Well Well... La suite de cette histoire !
Celle d'Hécate et d'Orion étant finie, voyons la suite dans le présent.

Dans l'espoir que ça vous plaise !

Chapitre 23 : Nouveau départ

Raiponce s'était réveillée dans le même endroit.
Entre réalité et Néant, bercée par cette lumière laiteuse. Elle fut cependant soulagée de sentir un sol sous elle, lui donnant un semblant d'espace réel. Posant ses mains sur cette surface invisible et pourtant présente, elle sursauta quand un son humain parvint à ses oreilles.

-Alors voilà comment a commencé le cycle.

Raiponce se tendit a cette voix, et se tourna de tout les cotés pour trouver la source.

Varian était là, assis, les genoux ramenés contre son torse, le visage dans le plis de ses coudes. Il était la seule chose sombre de cet univers, son ombre rampant sur le sol imaginaire, se déployant au plus lointain… Comme donnant vie à son trouble, une étendu a son désespoir…

-Varian…

-Tout ça… Par pur égoïsme.

Varian leva son visage vers Raiponce qui hoqueta.
Comme un décalquage, la blessure de Varian faite des mois auparavant s'alignait avec celle qu'avait eut Hécate avant son décès.
Varian avait juste gardé son œil fonctionnel. Mais la peine était la même.

Ses cicatrices illuminées de bleus, Varian était une sorte d'écorchure sur patte, désillusionné par lui même, par Hécate, par Orion, par l'univers.

La magie existait bien, mais avait été donné à deux enfants capricieux.

Raiponce s'avança vers lui, remarquant qu'elle même avait gardé le doré de la peau indestructible d'Orion. Elle aussi porterait des marques de cette aventure et du passage de Varian dans sa vie.

Varian restait toujours immobile, statufié dans une terreur et un chagrin qu'il ne pouvait contenir que difficilement.
Tous ces morts pour rien. Toutes ces guerres pour rien... A cause d'erreur et de non dits...

Il sentait dans ses veines la rage d'Hécate, la volonté de détruire ses ennemis, le venin délicieux de réduire en cendre les autres.
Dans l'espoir que la douleur des coups lui fournisse la sensation de vivre.

Mais aussi la froideur de la solitude, le silence pesant et l'incapacité à se faire aimer par sa seule famille. Cette sensation d'abandon qui la poussait vers les extrêmes, vers le massacre pour se faire entendre, pour qu'on la voit, pour être sûre d'exister.
Si elle devait mourir, tout perdre, alors tout le monde vivra son agonie.

Que le reste du monde souffre, que l'humanité l'implore avant de la mettre a mort.

Il sentit de nouveau des picotements dans sa peau, d'excitation, de désespoir.
Un ouragan d'émotions destructrices qui hurlaient de mettre en morceau cet endroit, Raiponce et lui même.

Sanglotant un peu, il serra ses doigts autour de ses épaules, tentant de contenir cette vague de folie qui gangrénait en lui. Trop de volonté, trop de colère, trop de tristesse.

-Le cycle recommence… A cause de moi… Et maintenant… Tu es morte.

-Varian…

-Je t'ai tuée ! Et on est perdu dans cet endroit… Coincés.

Il resta immobile en sentant les bras de Raiponce autour de lui.
La princesse respira doucement. Elle ne se sentait pas morte.
Elle sentait son cœur battre, et celui de Varian aussi.

Ils étaient dans un entre deux, comme dans la seconde avant le trépas.
Et ce serait leurs décision qui les feront basculer vers l'un ou l'autre.

Raiponce le sentait. Il fallait juste qu'Orion décide de les sauver… Eux et Hécate.

Doucement, Raiponce caressa les cheveux de Varian tout en réfléchissant à ce qu'elle avait vu.
Orion avait abandonné tellement de gens, n'avait jamais pensé aux conséquences, fuyant au moindre pépin.
Il ne s'était jamais remit en cause, jamais demandé si ce qu'il avait fait était juste.

Si Hécate avait abandonnée la justice, détruite par tout ce qui lui avait été arraché, Orion n'y pensait que quand c'était dans son intérêt. Dans son royaume, il avait fait plus figure de proue qu'autre chose, délaissant le reste a ses conseillers, aveuglé par leur propre roi.

Aurait il eut un seul traitre parmi eux que Corona aurait vite changer de monarque. Après tout, à la mort d'Orion, Corona avait bien désigné une autre famille pour régner… La sienne.

