Merci à Shadedwords pour sa dernière review.

Bonne lecture !

DISCLAIMER : Les âmes vagabondes ne m'appartient pas, l'histoire et les personnages originaux sont de Stephenie Meyer.


Une opération risquée

Vagabonde

Le vent était étonnamment frais sur ma peau.

D'habitude, il n'y avait pas tant de courants d'air chez Ian lorsque je me réveillais, chaque matin.

Lorsque j'ouvrais les yeux, j'étais toujours blottie en chien de fusil contre lui, tandis qu'il s'étalait sur le matelas. Il ne tardait pas à s'éveiller juste après moi et me serrait contre lui avec un sourire, ses magnifiques yeux saphir remplis de joie et d'amour.

J'ouvris les miens avec l'intention de le prévenir du vent, quand je vis que nous n'étions pas chez lui. Le toit au-dessus de moi était en métal, couleur beige.

Le toit d'une voiture, compris-je.

Surprise, je me redressai sur mon siège et vis qu'on m'avait installée sur la banquette arrière du véhicule. Et à l'avant, les mains sur le volant, se tenait…

« Mélanie ?! »

Elle me lança un bref regard dans le rétroviseur, puis reporta son regard sur la route à travers le désert.

« Enfin tu te réveilles ! T'en auras mis, du temps. Quand je pense aux heures qu'il m'a fallu pour te traîner à travers les tunnels, puis le désert et la voiture… »

Encore abrutie de sommeil, je mis un moment à comprendre ce qu'elle disait.

« C'est toi qui m'as droguée ? »

« Quoi, tu ne m'as pas reconnue ? »

« Non, il faisait noir et je… j'ai cru qu'on allait me… j'ai cru que c'était… »

J'ai cru que c'était mon tour de passer sous le bistouri de Doc.

Ses épaules se contractèrent. Les jointures de ses mains sur le volant blanchirent, avant de se détendre.

« Je vois. »

Un silence tendu suivit cet échange. J'en profitai pour regarder au-dehors. Il n'y avait que le désert à l'horizon !

Après tout ce temps passé dans les grottes, je me sentais déboussolée. J'avais presque oublié à quoi le monde ressemblait, dehors !

« Où on va ? »

« Au Centre de Soins le plus proche. »

Je m'attendais à tout sauf à cette réponse.

« Pourquoi ? »

Je vis ses épaules se soulever puis s'affaisser, signe qu'elle soupirait.

« Jamie est malade. Sa blessure s'est infectée, il a une fièvre atroce ! Si on ne fait rien, il va mourir. »

En entendant ça, je frémis d'horreur. Jamie ?! Oh non, sa blessure ! Je l'avais presque oubliée. C'était en partie à cause d'elle que je m'étais faufilée en douce jusqu'à l'infirmerie. Je me demandais ce qui pouvait être plus urgent que la blessure de Jamie pour que Doc le renvoie dans sa chambre. Et dire que pendant le temps où je faisais mon deuil dans mon coin, Jamie agonisait ! Et Mélanie…

Je me penchai vers elle et réalisai qu'elle était dans un état pitoyable. Elle avait les joues bouffies et pâles. Des cernes étaient visibles sous ses yeux. Elle n'avait pas dû beaucoup dormir. Ses yeux croisèrent brièvement les miens, assez longtemps pour que je voie combien ils étaient rouges. Elle avait dû beaucoup pleurer.

« Mélanie, je… »

« Tu vas m'aider. Toi, tu peux le sauver. Tu m'as bien soigné avec tes médicaments ! J'avais une blessure du même genre que la sienne, donc tu sais comment soigner ça. »

Je hochai de la tête positivement, mais j'avais quand même besoin d'éclaircir certains points.

