours était connu, il n'y avait pas 36 façons de s'en prendre à lui. Mais il aurait déjà dû être là, non ?
Laufey revint, et cria avec jubilation :
- Regarde ce que j'ai trouvé dans les toilettes du fond !
Loki se retourna et ce qu'il vit lui fit manquer un battement de cœur.
Laufey tenait une jeune femme terrifiée, qui saignait du nez, la traînant à moitié par ses cheveux.
Valkyrie.
Laufey la lui jeta comme une poupée de chiffon. La jeune femme tomba par terre, visiblement encore sous le choc. Loki se pencha vers elle, essayant de dissimuler sa panique, pour l'aider à se relever et la conduire à la file d'otages.
- Elle est mignonne, hein ? ricana Laufey.
- Mmh mmh, répondit distraitement Loki pour qu'il lui fiche la paix.
Il avait envie de vomir.
Qu'est-ce qu'elle faisait là ? Et où était le Docteur, bon sang ?
Valkyrie renifla le sang qui lui coulait du nez. Elle semblait s'être remise de ses émotions et fixait maintenant son ravisseur en serrant les dents. Loki connaissait ce visage : sa meilleure amie était en colère.
- Enfoiré ! cracha-t-elle à Laufey.
Oh non non non, paniqua Loki. Ses intentions étaient louables, mais il ne supporterait pas qu'il lui arrive autre chose. Il s'avança vers son complice, qui avait haussé les sourcils d'indignation sous l'insulte.
- Ignore-la, conseilla-t-il à son père à mi-voix, espérant n'être ni entendu, ni reconnu.
- L'ignorer ? rit le Jotunn. Cette petite garce mérite d'être remise à sa place, oui !
- On a d'autres chats à fouetter, insista Loki. Ne nous dispersons pas.
- On a juste à s'occuper des otages ! gronda Laufey. Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Détends-toi, un peu ! ajouta-t-il un peu plus bas.
Le Serpent soupira d'agacement et se détourna de lui. Laufey regarda Valkyrie d'un air mauvais et fondit sur elle, provoquant un hoquet de terreur parmi les autres otages, alors que Loki s'empêcha de lui sauter dessus. Il lui saisit brusquement le visage à une main.
- Et toi, tiens-toi tranquille ! siffla-t-il.
En réponse, elle lui cracha dessus.
Loki n'eut même pas le temps de comprendre ce qu'elle venait de faire. Laufey la gifla avec tellement de violence qu'elle tomba sur le côté. Les otages s'indignèrent et l'un d'entre eux, un homme d'une quarantaine d'année, invectiva le braqueur.
- Laissez la tranquille !
L'homme s'était levé, et malgré sa colère, il sembla comprendre son erreur. À ses côtés, un homme un peu plus jeune lui chuchota de se rasseoir, totalement paniqué. Laufey sourit, et s'approcha de l'otage.
- Comment tu t'appelles ? demanda-t-il d'un ton suave.
- Vladimir, répondit-il en essayant de garder contenance.
Laufey hocha la tête avec un rictus appréciateur, avant de le saisir par le cou d'un geste vif. Le deuxième homme encore au sol se mit à pleurer. Loki accourut auprès de son père.
- Lâche-le ! dit-il.
- Oh Loptr…soupira Laufey en levant les yeux au ciel.
- Lâche-le, je te dis ! répéta Loki avec plus d'empressement. Ça ne sert à rien !
Laufey le jaugea d'un air dédaigneux, soupira, et relâcha Vladimir, qui s'effondra au sol. L'autre homme se précipita sur lui.
- Qu'est-ce que tu as ? demanda sèchement Laufey.
Loki ne sut que répondre.
- On, on ne tue pas les gens ! parvint-il à balbutier.
Son père le regardait avec incompréhension et dégoût. Rien d'inhabituel, quand on avait grandi avec Odin.
- Je ne sais pas exactement où tu te crois, gamin, dit-il d'un ton glacial. Mais si je veux tuer quelqu'un, ce n'est pas toi qui vas m'en empêcher !
Il se retourna et saisit Vladimir par la nuque d'un seul mouvement. L'homme à qui il venait d'être arraché hurla. Loki s'élança vers son père mais celui-ci fit volte-face et d'un geste, l'arrêta net dans son élan.
- Qu'est-ce qui ne va pas, chez toi ? déplora-t-il en secouant la tête.
Le Serpent ne dit mot. Laufey eut un nouveau ricanement méprisant. Il serra le cou de Vladimir, qui se mit à hoqueter à se débattre, sous le regard désespéré de son ami.
Les mains de Laufey bleuirent et se couvrirent de givre. Loki vit avec horreur le gel s'étendre en fractales glacées sur le cou du malheureux, qui devint subitement un bloc de glace. Son corps continuait de s'agiter et son visage devint bleu, cette fois à cause de l'afflux sanguin. Mais avant que l'infortuné ne meure par asphyxie, Laufey lui trancha la gorge avec une dague. Sa tête rebondit sur les dalles de marbres, figée dans un cri de terreur.