Orion avait eut de la chance toute sa vie, et n'avait jamais prit le moindre risque. Sauf quand c'était les autres qui en faisait les frais.
Hécate généralement.

Il avait pourtant eut quelques éclairs de générosité, d'amour… Mais comme sa sœur, il avait bien comprit que rien n'était durable.

Pas dans ce monde, pas dans cette vie.

Raiponce se souvenait de la honte et de la terreur, voyant le ciel se draper de noir à l'approche de la folie, de l'adversaire. Les hurlements de chagrin face au corps de son enfant mutilé.
Il avait penser vivre sa vie entièrement en partant sur les routes…

Mais n'avait il vraiment vécus un seul jour, sans avoir peur du retour de sa sœur, à ne vivre que pour lui sans jamais prendre de décisions.
A ne jamais se battre, toujours courbé l'échine ou fuir…

Non.
Tout n'avait été qu'une existence aseptisé, fait de fête lourde, de rire sans joie et de richesse inutile.

Calant son visage dans les cheveux devenu blanc de Varian, Raiponce laissa une larme de regret poindre à sa paupière.
Ils avaient tout deux été malheureux, et s'étaient blessés mutuellement.

Et ils avaient refait ce cycle à nouveau par le même billet.

L'abandon, la revanche, la séparation, la réunion, la méfiance et les coups bas.
Ils s'étaient trahis, mentis, blessés…
Ils avaient admirés l'autre, enviés, jalousés…

Pour une fausse joie et une fausse force qui les avait poussés vers un comportement plus violent encore, plus malsain et retord.

Et, quand ils avaient été prés du gouffre, s'était pour avoir l'envie de sauter ou de tout bruler.
Si semblable, et si diffèrent.

Raiponce sentit les bras de Varian l'entourer elle aussi, maladroitement, timidement…
Mais il l'avait fait. Il avait demandé pardon.

Et elle aussi…

Hécate et Orion étaient peut être allé trop loin pour se pardonner mutuellement.
Mais ils pouvaient tenter de les aider dans cette démarche.

Varian avait vu ce qu'il arrivait quand on se laissait envahir par la colère, prêt a tout détruire sous la douleur, perdant ainsi le peu de chose qui nous reste.

Raiponce avait vu ce qui pouvait arriver quand l'égoïsme et le manque de recul aiguillaient notre vie.

Et aucun d'eux ne voulait en arriver là.

Sentant toujours la présence Orion en elle, Raiponce inspira doucement pour parler en son nom.

-Je ne sait pas si Hécate peut m'entendre mais… Je suis réellement désolée.

Varian s'écarta doucement de Raiponce pour l'écouter. Raiponce sentit soudainement Orion prendre le pas sur elle. Mais pas comme la dernière fois. Cette fois ci, il venait en paix, se glissant a coté de Raiponce pour lui emprunter sa voix, pour s'excuser auprès de sa sœur.

-Je n'aurais jamais dû t'abandonner. J'aurais dû te parler de ce qu'il se passait, te préparer à tout cela, préparer mon royaume pour toi. Mais j'ai été égoïste. Je n'ai pas pensé aux conséquences, ni à tes sentiments.

Raiponce baissa les yeux.

-Je t'ai jeté dans la fosse aux lions, me disant que tu t'en sortirais. Et tu y es arrivée. Tu es devenue forte, implacable… Car je t'ai fait devenir ainsi, et j'ai osé t'en vouloir d'être plus invincible que moi.

Orion regarda de nouveau Varian, même si ses yeux ne pouvaient que voir Hécate.

-On m'a toujours vu comme immortel, imbattable. Ma peau comme une armure, mon opinion comme une vérité absolue, mais je n'ai jamais prit ta défense.

Orion sentait des larmes poindre alors qu'il continuait à s'épancher.

-Tu pouvais mourir à tout bout de champs, mais tu allais sur les champs de bataille. On t'a rabaissée et humiliée, mais tu as toujours sut te relever plus forte encore… Et au lieux d'être fier de toi, je t'ai vu comme un danger potentiel…

Orion s'arrêta quelques secondes.

-J'aurais dû être là. J'aurais dû te soutenir. Dans ta vie, dans tes choix...

-Je ne t'ai pas aidé non plus.

Orion entendit Hécate pour la première fois…
Elle était là, face à lui. Triste, blessée mais plus sereine qu'avant. Ou peut être juste moins malheureuse.