« Jared n'est pas avec nous ? D'habitude, il supervise ce genre de raid et… »

« Jared ne sait rien. Quand j'ai parlé aux autres de t'emmener chercher les médicaments, ils ont tous refusé. Kyle s'est moqué de moi, il était persuadé que tu m'avais fait chanter. Qu'en échange de ta liberté, j'aurais peut-être les médicaments pour sauver mon frère, mais qu'ensuite, ça se terminerait pas une invasion de Traqueurs auxquels tu aurais révélé notre position. »

Je frémis d'horreur. Jamais je ne pourrais faire ça ! Pas si Jamie allait mourir et…

Je réalisai avec horreur qu'en fait, jamais je ne pourrais les trahir. Non, malgré ce qui s'était passé, je ne pourrais pas faire ça. Ce serait juste d'autres morts au tableau. Des morts d'un autre genre, mais des morts quand même. Rien qu'à l'idée de voir Ian disparaître…

Je tournai la tête vers le côté libre de ma banquette et trouvai un sac. Il y avait des vêtements dedans, ainsi que des lunettes de soleil, des mouchoirs et une brosse à cheveux.

« Mélanie, arrête-toi. »

« Quoi ? Pas question, on est encore loin et… »

« J'ai dit stop ! »

Elle freina brutalement sans éteindre le moteur, puis se tourna vers moi avec agacement.

Je pris un mouchoir et tendis la main pour lui saisir le menton, mais elle me repoussa d'une tape.

« Qu'est-ce que tu fais ? »

« Ton visage ! Si les miens te voient avec cette tête, ils n'y comprendront rien. Si tu veux passer pour une âme, tu dois avoir l'air paisible et heureuse. Donc, pas de traces de larmes. »

Elle parut surprise, mais resta immobile quand je lui pris le menton pour essuyer au mieux les traces de larmes.

Après quoi, je lui passai un bref coup de brosse dans les cheveux et lui mis les lunettes de soleil. Je remarquai qu'elle portait des vêtements propres et en bon état : un chemisier, un jean et des bottines.

Quand j'eus fini de lui refaire une beauté, elle me montra le sac d'un signe de tête.

« Change-toi, on arrive bientôt. »

Par ces quelques mots, un accord tacite se mit en place entre nous. J'étais dans le coup, elle le savait. Il fallait attendre, maintenant.

Je me changeai cahin-caha puis j'escaladai le porte-gobelet pour m'asseoir à côté d'elle.

La nuit finit par tomber, rendant la route moins visible. Même avec les phares, on ne voyait pas bien loin. Soudain, j'aperçus mon reflet dans le rétroviseur. Il y avait une cicatrice sur ma joue, un reste de ma dernière « bagarre » avec Kyle dans la salle de la rivière.

Soudain, la réalité de la situation me frappa de plein fouet.

« Mélanie, stop ! »

« Quoi ? Pourquoi ? »

« Arrête-toi, je te dis ! »

Elle freina et me regarda avec l'air énervé.

« Ne me dis pas que tu te dégonfles ou je… »

« Frappe-moi. »

« Quoi ?! »

« Si on veut des médicaments, je dois arriver au Centre en ayant l'air mal en point. Je ne peux pas y aller avec une tête comme ça. Aucune âme n'aurait une blessure comme ça. On l'aurait soignée. Ils vont se demander où j'étais, se poser des questions. »

Mélanie serra les lèvres si fort qu'elles ne formèrent qu'une mince ligne sur son visage.

« Tu dois me blesser », lui dis-je. « Il me faut une blessure comme celle de Jamie. »

Elle réfléchit rapidement, puis sortit de la voiture. Je la suivis dehors. Elle s'approcha de moi avec l'air d'hésiter.

« Et si c'était moi qui me blessais ? Je peux faire ça sur moi et en plus, quand ils me soigneront, je les verrai faire et je saurai quoi donner à Jamie ! » dit-elle en mimant un coup de poing vers son visage.

« Sauf que si on te fait un scanner, on verra que tu n'as pas d'âme. Et là, tu sais ce qui arrivera ! En plus, si tu te blesses au visage, tu devras enlever tes lunettes de soleil pour les laisser y appliquer des produits. Non, tu vas prendre une pierre et me frapper. »

Elle fronça des sourcils.