Son ami hurla à pleins poumons et dans un élan de rage pure se jeta sur Laufey. Celui-ci convoqua un trait de glace qui s'éleva du sol et sur lequel s'empala son assaillant.
L'assemblée était sidérée. Loki, en revanche, profita de la distraction pour se libérer de son sort d'entrave et en lancer un à son père. Il mit toute la puissance qu'il avait pour le contraindre : le marbre du sol se coula autour de Laufey, l'emprisonnant dans son étreinte de pierre.
Seul son visage était libre, malgré un bâillon de marbre, mais Loki choisit d'ignorer son rictus de haine, et se tourna vers l'assemblée d'otages. Ils étaient une petite vingtaine. Loki n'avait plus beaucoup d'énergie pour se défendre magiquement quand le reste de l'équipe reviendrait, et le Docteur ne semblait pas prêt d'arriver. Heureusement, il avait étudié le plan de la banque, et savait où étaient les issues, ce que confirmèrent les employés. La porte principale avait été enchantée : si quiconque tentait de la forcer, de l'intérieur ou de l'extérieur, toute l'équipe était prévenue. Ce n'était pas le cas de l'issue de secours que choisit Loki.
Il rassembla tout le monde, essayant de les rassurer, et de vérifier que Valkyrie allait bien. Les otages avaient bien vu qu'il avait essayé de les défendre, aussi ils le suivirent. Tout le monde récupéra portables et bipeurs, sous les yeux furieux de Laufey.
Le problème, c'est qu'il fallait passer derrière l'accueil, où se trouvait un grand hall. Cet espace abritait les ascenseurs et escaliers, l'accès aux bureaux et l'escalier qui menait aux coffre-fort. La sortie se trouvait au bout des bureaux, et le groupe devrait immanquablement se retrouver face à l'entrée des coffres, où il risquait de croiser le reste des braqueurs.
Dans le hall, on pouvait entendre les Sakaarians s'affairer dans les coffres. Les otages se firent le plus silencieux possible et traversèrent les bureaux au pas de courses. Loki allait ouvrir la porte quand il entendit derrière lui :
- Ouvre cette porte, Serpent, et c'en est fini de toi.
Loki fit volte-face pour voir Thanos, menaçant, à l'entrée des bureaux. Les otages s'étaient dispersés dans l'open space, essayant le plus possible de se rapprocher du Serpent.
- Tu as encore le choix, reprit Thanos. Verrouille la porte, ramène les otages dans le hall, et peut-être qu'on pourra négocier la clémence du Grandmaster.
Le jeune homme fit mine de réfléchir une seconde avant de pousser le battant. La double porte s'ouvrit sur une arrière-cour et quelques otages se faufilèrent au-dehors. Il hésita une seconde à s'enfuir avec eux mais vit que tous ne s'étaient pas encore échappés. Loki vit Thanos foncer sur lui comme un taureau charge un imprudent. Le reste des otages s'enfuit sans demander son reste, les secours ne devant pas tarder à arriver.
Le géant le saisit par le cou, d'une main, et Loki se sentit décoller du sol. Il se débattit comme il put, griffant l'avant-bras de son agresseur, les jambes battant le vide. Mais la poigne de Thanos faisait facilement le tour du cou du jeune homme et ses piètres réflexes ne l'aidèrent en rien. Le pouce de Thanos commença à appuyer sur sa gorge. Loki hoqueta de douleur.
Il sentit sa vision se brouiller, à la fois par les larmes et le manque d'oxygène. Il réalisa avec un frisson glacé qu'il ne savait pas s'il allait mourir par l'étranglement ou si les os de sa nuque allaient se briser avant. La pression sur sa trachée était trop forte, il était au bord de l'inconscience. Il avait un goût de sang dans la bouche et au fond de sa gorge. Est-ce qu'il allait s'étouffer avec son sang ? Est-ce qu'il allait vraiment mourir comme ça, pour avoir ouvert une porte ? Et en face, Thanos riait, riait…
Soudain, il se sentit chuter. Il atterrit violemment au sol, complètement déboussolé. Il avala une goulée d'air, douloureuse mais inespérée. Son champ de vision était parsemé de points noirs et il avait un mal de crâne lancinant, l'impression que sa gorge était déformée, pliée. Ce qui était peut-être le cas.
Il perçut que quelqu'un le soulevait de terre et le portait dehors. La lumière du jour lui fit mal aux yeux. On le déposa sur quelque chose de confortable –un lit ? il y avait des lits ? et les mains qui l'avaient porté le lâchèrent. Il entendit des voix aussi, autour de lui, sans parvenir à comprendre ce qu'elles disaient. D'autres mains lui tirèrent son masque et il essaya de les en empêcher, paniqué, et si Thanos voyait son visage ? Mais il était trop faible pour se défendre et son visage fut découvert. Il vit des mains s'approcher de lui et lui enfiler un masque respiratoire et il cessa de lutter, sombrant dans l'inconscience.