-J'ai aussi beaucoup de chose a me faire pardonner, Orion. Je ne t'ai pas donné le pardon dont tu avais besoin. Je t'ai repoussé car je n'ai jamais sut pardonner. J'ai laissé mes sentiments pourrir et devenir incontrôlable, et j'ai tué tant de gens…

-J'aurais dû t'aider a guérir…

-J'aurais dû accepté de passer à autre chose.

Posant sa main sur celle de son frère, Hécate le regarda sans animosité ni colère.

-Il faut juste que nous arrêtions de nous détester. L'un l'autre et nous même. Ne pas voir la force de l'un comme un obstacle, mais comme une chance. Nous avons déjà le miracle de pouvoir recommencer une vie sans refaire les mêmes erreurs.

-Oui… Une vie où on ne se blessera plus… Ce serait le rêve parfait...

-Un rêve qui va marcher.

Orion regarda tendrement Hécate pour accepter le pari. Recommencer sur des bases saines, et laisser une chance a leurs hôtes.
S'enlaçant l'un l'autre pour la dernière fois, Hécate murmura à Orion avant de disparaître à jamais dans la lueur dorée de son frère.

-Merci.

Car grâce a lui, elle avait découvert le monde, ce qu'on appelait la planète terre, le temps, les humains, l'amour…

Ca l'avait blessé, mais aussi fait vivre de magnifique moment.
Et elle se devait de les chérir pour calmer l'amertume du reste. Et qui sait…
Peut être briller à nouveau.


Raiponce s'était réveillée au milieu de ruines, entourée de son père, d'Eugène et de Cassandra.
Se relevant douloureusement, la main sur son flanc bandé, elle regarda autour d'elle dans l'espoir de voir Varian.
Ne l'apercevant nulle part, elle questionna Eugène du regard. Ce dernier baissa les yeux.

-On ne l'a pas retrouvé… On pense qu'il a réussi à s'enfuir.

S'enfuir ? Mais pourquoi s'enfuir ? Avait il encore peur de se faire enfermé ?
De se faire trainer en justice et bruler sur la place publique ?

Se levant lentement, Raiponce tenta de l'appeler mais aucun son ne vint.
Eugéne la suivit de peu, passant son bras sur ses épaules alors que la princesse titubait, une main plaqué contre son abdomen douloureux.

-Blondie, reste couché… Varian a failli te transpercer avec sa magie…

Raiponce gémit péniblement au souvenir de cette douleur terrible, de cette déchirure… Mais comment pouvait elle être debout ?

-Comment…

-Tu t'es mise à briller, et ta blessure s'est soignée toute seule… Du moins en partie…

Si Raiponce était rassurée de se savoir hors de danger, son esprit resté concentré sur Varian, errant dans la nature et dans un état surement déplorable.
S'appuyant sur son amour et sa meilleure amie, Raiponce sentit Morphée l'attraper avant qu'elle ne puisse dire le nom de Varian.


Quand il s'était réveillé, il avait prit un certain temps pour comprendre où il était.
C'est en regardant par la fenêtre de la chambre, dans laquelle il avait ouvert les yeux, qu'il vit la capitale.

Que faisait-il à Corona ?

Appesantit par la fatigue, il sentit tout son corps, douloureux, gémir à chaque mouvements qu'il essayer de faire.
Puis, les souvenirs lui revinrent.

Sautant sur ses deux pieds, il sortit de la pièce et tomba sur un couloir riche aux teintes violacées, couleur royale. Il était bien dans le palais du roi.
Traversant les couloirs, il vit beaucoup de servantes et gardes le regarder de façon étrange, presque terrifiés. Mais il n'en avait cure.

Il devait savoir s'il allait bien, s'il était sauf.

Parcourant le palais, il arriva enfin dans la salle du trône où il y avait le roi Frédéric, la reine Arianna et la princesse Raiponce en grande discussion. Ceux ci ne le remarquèrent pas tout de suite, l'obligeant a utiliser sa gorge douloureuse…

-Ou est il ?

Le roi leva les yeux vers lui, surprit. Puis, il murmura quelques mots à la reine qui hocha la tête pour sortir de la pièce.
Le roi posa de nouveau les yeux sur lui alors que l'inquiétude l'engourdissait de plus en plus…
Il réitéra sa question un peu plus fort alors que le roi Frédéric posait ses mains sur ses épaules pour le calmer.