« Gaby… »

« On n'a pas le temps de tergiverser. Je l'aurais bien fait moi-même, mais je ne me frapperais pas suivant le bon angle. Il n'y a pas d'autre moyen. »

« Mais c'est… Non, pas comme ça ! Non, l'idée était que tu ailles juste demander des médicaments pour quelqu'un que tu connais qui a besoin de soins, pas que tu arrives là-bas en mauvais état. »

« Si j'avais un ami ou un proche mal en point, j'aurais appelé un Soigneur, je n'aurais pas été chercher les médicaments moi-même ! On n'a pas le choix, il faut faire les choses comme ça. Allez ! Pour Jamie. Et puis, tu dois en rêver depuis un moment, non ? Frappe-moi, blesse-moi. Tu me l'as dit sur le terrain de foot, tu me détestes ! »

Je me penchai pour ramasser une pierre que je lui tendis.

« Vas-y, défoule-toi ! Frappe-moi au visage ! Il te suffit d'arracher les premières couches de l'épiderme. Juste pour cacher la cicatrice. Il faut se dépêcher. Fais-le pour Jamie. »

Mélanie prit la pierre, regarda alternativement le caillou et moi puis le leva haut dans le ciel.

Je fermai les yeux. Lorsque l'impact eut lieu, ça sonna creux à mes oreilles. Le coup me fit tomber par terre.

Sonnée, j'entendis à peine Mélanie lâcher le caillou puis se précipiter pour me redresser.

« Gaby ? Gaby ! »

Malgré la douleur, je perçus la panique dans sa voix et la regardai sans comprendre. Pourquoi cet air coupable sur son visage ? Elle devait en rêver depuis un moment !

« Ça va. Tu as réussi ? »

Elle se pencha vers la zone touchée et se couvrit la bouche.

« Je… J'y suis allée trop fort ! Je crois que je t'ai arraché la moitié du visage ! Je… »

« Alors, c'est parfait. Le couteau, maintenant. »

« Le… ? Oh non, ça suffit ! »

« Non, ça n'est pas suffisant ! Il faut une blessure identique pour avoir les bons médicaments. »

Elle sortit son couteau, mais je la vis hésiter. Agacée, je le pris et me fis une entaille au bras. Je serrai les dents sous la douleur, mais je parvins à me faire une blessure assez profonde pour le traitement souhaité.

Mélanie voulut prendre des mouchoirs pour la couvrir, mais je lui fis signe que non. Je me laissai mollement traîner vers la voiture. Là, elle attrapa un tissu et le mit sur ma plaie. Je la laissai faire, encore sous le choc après ce que j'avais subi. La vue du sang ne m'aidait pas, même s'il s'agissait du mien.

Tandis que la voiture se remettait en route, je retins un gémissement. L'air frais de la climatisation sur mon visage ne m'aidait pas du tout.

« Ça fait mal ? » demanda Mélanie.

« Pas trop. De toute façon, ça va passer. On va où ? »

« À la clinique près de Tucson. Et… »

Elle s'arrêta de parler. Je me tournai vers elle, mais elle avait refermé la bouche et fixait la route en silence.

« Quoi ? Quel est le problème avec Tucson ? »

Elle émit un soupir.

« Si je te dis qu'il n'y a rien, tu vas me croire ? »

« Non. »

Je ne croyais plus un mot de ce qu'elle disait depuis longtemps. Depuis la découverte de l'infirmerie, je n'étais plus aussi naïve qu'avant. Elle le savait.

« J'ai croisé le père d'Espérance près de Tucson. À la station-service. »

« Quoi ?! »

Elle me raconta brièvement sa rencontre avec lui et leur discussion. Je n'arrivais pas à y croire ! Ils avaient déménagé ? Et ils étaient tout près d'ici.

« Pourquoi tu ne me l'as pas dit plus tôt ? »

« Je comptais le faire, mais avec… tu sais, l'incident… »

Évidemment, elle n'avait pas pu m'en parler à cause de ça. Soudain, la route goudronnée apparut devant nous.

Bizarrement, cela ne me rassura pas. Je me sentais plutôt paniquée.

Mélanie roulait trop vite, je m'en rendais compte maintenant. Je lui demandai de ralentir, en lui rappelant qu'un excès de vitesse la trahirait. Et si elle se faisait prendre, Jamie n'aurait aucune chance d'avoir les médicaments.

Vaincue, elle ralentit. Mais pas longtemps, la panique était trop forte en elle. Je dus batailler avec elle pour prendre le volant.