-Où est-il ?!

-Quirin…

-Ou est Varian ?!


Quirin était assis devant une tasse de thé brulante, une couverture sur les épaules.
En état de choc, il écoutait à moitié ce que la princesse et ses amis lui racontaient.

La vengeance de son fils, la quête des rochers, le retour d'Adira, mais surtout…
Varian qui avait prit le pouvoir de la lune pour le libérer de l'ambre.

Quirin en avait des images floues…
Comme un rêve lointain de ce moment, alors qu'il était en toute logique dans son ambre.

Quirin avait senti le désespoir de son fils, ses peurs l'emprisonner, le mettre au pied du mur…
Et pourtant, il le savait. Son fils s'était relevé, s'était battu pour vivre, pour réussir, pour le sauver.
Et si le cœur de Quirin s'en était réchauffé, l'existence même de ses images dans son esprit le figea.
Il connaissait le mythe de la reine, et de son don pour s'emparer des âmes…

Est ce que Varian avait mit son âme dans une de ses machines sans le savoir ?
Un sentiment désespéré pour garder son père prés de lui ? Mais il était à nouveau là, vivant…

Ce qui n'était peut être pas le cas de son enfant.

Serrant ses doigts autour de la tasse fine, Quirin se souvenait de ce qui s'était passé au royaume des ombres. Alors que l'annonce de la grossesse de sa femme l'avait auparavant terrifié, préparé au deuil de la fausse couche, ses sentiments furent tout autres.

Quirin avait accepté beaucoup de chose dans sa vie. Lui et sa femme, Nhan.
Vivre pour protéger le monde de l'opale. Accepter ne pas avoir d'enfant. Tenter de prospérer dans une terre mourante, entourée de barbare, pour sauver un monde qui ne connaissait même pas leurs existences. Beaucoup de sacrifices en soit…

Mais celui ci, Quirin ne put l'envisager.

A la minute où on lui avait dit que son enfant vivrait, Quirin avait presque pleuré de joie.
Mais quand il avait comprit pourquoi, il avait tout renié.
Son devoir, sa patrie…

Tout pour que son enfant subisse pas la malédiction de l'opale.

Il avait entendu les légendes, grandit avec, assez pour que ça se grave dans sa mémoire.
Ceux qui étaient touché par la grâce de la lune devenait fou, et ne vivait que dans une profonde solitude.

Et il refusait cela.
Tout sauf lui.

C'était un enfant innocent, il ne méritait pas cela !

Il avait prit sa femme enceinte sous le bras, quelques affaires, et ils avaient fuis. Loin.
Loin de cette opale, loin de ces tarés qui ne voyaient aucun problème a sacrifié cette vie naissante.
Ils avaient tout abandonné, tout traversé pour le sauver.

Et quand Varian était né, Quirin n'avait pas su quoi faire.

Ses cheveux étaient si noirs, ses yeux si bleus…

Pendant un long moment, Quirin n'avait pas su si c'était réellement son enfant, ou la création de l'opale qu'il tenait dans ses bras. Le visage peint de la reine maudite lui revenait en mémoire…
Pourquoi ses yeux étaient bleus !

Quirin aurait mille fois préféré que Nhan lui avoue une infidélité que de croire la théorie qui naissait dans son cerveau. Mais il connaissait Nhan, son amour et sa franchise. Jamais, elle ne lui mentirait, et lui non plus…

Alors pour le sourire de sa femme, il avait fermé les yeux, se répétant que ce ne pouvait pas être le cas. Celle qui avait porté l'opale était une femme.
Si cet enfant devait être sa réincarnation, ou quelque chose du genre, l'opale en aurait fait une fille, non ?

Quirin s'était rassuré ainsi, Nhan lui avait répété que tout irait bien.

Puis Nhan était morte, et il avait dû partir plus loin encore, Varian dans les bras.

S'installant à Corona, où il connaissait le roi, il lui fut donner une terre où il put recommencer sa vie.
Certain que personne de son clan n'irait sur les terres du soleil, sachant que la malédiction de l'opale se déchainerait sur les terres du sud suite a la disparition de son hôte.

Sauf que la cible de la malédiction avait disparut de Corona.

En tant que père, Quirin avait été détruit par cette nouvelle.
Et toujours en tant que père, il avait été ravi que cette source de danger soit loin de son enfant.

Quirin ne pouvait s'empêcher de penser que si la fleur n'avait pas était cueillit par le roi, Varian n'aurait jamais été maudit…
Mais il ne serait pas né non plus.

Les années étaient passées, et malgré l'optimisme forcé de Quirin, le verdict était tombé.

Seul, différent, voyant et comprenant des choses que personnes d'autre ne pouvait percevoir…
Varian n'était pas son fils.

Il avait été empoisonné par l'esprit de la lune, et sombrait de plus en plus dans les engrenages étranges de la science. Du moins, c'est ce que prétendait l'enfant.

Tout ce que Quirin avait vu, c'est ce qu'il appelait son « fils », être de plus en plus distant avec le monde. Il ne parlait à personne, ni aux adultes, ni aux enfants, restant enfermé loin du monde et de la lumière pour en sortir les créations les plus étranges et destructrices qui soit.

Pourtant Quirin s'était battus.

Pour ne pas être chassé du vieux Corona, pour que son enfant soit accepté et acceptable.
Il avait tenté d'empêcher Varian d'aller dans cette voie tordue, mais plus il l'éloignait des mystères du monde plus son fils s'y jetait à cœur perdu.

Mais si l'univers pouvait donné naissance a quelque chose d'aussi néfaste que l'opale, Varian pouvait faire d'autre rencontre dangereuse dans cette obscure voix.

Puis il avait perdu patience.

Il avait commencé à ressentir de la crainte, de la déception en voyant cet enfant implorer son attention tout en se cachant dans les ombres de son atelier.
Même s'il voyait l'amour que son fils lui portait, sa joie de juste être à ses cotés, Quirin était trop fatigué pour cela. Pour passer outre ses étrangetés.

Pour lui expliquer les différents qu'ils avaient eut, tout ce qui avait été perdus et abandonné pour cette vie de solitude. Quirin avait abandonné Varian.

Il l'avait laissé seul à la maison, ne voulant plus se battre pour le sortir de ses rêveries.
Mais etait-ce réellement son enfant après tout ?
Il avait perdu sa patrie, sa femme pour… Pour « ça » ?

Cette chose incompréhensible et dangereuse ?

Quirin avait ressentit de la rage, chose qui avait été perçut par Varian sans la comprendre.
Son fils l'avait regarder avec désespoir, tentant de se rapprocher de lui malgré la distance que Quirin semblait dresser entre eux…

Quirin se souvenait d'un soir où Varian lui avait demandé si il avait fait quelque chose de mal.
Pourquoi il avait perdu son amour et si il pouvait un jour le mériter à nouveau.
Il n'avait pas répondu, et Varian avait juste regarder le sol avant de repartir dans son laboratoire qui était devenu aussi sa chambre.

Quirin s'en était voulu d'être resté muet, mais à cette époque, sa colère était à son apogée.
Et il n'avait pas voulu répondre quelque chose de pire.

Ils s'étaient éloigner tout les deux, et Quirin avait même pensé avoir rompu tout lien avec cet entité qu'il avait prit pour son enfant, s'en occupant assez pour qu'il vive, même si des pics d'inquiétude paternelle revenait.

L'habitude sans doute.

Jusqu'à ce que la princesse et les rochers noirs reviennent. La panique était revenue dans sa poitrine. Et si ils étaient revenus pour son enfant ?! Soudainement l'idée de le perdre lui était insupportable.
Mais depuis, Varian avait grandis, douloureusement dans l'ombre de son atelier et le silence lourd de leur foyer.

Quirin avait fait en partit ses devoir en lui ayant apprit à porter des gants pour qu'il n'entre pas en contact avec la magie, et en lui interdisant d'approcher des rochers, de même y penser…
Mais Varian n'avait pas vraiment de scrupule a braver les interdits.

Quirin avait même penser à fuir, mais il savait que Varian se serait poser des questions et aurait fouiller dans son passé.
Alors ils étaient restés, Quirin priant pour que ça s'arrête.

Mais ca avait continué, ravageant le village, chassant ses habitants.
Habitants que Varian n'avait jamais aimé…

Etait ce lui qui faisait tout cela sans s'en rendre compte ?

Le brun semblait savoir des choses mais il restait la bouche close, n'en parlant même pas avec son père, seul lien qu'il avait avec l'extérieur.

A présent, Quirin savait ce que Varian taisait.
C'était que les rochers noirs venaient pour Raiponce.
Parce qu'il l'avait promis et qu'il ne voulait pas lever un vent de panique.