Tandis que nous roulions, je sentis qu'elle tapait du pied. Je me fis violence pour ne pas lui dire de se calmer. Elle faisait déjà beaucoup d'efforts et prenait suffisamment de risques sans que j'en rajoute.

Enfin, nous arrivâmes à la clinique ! Mélanie vérifia que ses lunettes étaient bien en place sur l'arête de son nez, puis elle m'aida à descendre de voiture.

Nous traversâmes le parking en silence. Ses bras encadraient mes épaules tandis que j'avançais, la main pressée sur mon bras sanguinolent.

Quand nous arrivâmes au comptoir, une infirmière se trouvait là. Elle avait la quarantaine, la peau chocolat et quelques mèches blanches dans ses cheveux noirs.

En nous voyant, elle se leva d'un bond.

« Doux Jésus ! Soigneuse Tisse-le-Feu est demandée à la réception pour une urgence ! »

« Non, ce n'est rien », répondis-je calmement. « Tout va bien. C'est juste un petit accident. »

Je chancelai sur mes jambes. L'étreinte de Mélanie se fit plus forte, m'empêchant de tomber. »

L'infirmière posa le microphone et courut vers nous.

« Eh bien, ma pauvre, que vous est-il arrivé ? »

« C'est ma faute », dit Mélanie d'une voix penaude.

Elle jouait bien la comédie, mais je ne pouvais pas prendre le risque qu'elle échafaude un scénario maladroit.

« Non, c'est entièrement ma faute. On bivouaquait dans le désert… Je suis tombée sur une pierre… J'avais un couteau à la main… On venait de dîner et on rangeait nos affaires… »

L'infirmière se pencha pour repousser avec tendresse une mèche de cheveux qui tombait sur mon front.

« Ce n'est vraiment pas de chance ! Comment vous appelez-vous ? »

« Aiguilles-de-Verre », répondis-je pour moi. « Et mon amie se nomme Étoile-de-Givre. »

« D'accord, Aiguille-de-Verre. Ah ! Voilà la Soigneuse, elle va s'occuper de vous. »

Avec sa blouse marron, ses cheveux noirs et sa peau comme celle de l'infirmerie, la Soigneuse faisait un drôle d'effet. À croire qu'il n'y avait que certains types de couleurs ici.

Quand elle me prit par les épaules pour m'entraîner vers une salle, Mélanie voulut les suivre, mais l'infirmière l'arrêta d'un geste de la main.

« Elle va vite revenir, ne vous inquiétez pas, Étoile-de-Givre. »

« Mais je m'inquiète pour elle ! Et si… »

Je me tournai vers Mélanie et la regardai fixement, comme si je pouvais capter son regard derrière ses lunettes aux verres fumés. Elle crispait convulsivement ses mains, signe de nervosité intense.

« J'aimerais que mon amie reste avec moi. Je ne veux pas qu'elle se fasse encore plus de soucis par ma faute. Elle s'en veut déjà tellement ! » intervins-je.

En entendant la note aiguë dans ma voix qui trahissait le mensonge, je vis la bouche de Mélanie esquisser une moue vexée. Quoi, pourquoi mon mensonge la contrariait ? Je cherchais juste à l'aider, ne pas la laisser seule ici !

« Je comprends », dit la Soigneuse avec un sourire rassurant. « Venez, Étoile-de-Givre. »

La Soigneuse nous conduisit dans la salle de soins. Là, elle me fit m'installer sur une table d'auscultation couverte d'une couche de papier fin.

Tandis que Mélanie répétait mon histoire, la Soigneuse sortit des produits d'une armoire et entreprit de me soigner.

Je savais que regarder ne suffirait pas, il fallait savoir de quoi il s'agissait. Pas juste pour moi, mais pour Mélanie.

Je posai donc des questions à la Soigneuse en faisant mine de m'intéresser à son travail.

Ses gestes doux et la sensation des produits réparant ma chair meurtrie me firent du bien. J'aimais l'endroit où je me trouvais, j'appréciais la douceur et la gentillesse de cette femme. C'était si différent des gens qui habitaient les grottes de Jeb !