La culpabilité de Quirin lui étreignait la poitrine…
Il avait pensé que Varian était la cause de tout cela, qu'il avait chassé tout les habitant pour isoler son père, pour l'obliger à rester avec lui.

Alors que Varian protégeait une amie, qu'il essayait de sauver ses amis, sa famille et ce village qui l'avait toujours rejeté, en faisant face à ce que Quirin avait jadis fuis…

Pourquoi avait il était assez stupide pour se laisser piéger par ces rochers ?

Pourquoi n'avait il pas put protéger Varian ?
Pourquoi n'étaient-ils pas tout simplement partit, loin, loin de tous.
De ce village ingrat, de ses adultes couards, de ces enfants cruels…

Pourquoi n'avait il pas put simplement aimer cet enfant, comme un parent normal ?

Quirin ravala un sanglot alors que les paroles de la princesse et de ses majestés lui tournaient en tête.

Pour le libérer, Varian avait attaqué le château, voler un trésor royal, kidnapper la reine, mis en danger le royaume entier.
Il imaginait son enfant, hurlant de rage, sa fantastique intelligence servant à faire le plus de mal possible.

Il avait dû se sentir tellement seul et perdu…

Puis il s'était enfuis, et avait parcourut la moitié du globe avec ceux qu'il percevait comme ennemis, pour sauver son père. Pour le sauver lui…

Malgré ses années de silence, leurs liens étaient forts, les poussant a tout les extrêmes possibles pour se sauver mutuellement.
Que ce soit tout abandonner ou tout détruire…

Varian avait abandonné son humanité pour le sortir de là, avait détruit tout le combat de Quirin pour le sortir de son cercueil d'ambre.
Puis il avait disparut.

Avait il eut peur de la réaction de son père ?
D'être emprisonné à nouveau ?

Personne ne le savait vraiment.
Tout ce que Quirin savait, c'était ce que la princesse et son groupe d'amis lui avaient rapporté.
Varian avait prit le pouvoir de la lune et l'avait libéré de l'ambre.

Il avait dû avoir tellement peur.
De cette solitude sourde qui n'allait que s'amplifier, le réduire au silence à jamais où à la folie.

-Mais ne vous inquiétez pas, on va le retrouver.

-Si Varian a décidé de se cacher, on ne le retrouvera pas.

La voix de Quirin était grave, morne… Mais le constat était là.
Varian était intelligent, et il savait pertinemment qu'il serait recherché après tout ça.
Et de ce que lui avait rapporté la princesse, avec les machines qu'il avait construite, il pouvait être à des dizaines de lieux d'ici.

Quirin ravala un autre sanglot.

S'il avait été un bon père, peut être que Varian serait encore là et non en cavale sur les routes.
Son fils ne lui faisait pas confiance et avait peur de lui…
C'était tout ce que Quirin comprenait dans ce geste de fuite.

Mais qu'importe que Varian est détruit un village ou un royaume.
Qu'importe qu'il soit devenu le pouvoir de l'opale.
Qu'importe qu'il soit devenu plus étrange encore, Varian était son enfant.

Et il l'aimerait quoi qu'il arrive.

Mais il avait fallu qu'il disparaisse ou s'approche trop près de la mort pour que Quirin le comprenne enfin.

Posant sa tête entre ses mains, il pria tout les dieux et les esprits possibles pour que son fils lui revienne, où qu'il ait des nouvelles, qu'il sache s'il allait bien.
La seule chose que l'on avait retrouvée de lui était une tâche de sang.
Etait-il vivant au moins ?


Varian n'avait pas quitté Corona.
Il aurait put, mais il avait voulu savoir si son père allait bien avant de disparaître.

Après tout ce qu'il s'était passé, l'alchimiste sentait qu'il avait besoin de distance, de tout recommencer un peu plus loin pour pouvoir faire face a tout ce qu'il avait détruit.

Bien sur, il avait voulu fuir aussi les geôles qui l'attendaient, sachant qu'il n'aurait pas supporter d'être enfermés à nouveau…
Si même on l'enfermé, et qu'on ne le condamnait pas tout de suite, de peur qu'il soit trop dangereux.

Sa vue se troubla, et il repoussa une nouvelle fois le golem qui l'avait guidé jusqu'ici.

Ce dernier regardait le sang qui sortait du dos et du flan de son maitre.
Les sutures, faites maladroitement, avaient lâchées malgré les bandages et Varian sentait le monde tanguer.