« Et voilà ! Comment vous sentez-vous ? »

« Bien. Très bien. »

Et c'était la vérité, cette fois. Je tournai la tête vers Mélanie. Elle avait l'air surprise, je le voyais au haussement de ses sourcils derrière ses lunettes.

« Tu es comme neuve ! On jurerait qu'il n'y a jamais rien eu », dit-elle avec de la surprise dans la voix.

La Soigneuse parut heureuse en l'entendant dire ça.

« Je dois quand même vous prévenir que vous aurez toujours une petite ligne sur votre bras. Comme sur votre cou. C'était profond… »

Elle releva mes cheveux pour examiner ma blessure.

« C'est du beau travail. Qui était votre Soigneur ? »

« Euh… Face-au-Soleil. Il nous a fait notre Insertion à toutes les deux dans le même centre. Nous étions à Eureka, dans le Montana. Nous n'aimions pas le climat. Nous sommes descendues vers le sud. »

Tous ces mensonges ! J'avais une boule dans l'estomac à mesure que je parlais. Mélanie ne disait rien, elle regardait la Soigneuse avec inquiétude.

Elle ne parut pas alertée par l'acuité de ma voix et nous dit qu'elle venait du Maine, mais qu'elle n'avait pas supporté le froid là-bas. Quand elle nous demanda notre emploi, je répondis que nous étions serveuses, dans un restaurant mexicain à Phoenix.

« N'ayez aucune inquiétude, Aiguilles-de-Verre. Votre visage est superbe. »

« Merci, Soigneuse. »

Elle se tourna vers Mélanie.

« Et vous, Étoile-de-Givre ? Avez-vous besoin de quoi que ce soit ? »

Je vis mon humaine se crisper. Elle parvint pourtant à répondre calmement.

« Non, merci ! Enfin… Nous avons roulé plusieurs heures dans le désert sans nous arrêter pour arriver ici, et… je crois qu'un peu d'eau fraîche nous ferait du bien, si ce n'est pas trop vous demander. »

« Bien sûr ! Je reviens tout de suite. »

Sitôt qu'elle eut quitté la pièce, Mélanie courut vers l'armoire à pharmacie. Je la rejoignis et lui tendis le sac. Elle se dépêcha d'y fourrer des flacons de produit. Nous prîmes soin de ne pas vider entièrement tous les rayons. Cela risquait de faire suspect si la Soigneuse remarquait l'absence de produits avant notre départ !

Certains des flacons portaient des noms inconnus, mais nous n'avions pas le temps de les examiner. Ça ne pouvait faire que du bien, après tout !

Quand la Soigneuse revint avec l'infirmière, qui répondait au nom de Bleu-Céleste, elle nous tendit deux verres d'eau que nous bûmes. Elle avait également apporté un miroir. Quand je vis mon visage, j'émis un cri de stupeur.

J'étais parfaite ! Rien ne laissait croire que j'avais passé des semaines à vivre dans des grottes souterraines, à me faire tabasser et étrangler par des humains.

Ma peau était lisse, mes joues avaient une jolie touche de rose, mes lèvres étaient fraîches et pulpeuses…

Je sentis Mélanie me serrer l'épaule.

« Il faut qu'on y aille. On doit plier la tente… »

Jamie, voilà ce que signifiaient réellement ses paroles. J'acquiesçai.

Après avoir remercié les deux femmes, nous nous dirigeâmes aussi calmement que possible vers la sortie. Elles nous proposèrent de rester dormir, mais nous refusâmes. Après une ultime promesse de rester prudentes et un dernier merci, nous quittâmes la clinique et prîmes le chemin de la voiture.

Les mains serrées sur le sac plein de médicaments, je résistai à l'envie de courir. Mélanie marchait lentement, mais d'une foulée régulière, sans traîner ni zigzaguer.

Elle arriva la première à la voiture et ouvrit la portière de son côté pour monter face au volant. Je posai la main sur la poignée pour monter sur le siège passager quand une voix retentit dans mon dos.

« Vagabonde ?! »

Je me raidis. Cette voix… je l'aurais reconnue entre mille.

C'était la Traqueuse.