Mais il devait savoir si son père allait bien.

Tombant à genoux à la lisière de la capitale, il tenta de reprendre sa respiration mais ce fut du sang qui sortit de ses lèvres.
Bon sang, il devait se dépêcher… Le jour se levait déjà…

Soudainement un bruit horrible et métallique se fit entendre… Comme un micro mal branchée.

-Allo… Allo ?

Varian releva soudainement la tête, oubliant ses poumons douloureux et le sang qui envahissait un peu plus sa bouche.
C'était la voix de son père.

-Varian ? Varian, tu es là ?

L'alchimiste recracha à nouveau un caillou de sang, ses cordes vocales refusant d'émettre le moindre son.

-Varian… Je ne sais pas si tu es encore assez proche de Corona pour m'entendre… Mais je voudrais savoir si tu vas bien… Si tu es en sécurité.

Varian restait dans le flou le plus total, la voix de son père comme unique phare.
Il devait tellement le détester…

-Varian… Je voulais te dire… Que je sais tout ce que tu as fait. Je sais tout ce qui s'est passé à Corona et en dehors de ses terres.

Varian se recroquevilla sur lui même, prêt à entendre le rejet de son père, sa haine et sa déception.

-Et je suis fier de toi.

Quoi ? Relevant la tête, l'alchimiste regarda l'enceinte archaïque lui porter les paroles de son père.

-Tu es allé au bout du monde pour me sauver, pour arrêter la malédiction qui était tombé sur ce monde. Tu as vaincu tellement de tes démons, pour moi… Alors, sache que je ne suis pas fâché contre toi… Je voudrais juste savoir où tu es.

Varian resta immobile alors que son cerveau fatigué tentait de comprendre.
Mais si ce n'était pas son père ? Si le roi le forçait à lui faire dire ça pour qu'il sorte de sa cachette ?
Restant au même endroit, Varian attendit la suite.

-Et si tu ne veux pas me le dire, envois moi un message, que je sache si tu vas bien… Si tu ne veux pas revenir, je comprendrais et je ne te forcerais pas.

Varian avait de plus en plus de mal à comprendre, tous les mots se mélangeant dans sa tête.
Il avait envie de pleurer, mais aucun bruit ne pouvait sortir de sa gorge, englués dans le métal de son hémoglobine.

-Si il te faut du temps, alors je t'attendrais à Corona. Autant de temps qu'il le faudra pour que tu puisses revenir…

Varian recracha à nouveau du sang dans sa main alors qu'un sanglot franchissait enfin sa gorge. C'était si cruel… Son père était si proche, et si loin…

-Varian ? Varian, tu m'entends… Je…Je voulais juste… Je voulais te dire que je t'aime.

Le son se coupa soudainement, le silence régnant à nouveau sur Corona…
Quirin posa le micro, baissant la tête dans l'attente à présent.

Le roi posa une main sur l'épaule de son ami.
Il savait ce qu'était l'attente, l'espoir de voir son enfant revenir sans avoir le moindre indice.

Mais Quirin était confiant.
Varian était vivant. Loin peut être, mais vivant.
Et il lui avait montré maintes fois, à lui et aux autres, qu'il savait se débrouiller.


Le jour même, on trouva des traces de sangs sur le mur d'enceinte de Corona.

Deux jours plus tard encore, une lanterne arriva jusqu'aux châteaux avec le sceau du royaume sombre dessiné dessus.
Il y avait l'écriture appliquée de Varian même s'il avait semblé tremblant durant l'inscription.

Il expliquait qu'il avait besoin d'un peu de temps et d'isolement pour se faire a tout ce qui s'était passé, à sa nouvelle apparence, à ses nouveaux dons…

Il remerciait le groupe et Raiponce pour leur gentillesse et leur patience.
Les trois dernières lignes furent pour son père.

Je suis heureux que tu ailles bien.
Attend moi s'il te plait.
Je t'aime

Quirin resta silencieux, serrant le mot entre ses doigts comme dernières bride de son fils.
Varian promettait de revenir.

Et Quirin était prêt à attendre.


Et c'était l'avant dernier Chapitre. Le prologue arrive, avec la conclusion de cette histoire...
Bon sang... Ca me fait bizarre de penser que tout va se finir... Mais fallait bien une fin a tout ça.
J'espére que ça vous a plus, et a Bientôt !